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Full text of "Pouillé Historique du diocèse d'Agen pour l'année 1789"

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http://www.archive.org/details/pouillhistoriqOOdure 



IMPRIMATUR. 



I" Avril 1894. 



CHARLES, 

EvCi]iic d'Ac;-cn. 



FOUILLÉ HISTORIQUE 



DU DIOCÈSE DAGEN 



^Aff 



i;hglisk d'aghn sous I/ANCIRN ricimt 



FOUILLE 

HISTORIQUE 

DU DIOCÈSE D'AGEN 

POUR L'ANNÉE 1789 

PAR 

L'ABBÉ DURENGUES 

Membre de la Sociélc des Sciences, Lellres cl Ans JAircn 




^^:u 



AGEN 
FERRAN FRÈRES. ÉDITEURS 

Rue PoiU-de-Garonne. 10 

i8()4 



^LABiai/, 









lyensis ^^ 



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fz^/ 



Ageti. — Imprimerie Vciirc Lamr 







A MES CHERS ELEVES 

JOSEPH. RAYMOND ET HELIE 
DE SAINT-EXL'PÉRY 

AfTeciueux Souvenir. 

A. D. 







PRÉFACE 



En i(u^(), au /ohicnuin Je Li promulgation de l'EJi/ de 
Nanfcs, Do nui//, le premier de nos e/ironujueurs, eeriroil dons 
ses <( Anli^pii/e; de lo ville d'Ai^en el povs d' Amenais » ; 

« Les livres e'erils ù lo moin, vieux doeumenls^ annales non 
imprimées ^ charles, vieux re^^is/res, aneiens leî;-endaires, ensei- 
i^nenienfs des Ci^lises^ lihroiries el autres lieux publies et tlire'sors 
de ee pays ont été presque tous brûlés el adirés ou rendus inutiles 
por les ruines des troubles et i^uerres eiviles, peu de soins et 
aeeidents qui sont survenus ». 

Voilà pourquoi, sans doute, les ori<^ines de l'E:^lise 
d'Ai^en^ l'état du dioeèse aux principales dates de P histoire : 
pendant la période ^i^allo-romaine, à l'époque des jurandes 
invasions, à /\7,;V féodal et même à la Renaissanee, nous sont 
si peu eonnus et menaeent de rester éternellement voilés d'un 
impénétrable m ystère . 

Après PEdit de Nantes on voit eette E:^lise^ presque abattue 
sous les eoups de l'hérésie ealviniste, renaître de ses ruines. 



s'élever peu à peu, et, ^i\îee aux efforts combines fineempiV\iMes 
architectes et de levions d'ouvriers, porter enfin juSi.]u'ou ciel 
son fo'tle sublime. 

Puis, c'est /il Réi'o/ution qui renverse de nouveau l'édifice. 
Heureusement, cette fois^ les ruines n'ont pas péri, les matériaux 
nous sont restés, du moins en ^^rande partie, et l'on a pu ainsi, 
par patience et lonp:ueLir de temps, reconstituer pierre par 
pierre le monument disparu. Cette reconstitution est, si je puis 
ainsi parler, toute la cause de cet ouvrasse. 

Pour retrouver ces matériaux, dont quelques-uns sont déjà 
plusieurs fois séculaires, pas n'est besoin de fouiller profon- 
dément les entrailles du sol. Ils gisent pour la plupart, un peu 
pêle-mêle, dans la vénérable poussière des Archives de TEvêché, 
sous forme de verbaux de visite, de rapports de curés aux 
évêques, de mémoires, de factums, etc.. Les rapports de curés 
en date de 1665, les verbaux de Claude Joly et de Mascaron, 
incomplets pris à part, mais se complétant mutuellement, sont, 
sans contredit, les plus précieux filons. Ce quil y manque se 
trouve dans Labéna~ie, qui est aussi une mine, dans Argenton, 
Labrunie, Le Gallia Christiana, l'abbé du Tems, labbé 
Barrère, dans la Revue de l'Agenais^ etc., etc. 

Chaque pièce, une fois reconnue et classée, se ran^e 
naturellement, et, pour ainsi dire, d'elle-même, dans son 
ancien cadre ; et peu à peu le plan ^^énéral apparaît à l'esprit 
dans ses s^randes lignes régulières aussi bien que dans ses 
moindres détails. C'est ce plan, tel que nous avons tâché de le 
reproduire, qu'il importe d'exposer au lecteur. 

Il convient, avant tout, de remarquer que, rien ici-bas n'étant 
fxe ni stable, pour être vraie, une description doit être en 
quelque sorte instantanée. Forcé d'adopter une date précise 
pour notre description de l'ancien diocèse, nous avons choisi 
l'année 1789, qui peut être considérée comme le point extrême 
de son existence. 

A cette époque, ce qui saute aux yeux d'abord , c'est la 



XI 



Jinision du dtoci'sc en di'ii^c arc/iipriUrcs. Ces iirrondissemcnls 
inégaux c( iit/ùlraircmcnt dèlimilcs avaient éhJ erJes en 1600 
ivi environ. Depuis, fous /es pou il /es ont eu dou;e e/iapitres dont 
e/iacun est affeelc à un are/\iprC'lrJ. Le nôtre n\i pas dû faire 
exeepfion à celle ri\i;/e. 

Il Y a des su/hiivisions. C/hiijue are/tipr^/re comprend un 
certain nom/^re de cures i]ue /'on a ran_^ees par ordre a/p/ia/fif- 
ti.jue, suii'anl /'usa^^e, pour p/us de c/artJ et pour faci/iter /es 
rec/ierc/ies. Un artic/e est consacre à c/ia^juc cure. 

Voici maintenant, sauf de rares exceptions, /a disposition 
commune à tous /es artic/es : /a nomenc/ature du l>dnéfice, ses 
on^^ines, /es ela/f/issemenls re/ii^ieux disparus ou encore 
existants sur son lerritoire, /\'tal des édifices consacrés au 
cu/te^ /a va/eur du /^énéfice^ /es droits de nomination et de 
co//ation, /e nom/we des communiants, /e service et enfin /e 
tilu/aire. Ce/a forme fout autant de paroi^^rap/ies qui demandent 
c/hicun une exp/icalion. 

La nomenc/ature comprend d'a/wd /es noms des saints 
pa/rons cl fifu/aires de /a cure et des annexes, puis /es noms pro- 
pres des fieux. L'ort/io^rap/ie de ces noms a souvent varié; 
nous avons cru devoir adopter., en principe, tort/ioi^rap/ie 
moderne et pour ainsi dire oJ/icie//e de /'Ordo. 

// ne faut pas son^^er à remonter jusquaux ori:^ines des 
paroisses. Nous nous sommes dé/ à exp/iqués à cet é:^ard. 
Cependant /e poui//é. dit de Va/éri, du nom de son aulcur, 
qui /'écrivit vers 1 ^ 20, nous indique d'une façon à peu près 
certaine, /a position o^éoi^rap/iique et /a qua/ifé de c/iaque 
paroisse pendant /e Moyen- A oe, c\''st-à-dire du XI" au XV I" 
sièc/e. Nous re/a/ons ces indications. Un prieuré esf-i/ tom/^é 
depuis à /'étaf de simp/e cure, une cure à /'état d'annexé, une 
annexe., au contraire, a-t-e//e été érii^ée en cure, nous le 
mentionnons avec te p/us ^rand soin et autant que possi/y/e avec 
la date et toutes les circonstances de /a transformation. Du XI II" 
au XVII' sièc/e pendant les guerres de religion un certain nombre 



ft'^/iscs furent iii'/niifcs iv/ p.nir j.vihiis ii/wuioiinJcs ; en /es eiUvU 
nous /es sauvons de /'elerne/ oii/^/i. 

Dans J?/usieurs paroisses, parfois à /'ombre môme du e/oefier^ 
/a piloté des fidè/es araif fonde des éfa/j/issemenfs re/i^ieux^ 
fe/s Ljue : c/iapi/res, a/f/hiyes, prieure's et couvents. A quoi il 
faut ajouter çà et /à des c/iape//enies, des cbits importants et 
une mu/ti/ude de confréries. On a cru devoir consii^ner dans 
un paragrap/ie tout ce qui a trait à ces diverses ins/ltulions. 
Leur fiistoire est trop /iJe à ce//e du diocijse pour être omise., 
trop /iee e^a/ement et trop mê/ée à ce//e de /a paroisse qui /es 
possédait pour en être séparée. A t artic/e Saint-Etienne d'Agen, 
un paragrap/ic est consacré au siège épiscopa/ et à /a suite du 
même artic/e, on a groupé, par exception, sous /e titre général 
d'Appendice tous /es étab/issements re/igieux et /lospitaliers de 
/a vi//e dAgen. 

C'est bien un simp/e état et non une description archéologique 
que nous donnons des édifices consacrés au cu/te. Où sont-i/s 
situés f Dans une vi/le, dans un /lamcait ou en rase campagne^ 
sur une co//ine. en p/aine ou dans un va//on f Que//cs sont /eurs 
dimensions f Sont-i/s voûtés / tambrissés / Ont-i/s des c/ia- 
pe//es / A que/ saint ces c/iapet/es sont-e//es dédiées f Que//e est 
/a forme et /a position du c/oclier / Te//es sont /es questions 
auxquet/es i/ est répondu. Les dimensions sont données en pieds, 
toises et cannes, mesures du temps. A ce sujet il est bon de 
rappe/er que /e pied ou 12 pouces va/atl o"'324 ; /a toise, 
ou six pieds, r'949 ; /a canne, 2"'29. Note^. dores et 
déjà que tous tes c/iiffrcs fournis par /es ver/huix de visite n'ont 
qu'une valeur approximative et ne doivent être acceptés que 
sous /bénéfice d'inventaire. Nos pères ^ dans /eurs évaluations, ne 
se piquaient pas toujours d'une précision rigoureusement niat/ié- 
malique ; /'à peu près souvent /eur suffisait ; force nous est ici 
de nous en contenter. 

La va/eur d'une cure dépendait de /a cote et de /'étendue de 
/a dîme, de /a grandeur et de ta fertilité de son territoire, des 



Xltl 



ii/oils Jcs f'jrl-jrri'niiii/s. Je ruupoi Liiice Jcs /ucns/\uijs 
a/fjc/ics iiu hJih'fh'C, enfin du ca^ucl. Lj cote riiruiil fié- 
cjucmmcn/ J'tinc piiiwssc i) raulrc. An lo*", en prmcif'C, clic 
LUait souvent de fait au i r", iT// \i'\ au \iy , au 20", et même 
ijuelijuefois à fa discret uvi des contrihuahles, suivant fusai^c ou 
les transactions. Ici tels fruits étaient dîmes, i]ui ne tétaient 
pas ai/leurs. On dtslini^uait plusieurs dîmes, ijut ordinairement 
avaient leur cote particulière : la i^rosse qui comprenait le hitiy 
le seigle, la meture et tavoine ; celle du vin ; la menue qui se 
prenait sur les fèves, pois. ^i;;esses, etc., la verte, sur le chanvre, 
le lin. les plantes maraîchères ; le carnela^e, sur les agneaux 
el les cochons de lait, etc. Nous fixons sur ces divers points les 
usages de chaque paroisse. Pour Iccr les fruits décimaux de 
son bénéfice, le curé n avait besoin d\iulrc titre que son clocher. 
Mais souvent il était olfli^i;;é d'en céder une part et la meilleure à 
de ^^ros décimateurs dont les droits étaient fondés sur un titre 
réel ou. à son défaut, sur une possession quarantenaire. N'était^ 
il pas content de son lot, il poui'ait toujours l'échan^^er contre la 
portion con^i^rue. Cette pension payable par les décimateurs, 
avait été portée à 200 livres en 1^134, a ;îoo en 1606, à 500 
en 1758 et enfin à 700 en 1780. C\'st dire que, loin d'être à 
peu près uniforme, comme de nos jours, le traitement des curés 
variait à l'infini. Nous avons pris le soin de relever sur des 
listes officielles, le montant des revenus de chacun. Les chiffres 
que nous donnons doivent être triplés ci même quadruplés pour 
représenter une valeur égale de nos jours. Le casuel, sauf dans 
les villes, peut être considéré comme une quantité néglig;eable. 
Bien que les anciennes caminades, détruites en si grand nombre 
pendant les guerres de religion., n eussent pas été toutes relevées^ 
toutefois près des églises matrices, généralement, quelquefois 
aussi près des annexes, il y avait un presbytère. Nous ne 
manquons pas d'en avertir le lecteur. Enfin bon nombre de curés 
jouissaient de certains biens-fonds en terre labourable^ vigne ou 
pré, appelés le patrimoine de la cure ou plus communément Ic 



XIV 



f'ieysage. Ui superficie clc ces /vcns est C}\i/uce en cjriere'es, 
ccirlonnj/s et picotins. Rem.v\]uons quil fcilLnt <S cjrtonnats pour 
faire une ccirterée, 8 picotins pour un cartonnot et que le 
cartonnât valait à A^en 9 ares 1 147. 

// était de principe en niatibe héncficiale que l'érêque était 
jure primœvo et nalurali, collafeur de tous les curés du diocèse. 
1! Y avait cependant des col/ateurs inférieurs par privilège ou 
par droit spécial : c'étaient les patrons. Là encore il n'y avait 
pas de fixité ahsolue. Le patronage étant considéré comme une 
servitude sur fEvèché, il ne pouvait être présumé et on devait 
en apporter une preuve claire et certaine. L'Evoque, d'ailleurs., 
pouvait prescrire ce droit par une possession de quarante ans^ 
appuyée de trois titres ou collations faites par lui dans le cours 
de ces quarante années. Un grand nombre de prieurs simples ou 
commandataires et curés primitifs, passant leur vie aux 
antipodes de leurs bénéfices, tout nominateurs qu'ils étaient à 
l'origine de leurs vicaires perpétuels, se • virent peu à peu 
dépouillés de leur prérogative par un pouvoir toujours présent et 
toujours en éveil. Le volumineux registre des collations sous 
M. de Bonnac nous a fourni la liste exacte des nominateurs 
dans les vingt années qui ont "précédé la Révolution. On ny 
remarque qu'une seule cure de patronage laïque, celle de 
Puymirol. 

Nous avons hésité, à cause de son peu d'exactitude, à citer 
le chiffre des communiants de chaque paroisse, tel qu'il se trouve 
dans les verbaux de visite les plus récents. La statistique, alors, 
il y parait bien, était dans les langes. Ce qui nous a 
déterminé, c'est que ce chiffre, pour aussi douteux qu'il soit, 
donne néanmoins une idée de l'agglomération paroissiale. 

Tout le monde sait quelles sont les fonctions curiales requises 
de droit. La discipline actuelle est d'accord sur ce point avec 
l'ancienne. Mais quand il s'est trouvé des annexes, il a fallu 
dire si elles étaient desservies par le curé simultanément avec la 
matrice, au moyen du bis in die ou bien à l'alternative, ou 



XV 

encore si le cuit' y cmployail des viealres resiJetils ou non. On 
n\i /'lis manque non plus de signaler ô l\\\\ision des ddvotions 
particulières, les oj/iees propres à chaque paroisse, les filles 
patronales et votives, les processions de vœu ou d\tsa<^e, etc.. 

Enfin on a terminé par les noms des titulaires avec quelques 
indications fort l^rèves sur leur attitude pendant la Révolution. 
Ces indications sont comme des pierres dattenlc. Nous nous 
proposons, en ejfet, si Dieu nous prôte vie^ de continuer notre 
travail et de suivre ces derniers représentants de notre clergé 
sous rancien Régime, à travers la Révolution, jusquaprl^s 
f organisation moderne du diocèse à la suite du Concordat de 
1801. 

Dans le présent ouvrage, on le voit, nous n'avons prétendu à 
rien de moindre qu'à donner une monographie de toutes les 
institutions religieuses du diocèse avant 1789. Sans doute, nous 
ne nous flattons pas d'avoir tout dit sur un si vaste sujet. Il eût 
fallu fouiller les archives communales et les particulières, 
interroger une à une toutes les traditions locales, les discuter et 
les interprcUer. C'est une besogne au-dessus des forces d'un 
seul. Nous aurons fait néanmoins œuvre utile, croyons-nous, 
en suggérant peut-être à plusieurs l'idée de nous compléter et en 
leur fournissant une hase d'opération. Les morts vont vite, 
comme dit la ballade, hàtons-nous de recueillir les derniers 
restes d'un monde disparu avant qu'ils ne soient pour jamais 
ensevelis sous les débris du nôtre. Carlyle exagérait évidemment 
lorsqu'il disait : « Deu.v siècles, il n'en faut guère moins avant 
que la démocratie ait sa récompense à travers de funestes épO' 
ques, des époques de charlatanisme, jusqu'à ce qu'un monde 
pestilentiel soit consumé pour reverdir et rajeunir de nouveau ». 
L'élude du passé prépare l'avenir. On na pas idée de la force 
de l'histoire sur les événements. Si l'on parvient à établir que 
pour la masse de la nation, de nhUne que pour le clergé, la 
Révolution a été non un progrès mais un recul^ le régime qui 
en est issu tombera de lui-même. Puisse alors se réaliser en 



XVI 



nofrc pays ccffc pjro/c du Chris/ ci son Pcrc : ALl\eniat regnum 
tuuni ! 

// nous rcsU\ en finissonf, un dcroir bien doux à remplir. 
Fidèle ,iux traditions des Maseoron, des Hébert et des Bonnae. 
M^^r fErèLjue a doi<;né bénir notre troroil et mettre à notre 
disposition les Arehii'es de son Erèelié. Nous prions très 
humblement Sa Grandeur de l'oulow bien agréer, apee notre 
profond respeet, l'homma^i^e publie de notre reeonnaissanee. 



DURENGUES. 



CluUeau-d'Arassc, le }o juillet 1895 




ARCHIPRÊTRÉ DU SIÈGE 



Archiprcirc du Su\i;;c cf premier ArchiprCirc du Diocèse 

NICOLAS LAMOUROUX 
Curé de Sainte- Fo y dAgen 



SAINT-AMANS DE CASTELCULIER 



On lit dans le poiiillé de Valéri : « /// archipresl>yterj/u 
Ferrusscii;;uensi : Prier Caslriculherii, reclor ejusdem et Saneli 
AmuncUy). Le prieuré devait dépendre du monastère de 
Moirax('\ d'où, sans doute, les droits du doyen de Moirax 
sur cette paroisisc. 

L'église est en rase campagne, n'ayant auprès d'elle que 
cinq ou six maisons à cinquante pas. Elle est longue de qua- 
rante pas, large de dix et entièrement lambrissée. Le clocher- 
arcades est au bas de l'édifice. 



(l) Le monastère do Moirax fut fondé, en 1040. par Guillaume, seipncur dudit 
lieu, qui donna tous ses biens à Hugues, abbé de Cluny. Pierre, fils de Guillaume, 
en fut le premier prieur. (Voir: Le Doyenné de Moirax au xi* siècle, par M. Amé- 
dée Moullié. Rcriic Je l'Ag;enai$, tome 11, p. ^2j.) 



Dans rétendue de cette paroisse il y a deux oratoires 
publics : l'un à Castelculier. Tautre à Granfons. Celui-ci, 
exempt de tout fief, est long de deux cannes et demie, large 
de deux. Le curé y dit la messe de droit et d'usage, le jour 
de la Dédicace et aux Rogations. Il existe encore sur le 
sommet d'une colline et dans un lieu tout à fait désert, quel- 
ques ruiiies d'une antique chapelle, dite de Lasfosses. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au seizième, 
des menus grains au treizième. Le curé prend un quart des 
gros grains et tous les menus grains dans un certain canton 
qu'on appelle le grand sol. De plus, il prend seul la dîme de 
quelques terres et vignes qui portent le nom de pctil sol. Son 
revenu va à 3600 livres. L'évêque prend un quart des gros 
grains au grand sol, le doyen de Moirax, la moitié res- 
tante et tout le vin. Il y a un presbytère et dix cartonnais de 
gleysage en vignes, terre labourable et jardin dont le curé 
jouit. 

Il y a 520 communiants répartis en quatre petits bourgs. 
Ils sont généralement fort pauvres, ne possédant que le quart 
des terres. Les gros propriétaires habitent à Agen. On a pour 
secourir les indigents les revenus d'une terre de six carterées 
et demie et d'un capital de 5000 livres, provenant, en majeure 
partie, de legs faits par d'anciens curés ('^. L'un d'eux a laissé 
45 livres de rente pour l'école, un autre 17 livres pour l'en- 
tretien de la lampe du sanctuaire. Le titulaire actuel est Jean 
Laroche. Il est obligé à toutes les fonctions curiales requises 



1] Parmi les anciens curés de cctte'paroissc il convient de citer Pierre Sauveur 
qui fut pourvu de ce bénéfice par^Nicolas de Villars en 1597 et qui devint successi- 
vement supéiicur du Séminaire dès sa fondation, vicaire général pour le roi en 
labbaye de Clairac, en 1608, chanoine théologal d'Agcn, vicaire général de Claude 
Gelas, en 1600, etc. Il était, dit Labrunie, l'ecclésiasliqnc le plus instruit du diocèse. 
Il attaqua l'épiscopat de Saint-Caprais, ce qui lui attira une foule de tracasseries. 
Il fut condamné, à la suite d'un long procès, à finir ses jours dans un monastère 
dAgen. Voir l'appendice de l'Ermitage de Saint-Vincent, par M. labbé Barrère, la 
Bibliographie de l'Agenais, par M. Andricux, etc.). 



de droit, ce qui ne 1 empoche pas de cumuler deux autres 
petits bénéfices, les chapellenies de Baulacy et de Sainte- 
Catherine, desservies l'une à Saint-Etienne, l'autre à Sainte- 
Foi d'Agen. Après avoir prôté le serment et abdiqué il mourra 
pendant la Révolution. 



SAINT-ANDRE DE CABALSAUT 



Dans le pouillé de Valéri cette paroisse est unie à Notre- 
Dame de Cabalsaut et fait partie de l'ancien archipréiré de 
Ferrussac. Comme elle était fort mal desservie, elle fut 
érigée, au mois de mai 1670, en vicairie perpétuelle, à la 
requête des paroissiens et du consentement du Chantre de 
Saint-Etienne, curé primitif, ainsi que du vicaire perpétuel de 
Notre-Dame, la matrice. Dans certains actes elle est dési- 
gnée sous le nom de Saint-Andrieux. 

L'église est champêtre, dans un vallon. Elle a été bien 
réparée en 1781. Le sanctuaire seul est lambrissé. Le clo- 
cher est sur le mur du fond en forme de triansrle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le Chantre de Saint-Etienne prend tout 
le revenu. La portion congrue du curé est à sa charge, il y 
a un presbytère et un petit gleysage, d'une valeur totale de 
1 2>2 livres. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

Il y a 172 communiants auxquels le curé doit le service 
ordinaire. Le titulaire actuel est Jacques Souèges. futur asser- 
menté et abdicataire qui se rétractera et sera nommé à Notre- 
Dame de Cabalsaut après le Concordat. 






SAINT-ARNAUD ALIAS SAINTE-GEMME 



Le pouillé de Valéri porte : In circhiprcsbytcralu de Opère : 
« Reelor Siincli ArfulJi ei Sainfe-Gemme )y. Peut-être y avait- 
il à roriiiine, deux é2:lises ou deux saints titulaires. Cela 
expliquerait cette double appellation. 

L'église est champêtre, dans un vallon avec sept ou huit 
maisons alentour. Elle est longue de vingt-cinq cannes, large 
de six, haute de huit. Le sanctuaire est voûté ainsi qu'une 
travée de la nef, le reste est lambrissé. Du côté de l'Evangile 
il v a une chapelle voûtée dont on ignore le nom. Arnaud de 
Foix, marchand d'Agen y est inhumé. Il y avait fondé, en 
1570, une chapellenie qui oblige à une messe par semaine, 
et qui a pour titulaire J.-B. Illy, chanoine de Saint-Etienne. 
Elle vaut 45 livres. Viennent ensuite les chapelles de Saint- 
Arnaud et de Saint-Clair. Du côté de l'Epître, s'ouvre la 
chapelle de Saint-Fabien et de Saint-Sébastien. Elle a été 
bâtie, vers 1580, par un nommé Po:;e, qui y a attaché une 
fondation de huit messes par an. Le clocher est sur le mur 
du fond en forme de triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le recteur ou vicaire perpétuel prend le 
tiers du blé et du vin et tous les menus grains. Le Chapitre 
Saint-Etienne, curé primitif, prend le reste. Il y a un pres- 
bytère depuis peu avec un jardin et deux carterécs, deux 
picotins de terre et vigne de gleysage. La part du curé est 
officiellement estimée : 500 livres. 

Le Chapitre St Etienne a la Nomination et la Présentation 

On compte 340 communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Pierre Fabre 
qui prêtera le serment, le rétractera, sera incarcéré au Sémi- 
naire et mourra à la fin de la Révolution. 



SAlNT-BARTHÉLEMY DE FRAYSSES 



Le pouillé de Valéri porte : In jrchiprcshyleralu Sdiis : 
Rtxlor Je Fraissinis, S^inc/i Dionisii cl Sancfi Amani. Saint- 
Denis de Bordes est depuis longtemps une paroisse indépen- 
dante, et Saint-Agnan, comme nous disons aujourd'liui, une 
annexe de Laugnac. 

L'église est champêtre, longue de douze cannes, large de 
quatre, haute de huit. Elle est du xi" siècle ; le sanctuaire est 
voûté en berceau, la nef n'est ni voûtée ni lambrissée. Du côté 
de l'Epîire, il y a une chapelle dédiée à Notre-Dame, qui est 
voûtée et séparée de la nef par un arceau. Le clocher est sur 
l'arceau du sanctuaire. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le Chapitre Saint-Etienne et le Prieur de 
Saint-Antoine d'Agen se partagent la moitié de la grosse 
dîme. Le curé prend l'autre moitié, avec tous les menusgrains, 
dîme verte, carnelage et les novales. Il y a un presbytère 
rebâti vers 1660 avec un jardin muré d'un cartonnât et demi, 
et un gleysage autour de l'église de quatre sexterées. Le re- 
venu net du curé est exactement de 1,522 livres, n sols, 
3 deniers. 

Le Chapitre Saint-Etienne nomme au bénéfice. 

On compte 120 communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Il n'y a pas d'hérétiques mais on y est supers- 
titieux ^'). Il y a cinq fêtes votives : Saint- Barthélémy, patron, 
Saint-Laurent, titulaire, Notre-Dame de Septembre, Saint- 



(r En 1726, un piitrcqui avait clé envoyé pour lire, pendant la messe un moni- 
toire relatif à un assassinat, fut assailli par quelques femmes et dut subir mille ava- 
nies. Le malheureux avait la fâcheuse réputation datiirer la grêle. .A la suite de ce 
scandale, l'Evcque interdit ad tcmpus léjj'lisc et le cimetière. 






Biaise et Saint-Urbain, et autant de confréries de même nom, 
aujourd'hui plus ou moins interrompues, mais établies bien 
avant lOoo. Le titulaire actuel est Mathieu Ratier, futur asser- 
menté et abdicataire, qui sera d'abord maintenu à son poste, 
puis presque aussitôt nommé à Saint-Jean de Thurac, après le 
Concordat. 



SAINT-BASILE DE LUSIGNAN-GRAND 

ET SES ANNEXES : SAI NT-H 1 LAI R E DE COLAYRAC 

SAINT-LAURENT DE BAZARÈNES 

ET SAINT-BLAISE DE MAURIGNAC 



Valéri place dans l'archiprêtré du Siège la rectorie « de 
Lcsinhano et de Colayraco » et celle « Sandi Laureniii de 
Maurinhaco et Sancte Euialie », allas Aularie. On ne sait à 
quelle époque ces quatre paroisses furent unies sous la même 
houlette pastorale. 

L'église de la matrice est dans un bourg de vingt-quatre à 
vingt-cinq feux, près du château seigneurial. Elle est longue 
de vingt cannes, large de quatre, haute de huit et entière- 
ment voûtée. Il y a une chapelle de chaque côté : celle de 
droite est dédiée à Notre-Dame, celle de gauche à saint 
Antoine. Le clocher repose sur les quatre arceaux du sanc- 
tuaire et s'élève en forme de tour. 

Celle de saint Hilaire est dans la plaine de la Garonne, 
non loin du fleuve, avec dix ou douze maisons auprès. Elle 
est longue de vingt cannes, large de cinq, haute de dix et 
voûtée. Il y a dans la nef deux chapelles voûtées, l'une du 
côté de TEpître, dédiée à la Sainte-Vierge, l'autre du côté 



de l'Evangile, dédiée à sainte Catherine. Le clocher est au 
bas de l'édifice, sur deux arceaux, en forme de tour. 

Celle de Saint-Laurent paraît très ancienne. Elle est cham- 
pêtre, sur la croupe d'une colline, longue de huit canne*;, 
large de quatre, haute de cinq. Le sanctuaire est voûté, il y 
a un clocher. 

Celle de Saint-Biaise est sur une éminence avec cinq ou 
six maisons, à cinquante pas. Elle est longue de dix cannes, 
large de trois, haute de six, sans voûte ni lambris. Dans la 
nef, du côté de l'Epître, s'ouvre une chapelle dédiée à sainte 
Rose. Il n'y a pas de clocher. 

A la matrice et à Saint-Hilaire la dîme du blé se paie au 
dixième, des menus grains au treizième, du vin abusivement 
à discrétion. Le curé prend le quart du blé, tout le vin et les 
menus grains; l'Evêque le reste et sa part s'atTerme 5.500 li- 
vres. A Saint-Biaise et à Saint-Laurent, la dîme du blé et des 
menus grains se paie au dixième, des fèves au douzième, du 
vin à discrétion. Le curé prend le tiers des grains et du vin, 
les Chapitres le reste : celui de Saint-Etienne à Maurignac, 
celui de Saint-Caprais à Saint-Laurent. Le revenu total du 
curé est évalué officiellement à 1,600 livres, il est en réalité 
de 5,600. Il y a un beau presbytère avec un grand jardin. 
L'évêque nomme au bénéfice. 

On compte en tout 550 communiants qui se répartissent 
ainsi : 240 a Lusignan, 160 à Saint-Hilaire, 70 à Maurignac 
et 60 à Saint-Laurent. 11 y a cinq familles de nouveaux con- 
vertis. Le curé dessert en personne la matrice. A Saint- 
Hilaire, un vicaire fait toutes les fonctions curiales. Dans les 
deux autres paroisses le service est partagé; un second 
vicaire y dit alternativement la messe de quinze en quinze 
jours. En 1742, on voulut transférer le service de Saint-Lau- 
rent à Saint-Biaise de Maurignac, mais on dut reculer devant 
l'opposition des paroissiens. Le titulaire actuel est Michel 
Bru, futur assermenté qui mourra pendant la Révolution. 



SAINT-CAPRAIS D'AGEN (colliîgiale ) 

ET SES ANNEXES : SAINT-PIERRE DE MÉRENS 

ET SAINTJULIEN DE BOISSAGUEL 



Il V a quelque tradition que saint Dulcide fit bâtir une église 
en l'honneur de saint Caprais, au commencement du v' siècle 
et qu'il y transporta en pompe les reliques de nos saints mar- 
tyrs ' . Quoi qu'il en soit, il y avait certainement une basili- 
que de ce nom vers l'an 580, ainsi que nous l'apprend ce 
passage de Grégoire de Tours : « Didier, ayant rassemblé 
son armée, entre dans Périgueux après avoir chassé le géné- 
ral Renaud ; et, ayant exigé des habitants le serment de fidé- 
lité, il s'avance vers Agen. A la nouvelle de la défaite de son 
mari, l'épouse de Renaud, ne doutant pas que la ville ne fît sa 
soumission au roi Chilpéric, se réfugia dans la basilique de 
saint Caprais, martyr '^^). 

Quel fut le sort de ce premier édifice à travers les révolu- 
tions qui suivirent.- Le mieux est d'avouer tout de suite qu'on 
n'en sait rien. L'église actuelle ne paraît pas remonter au-delà 
du XII' siècle. Il n'y eut pas d'unité de construction, aussi 
apparaît-elle comme un assemblage curieux de mainte archi- 
tecture. C'est ainsi que le sanctuaire et le premier étage du 
transept semblent dater de la seconde moitié du xii^ siècle, 
la nef est du xin", les voûtes des deux travées et le second 
étage de la façade occidentale sont du xyi*". La dernière 



(i; Voir pour l'histoire et la description de la Collégiale Saint-Caprais : Notice 
hUtoriquc de l'ancienne église collégiale de Saint-Caprais, etc., par M. Duzil, dans le 
calendrier ecclésiastique du diocèse dAgen, année 1842. Histoire religieuse et mo- 
numentale, etc., de M. l'abbé Barrère. — Architecture religieuse de l'Agenais, par 
M. Tholin. — Labénazie, Labrunie, passim, etc.... 

(2; Grcg. Tur, Hist. Franc, lib. 6, cap. 12. 



— - 

pierre ne fut posée qu'en i :; 08 suivant cette inscription que 
l'on peut lire à une clef de voûte: Anno Chrtsti mi//esimo quin- 
j^cnfcsimo ccLiro constimmalio Ecc/esia.'. L'église terminée fut 
consacrée par Jean Daflis, évoque de Lombez, en 1624. 

Ce monument rappelle par quelques dispositions le type 
des églises byzantines. Bâii sur un plan cruciforme, il se 
compose d'une nc{\ d'un transept, d un chœur cl de trois 
chapelles absidales symbolisant la couronne du Christ en 
même temps que le mysiwre de la Très Sainte Trinité. Dans 
la chapelle terminale est l'autel de tierce, la chapelle de gau- 
che est dédiée à sainte Foy, celle de droite à saint Prime et 
à saint Félicien. Deux chapelles voûtées s'ouvrent parallèle- 
ment au chœur dans les croisillons, l'une est dédiée à sainte 
Anne, l'autre à Notre-Dame. Dans celle-ci repose le Très 
Saint Sacrement et se fait le service paroissial. Citons encore 
les chapelles du Purgatoire sous les orgues, de saint Joseph, 
de saint Martin, etc. 

Au midi s'élève une tour lourde et massive, c'est le clocher. 
A l'opposé s'étend le cloître où se trouve la belle chapelle 
des Innocents, qui. depuis les troubles de la Réforme, sert 
de lieu capitulaire '\ 

Cette église est à la fois collégiale et paroissiale. D'où les 
deux paragraphes suivants : 



1. — LE CHAPITRE S.-MNT CAPRAIS. 



On ne sait rien de positif sur les origines de notre Chapitre 
collégial. Quelques-uns (-', pour donner raison de son influence 



(1) Aujourd'hui la chapelle de l'Ecole Sainl-Caprais. — La décoration du portail 
de cette chapelle est du style byzantin le plus pur. L'architecte de la nouvelle 
cathédrale de Marseille s'en est inspiré pour l'ornementation du portail de celte 
belle éirlise. 

(i) Inter quos et imprimis, Labcnazic, dans son Histoire ms. 



— lo — 



et de ses curieux privilèges, ont imaginé que l'église Saint- 
Caprais avait, à une certaine époque, servi de cathédrale; 
que lors de la translation à Saint-Etienne du siège épiscopal, 
une partie seulement des chanoines avaient suivi l'Evèque; 
que les autres étaient restés à Saint-Caprais, comme une 
garde d'honneur autour des saintes reliques, sans rien perdre 
d'ailleurs de leurs prérogatives et de leurs prééminences. 

Mieux vaudrait, sans doute, la moindre ligne de texte que 
le plus beau des raisonnements. Le malheur veut qu'il ne nous 
reste aucun titre authentique, remontant au-delà du xi" siè- 
cle. L'acte le plus ancien, relatif au Chapitre Saint-Caprais, 
n'est daté que de 1180. C'est une charte en sa faveur, oc- 
troyée par Henri II, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine^'). 
Ce document et quelques autres -, fort rares, de la même 
époque ou environ, ne contiennent que fort peu d'indications. 

Aussi les preuves manquent-elles pour établir que, suivant 
la tradition populaire, les deux Chapitres d'Agen furent régu- 
liers à un moment donné de leur histoire. Les mots convenfus^ 
monastciium^ dompmus, ce/erarius ei autres, qu'on lit fréquem- 
ment dans les actes du temps, le prouvent évidemment, dit 
Argenton. Les cloîtres fermés donnent quelque fondement à 



(1) Voici le texte de cette charte: << Henricus, etc.. Heliœep. Aginn. et omnibus 
canonicis Sancti Slephani de Ageniio et omnibus burgcnsibus ejtisdem civitatis, Sa- 
lutem. Prœcipio vobis ut habeatis pacem cum canonicis Sancti Caprasii, et homini- 
bus corum et in nullo injuriam faciatis, et permittatis eis habere omnes reditus et 
usus suos quos habent et habere solcbant intra civitalcmet extra tam in aquis quam 
in Leudis et omnibus aliis rébus benc et pace et picnarie... ». 

fa On doit citer par exemple: Une autre charte de Richard, fils d'Henri II, éga- 
lement en faveur du chapitre Saint-Caprais. Elle est de 1185. 

Un bref d'Innocent III, au Chapitre Saint-Caprais, au sujet de l'Albergue que 
Raymond VI, comte de Toulouse, avait relâchée à ce même chapitre. Il est de 
12 10. 

Un accord des Consuls d'Agen avec le même Chapitre au sujet de la vente du 
vin que celui-ci faisait faire par un homme armé de toutes pièces. Il est de la 
môme année, etc. 

; Voir dans les papiers de Labrunie, la Table sommaire et chronologique des 
Actes qui ont servi à M. Argenton, etc...). 






cette opinion. Tout cela, en vérité est bien peu décisif. On 
s'accorde à penser que si nos chanoines furent jamais soumis 
à une règle monastique, ce ne fut pas à celle de saint Benoît, 
car on en trouverait quelque trace dans les chroniques ou lé- 
gendes des Bénédictins, mais plutôt à celle de saint Augus- 
tin, à l'instar de leurs confrères de Saint-André de Bordeaux. 
Quoi qu'il en soit, il est certain que le Chapitre Saint-Caprais 
était séculier à la (în du xiii" siècle, comme on peut le voir 
dans un acte daté de 1296, où l'un des contractants ' se dit 
chanoine séculier de Saint-Caprais « Ctinonicus sccuiaris Ecclc- 
suv S.incd-Capriisii. » 

C'était déjà un usage depuis longtemps établi que nos évo- 
ques, lors de leur entrée solennelle à Agen, descendissent 
d'abord à Saint-Caprais, pour être de là portés à la Cathé- 
drale sur les épaules des premiers barons du diocèse. L'acte 
le plus ancien où cette coutume se trouve relatée est de 126^. 
En voici, d'après Labrunie, la traduction littérale : «< Lorsque 
l'Evéque d'Agen, nouvellement sacré, y vient pour la première 
fois, il descend devant la porte de Saint-Caprais d'Agen et y 
est reçu en procession. Cela fait, on le place sur une chaise 
spécialement destinée à cet usage, devant l'autel de Saint- 
Caprais; et de là il est porté sur leurs cols et sur leurs bras 
par les nobles seigneurs de Clermont-Dessus, du Fossat, de 
Beauville, de Madaillan et de Fumei, de l'autel Saint-Caprais 
jusqu'aux portes de l'église Saint-Etienne. Il y célèbre de 
suite la messe solennelle et tient sa cour le même jour. Le 
lendemain il reçoit les hommages et les reconnaissances des 
fiefs de ses vassaux - . » 



(1 Ce chanoine séculier s'appelait Thibaut de Serres. Il était vicaire de Gilbert 
de Crudeiiis, prieur de Saint-Caprais et il conféra à Chérie Hyrion, trésorier du 
comte d'Artois, le prieuré du Port-Sainte-Marie, vacant par la mort d'Elie de Cul- 
tures. (Labrunie, ibid.). 

(2 Labrunie. Abrégé chronologique des Antiquités d'Agen. année 126;. Labc- 
nazie. dans son Histoire manuscrite, nous a conservé le texte même: ■> Imprimis 
quando Episcopus Aginnensis con^ecratus de novo intrat Agcnnum, descendit antc 






Cette coutume qui n'était pas particulière à notre Eglise, 
puisque, suivant la remarque de Labrunie, on la retrouve à 
Amiens, cà Auxerre, à Mâcon, à Poitiers, à Soissons, à Ne- 
vers, à Orléans, à Paris môme", prit fin chez nous lorsque 
Léonard de la Rovère fit son entrée le 28 octobre 1492. 
Les quatre barons porteurs ayant eu querelle pour la pré- 
séance, jusqu'à dégaîner leurs épées, dit Labénazie, quatre 
archers du sénéchal portèrent le prélat à sa cathédrale et 
depuis ce temps-là, nos évoques s'y sont transportés eux- 
mêmes -. 

Ce dont ils n'ont jamais pu s'afTranchir c'est de l'obligation 
d'aller, aux premiers jours de leur épiscopat, à la Collégiale, 
recevoir des mains du Prieur leur mitre et leur crosse, et 
prêter serment de protéger les personnes et les biens du 
Chapitre et de conserver ses immunités. Depuis le xiii° siè- 
cle il ne paraît pas qu'un seul ait réussi à se dispenser de 
cette assujetissante cérémonie ('). 



fores Ecclesise Sancti-Caprasii Agenni et ibi accipitur proccssionaliter : quo facto 
ponitur in Cathedra ad hoc specialiter prœparata juxta altare Sancti Caprasii, et 
portant cum indè in coliis et brachiis suis Nobiles Viri Clarmontis superiotis et Do- 
minus de Fossato et Dominus de Bovisvilla et Dominus de Madailhano et Dominas 
de Fumello portant, inquam, eum, ut dictum est, ab altari Sancti Caprasii usque ad 
portas Ecclesiae Sancti Stephani et ibi ponitur. Quo facto Episcopus célébrât mis- 
sam solemnem et tenet ipsa die curiam. Die vero scquenti recipit hommagia et re- 
cognitiones feudorum a vassalibus suis.... » 

(i; Voir le tome x, in-12, de l'Histoire de l'Eglise gallicane, pag. 525. — Voir aussi 
Les Ei'èques avant la Révolution, par labbé Sicard. — Chapitre : les Evoques 
et les villes. 

(2 Labrunie — Abrégé chronologique des Antiquités dAgen. — An. 126;. 

(}) Il n'est pas hors de propos de transcrire ici le titre sur lequel les chanoines de 
Saint-Caprais fondaient leurs prétentions et qui était, dit Labrunie, comme l'égide et 
le palladium de notre Collégiale : <• Ab aniiquis temporibus ita fuit obscrvatum quod 
quando Reverendus in Christo Pater D. Episcopus Agcnnensis ingreditur civitatcm 
Agcnncnscm in novitate sua post confirmationcm et consecrationem suam missarum 
solemnia primo ceicbraturus, débet apud Ecclesiam B. Caprasii Agenensis primo 
dcclinare et dcscendcre ante magnam portam, et prior et canonici ipsius Ecclesiae 
cum processionc solemni cruce et capite martyris praedicti B. Caprasii dcbent eum 
recipcre revcrenter; quibus cruce et capite adoratis dévote pcr dictum D. Episcopum 
pracfati prior cl canonici canlantcs ^liquod ^ de Confessoribus Episcopis dcbent 



Nos lustoriens ecclésiastiques n'ont pas manqué de com- 
menter longuement « cet usage antique et solennel », cl d'en 
tirer, suivant leurs préjugés ou leurs partis pris, les conclu- 
sions les plus opposées. Tandis que les uns y voient une 
preuve manileste de ^épi'^copat de Sainl-Caprais, les autres 
y découvrent une raison de plus pour l'attaquer. « On ne 
pouvait voir, dit M. Argenlon, d'un œil indinérent nos évo- 
ques aller dans la collégiale avant de paraître dans leur cathé- 
drale, y consacrer les prémices de leur épiscopat, s'humilier 
devant ses reliques, ne mettre aucune différence entre le 
culte rendu à la Croix et celui qu'ils rendaient à la tête de 
ce saint, déposer sur son principal autel et à c6té de la 
châsse qui renfermait ses précieux restes, les ornements de 
leur épiscopat, s'en revêtir pour la première fois dans cette 
église, recevoir de la main du Prieur les marques les plus 
apparentes de leur dignité. C'en était assez, continue-t-il, 
pour faire perdre de vue la véritable cause de ce cérémonial, 



cum ducerc cl intromittere in chorum et flexis genibus coram altari majori ipso 
orantc, dcbent poni porUitîcalia indumenta cum mithrâ et baculo pastoral! supra dic- 
tum altare et inde suinentes ea indumeiiia post orationem suam ministri ejus dc- 
bent cum induere et ornarc, exccpto do mithra et baculo, quœ insitrnia débet re- 
cipeie de manu prioris Sancti Caprasii, scu vicarii ejusdem, vcl alicujus Canonici 
ipsis Dominis absentibus, et tum ipsc Pontifex tcnens in sinistrâ manu baculum pas- 
torale et mithram supia caput, manu vero dextra super pcctus posita, bona fidc 
promitiit et jurât privilégia, usus et et consuctudines et compositioncs Eccicsiarum 
et decimarum Prioris et Capituli conjunctim seu divisim de quibus sibi fidcs fier! 
potuerit pcr légitima documenta inconcussa tenerc et inviolabiliter observarc sicul 
predecessores sui qaondam tcnuerunt et obscrvaverunt. et quod damna et violenlias 
indebitas bononim, reddiluum et libertatis prœfata; Ecclesiaî Sancti Caprasii juxia 
possc suum cvitabit et erit bonus pastor et justus erga Eccicsiam praidictam. per« 
sonasque, possessiones, usus, consuctudines et limitationes eorunidem. Observato 
ctiain de generali et approbato Domini cujusquc obtento iisu 

Quibus omnibus per dictum episcopum promissis cl juratis, ut est dic- 

tum, Barones sui Agcnni ipsum intronisatum de coram altari prœdicto Sancti Caprasii 
dcbent super humeros suos elevare et elevalum apud Sanclum Stcphanuni déferre, 
omnis revcreniic cl honoris in eoruni incessu cl gcstu magnificcniia observata. » 

(Extrait du Cartulairc qui était à la suite du martyrologe de saint Caprais), 



quelle qu'elle fût, cl pour lui en faire substituer une autre. La 
plus naturelle était de prendre tout cet appareil pour l'hom- 
mat^e d'un évêque rendu à un autre évêque et de revêtir saint 
Caprais des habits pontificaux déposés à côté de ses reliques. 
Cette idée si simple se perpétua si bien à mesure que la céré- 
monie de la première entrée d'un nouvel évoque était renou- 
velée, qu'elle devint enfin dans cette église (où est née notre 
tradition actuelle) une tradition orale peu différente d'un fait 
certain et incontestable ' ». Aimd Pjpinianiis sed a/iud 
Pau/us : in duhiis hbciias. 

On peut inférer de la nature des biens du Chapitre Saint- 
Caprais qu'ils ne sont point un démembrement du domaine 
de la couronne, et que, par suite, le Chapitre lui même n'est 
pas de fondation royale. C'est ainsi, au reste, qu'il en a été 
jugé par un arrêt du Conseil du 9 mars 1 595. Sa riche dota- 
tion semble provenir uniquement de legs pies et des restitu- 
tions de dîmes. Elle se compose de trois sortes de biens : 
de fiefs, de terres en justice et de fruits décimaux. 

L'origine des fiefs ecclésiastiques remonte à Charlemagne, 
qui, par son ordonnance de 779, établit un pied de rente sur 
les biens d'église usurpés par des laïques. On a pensé (2), en 
ce qui concerne le Chapitre Saint-Caprais, qu'après la des- 
truction d'Aginnuin par les barbares, les prêtres de ce collège 
avaient fait construire, autour de leur sanctuaire vénéré, de 
nombreuses habitations pour y abriter lu foule des pèlerins. 
C'est à cette agglomération primitive que la ville moderne 
devrait son existence. Le Chapitre aurait été dépossédé dans 
la suite, et les usurpateurs se seraient contentés de payer, 
suivant l'ordonnance de Charlemagne, un sol de rente par 
maison, <i duodecim denarios pro quaquc casa ». Ce qui donne 
à cette opinion quelque créance, c'est que les fiefs en menus 

(i) Cité par Labrunie — Catalogue raisonné des Evêques d'Agen. — Art. Deoda- 
tus Roibaldi. 
^ii Voir Labénazie, hist. mt. 



cens que possùdc le Chapitre Sainl-Caprais notammcni à 
Agen, consistent, de nos jours encore, en un sol de rente 
par maison ; et que les rues du Martyre, de Molinier, de 
Caillives, de Saint-Cnprais, de Saint-Fiary sur lesquelles ils 
sont répandus, avoisinent toutes l'église Saint-Caprais. On 
peut appliquer le môme raisonnement aux cens et menues 
rentes, tant en grains qu'en argent, poules et chapons dont 
le môme Chapitre jouit dans la ville et juridiction du Fort- 
Sainte-Marie. 

Les joyaux de la mense du Chapitre Saint-Caprais sont les 
deux seigneuries ou terres en justice du Port-Sainte-Marie et 
de La Sauvetat-de-Savères. Le Chapitre fut d'abord seul à les 
posséder. Mais sentant qu'il n'était pas de force à les défen- 
dre contre une foule de trop puissantes convoitises, « par un 
trait de politique qui lui réussit ' », il appela en i 203 - . en pa- 
réage pour La Sauvetat-de-Savères, et peu après pour le 
Port-Sainte-Marie, Raymond VI, comte de Toulouse ' . Cet 



I '- A rorii;inc, dit Argenton, le Chapitre Saint-Caprais était tenu de faire à 
lévêqiie la promesse de fidclUc manuelle pour les fiefs de la Sauvetat-de-Savèrcs et 
du Port-Sainte-Marie qu'il possède encore. Il supporta ce joug tant que nos évèqucs 
ne jouirent pas de la justice de la ville d'Agen. Bertrand de Beyceras en étant devenu 
seul possesseur, le Chapitre qui craignait d'être écrasé par nos évéques dont il re- 
doutait la puissance, chercha à secouer le joug : il céda à Raymond VI, comte de 
Toulouse, en i2o3, la moitié du lief de la Sauvetat-de-Savères à condition qu'il le 
garderait et le défendrait. Labénazie qui rapporte l'acte de cette cession, la regarde 
comme une vexation des comtes de Toulouse, mais elle était au contraire très libre, 
très réfléchie et surtout très adroite parce qu'il était clair que les évùques d'Agen 
n'avaient plus rien à voir dans un fief dont leur propre souverain possédait la moitié 
et dont il était le défenseur. Nos évoques eurent beau exiger de ce Chapitre la 
fiAèlitc manuelle que leur rendait le Chapitre cathédral, ils ne purent l'y obliger et 
l'en affranchirent en 12IÇ. Je ne dis rien du fief du Port-Sainte-Marie, parce que les 
droits du Chapitre à ce fief ne sont clairs que depuis l'an i2î2, qu'Alphonse, comte 
de Toulouse, lui accorda le paréage en se réservant le droit d'ost. » Mémoire sur 
la juridiction temporelle des évèqucs d'Agen^ 
(2^ L'acte est rapporté par Labénazie dans son Hist. ms. part. ir. ch. o. p. 3i?. 

,J Ce prince possédait l'Agenais du chef de sa femme Jeanne, sœur de Richard, 
roi d'Angleterre, qui l'avait reçu en dot. Il donna avec le Chapitre les coutumes 
d'Agen à la Sauvctat en 120;. On lit dans ces coutumes que si un étranger vient 
s'établir dans la ville, il doit abjurer sur les saints Evangiles toute sorte d'hérésie. 



— i6 — 



étal de choses a persévéré jusqu'à nos jours ('). C'est ainsi 
que le Chapitre partage encore avec le roi, héritier des com- 
tes de Toulouse, les rentes seigneuriales et les grefTes de ces 
deux juridictions. Outre cela il y possède les honorifiques. Le 
Prieur est reçu au Port-Sainie-Marie avec le poêle et le dais, 
de la même manière que 1 evèqueet avec les mêmes honneurs. 
Labénazie raconte très sérieusement que les chanoines de 
Saint-Caprais « s'ils se trouvent au Port-Sainte-Marie dans 
l'occasion d'un feu de joie, ont le droit d'y mettre le feu (sic) 
avant les consuls ». 

Le Chapitre Saint-Caprais a été surtout enrichi par les res- 
titutions de dîmes qui signalèrent;, dans notre pays, le com- 
mencement du xiii*' siècle. Dès 1235, la mense capitulaire est 
constituée telle à peu près qu'elle existe aujourd'hui. C'est 
en effet à cette date, dit Labrunie^ , « que Raoul de Peyri- 
nes, évêque d'Agen et Hélies, prieur de Saint-Caprais et son 
Chapitre, passèrent cette célèbre transaction -5) qui fixe les bé- 



(i) Il y eut bien quelques interruptions : un sénéchal, nommé de Cantallo, restitua 
par ordre du Concile de Montpellier, en 1224, au Chapitre Saint-Caprais, la justice 
du Pori-Saintc-Marie qu'il avait usurpée (Labénazie). Ce qui prouve, malgré l'allé-, 
gation dArgenlon, que les droits du Chapitre Saint-Caprais sur le Port-Sainte-Marie 
étaient fort clairs dés avant 1252. En 1224, Raymond Vil restitua la ville du Port- 
Sainle-Maric au Chapitre Saint-Caprais. (Tiré des archives du Chapitre Saint- 
Caprais. — Voir mss dArgenlon, aux archives de la Préfecture). — En 1525, dit 
Labénazie, François !•', pour payer sa rançon, fit de grosses levées tant sur les sé- 
culiers que sur les ecclésiastiques. Le Chapitre Saint-Caprais aliéna alors la Sau- 
vetat, le Port-Sainle-Maric, etc., pour payer son contingent, montant à la somme de 
1720 livres. Ces terres et ces llefs furent dans la suite récupérés par le Chapitre. 

(2; Catalogue raisonné des Evéques. — Art. Raoul de Pcyrines. 

(j) Il existe aux Archives de l'Evèché (série E, liasse lyunc copie de cette transac- 
tion, faite en 174?, dont voici l'analyse : 

L'Evoque, du consentement du Chapitre cathédral, abandonne au Chapitre Saint- 
Caprais certaines dîmes dans les églises de Fonte Latronum Foulayronnes^ et de 
Artigiis (Artigues;, de Saint-Laurent de Valzarenis (Bazarénes) près du castrum de 
Luzignan ; cl, par suite, le Chapitre possède toutes les dimes de ces paroisses ; puis 
l'église de Podio Exlremo Saint-Julien-du-Port;. Il confirme le chapitre dans la 
possession de l'église de Saint- Pierre de la Sauvelat (de Savères) près du castrum 
de Malbès ; de l'église de Sainte-Eulalie de Rappapaillct (Caûzacj avec les dîmes ; 
de Saint-Julien de Boyssalhet .Boissaguel; : de Saint-Mcrtin de Scssane (Seiches 






nérices qui devaient être unis à la mensc capitulaireet qui sert 

encore aujourd'hui de fondement à la possession du Chapitre. »> 

Par suite de cette transaction et de quelques acquisitions 



ann.) ; de Saint-Caprais do Hcremo do Lcnn' ; de la chapelle de Saint-t. auront do 
Malvès Malbc<i ; la chapelle de Notre-Dame do Gayvennal ■•; ; de l"é;,'lise de Saint- 
Martin de Redolous Roudouloiix ; l'église Notre-Dame de Capella Puicalvari , 
située sur le territoire de Penne ; de Marssolès Massoulès ; la dîme entière de la 
paroisse de Cascneuvc près de Pujols, de Saintc-Colombc de Pujols ; 2 sols par 
an sur la dtme de Saint- Amans au delà du Lot ; sur celle de Saint-Félix au-delà du 
Lot ; 5 sols sur Notre-Dame de Bourboul Bourbon , près de Savinhac Savignac, 
commune du Castella ; 2 sols sur Notre-Dame de l*ax Pau r ; l'église de Sainte- 
Foi de Mancueur }] près de Haulvillars ; toute la dîme de Saint-Martin de Serres, 
de Saint-Pierre de Mérens ; l'église de Saint-Martin de Mctges : le droit de patro- 
nat et toute la d!me de Saint-Caprais de Boursol Boussorp ; l'église de Saint-Julien 
de Terrcfosse, de Sainte-Colombe, près de Laugnac, de Saint-Avil de Gais ■•) de 
Notre-Dame de Montaj^'usou demidime , de Saint-Jean de Balesmc, de la chapelle 
située dans le castrum de Monpezal ; de Saint-Médard près Floyrac ; deux parties 
de la dtme de Samt-Picrre de Floyrac; Notre-Dame dArpens ; Saint-Etienne de 
Casthclho Caslillon ; Saint-Jean de Fresscn , Fraisscs ; Saint-Avit de Cals ite- 
rum }] ; l'église et la ville du Porl-Sainte-Marie, de Saint-Germain du Port, l'église 
de Puy Extrême Saint-Julien du Porl, ; de Saint-Julien de Bazarèncs ; de Suint- 
Caprais de Caissac ; Notre-Dame de Paulhac ; Saint-Martin de Foulayronnes ; 
Saint-Sernin d'Artigues ; de Saint-Vincent de Pompéjac ; de Saint-Fédary Saint- 
Phébade à Agen' ; la moitié de la dîme de Sainte- Foy d'Agcn ; l'église de Saint- 
Caprais du Martyre ; de Saint-Sulpice près de la Garonne Boé ; l'église de Saint- 
Pierre de Brax, avec la chapelle de Notre-Dame de Monbusq et la chapelle de 
Saint-Michel de Hauterive ; la moitié de la dîme de Sainte-Colombe au-delà de la 
Garonne ; l'église de Saiiit-Pardulphe de Moncaut demi-dîme l'église de Saint- 
Martin de Pluvia Laplume ; de Saint- Pierre d'Aubiac ; ? sols sur l'église de Re- 
naud ; le tiers de l'église de Quissac. 

Le Chapitre reconnaît à l'Evèque toute la dîme de Sainte-Croix ,'dc Sainl-Hilaire 
aujourd'hui du moins pour une partie) et la moitié de celle de Saintc-Foy. 

Les prétentions de l'Evoque roulaient sur les églises, dîmes, etc de Saint-Sul- 

picc, d'Artigues, Foulayronnes. Cardonnet, Sainte-Croix, Sainte-Foy. Serres. Rou- 
douloux, Pauliac, Caissac. Moniagusou, Saint-Jean de Balesme... Entre autres droits 
était revendiqué celui pour l'Evèque de créer un chanoine « in novitate sua. <>. 

Celles du Prieur cl des chanoines visaient le droit de présenter un chapelain pour 
l'église Sainte-Croix, de percevoir les dîmes de celte paroisse, de Foulayronnes, 
de Saint-Amans au-delà du Lot, de Saint-Félix au-delà du Lot.de Saint-Romain, de 
Pau, de Bournac ; le droit de patronat ^r les églises de Caseneuve. d'Artigues, de 
Serres, de Saint Médard pi es Floyrac, de Floyrac. de Casiilion près Prayssas. de 
Quissac. de Saint Sulpice, de Sainte-Colombe au-delà de la Garonne, de Saini-Lau- 
renl de Bazarèncs, de Saint-Pierre de Doulougnac, de Sainl-Julicn de Puy-Ex- 
trême, etc. 

L'acte est scellé du Sijcau de l'Evèque, de ceux du Chapitre Saint-Etienne, du 



— in _. 

ou héritages antérieurs ou postérieurs ^'^ le Chapitre Saint- 
Caprais se trouve gros décimateur dans une quarantaine de 
paroisses, soit cures, soit annexes. Il est propriétaire de l'é- 
glise Saint Caprais, du cloître, du cimetière et des places qui 
l'environnent, de six maisons avec leurs jardins dont cinq sont 
occupées par des chanoines et la sixième par le maître de la 
psalette et les enfants de chœur. Il possède en outre quelques 
droits de pêche et de quarantin, plusieurs moulins en partie 
ou en totalité, quelques terres et maisons éparses. Si à tout 
cela on ajoute les rentes provenant des obits, dont quelques- 
uns sont plusieurs fois séculaires, on aura une idée à peu près 
juste des ressources du Chapitre et de ses moyens pécu- 
niaires. 

Les recettes sont exactement de 67,95 1 ^•^'"65 6 sols i de- 
nier. Les charges se montent à 23,867 livres, 16 sols, 2 de- 
niers. Reste donc de revenu net 43,183 livres 9 sols 11 de- 
niers (^ qu'il faut diviser par douze (le Prieur comptant pour 



Prieur de Saint-Caprais, non de celui du Chapitre Saint-Caprais, qui déclare n'en 
pas avoir. U fut dressé le 7 des ides de juillet 1235, en présence des archidiacres 
d'Amen, de Montaut, de Brulhois, de Fimarcon et de Cayran, du sacriste d'Agen, du 
chantre, de l'official et de plusieurs chanoines de Saint-Etienne et de Saint-Caprais. 
Il fut enfin confirmé le 6 des Ides de mai 1260. 

I) Verbi gratiâ : Le prieure de Saint-Pierre de Monestiers fut uni au Chapitre 
Saint-Caprais vers 1422. Celui de Renaut fut uni en 142^ à la mensc des deux cha- 
pitres. En 1246, Innocent IV donna au Chapitre Saint-Caprais les biens de ses 
vassaux, condamnés pour crime d'hérésie 'Argenton, Preuves des Essais). En 1504, 
le Chapitre Saint-Caprais ne possédait qu'une partie du péage de Castillon, il en 
acquit plus tard la totalité, vers 1598. Labénazic, hist. ms.). etc. etc. 

[i, Voici l'état officiel des revenus et des charges du Chapitre Saint-Caprais pour 
l'année 1790, extrait des archives de la Préfecture, liasse Biens Nationaux. 

REVENUS 

Dîmes affermées... De Moncaut, Sainte-Colombe, Saint-Martin d'Aguisan en Bru- 
lhois 3.951 I. 

— La Sauvelat de Savères , Saint-Martin, 

Saint-Damien , Saint-Robert, Artigucs, 
Saint-Pierrre-de-Clairac et la Made- 
leine, annexe, Saint Julien de Boissa- 
guet , "Valence et Corneillas. . . . 18. 45^ I. 



A reporter . 22.}86 1. 



- 19 — 
deux), ce qui fait 7,197 livres 4 sols 18 deniers pour le Prieur 



Rcfort 22.580 I. 

Dîmes afftrniiles... Arpcns. Casiillon, Prayssas, Floiiac.Saint- 

Mcdard cl Saint-Jean du Balcrmc. . . 5.42') I. 

— Saint-Laurent de Bazarènes Ç(yj I. 

— Boussorp, Saint-Martin de Mctgcs et Kou- 

layronnes 4-9? 2 I. 

— Brax et Monbusq )<»4«j I- 

— Sainte-Colombe de Piijols, Cazcncuvc, 

Saint-Julien du Port-Saintc-Marieet Ro- 

nias }.^,o6 I. 

— Massoulès 9Î? I. 

— Mérens 1.ÎI4 I. 

— Monesticrs 5O0 t. 

— Pauilhac, Saint-Julien de Terrefossc et 

Caissac J.'K»; I. 

Puycnivary ?8ç I. 

— Quissac 120 I. 

— Petit Cardonnet 715 I. 

— Sainte-Colombe de Lasfargucs î57 I- 

Dîmes en rigie.... Sainte-Foy, Lacapeiette et Boé. . . . >.04'> I. 

— Dîme du vin dans la paroisse de Sainte- 

Foy d'Agen 660 I. 

Le Chapitre possède par indivis avec i'évique la moitié du 

moulin de Cajarc. Sa part est affermée Jjo '• 

Il possède aussi la moitié du moulin de Saint-Georges qui est 

affermée 000 L 

(De l'autre moitié le chapelain de Bécane a les sept hui- 
tièmes, une demoiselle Durand le huitième. 

Il possède en entier le moulin de Saint-Caprais dont le re- 
venu net est de i.ioo li. 

Plus un jardin, rue Saint-Fiary, loué 50 I. 

Il existe un droit de quarantin qui se perçoit sur le sel et le 
poisson salé qui remontent sur la Garonne au-dessus des 
piles d'un ancien pont vis-à-vis la ville; duquel droit les 
trois quarts appartiennent au Chap. Coll. et l'autre quart 
au Chap. Cath. — Produit total annuel î.078 I. ? s. 8 d., 
distraction faite des droits de levée ; ce qui f;iit pour le 
Chapitre Saint-Caprais • î.r.of) I. 11 s. d. 

Le chapitre possède un dioii do poche sur la Garonne ap- 
pelé de Fraganiol - 1.000 I. 

Il jouit de temps iinménmiial du droit de percevoir la queue 
de chaque saumon frais qui se vend dans la ville d'Agen, 
dans lequel droit le Chapitre a été confirmé par diffé- 
rents arrêts du Parlement de Bordeaux et notamment par 



A rcf'CiUr 62.780 1, 1 1 s. o d 






et 5,598 livres 12 sols 5 deniers pour les simples chanoines. 



Report 

un dernier du 2? décembre 1757 

Plus différents liefs considérables sur diverses maisons 
d'Agen et sur des biens et domaines situés dans la juridic- 
tion dAgen presque tous en menus cens. — Rentes, lods 
et ventes valant annuellement 

Le Chapitre on qualité de coseigneur haut justicier par in- 
divis avec le roi de la ville et juridiction du Port-Sainte- 
Marie et aussi de copropriétaire par indivis avec le roi de 
plusieurs fiefs sur plusieurs maisons de ladite ville en 
argent et en nature, prélève 

Il a aussi le droit de percevoir la queue de chaque saumon 
frais qui se vend dans la ville du Port-Sainte-Marie; il est 
vrai que ce droit n'a rien rapporté depuis quelques années. 

Du droit de pêche qu'il possède par indivis avec le roi sur la 
Garonne dans la juridiction du Port-Sainie-Marie, il tire.. 

Il jouit d'une ancienne maison seigneuriale avec un jardin, si- 
tuée dans ladite ville ; les prisons lui appartiennent. La 
maison est louée séparément 

Le Chapitre est seigneur haut justicier de la ville et juridic- 
tion de la Sauvetai-de-Savères aussi par indivis avec le 
roi, ce qui produit pour lui tant en rentes foncières qu'en 
menus cens, lods et ventes 

11 jouit d'une vigne située au Port-Sainte-Marie, louée. . 

Plus d'une rente de 

Plus dune rente obiluaire due par la famille du chanoine 

Douzon, chargée dune grand'messe et de quatre basses. 

(Testament du 29 août 1782 

Plus d'une rentede même nature chargée d'une grand'messe 

par an, Barbier de Lasscrre 

Plus d'une rente de même nature chargée d'une grand'messe 

par an [Coquet 

Plus d'une rente de même nature chargée dune grand'messe 

par an, (Marbotin, 

Plus d'une rente de même nature chargée d une grand'messe 

par an, (Comte, 

Total des revenus 

CHARGES : 

12 Hebdoftiadiers A chacun 94 sacs de blé à raison de 

ij livres , 

— 8 barriques de vin à chacun à raison 

de 32 livres , . . . 

— 60 livres en argent à chacun, . , , 
6 Prébendes....,...,.,., A chacun 20 sacs de blé 



.786 1. 1 1 s. 9 d. 
;oo 1. 



1.200 I. 



600 I. 



1.200 I. 



6; 1. 



800 I. 
ij I. 

Î4 I. 



5 s. 4 d. 



10 I. 

J I. 

7 I. 10 s. 
20 I, 
10 I. 



67.051 I. 6 s. I d. 



720 I. 

^2 I, 

120 I, 

1.800 I, 



A reporter. 



3,992 I. 



Au prix où sont les choses, ce revenu est plus que suffisant 
pour leur permettre de mener le train de la petite noblesse 

Report. ' Î-99J I. 

— A chacun « barriques de 20 à n livres. 1.050 I. 

— A chacun en argent 00 livres. . . , ;oo I, 

— 1; livres distribuabics entre tous les 

prtbcndùs pour le chinl des G de 

Noël Ml. 

I Bedeau ou massier.. 12 sacs do blé. 180 I. 

— 4 barriques de vin 88 I. 

— 10 livres en ar>,'ent lo I. 

a Sacrislains A chacun 150 livres )fx) I. 

Organiste 418 livres 418 I. 

Garde Cloître 8 sacs dcmélurcà 11 livres le sac. . 8H I. 

Aumcme et au clerc de 

la sacristie 90 livres 90 I. 

Ponctuaire 50 livres ;o I. 

Sonneur de cloches 100 I. 

Portions congrues aux 

curés De Saint-Caprais d'Agen 700 I. 

— De Sainte-Foy d'Agen ilamoitiéi. . . 3 5o I. 

— De Monesliers pour la quote part du 

du Chapitre 2?j 1- <> s. 8 d. 

— D'Arpens pour le même objet. . . 500 I. 

— De Saint-Pierre de Clairac. . . . ?oo I. 

— De Caissac îoo I. 

— De Sainte-Colombe de Pujols. . . 500 I. 

— De Saint-Julien de Terrefosse. ;oo I. 

— De La Sauvetat de Savères. . . . ?oo I. 

— De Lasfargues 150 I. 

Portions congrues aux 

vicaires De Romas 2; I. 

— D'Arpens >îo I. 

— De Sainte-Foy d'Agen '75 '• 

— De Saint-Caprais d'Agen 5>o I. 

— De Saint-Julien de Pauillac. ... ;>o I. 

— Du Port-Sainte-Marie 550 I. 

— De Saint-Martin delà Sauvetat. . . ;;o I. 

— De la Madeleine ;;o I. 

— De Mércns ;;o I. 

— De Saint-Damien de la Sauvetat. . . 5'o I. 

— De Boyssaguet ;ço I. 

— De Saint-Martin d'.Aguisan. ... ;îo I. 

Collège Au Collège d'Agen 200 I. 

Décimes Pour les décimes annuelles. . . . ;.o22 I. 10 s. 6 d. 

A reporter 15. 97' •• 6 s. 2 d. 



de province ou des gens vivant noblement. Ils font même 
des économies que, suivant la règle universellement admise : 
cccicsiastica cccicsùisficis, ils consacrent à des œuvres pies. 
C'est ainsi qu'une foule de fondations, obits, chapellenies, 
couvents même, leur doivent leur existence. 

« Les revenus des anciens bénéficiers, dit Durand de Mail- 
Inne. ne consistaient qu'en distributions manuelles. On donna 
dans la suite des fonds aux bénéficiers pour en percevoir par 
eux-mêmes les revenus ' ». Voilà comment, sans doute, les 



Report 1 5.971 1. s. 2 d. 

Prédicateurs Pour l'honoraire des prédicalciirs de 

— carême en diverses églises. . . . 106 I. 
Psallettc Pour l'entretien d'un maître et d'un 

sous maître de musique et de 4 en- 
fants de chœur, en argent. . . . i.ooo 1. 

— Plus jo sacs de blé 450 I. 

— Et 8 barriques de vin 176 1. 

Ent. de la sacristie etc. Pour l'entretien des enfants de chœur 

ou des ustensiles de la maîtrise, ou 
parla cire à lusagede l'église, pour 
l'entretien de la sacristie ou du 
chapitre et pour celui tant des orne- 
ments de la sacristie que des pa- 
roisses dépendantes dudit Chapitre. 2.400 1. 

Secrétaire Honoraire du secrétaire du chapitre. 150 1. 

Médecin Pour le médecin et le chirurgien delà 

maîtrise et du chapitre 50 1. 

Moulin de Cajarc Pour la taille du moulin de Cajarc. 46 1. 

Réparât, aux édifices.. Pour les réparations des églises du 

Chapitre et autres édifices. . . . j.ooo 1. 

Fondation Pour une fondation de M. de Monfor- 

ton, honoraires de messes. . . . 100 I. 

Oltits Au bas chœur pour son assistance à 

4O obits 558 I. 

Messes Pour l'acquit de 65 messes basses dont 

le chapitre est chargé. .... 54 1 10 s. 

Curé de Moncaut Au curé de Moncaut 5 barriques de 

vin 66 I. 



Total des charges 25.867 I. 16 s. 2 d. 

Revenu net 67,051 1. 6 s. i d. — 25.867 1. 16 s. 2 d. — 45.183 1. 9 s. 11 d. 
Revenu d'une prébende, 45.185 1. 9 s. 1 1 d. : 12 — 5.598 1. 12 s. Ç d. 
(i; Dictionnaire de Droit canonique, etc.. art. Distribution, parag, I. 



biens de la mense étaienl possédés « divisini » en 1255 par 
les chanoines de Sainl-Caprais. Le partage, pariiîi-il, n'était 
pas équitable ; les dignitaires s'étaient fait la part du lion, 
« tandis que les autres chanoines n'avaient que des revenus 
très faibles, suffisant à peine à leur existence. Ceux-ci firent 
entendre des plaintes respectueuses et les dignitaires donnè- 
rent alors l'exemple du plus charitable désintéressement, en 
portant tous leurs revenus à la mense commune. Pour donner 
plus de force et de solennité à cette résolution, on en jura 
l'observation sur les saints Evangiles, et l'on décida que dé- 
sormais tous ceux qui seraient admis au sein du Chapitre 
feraient le jour môme de leur réception le même serment ' . » 
L'acte est daté du lundi après la fête de l'Epiphanie 12^6 
(1257 n. s). Il fut ratifié par un bref du pape Alexandre IV, 
daté de Viterbe, le 7 des calendes de novembre, la troisième 
année de son pontificat (26 octobre 1257). Il y a un statut du 
Chapitre de 1296 ou environ qui maintient ce règlement. 

Une exception dut être faite en faveur du Prieur, qui outre 
le sixième de la mense commune possède une mense particu- 
lière. De cette mense dépendent les fruits décimaux de Saint- 
Caprais-de-Lerm. de Saint-Martin-de-Serres et de Saint- 
Pierre-de-Roqucfort; plusieurs fiefs en menus cens répandus 
dans les juridictions d'Agen, de Puymirol et de Sauvagnas ; 
enfin une belle maison à plusieurs étages, dite le Prieuré, avec 
cour, jardin, remises et autres édifices, le tout Joignant l'é- 
glise Saint-Caprais. Sans parler de la valeur locaiive de celte 
maison, l'ensemble des revenus du Prieur se monte à 
10,951 livres 11 sols 2 deniers ("*). 



(1) Hist. rel. et monum., par M. l'abbé Barrcre, tome ii, page ij. 

{2) Ces revenus se décomposent ainsi : 

Dîmes de Saint-Caprais de Lerm i.;oo I. 

Dîmes de Saint-Martin do Serres, 700 '• 

Dîmes de Saint-Pierre de Roquefort. •....,.. 2.000 I. 

A rcpcrtcr 4.000 1. 



- -4 — 

Les gros fruiis, qui forment, à proprement parler, la mense 
capitulaire, se distribuent à certains jours, soit en argent, soit 
en nature, suivant les départements du chanoine trésorier. 
Les autres provenant des obits, anniversaires, processions, 
etc., qui constituent ce qu'on pourrait appeler le casuel, 
sont sujets à \a. pointe et les absents en sont exclus. Un officier, 
appelé ponctuaire, est chargé de marquer sur un registre, ou 
t\7/7//^t'/ les présents et les absents. Cette opération doit se 
faire dans le chœur, en présence du Prieur et du chanoine de 
semaine. 

11 est difficile aujourd'hui de se représenter l'importance 
sociale du Chapitre Saint-Caprais au Moyen-Age. Honoré de 
la faveur des Princes et des Papes ' , il a joué dans le dio- 
cèse et la cité un rôle que tout proclame n'avoir pas été sans 
grandeur, mais qu'il faut renoncer à préciser. Il a la gloire 
d'avoir fourni à l'Eglise plusieurs évêques, des cardinaux et 
peut-être un pape '^^K 



Report 4.000 1. 

Fiefs en menus cens répandus dans la juridiction d'Agen, de 

Puymirol et de Sauvagnas, y compris les lods et ventes. joo I. 

Le sixième de la mense capitulaire 7.J07 1. 4 s. 10 d. 



Total i'.497 •■ 4 s. 10 d. 

Dont il faut défalquer J45 1. 15 s. 4 d. de décimes. — Reste de revenu net: 
10.951 '• II s. 2 d. 

'i, Il y a, dit Labénazie, des brefs d'Innocent IV, qui mettent le Chapitre Saint- 
Caprais sous la protection du Saint-Siège. On a vu plus haut page 10) les chartes 
octroyées en sa faveur par les ducs d'Aquitaine. 

(2 Bertrand Delgot, dit encore Labénazie, plus tard pape sous le nom de Clé- 
ment V, était chanoine de Saint-Caprais, comme on le voit par un acte capitulaire 
de 1285... Le pape Clément V était d'Agen ainsi que toute sa famille (!'). Son père 
fonda un anniversaire dans l'église de Saint-Caprais le 5 des ides de janvier, marqué 
ainsi dans le martyrologe de Saint-Caprais : idus Jannarii obitus domini Beraldi de 
Guto, patris Domini démentis papœ quinti. Son frère en fonda un autre : Il nonas 
januarii obitus domini Arnaldi Garsia; de Guto. Bertrand Delgot avait étudié à Agen 
sous Pierre de Causac qui y enseignait les belles lettres, au rapport de Vidal dans 
l'histoire des évêques de Cahors. On lit encore dans le martyrologe de Saint-Ca- 
prais : 6 Kal. julii obitus Ramundi de Guto, cardinalis. Le cardinal de Pcllegrue, 
proche parent de Clément V, cardinal en ijoç, fonda des chapelles à Saint-Etienne 
et des anniversaires à Saint-Caprais. Le cardinal de Cantcloup, proche parent aussi 



Gardien de nos saiiucs reliques ' , il vit aux siècles de foi 



de Clément V cl morl en I5p avait fondé un obit à Saint-Caprai» ». (Hist. mï, 
liv. IV). Inutile de faire remarquer que le Pape Clément V était de Villandraut 
suivant Bernard (juidonis qui nous apprend aussi que Clément V passa son enfance 
ou prieuré du Deiïez, près de Saint-Ferréul, où il reçut les leçons de Pierre de Cau- 
sac, prieur de ce monastère. 

Le même pape fit prieur de Saint-Caprais son neveu Gaillard de Périsan. qui fut 
plus tard èvêque de Bazas, archevêque de Toulouse et cardinal. [Jes ran^s des 
collé^'iaux sont sortis doux èvèques dAjjen : Arnaud de Rovinha et Jean Jerlandi et 
trois évèi^ues de Bazas : Hu};ues de Roquefort, Guillaunie de Boissonadc et de 
Gourgucs. Parmi les illustrations du clergé de second ordre citons : Bilhonis, fonda- 
teur du chapitre de Pujols et des Annonciades dAgen, Labcnazie. Argenton, etc. 
(Voir la notice déjà citée et signée A. M. D. Ûuzil . 

(i; Le trésor de la collégiale comprenait dabord les reliques de Sainte-Foy. 
<• Autescrre dit que vers la fin du xi« siècle, les reliques de Sainle-Foy furent trans- 
portées d'Agen par l'abbé Uldaric au monastère de Saint-Gai en Suisse. Labénazic 
croit qu'il y a erreur dans ce récit, parce qu'Adon qui mourut vers l'an 875, parlant 
de Sainte-Foy, dont il place la mort l'an 50;, écrit ainsi ; » Passio Sanctœ Fidis et 
sociorum ejus apud urbem Aginnum, quœ postea Conchis translata est. Il rapporte 
après cela comment un historien anonyme les fait transporter à Conques. Vers le 
ixe siècle, du temps de Charles le Chauve, un religieux de Conques, nommé Armi- 
sel, s'introduisit adroitement dans l'église Saint-Caprais, y fut fait sacristain et pro- 
fita de la facilité que lui donna cet emploi pour enlever les reliques de Sainte-Foi.., 
Quoique nous ignorions de quelle façon ces reliques ont été enlevées, le sentiment 
le plus probable est qu'elles sont à Conques en Roucrgue. » (Labrunic, catalogue 
raisonné des Evêques... art. Pierre !.-. 

Il y avait aussi les reliques de Saint-Caprais. Elles disparurent, on ne sait com- 
ment, pendant les troubles de la Réforme. Labénazie ayant appris que le corps de 
Saint-Caprais était vénéré dans la paroisse de Saint-Germain de Teil, diocèse de 
Mende, écrivit pour avoir des renseignements. Il reçut d'un prêtre de Mende une 
curieuse lettre qu'il reproduit dans son Histoire manuscrite. Malheureusement parmi 
les prétendues reliques, on mentionnait la tête du saint, et il est certain que le chef de 
Saint-Caprais, placé dans un reliquaire à part, n'a jamais quitté Agen. 

Nous-même no^is avons écrit à ce sujet à M. le Secrétaire de l'Evêché de Mende, 
qui nous a répondu le 19 juin 189; : << Je n'ai entendu dire ni su que le corps de 
saint Caprais fût à la paroisse de Saint-Germain du Teil. » 

Venaient ensuite les reliques de Saint-Vincent. Grégoire de Tours parlant de notre 
saint s'exprime ainsi : « Vincentius Aginnensis urbis et ipse martyr, cujus passionis 
historia ab incolis retinetur, leviticœ stolœ candore in Ecclcsia Christi militans magnis 
sœpe fulget virtutibus. >> ;Lib. 1 de Gloria Mariyrum, cap. 100. Saint-Vincent de 
Sarragosse a éclipsé notre saint, en sorte que des cathédrales qui étaient dédiées à ce 
dernier comme celle de Chàlons-sur-Saône, reconnaissent aujourd'hui le saint espa- 
gnol, moins ancien que notre Saint-Vincent de près de >o ans. Les reliques du saint 
martyr de l'Agenais étaient encore à Pompéjac, au vi* siècle, mais c'est d'Agen, où 
elles avaient été transportées vers le milieu du ix* siècle, qu'elles furent enlevées, vers 
l'an 8<;o, dit-on, par le moine Aronisdas, avec celles de Sainte-Foy et portées à Con- 



— 26 - 

les peuples accourir vers lui, et, par leurs aumônes, augmen- 
ter ses richesses et son influence. 

Par suite, il semble avoir été parmi nous l'un des premiers 
et des principaux agents de la civilisation chrétienne. Ce qu'il 
y a de certain, c'est que, pendant trois cents ans, il a, seul, ou 

ques où elles se trouvaient encore en 1700. On bâtit une église qui subsistait en 1255 
■et qui appartenait alors au Chapitre Saint-Caprais) sous le nom de Saint-Vincent de 
Pompcjac dans ce rocher où nous la voyons aujourd'hui. (Argenton. — Mémoire sur les 
livres liturgiques. — ^Voir aussi l'Histoire de Saint-Vincent de Pompcjac, par M. 
l'abbé Barrère . 

Le chef de Saint Phébadc était gardé dans une église dépendante du Chapi- 
tre Saint-Caprais et dédiée à ce saint. D'après de Thou les protestants ayant ou- 
vert le to.mbeau de saint Phébade on y trouva un « crâne et la mâchoire inférieure 
avec des dents dans leur entier. » Théodore de Béze s'exprime à peu près dans les 
mêmes termes. Le corps de saint Phébade, d'après notre tradition aurait été trans- 
porté avec celui de sainte Alberte, vierge et martyre et sœur germaine de sainte 
Foy, à Vénerque, près de Toulouse. On sait que l'église Saint-Phébade était située 
rueSaint-Fiari, près de l'église Sainte-Foy, contre les remparts du Nord et qu'elle 
fut détruite par le peuple parce qu'elle avait servi de prêche aux protestants en 
1562. (Voir: Dccouvcrte de la tête de Saint Phébade, par M. l'abbé Rumeau, vicaire 
général.) 

Citons encore les reliques depuis longtemps disparues de saint Prime et de saint 
Félicien dont on croyait voir le tombeau dans la chapelle de leur nom de l'église 
collégiale. Nicolas de Villars écrit dans ses mémoires à la date de 1592 : « Il y a 
une chapelle du côté du chœur appelée Primi et Feliciani avec un grand sépulchre 
ouvert par les hérétiques sans avoir pu rien en savoir. » Et Claude Gelas dans son 
verbal de visite de 1620 : » Au côté droit du grand autel est la chapelle Sanctorum 
Primi et Feliciani... il y a quelques ossements enfermés sous une pierre façonnée de 
même grandeur que l'autel. » 

On voit dans le même verbal que l'Evêque ayant lu dans un vieux manuscrit : 
« Corpus Bcati Dulcidii jacct rétro altari Beata; Mariai », fit faire des fouilles qui 
n'eurent pas de résultat. 

A cette époque, le trésor de la collégiale renfermait encore : i. Un reliquaire d'ar- 
gent et de cristal contenant des os des saints Innocents. — 2. Un reliquaire d'argent 
avec des reliques inconnues. — ;. Une sainte Epine. — 4. Un reliquaire avec des 
reliques inconnues. — j. Des reliques de « Monsieur saint Caprasy, saint Antoine, 
saint Romas, saint Martin, saint G..., saint Julien et saint André. — Une parcelle 
de la vraie Croix. — 7. Un grand reliquaire d'argent « dans lequel a été trouvé 
l'ossemcnt de la tête de Sainte-Foy rompu ». — 8. « L'ossement entier de la tête 
de saint Caprasy, les mâchoires de la dite tête séparées, auxquelles tenaient encore 
trois grosses dents, ledit ossemcnt est de moyenne grosseur. — 9. D'autres osse- 
ments inconnus qui furent enfermés dans une caisse de bois et mis à part. 

Aux premiers troubles de la Réforme la plupart des reliques de la Collégiale 
avaient été mises en lieu sûr; elles furent rapportées à Saint-Caprais en ij66. 
Voici le procès-verbal de cette translation : « A l'honneur de Dieu Notre-Seigneur 



à peu près seul, pourvu à Agen à linstruciion do la jeu 
nesse i' . A ce titre il mérite une reconnaissance éternelle. 



jL*siis-Christ, de la benotle Vierge Marie, sa mère, et de Monsieur Saint-Caprais, 
aujourd'hui dimanche matin i; octobre 15O0, les saintes reliques, capses d'argent de 
Monsieur Saint-Caprais et de Madame Sainte-Foi et plusieurs autres reliquaires, 
calices, croix, encensoirs, le tout d'argent et suriiorcs, ont été remises et rappor- 
tées en l'église Sainl-Caprais, proccssionnellenicni depuis la Porte du Pin avec 
MM. Jean Chabric, Prieur de la dite église. Clément Lalande, Bernard de Cuno- 
lio, Hélie Reberens et Guillaume Pons, chanoines de la dite église, ensemble tous 
les prêtres du chœur de la dite église, le curé de l'église Saintc-Foy et les prêtres 
d'iceile, et les frères religieux du couvent des Augustins, qui les sont allé prendre 
et recevoir en procession bien avant hors la Porte du Pin. les apportant de la mai- 
son du sieur de Lalande, appelée « la Mote Cantal, ■. auprès de la ville, lesquelles 
avaient été mises là et cachées depuis l'an i>02, pour la fureur et crainte des hu- 
guenots, qui, en la dite année, pillèrent, dérobèrent et emportèrent les châsses de 
toutes les églises d'Agen et du diocèse pour en faire des Testons pièces de 10 sous) 
et dresser la guerre civile contre les gens d'église et les catholiques. (Extrait de 
l'original des Archives de Saint-Caprais, signé : Miermont, secrétaire . 

En 1790, l'église Collégiale possédait un reliquaire de Saint-Caprais ; c'était un 
demi buste de grandeur naturelle, représentant un évèque, un reliquaire de Sainte- 
Foy ; c'était aussi un demi buste mais plus petit et représentant la sainte ; trois au- 
tres petits reliquaires d'argent et enfin la fameuse masse en argent du bedeau, repré- 
sentant Saint-Caprais en habits pontificaux.... 

Aujourd'hui ces paroles de Bernard d'Anjou, qui vivait l'an 1007, sont hélas ! plus 
vraies que jamais t « Urbs Agcnnuin super omnes Aquitania;, multis olim sanctorum 
patrociniis illustiis eniicuil. quibus penc omnibus, temporuni processu, ignoro quo 
suo peccato viduata remansit, partim vi, paiiim furto sublatis. » 

(1) On lit dans les Preuves des Essais d'Argenton : » 16 février 1509, statut du 
Chapitre Saint-Caprais, concernant la maîtrise des classes qu'il assure lui appartenir 
d'ancien temps. L'Evêque, le Chapitre Saint-Etienne, les consuls ne sont pour rien 
dans l'enseignement public. Comme il n'y est pas question de théologie, les Jacobins 
dictaient peut-être la théologie alors comme aujourd'hui. 

Léonard de Rovère ayant voulu empiéter sur le droit qu'avait depuis longtemps le 
Chapitre Saint-Caprais de fixer les salaires des régents dans les écoles de la ville, 
de les instituer et destituer à sa volonté, le Chapitre fit casser l'ordonnance de l'Evê- 
que. (Abrégé chronologique de Labrunie, ann. I405\ 

Il y avait un collège établi dans Agen avant celui des Jésuites. Il dépendait du 
Chapitre Saint-Caprais suivant tous les anciens actes. Ce Chapitre y nommait le 
principal. Il avait même ce droit que personne n'était admis ou à enseigner ou à être 
reçu licencié en droit civil que de son consentement. Labénazie, Hist. ms. liv. V . 

Lorsque les Jésuites furent appelés à Agen, un arrêt du Parlement de Bordeaux, 
donné en exécution des édits du Roi, imposa aux deux Chapitres d'Agen l'obligation 
de fournir une prébende canoniale pour Icntretion du nouveau collège. Par une tran- 
saction passée en 158^, les chanoines de Saint-Caprais s'engagèrent à payer pour cet 
objet une somme annuelle de 290 livres. Calendrier ecclésiastique de 1842. Notice 
signée A. M. D.). 



Pendant cette période du moyen-âge, où la force était sou- 
veraine, l'opprimé trouvait dans son cloître un asile inviola- 
ble -' . Jaloux de son autonomie, il jouit longtemps du 
privilège de l'exemption ^ , se gouvernant par ses propres lois 
et exerçant sur une foule de clercs subalternes, de clients et 
de serviteurs cette suzeraineté ecclésiastique dont la douceur 
est restée proverbiale >' . De nos jours même, quoique bien 
déchu de son antique splendeur, il ne laisse pas de faire quel- 
que rtgure. Il a les mcMiies honorifiques que le Chapitre cathé- 
dral 4 ; marche partout son égal (^/; a, comme lui, la pré- 
séance au synode et dans les assemblées publiques ; forme 
avec lui, le présidial et les consuls, le premier corps de la 
cité ^^ . Son influence s'étend au loin sur une quarantaine de 
paroisses dont il est le patron ou le curé primitif, et dont il 
nomme les pasteurs '7); elle s'étend, on peut le dire, sur tout le 

(i , En venu du privilège de Sauvetat ou franchise, attaché au Cloître. 

(2; 11 était rentré dans le droit commun à la lin du xvi» siècle; car il est constaté 
dans un procès-verbal de visite de Nicolas de Villars, à la date de 1592, que les cha- 
noines acceptent la visite de l'Evèque. 

(}'; Il a gardé le droit de juridiction correctionnelle sur ses membres et ses inférieurs 
et la police de l'église. 

'4 Les chanoines collégiaux jouissaient du privilège de remplir les fonctions de 
diacre et sous-diacre auprès de l'Evèque lorsqu'il célébrait à Saint-Caprais, même en 
présence du Chapitre de la Cathédrale. Les stations du Carême qui se prêchaient à 
Saint-Etienne se commençaient et se terminaient à Saint-Caprais, par les sermons du 
premier jeudi de Carême et du jour de Pâques. Enfin la procession annuelle du 
Saint-Sacrement sortait alternativement de la Cathédrale et de la Collégiale. Notice 
A. M. D., 

5 M. Delbène aurait fort souhaité ne faire qu'un Chapitre de celui de la Cathé- 
drale et de la Collégiale. Il proposa de vendre l'église de Saint-Caprais aux Béné- 
dictins ; mais on lui fit goûter, dit Labénazie, qu'il était plus avantageux d'avoir des 
chanoines dans cette église que des moines exempts ; que d'ailleurs, les revenus 
appartenant à l'église et non aux chanoines, les moines, à la fin, demanderaient la 
mense ; en troisième lieu, qu'il était plus à la gloire de Dieu qu'il y eut deux Chapi- 
tres. Ces raisons et l'opposition des chanoines de la Collégiale oui bien celle-là 1/ lui 
firent abandonner ce projet. Labrunie, catalogue raisonné des Evêques. art. Delbène). 

(6; En revanche, il est juste de dire qu'il ne se dérobait à aucune des charges de la 
collectivité. Ses membres étaient capitaines nés de la milice urbaine et commandaient 
effectivement en temps de guerre à quelques compagnies des troupes communales. 
(Voir Labénazie, liist. ms.j 

(7) La nomination élail au chanoine de semaine au moment de la vacance du béné- 



diocèse dont il csl rintcrccsscur auprès de Dieu par la prière 
publique ''). 

Parmi les privilèges qu'ils ont su conserver intacts, celui, 
peut-être, que les chanoines de Saint-Caprais apprécient le 
plus, c'est le droit qu'ils ont de se recruter eux-mêmes ^ , 
Toutes les chanoinies, en eiïet, sont électives, même le 
prieuré, et se confèrent dans le Chapitre à la pluralité des 
voix ('). 



Jicc. Elle se faisait dans l'assemblée capitulaire. Le Chapitre présentait ensuite lu 
candidat dési^^Mié h l'Evèque qui lui donnait l'institution canonique. Les statuts qui rè- 
glent ce mode de nomination aux bénéfices sont de n2] et 14}^. 

(1 •( Ce service assidu et cuntimicl de la prière publique si recommandé par 
l'Eglise, si nécessaire pour entretenir surtout parmi le peuple la ferveur et l'esprit 
de noire sainte religion par l'ordre majestueux d'un culte solennel, rendu à Dieu 
trois fois par jour, était depuis plus de mille ans l'apanage sacré des ministres de 
cette église Saint-Caprais aussi reconimandable par son antiquité que par l'avan- 
tage qu'elle a toujours eu d'être la dépositaire des précieuses dépouilles du premier 
évûque et martyr de l'Agcnais. [Discoursde clôture de Couloussac, prieur et iillima 
verba du Chapitre. — 1790 . 

De fait, l'office divin a été célébré de tout temps à Saint-Caprais avec beaucoup 
de régularité et de dignité. On commençait les matines à cinq heures en été, à six 
heures en hiver. La messe canonicalc était dite ensuite à l'autel de tierce, les jours 
fériaux par un prébcndier ; au maître-autel, les dimanches et les jours de fête par 
un chanoine. Après, on récitait les petites heures. Le soir, à trois heures, vêpres et 
complies. Aux grandes fêtes on tendait toute l'enceinte du chœur d'une magnifique 
tapisserie, représentant Ihistoire de la vie, la passion et la mort du Christ, quatre 
autres pièces de tapisserie à fond bleu parsemé de fleurs de lys, placées à droite et 
à gauche du maître-autel et de la porte d'entrée du chœur complétaient la déco- 
ration. 

(3; Ce droit leur est reconnu dans la célèbre transaction de t2;f. 

(;) Voici, à titre de document, un acte d'élection : i< Dans le lieu capitulaire do 
l'église collégiale Saint-Caprais d'Agen, issue de la grande messe d'aujourd'hui. 
7 janvier 1677, y étant capitulairement assemblés au son de la cloche, extraordinai- 
remeni et mandés << hostialim » par M' Jean-Jacques Laget, faisant pour le bedeau, 
M. M. M' Pierre Chabrié, etc.. en icelle tenant Chapitre extraordinaire pour eux 
et M. M. les Prieur et Chanoines absents, le dit sieur Chabiié, chanoine ancien, 
aurait reporté le décès de feu M» M' Alexandre... vivant chanoine de ladite église, 
dimanche dernier, ;* joui du piésciit mois, par lequel décès, ladite chanoiiiie et pré- 
bende canoiiicale a vaqué, et parce qu'en toute vacation, la nomination, élection, 
provision et collation de la dite chanoinie vacante, appartient aux dits sieurs prieur, 
chanoines et chapitre, le dit i' Chabrié. comme le plus ancien a fait sonner la clo- 
che et outre ce, mander « hosiiatim » par ledit Laget, M. M. les Prieur et chanoi- 
nes qui ont voix dèlibérative, comme ledit Laget a déclaré véritable, pour délibérer 



— îo — 



Le nombre des chanoinies a plusieurs fois varié. On en 
compte jusqu'à quinze dans un acte de 1 51 i. Cette année-là 
elles furent divisées par le Chapitre en quatre sacerdotales, 
quatre diaconales et cinq subdiaconales, les deux autres 



sur ladite vacance et voir ce qu'il y a à faire ; sur quoi par les dits sieurs chanoines 
et chapitre attendu le décès dud. feu Alexandre.... ne leur paraissant de résigna- 
tion d'iceluv, sa dite chanoinie et prébende a été déclarée vacante et y devait être 
nommé pour la conservation de leurs droits ; mais avant ce faire, que ledit Laget 
avec moi leur secrétaire et témoins, irions es maisons des dits sieurs Prieur et 
chanoines pour les mander de se trouver au présent lieu, pour donner leurs voix sur 
la dite nomination, ce qu'aurions fait étant allés en la maison priorale et demandé 
le sieur Prieur parlant à N. qui a répondu être absent depuis deux ans ou environ 
et croit être à Paris ; puis en la maison et domicile du s' N. chanoine et demandé 
iceluy, a été répondu être puis ij jours absent par N. et ne savoir où il est, et 
étant retourné dans le lieu capitulaire, et rapporté ce dessus aux dits sieurs chanoi- 
nes assemblés, ils se seraient mis à genoux, dit le « Vcni Creator Spiritus » et l'orai- 
son de suite et s'étant relevés en leurs sièges et chacun d'eux ayant donné leur voix 
et suffrages, par les dits sieurs chanoines et chapitre a été d'une commune voix 
nommé pour chanoine au lieu et place dudit sieur Alexandre... savoir est M. Bar- 
bier, clerc tonsuré du présent diocèse, idoine et capable, lequel ayant été mandé 
serait entré dans le présert lieu, revêtu d'un surpelis et bonnet en sa main et lui 
aurait été annoncé par le dit sieur Chabrié, la nomination et élection faite par le 
Chapitre de sa personne pour chanoine en la dite église Saint-Caprais en lieu et 
place du sieur Alexandre... Ledit sieur Barbier les en a remerciés et présenté ses 
lettres de tonsure datées du 25 décembre 1662... Desquelles ayant été fait lec. 
ture... ce fait, aurait été député le sieur N. chanoine, pour le mettre en possession 
de la dite chanoinie et l'installer dans le chœur et ayant led. sieur Barbier pris sur 
ses bras une aumussegrise, le sieur N. (chanoine) l'aurait mené dans le chœur de lad, 
église et au devant du grand autel fait mettre à genoux et dire l'antienne et oraison 
du bienheureux Saint-Caprais, évêque et martyr puis lever et baiser l'autel ; de là 
mené au banc qui est au devant du grand poulpitre où Messieurs les chanoines cha- 
piers se mettent aux offices, fait asseoir, puis aux sièges hauts du côté droit entrant 
au chœur et fait asseoir à l'un d'iceux et fait faire tous les autres actes requis en 
signe de vraie, réelle, actuelle et corporelle possession dud. sieur Barbier de lad. 
chanoinie, fruits, revenus, privilèges, appartenances et dépendances quelconques et 
étant retournés dans led. lieu capitulaire, led. sieur N. député ayant rapporté lad. 
prise de possession, icelle a été agréée par lesd. sicuis chanoines et chapitre et fait 
mettre à genoux led. sieur Barbier à iceluy fin faire la profession de foi, puis jurer, 
tenir, observer les statuts et privilèges dud. Chapitre sur les saints évangiles et 
s'étant levé, lui auraient baillé sa place au présent lieu du côté droit où il se serait 
assis et requis lesd. sieurs et Chapitre le recevoir « in fratrem canonicum in oscu- 
lum pacis et ad primam residentiam », ce qui lui aurait été accordé et arrêté lui 
expédier titre de lad. chanoinie en la forme accoutumée, sur ce led, sieur Baibier 
aurait embrassé lesd. sieurs chanoines et donné à chacun le baiser de paix. De 
lout ce que dessus..... etc. Suivent les signatures du secrétaire et dea témoins^ 



étant affectées au Prieuré ' . Une bulle de Martin V, en 1417, 
les réduisit à douze dont quatre presbytérales, trois diacona- 
les et trois subdiaconales. Cette distinction n a pas subsisté, 
mais il en est resté l'obligation pour tout nouvel élu d'ôlre 
dans les ordres sacrés ou d'y entrer dans l'année môme de sa 
promotion * . Depuis lors le Chapitre Saint-Caprais se com- 
pose d'un prieur et de dix chanoines. 

Le prieuré est l'unique dignité de ce Chapitre ; mais bien 
peu en France ont de si belles prérogatives. Dans les bulles 
de provision d'Amanieu de Durefort (1550), il est appelé 
« di^'iifas pfincipiiiis cui incuinhit jiirisdicùo aninurum », Le 
prieur de Saint-Caprais est le chef de son Chapitre ; dans son 
église, il a un siège distingué en forme de trône à colonnes 
avec un dais tapissé de damas blanc ' , il ne cède sa place 
qu'à l'évèque ; et, dans ce cas, il conserve son carreau et son 
tapis, et se met à la droite du prélat. Il porte seul une aumusse 
toute blanche (celle des autres chanoines est grise). Quand 
il officie, il est assisté de quatre chanoines dont deux le ser- 
vent en qualité de diacre et de sous- diacre. Les deux autres 
sont au lutrin pour lui annoncer le Gloria et le CrcJo. Le 
Chapitre vient l'accueillir à la porte du cloître et l'y recon- 
duit après l'oflice. Il a juridiction dans le chœur et dans le 
Chapitre, et la pointe, comme nous l'avons vu, se fait toujours 
devant lui. Par un usage de tout temps observé, lorsqu'il as- 

Comnie il arrivait fiéquemmcnt en pareil cas. la iiicmc chanoinie fut requise en 
môme temps par le plus ancien gradué, le dernier titulaire étant mort en un mois dit 
de rigueur. Les chanoines refusèrent de le pourvoir ; il obtint un titre des vicaires 
généraux « jure devolulionis » et se fit installer par un notaire. Un autre j,'radué. se 
disant aussi le plus ancien, pourvu d'une cure à la vérité mais non rempli, ladite 
cure ne valant que 2fo livres, émit à son tour des prétentions. Les uns et les autres 
eurent à plaider en maintenue devant le Parlement de Bordeaux ou bien, ce qui 
se faisait souvent, s'accorder à l'amiable par une transaction. 

(1 Table des .\ctes de M. Argcnion, an i;ii, Ms. de Labrunie'. 

(2) C'était un statut du Chapitre. 

(j) Le grand archidiacre, rival du prieur et rival malheureux, prétendait que 
l'usage du trône ne venait que de MM. Delbènc et de Gourgues à la fois prieurs et 
éviques l'un d'Agen. l'autre de Bazas, 



siste au sermon, il est au milieu du jubé sur un fauteuil, ayant 
devant lui son tapis et son carreau; et il donne la bénédiction 
au prédicateur. 

A l'instar des Evéques, il peut créer un chanoine surnumé- 
raire <« pro jucurhio advcntu », nommer un vicaire général 
pour présider le Chapitre et signer les actes en son absence. 
C'est entre ses mains, comme il a été dit, que l'évêque, à sa 
première entrée, prête serment ; et c'est de lui qu'il reçoit sa 
mitre et sa crosse. Longtemps les consuls d'Agen observè- 
rent l'usage de le visiter en corps avec leur livrée aux pre- 
miers jours de leur entrée en fonctions. Il se prétend la 
première dignité du diocèse, et il est en possession immémo- 
riale de précéder tous les membres du Chapitre cathédral 
soit chanoines, soit dignitaires, tant dans le choeur de Saint- 
Etienne, processions et assemblées publiques que dans l'église 
collégiale. En présence même des Qalhcdraux il a son trône 
le premier à main droite. Il a été confirmé dans cette posses- 
sion par un arrêt du parlement de 1622. « M. de Gelas, dit 
Labrunie, fit son frère grand-archidiacre. Celui-ci souffrait 
impatiemment que M. Lamothe-Dissault, Prieur de Saint- 
Caprais, prétendît le pas sur lui aux processions et autres 
cérémonies. li lui intenta un procès. Le fond des raisons du 
Prieur se réduit à ces trois chefs : 10 Qu'il est dans le diocèse 
la première dignité après l'évêque puisqu'il a une chaire 
ornée comme celle de l'évêque ; qu'il est chef d'un corps ; 
que l'évêque doit prêter serment entre ses mains ; que son 
rang à Saint-Etienne est à la première place à main droite du 
chœur, qui est le premier rang ; 2° Qu'il était en une posses- 
sion littérale de cette préséance, et il le prouve par différents 
actes,. notamment par un de 1 3 1 3 où Géraud de Serris, Prieur 
de Saint-Caprais et chanoine de Saint-Etienne, présida le 
Chapitre cathédral et signa avant Guillaume de Bussi grand 
archidiacre et chanoine aussi de Saint-Etienne ; 3° Que ses 
prédécesseurs et lui-même avaient toujours joui de cette 



préséance jusqu'au moment où Balihazar de Gelas (grand 
archidiacre en 1621) avait formé le dessein de l'en dépouil- 
ler '/ ». Dans la sentence qui intervint en 1622, il est porté 
en termes formels que le prieur et l'archidiacre garderaient 
leur rang accoutumé ; qu'en conséquence, le prieur aurait la 
première place du côté droit après l'évêque, et l'archidiacre 
la première place du côté gauche, tant dans le chœur de 
Saint-Etienne qu'aux processions et dans les autres églises. 
L'unique concession que l'archidiacre obtint fui d'avoir le pas 
sur le prieur aux entrées et aux sorties. 

Le titulaire actuel du prieuré est Jacques-Joseph de Cou- 
loussac. C'est le quarante-cinquième prieur connu - . Il réside 
à Agen et disparaîtra pendant la Révolution. 



(i) Catalogue raisonné des Evoques d'Agen. — Art. Gelas. 

'2 Voici une liste des Prieurs de Saint-Caprais, tirée des mss. de Labénazie et 
complétée . i. Guillaume l" Mengot, 11J9 ; — s. Guillaume il, 120; ; — 5. Hélies, 
i2îÇ. — 4. Pierre Bardissen ; 5. Galabrinus, i2,-<). — (>. Guillaume III, 1202. — 
7. Raymond de Nogucrs, 127Ç. — 8. Anglus de Bcsoys, 1278, camérier du F'apc 
Jean XXI. — 9. Etienne de Hispania, 1279. — 10. Bernard de Percilla ou Pcyrcilla, 
1284. — II. Gillabertus ou Giliberlus de Crudibus ou Crosols, 1296, envoyé par le 
Saint-Siège. — 12 Gaillard de Prcssac ou de Pressan, neveu de Clément V, nommé 
prieur par ce Pape, puis évoque de Toulouse en 1 504, enfin cardinal ; la Gallia 
Cbristiana le met parmi les évêques de Bazas. — i;. Bernard deBeauville, 1 ;oo. — 
14. Archimbaud de Périgord, 1508. — lî. Béraud de Serris, 1528;— 10. Géraud 
Fournicr, i;6i. — 17. Denis de Malo Rcspochc, 1590. — 18. Vital de Léon, 
1409. — 19, Marc de Fumel, 1422. — 20. Jean Normdri, 1461. — 21. Bertrand de 
Montagut, 1478. — 22. Bernard de Sedieras, 1492. — 2;. Jean de Durcfort, 1499. — 
24. Alain de Durefort, 1524. — 25. Jean de Durefort (aller) 1529. — 26. Amanieu de 
Durefori, 1550. — 27. De Soldadier, 1555-1558.— 28. Jean Chabrié, 1565. —29. Ber- 
nard Lacombe, abbé de Blasimont, grand archidiacre de Saint-Etienne, i;90. — 
jo. Louis de Pechpcyron de Bclcaire, 1591-1609. — ji. Lamolhe Dissaut It>09-i6a2. 
}2. Bernard DalTis, évèque de Lombez, 1622-1620. — }}. Jean Daffis, 1626. — 54. Cas- 
saigiieau, président du Parlement de Toulouse, 1656. — 55. Dalliez, conseiller au 
mime Parlement, 1644. — 56. Barthélémy Delbène, évoque dAgen, 1654. — 17. An- 
toine de Narbonne de Birac, 1665. — ^8. Jean de Narbonne Saint-Sauveur de Birac, 
1064. — J9. De Gramond et d"Argclos prétendaient en même temps. — 40. Pierre 
Chabrier, 1607, résigne moyennant une pension de 1000 livres. — 41. Joseph de Goiir- 
gues, i67oévéquede Bazas. 1084. — ,a. Pierre Chabrier, 1096-1700. — 4;. Bernard 
Labénazie, 1700-1734, — 44. Redon de F'onienillcs. 1720,,,,, — 45. Jacques-Joseph de 
Couloussac, 

) 



- u — 

Les autres membres « du vénérable Chapitre de l'insigne 
CoUés^iaie » sont : 

Jean-Jérôme Baillet de Florensac, docteur de Sorbonne. 
Il sera nommé, après le Concordat, curé de Caslillonnès. 

Jean-Baptiste Ballias, chapelain en survivance et clerc de 
la chapelle ordinaire de Monsieur, frère du Roi, vicaire- 
général de Fréjus, titulaire de la chapellenie des Ampeaux, 
etc.. demeurant en sa maison canoniale (') située sur la place 
Saint-Caprais, vis-à-vis la grande porte de l'église. Il survivra 
à peine à la Révolution. 

Jacques de Bonnafous, qui sera détenu à Agen, puis au 
fort du Hâ et déporté dans la rade d'Aix. 11 viendra finir ses 
jours au Passage-d'Agen. 

Léon Ducros, qui sera détenu dans la prison de Paulin en 
1794. Son âge avancé ne lui permettra pas de reprendre de 
l'emploi après le Concordat. 

François-Michel de Lamothe-Vedel, chapelain de Surcé, 
de Fabri et de Saini-Dulcide, habitant en sa maison cano- 
niale '^'^ située prés de celle de M. Ballias. Il sera détenu à 
la prison du Séminaire et mourra octogénaire à l'époque du 
Concordat. 

Louis-Joseph Mauriac, tout nouvellement pourvu « per viin 
gradûs ». Homme de bien, dégoûts simples et champêtres, 
il se vouera de bonne heure à la retraite. 

Pierre Noziéres, qui possède près du prieuré de Saint- 
Caprais une maison canoniale'') qu'iî a affermée à M. Oudart, 
son confrère. Il disparaîtra pendant la Révolution. 

Pierre-Antoine Oudart, syndic du Chapitre. « le plus 
grand homme de bien qu'on connaisse j». Il sera interné à 

(i) Cette maison consistait en plusieurs étages haut et bas, cave, cour et jardin et 
autres édifices, (Sommier des Déclarations, des Bcnéficiers, etc.. Bibliothèque du 
Petit Séminaire), 
ilj Consistant en plusieurs étages, haut et bas, avec jardin. (Ibid.) 
(j) Consistant en plusieurs étages, haut et bas, avec un jardin joignant- situé vis- 
à-ris le ciinclière de Saint-Caprais, rue des Martyrs (Ibid.). 



Agcn en 1794 et, en 1002, nommé chanoine titulaire et péni- 
tencier du nouveau chapitre cathedra!. 

Claude Pélissier, habitant sa maison canoniale ''. On l'a 
surnommé le bon chanoine. Il est chapelain de Roussel. Il 
fera le serment de Liberté-Egalité, ce qui ne l'empêchera pas 
d'être détenu en 1794. Nommé chanoine honoraire en 1O02, 
il deviendra titulaire le 18 mars 1810, en remplacement de 
M. Oudart, décédé. 

Pierre-Joseph de Rangouse qui possède une belle maison 
canoniale -' place Saint-Caprais. Septuagénaire et infirme il 
sera détenu chez lui pendant la Terreur. Il ne verra pas la 
restauration du culte. 

Au-dessous des chanoines il y a les hebdomadiers, prében- 
diers et chapelains « scnn chori ». formant le bas-chœur. 

Les hebdomadiers furent créés par un statut du Chapitre de 
l'an 1308. Ils furent d'abord au nombre de quatre et devaient 
suppléer les chanoines malades ou absents. Le Chapitre 
s'était obligé à leur donner par an « Licccm cjrlcrijs fnuncnli 
et duodccim salmatas musli^ et ohitiis et fcstci sccunduni quod 
pcrcipiunt aid prœhendarii in dicta Ecx/csia cxisfentcs. » Ce sta- 
tut pouvait être révoqué et il le fut sans doute, car nous voyons 
en 15 16 Bilhonis obtenir du Chapitre Saint-Caprais que son 
canonicat serait éteint après sa mort « pour les fruits en être 
donnés à quatre hebdomadiers. » Ces quatre hebdomadiers 
furent dans la suite réduits à deux comme nous les voyons 
aujourd'hui et leur revenu est de vingt-quatre sacs de blé, 
huit barriques de vin et soixante livres en argent. Ils sont obli- 
gés d'assister à tous les offices du chœur, de faire diacre et 
sous-diacre au chanoine hebdomadier toutes les fêtes annuel- 
les. Quand les grandes cloches sonnent à branle, ils doivent 
faire la chape à matines et à vêpres avec deux chanoines, 



(1 Maison consistant en plusieurs cta^'cs, haut et bas. avec grenier, cave, jar» 
din et autres êdilices. (Ibid.), 

[2] Id. ^Ibid.; 



-•dé- 
porter les antiennes et entonner les psaumes avec eux; et 
quand les cloches sonnent à boni, faire la chape avec deux 
prébendiers et alors les prébendiers seuls portent les antien- 
nes. C'est à eux à commencer l'office si le chanoine de se- 
maine est absent ou empêché ; de même ils chantent les 
messes canoniales au défaut du chanoine de semaine. Enfin 
ils sont tenus d'assister à toutes les processions, vœux, etc., 
sans rétribution, sauf pour la procession de Renaud, le len- 
demain de Pâques, pour laquelle ils reçoivent quelques sols. 

Le Chapitre est instituteur et collateur des deux hebdoma- 
des, qui ne peuvent être résignées ni permutées sans son 
consentement. Il les confère généralement à ses anciens ser- 
viteurs ''. Les titulaires actuels sont : Arnaud Goux, qui 
sera interné en 1794 malgré ses infirmités, et Antoine Cante- 
gril. 

Les prébendiers sont antérieurs aux hebdomadiers. Dans 
un acte de 1311, on en compte au moins quatre. Ils sont six 
aujourd'hui. Ce sont les chanoines qui ont fondé ces petites 
prébendes, ce sont eux qui y nomment, ce sont eux qui les 
confèrent. Le rôle du prébendier est de servir au chœur « om- 
nibus horis », de faire la chape, porter les antiennes, entonner 
les psaumes, excepté les fêtes oii Ton sonne les cloches à 
branle, enfin de dire la messe de tierce à son tour. L'office du 
chœur consiste à psalmodier et à exécuter le plain-chant. Les 
prébendiers sont en outre tenus à assister aux processions, 
prières publiques auxquelles le Chapitre est prié. Ils sont ins- 
tallés au bas chœur. Il suffit qu'ils soient tonsurés, ils peu- 
vent se faire remplacer pour les messes à dire et même pour 
tout le service pourvu que ce soit par des personnes agréées 

(i; En I76f, les deux hebdomades étaient occupées par deux anciens bedeaux. 
(Voir Mémoiresde MM. les Curés d'Agen, i/ôjj. Le bédelat était un office; le be^ 
deau était révocable par le Chapitre, on l'installait cependant à son entrée en fonc- 
tions. Il a été question plus haut de son antique niasse d'argent. Le dernier titulaire 
a été Pierre Labarthe Boé, qui fut détenu en 1794 malgré une paralysie du côté 
droit/ 



— 17 — 

du Chapitre. Leur traitement est fixé à vingt sacs de froment, 
huit barriques de vin et soixante Hvres d'argent ' . Ils servent 
par avance, l'année commençant le i'"" mai. La pointe se fait 
jour par jour par le ponctuaire du chœur, et au bout de l'an- 
née les chanoines font les départements du blé et du vin con- 
formément à la pointe. Les blés se paient à Notre-Dame 
d'Août et les vins aux vendanges ; les 60 livres sont payées 
par le trésorier du Chapitre, moitié à la Toussaint et moitié à 
Notre-Dame de Mars. Les prébendiers ont part aux obits, 
anniversaires, fondations. Plusieurs ont annexé à leur pré- 
bende, les uns une maison, d'autres une vigne, d'autres un 
pré ou quelques petites rentes. Enfin, pour améliorer leur si- 
tuation un peu précaire, le Chapitre leur confère bon noniDre 
de chapellenies qui dépendent de lui. 

Les titulaires actuels sont : 

Joseph-Dulcide Descuns, qui prêtera le serment. 

Joseph-Bertrand Gassou, qui prêtera le serment et se ma- 
riera pendant la Révolution. 

Mathieu Laporterie, du diocèse de Bazas. La seconde Cha- 
pellenie de Lardeau, Parazoles et Coutures est unie à sa pré- 
bende. Il possède de ce chef une maison située à Agen et un 
petit fief en menu cens répandu sur la paroisse de Sainl-Sul- 
pice de Boé. 

Jean-Mathieu Marliac, qui prêtera le serment et sera 
nommé au Saumon après le Concordat. La chapellenie de 
Descamps, Pic et Cassagne est unie à sa prébende et lui rap- 
porte environ 300 livres - . 



(1) De ces 60 livres, 20 étaient pour les honoraires des messes de tierce. 

(2) De cette chapellenie dépendaient: i. Une pièce de terre de 9 cartonnats, au 
lieu de Latapie, paroisse de Sainte-Radegonde, de 8b livres de revenus; 2. Deux 
pièces de terre de ç cartonnais en tout, même paroisse, derrière Sainte- Foy, d'un 
revenu de >î livres; ;. Un pré au même lieu, revenu 00 livres; 4. Une petite mai- 
son rue des Martyrs, revenu 00 livres; >. Un petit fief en menu cens répandu à 
Agen sur les maisons de la rue Molinier, revenu 19 livres 10 sols. — Total du re- 
venu 504 livres 10 sols. 



- 58 - 

Jean-Alexandre de Miraben, qui sera interné en 1794 et 
sera nommé bénéficier de la cathédrale après le Concordat. 
I-a première chapellenie de Lardeau, Parazoles et Coutures 
est attachée à sa prébende. Elle consiste comme la première 
en un petit fief en menu cens répandu dans la paroisse de 
Boé. 

Jean Vivens. qui fera tous les serments, les rétractera et 
sera, sous les auspices de M. de Rangouse, nommé curé de 
Laplume après le Concordat. 

La psalette ou maîtrise se compose d'un maître de musi- 
que nommé Benefactis, d'un sous-maître, de quatre enfants de 
chœur qui habitent une maison meublée, appelée la Psalette, 
dépendante du Chapitre. Il y a aussi un bedeau et deux sous 
portiers. 

Parmi les autres chapellenies fondées et desservies dans 
l'église Saint-Caprais il faut citer : 

La chapelle du Purgatoire qui oblige à une grand'messe 
tous les vendredis et à une messe basse tous les jours. Elle 
est desservie exclusivement par les prêtres du bas-chœur qui 
s'en partagent les revenus. 

La chapelle d'Athia, fondée au xvi^ siècle par Jean d' Athia, 
chanoine de Saint-Caprais. Les charges sont deux messes par 
semaine et l'assistance aux offices les dimanches et fêtes. Elle 
vaut 172 livres''-. Le titulaire actuel est Antoine Labarthe, 
prêtre de Saint-Lazare et professeur au Séminaire. 

La chapelle de Fabry, fondée par Robert Fabry, le 1 5 juin 
1 5 1 5. Elle obligeait primitivement à deux messes et à l'assis- 
tance aux offices les dimanches et fêtes. Une partie des biens 



(i; De ce bénéfice dépendaient: i. Une maison située à Agen, place Caillivcs, 
louée 100 livres ; 2. Deux pièces de terre situées au lieu de Lastaignengues, pa- 
roisse de Saint-Vincent des Corbeaux, delà contenance totale de 6 cartonnats, 
a picotins, alTermées 45 livres; ;. Une rente de 11 livres au capital de 200 livres 
placée sur le moulin de Cassia, paroisse de Boé; 4. Un petit fief en menu cens ré- 
pandu sur la paroisse de Sainte-Redcgonde, rapportant avec les lods et ventes 18 li- 
vres. Total des revenus 172 livres. 






formant sa dotation ayant été perdue dans la suite, Mascaron 
réduisit le service aux deux messes par semaine, le 7 février 
1703. Elle vaut 255 livres v'. Le titulaire actuel est François- 
Michel de Lamothe-Vedel, chanoine de Saint-Caprais. 

La chapelle de Borelly ou Saint-Martin de Maucourt r,,, 
fondée le 6 mai 15 14, par Ama^ile Borelly. chanoine de 
Saint-Caprais. Il paraît que Borelly était un étranger qui fit 
cette fondation pour réparer ses nombreuses absences. Un 
acte capilulaire nous donne la date de sa mort : c In die prœ- 
cedcnli hanc dicm, vidclicct 22 scplcmhris 1523, fuit scpiillus 
vcncrabUis Doniinus Arma plus Boiirclli, qiiondcim canon icus, in 
tunnilo Sanc/a' Fidis et ccclcsiœ Sancii Caprasii A^cnni. » Le 
9 décembre 1523, la chapelle qu'il avait fondée fut spiritua- 
lisée, avec le consentement du Chapitre, par l'official Bilhonis. 
Il avait décidé que la nomination serait aux Borelly et la col- 
lation au Chapitre Saint-Caprais. Le service consiste en deux 
messes par semaine et à l'assistance au chœur « omni/nis horis)), 
mais dans le cas seulement où le Chapitre paierait au chape- 
lain une certaine pension fixée par l'acte de fondation. Le 
revenu est de 455 livres (') , le titulaire s'appelle Jean-Pierre 
Dupuy, vicaire-général de Lescar. 

La chapelle de Saint-Jacques et de Saint-Philippe, dite de 
Bérard ou de Béraud, fondée par un chanoine de ce nom, le 



(1) De ce bénéfice dépendaient: i. Une maison située à Agen, place Sainl-Caprais, 
affennée 150 livres; 2. Une faisande avec une carlerée. deux picotins, située au bas 
du lieu appelé l'Agenais, paroisse de Foulayronnes, affermée 7? livres; 5. Une car- 
terée de terre labourable située au Val l'Agenais, paroisse de Saint-Hilaire.aircrmée 
50 livres. — Total des revenus 255 livres. 

(2) La chapelle Saint-Martin de Maucourt dut être unie dans la suite des temps 
à la chapelle de Borelly, de là sans doute ce double titre, lille avait été fondée par 
Armand Bourran, chanoine de Saint-Caprais et le patronat avait été laissé à la fa- 
mille de ce nom. 

(;) De ce bénéfice dépendaient : 1. Une métairie, dite deTournclayre, paroisse de 
Foulayronnes, de 26 carlerées ; 2. Deux pièces de terre labourable situées près 
d'Agen, de 8 cartonnats, 1 picotin; 5. Une vigne de 4 cartonnats. située au Pont de 
las Tantes ; 4. Une maison place Caillives à Agen. Le tout était aiTermé 455 livres. 



— 40 — 

;o janvier i>>7. Elle obli^^e à trois messes par semaine (0. 
Le liiiilaire est Arnaud Dupin, curé de Saint-Caprais d'Agen. 

La chapelle de Surcé qui oblige à une messe le vendredi de 
chaque semaine. Elle vaut i66 livres ^^). Le titulaire est Fran- 
çois-Michel de Lamothe-Vedel, chanoine de Saint-Caprais. 

La chapelle de Saint-Dulcide, dont la dotation en rentes 
constituées produit annuellement 141 livres 5 sols. Elle a le 
même titulaire que la précédente. 

La chapelle de Rouère (première du nom), fondée au 
XVI* siècle par Hugues de Rouère, chanoine de Saint-Caprais, 
sous le nom de Saint-Joseph et de Sainte-Marie-Madeleine. 
Elle est de patronage laïque, oblige à trois messes par se- 
maine et à l'assistance au choeur « omnibus Aam». D'après 
l'acte de fondation, une des messes devait se dire à l'église 
Saint-Phébade, mais depuis la démolition de cette église elles 
se disent toutes les trois à Saint-Caprais. Le revenu de ce 
bénéfice dépasse 600 livres -'). Le titulaire est Germain- 
Clément de Boudon, curé d'Unet. 

La chapelle de Notre-Dame de Pitié qui oblige à deux 
messes par semaine. Elle vaut 1 16 livres ^4) et a pour titulaire 
Jean-Jacques-Marie Argenton, curé de Saint-Martin-du- 
Peyrat (Saint-Antoine). 

I La dotation de cette chapelle se composait : i. De deux maisons situées à Agen 
l'nne place Saint-Caprais, l'autre devant Thôpital Saint-Jacques; 2. D'une métairie 
appelée de Rouget, située à Foulayronnes, comprenant d'un côté 15 carterées, 7 car- 
tonnais, de l'autre 3 carterées, 5 cartonnais, et enfin 2 carterées près de la côte 
du Grésel. 

il, De ce bénéfice dépendaient: i. Une maison avec jardin, située à Agen, rue de 
Martyrs, louée 60 livres ; 2. Une vigne d'une carterée, située au Rocher de Sainle- 
Radegonde, produisant 88 livres ; 5. Une pièce de terre avec un morceau d'île, 
près deCombarieu, paroisse de Sainte-Hilairc, rapportant 18 livres. Le revenu total 
était donc de 166 livres. 

' ] , De cette chapelle dépendaient une maison située à Agen, près de l'hôpital 
Saint-Jacques et une métairie, appelée la Prébende, d'un revenu de 514 livres 7 sols, 
située dans la paroisse de La Sauvetat-dc-Savcres. 

(4; De cette chapelle dépendaient une maison située à Agen, place Saint-Caprais, 
affermée 90 livres, une rente directe de 1 livre 10 sois et difTércntes rentes consti- 
tuées formant un total de 24 livres 10 sols. 



— 4' — 

La chapelle de Combelles qui oblige à deux messes par 
semaine. Elle vaut 27B livres ' et a pour titulaire Jean-Baplisie 
Laurens, chanoine de Saint-Etienne. 

La chapelle de Lanivoire (première du nom), fondée le 
14 août î ^ 16 par Lanivoire. Elle obligeait, d'après l'acte de 
fondation, à trois messes par semaine et à l'assistance au 
chœur oinnt/nis /uiris >• . Le 19 décembre 16P»:;, à la suite 
d'un long procès, Mascaron réduisit le service aux messes et 
à l'assistarice au chœur les jours fériés seulement. Le titulaire 
est Joseph Alexis Marquct, chanoine hcbdomadier de la ca- 
thédrale de Poitiers, Noire-Dame la Grande. Le môme est 
titulaire de la deuxième chapellenie du même nom desservie 
dans la chapelle de Notre-Dame des Fargues à la Cathédrale. 
Les deux bénéfices valent ensemble 1,4^0 livres -. 

La chapelle de Cypriani et Graiiani qui oblige à deux 
messes par semaine. Elle vaut 383 livres 6 sols ' . Le titulaire 
est Jean Saint-Espès, curé de Bazas. 

La chapelle de Galliet, fondée sous le titre de la Passion 
de Jésus-Christ est desservie dans la chapelle des Innocents. 
Elle est de patronage laïque. Le service est d'une messe par 
semaine et le revenu de 314 livres 5 sols •* . Le titulaire est 



(1) De cette chapelle dépendaient : i. Une maison avec un petit jardin, située à A;,'cn, 
rue Berfîcs ou des Orphelines, paroisse de Sainte- Koy, affermée Oo livres; 2. Un pré 
situé à la Combe de la Bernéde. paroisse de Sainle-Radegonde de 2 carionnats, 
2 picotins et une pièce de terre à Compère, même paroisse, les deux afferniées 
170 livres; ;. Une pièce déterre de 6 cartonnats, paroisse de Saint-Vincent des 
Corbeaux, louée 48 livres. 

(2, Des deux chapellenies de Lanivoire dépendaient ; 1. Une maison située rue des 
Prêtres, affermée 200 livres; a. Une rente annuelle de 120 livres provenant d'un bail 
de locaterie perpétuelle dune maison près de la Porte-Neuve; 5. Une rente annuelle 
de ço livres établie sur la manufacture Delas : 4. Une rente annuelle de ;8o livres sur 
5 carterécs de terre où a été bâtie une tuilerie ; ;. Plusieurs autres menues rentes ; 
o. Diverses pièces de terre dans la paroisse de Lacapellelle. une vij;ne dans celle 
de Saint-Vincent des Corbeaux, une autre vivrne au bas de la côte de Monbran. Total 
des revenus, i.4îolivres. 

{;; De ce bénéfice dépendaient : i. Une K'';>no'-" ^^ "" P'^^'' Jardm, situées rue Gre- 
nouilla et loués 24 livres; et ;59 livres 6 sols de rentes constituées* 

(4; De celte chapelle dépendaient : 1. Une vigne de ; carionnats, 5 picotins et une 



— r- — 

Bernard Dordaigue, chevalier non profès de l'Ordre de 
Malle..... etc.. 

H.— LA PAROISSE SAINT-CAPRAIS 

ET SES ANNEXES. 

Le Chapitre est curé primitif et le recteur, n'étant que vi- 
caire perpétuel, est un fort petit personnage. Il ne prend rang 
au chœur qu'après les hebdomadiers. Le service paroissial 
est relégué à la chaoelle de Notre-Dame et consiste en une 
messe avec prône, le dimanche à sept heures et dans l'admi- 
nistration des sacrements. Le curé est aidé par deux vicaires. 
11 se sert des ornements du Chapitre avec la mense duquel 
se confond la fabrique. La paroisse comprend environ 
1 ,000 communiants. Comme elle ne s'étend pas hors ville, 
on n'y lève pas de dîme. Le casuel, dont la majeure partie 
est perçue par le Chapitre (')., constitue tout le revenu. Le 
curé esta la portion congrue. I! y a un presbytère avec un 
petit jardin et une rente de 20 livres attachée à la cure. Le 
titulaire actuel est Arnaud Dupin, chapelain de Bérard. Seul 
des curés d'Agen il refusera le serment constitutionnel, il 
subira la déportation et sera réintégré dans sa cure après le 
Concordat. 

L'église de l'annexe Saint-Pierre de Mérens est champêtre, 



pièce de terre de 4 cartonnais, les deux situées au lieu de Fromatge, paroisse de 
Sainte-Radegonde et louées 42 livres ; 2. Une vigne située au lieu de Las Tagnen- 
gues, même paroisse, de 4 cartonnais, louée 30 livres; 5. Une pièce de terre située à 
Pechabou, même paroisse, de 2 carterées, 4 cartonnais, louée 180 livres; 4. Une 
autre piéce]de terre située au Val Agenais, paroisse Sainle-Foy, de 4 cartonnais, louée 
51 livres; 5. Enfin une rente annuelle de 11 livres 5 sols. Total des revenus 514 livres 
5 sols. 

(1} " S'il y a quelque enterrement de conséquence à faire, le Chapitre y assiste en 
corps ou par députés, fait la cérémonie en quelque paroisse que ce soit et emporte 
tout le luminaire contre la disposition des Ordonnances. » (Mémoire de MM. les 
Curés d'Agen au sujet des Novales, où sont déduits d'importants griefs qu'ils souf- 
frent de la part du Chapitre, 1765.; 



— 4î — 

bâlie sur la croupe d'une colline. Elle est longue de douze 
cannes, large de cinq, haute de huit. Le sanctuaire est voûté. 
Il y a dans la nef du côté de l'Evangile une chapelle éga- 
lement voûtée. Le clocher est en forme de triangle. 

Le service, qui comprend toutes les fonctions curiales, est 
assuré par un vicaire résident. En i6C)o il était encore à la 
charge du curé de Saini-Caprais; depuis c'est le Chapitre, seul 
décimatcur, qui paie l'honoraire du vicaire desservant. La dîme 
du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains à dis- 
crétion. On compte environ i }o communiants. 

La paroisse de Saint-Julien de Boissaguel est dite aussi 
annexe de Saint-Caprais. il en est question à son rang dans 
i'archiprétré de Ferrussac dont elle fait partie. 



S.AINT-CAPRAIS DE BOUSSORP 
ET SON annexe: S.\INT-MARTiN DE METGES. 



On lit dans le pouillé de Vaiéri et dans l'appeau synodal de 
1 ^93 : //? circhiprcsbykratu scdis : Rector Sancfi-MLirlinl Je Mc- 
diciis et Sancli-Caprasii Je Bossor '^\ Rccfor Sjnc/i-PcIri Je 
Fa/guc/roiis. Le hameau de Faugueroles. qui a donné son 
nom à la juridiciion, aurait donc été encore à la fin du xvi'' siè- 
cle chef-lieu de paroisse. Il est fort étonnant cependant que 
l'annexion de cette paroisse à Boussorp à une époque relati- 
vement si récente, que la destruction de son église n'aient 
laissé ni trace ni souvenir soit dans le pays, soit dans les rap- 



(i) Ces deux paroisses sont cgalemeni unies dans le «compte des subsides levés 
pour le Pape dans l'archevi^ché de Bordeaux en ijîo. (Archircs hisl. du Dép. de la 
Gironde, tome xix ). Nota que dans dans celle pièce il n'est pas fait mention de 
Sainl-Pierrc de Faugueroles, 



- 44 — 

ports officiels des curés ou dans les verbaux de visite des 
évêques. 

L'église de Boussorp est située dans une haute plaine, à 
2,000 pas de Fauguerolles. 11 n'y a auprès que deux maisons. 
Elle est bâtie de belle pierre et bien voûtée, longue de 
douze cannes, large de quatre et demie et haute de huit. 
Du côté de l'Evangile s'ouvre une chapelle à deux arceaux, 
dédiée à sainte Agathe, après l'avoir été anciennement à 
Notre-Dame. Le clocher-arcades de forme triangulaire est 
sur la grande porte. 

Celle de Metges est sur un petit mamelon, isolée, à 
500 pas du château d'Arasse. Elle est bâtie de pierre, longue 
de 1 5 pas, large de 6, le choeur est voûté, la nef lambrissée. 
Le clocher-arcades est au bas de l'édifice en forme de trian- 
gle. Cette église a été réparée de fond en comble en 17 14. 

Sur le territoire de la paroisse de Boussorp s'élève une 
chapelle publique appelée Noire-Dame de Pitié ou de Gali- 
mas. Ce modeste sanctuaire, aujourd'hui en ruines, passe 
pour avoir été, à une époque déjà reculée, le centre d'un pè- 
lerinage très fréquenté. D'après une très ancienne tradition. 
Dieu y aurait opéré par l'intercession de la Très Sainte Vierge 
de nombreux miracles. On cite encore une personne de Saint- 
Arnaud qui y fut subitement guérie d'une paralysie vers 1740. 

11 convient de signaler aussi la belle chapelle du château 
d'Arasse ' , bénite par Mascaron, L'usage est qu'on y con- 
fesse et qu'on y dise la messe même paroissiale, lorsque le 
mauvais temps rend difficile l'accès de l'église de Metges. 

La propriété de ces deux paroisses est reconnue au Cha- 
pitre Saint-Caprais dans la célèbre transaction de 1235 entre 
ce Chapitre et l'Eveque. La dîme du blé se paie au dixième; 
du vin et du gros millet au vingtième; du chanvre, linet et 
carnelage au treizième. Le Chapitre prend les trois quarts 

'1 Elle vient d'être restaurée '1890; avec un goût parfait parles châtelains actuels, 
niarc|uis cl marquise de Saint-Exupéry. 



— 4^ — 

des gros grains el tout le vin, mais il donne 30 livres au curé 
pour sa portion de vin. Cx'lui-ci prend le quart restant des 
gros grains et tous les menus. Il prélève en outre sur la pile 
commune trente sacs de blé et cinq sacs de fèves pour ses 
novales, tant anciennes que nouvelles. Son revenu dépasse 
900 livres. Il y a un presbytère attenant à l'église matrice 
avec un gleysagc de trois cnrterées de fonds nobles, exempts 
de taille et de rente, dont le curé jouit. 

Le Chapitre Saint-Caprais nomme au bénéfice. ' 

Il y a 400 communiants à la matrice répartis en 16 ha- 
meaux fort éloignés les uns des autres. Il n'y a dans l'annexe 
que la maison d'Arasse, les métayers et trois ou quatre par- 
ticuliers; en tout une quinzaine de communiants. Le curé doit 
à la matrice le service ordinaire, à l'annexe la messe seule- 
ment avec le prône. Le jour de sainte Agathe, il y a à Bous- 
sorp un grand concours de peuple pour demander à Dieu, 
par l'intercession de cette sainte, la conservation des fruits de 
la terre. Les jours de la Nativité de Notre-Dame et de l'An- 
nonciation les offices de la paroisse se font à la chapelle de 
Galimas et on y va en procession le premier dimanche de mai. 
Le titulaire actuel est Antoine Duverger, qui prêtera le 
serment, le rétractera aussitôt, subira la déportation et mourra 
confesseur et peut-être martyr de la Foi pendant la Révolu- 
tion. 



SAlNT-CAPRAlS DE LERM 
ET SON ANNEXE : SA 1 NT- LA U R ENT DE MALBÈS. 



Valéri place dans l'archiprétré de OptYC la rectorie « Sancfi- 
Capriisii Je Hcrcnicct Scincti-Laurcnlii de Malvcs ». 



- 46 - 

L'église de la matrice est champêtre, dans un vallon, lon- 
gue de trente pas. Bâtie au xii^ siècle elle ne fut voûtée qu'au 
xiv"\ De ses trois chapelles, celle de droite, voûtée en ber- 
ceau brisé, est dédiée à Notre-Dame, les deux autres, recou- 
vertes par des croisées d'ogives, ne remontent pas au delà 
du xvr siècle '. Le clocher est sur le sanctuaire en forme de 
tour. 

Celle de l'annexe est champêtre aussi et s'élève dans un 
vallon non loin du château. Elle est longue de huit cannes, 
large de cinq, haute de six. Le sanctuaire est lambrissé 
ainsi qu'une partie de la nef. Le clocher-arcades s'élève au- 
dessus de la grande porte. 

La propriété de ces deux paroisses est également reconnue 
au Chapitre Saint-Caprais dans la transaction de 1235. Lors- 
qu'il fut décidé que les biens de ce Chapitre ne seraient plus 
possédés par les chanoines à titre individuel '^^ Saint-Caprais- 
de Lerm et son annexe échappèrent à cette règle et conti- 
nuèrent à faire partie de la mense particulière du Prieur. La 
dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au treizième 
et du vin à discrétion. Le curé prend le quart du blé et tous 
les menus grains. Le Prieur de Saint-Caprais prend les trois 
quarts du blé et tout le vin. Il y a à la matrice un beau pres- 
bytère et autour un gleysage de vingt-deux cartonnats en 
terre labourable, pré ou vigne dont le curé jouit. La part de 
ce dernier vaut 1,000 livres. 

Le prieur de Saint-Caprais nomme au bénéfice. 

On compte 400 communiants à la matrice et 40 à l'annexe. 
Le curé doit le service entier aux deux églises; l'annexe a 
droit à un vicaire résident. Il y a une ordonnance de M. d'Yse 
de Saléon qui confirme ce droit. Le titulaire actuel est Pierre 
Leydet, futur assermenté et abdicataire, qui mourra pendant 
la Révolution. 



(1) G. Tholin. Elude sur l'architedulC religieuse de l'Agenals. 
(3) Voir plus haut pages 2;, 



- 4:* — 



SAINTE-COLOMBE DE LASFARGUES 



Cette paroisse est placée par Valéri dans l'archiprôiré du 
Siège. On lui donne encore officiellement pour annexe Sainl- 
Avit de Gais. Dans le pouillé de Valéri, la rectorie « Siincti- 
Avidi de Con:^\i//is » fait partie également de l'archiprétré du 
Siège. L'église de ce nom, ruinée au xv!*" siècle, n'a pas été 
relevée et son territoire se confond avec celui de Sainte- 
Colombe. 

L église de Sainte-Colombe est champêtre, dans un vallon. 
Elle est longue de di.\ cannes, large de cinq, haute de six. 
Le sanctuaire est voûté de la longueur de trois cannes, la nef 
n'est ni voûtée ni lambrissée. 

On trouve les deux églises de Sainte-Colombe et de Saini- 
Avit-de-Gals dans la transaction de 123:; en faveur du Chapi- 
tre Saint-Caprais. La dîme du blé se paie au dixième, du 
vin et des menus grains à discrétion. Le curé prend la moiiié du 
blé et du vin, tous les menus grains, les novales et une pipe de 
vin par préciput sur la part du Chapitre Saint-Caprais qui 
prend tout le reste. Pour compléter sa portion congrue il re- 
çoit du même Chapitre une pension de 1 50 livres. Il y a un 
presbytère et un jardin. 

Le Chapitre Saint-Caprais nonlme au bénéfice. 

On compte 80 communiants auxquels le curé doit le service 
ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-François Mauron, qui 
prêtera le serment, le rétractera aussitôt, ira en exil et sera 
nommé desservant de Saint-Pierre-de-Mérens, puis chanoinç 
honoraire après le Concordat. 



^4B- 



SAINT-DENIS DE BORDES 



Dans le pouillé de Valéri cette paroisse fait partie de l'ar- 
chiprêtré du Siège et forme, avec Saint- Barthélémy de Frays- 
ses et Saint-Aignan, aujourd'hui annexe de Laugnac, une 
même reclorie. 

L'église est un pauvre monument isolé. En 1682 on a 
élevé une chapelle à Sainte-Radegonde, qui est depuis des 
siècles la grande dévotion du lieu. 

Autrefois l'abbé de Pérignac prenait les trois huitièmes de 
la dîme, les chapelains de Montpezat aussi les trois huitièmes, 
et le curé le quart restant. Celui-ci ayant opté, en 1788, pour 
la portion congrue, il n'y a plus que deux part-prenants qui se 
partagent par portions égales toute la dîme. Il y a un presby- 
tère avec jardin. 

L'évoque nomme au bénéfice. 

On compte 120 communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Le titulaire actuel est Guillaume Naulet, qui 
prêtera le serment, le rétractera, sera déporté, interné au 
fort du Hâ et nommé à Bon-Encontre après le Concordat. 



SAINT-DENIS DE VITRAC 



Valéri place dans l'archiprêtré de Opère la rectorie « de 
Vitraco et Sancli Dionisii » , 

L'église est champêtre sur une éminence, longue de vingt 
pas, large de sept. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni 



^ 4<; — 

voûtée ni lambrissée. Le clocher est au-dessus de la façade 
occidentale en forme de chapiteau. 

La dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au 
treizième et du vin au seizième. Le 14 août 1609, le curé, qui 
prenait le quart des fruits décimaux, se réduisit à la portion 
congrue. Depuis, le prieur de Saint-Antoine d'Agen et le 
Chapitre Saint-Etienne prennent chacun la moitié de tout le 
revenu. Les droits du prieur remontent à 1096 et proviennent 
de dîmes inféodées que lui délaissèrent alors les seigneurs de 
Calezun et de Fumel; ceux du Chapitre lui furent transmis de 
la même manière par Arnaud de Durefort, le 3 juin 1316. Il 
y a un presbytère et un gleysage de vingt-deux cartonnats en- 
viron en terre labourable, prés ou vigne dont le curé jouit. 

Le Chapitre Saint-Etienne nomme au bénéfice. 

On compte 1 50 communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Il distribue tous les ans aux plus nécessiteux 
quatre sacs de froment provenant d'une pièce de terre léguée 
aux pauvres par un de ses prédécesseurs. Le titulaire actuel 
est Jean-Baptiste Delvove, qui prêtera le serment, abdiquera 
et mourra presque centenaire pendant la Révolution. 



SAINT-ETIENNE-D'AGEN 



Il y a lieu de croire que trois monuments à .Agen ont suc- 
cessivement porté le nom de Saint-Etienne et servi de cathé- 
drale. Le premier, dont on ignore jusqu'à l'emplacement, 
aurait disparu avec l'antique Aginnum à l'époque des inva- 
sions. Le second, contemporain de la ville moderne, passe 



^ t;o -^ 

pour avoir été adossé à la Grande-Horloge ('). Une conjec- 
ture, c'est tout ce qu'il en reste. Quant à la basilique 
actuelle '- , il est difficile, faute de documents, de préciser la 
date de sa fondation ('). Elle semble cependant, par son style, 
appartenir au milieu du xiiie siècle (4\ 

Cet édifice n'a jamais été achevé, et le travail de plusieurs 
siècles s'est tout juste borné à le préserver d'une destruction 
totale ''\ La première pièce authentique s'y rapportant, est 
déjà un procès-verbal de visite de ses ruines, en date du 
21 octobre 1487. A la suite de cette enquête, le Parlement 
condamna FEvêque, le 22 décembre suivant, à contribuer aux 
réparations pour une somme de 500 livres par an. En 1509, 
nouvel arrêt de la même Cour qui porte cette somme à 1,200 
livres. Le Parlement intervient encore en 1 531, et condamne 
Antoine de la Rovère à céder à la Fabrique de Saint-Etienne 
le quart de ses revenus. C'est à ce prélat et à ses deux pré- 
décesseurs de même nom que * l'on doit la seconde galerie 
du chœur, les voûtes des petites travées et peut-être les cha- 
pelles absidales '^)». Le I 1 janvier 1538, le cardinal de Lor- 
raine et le syndic du Chapitre firent une transaction qui devait 
régler la quote-part de chacun aux réparations. Cette transac- 
tion resta sans effet car le cardinal obtint d'être exonéré par 



(i C'esl Topinion de Labénazie [Hist. Mail., liv. ii ; de Labruiiie. (Catalogue 
raisonné des Evoques d'Agen, art. HugueS; ; Boudon de Saint-Amans (Opinions 
diverses sur l'église cathédrale, etc..) 

(2; Voir au double point de vue descriptif et historique : « Esquisses historiques, 
archéologiques et pittoresques sur Saint-Etienne d'Agen, par M. H. Brécy. — 
Essai sur les antiquités du département de Lot-et-Garonne, par Boudon de Saint- 
Amans. — Eludes sur l'architecture religieuse de l'A gênais, par M. G. Tholin ». 

(î; « Il est presque impossible de fixer l'année et peut-être le siècle où on a jeté 
«es premiers fondements ». (Labiunie, loc. cat.) 

(4) Il L'édification de la cathédrale dans le style gothique, date, je snppose, du 
milieu du XIII* siècle ». [G. Tholin, op. cit.) 

(f Voir sur toute cette question des réparations de Saint-Etienne: Archives de 
l'Evôché, série E, liasse i; et série H, liasse Saint-Etienne, plusieurs pièces et mé- 
moires ainsi que l'ouvrage déjà cité de M. G. Tholin. 

(0^ G Tholin. f)p. cit. 



lettres patentes do François I'"", en date du 24 novem- 
bre 1539. Elle fut ensuite annulée purement et simplement, 
le |}) mars 1622, par un anêl du Parlement qui remit en vi- 
gueur celui de 1531. Nouveau procès en i62(5, à la requête 
de Pierre Saulveur, nouvelle décision du Parlement le 
3 août 1650. Cette fois il était décidé que la nc( serait voûtée 
soit de pierre, soit de pierre et de brique, et que les frais 
seraient supportés : la moitié par l'Evoque, un quart par le 
Chapitre, Tautrc quart par les consuls représentant les pa- 
roissiens. On parvint encore à éluder cette sentence et tout 
resta dans le plus déplorable siiifu lJuo sous le long épiscopat 
de M. Delbéne. Le 30 janvier 1670, M. Soldadié, S}'ndic du 
Chapitre, actionna M. Joly pour le faire contribuer à des 
réparations plus que jamais urgentes '■. La Cour confirma le 
1 5 mars 1674 l'arrêt de 16^0 qui non fut pas, pour cela, mieux 
exécuté. Le roi, se trouvant à Saint-Germain-en-Laye, avait 
été supplié, le 20 avril 1771, de permettre une imposition de 
cinq ou six ans sur toute la province de Guyenne ou la géné- 
ralité de Bordeaux, pour la restauration do la cathédrale 
d'Agen. Sa Majesté avait témoigné que la proposition ne lui 
était point désagréable, mais les clioses en étaient restées 
là - . Rien ne pourrait dépeindre l'état de désolation où se 



(1) On lit dans la lettre de l'archidiacre Soldadié à M. Joly : <« Le sieur de Solda- 
dié, syndic, suivant l'ordre qu'il en a du dit chapitre, requiert avec respect le dit 
seigneur évêquc de vouloir considércrque ladite église cathédrale est son csjlise et 
son épouse et qu'il est digne de sa piété et bonté de pourvoir à ses urgentes né- 
cessités tant pour satisfaire à l'airection qu'il a sans doute pour ladite église que 
pour le scandale que son mauvais étal cause dans la ville, le peuple n'osant aller 
dans ladite église qu'avec crainte et appréhension de quelque ruine ou assazine- 
ment [sic]. Ce sera le moyen de faire cesser les clameurs du peuple, les reproches 
des magistrats politiques et les risées des libertins et des héiétiques ». (Archives 
de l'Evèché, E. 41. M. Joly répondit par un mémoire où il démontre que ses trois 
prédécesseurs n'ayant pas dépensé un seul denier en réparations, ni sa vie, ni ses 
revenus, ne suffiraient pour mettre les choses en étal, que ce n'était pas à lui. nou- 
vel évéque, mais aux héritiers de ses prédécesseurs qu'il fallait s'en prendie. ^Arch. 
de l'Ev. E. 27), 

[2] Labrunie dit en pariant de Mascaron : u Ce prélat avait dessein de faire faire 



trouvait hier encore cette vaste église sans voûte, sans lam- 
bris, sans autre couvert que les lattes sur lesquelles les tuiles 
étaient posées, avec sa charpente pourrie et vermoulue, son 
pavé inégal et désuni, ses portes usées, la plupart de ses te- 
nétres murées ou grossièrement fermées de planches, sa nef 
iilaciale et humide en hiver, surchauffée en été, obscure en 
tout temps comme un souterrain. Dans le chœur, pour pré- 
server les chanoines et autres prébendiers du vent et de la 
pluie, on avait construit une sorte de lambris provisoire, fort 
bas et du plus disgracieux effet. Ce lambris ajoutait encore à 
l'obscurité en masquant complètement les six magnifiques 
verrières (') données à la fin du xv" siècle par le chanoine 
Thibaut de Pannetières. Quelques œils-de-bœuf pratiqués 
dans ces ais mal joints et une rosace au fond de la nef don- 
naient seuls du jour à tout le vaisseau. Les meubles étaient à 
l'avenant et les chanoines n'avaient d'autres sièges que quel- 
ques bancs contre la muraille. 

C'est grâce à M. de Bonnac que nous aurons enfin bientôt 
« une cathédrale où nous ne rougirons plus d'aller adorer no- 
tre Dieu ■■ ». Ce prélat ayant obtenu de la Cour, en 1778, 
une somme de 120,000 livres pour la réparation de l'église 
Saint-Etienne, on commença aussitôt les travaux d'après les 
plans de M. Antoine^, premier architecte du Roi. Le 10 juin 
1779, on abattit la façade et toute la nef. La façade 0) et 



la voûte de la cathédrale. Pour cet effet, il commença un procès contre les héri- 
tiers de SCS deux prédécesseurs et le chapitre cathédral; mais prévoyant sans doute 
l'inutilité de sa démarche, il se désista de son projet dans lequel il eut vraisemblable- 
ment mieux réussi en sollicitant auprès de Louis XIV qui l'aimait, les secours dont 
il avait besoin pour une pareille entreprise. (Catal. raisonné des Ev. d'Agen, art. 
Mascaronj. 

(i) Ces vitraux étaient l'œuvre d'un bourgeois d'Agen : Jean Guyard. (G. Tholirt, 
op. cit.; 

(2; Labrunie, op. cit. 

(j) Cette façade que Labrunie appelle d'une noble simplicité, fut reconstruite, 
dit M. Tholin, dans le goût du temps ; c'cst-à-dirc qu'elle était disparate et d'un 
aspect fort lourd- 



— <? - 

toute la nef furent reconstruites en 1781 ; les piliers du côté 
gauche en 1782, et la partie neuve de l'édifice fut en môme 
temps couverte d'ardoise. Depuis, l'argent ayant mnqué '», 
les travaux ont été interrompus; et, par une sorte de fatalité, 
cette restauration court grand risque encore de rester incom- 
plète ('). 

L'église, dans son entier, se compose d'une vaste nef, flan- 
quée de deux bas-côtés d'égale longueur, d'un clKjeur de 
trois travées, régulièrement orienté, entouré d'une double ga- 
lerie et d'une ceinture extérieure de chapelles ' . 

Dans le chœur, du côté de l'Epître, sont les tombeaux de 
Jean Valéri, évêque de Grasse, de Claude de Gelas, évoque 
d'Agen, et du grand archidiacre, son frère. Du côté de 
l'Evangile, ceux du chanoine Bilhonis, d'Apremont, abbé de 
Flarans. A l'entrée de la grande porte du chœur, celui de 
Nicolas de Villars, « surmonté d'une plaque de bronze oij le 
prélat est figuré de grandeur naturelle U) ». Au milieu du prcs- 
hvfcrc, celui de M. Delbène. Au pied de la chaire des évo- 
ques, celui de M. Joly, avec cette inscription : Vocabis me 
et e^o rcspondcbo Idn. (Job). Un peu au-dessus celui de Mas- 
caron sur lequel on lit : « Hic jacel Julius Mascaron Mcissdicn- 
sis, Episcopus et cornes Ao^innensis, cxpectans resurrectionein 
mor/uorum et vilain fulurisœcu/i. . . » ' . Enfin, du côté de 1 Epître, 



(1) Le devis estimatif no montait qu'à kC>. ooo livrts : mais il fallut faire face à 
des dépenses imprévues, u On n'était pas décidé, dit Labrunie, à faire la façade; 
mais les premiers piliers de la nef dont on voulut réparer le socle, ayant été trouvés 
comme pourris, il a fallu se déterminer à la mettre à bas avec toute la nef, et ce 
travail augmenta considérablement la dépense. (Ibidem'i. 

[2) Elle est, en elfet, restée incomplète. L'église, quelques années plus tard, fut 
niisc en vente par les administrateurs dudépartement et le i»r floréal, an vu ^20 avril 
i799''r on commença à la démolir. Une partie des matériaux servit à la construction du 
théâtre et de la digue du Gravier. De 1855 à i8;o, on éleva sur les ruines une halle 
qui a été remplacée en 1881 par le marché couvert. 

(?) Voir aux archives de l'Evèché, série E, un fragment d'un ancien plan. 
(4) G. Tholin, op. cit. 

(5'i C'est l'inscription qui se lit sur la pierre tumulaire en marbre qui est derrière 
l'autel de la chapelle de l'hôpital actuel. Voici à ce sujet une note manuscrite de 



— u — 

presque nu milieu du chœur, celui de M. de Chabanes, cou- 
vert d'une plaque de marbre blanc. 

Parmi les principales chapelles, on doit citer en premier 
lieu celle de Notre-Dame où repose le Saint-Sacrement. 
Janus Frégose y est enseveli (■'. Puis la chapelle de Notre- 
Dame des Fargues, dite du Purgatoire (^). L'Evêque Bérard 
y a sa sépulture. La chapelle des Apôtres oij M. Soldadié, 
grand archidiacre, avait fait construire son tombeau. La 
chapelle Saint-Jacques, alias Sainte-Marguerite. La chapelle 
Saint-Eloy. La chapelle Saint-Martial, fondée en 1503. La 
chapelle Sainte-Anne sous la tribune. La chapelle Saint- 
Etienne ésfalement sous la tribune où se faisait le service 
paroissial avant sa translation à Notre-Dame du Bourg, etc.. 
Derrière le grand autel est l'autel appelé de prime, où les 
prébendiers disent la messe les jours fériaux('). 

M. le chanoine Deirieu : » Lorsque les Vandales révolutionnaires saccagèrent et 
démolirent l'église cathédrale de Saint-Etienne, on enleva ces pierres tumulaires. 
Celle de monseigneur Jules Mascaron servit à la construction du pont qui fut jeté 
sur le fossé de ville de la rue des Rondes à Tangle du jardin de M. de Raymond. 
Celui-ci était-il parent du seigneur de la Garde, l'ami et l'exécuteur testamentaire de 
notre illustre et saint prélat? Quoi qu'il en soit, les passants se faisaient un lieu 
d'aisance sous la voûte de ce pont. L'un d'eux plus curieux reconnut des lettres gra- 
vées et en parla. M. Leroux, diacre et professeur de cinquième au Petit Séminaire, 
homme très intelligent et amateur, alla déchiffrer et reconnaître la pierre tumulaire 
de Mascaron. La mère Chalabre, supérieure de l'hospice, l'acheta et la fit honora- 
blement placer à l'hôpital de Las. C'était l'acquit bien imparfait du devoir filial et de 
la reconnaissance. Car Mascaron avait été fondateur et bienfaiteur insigne de Ihôpi- 
tal-manufacturc et avait appelé les sœurs de la Charité dans l'hôpital Saint-Jacques 
que la ville venait de transporter à l'hôpital de Las. J'étais en cinquième, 1819 ». 

(1 Les restes de Janus Frégose furent exhumés le 20 janvier 1804, par suite des 
démolitions delà cathédrale. (Note man. de M. Tournié). 

(2) Avant les troubles de la Réforme, la chapelle du Purgatoire était près de la 
grande porte d'entrée. (Mémoires de Nicolas de Villars). 

(î) Voici d'après un manuscrit d'Argenton les noms des chapelles et autels de la 
Cathédrale mentionnées dans la Calende : Capella Crucifixi, sen parvi crucifixi, 
an. 1552. — B. M. de Fargiis. — Fonlium Baptismalium. — Nova ad portam Epis- 
copi. — SS. Apostolorum seu Crucifixi. — S. Jacobi. — S. Katherine. — S. Mar- 
garite. — S. Andrée. — S. Eligii. — S. Johannis. — S. Michaelis. — S. Martini. — - 
S. Crucis. — S. Radcgundis. — S. Nicolai, an. 1484-1496. — S. Martialis, an. 150;. 
-- S. Dulcidii. — S. Yvonis, 1589. — S. Blasii, 1475. — S. Sébastian!. — S. Quit- 
terie, an. 156} . — B. Marie, — B, Marie de las Fargues. 



La longueur totale de l'édifice est de trente-six toises : 
savoir, nef: douze toises ; chœur : quinze ; galerie et cha- 
pelle absidale : neuf. La longueur dans œuvre est, pour le 
chœur de cinq toises et demi ; pour le chœur, les galeries et 
les chapelles de dix-neuf toises ; pour les nefs, de douze toi- 
ses. C'est en tout, longueur et largeur, un tiers de plus que 
l'église de Marmande'"'. 

Le clocher est une haute tour carrée, isolée de la cons- 
truction, au nord, surmontée d'une flèche très élancée, cou- 
verte d'ardoises '-'-. 

Enfin à gauche de la nef se trouve le cloître, à peu prés 
en ruines, avec son autel dédié à saint Léonard. 

A cette église se rattachent le Siège Episcopal, le Chapi- 
tre et la paroisse Saint-Etienne. D'où les trois paragraphes 
suivants : 

1. — LE SIÈGE. 



Le Siège Episcopal d'Agen est, sans contredit, l'un des 
plus antiques et des plus illustres des Gaules. 

D'après la tradition constante de notre Eglise, il aurait été 
créé par saint Martial, sous le vocable de Saint-Etienne, 
premier martyr ('-■. 

Saint Martial reçut-il sa mission de- saint Pierre, vers 



(i) G. Tholin, op. cil. — Toutes ces dimensions ont été calculées daprès les 
données du même ouvrage. 

(2) Le clocher fut détruit à la lin de l'année 179?, par ordre du représentant Paga- 
nel. << Cétait, dit Proche, le plus beau monument de la ville d "Agen. La (lèche, 
construite en bois, avait 100 pieds de haut, d'une grosseur proportionnée et allait en 
diminuant jusqu'au sommet ; elle était de forme pyramidale et carrée, ayant au.\ an- 
gles une petite tlèche aussi en forme de pyramide, haute de 20 pieds... Tout l'ou- 
vrage était couvert d'ardoises. Chaque face du carré avait 50 pieds à sa base ». 
(Annales de la ville d'Agen). 

(;) Saint M;irtial est qualifié: << Pationus nosior » dans l'anciennne liturgie agc- 
naise et notamment dans nos » Proccssionnau.x manuscrits ». 



— (.b — 



l'nn 40 de notre ère, ou seulement du pape saint Fabien, 
en 2>o ? Cest le sujet d'une controverse qui dure depuis un 
siècle et qui n'est pas tranchée-' . 

Aujourd'hui saint Caprais est olTiciellement reconnu et 
honoré comme premier évoque d'Agen(-). 

11 est vrai que son épiscopat est encore mis en question (0. 



'Ti Cette controverse date du xvii» siècle. Elle a été reprise de nos jours sans 
plus de succès quant au résultat. Pour la première opinion, on peut citer chez les 
anciens Marca, Longueval, Denis de Sainte-Marthe ; parmi les modernes : M. le 
chanoine Arbelot 'Dissertation sur l'apostolat de saint Martial et sur l'antiquité des 
églises de France^ M. l'abbé Faillon (Monuments inédits sur l'apostolat de sainte 
Marie-Madeleine en Provence), M. l'abbé Dô, chanoine honoraire de Bayeux (Re- 
cherches historiques et critiques sur saint Regnobert, second évêque de Bayeux), 
M. Cirot de la ViHe (Origines chrétiennes de Bordeaux), M. l'abbé Barrèrc 
(Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen), M. l'abbé Combes (Les 
Evêques d'Agen'i, M. le chanoine Castex (Sainte Livrade, vierge et martyre). Pour 
la seconde, chez les anciens : Grégoire de Tours (Hist. eccles., liv. vi, chap. 28), 
le chanoine Descordes qui ouvrit le débat au xvii* siècle, Mabiilon, Launay, Hcr- 
nicnt, l'abbé Lebœuf, Labenazie (Hist. sainte d'Agen, ms.), etc., etc.... Chez les 
modernes: M. l'abbé Duchesne (Saint Martial de Limoges, dans les « Annales du 
Midi », juillet 1892). Avec l'abbé Duchesne, la plupart des professeurs d'histoire 
ecclésiastique de l'enseignement supérieur, etc.. 

A lire encore sur cette interminable et peut-être insoluble question les notes de 
M. A. Magen aux « Livres liturgiques de l'Eglise d'Agen ». Parlant delà» Disser- 
tation » de M. Arbelot, M. Magcn s'exprime ainsi : « Nous avouons qu'il ne nous 
reste, après une attentive lecture de cet ouvrage, aucun doute sur l'apostolat de 
saint Martial ». 

Citons enfin un très remarquable article de M. L. Couture, dans la Revue de Gas- 
cogne. (Mai 1884). 

(2 L'Ordo de 1602, sous M. de Villars, ceux de 1621, 1622, 1025, sous M. de Gé. 
las, ne donnent à saint Caprais que le titre de martyr. Depuis la sentence du car- 
dinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, en date du 51 juillet 1625, on lui a tou- 
jours accordé la qualité d'évêque. 

(5^ Pour l'épiscopat de saint Caprais : Vincent Bilhonis, auteur du Bréviaire du 
diocèse, publié en 1526 ; le chanoine Lescazes (Réponse-apologétique au brief recueil 
de la prétendue vérité de l'histoire de saint Caprais d'Agen, 1622) ; Soldadié (Histoire 
des Evêques d'Agen, ms). Roussel et Jabrès, auteurs des Propres du diocèse, pu- 
bliés, l'un en 1660, l'autre en 1757. De nos jours, M. l'abbé Barrère (op. cit.) M. l'abbé 
Combes. [Id.) 

Contre : le chanoine Saulveur (Brief recueil de la vérité de la prétendue histoire 
de saint Caprais d'Agen) ; Argenton (Extrait de la Dissertation sur l'épiscopat de 
saint Caprais d'Agen, etc.) ; Labrunie est douteux. La plupart des écrivains de la 
Revue de l'Agenais ne sont pas favorables à l'épiscopat de saint Caprais. 



— ^" — 

On sait qu'il souflVit le martyre vers l'an 290 avec Foy, 
Alberto, Piime et Félicien, et une pléiade de néophytes dont 
Dieu seul sait les noms ' . 

Si l'épiseopat de saint Caprais est révoqué en doute par 
plusieurs, celui de saint Phébade est très certain et univer- 
sellement admis * . Phébade fut, à la fin du iv° siècle, le fléau 
des Ariens ', l'espoir et la consolation des Gaules et la 
çloire de notre Eirlise. 

On dit que saint Dulcide lui succéda. 

Il est probable que, sous l'occupation visigothe de 412 a 
507, le diocèse fut plus ou moins livré à un clergé arien, qui, 
d'ailleurs, n'a laissé dans notre histoire à peu prés aucune 
trace i-»'. 

Après Vouillé, l'Eglise d'Agen se ressaisit. Alors com- 
mence une série d'évéques gallo-romains d'origine, issus de 
familles patriciennes, qui tiennent dans la cite le principal rôle 
politique '^ '. 

Cet état de choses dure jusque vers l'an 670. Alors se pro- 
duit une longue éclipse et c'est à peine si, durant trois siècles, 
il se rencontre un seul nom d'évêque. 

Qui pourrait s'en étonner r Le pays est livré à la fiu'eur des 



(i) Voir au sujet de nos martyrs cl de leurs lé;j;endcs le maij'iiiliquo Album " Les 
Saints dA_i,'en » publié en 1885, par M. l'abbé Rozés. 

(2 Voir notamment : u Mémoire sur l'origine des diocôses épiscopaux dans l'an- 
cienne Gaule », par M. l'abbé Duchcsne {Mcmoircs de la Sccicté des Anti^ujires de 
France, 5" série, tom. x, 1890). 

(;) Saint Phébade, dit l'abbé du Tems, fut le fléau des Ariens : son zèle et son 
érudition consolèrent les Gaules de l'absence d'Hilaire. (Tableau historique et chro- 
nologique des Evèques d'Agen, tom. n, du Clergé de France. 

(4 C'est un évoque arien qui présida, en 440, à la profanation du tombeau de 
saint Vincent de Pompéjac. Le châtiment fut égal au crime, dit M. l'abbé Barrère. 
Frappé de vertige, l'évèque infidèle erra quelque temps dans le monde. Ramené 
par la Providence sur le théâtre de son impiété, il veut traverser la Garonne cl pé- 
ril dans les flots en face du tombeau qu'il avait profané. [Hist. relig. et mcnttm. 
tom. 1", p. 124 . 

[f,\ Voir à ce propos : La commune d'Agen, par M. André Ducom. 1802, p. 10 et 
suivantes. 



Vascons, des Sarrasins, Jes Normands, qui n'y laissent pas 
pierre sur pierre ^' . 

11 est à présumer que pendant ce long veuvage notre Eglise 
fut visitée et consolée par des Evoques régionnaires. 

Plus heureuse que tant d'autres, ses anciennes rivales, dis- 
parues alors pour jamais, la ville d'Agen renaît de ses ruines 
vers Tan 920. 

On a dit, non sans vraisemblance, que les tombeaux de ses 
glorieux martyrs attirant dans ses murs une foule de pèlerins, 
elle ne tarda pas à reprendre une certaine importance. 

En 961 '-', l'œuvre de relèvement est à peu près achevée. 
Parmi les sanctuaires rebâtis ou restaurés oa doit citer la 
cathédrale Saint- Etienne. 

Un évoque peut venir. Effectivement, en 977, nous avons 
enfin un Pontife : c'est Gombaud, évêque et duc de toute la 
Province ('). 

Quelques-uns '•»■ ont pensé qu'il avait légué à ses succes- 
seurs sur le siège d'Agen une partie de ses droits politiques 



( I Nam urbcs eorum potentissimœ tune desolatîe sunt, oppida subversa sunt et 
habitacula Deo sacrata, juxla illud psalmistœ : in pomorum eustodiam posita sunt. 
(Charte de Condom, rapportée par Qihcnart . 

(2^ Cette date mérite d'être donnée avec quelque réserve, car « nous ignorons 
d'une manière absolue, dit M. Adolphe Magcn, sur quel document se fondent nos 
chroniqueurs, pour constater l'existence en 961 de la ville nouvelle. 

(j; L'évéque Gombaud avait été associé au duché de Gascogne par son frère 
Guillaume Sanche et apanage des territoires de l'Agenais et du Bazadais. «C'est 
ainsi, dit M. André Ducom, que nous le voyons dans notre cité exercer jusqu'à sa 
mort tout pouvoir spirituel et temporel « pontificatum et praefecturam ». (Op. cit., 
P- yO . — Voir dans la Reuiie de la Société d'Agric, Lettres, c'c. d'Agen, ii» série, 
tom. V : Le duc de Gombaud, évêque de Gascogne, par Jules de Bourrousse de 
Laffore. — Voir 'il;id. liv. 11, tom. iv, p. 1561 ; Gombaud et son épiscopat, par 
M. Amédée Moullié. — A consulter aussi : Le comté d'Agcnais au x« siècle. — 
Gombaud et son épiscopat, par J. Noulens (1O77), etc.... 

4 y\nioine Loiscl. La Guyenne, p. 10,- à 128, Paris, (1605.) — Pithou (Pétri Piihœi 
opéra sacra, juridica, etc., p. 686-687, Parisiis, 1609). — Darnalt (Remontrance ou 
harangue solennelle faite en la cour... Paris i6o6j. — Labénazie {Hist. d'Agen, 
2» partie, p. 51,. Enfin, dom Denis de Sainte-Marthe, à l'opinion duquel paraît se 
ranger M. l'abbé Barrère [Hist. relig. et nioniim., tom, !«>•, p, 202 et 205), 



— <o — 

et ne craignent pas de faire remonter jusqu'à lui l'origine du 
pouvoir temporel de nos prélats. 

D'autres ■', mieux informés, semble-t-il, reculent celte 
origine jusqu'à Arnaud de Beauville (1020- 1049). C'est à ce 
dernier que les ducs d'Aquitaine, par un acte de haute poli- 
tique, auraient concédé pour la première fois cet ensemble 
de privilèges qu'on appelle la Comilcilic. 

Ces privilèges, d'abord personnels, octroyés à diaque évo- 
que par une nouvelle charte, ne devinrent lapanage du siège 
que déjà amoindris, sous Arnaud de Rovinha, en 1217. 

Rien de plus obscur que ce terme de Comita/ic. S'il fallait 
en donner une définition, peut-être pourrait-on dire qu'il 
signifie les droits utiles du Comlc. 

En premier lieu, celui de battre monnaie - , Nos évoques 
en ont usé jusqu'à la fin du xv» siècle. Leurs deniers, dits 
Arnaudins, avaient cours dans tout le diocèse. C'était de 
petites pièces de cuivre blanchi, du meilleur aloi ('). 

Vient ensuite le droit de justice '•*. D'abord possédé en 



(!) Argenlon et Labrunie Extrait du mémoire historique et critique sur la juridic- 
tion temporelle des évoques d'Agcn et sur l'origine de leur qualité de comte, par 
M. Argenton;. — M. A. Ducom (op. cit.) Voir surtout le chap. iv de la ir« par- 
lie, intitulée : l'Evoque. C'est ce qui a été écrit de plus complet sur la matière. 

(2) Voir : Extrait des Recherches de M. Argenlon sur la monnaie des évéques 
d'Agen, par Labrunie. — De la monnaie, dile arnaldaise, des évoques d'Agcn, par 
Casimir de Saint-Amans [Recueil des travaux de la Société d'Agriculture, Sciences et 
Arts d'Agen, tom. vu). — La monnaie retrouvée des évéques 3',Agcn. par M. L. La- 
croix [Revue de l'Agenais, tom. vu, p. 144). 

(}) « Dans la livraison de janvier de 1880, écrit M. Lacroix, du Bulletin de la So- 
ciété historique et archéologique du Périgord, le docteur Galy donne le dessin dune 
obole rencontrée isolément à Périgueux, par un ouvrier, il y a quelques mois cl 
portant au droit cinq étoiles à si.x rais équipollés à quatre croisettes panées avec la 
légende A EPISCOPUS entre deux cordons de grenelis ; au revers, une croix pattée 
à branches égales avec la légende AGENNENSIS entre deux cordons de grenelis. 
Chacune des légendes commence par une croisctle patléc accostée d'une f>elile 
étoile et d'un annelet. Celle pièce de billon pèse 52 centigrammes ». Les coins de 
cette monnaie existaient encore au xvii* siècle aux archives de lEvéché où Labé- 
nazie aflirme les avoir vus. 

4 Ce droit fut accordé, en 119 j, à Bertrand de Beyccras par Richard Cœur de 
Lion, 



— (10 — 



entier par l'Evêque, il tombe de moitié, en 12 17, avec le 
pjrL\T^c des comtes de Toulouse. Dès lors l'évoque juge dans 
un tribunal mixte composé de ses gens et de ceux du comte 
avec lequel il partage le produit des amendes. 

On cite encore quelques menus droits féodaux : sur les 
Juifs ('\ sur certains corps de métier : tisserands, meuniers, 
marchands, pêcheurs; sur les mesures publiques de la ville, 
sur les marchandises en transit sur la Garonne, etc. 

De plus, l'Evoque a une très grande mouvance dans le 
diocèse. 11 est suzerain de tous les fiefs ecclésiastiques et par 
suite, peut-être, d'un grand nombre de fiefs la'iques qui en 
dépendent. Les premiers seigneurs de l'Agenais sont ses 
arrière vassaux, et, pendant plusieurs siècles, lui rendent foi 
et hommage'-^ et marchent sous ses étendards ('). 



(1) Les Juifs possédaient à Agen au x» siècle une synagogue et un cimetière, lis 
furent expulsés une première fois, en 1009, et une deuxième en ipi, ne laissant après 
eux, dit Labénazie, que le nom à la rue qu'ils habitaient (près du château épiscopal) 
et une idée assez obscure de leur disgrâce. 

(2; C'étaient les vicomtes du Brulhois, les seigneurs de Clermont-Dessus, de 
Beauville, de Fumel, de Madaillan, du Fossat, de Roquecor, de Lacour, de Ligar- 
dcs, d'AStaffort, de Fauguerolles, de la Tour d'Agen, de Cahûzac, de Bajamont, de 
Monbalen, de Montastruc, de Castillon et de Monteils, etc.... (Voir : Mémoire sur 
la juridiction temporelle, etc.. par Argenton). 

(1 L'évèque d'Agen était chef d'armée. Voici en quels termes la comtesse d'As- 
premont, son porte-étendard, lui rendit hommage, le 7 juin 1425 : « Novcrint universi 
et futuri... quod anno a nativitate Domini millésime CCCC* vicesimo tertio, die vero 
septiina inensis junii... in loco de Turnone, ii> domo domini de Vaquier in qua pro 
tune Reverendus in Christo Pater et D. D. Imbertus, miserationc divina Agennen- 
sis episcopus, moram suam continuam tenebat, nobilis domina comitissa d'Asprc- 
mont. domina de Rupe Cornu fuit et prœstitit omagiiim, ligium, juramentumqiie 
fidelitatis, prescntialiter genibus ad terram flexis et manibus junctis, capuceo et eu 
tello oniino depositis, diclo reveiendo in Christo Patri et domino domino Agennensi 
cuni omnibus capitulis, in forma fidelitatis contentis pro Castro suo loco supradicto 
de Rupe Cornu et de omnibus castris, locis bonis et diversis quœ dicta comitissa 
nobilis habet, lenet et possidet in Agencsio, ratione dictoriim locorum et facere aul 
fieri facere exerciium aciem et vexilluni in acie portare ; promisit et rccognovit om- 
nia supra dicta et confessa fuit a dicto domino episcopo et sua ecclesia Agennesi 
modo et forma in instrumentis omagiorum aliàs per suos praedecessores factis tenere 
et non contiadicere, diccre vel venire ; et in signum hujusmodi omagii dicta co- 
mitissa nobilis oris osculum dicto domino Agennensi episcopo tradidit. Quidquid 
dictus dominus Agenncnsis accipit et recipit. Et nihilominus promisit dictus dominus 



- 6f - 

Quoi de plus curieux que le cérémonial observé à l'enlrée 
solennelle de l'Evéque en sa ville épiscopale : Les plus hauts 
barons du pays le portant sur leurs épaules sur une sorte de 
SL\iia ivs/j/or/j , de Saint-Caprais à Saint-Etienne ! il a fallu, 
en 1492, une querelle de préséance pour mettre fin à cette 
coutume sin<T:uliére ' . 

11 ne faudrait pas croire que nos prélats ne furent pas trou- 
blés dans la possession de si belles préro^^atives. 

Miné sourdement par les pouvoirs rivaux des sénéchaux et 
des consuls, leur pouvoir temporel s'en est allé pièce par 
pièce. 

Du naufrage général, à peine si quelques épaves ont sur- 
nagé jusqu'à nous : droit d'octroi sur les mesures de la ville ; 
droit de péage sur la Garonne, la veille des Rameaux ; suze- 
raineté sur les terres de Beauville appartenant aux Talleyrand ; 
de Caûzac, aux Chateaurenard; de Montastruc, aux Flam- 
marens, et enfin le titre purement honorifique de comte 
d'Agen. Encore ce titre, dit Argenlon, est-il fondé sur une 
équivoque. 

Après avoir été pendant des siècles, et des siècles de fer, 
la grande sauvegarde et l'unique refuge des peuples, le pou- 
voir temporel de nos Pontifes s'évanouit à l'aurore des temps 
modernes. Devait-il survivre à sa mission providentielle r Sous 



Ai;;cnncnsis episcopus, dictée comilissœ portarc bonam gucrenliam et cviclioncm. A 
quibus omnibus, etc.. [Archives hisl. de la Gironde, toni. viii, p. jî2). 

Huit ans auparavant, Jean de Monlaigu, archevêque de Sens, s'était fait tuer à 
Azincourt en combattant avec une ardeur incroyable ; « Il portait, dit un auteur 
Contemporain, au lieu de mitre un bassinet ; pour dalmatique un haulberj,'eon ; 
pour chasuble, la pièce dacier ; et au lieu de crosse, une hache. >> 

Sauf plus ample informé, nos annales ne citent qu'une seule expédition militaire 
faite par un évoque d'Agen. » Raymond du Fossat. dit Labtunie, eut guerre avec 
l'cvôque de Bazas à l'occasion de Casteijaloux que chacun d'eux prétendait itrc 
dans son diocèse. L'évèque d'Agen, est-il dit dans une ancienne charte de Bazas, 
vint, l'an n;o. assisté de Sanchc de Caumont et de Bertrand de Cauiiran, força la 
ville de Bazas et la brûla. » ^Catalcgue laisonnc des Eviques. Art. Raymond du 
Fossat \ 

^i; Voir plus haut, pages il et \3. 



— 62' — 

)a crosse prolcctrice, la société civile s'est reconstituée, 
organisée; elle a maintenant ses chefs naturels, ses magistrats 
et ses soldats ; l'Evêque peut désormais se consacrer tout 
entier à son rôle essentiel de pasteur des âmes. 

Même en cette qualité, il ne laisse pas d'avoir des intérêts 
temporels de quelque importance. 

Primitivement, les oblationsdes fidèles suffisaient à la sub- 
sistance de TEvèque et des clercs. 

Puis, la charité s'étant refroidie, l'Eglise dut prescrire au 
Concile de Mâcon, en 585, l'obligation de la dîme. 

Par un capitulaire de 7.94, Charlemagne fit de cette obli- 
gation une loi de l'Etat. 

D'après l'ancien droit de l'Eglise Gallicane^ on faisait du 
tribut sacré quatre parts : l'une pour l'Evêque, l'autre pour le 
clergé, la troisième pour les pauvres, la quatrième pour les 
bâtiments et entretien des éçrlises. 

o 

On a des marques de cette partition dans les diocèses de 
Bazas et de Sarlat, qui joignent celui d'Agen. En effet, les 
revenus des évêques dans ces deux diocèses consistent prin- 
cipalement en certaines pensions de blé qu'ils prennent sur 
les bénéfices soumis à leur juridiction. Ces pensions annuel- 
les s'appellent quartiers « quartica w^'). 

Les évèques d'Agen ont longtemps prélevé de pareils 
quartiers dans les paroisses de leur diocèse, limitrophes du 
Périgord, comme on peut le voir dans les vieux comptes des 
receveurs. 

Il arriva un temps où, là comme ailleurs, ils furent dépos- 
sédés. 

Il est constant, en effet, qu'au xif siècle, pour des causes 
restées obscures, la noblesse du pays possédait la presque 
totalité des dîmes '-). 



'ij Voir aux Archives de l'Evêché, série H, liasse Birac, un mémoire pour M.Joiy 
à propos d'un procès en revendication des dîmes de Birac. 
[2^ On est porié à croire qu'elles furent simplement usurpées. Faut-il ajouter 



- (,i - 

Dans la seconde abjuration qu'il fil de l'hérésie albigeoise, 
Raymond le Jeune s'obligea à renoncer aux dîmes qu'il pos- 
sédait dans ses terres. 

Il devait en outre interposer son autorité pour déterminer 
ses vassaux à suivre son exemple. 

C'est ainsi que nous voyons à cette époque, ses feudataires 
de l'Agenais abjurer en foule, en faveur des cures, des mo- 
nastères, des chapitres et de l'Evéchc, les dîmes qu'ils déte- 
naient. 

Il y a deux mille contrais de ces délaissements, passés 
devant notaires et transcrits, mot pour mot dans les bulles 
des Papes qui les confirmèrent. Ces bulles, au nombre de 
deux cents et plus, sont gardées aux Archives de l'Evêché ''. 



quelque créance à cette opinion émise dans le mémoire anonyme de 1Ô62, cité plus 
haut, que <• la plupart des dîmes de ce diocèse avaient été données par les évoques 
à des gentilshommes, qui, probablement, avaient dépensé leurs biens dans les voya- 
ges de la Tcrrc-Sainte •■ » Les historiens de l'Agenais sont malheureusement muets 
sur la participation de notre pays aux Croisades. — Voir le peu qu'en a dii M. l'abbé 
Barrère : Hist. rclig. et monitni.. tome 11, pages 57 et 58. 

(1) Elles ont disparu depuis, peut-être dans cet auto-da-fé, qui fut allume par nos 
révolutionnaires, sur la place du marché, le 22 septembre 1795. Deux ou trois seu- 
lement ont échappé comme par miracle à la destruction. C'est une perte irrépara- 
ble. I' Les originau.x de ces textes, dit M. André Ducom, auraient put former dans 
leur ensemble un état complet du diocèse d'Agen durant la seconde moitié du 
XII» siècle. Les noms du donateurs et des témoins formeraient une nomenclature de 
la noblesse féodale et des notables du pays. » Flebilis occidit ! Parmi les autres per- 
tes à déplorer il faut signaler celle du Litre Blanc. Ce document était une sorte de 
pouillé du diocèse en date de 15 ;2. Au .xvi* siècle, le trop célè^e abbé de Clairac, 
Gérard Roussel, faisant un procès en revendication d'une partie de la dîme de Ga- 
lapian, pour appuyer ses prétendus droits, adressa au Parlement de Bordeaux, le 
if mai 1^6, une requête tendant à faire vérifier et confronter les diverses pancar- 
tes ou Livres Blancs du diocèse d'Agen. Le Parlement lança des compulsoires pour 
obliger les évêquos d'Agen et de Condom, les abbés d'Eysscs et de Pérignac. le 
Prieur et les Religieux de Clairac. la dame de Monlpezat à présenter les doubles 
du Lirrc Blanc qu'ils possédaient. On n'en trouva que trois, un à CLnirac, un autre à 
Pérignac, le troisième à Montpezat. Des commissaires procédèrent le } juin ifîo k 
la vérilication de ces livres et transcrivirent dans leur procès-verbal le résultat de 
leur enquête. Ce procés-verbal est depuis communément appelé le Lirrc Blanc. Il 
y en avait une cO|>ie aux .Archives de l'Evôché. qui y avait été déposée en loJo par 
Barthélémy Je Gelas, grand archidiacre et vicaire général. 

Ce qui restait des Archives de lEvêché après la Révolution fut restitué en 184J, 
Dans une note datée d'avril 1842, M. le chanoine Tournié parle <« d'un tas de papierl 



Ce fut toute une révolution, mais une révolution sage, pa- 
cifique, sans violente secousse. Les abjurations continuèrent 
sous Alphonse de Poitiers, successeur de Raymond, et 
presque toujours on abandonna aux abjurateurs, souvent 
même à leurs enfants, en tout ou en partie, l'usufruit des 
dîmes qu'ils délaissaient. Quelques dîmes, en petit nombre, 
ne furent pas rendues; elles sont restées jusqu'à nos jours 
aux mains de quelques laïques à titre d'inféodation. 

L'ensemble des dîmes ainsi restituées forme actuellement 
encore le patrimoine principal du Siège et constitue le plus 
clair de ses revenus, 

L'Evêque est gros décimateur en soixante-dix paroisses 
environ. 

Dans une dizaine il prend toute la dîme et paie une pen- 
sion au curé. 

En d'autres, et c'est le cas le plus ordinaire, il ne prend 
que les trois-quarts des fruits et abandonne le quart restant 
au curé pour sa portion congrue. Ailleurs, il n'est que co- 
décimateur et son lot est variable suivant l'importance et le 
nombre des autres part-prenants. 

Le tout est réglé par les titres et par l'usage, quelquefois 
aussi par des transactions entre les intéressés. 

Il serait téméraire de vouloir établir le bilan définitif de la 
mense épiscopale. Rien, à la vérité, n'est plus sujet à fluc- 
tuation. Il varie d'une année à l'autre comme la récolte dont 
il dépend. Cependant on peut dire que depuis un siècle, par 
suite des progrès de l'agriculture, de l'extension donnée aux 
défrichements, le prix des fermes a suivi une progression tou- 
jours ascendante. En la seule année 1685, il accuse une plus 
value de 5 à 6000 livres. Il est de 12 à 15.000 livres en 
1560, de 35,000 en 171 2, de 4^,000 en 1745, de 80,000 



provenant des archives de l'Evôché, qui depuis la Révolution, pourrissaient dans 
les greniers de rHôtcl-de-Ville et que la commune vient de remettre au secrétaire 
de l'Evèché. n 



- 6^ - 

Tannée courante'''. Remarquons en môme temps que les 
charges augmentent avec les revenus. En 1745, elles étaient 
de 1 5,000 livres ; en 1787 elles dépassent 55,000. 

En clVet, si le chiiïre^^^ des pensions établies par brevet de 
retenu sur l'Evèché est sensiblement le même, les portions 
congrues ^' ont été portées successivement de 500 à ;oo, 
puis à 700 livres et les décimes •♦ ont plus que doublé. Il y 
a surtout un emprunt de 145,000 livres pour la construction 
du palais épiscopal dont il faut payer les intérêts '5) et l'amor- 
tissement '^^'L 

Sans parler du casuel de la chancellerie qui ne tombe pas 
sous les sens et qu'il est impossible d'évaluer même appro.xi - 
mativcment, il reste à l'Evéque , toutes charges payées, 
45,000 livres pour soutenir son rang, secourir les pauvres 
et entretcnirsesœuvres^"). Ce n'est pas Topuience, c'est plus 
qu'il n'en faut pour faire du bien. 



(i) En 1785, le revenu de l'Evcché d'Agcn est évalué officiellement à jo.ooo livres, 
mais on connaît la dilïérence du revenu réel et du revenu nominal des bénéliccs 
ecclésiastiques. (Voir la note î à la fin de VAncicn rcginic, par M. Taine). 

{2) Ce chiffre était de 5595 livres en 1745, il est aujourd'hui de 5.^00 livres. 

()) Les portions congrues et autres charges, telles que la réparation des églises, 
etc., étaient de 7.525 livres, elles vont à 11,000 livres l'année courante. 

(4) Les décimes, qui étaient de 2,009 livres en 1745, sont aujourd'hui de î.oio. 

(5) 7,250 livres. 

(6) 4,^00 livres. — La taxe en cour de Rome est resiée la même : 2.240 florins, ce 
qui équivalait, paraît-il, à une année de revenu. Notez qu'il faut au moins doubler 
ces chiffres pour avoir ceu.x qui correspondraient aujourd'hiK. (Tainc, Aiicicit Ré- 
gime, page 20. note 5.) 

(7) Voir: Archives de l'Evèché, série B, divers états des fermes et des revenus, 
des rrîccttes et des dépenses. On trouve aux archives de la Préfecture le procés- 
verbal suivant en date du 18 octobre 1790. Revenus de l'Erùché : Fermes de Saint- 
Jean de Balesmc, Lasbals, Monbalen,Saint-Pieire La Feuille. Saint-Léger de Penne, 
Saint-Antoine et Fontirou, Mazères, Bousscrcs, Manères. Saint-Médard et Puymas- 
son, 11,000 livres. (Nota: il y a dans la ferme de Lasbals six carterées de terre la- 
bourable et pré dont les fermiers ont joui de tout temps.; Aulefnge et Auradou, 
1.500 livres; Bazen, y compris un pré, 4,200 livres; Montayral. Tournon et Cour- 
biac, 4,700 livres ; Monbran, Saint-Hilaire de Colayrac. Sainte-Koy de Pujols, 
8,000 livres; Noaillac de Pujols, 850 livres; Campagnac. Cassencuil et Tortcrest, 
4,000 livies; Saint-Philippe, Anlé, Samte-Foy de Sombail, i,;oo livres; Laval, La- 
dignac, Trenlel, Dausse, Saint-Amans de Serres, Casideroque, Laroquc-Tinibaut, 

5 



— OO 

Faire du bien ! N'est-ce pas la mission de tous ceux qui 
sont appelés à perpétuer le Christ parmi les hommes et qu'un 
décret nominatif de l' Esprit-Saint a placés à la tête de T Eglise 
pour la régir ? 

Bien peu, en vérité, ont, pour exercer leur zèle, un si beau 
théâtre que les évoques d'Agen. 

Primitivement leur diocèse s'étendait sur tout l'ancien 
royaume des Nitiobriges ^'). 

Saint-Pierre d'Aurival, Saint-Just et Saint-Thomas, 6,550 livres ; Sembas, Bourbon et 
Quissac, 2,400 livres ; Saint-Aubin et Saint-Pardoux, 1,500 livres; Beauville, Mar- 
coux et Pau, 2.200 livres; Saint-Christophe de Lafox, 1,500 livres; Monfîanquin, 
Thézac, Bourlens et Sainte-Foy de Penne, 5,300 livres; Unet, 4,500 livres; Gon- 
taud, Naval et Birac, 7,500 livres ; Saint-Cirq, 2,600 livres ; Sainte-Radegonde, 
Saint-Amans de Castelcullier, 5,400 livres ; Sauvagnas, 600 livres, Roquecor, Fer- 
russac, Souillas et Sembauzel, 1,350 livres; Cassou, Saini-Denis et le Laurier, 
1,800 livres ; Calvignac, 250 livres; Baissac, 1,800 livres ; Saint-Hilaire d'Agen, 
225 livres; Mesures de la place publique d'Agen (droits de TEvêché sur) 25 livres; 
Moulin à eau de Cajar, possédé par indivis avec le Chapitre Saint-Caprais, jjo li- 
vres ; Dîme du vin en différentes paroisses de la juridiction d'Agen, 400 livres; 
Château de Monbran avec jardin, parc et charmilles, allées et potager, pré, pièce de 
terre, orangerie de 80 pieds d'orangers.... le tout de la contenance de seize carte- 
rées ; Produit de la pièce de terre, ;oo livres; Petit fiefs en menus cens sur cer- 
tains biens de la paroisse de Monbran, 25 livres; Un palais épiscopal dont l'aména- 
gement intérieur n'est pas achevé. Total des revenus: 80,805 livres. 

Charges : Pensions congrues des curés, honoraires des vicaires et prédicateurs, 
6,959 livres 15 sols; Décimes de TEvèché et de quelques curés par transaction, 
5,010 livres 6 sols ; Taille de quelques biens ruraux, 101 livres 19 sols ; Réparations aux 
sanctuaires, etc.. 2,400 livres; Id. à l'Evêché, au château de Monbran, 1,000 livres; 
Id. au moulin de Cajarc, 50 livres ; Différentes pensions établies par brevet de retenue 
sur l'Evêché, 5,500 livres; Rente à location perpétuelle au Séminaire, 500 livres; 
(Le palais épiscopal étant tombé par vétusté, M. de Bonnac obtint de S. M. des 
lettres patentes, le 4 juillet 1774, duement enregistrées au Parlement de Bordeaux, 
lui permettant de faire construire le palais épiscopal et d'emprunter des gens de 
main-morte jusqu'à la concurrence de 100,000 livres et d'affecter à la sûreté de cet 
emprunt les biens de l'Evêché, à la charge de rembourser 2,500 livres par an et de 
payer les intérêts. Tout devait être amorti en quarante années.) De deuxièmes let- 
tres patentes furent obtenues, permettant d'emprunter autres 80,000 livres rembour- 
sables 2.000 livres par an avec les intérêts. M. de Bonnac a en outre dépensé 
60.000 livres provenant de ses propres fonds. Reste à payer 145,000 livres. Ce qui 
fait pour l'année courante 7,250 livres d'intérêts et 4,500 livres pour l'amortissement. 
Total des charges, 35,805 livres o sols 3 deniers.— Revenu net, 4^,y>2 livres 19 sols 
9 deniers [sic]. — Nota : Tous les meubles de l'Evêché et du château de Monbran 
sont à M, de Bonnac, comme les ayant acquis de ses propres deniers, 

[ij Voir Argenion : Dissertation sur les Nitiobriges avec les notes de M, Adolphe 



— U-: — 



Il est malaisé de déterminer les limites de ce territoire qui 
n'en eut jamais, sans doute, de bien fixes. 

On convient ccpen:îant que l'Agenais et le Condomois réu- 
nis en donnent une image assez exacte. 

Au reste, la grandeur d'un pays n'est pas tout entière dans 
son étendue. 

Il est certain qu'au ive siècle la cité ' des Agenais tenait 
le second rang dans la deuxième Aquitaine >^' au double point 
de vue civil et ecclésiastique. 

Au Concile et aux assemblées provinciales, nos prélats ont 
droit à la préséance après le métropolitain dont ils sont les pre- 
miers sulfragants. Ce sont eux qui, jadis, administraient 
l'Eglise de Bordeaux « se Je vaeante » et, encore en 1479, 
nous les voyons prendre le titre de Vieaires de la Province '). 

L'histoire atteste que le pays se couvrit de bonne heure 
d'oratoires chrétiens •♦. 



Magen ; « La religion des Nitiobrigcs était la môme que celle des Celtes dont ils 
faisaient partie. Ils adoptèrent la religion des Romains quand ceux-ci les eurent 
subjugués, etc.. » 

(i) Le mot aVt' doit être pris ici dans le sens que lui donne Adrien de Valois dans 
sa « Notice des Gaules » : Civitas, non modo urbcm caput getitis, aut ununi ex capi- 
tibus, sed etiam totum urbis agrum et pagum aut diœcesim désignât. 

(2) La Celtique, à laquelle appartenaient les Niliobriges, fut unie à l'Aquitaine 
par Auguste, qui donna à cette province la Loire pour limite. Au milieu du i\»si<>- 
cle, Valentinien fit une nouvelle division des Gaules et partagea l'Aquitaine en deux 
provinces sous les métropoles de Bourges et de Bordeaux. Les Niliobriges se trou- 
vèrent dans la seconde de ces provinces... En 1286, l'archevêque de Bourges fit la 
visite du diocèse d'Agen, par droit de primatic. Il fut reçu à Agen, il alla à Saintc- 
Livrade. Jean, évèquc d'Agen, protesta contre la réception qu'on lui fil ; il s'en 
désista peu après. C'est cependant la dernière visite que les archevêques de Bour- 
ges nous aient faite... <> (Labrunie, Abrège chronolog., etc.) C'est, en effet, la der- 
nière visite, car, peu après, Clément V affranchit la province de Bordeaux de la 
suprématie de Bourges. (.Abbé Barrère, t. 11, p. 80.) 

(;) <i Le siège ayant été successivement occupé par plusieurs italiens qui résidè- 
rent fort peu ou par des Français qui ne parurent jamais dans leur diocèse, ils l'ont 
laissé dépouiller de cette éminentc prérogative. » ' Labrunie, loc. cit.) 

(4' Labénazie attribue à saint Phébade l'établissement des premières paroisses 
dans le diocèse. Il paraît, par différents textes du droit, que le pape Denis fut le 
premier qui, vers la fin du iii» siècle, introduisit l'usage des paroisses circonscrites. 
[Dicticnnairc i/c droit canonique, par Durand de Maillane.) — Vers l'an 596, Sulpice 



^ 6B - 

L'archéologie est d'accord avec l'histoire, bien que le 
temps et les révolutions aient laissé fort peu de vestiges de 
ces premiers monuments de notre foi. 

Après l'an looo, à cette époque où l'on eût cru, selon 
l'expression d'un chroniqueur contemporain ' , « que le 
monde en se secouant, avait rejeté les haillons de son anti- 
quité pour se revêtir çà et là d'un blanc vêtement d'églises », 
on compte plus de mille sanctuaires pour le seul diocèse 
d'Agen. répartis en cinq archidiaconés et onze archiprêtrés (2). 

En 1517, création de l'Evêché de Condom. Le nouveau 
diocèse est formé au détriment du nôtre qui doit lui céder 
toute la partie de son territoire située sur la rive gauche de la 
Garonne '. 

Quoique mutilée, l'Eglise d'Agen possède encore au com- 
mencement du XVI* siècle deux Chapitres insignes, cinq ab- 
bayes, neuf commanderies, soixante-quatorze prieurés, plu- 



Sévère fit bâtir une première puis une seconde basilique en souvenir de son ami, 
Clair, dans la villa de Primuliacum, près d'Eluso. (Lauzun). C'est ici, dit 
M. labbé Barrère, que le diocèse d'Agen trouve les premiers monuments dont l'ar- 
chéologie puisse s'honorer. (Op. cit., tom. i", p. loo). 

(1, Raoul Glaber. liv. m, chap. 4. 

(a) Sur la rive droite de la Garonne: Archidiaconatus, Major, Montaldensis, Ve- 
salmensis. — Sur la rive gauche : Bruliensis, Cayranensis. 

Sur la rive droite : Archipresbyteratus, Sedis, Ferrussacensis, de Opère seu de 
Pujolibus. Fumellensis, Montaldensis, Vesalmensis. — Sur la rive gauche : Cayra- 
nensis, de Ballandraune, Fidei Marconis, Fidei Lobonis, Bruliensis. — On a pré- 
tendu que ces premiers archidiaconés et archiprêtrés cadraient exactement avec les 
anciennes divisions politiques du pays. V. Walcknaër : Géographie ancienne des 
Gaules, tom. \*', p. .'197, etc.. Cette opinion n'est guère maintenue. 

(jy La bulle du Pape Jean XXII, qui érigea l'abbaye de Condom en évêché, est 
datée du ij août 13 17. » Cet évêché, dit Labrunie, était plus conséquent dans ses 
revenus que celui d'Agen. Plus d'un amateur d'Horace lui a appliqué à cette occasion 
le vers connu du poète : 

" O matre pulchrà fiUa pukhiior. >. 
(Abrégé chronol., etc. an. 1317 . 

Ailleurs le même écrivain : « Cette église, si longtemps fille aînée de la nôtre et à 
qui nos saints devraient être communs, a traité sa mère avec bien de l'ingratitude 
dans le Bréviaire qu'elle a cru se donner ; une seule oraison précédée de l'antienne 
et de son verset est le seul culte qu'elle y rend à nos saints « in globo ». Catai. rais. 
d«8 Ev. d'Agen. Art. de Fargis), 



- ^'9 - 

sîeurs mpnastèrc5 de religieux mendiants et cinq cent deux 
paroisses : le tout reparti en trois archidiaconcs et six archi- 
prôlrcs. 

La môme statistique nous donne le nombre des recteurs qui 
était de quatre cent vingt-quatre, non celui des autres ecclé- 
siastiques qui semble avoir été prodigieux '). 

Grandes et moyennes églises ont un personnel de prêtres 
desservants dont le chilFre étonne : trente-six à Castillonnés, 
quarante à Villeréal, cinquante à Sainle-Foy-Ia-Grande, etc. ''^\ 

Ce qui n'empêche pas les abbayes de regorger de religieux. 
On en compte jusqu'à cent cinquante à Clairac. 

Telle année, comme 1507, on constate jusqu'à sept cent 
quatre-vingt quinze ordinations de prêtres. Chiiïres sugges- 
tifs! ;'). 

Malheureusement, s'il a pour lui le nombre, ce clergé n'a 
pas la valeur ^4). 

Beaucoup, sans vocation, ont pris de l'état ecclésiastique 
les avantages, mais non les obligations. 

Ajoutez à cela le manque absolu de préparation, d'éduca- 
rion cléricale, faute de séminaire. 

Les meilleurs enfin se trouvent paralysés par défaut de toute 
direction supérieure. 



(1) Voir le compte des subsides levés pour le Pape dans l'archcfc'ûché de Bordeaux 
en i]2(i. (Arch. Hist. du départ, de la Gironde, tom. xix et l'extrait du Fouillé de 
J. Valeri publié sous ce titre : Dirisions cccUsiastiques i/<r l'Agcnais du \i* au 
\v\* sicclCy par M. Bourrousse de Lalfore, dans le Recueil des trjraux de la Scciélë 
d'Agriculture, Sciences et Arts d'Agen, t. vu, 1854-1855. — Les chiffres ci-dessus, 
donnés par M. de LalTore, d'après le Fouillé de Valéri, doivent être admis avec quel- 
ques réserves, car on a constaté que dans ce document il manque des noms dési- 
gnant des églises alors existantes et par contre il y en a un certain nombre qui font 
double emploi ou même qui ne désignent aucune église. Voir aussi : Notice sur la 
vicomte de Besaume, etc., par M. Bladé. tom. iv de la Revue de l'Agcnais, 1877). 

(2) Voir les Mémoires de Nicolas de Villars (Arch. de TEvéché, série C... 2". 

()) Voir Arch. de l'Evéché, A, 5 et Hist. relig. et monum. de M. labbé Barrère, 
tom. II, pages 165 et 104. 

(4) Voir notamment les livres de police des consuls d'Agen Archives municipales, 
série FF). 






En effet, depuis un siècle, le siège de saint Caprais n'est 
occupé que par des évêques étrangers pour la plupart qui ne 
connaissent pas leur diocèse ou le connaissent mal ('). 

L'administration est abandonnée à des prélats subalter- 
nes-, d'un médiocre crédit. Aussi tout va-t-il à la dérive. 

Tant vaut le chef, tant vaut la milice. 

Il est loin le temps des Arnaud de Rovinha, luttant avec 
une indomptable énergie contre les hérétiques et menant leur 
comte Raymond à une espèce de Canossa ''). 

Au verbe enflammé des David, des Sarrasin, des Roussel, 
des Vindocin, des Mélanchton, de Calvin lui-même, Matteo 
Bandelii oppose ses « Novelle » et ses « Canti ». L'italien, 
dit-on, en est très pur ; ô ironie ! 

Et pendant que le troupeau est livré à la rage des loups, 
cherchez le pasteur. Il a fui comme le mercenaire. Il attend, 
là-bas, derrière les murs inviolés de son abbaye de Fontfroide 
la fin des événements (4). 



(i) Verbi gratia : Jean VI, cardinal de Lorraine, qui posséda en même temps 
4 archevêchés, lo évéchés, 4 abbayes, etc.. et qui ne parut jamais à Agen. 

(2^ Verbi gratia : Eustache, évêque de Saintes, vicaire générai d'Agen, sous Léo- 
nard de la Rovère. Jean Valéri, évêque de Caries, puis de Grasse, vicaire général 

sous le cardinal de Lorraine et Mathieu Bandcl, etc Ces prélats avaient le titre 

de suffragants. « Un évêque suflTragant est un évêque ordonné sans titre réel, sans 
territoire et sans ouailles, dont Tunique fonction est de s'attacher à quelque riche 
prélat qui se croit trop grand seigneur pour faire la besogne lui-même. Celui-ci l'en- 
voie dans son diocèse pour y faire les ordinationset les visites à sa place et il en est 
ordinairement quitte à bon marché, car le taux connu de ces garçons évêques est de 
2 ou 3,000 livres. (Laurent, Essai sur la réforme du clergé, etc., cité en note par 
l'abbé Sicard: Les Evoques avant la Rcvolulioii, p. 520). 

(;) L'Agenais fut l'un des principaux théâtres de la guerre contre les Albigeois. 
Ces hérétiques ont même été appelés Agenais par plusieurs historiens. (Voir: Glos- 
sariiim inediœ et iiifimx Litinitatis de Du Cange). En les combattant à outrance, 
Arnaud et les autres croisés ont bien mérité, quoi qu'on en ait dit, non seulement de 
la foi, mais aussi de la civilisation chrétienne. 

(4) « Pendant ces troubles (l'insurrection des huguenots), dit M. l'abbé Barrérc, 
Monseigneur de Frégose était à son abbaye de Fontfroide, près Narbonne. Il arrive 
à Agen au moment où l'on apprend que les ennemis qui ont enfin opéré leur jonc- 
tion, ont renoncé au projet de passer leurs quartiers d'hiver dans TAgenais. » [Hist. 
rel. et mon.,l. u, p. 511). Pour être juste envers la mémoire de'ce prélat, il convient 
de citer le jugement que porte sur lui Labénazie : « Janus de Frégose avait trouvé 



— rr 



C'en était fait, peul-6tre pour jamais, de noire Eglise, si 
des soldats comme Moulue, si des laïques comme les consuls 
des principales villes n'avaient tenu tôle avec un invincible 
courage à l'insurrection huguenote et ne l'avaient enfin domp- 
tée ('). 

Voici l'Edit de Nantes. On peut maintenant respirer (*). 

Les catholiques sont restés maîtres du champ de bataille, 
mais d'un champ de bataille couvert de ruines '. 

Sur 100 églises, 95 environ sont rasées ou à demi-détruites. 
Presque partout les autels sont renversés, l'herbe croît jusque 
dans le sanctuaire. 

Les biens d'église sont usurpés sur une vaste échelle et les 
dîmes elles-mêmes sont généralement possédées par des 
laïques, qui les prélèvent au nom de misérables custodi nos. 

Le clergé indigène a presque totalement disparu. Les titu- 
laires, étrangers pour la plupart, ne résident pas. Les cures 
sont desservies, quand elles le sont, par des prêtres merce- 



Ic secret de se faire aimer et de se faire obéir. Il se rendait autant considérable par 
sa vertu que par sa naissance, tout illustre qu'il fut.... Il a vécu sans reproches et 
avec toutes les marques de la sainteté. Son bon exemple et sa piété contribuèrent 
beaucoup à retenir la foi catholique dans la ville d'Agen ». [Hist. nian. d'Agcn]. 

Labrunie n'est pas moins élogieux. (Voir catalogue rais, des Ev. d'.^gen, art. Ja- 
niis Frégose.) 

Monliic eut avec ce prélat quelque dillércnd, ce qui ne l'cmpécha pas d'écrire : 
" Je ne faisais rien que je ne le communiquasse à l'Evêque d'Agenf me fiant lors au- 
tant et plus en lui qu'à mon frère propre et le tenais pour un de mes meilleurs amis 
cl d'aussi bonne conscience que Prélat qu'il y eusi dans toute la France ». 

( I ] Il faut que les Agenais sachent en quelle haute estime il doivent tenir leurs ancê- 
tres du xvi» siècle, ces vaillants, qui, jetés, malgré eux, dans les grandes luttes, ont tou- 
jours su défendre, au prix de leur vie, et leur religion et leur liberté. » (G. Tholin. 
— La ville d'Agen pendant les guerres de religion du xvi» iiècle. Reruc Je l'A^cnaist 
t. xvi i). 

(2) C'est en 1601 que l'édit de Nantes fut enregistré au Parlement de Bordeaux et 
appliqué en Guyenne. 

(;) Je visitai, le 8 juillet 1502, écrit Nicolas de Villars dans ses mémoires, les mes- 
sieurs de la ville de Sainte-Liviade, en leur maison de ville, leur fis entendre les 
occasions de ma venue en un temps si misérable, parmi tant de périls et hasards de 
ma personne, le regret que j'avais de si grandes ruines matérielles et spirituelles et 
ce qui peu restait d'entier tout poilu et profané ». (Archives de l'Ev. G. 2). 



naires, gvrovagues, sans mission ni science et bien souvent 
sans moralité '•. 

Si le Calvinisme est à peu près abattu comme parti politi- 
que, il domine encore parle nombre sur le tiers du diocèse, 
un peu partout par l'influence de ses adhérents et leurs ri- 
chesses. 

Sans doute, il demeure banni d'Agen, de Villeneuve, de 
Marmande, dont les citoyens ont su, par l'énergie de leur 
altitude, obtenir du roi un édit spécial de pacification. Mais 
il rèirne en maître absolu, dans tout son exclusivisme farouche 
et sectaire, à Sainte-Foy-la-Grande, à Clairac, àTonneins, 
à Monflanquin, à Tournon, à Puymirol, etc. '-) 

Tout est à refaire et au prix de quels efforts ! 

Grâce à Dieu, le siège d'Agen est enfin occupé par un 
prélat regnicole,au cœur magnanime. C'est Nicolas deVillars. 

Le pays n'est pas encore pacifié que déjà il le parcourt en 
tout sens avec une escorte militaire''). 

Lui, le fougueux ligueur, il porte partout des paroles de 
paix et de tolérance. S'il est écouté, c'est la fin des luttes 
fratricides. 



(i) Doléance du Tiers-Etat de l'Agenaisen iç8; : « Dans la plus grande partie du 
pays, l'exercice du culte est suspendu. Un grand nombre de prètf-es sont morts pen- 
dant les guerres. Des gentilshommes se sont empares des revenus des églises ; d'au- 
tre part certains ecclésiastiques réunissent tant de bénéfices qu'ils ne peuvent 
s'acquitter de leurs charges. Ainsi le peuple est sans religion. 

Ces abus ne furent pas corrigés. Les mêmes griefs sont exposés dans le cahier du 
Tiers Etat rédigé pour les Etats Généraux de 1 588. — {Cahier des doléances du Tiers- 
Etat d' A gênais aux Etats Généraux, p. 5. — G. Tholin, La ville d'Agen pendant les 
guerres de religion du xvi» siècle, Revue de l'A gênais, t. xvii). 

(2, Voir pour l'exactitude de ce tableau tout spécialement les Mémoires de Nicolas 
de Villars déjà cités. 

(?) On lit dans ces Mémoires à la date du 2; mai 1592 : « En ce temps-là je m'a- 
cheminai à Villeneuve, les troubles étant grandes; accompagné de quelques cha- 
noines tant de l'église cathédrale que collégiale et de la compagnie des gendarmes 
de M. de Monluc, oullre celles qui m'attendaient sur le chemin.... M. de Foucatide 
avec toutes les forces qu'il avait à Villeneuve me vint prendre au-dessus de Pujols, 
les consuls et les principaux habitants m'attendaient à la porte de la ville avec la pro- 
cession. Ainsi allasmes à l'église Sainte-Catherine avec tout ce peuple. » 



— n — 

Cependant, son premier soin est de relever partout les 
autels, môme à Tonneins, Monflanquin, Tournon. Puymirol, 
les principaux foyers de l'hérésie, même à Saiiue-Foy-la- 
Grande, si bien nommée la Genève de l'Agenais. 

Partout sur son passage, il chasse les vendeurs du Temple, 
expulse les intrus et les indignes et confie le troupeau à de 
vrais pasteurs. 

En quoi il est puissamment aidé par le Séminaire nouvelle- 
ment créé, qui commence à fournir un clergé d'élite. 

Il londe en même temps un collège de Jésuites, dont il est 
en droit d'attendre les meilleurs effets pour la régénération 
chrétienne des classes dirigeantes. 

Les capucins qu'il appelle à Agen porteront un coup mortel 
au néo-paganisme du xvi'' siècle qui a pensé tout corrompre, 
môme les élus. 

Mais c'est dans le synode, qu'il convoque tous les ans, que 
s'opère surtout la réformation. 

Comme rien n'a survécu de l'ancienne organisation, sauf 
quelques titres purement nominaux, il remanie à fond la carte 
du diocèse. Douze arrondissements nouveaux sont créés. En 
chacun d'eux, il place un vicaire forain avec des pouvoirs très 
étendus. C'est l'origine de nos archiprôtrés. 

Ses successeurs continuent son œuvre. Son neveu. Claude 
Gelas, Barthélémy Delbéne avec son admirable^ pléiade de 
vicaires généraux : les Daurée, les d'Hospil, les Soldadié, 
les Roussel poursuivent l'hérésie vaincue jusque dans ses 
derniers retranchements. C'est sous leur épiscopat, comme 
une belle floraison d'institutions religieuses. 

Citons enfin les immortels prélats : Claude Joly, Jules 
Mascaron, François Hébert, sous lesquels l'Eglise d'Agen 
arrive cà son apogée. 

Si bien qu'au xvii* siècle, de môme que la France eut son 
grand roi, le diocèse eut ses grands évoques. 

Ici comme là, c'est le triomphe de l'autorité, de l'ordre et 



de runité. Jamais on ne vit pouvoir épiscopal plus fort, 
clergé mieux réglé, troupeau mieux morigéné. 

Grâce au zèle de tels pasteurs, non moins qu'à une éner- 
gique pression (■', la parole divine sembla se réaliser dans ce 
diocèse naguère encore si divisé : Il n'y aura qu'un bercail. 
Et crit unum orilc et iinus pasfor. 

Depuis cet âge d'or, c'est un affaissement général. Ce 
n'est pas la mort mais un état léthargique qui lui ressemble. 

Quatre-vings ans sont passés qu'il n'y a pas eu de synode. 

Les conférences ecclésiastiques, déjà en usage sous Claude 
Joly, rétablies sous M. Hébert, en 1706, sont tombées en 
désuétude. M. de Chabanes tente d'inutiles efforts pour les 
faire revivre '^^). 

Le lien de la solidarité est aussi détendu que possible. Le 
chef a perdu peu à peu le contact de ses troupes. L'armée 
manque de cohésion. 

Il n'est pas de congruiste qui ne garde au fond du cœur 



(1) Il serait aussi puéril que maladroit de nier linterventioii des dragons de M. de 
Boufrlers, dans notre pays, au moment de la révocation de TEdit de Nantes. Cette 
intervention fut d'ailleurs aussi bénigne que possible. Dans une note à V Abrégé 
chronologique des antiquités d' A gen, par Labrunie, page 1 66, M. Faliières dit avec 
très juste raison. « Les protestants s'étant soumis plutôt que convertis, sans résis- 
tance, il est à peu près certain que les Dragonnades se bornèrent, dans l'Agenais, à 
la démolition des temples et à des logements de gens de guerre. » Le principe de la 
liberté de conscience, que prônent avec si peu de succès, hélas! même de nos jours, 
les esprit libéraux, n'était pas né à l'époque de la Révocation de l'Edit. Les hugue- 
nots auraient été fort mal venus à l'invoquer, eux qui, pour ne parler que de notre 
pays, avaient organisé les tueries que l'on sait contre des prêtres et des catholiques 
inolTcnsifs. 

Quis tuerit Gracclios de scditionc quercntes ! 

On conçoit enfin le peu de tendresse de Louis XIV pour une secte qui n'avait ja- 
mais cessé de se révéler comme l'ennemie jurée de la monarchie. 

'2] Labrunie fait à ce sujet une réflexion qui peut en suggérer bien d'autres : 
« Le peu de goût que nous avons pour l'étude dans ce diocèse aurait besoin d'être 
continuellement aiguillonné... Ceux qui connaissent le diocèse conviennent qu'on y 
a généralement de l'esprit, mais ils ne peuvent se dissimuler qu'il est presque sans 
culture ou malheureusement tourné vers des objets de pure cuiiosité, ou peut-être 
plus dangereux encore. >< Catalogue raisonné des Evêques d'Agen, art. François 
Hébert,. 



/ ) 



une amertume plus ou moins secrète contre le riche béné" 
licicr('). 

Le Jansénisme dont on peut dire : 

Ils n'en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés, 



semble avoir lue toute foi agissante et toute ileur de dévo- 
tion (*). 

Le Gallicanisme du grand siècle s'est rapetissé à une dé- 



fi) Voir . Mémoire de MM. les curés d'Agen au sujet des Novales, où sont dé- 
duits d'importants griefs qu'ils souffrent de la part du Chapitre. 1705. 

(2) Il est facile de constater les ravages de l'esprit janséniste dans les meilleures 
têtes. Il suffit de jeter les yeux sur les écrits d'Argenton cl de Labrunie. A chaque 
page on trouve des jugements de ce genre : 

« La plupart des historiens contemporains ont fait de Monforl presque un saint, 
l'histoire moderne l'a jugé bien sévèrement et l'a peint comme un héros barbare ». 
{Abrcgc chronologique des Antiquités d'Agen, an. 1218). 

<< Raymond vu, ce bon, ce malheureux prince, parut toujours avoir de la prédi- 
lection pour nos Pères ». (Ibid. ann. 1222-1226'. 

» On ne peut nier qu'en général les catholiques de ces lemps-là ne fussent bien 
cruels. L'Inquisition imaginée pour lors pour conserver la pureté de la foi rendit les 
hommes bien plus féroces ». (Ibid., an. 1209). 

<< Ann. 1296. — Démêlés plus que scandaleux entre Boniface viii et notre roi 
Philippe le Bel. Nos ecclésiastiques et nos consuls se mêlent mal à propos de cette 
indécente querelle ». (Ibid.\ 

" On peut dire qu'après Dieu c'est à lui la Hirc , à Xaintrailles, à Dunois car 
ce sont eux, vraisemblablement, qui connaissaient le génie de leur siècle, qui inspi- 
rèrent Jeanne d'Arc) que la France doit le bonheur d'avoir des rois de la nation. » 
(Ibid., an. 1442-1447). Horresco referons ! 

i< Pour ks gens qui croient aux prédictions de Regiomontanus, de Noslradamus, 
de Joseph Benoît Labre, etc. » (Ibid., an. i4;2-i45!;. 

"i Tout cela ;les origines de N.-D. de Bon-Encontre\ au ton de plaisanterie près 
qu'a pris contre son usage, M. Argenton, etc.. » (Ibid. 1602-1012). 

<- Mais pourquoi, dans tout ceci (même sujet) qui a si fort l'air d'un conte, etc. » 
(Catalogue raisonné des Evêques d'Agen, art. Jean Frégose). 

« Pour ne plus revenir sur cette affaire (le jansénisme) qui na plus aujourd'hui de 
Promoteurs (lisez Jésuites , j'ajouterai que M. Hébert, qui avait un peu donné sans 
doute à la crainte révérentiellc de Louis XIV en accepiant la Bulle Unigenilus in- 
terjeta appel en 1717». [Abr. chron., an. 1710-1;). 

Ces citations se passent de commentaires. Cependant, Labrunie était bien loin 
d'être janséniste. Il a raconté lui-même, en nous révélant l'un des beaux côtés de 
son caractère, comment à peine âgé de 18 ans, il avait renoncé à un riche hériiage 
plutôt que de le devenir. 



fiance irraisonnée, h une antipathie instinctive à l'égard de 
Rome '. 

Çà et là, quelques sycophantes dissimulant sous des de- 
hors décents leur scepticisme et leur corruption. L'Encyclo- 
pédie est leur évangile secret. Ce sont les apostats de demain. 

Malgré tout, la masse est restée saine. On le verra bien 
aux jours de l'épreuve. Après quelque hésitation, peut-être, 
la grande majorité du clergé agenais, à la suite de son Evè- 
que, gardera, pendant la persécution, une ferme et glorieuse 
attitude. 

En attendant, tous somnolent dans la plus imprévoyante 
quiétude. Déjà pourtant souffle la tempête qui va tout empor- 
ter. Les temps sont proches. Hâtons-nous de donner un 
dernier regard à ce monde sur lequel on sent planer la mort. 

Le diocèse d'Agen compte environ 200,000 âmes (2). 



(i) C'est à l'esprit gallican que l'on doit, par exemple, imputer l'abandon, dans le 
diocèse d'Agen, de la liturgie romaine. Avant 149;, chacun se servait du bréviaire 
de l'Eglise qu'il affectionnait le plus. Pour rétablir l'uniformité, le cardinal de la 
Rovère, évèque d'Agen, ordonna dans un synode tenu à cette date : « Quod unus- 
quisque rector aut vicarius perpetuus nostras diœcesis ordinemofficii secundum obser- 
vantiani Ecclcsiae nostrae (catliedraliS; dicere teneatur...» De plus il chargea Vincent 
Bilhonis de composer un Bréviaire. L'ouvrage commencé ou terminé en 1505 ne fut 
imprimé qu'en 1526. sous Antoine de la Rovère, neveu du cardinal. Un décret du 
Concile de Bordeaux (1582) substitua à ce bréviaire celui de S. Pie V. Plusieurs 
Propres ont été publiés : celui de M. de Frégose, en 1)84; celui de M. Deibène, 
composé par Roussel, en 1600 ; celui de M. Hébert, composé par Jabrès, en 1727. 
M. de Chabannes fit prendre le Bréviaire de Paris à son diocèse en 1744. Ce même 
prélat avait chargé M. Argenton de préparer un Brcpiaire d'Agen ou plutôt de re- 
faire le Propre pour l'insérer dans le Bréviaire Parisien. Les événements ne per- 
mirent pas à l'œuvre d'Argenton de voir le jour. Labrunie dit, dans son Mémoire sur 
les certains de l'Agenais, que cet ouvrage lui a été remis et qu'il est dans l'intention 
de le donner, avec ses autres papiers, à M. de Saint-Amans. Qu'est-il devenu? — 
M. de Bonnac ne put pas davantage substituer son rituel à celui de Mascaron, dans 
lequel, dit Labrunie " on retrouve une morale saine, une piété affectueuse et une 
grande connaissance des canons. » 

(Voir la dissertation de cet auteur sur les livres liturgiques d'Agen). 

[l'i L'élection d'Agen, dit M. Charriére en son Abrégé chronologique de l'Histoire 
d'Agen, était composée de 600 paroisses formant 140 juridictions. On comptait dans 
ces juridictions réunies 45,950 feux, lesquels à raison de cinq personnes par feu don- 
nent Iç nombre de 229,750 habitants. On sait cjue le diocèse ne cadrait pas absolu- 



Le nombre total des ecclésiastiques oscille autour de 
I ()(i(). 

Dans les chapitres '\ chapellenies ''), collèf^cs de prê- 
tres ' : loo dignitaires, chanoines, hebdomadiers, prébcn- 
diers, chapelains, enfanis-prôtres, prôtres habitués ou obi- 
luaires. 

Dans les prieurés •< , cures ou annexes'^': 4^0 curés ou 
prieurs et 1 50 vicaires. 

Dans les abbayes et monastères : 200 religieux de tout 
ordre t"\ 

A quoi il faut ajouter le nombre toujours flottant des sémi- 
naristes, des résignataires et des prêtres libres. 



mcnl avec rélcction. En tenant compte de la dilTércncc et des protestants, on doit 
arriver, ou peu s'en faut, au chiffre de 200,000 ûmes. 

(1) Chapitres : Saint-Etienne, Sainl-Caprais, Saint-Nicolas de Pujols. 

(2; Chapellenies de Lamaurclle, de Montpczat et environ 100 autres non incom- 
patibles avec d'autres bénéfices. 

(]) Collège de prûtres de Villeneuve, enfants-prfitres de Marmande, prùtres habi- 
tués de Sainl-Hilaire d'Agen, prêtres obiiuaires de Tonncins, etc. 

(4) J4 prieurés simples n'obligeant pas à résidence et qu'il ne faut pas confondre 
avec les prieurés claustiaux. 

a) 587 cures et 167 annexes faisant <54 clochers. 

(6) Principaux établissements religieux : 
Les couvents d'hommes : 

Bcncdictins Abbayes d'Eysses et de Saint-Maurin. monastère ou 

prieuré de Sainte-Livradc. On sait que l'abbaye de 
Clairac a été sécularisée et donnée par le roi Henri IV 
au Chapitre Saint-Jean de Latran, en i(X)4). 
Biinjr.iins ou Cisterciens.. Abbayes de Pérignac et de Gondon. 
Jacobins ou Dominicains.. Agen et Port-Sainte-Marie. 

Grands Carmes Agen, Marmande et Aiguillon. 

Petits Carmes Agen. 

CorJeliers Agen, Villeneuve, Marmande, Saintc-Foyla Grande et 

Penne. 

Caf-ucins Agen, Villeneuve, Niarmande. 

Angitstins Agen et MonHanqtiin. 

Ticrçairesoix Picpuliens.... Agen, Bon-Encontre, Tonncins et Tournon. 

Rccollels Bcaiiville, Lauzun. 

Lazaristes Séminaire Agen , Mission de la Rose ,Sainic-Livrade), 

Oratoricns Collège d'Agen. 

Hirmiics Hermitage Saint-Vincent (.Agen). 



Les couvents de femmes ne renferment pas moins de 
400 religieuses ^'). 

Sauf une exception ou deux, ces communautés de filles sont 
soumises à la juridiction immédiate de l'Ordinaire. C'est 
l'Evèque qui nomme le supérieur ou directeur spirituel, c'est 
lui ou son délégué qui examine les novices avant leur profes- 
sion, c'est lui qui préside aux élections et qui les confirme, 
qui intervient en cas de conflit; c'est à lui enfin que l'on 
rend compte. 

Généralement les budgets s'équilibrent avec peine. Les 
charges sont lourdes, les revenus modiques, le personnel 
nombreux; chaque maison ne se soutient que par des prodi- 
ges d'ordre et d'économie. 

Mais la ferveur y règne et aussi une sainte allégresse. Ceux- 
là se trompent ou mentent qui représentent ces chastes 
épouses du Christ comme des victimes pitoyables qu'il faut 
libérer. On peut prévoir qu'elles ne sortiront du cloître que 
par la violence et qu'elles en garderont jusqu'à la fin la pieuse 
nostalgie. 

Les Religieux dépendent de leurs chefs d'ordre, mais de- 
puis Claude Joly '-) ils n'ont dans le diocèse que des pouvoirs 



(1) Couvents de femmes : 

Religieuses de l'Annonciadc Agen, Villeneuve et Marmandc. 

id. du Chapelet Agen. 

id. de N.-D Agen et Villeneuve. 

id. de la Visitation Agen. 

id. du Tiers-Ordre des. François.. Agen. 

id. de Fontemault Fongrave. 

id. Carmélites Agen. 

id. Bénédictines Marmande. 

id. Ursulines Port-Sainte-Marie, Saintc-Livrade. 

id. Orphelines Saint-Joseph Agen. 

id. Filles de la Foi Sainte-Foj-la-Grande, Vilieréai, Ton- 

neins, Clairac. 

id. Filles de la Croix ,.. Aiguillon. 

id. Sœurs grises de la Charité Hôpitaux d'Agen, de Villeneuve, de 

Marmande, etc. 

(2) Ce prélat réformateur eut à soutenir contre les Religieux de son diocèse une 



- ;<; -• 

limités qu'il faut renouveler tous lc3 ans. Ils sont aussi fort 
pauvres, mais dépourvus du feu sacré. Nombre, valeur, 
inllucnce. tout chez eux est en décadence. L'arbre monasti- 
que n'a plus de sève, comment porterait-il des fruits r 11 est 
bon pour la cognée, c'est tout ce qu'on en peut dire ■'. 

Ma^^ni nominis uinbra : tels sont aujourd'hui nos Chapitres. 
Les temps sont loin où l'un faisait les évoques, où l'autre 
leur donnait par la mitre et la crosse une sorte d'investiture. 
Après avoir été, pendant des siècles, la seconde puissance du 
diocèse, les voilà enfin réduits à un rôle purement décoratiL 
Il est vrai que le culte public leur doit d'être célébré avec 
quelque éclat. 

Principes actifs, forces vives, tout semble s'être concentré 
dans le clergé paroissial : in pcdile robur. C'est lui qui a bé- 
néficié du poids social que les autres corps ont perdu. A la 
suite du brigandage des biens d'église, il a langui longtemps 
dans un état voisin de l'abjection. Mais depuis deux cents ans 
il n'a cessé d'améliorer sa situation matérielle et morale. 
Aussi, de nos jours, le chapelain révocable et gagé est-il 
partout remplacé par le curé inamovible et largement doté. 

Depuis 1787. en elTct, les congruistes, de tous les moins 
fortunés, outre le logement, jouissent d'une pension de 700 li- 
vres, exempte de toute charge. A une époque où l'on peut 
vivre à la campagne avec i ^o livres de rente -i, c'est presque 
l'aisance. 

Mais les congruistes dans le diocèse sont l'exception. On 
aurait de la peine à en compter cinquante. 

EtTectivement, d'après leur revenu officiel, les cures peu- 



lutle aussi longue que bruyante dont il sortit vainqueur. (Voir aux Archives de l'Evê- 
ché, série F, plusieurs pièces relatives à cette alTaire. Voir aussi, daprès M, Phi- 
lippe Lauzun. à la Bibliothèque Nationale, aux Manuscrits, supplément français, nu- 
méro 1 104? : Recueil de pièces imprimées et manuscrites concernant iaiFaircdes Ré- 
guliers devant l'Evèchéd^Agen.) 

(1; De celte proscription générale peut-être faiit-il tout au plus excepter les Ca- 
pucins. 

(2) C'est le chitfre tixé pour le titre clérical. 



vent se classer ainsi : 200, depuis 700 jusqu'à 1,000 livres ; 
80. depuis 1,000 jusqu'à 1,200; 50, depuis 1,200 jusqu'à 
3,000; 10 au-dessus de 3,000 livres. Combien d'évechés, en 
Italie, qui ne valent pas ces derniers bénéfices! Encore ces 
chiffres sont-ils fort au-dessous de la réalité. Aiguillon, par 
exemple, qui arrive en téie avec 3,800 livres, passe à juste 
titre pour en valoir de 1 2 à 15 ,000. 

La principale richesse de ces cures consiste dans Tinamo- 
vibilitéC'. Le dernier des curés amovibles a disparu sous 
Mascaron à la suite de la déclaration de Louis XIV, du 
29 janvier 1686. 

C'est l'Evêque qui est le collateur de droit de tous les bé- 
néfices de son diocèse. Toutefois son pouvoir est, singulière- 
ment restreint par les privilèges des patrons, des gradués et 
des résignataires en cour de Rome. On a calculé que sur 100 
curés titulaires, 40 sont nommés par l'Evoque, 37 par le 
Pape et 23 par les divers patrons. Il y a environ 120 paroisses 
dont la nomination et la présentation appartiennent aux cha- 
pitres, abbayes, prieurés (^). Les gradués (') peuvent requérir 



(i) L'inamovibilité non des curés primitifs, qui n'a jamais été contestée, mais des 
vicaires desservants, était consacrée sous l'ancien Régime par une ordonnance royale 
de 1680, par les'deux déclarations de Louis XIV du 29 janvier 1686 et du mois de 
juillet 1609 et enfin par l'édit de 169J. « L'amovibilité des curés dans les paroisses, 
dit Durand de Maillane, a toujours été regardée en France comme très préjudiciable. » 

L'église gallicane était en cela d'accord avec le Concile de Trente. << Mandat 
sancta synodus episcopis ut distincto populo in certas propriasque parochias uiiicui- 
que suum pcrpcluum peculiarcmque Paroclium assignent qui cas cognoscere valcat 
et a quo licite sacramcnta suscipiant ». (Sess. xxiv, cap. xiii. De Reform). 

On fit en 166O, une tentative pour suspendre dans la province l'inamovibilité des 
curés. Elle n'aboutit pas. (Voir Labénazie, Hist. man.) 

(2, Voir pour l'exactitude de ces données le registre des collations sous M. de 
Bonnac. 'Archives de l'Evêché, A, 40). 

[] I L'établissement des concours (prescrit par le Concile de Trente) pour juger de 
la valeur intellectuelle des candidats aux charges importantes, était avantageusement 
remplacé par cette organisation de l'ancienne église. Les gradués stimulés au travail 
par le but réservé à leur activité, et éprouvés par de sérieux examens, offraient tou- 
tes les garanties de science que l'on pouvait désirer. Le niveau intellectuel de l'an- 
cien clergé était élevé, et les fortes études y étaient en honneur, (Elie Méric, Lcclergé 
tou% l'ancien régime, p, 3o), 



^ Bi — 

tous les bénéfices qui viennent à vaquer en certains mois 
appelés de rit;ueur ou de faveur '. Un autre avantage des 
gradués, c'est qu'ils sont nommés privativcment aux premières 
dignités des ciiapitres et aux cures des villes murées ^ . Enfin 
par une résignation en faveur, le curé, au terme de sa carrière, 
a la consolation de pouvoir se perpétuer en un successeur de 
son choix, tout en se réservant sur le bénéfice qu'il aban- 
donne une pension ^'^ pour le reste de ses jours. 

Rien d'étonnant si les cadres sont remplis, si les vocations 
abondent, si l'état ecclésiastique est une carrière enviée, si le 
recrutement du clergé s'opère dans les meilleures conditions. 
Que de familles sjccrJohi/cs où de génération en génération 
se transmet le glorieux privilège de fournir des prêtres à 
l'Eglise ! Les parents chrétiens ne détournent pas leurs fils 
d'une profession qui, sans parler des avantages d'un ordre 
supérieur, assure à tous la considération universelle, la stabi- 
lité et une heureuse médiocrité. 

Nul d'ailleurs ne saurait porter son ambition au-delà sans 
prévariquer. 

D'après les canons , les revenus d'une cure sont le 
patrimoine des pauvres, le curé en est l'économe et le dis- 
pensateur, il n'en doit prendre pour lui-même que ce qui est 
strictement nécessaire à sa subsistance. Le reste doit être 
distribué aux indigents de la paroisse. Il y a là une ressource 
bien précieuse en ce temps de disette oij la sixième partie 



(f Comme les collatcurs et les patrons ont !c droit, dans les mois d'avril et d'octo- 
bre, de choisir entre les gradués, on les appelle mois Je faveur et on nomme mois 
de rigueur ceux de juillet et de janvier, parce que les collateurs sont obli,:;és de con- 
orer dans ces deux mois au plus ancien gradué nommé. Durand de Maillane . 

(2) Voici les cures du diocèse qui exigeaient des grades depuis l'Edit de 1770: 
Agen, le Port-Sainle-Marie, Aiguillon, Tonneins, Marmande, Clairac, Gontaud, 
Duras, Monclar, Villeneuve, Casseneuil, Monllanquin, Tournon, Castillonnès, Beau- 
ville, Penne, Valence, Puymirol, Cancon, Villeréal, Pujols, Sainte-Livrade, Sainte 
Foy-la-Grande et Vcrteuil. 

'5 Cette pension était généralement fixée, soit en nature soit en espèces, au tiers 
des revenus du bénéfice. 



— 8: — 

des familles de TAgenais est réduite à la mendicité '■'. « Les 
pauvres de Cancon, écrit le syndic de cette paroisse,o:U tou- 
jours trouvé de grandes ressources chez leurs curés: sans eux 
ils seraient mille fois morts de faim ; et, dans bien des occa- 
sions, une bonne partie des autres habitants qui, sans être men- 
diants, ne sont pas riches, n'ensemencerait pas ses champs, 
si le curé ne fournissait pas les semences; le fait a été cons- 
taté - . » Il appert d'une enquête (') faite par le gouvernement 
en 1775, que, dans une foule de petites paroisses, il existe 
des établissements de charité. Presque tous ont été fondés et 
dotés par d'anciens curés, bienfaiteurs à perpétuité de leurs 
troupeaux. 

Chaque bénéfice est d'ailleurs grevé d'un impôt fort lourd 
qui enlève le sixième et parfois le quart du revenu net: ce 
sont les décimes ■♦ . La répartition de cet impôt se fait pour 
le diocèse dans une chambre ecclésiastique '^ appelée encore 
Bureau des Décimes, où tous les intérêts se trouvent repré- 



(i) Voir le mémoire du curé de Celle, ai chiprctte de Villeréal, 1775. Archives de 
rEvêché, série H, liasse Celle. 

(2; Mémoire cité par M. Léon Massip, dans son Histoire Je Cancon. 

(5 Les pièces de celte enquête sont disséminées dans toute la série H des Archi- 
ves de lEvêché. 

'4 Voir sur les décimes: Le Clergé sous l'ancien régime, par l'abbé Méric, ch. iv, 
Les anciennes assemblées du Clergé. 

(5 , Les chambres ecclésiastiques avaient été établies en France par un édit du 
mois de juillet 1616. Celle du diocèse d'Agen était ainsi composée en 1789 : 

Monseigneur l'Evèque, président ; MM. Boys et Rangouze de Beaurcgard, cha- 
noines députés de la Cathédrale ; Pélissier et Ballias^ chanoines députés de la col- 
légiale. — Huit curés: MM. Bory, curé de Saint-Salvy; Monforton, curé de la ca- 
thédrale ; Labrunie, curé de Monbran ; Illy, curé de Casseneuil : Bourrières, curé 
de Savignac; Boudon de Lacombe, curé de Puymirol ; Bissol de Saint-Just, curé 
de Verteuil; Martin de Bonnefond, curé de Marmande. 

Syndic du diocèse M. Cousin, chanoine de la Cathédrale, 

A'jocat du clergé M. Bory, 

Greffier de la Chambre M. Lhtilier, notaire. 

Greffier des Insinuations ecclésiastiques. M. Canuet, père. 

Receveur des décimes M. Passclaigue. 

Procureur , M. Dayrie, père. 

Receveur des Economats , M. Bory, négociant. 



^ Hj - 

sentes. Elle se compose de l'Evoque, président, de quatre 
chanoines députés de leurs corps et de huit curés. En principe 
ces curés devraient être nommés à la pluralité des voix dans 
l'assemblée générale de tous les bénéficiers. Depuis qu'il n'y 
a plus de synodes, c'est T Evoque qui est en possession de les 
désigner. 

A côté de ce tribunal purement fiscal, il en fonctionne un 
autre chargé d'exercer la juridiction contentieuse de T Evo- 
que : c'est rOllicialité^''. L'official est armé du pouvoir coer- 
citif ; il lait, au besoin, exécuter ses sentences par l'implora- 
tion du bras séculier. On appelle de ses décisions à 
l'ollicialité métropolitaine. Les prétendues libertés de l'Eglise 
gallicane interdisent tout recours à Rome, il y a, en revan- 
che, les appels comme d'abus au Parlement, 

Quanta la juridiction volontaire '^', l'Evêque l'exerce par 



; I ; OlTicialiic du diocùsc en 1789. Ofjiciat: Passalaiguc ^l'abbé) ; vicc-ghaiH : 
Caulcl ; promoteur : Argenton, curé de Saint-Hilairc ; vkc-proinolcur : R. Barricr, prc- 
bcndicr de la cathédrale; greffier: Roulliès. 

(2) Cette juridiction s'étendait plus Ion que de nos jours. Par exemple, depuis la 
Déclaration de mars 1666, les régents abécédaires et latinistes y étaient soumis et 
ne pouvaient exercer sans lettres d'approbation expédiées par l'Evéque, qui avait 
le droit de surveiller leur enseignement. " Nous recommandons expressément, écri- 
vait en 1758, M. de Chabannes, aux maîtres et maîtresses d'école, d'observer avec 
exactitude les avis que nous leur avons donnés dans nos lettres imprimées, tant pour 
la discipline qui doit être observée dans leurs écoles que pour ce qui concerne le 
catéchisme et l'assistance au sacrifice de la messe. » 'Verbal de visite de Saint-An- 
toine de Fumel. Archives de l'Evèché, liasse Funiel. 

Sauf au collège d'Agen et dans quelques rares écoles tenues par des religieuses, le 
personnel enseignant était composé dela'i'ques: l'instruction était à peu près gra- 
tuite à tous les degrés. Presque partout les écoles étaient dotées ou bien à la charge 
des communautés et c'est à peine si, çà et là, on exigeait des parents une faible ré- 
tribution. Et tant il est vrai que rien nest nouveau sous le soleil, le principe de 
l'instruction primaire obligatoire était connu et appliqué. On ht, en etfet, dans le 
verbal déjà cité : « Nous avons ordonné que les maîtres et maîtresses d'école tien- 
draient un registre exact de tous les garçons et (îlles depuis l'âge de ans jusqu'à 
celui de 16 et qu'ils auraient soin de marquer leurs absences de l'école et d'en don- 
ner avis à leurs parents pour y porter remède ; qu'au cas que la négligence des pa- 
rents fut telle qu'ils ne tinssent aucun compte des avis qui leur avaient été donnés, 
le sieur curé en serait averti par les maîtres et maîtresses pour faire aux parents 
des représenlalious avec douceur et charité, que si lesdits parents étant duemeni 



^ H4 - 



lui-même à l'aide de ses grands vicaires généraux ^0. Pré- 
sentement, les alTaires du diocèse sont traitées dans une sorte 
de comité ou de conseil composé de vicaires généraux 
nommés par l'Evèque et présidés par lui. Ce comité créé ou 
plutôt rétabli par M. de Bonnac, sous le nom de Congréga- 
tion, passe, à juste titre, pour une des plus belles idées de 
son épiscopat. 

Par l'article i4derEdit du mois d'Avril 1695, et mieux 
encore par les devoirs les plus essentiels de sa charge, l'évê- 
que est tenu de visiter tous les ans au moins une partie de son 
diocèse. Les ordonnances qu'il porte en cette circonstance 
ont, même au for civil, force de loi. D'après tous les conci- 
les, il n'est rien de tel que les visites épiscopales pour la sup- 



flvcrtis refusaieiil ou négligeaient d'envoyer leurs enfants aux écoles, nous ordon- 
nons au sieur curé de nous en faire part afin d'y apporter les remùdes convenables.» 

(l) Vicaires généraux en 1789: Jean Bernard de Passelaigue, du diocèse, ancien 
curé d'Aiguillon, ancien vicaire général de M. de Chabannes, chanoine de la cathé- 
drale, abbé de Pérignac, nommé en 1768. 

Jean François de Caulet, du diocèse de Ramiers, licencié de la faculté de Paris, 
vice-gérant du diocèse, abbé de PIcneselve, prieur de Valprionde, grand chantre et 
chanoine de la cathédrale, nommé en 1768. 

Louis Antoine de Puech de Fonblanc, licencié de la faculté de Paris, grand 
archidiacre de la cathédrale d'Agen, nommé le 27 février 1769. 

Jean Jacques de Puech de Fonblanc, chanoine de Castres. 

Pierre Michel Boys, docteur de la maison et société de Sorbonnc, chanoine de la 
cathédrale. 

Louis Antoine de La Roche Fontenilles, licencié in aire que jure, nommé le j fé- 
vrier 1774. 

De Laborie, doyen et archiprètrc de Monpazier. 

Louis Peynaud, recteur de Saint-Pierre de Tonneins, nommé le 7 novembre 1776. 

Arnaud Joseph de Rangoiizc de Bcauregard, docteur en théologie de la Faculté 
de Bordeaux, chanoine de la cathédrale et archidiacre de Marmaridc, no(nmé le 
26 octobre 1779. 

François de Fcrrand, curé de Beaugas. 

Auxquels il faudra ajouter, en 1790, Claude de Parades, de l'Oratoire et supé- 
rieur du Collège d'Agen. 

De fait, il n'y avait guère que MM, Passalaigue, Caulet et Rangouze qui prissent 
part à l'administration. Les autres étaient plutôt des vicaires généraux honoraires, 
comme nous dirions de nos jours. Tous les trois mois se tenait un conseil où étaient 
Convoqués tous les archiprètrcs du diocèse. 



- m ~ 

pression des abus et la réalisation de tous les progrès ' . 

Telle est, en substance, la constitution du diocèse et la forme 
de son gouvernement. On le voit, rien n'est livré à l'arbitraire, 
et l'absolutisme du pouvoir est sagement tempéré par un 
ensemble de lois organiques et d'institutions dont on ne 
saurait trop, en général, admirer l'économie et proclamer les 
bienfaits. 

Par un heureux concours, le mérite du chef est à la hauteur 
des institutions. M. Jean-Louis d'Usson de Bonnac restera 
justement célèbre par la dignité et la douceur de son admi- 
nistration. Né le 2 février 1754 - , à Soleure, en Suisse, où 
son père ^'' était ambassadeur, il entra jeune dans les ordres 
et vécut longtemps à Paris et à la Cour. Au lendemain de son 
ordination, il reçut de M. F Archevêque de Bourges des let- 
tres de vicaire général, et, du Ministre de la feuille, les prieu- 
rés de Bredon ■♦', en Auvergne et de Saint-Ginv ^' , au 



(1) Les procès-verbau.x de visites comprenaient deux parties : i. Descriptio rerum 
pioiit stini, et prœsertim cum defectibus. 2. Ordinalio pro lollendis defectibus. 

L'cvôqiie d'At^cn avait le droit dans ses tournées pastorales de prélever 10 livres 
par église. C'était le droit de procuration qu'il délaissait toujours aux curés. 

2 Voici la traduction de son acte do baptême, extrait des registres de l'hôtel-de 
ville de Soleure : Le 5 février 1754 a été baptisé Jean-Louis dUsson de Bonac, lUs 
de Jean-Louis et de Françoise de Gontaud Biron. A été parrain O. de Phérion Ver- 
neuil, secrétaire d'ambassade, et marraine, Marie Propst, sa femme. (Conununiqué 
en décembre if)<)2, par M. Joseph Eggenschwilcr, curé catholique de la cathédrale 
de Soleure . D'après M. Eggenschwilcr, M. de Bonnac serait demeuré à Soleure, 
comme émigré, depuis septembre 1792 jusqu au 21 novembre 1797 et il y possédait 
l'indigéiiat. 

(?) M. le marquis de Bonnac, ex-ambassadeur à Constantinople et en Suisse, 
mort à Paris le l'rseptembre I7;8. Il avait épousé, le 2; décembre 171Ç, Madeleine 
Françoise de Gontaud Biron. tille du maréchal de ce nom. Diplomate aussi intègre 
que distingué, M. de Bonnac ne laissa guère d'autre héritage à ses enfants que ses 
brillants états de services. (Voir: Mànoircs du duc de Luyncs, lome 11. page i;8). 

La famille de Bonnac, originaire du comté de Foix, comptait parmi les plus no- 
bles et les plus anciennes du royaume. Elle établissait ses preuves tiliatives depuis 
1177. (Voir: La Clicsiuyc De s boi s, arl\c\e Usson\ 

(4' Le prieuré de Bredon, dépendant de l'abbaye de Moissac. s'alTermait 2t,20o 
livres en 178;. 

{^] Le prieuré de Saint-Giny. aux portes de Lccloure, dépendant de la même 
abbaye, s'affermait 11,000 livres en 1777. 



— 86 - 

diocèse de Lectoure. Le i"'" novembre 1767, il fut nommé à 
TEvôché d'Agen, et sacré le 14 janvier 1768. Il est venu dans 
le diocèse le 30 octobre de la m4me année. 

Son aimable extérieur, son exquise urbanité lui gagnèrent 
d'abord tous les coeurs '\ Un grand air de bonté prête à sa 
physionomie si fine un charme des plus captivants. En lui, 
avant TEvêque, il y a le courtisan et le grand seigneur. En- 
touré d'ecclésiastiques distingués -^^ il vit avec dignité dans 
le palais >') magnifique qu'il vient de construire oia à sa dé- 



fi' Les sentiments qu"il inspirait revêtaient parfois une forme touchante dans sa 
naïveté. Un bon curé de campagne écrivait un jour au Secrétaire de l'Evèché : « Si 
Monseigneur qui m'a parut {sic) être curieux d'avoir des chiens, voulait un beau 
niaatin portant son fouet bien et joliment retroussé sur ses reins, fort doux, je l'ai 
chez moi, je lui ferais passer de suite. Rien ne me tenant plus au cœur que de 
pouvoir lui témoigner par quelque endroit que l'éclat de ses vertus, de sa bienfc- 
sance [sic] seront toujours présents à mon esprit. 11 est certain que ses bontés et 
son affabilité lui ont enchaîné le cœur de tous les ecclésiastiques de cet archiprê- 
tré et le mien plus étroitement que tout autre. (Arch. de l'Evêché). 

(2 Parmi lesquels il est juste de citer le docte et pieux curé de Monbran, Joseph 
Labrunie. L'historien a payé sa dette de reconnaissance en immortalisant dans ses 
écrits les vertus de celui qu'il n'appelle jamais que << notre aimable prélat ». 
« Apprends, ami lecteur, 
» Entre les mains de qui tombera cet ouvrage, 

n Qu'il ne fut jamais de pasteur 
i> Qui de ses diocésains méritât plus l'hommage... » 

(Catal. des Ev. d'Agen, art. Bonnac.) 

L'intention, en vérité, vaut mieux que les vers. 

(;] L'ancien évêché, situé près de la cathédrale Saint-Etienne, s'étant en partie 
écroulé le 22 juillet 1775, M. de Bonnac posa la première pierre d'un nouveau palais 
épiscopal, aujourd'hui la Préfecture, le 19 juin 1775. <i Je crois, dit Labrunie, que je 
n'exagérerai pas quand j'en porterai la dépense à 100,000 écus; mais ceux qui vien- 
dront après nous n'en seront pas surpris. Jamais nos pères n'eussent pensé que 
nous eussions vu chez nous un monument de ce genre. 

<i Le roi, pour aider M. de Bonnac à bâtir son palais et à payer les intérêts de 
80,000 livres qu'il lui a permis d'emprunter sur son évêché, lui a donné au commen- 
cement de la présente année 1779; l'abbaye de Theulcy. » (Labrunie, Catal. rais. 
des évêques d'Agen. Art. Bonnac. — Voir aussi Histoire de la Préfecture d'Ac;cn^ 
par M. Paillard, ancien préfet de Lot-et-Garonne). 

L'abbaye de Theuley, diocèse de Dijon, ordre de Citeaux, valait en chiffres offi- 
ciels 8,000 livres, ce qui, avec les revenus de son Evêché, des prieurés de Redon et 
de Saint-Giny, faisait 120,000 livres de rente à M. de Bonnac, c'est-à-dire 250,000 francs 
environ de nos jours, non compris le casuel du secrétariat. 



licieuse campagne de Monbran ■' qu'il embellit tous les jours. 

Il a le goût des beaux monuments ; grâce à lui la Cathé- 
drale Saint-Etienne, laissée inachevée depuis des siècles, 
sera bientôt # un temple digne du Dieu que nous adorons»'^). 

Il est la Providence des pauvres > et sur un siège où la 
bienfaisance est héréditaire depuis Mascaron, il se fait encore 
remarquer par sa charité sans bornes. 

Sans entrer dans les menus détails de l'administration qu'il 
abandonne volontiers à M. de Caulct ■* , homme de premier 
mérite, qui a toute sa confiance ; il prend la part la plus ac- 
tive aux affaires du diocèse et donne l'impulsion générale dans 
un grand esprit de justice et une admirable hauteur de vue. 

On ne le louera jamais assez, par exemple « du sage éta- 
blissement qu'il a fait, en arrivant dans Agen, de la Con^re- 
i^i.Tlion, où, assisté de ses vicaires généraux, il répand dans la 
plus exacte vérité la lumière dans tout son diocèse par la jus- 
tesse de ses décisions, la sagesse de ses conseils, l'amour de 
l'ordre et une sévérité quelquefois nécessaire, mais toujours 



(i) << En 1778, tous les murs de clôture du parc furent achevés. Il fil rebâtir en 
1779 toute la façade intérieure de l'entrée du château. Les terrasses, le parterre, le 
manège, etc.. tous les agréments de cette jolie maison de campagne lui doivent leur 
existence. » Labrunie, ibid.j 

(2, i< M. de Bonnac obtint de la Cour, par les amis et les protections qu'il y 
avait, un don do 120.000 livres, en 1778, pour la réparation de la cathédrale >•. 
Labrunie, Antiquitcs d'Ag;cn . 

(?) Ruiné par la Révolution, il ne se préoccupe que des pauvres : « Nos pau- 
vres, écrit-il le n octobre 1789. sont bien souffrants et mon cœur saigne de l'inuti- 
lité involontaire dont je serai pour eux. Ils sont nos frères plus que jamais et je ne 
puis leur être d'aucun secours... qu'on me fasse contribuer de tout ce qui reste en 
mon pouvoir I •• De fait, il ne s'est rien réservé de ses revenus considérables, et il 
serait mort de faim en exil, si des amis fidèles ne lui eussent fait passer quelques 
secours. Voir l'article nécrologique do Labrunie, numéro ii> du Journal de Lot-ct- 
Giironnc\ 

[4] C'est ainsi qu'on peut lire dans la DcsoLiticiin Je Mounbrjit, de l'abbé Champ- 
mas : 

Baqui la crambo qu'habitabo 

L'abbé Caoulet lou tout puissan 
Qu on abourdabo qu'on trcmbian. 
Caoulet que toujours bous çroundabol etc. 



lallbertê des élections '. Les êleciions elles-mêmes sont, pour 
ainsi dire, supprimées par les Papes d'Avignon qui ne tardent 
pas à réserver au Saiiu-Siége la provision des évèchés. La 
Pragmatique Sanction pense un instant faire revivre le droit 
des Chapitres: mais voici le Concordat de iu6 qui lui 
porte le dernier coup - . 



^i' Voir L*brunie. Catalogue raisonné des Evèques. art. RaxinonJ Bernard du 
Fossat. 

,i La dernière élection faite par le Chapitre Saint-Etienne est celle de Pierre 
Dubois en 14"". Le Pape nomma en même temps Galèas de Ruvère et le Roi, 
Jean de Moochenu. Cela donna lies à un lonï: procès dont voici les pièces telles 
qu'on les irvHive dans la * Table des Actes qui ont servi à M. Argenton », par La- 
bninic. 

Du 4 octobre 14". bulle du pape Sixte IV nommant Galèas de Ruvère ,son ne- 
reu à lEvèchè d'Agen. 

Du 4 des calendes de fanvier 147$, buUe du mèae pour confinoer la renonciation 
de Pierre Dubois au même è% èchè. 

Du % juillet t4-S. nouvelle bulle de Sixte IV posr mmumt Galèas i l'Erèchè 
d'Ajen. 

Du 90 septembre 14-$. lettre de Louis XI au Chapitre cathedra! à qn il aaaoace 
qu U a nommé Jean de Moochenu à lExièchè d'Ageo, 

Pierre Dubois, ayant appris ta aoaùutioo que Loots XI veaaît de Caire de Jean 
de MoQcheoa i TEvèché d'Agea. se dés:s:e de soa droit, aais MoacJMaw ayast 
p«ssé à TE^èché de Viviers, 

Le 14 novembre i4~S. Pierre Dubois rétracte S£ reaoacàtîoa ; Galéns iut paraî- 
tre alors «a Mêmoin: pcar établir som droit. 

Da « avril lc^ lettres de Loué XI poctaat évocatioa de FaCùte aa Grand 
Coosei. 

Da 2o «ai et da it îaîa i4C>> siçwficatioa des lettres d^êvocaiîoa aa Grand Coo- 
»dL 

Da 1; jaia I4£>. décret de prise de corps ooatre les sèditieax à Toccasioa des 
dbp«^es des denx coacendaacs. 

Da a Mars i4teL az^tri^ lettres de Loais XI sar PaCMe des deax ooateadaiiti i 
IXwcfcè dWgea. 

Da 14 «ml i^Skx ir^cx uv Pariemeat de Bordeanc ntaw o git TaCaîre des œ-v 
coacendants aa Graad CiMKseiL 

Da u iiàa 14S01. «asÙBanboa i POtaciafilê de Bordeaacx de la batte da pa{>e 
S<.\te IV cassaat râecùaa de Pierre Dafcoîs. 

Dtt o :ii'paf fcre 14^1. seconde reaoncîKàaa de Pi e ite Dalxiis à rErèckê d~.\^:er. 
— Arnk en OMEsiiiaence. 

N-B. — Oa anrait cna cette aÉbire itrminiiF. . nais efc dara eacore sept «as. 

' aors 14^, nècractaboa de 1» manair.iaària de Pierre Dateis 4 rÊ>«cà< 



— Ol — 



Un autre piiYilèL;c dont le Chapitre Saint-Etienne a joui 
Jes premiers et qu'il a aussi perJu, est celui de l'exemption. 
Pie II, dans une bulle, qu'il adressa en 14^6 au Chapitre 
Saint- André de Bordeaux, s'autorise, pour lui accorder le 
même piivilège de l'exemple de celui d'Agen ' . Pour ôtre 
exempt, le Chapitre caihédral n'en était pas moins le vassal 
de l'Evoque, Dans le cariulaire, fait par ordre de Pierre Bé- 
rard, dans la seconde moitié du xv'" siècle, le compilateur 
marque d'une manière très expresse, le vasselage de ce Cha- 
pitre qui promettait à l'Evoque fiJclilc manuelle. Les nouveaux 
chanoines recevaient du prélat l'investiture de leurs chanoi- 
nies par le surplis en lui prêtant ce serment. Tous les archi- 
diacres lui faisaient hommage en qualité de vasscaux et lui 
promettaient la même obéissance - . Nos deux Chapitres se 
prétendent encore exempts en i > > i, lors de la visite de Jean 
Valéri , sutîragant de Matteo Bandelli et ils ont soin de 
faire consigner leurs prétentions dans son procès-verbal ■ . 



Du I! janvier 1484, lettres patentes de Charles VIII qui cassent larrèl du Parle- 
ment de Bordeaux et renvoient de nouveau lalfaire au Grand Conseil. 

Du 20 avril 1484, arrêt du Parlement de Bordeaux qui défend ii Pierre Dubois et 
à Galéas de plaider au Grand Conseil. 

Du 9 septembre, du ; octobre 1484 et du 2t> avril 148;, nouvelles lettres de 
Charles VIII sur cette alFaire. 

Du 17 juin 14^^), nouvel arrêt du Parlement sur cet objet. 

Du 24 juillet 14!!;, commission donnée à Benoit, .^dam et autres pour juger celte 
a traire. 

Du 28 juillet 1485, lettres de Charles VIII à Louis Tnido pour présider au Parle- 
ment de Bordeaux et juger cette alTairc. 

Du i; décembre 1485. arrêt du Grand Conseil qui élargit Pierre Dubois sous 
certaines conditions, et le condamne à >oo marcs d'argent s il ne les remplit. 

Du ;c> février 1480 ,1487 N. S. , dernière renonciation de Pierre Dubois à lEvêché 
d'Agen, moyennant une pension de 400 livres que Galéas, son compétiteur, s'oblige 
à lui payer annuellement 

Arrêt du Parlement de Bordeaux rendu en conséquence de cette renonciation. 

(1) Labénazie, Hht. d'A^cn, liv. v., ms. 

(ï) Voir le Mémoire d'.\rgenton sur la juridiction temporelle, etc. 

'} Matteo Bandelli, ayant reçu ordre d'Henri II de faire la visite de son diocèse, 
s'en déchargea sous le prétexte avoué de son grand âge et de ses infirmités, sur 
Jean Valéri, évêque de Caries, puis de Grasse, son sutfragant et vicaire-général. Les 



— go — 



la liberté des élections '. Les élections elles-mêmes sont, pour 
ainsi dire, supprimées par les Papes d'Avignon qui ne tardent 
pas à réserver au Saint-Siège la provision des évechés. La 
Pragmatique Sanction pense un instant faire revivre le droit 
des Chapitres; mais voici le Concordat de 1516 qui lui 
porte le dernier coup ï-). 



(l'i Voir Labrunie, Catalogue raisonné des Evêques, art. Raymond Bernard du 
Fossat. 

(2^ La dernière élection faite par le Chapitre Saint-Etienne est celle de Pierre 
Dubois en 1477. Le Pape nomma en même temps Galéas de Ruvère et le Roi, 
Jean de Monchenu. Cela donna lieu à un long procès dont voici les pièces telles 
qu'on les trouve dans la » Table des Actes qui ont servi à M. Argenton », par La- 
brunie. 

Du 4 octobre 1477, bulle du pape Sixte IV nommant Galcas de Ruvère (son ne- 
veu) à iEvcché d'Agen. 

Du 4 des calendes de janvier 1478, bulle du même pour confirmer la renonciation 
de Pierre Dubois au même évêché. 

Du 5 juillet 1478, nouvelle bulle de Sixte IV pour nommer Galéas à l'Evêché 
d'Agen. 

Du 29 septembre 1478, lettre de Louis XI au Chapitre cathédral à qui il annonce 
qu'il a nommé Jean de Monchenu à TEvêché d'Agen. 

Pierre Dubois, ayant appris la nomination que Louis XI venait de faire de Jean 
de Monchenu à TEvèché d'Agen, se désiste de son droit, mais Monchenu ayant 
passé à lEvèché de Viviers, 

Le 14 novembre 1478. Pierre Dubois rétracte sa renonciation ; Galéas fait paraî- 
tre alors un Mémoire pour établir son droit. 

Du 9 avril 1479, lettres de Louis XI portant évocation de TalTaire au Grand 
Conseil. 

Du 29 mai et du 18 juin 1479, signification des lettres d'évocation au Grand Con- 
seil. 

Du 15 juin 1479, décret de prise de corps contre les séditieux à l'occasion des 
disputes des deux contendants. 

Du 2 mars 1480, autres lettres de Louis XI sur l'alfairc des deux contendants à 
lEvêché d'Agen. 

Du 14 avril 1480, arrêt du Parlement de Bordeaux renvoyant l'atîaire des deux 
contendants au Grand Conseil. 

Du 22 juin 1480, insinuation à l'Officialité de Bordeaux de la bulle du pape 
Sixte IV cassant l'élection de Pierre Dubois. 

Du 9 septembre 1480, seconde renonciation de Pierre Dubois à lEvêché d'Agen. 
— Arrêt en conséquence. 

N.-B. — On aurait cru cette affaire terminée, mais elle dura encore sept ans. 

Du 17 mars 1485, rétractation de U renonciation de Picire Dubois à l'Evêché 
d'Agen. 



Un autre privilège dont le Cliapitre Saint-Etienne a joui 
des premiers et qu'il a aussi perdu, est celui de l'exemption. 
Pie 11, dans une bulle, qu'il adressa en 14^6 au Chapitre 
Saint- André de Bordeaux, s'autorise, pour lui accorder le 
même piivilège de l'exemple de celui d'Agen ' . Pour être 
exempt, le Chapitre caihédral n'en était pas moins le vassal 
de l'Evéque, Dans le cartulaire, fait par ordre de Pierre Bé- 
rard, dans la seconde moitié du xv* siècle, le compilateur 
marque d'une manière très expresse, le vasselage de ce Cha- 
pitre qui promettait à ïEvàque Jii.MilJ manuelle. Les nouveaux 
chanoines recevaient du prélat l'investiture de leurs chanoi- 
nies par le surplis en lui prêtant ce serment. Tous les archi- 
diacres lui faisaient hommage en qualité de vasseaux et lui 
promettaient la même obéissance - . Nos deux Chapitres se 
prétendent encore exempts en i )> i, lors de la visite de Jean 
Valéri , suffragant de Maiteo Bandelli et ils ont soin de 
faire consigner leurs prétentions dans son procès-verbal ' . 



Du i; janvier 1484, lettres patentes de Charles VIII qui cassent l'arrêt du Parle- 
ment de Bordeaux et renvoient de nouveau ialTaire au Grand Conseil. 

Du 20 avril 14^4, arrêt du Parlement de Bordeaux qui défend à Pierre Dubois et 
à Galéas de plaider au Grand Conseil. 

Du 9 septembre, du 5 octobre 14B4 et du 28 avril 1485, nouvelles lettres de 
Charles VIII sur cette affaire. 

Du 17 juin 1485, nouvel arrêt du Parlement sur cet objet. 

Du 24 juillet 148), commission donnée à Benoît, Adam et autres pour juger celte 
atraire. 

Du 28 juillet 148), lettres de Charles VIII à Louis Tindo pour présider au Parle- 
ment de Bordeaux et juger cette alTaire. 

Du 15 décembre 148c, arrêt du Grand Conseil qui élargit Pierre Dubois sous 
certaines conditions, et le condamne à 500 marcs d'argent s il ne les remplit. 

Du 26 février 1480 ; 1487 N. S. , dernière renonciation de Pierre Dubois à l'Evêché 
d'Agen, moyennant une pension de 400 livres que Galéas, son compétiteur, s'oblige 
à lui payer annuellement 

Arrêt du Parlement de Bordeaux rendu en conséquence de cette renonciation. 

^i) Labénazie. Hist. d'Agen, liv. v., ms. 

(2) Voir le Mémoire d'Argenton sur la juridiction temporelle, etc. 

()) Matteo Bandelli, ayant reçu ordre d'Henri II de faire la visite de son diocèse, 
s'en déchargea sous le prétexte avoué de son grand âge et de ses infirmités, sur 
Jean Valéri, évêque de Caries, puis de Grasse, son suffragant et vicaire-général. Les 



— ()2 — 



Mais en 1 597, ils déclarent à Nicolas de Villars qu'ils accep- 
tent sa visite ■' . Depuis ils n'ont plus cessé d'être soumis à 
la juridiction de l'Ordinaire. 

Dés lors, le Chapitre Saint-Etienne n'a qu'un rôle de plus 
en plus effacé. Toute son activité se dépense en une suite de 
misérables querelles avec l'Evêque, son maître, avec le Cha- 
pitre Saint-Caprais, son rival, avec ses propres dignitaires et 
ses subordonnés. Cantonné dans une sorte d'opposition 
boudeuse au pouvoir épiscopal toujours grandissant, il lui 
fait sans trêve une vraie petite guerre aussi acharnée que peu 
dangereuse, il le couvre de ses traits, très inoffensifs d'ail- 
leurs « iela sine iciu », sous forme de papiers timbrés, actes 
d'opposition, appels au Parlement, etc., nul ne connaissant 
mieux l'art de fronder et le bysantinisme des procédures 
canoniques. C'est bien souvent pour les motifs les plus futiles 
qu'il engage les hostilités. Qu'on en juge par cet exemple 
pris entre mille : « Cejourd'huy 25° mars 1667 (^). Nous 
» Martial de Bordes conseiller du Roi et Lieutenant particu- 
)) lier au Siège présidial d'Agen estant allé sur les 10 heures 
» du matin ou environ dans Téorlise Saint-Etienne de cette 
» ville pour assistera la grande messe et au sermon nous au- 
)) rions trouvé que la procession qui se fait avant la grande 
» messe estoit commencée et étant entré dans le chœur de 
n l'église pour prendre notre place dans le banc destiné pour 
» MM. les Officiers de notre compagnie nous aurions ren- 
n contré le seigneur évesque d'Agen avec les sieurs chanoi- 



archives de l'Evèché possèdent encore les procès-verbaux de cette visite sous la 
cote C, I. Ce sont les premiers documents de ce genre qui s'y trouvent, malheu- 
reusement l'écriture en est presque indéchiffrable aux profanes. 11 y a en tête le 
mandement de Bandelli. qui est d'un style très fleuri, dit Labrunie. 

(i Voir aux archives de l'Evêche, sous la cote C, 2 et avec ce titre : « Mémoires 
de Nicolas de Villars ' \^o2-\()Oj), les procès-verbaux de visite de ce grand prélat. » 
Ce sont moins des procès-verbaux que des notes personnelles, écrites au jour le 
jour de la propre main de I evêque, qui donnent un çtat très exact du diocèse au 
moment de la promul^'atioii de l'Edit de Nantes. 

(2) Fête de l'Annonciation. 



^ •) 



)) nés et le sieur de Cerisolles officiant, qui étaient auprès du 
» balustre qui est au pied de l'autel, lesquels ayant salué 
» ledit Seigneur Evoque nous auraient prié d'avancer et 
» MM. de Barrauscl, conseiller aud. siège et de Foust 

> avocat du Roy et MM. du Gros, Genevois et de Lages 
» consuls qui avaient assisté à la procession ce que nous au- 
» rions fait et Icd. seigneur Evoque s'estant tourné vers nous 
» nous aurait prié d'être témoins de ce qui se passerait et 
)' ensuite s'étant adressé aud. sieur de Gerisolles officiant lui 
H aurait dit qu'il avait élé averti par trois des sieurs chanoi- 
» nés qu'ils avaient hier pris délibération entr'eux de ne souf- 
» frir plus que le sieur chanoine officiant restât au pied de 
» l'autel jusqu'à ce que led. seigneur Evoque eut mis l'encens 
» dans l'encensoir avant de partir du pied de l'autel parce 
') que c'était contre le cérémonial bien que ce soit l'usage de 
» lad. Eglise et que led. seigneur Evoque fut dans cette pos- 
» session aussi bien que les seigneurs Evéques ses devan- 
» ciers dans laquelle led. seigneur Evoque dit qu il se voulait 
n maintenir, qu'il offrait neantmoins qu'après qu'on lui aurait 

> fait connaître qu'il y avait quelque chose contre l'ordre de 
" l'Eglise de le retrancher et de leur faire justice et que ce- 
9 pendant il lui faisait défense de contrevenir à l'usage et 
» de le troubler en sa possession sons peine d'être suspendu 
» pour un mois a divinis, ipso fiicfo, ce que led. seigneur 
» Evêque aurait répété par trois diverses monitions aud. 
» s'" de Gerisolles et ensuite led. seigneur Evoque s'estant 
n tourné vers l'autel le s"" de Sérignac chantre et chanoine 
» avant voulu parler led. seigneur Evêque aurait commencé 
t VlntrSît de la messe, pendant lequel nous aurions dit au 

> s"" de Sérignac chantre que de la manière dont ledit seigneur 
" Evêque lui avait parlé, ils devaient déférer à ses ordres et 
" que cela ne nuirait pas à leurs prétentions et \' Inlro'it éianl 
» fini led. s'' de Gerisolles serait monté a l'autel avant qu'on 
» eut présenté la navette de l'encens aud. seigneur Evêque 



» et à 1 "instant led. seigneur Evoque auroit dît aud. s'" de 
» Cérisolle? qu'il le déclarait suspendu par sa désobéissance 
» pour un mois j dirinis, ipso Jiic.'o et pour lors le s'' de Gri- 
» mard chanoine aurait dit à haute voix aud. seigneur Evêque 
» qu'il protestait contre lui du scandale de la cessation 
i> du service divin et de tous despens, dommages et intérêts 
» et led. seigneur Evêque et s"" de Cérisolles officiant et 
» autres s'"" chanoines se seraient retirés de l'autel sans 
» autres paroles. De quoy, etc.. - ». 

On recommença le surlendemain 27, dimanche de la Pas- 
sion. Claude Joly dut suspendre a divinis pour le même motif 
le chanoine d'Espalais devant une foule immense, tout le 
présidial et les consuls. Ce jour-là non plus il ny eut pas de 
grand'messe à la Cathédrale... le bas choeur avait déjà com- 
mencé ïliitro'i'f... 

De pareilles scènes n'étaient pas rares. En voici une qu'on 
dirait empruntée auL///r//? de Boileau : «Untémoin dépose que 
» le jour de dimanche dernier 14" du présent dans le chœur 
» de l'Eglise Saint-Etienne et faisant la chappe en qualité de 
» hebdomadier aux vêpres solennelles qui se disent à l'hon- 
» neur de Notre-Dame de l'Assomption qui était le lendemain 
» où était aussi MM. de Soldadié, grand archidiacre; de Bars- 
» sonnade, chantre, de Buisson, Borie, Pélissier, Roussel. Gé- 
> raudin, de Boissonnade, Daurée, Saint-Amans et Feydic, 
» chanoines de ladite église, il vit et entendit que le dit s'" grand 
» archidiacre étant du côté gauche première dignité et led. 
» s*" Géraudin du côté droit en son ran<ï tous deux en même 
» temps et sur même ton commencèrent les vêpres et chan- 
r> tèrent deux in adjutorium et lorsqu'on fut à dire le capitule 
» au pupitre au milieu du chœur il vit comme led. s"" archi- 
» diacre s'y rendit et monta sur le marchepied et à même 
» temps le s*" Géraudin s'y étant aussi rendu et au côté du dit 

(1) Archives de l'Evcclié, série E, liasse 29, 



•^> 



» sieur archidiacre un peu au-dessous ils lurent tous, deux le 
» capitule tout à même temps et pour lors l'office ayant été 
» interrompu ledit s' Géraudin s'en alla à la sacristie par la 
» porte qui est proche l'autel du côté gauche et tous les 
» autres chanoines sortirent aussi par la porte du bas et ne 
» resta dans le chœur que le dit s"" archidiacre et le sieur 
» chantre qui était à son siège cantoral lequel sieur archi- 
» diacre s'adressa à MM. les magistrats présidiaux et un gros 
» quart d'heure après tous les dits s''' chanoines étant rentrés 
» dans le chœur roflice lut continué qui avait été interrompu 
» et cessé pendant le dit quart d'heure et le dit sieur Gérau- 
» din continua d'oflicicr, le dit sr grand archidiacre s'étant 
» retiré et sorti du chœur. Vespres étant finies comme on 
» voulut commencer à chanter le Te* Dcuin le dit sieur grand 
» archidiacre étant rentré dans le chœur à son siège et 
» MM. du Chapitre Saint-Caprasy y estant arrivés en pro- 
» cession tant le dit s*" grand archidiacre que le sr Géraudin, 
» chanoine tous deux en même temps et d'un même ton com- 
» mencèrent de préentonner le Te Dcuni par deux diverses 
» fois. De plus est mémoratif qu'un jour de fête de l'Assomp- 
» tion de Notre Dame, il (le témoin) fit le sous-diacre lors- 
I) que ledit sieur archidiacre officiait et avait encore souvent 
» vu qu'il a officié et entonné à divers Te Dcuni dans la dite 
» église ainsi que son devancier archidiacre, etc.. ■' ». 

Le 18 novembre 1674, Claude Joly ayant voulu faire la 
cérémonie « qui selon l'usage de celte église (Saint-Etienne) 
s'y fait tous les troisièmes dimanches du mois par l'exposition 
du Saint-Sacrement que l'on porte en procession dans la nef 
pour en donner la bénédiction après le salut », les deux plus 
anciens chanoines refusèrent « de l'aider à se vêtir comme 
c'est l'usage, » ainsi que de l'accompagner pendant toute la 
cérémonie, tous les autres chanoines refusèrent épalement. 

(I Voir l'cnqiièitt. Archives de l'Evéclié, série E, liasse 19. 



^ c)6 ^ 

L'Evoque fit donc la procession sans être accompagné de dia- 
cres d'honneur. Après quoi personne n'ayant présenté l'en- 
cens il ne put y avoir ni encensement ni bénédiction. Le peu- 
ple, fort scandalisé, a manifesté par ses murmures qu'il blâ- 
mait la conduite des chanoines qui par deux fois ont refusé 
les chapes que le sacristain leur olTrait ('). 

Les hostilités, un moment apaisées sous Jules de Masca- 
ron -', l'idole du diocèse, se réveillèrent sous François Hé- 
bert son successeur. Le 18 janvier 1707, ce prélat, s'étant 
présenté cà la cathédrale pour y taire la visite canonique, il n'y 
eut point de sonnerie de cloches, point de cierges à l'autel, 
la croix processionnelle, les ornements, etc., restèrent sous 
clef^'î. Le môme évêque ayant voulu donner la préséance au 



(i) Arch. Ev. E, 41. — On aimerait peut-être à connaître l'opinion de nos pères 
sur cette partie de la liturgie : « L'exposition du Saint-Sacrement, processions et 
saluts ne sont pas de l'essence du culte, écrit un curé quelques années avant la 
Révolution. Thiers est opposé à la fréquence de ces expositions qui compromettent 
le respect dû aux Saints Mystères ; il les permet pour les fêtes du Saint-Sacrement 
où toute l'Eglise est appliquée à l'honorer ou pour les calamités publiques. M. de 
Joly, dans ses Statuts synodaux, publiés en 1666 et en 1675, s'exprime ainsi : << Pour 
éviter les fréquentes irrévérences et les profanations qui se commettent en présence 
du Saint-Sacrement, il sera exposé rarement pour des raisons publiques et impor- 
tantes seulement ; nous faisons défense à tous prêtres séculiers et réguliers de l'ex- 
poser ou porter en procession et de donner la bénédiction au peuple avec le soleil 
et le ciboire sinon pendant l'octave de la Fête-Dieu et le Jcudy-Saint scion l'usage 
de l'église, sans notre permission par écrit. (Traité de l'exposition du Saint-Sacre- 
ment, liv. II, ch. 27.) — Les processions du Saint-Sacrement, plus récentes, doi- 
vent être pour les mêmes raisons beaucoup moins facilement autorisées. Quant aux 
saluts c'est le changement apporté dans les heures des offices qui les a introduits 
ainsi que la défense faite aux moines de recevoir le peuple dans les églises pour la 
célébration solennelle de l'office divin. Depuis que les vêpres et compiies peuvent 
se réciter à une heure si peu retardée, on a inventé des prières de dévotion pour le 
soir, saluts, picces serotinœ. Les moines ont favorisé cet établissement. Ces prières, 
auxquelles on pouvait assister en dehors de la paroisse, leur permettaient d'attirer 
beaucoup de monde dans leurs églises ». (Mémoire de M. Etienne Canuet, curé de 
Clermont-Dessus. Arch, de l'Ev. H, liasse Clermont- Dessus). 

(2) M. de Mascaron, dit Labrunie après Labénazie, réussit dans tout ce qu'il 
entreprit. Les chanoines de Saint-Etienne s'étaient toujours défendu de prendre le 
Domino; ils le prirent à la première exhortation que leur en fit en 1683 M, l'Evêque, 
(Catal. rais, des Evoques, art. Mascaron). 
(J) Archives de l'Eêvché, E, 47, 



synode à son frère, M. Hébert, vicaire général et abbé de 
Saint-Mnurin, le Clinpitrc lui intenta un procès. Les parties 
s'en remirent d'un commun accord à l'arbitrage de l' Evoque 
de Condom. Celui-ci rendit le i 5 niai 1709 sa sentence par 
laquelle « le grand archidiacre et le Chapitre étaient main- 
tenus dans la possession du droit de préséance et d'opiner 
les premiers dans les assemblées synodales du diocèse d'Agen 
sans préjudice au sieur abbé Hébert du droit d'assister, 
si bon lui semble, aux assemblées synodales en sa qualité 
de vicaire général à côté ou auprès de Monseigneur l'Evê- 
quc, toutefois hors de rang ' », 

On connaît la fameuse querelle du grand archidiacre et du 
Prieur de Saint-Caprais. Souvent les deux Chapitres eux- 
mêmes descendaient dans l'arène. Pour rester dans les temps 
modernes, « M. Labénazie cite avec complaisance une ordon- 
nance que fit M. Delbène à l'occasion des difficultés que 
faisait le Chapitre de Saint-Etienne d'assister à la procession 
du Saint-Sacrement, parce que le Chapitre de la Collégiale 
prétendait faire dans son église les offices de diacre, de sous- 
diacre et de prêtre assistant : Il est enjoint à Messieurs de 
Saint-Etienne, sous peine de suspense de se rendre tout pré- 
sentement ce jourd'hui, 27 mai 1660, dans l'église Collégiale 
sans prétendre pourtant nuire au droit des parties. Les cha- 
noines de Saint-Etienne, ajoute M. Labénazie, obéirent et les 
chanoines de la Collégiale firent tous les offices d'honneur -'». 
Du temps de Mascaron , la vieille querelle du Chapitre 
de la Cathédrale avec celui de la Collégiale pour le droit de 
le servir se réveilla, mais elle fut également, dit Labénazie, 
terminée par une sentence arbitrale comme sous M. Delbène, 
en faveur du Chapitre Collégial '•. Au commencement de 
l'année 1734, il y avait encore une instance pendante au Par- 

(r Ibidem, E, 40. 

(3; Labrunie, Catal. rais, des Ev, d.Agen, art. Delbène. 

(?) Id. ibid., art. Mascaron, 



- oB - 

iement de Bordeaux « pour régler le différend qui ex'Ste entre 
le Chapitre de Saint-Etienne et M. le Prieur de Saint-Caprais 
concernant la place que ledit sieur Prieur prétend occuper 
au jubé le premier jeudi de Carême et qui a amené plusieurs 
fois des altercations dans l'église dont le public a été très 
mal édifié''- ». Dans un esprit de conciliation, le Prieur s'é- 
tait abstenu depuis longtemps de paraître ce jour-là. En 1734, 
le Prieur signifia qu'il entendait user de son droit. M. Con- 
dorcet, vicaire général, dut pour éviter le scandale, mais non 
sans exciter de vives protestations de la part du Chapitre Saint- 
Caprais, rendre une ordonnance qui renvoyait au samedi sui- 
vant et dans Téglise Sainte-Foi la procession et le sermon (2). 
If n'était pas rare que le Chapitre eût des démêlés avec 
les prêtres du bas choeur ou prébendes. Quand il ne s'agis- 
sait que de manquements légers et de petites irrégularités, le 
Chapitre députait un de ses membres pour réunir les délin- 
quants dans une chapelle et leur adresser des remontrances. 
Pour réprimer les fautes graves suivies de scandales, il devait 
avoir recours à l'officialité. C'est ainsi que le 16 février 1635, 
« le Chapitre députa par délibération MM, Burson et Borie, 
chanoines, pour poursuivre le sieur Ducasse (prébende) à 
l'officialité H. Le i""' août 1636, « le Chapitre ordonna que les 
prébendes seraient sommés de faire leur devoir et que par 
l'Escandale (sic) par eux commis pour avoir refusé de psalmo- 
dier le Chapitre se pourvoirait ainsi qu'il appartiendra ». Le 
14 novembre suivant les prébendes commirent des insolences 
dans le chœur, le Chapitre députa par délibération de ce 
jour M. Soldadié pour en informer et le 6 décembre il or- 



{tj Par un usage de tout temps observé, comme il a été dit plus haut, page 28, 
note 4, le premier jeudi de carême et le jour de Pâques, le Chapitre Saint-Etienne 
»e rendait en procession à la Collégiale en compagnie des communautés et du Corps 
de Ville; il assistait à la messe célébrée par les chanoines de Saint-Caprais et à un 
sermon prêché par le prédicateur de la cathédrale. Cet usage avait été confirmé par 
lin arrêt rendu en la Chambre des Grands Jours, le 5 novembre 1546, 

'^2^ Archives de l'Evcché, E, J} et J4, 



— 9'> — 

donna par une nouvelle délibération à M. Giraudin « de dé- 
noncer à M, le Promoteur ceux qui font insolence dans le 
cluuur et faire informer devant M. l'official et les poursuivre 
à faire leur devoir ». En i()()\ le chanoine Giraudin refusa la 
paix au sieur Olive, prébende, faisant à l'autel les fonctions de 
diacre et le Chapitre, par acte capitulaire, fulmina contre lui 
l'interdit. L'évéque, il est vrai, déclara qu'il y avait abus, 
cassa la sentence du Chapitre et appela la cause par devers 
lui. En 1^)97, les prébendes ayant abandonné le service du 
chœur, faute de distributions, le Chapitre députa son syndic 
pour en porter plainte et en informer l'Eveque, juge d'église. 
Celui-ci, par son ordonnance du 14 novembre joignit aux pré- 
bendes de faire le service de leurs bénéfices sous les peines 
de droit et renvoya les parties par devant l'official ' 

Heureux, a-t-on dit, les peuples qui n'ont pas d histoire. 
Heureuses aussi les institutions dont les annales sont en- 
nuyeuses. « il a été écrit : Le silence est divin, chose du 
ciel. Pensez-y bien, l'événement, la chose dont on peut parler 
et faire un récit, n'est-ce pas dans tous les cas quelque déchi- 
rure, quelque solution de continuité. Quand ce serait même 
un évèricment heureux, cela implique un changement, une 
perte (de forces actives) et de cetfe manière, soit dans le 
passé, soit dans le présent, c'est une irrégularité, une maladie. 
La persévérance dans le calme est une bénédiction '^^ », Le 
Chapitre Saint-Etienne semble béni entre tous les Chapitres, 
car les fréquents orages qui l'agitèrent ne dépassèrent jamais 
les proportions d'une tempête dans un verre d'eau. 

Uùi homincs niodi sunf. Le Chapitre Saint-Etienne est régi 
par des statuts qui ont été approuvés par Nicolas de Villars 
le 3 octobre 1607 et par le Souverain Pontife v'\ C'est le 
Chapitre lui-même qui en assure l'observation sous le contrôle 

(1^ Archives de lEvèché, E. 19. 

(3] Cari) le. Histoire de la Rcvolution Française, tome i, liv. II, chap. I. 

(?) Les staïuis plus anciens furent par le fait abroi;és. 




— 100 —- 



de l'Evêque. Car bien qu'il ait depuis longtemps perdu toute 
exemption particulière, qu'il n'ait en propre ni promoteur, ni 
officiai, il exerce cependant une juridiction correctionnelle sur 
ses membres, sur les prébendes, chapelains et prêtres habi- 
tués. Dans le cas d'infraction grave, avons-nous dit, c'est 
Tofficialité diocésaine qui est saisie. Le chantre est spéciale- 
ment chargé de la police du chœur. 

L'office divin se célèbre à Saint-Etienne à peu près aux 
mêmes heures qu'à Saint-Caprais : matines à 5 heures en été, 
à 6 heures en hiver; prime et les autres petites heures à 8 ou 
à 9 heures selon la saison. Vient ensuite la messe capitulaire. 
Cette messe est chantée les dimanches et les fêtes au maître- 
autel par un chanoine avec diacre et sous-diacre et accompa- 
gnement de musique. Les jours ouvriers elle est dite simple- 
ment par un des prébendes à l'autel de Prime. Même ces 
jours-là elle devrait être chantée, mais voilà un siècle et demi 
que la coutume s'en est perdue. Les vêpres sont à trois heu- 
res et tous les troisièmes dimanches du mois il y a salut et 
bénédiction du Saint-Sacrement. 

Le costume des chanoines est le plus simple du monde, il 
est aujourd'hui réduit au surplis et à l'aumusse. Il y a des 
siècles que la chape canoîiiale est proscrite, ainsi que nous 
l'apprend la supplique suivante qui date de 1630 ou environ : 

« A Monseigneur l'Evesque et comte d'Agen conseiller 
» du Roy en ces coi\seils d'estat et privé. 

« Supplient humblement les grand archidiacre, chanoynes 
» et Chapitre de l'église cathédrale Saint-Estienne d'Agen 
» disans que despuis un temps presque immémorial ils sont en 
» possession et coustume de célébrer le divin service dans le 
» cœur de la dicte église avec leurs surpelis et aumusses 
» sans porter les chapes canoniales desquelles despuis un 
» fort long temps leurs prédécesseurs furent dispensés par 
1» nostre Sainct Père le Pape acause des grands inconve- 
n nientz qui arrivoyent à la santé des sieurs chanoynes qui 



— ICI — 



» estoycnl pour lors servents en la dicte église et aultres 
B bonnes et justes considérations contenues en la bulle de la 
» dicte dispence. Ce neantmoins au préiudice d'icelle, le 
» s*" Sauveur un des ditz chanoynes les poursuit en la Cour 
» du Parlement de Bourdeaulx pour leur faire porter les dic- 
» tes chappes lors de la célébration du divin service depuis 
» la leste de Toutsainctz jusques à Pasques exclusivement 
» ce qui causera encore beaucoup d'incommodités à la santé 
» desdicis suppliantz. Ce considéré qu'il plaise de vos Grâces 
» bénignes vouloir maintenir les dictz suppliantz en leur lon- 
» gue possession et liberté de célébrer le service divin avec 
» leurs surpelis et aumusse seulement, les dictz suppliantz 
» prieront Dieu pour vostre grandeur, prospérité et santé.. . » 
(suivent les signatures) ■'. Plus tard on voulut leur faire pren- 
dre le domino - . Ils s'en défendirent longtemps, dit Labé- 
nazie ('), quelque arrêt qu'il y eût contre eux, mais ils cédèrent 
à la première exhortation de Mascarcn. Ils le prirent donc le 
30 novembre 1681 et ne l'ont abandonné que sous M. de 
Chabannes. 

La sacristie elle-même est loin d'être luxueuse. Pillée par 
les protestants, elle n'a rien gardé de ses anciennes richesses; 
ses ornements sont modernes, et les quelques objets précieux 
qu'elle possède lui viennent de la piété et de la munificence 
des évêques •♦ . On y admire surtout deux belles châsses ren- 

(1) Archives de l'Evôché, E, 02. 

(2) Le domino était un capuciion de drap noir que les ecclésiastiques metiaicnl 
pendant les offices en hiver. Ducange le définit; Sacerdotale capiiis et humcrorum 
per hycmem tegumenlum. G. Fallières). 

(?) Histoire manuscrite. 

'4' Par arrêt du Parlement de Bordeaux, du jo août lOîo, chaque évèqu* d'Agen 
était tenu de donner les ornements dune chapelle. La valeur de cette chapelle était 
fixée à 1.000 livres, chilTre inscrit au testament de M. Delbène. Ce chilfre fut sou- 
vent dépassé comme on peut le voir dans ce passage du testament de Mascaron. 
« Je donne et lègue à la sacristie de Saint-Etienne d'Agen, mon église cathédrale, 
pour tout droit prétendu de chapelle, tous mes ornements en broderie d'or et 
d'argent, de quelque couleur quils puissent être : chasubles, chapes et toutes mes 
aubes, mon second calice dargent qui est dune très agréable figure, avec sa pa- 



— 102 — 



fermant des reliques de saint Etienne et de saint Dulcide. 
Moins heureux que le Chapitre Saint-Caprais, le Chapitre 
Saint-Etienne n'avait sauvé de la fureur des hérétiques aucune 
de ses précieuses reliques. On lit dans le procés-verbal de la 
visite î' que Nicolas de Villars fit à son église cathédrale en 
1592 : « Il y a dans la sacristie, dans un méchant coffre, plu- 
sieurs ossements parmi lesquels le recteur de Saint-Etienne 
prétend reconnaître une relique de saint Martial vénérée 
comme telle avant les troubles des hérétiques ». M, de Vil- 
lars défend de les exposer à la vénération des fidèles jus- 
qu'à ce qu'on ait trouvé des preuves sérieuses de leur 
authenticité. Et plus loin : « Entre la chapelle de sainte Mar- 
guerite et la porte de la sacristie, il y a un vieux tombeau en 
la muraille de lad. sacristie, dit (?) de saint Grégoire, sans en 
avoir découvert d'autre particularité, sinon qu'autrefois on y 
tenait toujours une lampe ardente et on encensait au-devant 
de ce tombeau toujours, ce qui a discontinué depuis les trou- 
bles que les hérétiques ouvrirent led. sépulcre et dispersèrent 
les os )>. C'est sous le successeur de M. de Villars que 
l'église Cathédrale reçut les précieuses reliques qu'on y vé- 
nère de nos jours, comme le constatent les deux procès-ver- 
baux suivants : 

« Le vendredy second jour d'aougst mil six cent vingt- 
» quatre avant midi dans le lieu capitulaire de l'église cathé- 



tène, les deux burettes et la cuvette d'argent de même ouvrage, ma sonnette d'argent, 
mes vases d'argent à tenir les saintes huiles, ma crosse d'argent à condition qu'elle 
sera employée au plus tôt à faire une belle croix d'argent pour les processions, le 
bâton pourra servir, et le haut de la crosse qui est d'un bel ouvrage, après en avoir 
tiré mes armes, pourra être vendu pour en faire la croix, et pour la rendre plus 
belle et plus digne d'une cathédrale, je donne aussi mon grand calice ciselé, avec la 
patène, les deux burettes et le bassin, le tout pour la croix. Je donne aussi mon 
grand tapis de Perse.... et le tapis de Turquie. » 

Chaque chanoine voulant être admis à la seconde résidence devait payer 50 livres 
pour être employées en ameublement de la.sacristie. (Verbal de la visite de M. Del- 
bène, 1659. Arch. Ev. H, liasse Saint-Etienne). 

(i) Mémoires de M. de Villars, Arch. Ev. C, 2. 



» drale Saint-Esticnnc^dc la présente ville d'Agen y estant 
» capitulairement assemblés au son de la cloche vénérables 
» messieurs messire Balthazar Gelas grand archidiacre, Marc- 
)) Antoine Gavasse, Antoine Degascq, Simon Vernioles, Jean 
» Buysson, Michel de Guniolio, Geofroy Cocher, Pierre de 
» Remond, Adrien Martinet et Pierre Ledouble chanoines 
)) en la dite église faisans et tenans chapitre tant pour eulx 
» que pour les autres sieurs chanoines d'icelle absans. Le 
» dit sieur Gelas grand archidiacre comme grandement zélé 
» à l'augmentation de la picte et dévotion en la présente 
» écrlise, et alTectionné au bien et à l'honneur d'icelle de la- 
» quelle Mons"" sainct Estienne est le patron, ayant obtenu 
» de Rome de précieuses reliques du dict sainct Estienne 
» protomartyr, sçavoir une belle et grande pièce de son chef 
» et icelle ayant faict richement enchâsser dans une belle 
» teste d'argent avec la poitrine dorée, en a maintenant faict 
» presant au Chapitre qui les a avec tout contentement 
» acceptées, et du dict présent les sieurs chanoines en ont 
» grandement remercié le dict sieur grand archidiacre, et a 
» esté par le dict Chapitre arresté que demain jour et feste 
» de sainct Estienne protomartyr et patron de la dicte 
» église'') on ira après les petites heures dictes avec toute 
» décence et célébrité quérir les dictes précieuses reliques 
» dans la maison episcopale ou elles sont a présent pour 
» estre portées par le Portier ou Secrétaire de la dicte église 
ï sur le grand autel d'icelle et après à la procession solemne 
» et générale qui sera faicte à Ihonneur du dict sainct et 
» patron susdict. De quoy du mandement des dicts sieurs a 
» esté retenu acte par moy secrétaire du dict Chapitre soub- 
» signé les jour et an susdits ». 

« Le vendredi quatriesme jour d'aougsl mil six cent vingt 
» huict avant midy dans le lieu capitulaire de l'église calhé- 



(i) C'est sous l'épiscopat de Mgr Fontencau qu'on a rompu avec la tradition cons- 
tante de notre Eglise et que la fêle de la cathédrale a été transférée au 26 décembre. 



— 104 — 

» drale Sainct-Eslienne de la présente ville d'Agen y estant 
» capiiulairement assembles au son de la cloche vénérables 
D messieurs messire Balthazar Gelas grand archidiacre, 
» M arc- Antoine Gavasse, Antoine Degascq, Simon Vernio- 
» les, Jean Buysson, Michel de Guniolio, Antoine Lescazes, 
1) Pierre Ledouble, Gharles de Fommartin et Imbert Roc- 
» quis chanoines de la dicte église faisans et tenans chapitre 
» tant pour eulx que pour les autres sieurs chanoines d'icelle 
» absans. Soit mémoire que Révérend Père en Dieu messire 
» Glaude Gelas evesque et comte d'Agen estant a Paris d'où 
» il est de retour depuis quelques jours, poussé de son zèle 
» accoustumé et dévotion particulière envers Dieu et les 
» saincts tutelaires et patrons de la présente ville et alTec- 
» tioné à la pieté et dévotion dans son église cathédrale 
» Sainct-Estienne, ayant heu le soing de recouvrer à Cham- 
» baret en Limousin une bonne pièce des sainctes reliques 
» sçavoir un os d'un bras du glorieux sainct Dulcide evesque 
)) d'Agen successeur immédiat du glorieux sainct Fiary, 
)) aurait faict faire dans la dicte ville de Paris une belle chasse 
D de la scincture en hault ayant la mitre sur la teste, d'un 
» costé en petit volume l'histoire de sainct Caprasy, de l'au- 
)) tre costé l'histoire de saincte Foy, et derrière le dos limage 
» et figure du dict sainct Fiary, le tout d'argent bien ouvragé 
» et artistement buriné et élaboré, du prix de trente marcs 
» ou environ, aurait enchâssé dans la poitrine de la dicte 
)> chasse les dictes reliques avec un beau cristal au-dessus, 
» laquelle chasse et reliques avec celles du glorieux sainct 
» Estienne protomartyr furent portées solennellement en 
» procession hyer jour et feste du dict sainct Estienne patron 
» de la dicte église par les rues ou embans qui sont autour 
}> de la grande place publique de la dicte présente ville, 
w estans les dicts embans tapisses pour cest effect, et la dicte 
n procession faicte, furent mises sur le grand autel de la 
» dicte église. De laquelle dicte chasse et reliques le dict 



— 10^ — 

» seigneur Evesque en aurait fait don et présent a son Clia- 
» pitre de la dicte église qui aurait avec beaucoup de con- 
» tcntement accepté le dict don et présent et en aurait ires 
» humblement remercie le dict seigneur Evesque !uy souhe- 
» tant très longue et heureuse vie, et de ce dessus en aurait 
» été retenu le présent acte pour servir a future mémoire par 
)> moy secrétaire du dict Chapitre soubsigné les jour et an 
)) susdicts''' >. 

Attenant à la sacristie il y a un loc?l qui sert de salle capi- 
tulairc. C'est là que le vénérable Chapitre tient ses séances. 
Il s'y réunit d'urgence toutes les fois qu'il y a lieu de pourvoir 
à un bénéfice dépendant de sa mense. Sans parler des douze 
petites prébendes dont il est l'instituteur et le collateur, il 
nomme et présente à quarante paroisses environ, cures ou 
annexes. La nomination est au chanoine de semaine ou en 
tour d'aigle, selon l'expression consacrée, et la présentation 
au Chapitre pris en corps. 

Le Chapitre Saint-Etienne est également gros décimateur 
dans ces mômes paroisses. Il possède, en outre, quelques fiefs 
importants, des droits seigneuriaux, de nombreuses rentes 
constituées. Le tout doit produire Tannée courante : 50,774 li- 

(1) Archives de l'Evêché. Transcrit par feu M. Tournié dans le manuscrit qu'il a 
laissé à la bibliothèque du Petit-Séminaire. Dans linventaire, fait en 1789, des meu- 
bles de la sacristie de Saint-Etienne, on remarque : Six grands chandeliers d'argent et 
la croix assortie pour le maîtrc-autcl avec deux chandeliers également assortis pour 
la crédence ; une croix processionnelle en argent doré enrichie de pierreries pour 
les processions de grâces ; une autre croix d'argent pour les processions ordinaires» 
six calices d'argent avec burettes d'argent ; un ostensoir en vermeil dont le rayon est 
en or et surmonté d'une couronne en perles fines : le tout enrichi de quelques dia- 
mants ; un ciboire ; une masse d'argent; deux grandes châsses représentant l'une 
saint Ktienne en demi-buste, l'autre saint Dulcide, etc.. Lors du retrait en vertu de 
la loi du 10 septembre 1792 de l'Eglise du collège, cathédrale provisoire, de ces deux 
bustes d'argent, Bagués, vicaire cathédral. autorisé à en extraire les reliques, cons- 
tata qu'il y avait dans l'un quelques ossements avec deux parchemins écrits en latin 
et en français indiquant le transport des dites reliques du diocèse de Limoges à 
Agen, en date du 2 août 1028 et le don et bénédiction de la châsse le 1" août 1628 ; 
dans l'autre un paquet de reliques avec un parchemin sur lequel était indique le don 
fait de la châsse le 2 août 1624. (Archives de la Préfecture). 



— io6 — 



vres, I sol, ii deniers. D'où il ftuit déduire 16,716 livres, 
19 sols, i denier de charges. Cette opération faite, il reste 
54,057 livres, 2 sols, 10 deniers qui divisés par 14 donnent 
2,432 livres, 13 sols pour chaque chanoine (0. 



(i) Voici l'état officiel des revenus et des charges du Chapitre Saint-Etienne pour 
l'année 1790, extrait des Archives de la Pri^fecture, liasse Biens Nationaux, 

REVENUS • 

Dîmes affermées de Saint-Gervais 205 

— Penne et Magnac 5.3 '^ 

Condat et Fumel 2.517 

— Daubèze et Pachas (diocèse de 

Condom) 496 

— Auvillars (idem) 944 

— Montpezat et Quittiniont. . . . 1.600 

— Castelmoron et Laparade. . . . 5.650 

— Lariolles (diocèse de Condom). . 2.600 

— Larroque-Timbaut 560 

— Cours 975 

— Pédegat , . 707 

— Sainte-Colombe 1.658 

— Clermont-Dessus 2.928 

— Saint-Arnaud • . i.ioo 

— Fraisses et Madaillan 452 

— Cardonnet 5.019 

— Montréal 906 

— Saint-Pastour • . . 1.697 

— Saint-Georges de Rams 1.227 

— Saint-Hilairc de Monllanquin. . . 555 

— Lauzun et Saint-Colomb. . . . 5.092 

— Saint-Jean de Bardos 855 

— Caudecoste (diocèse de Condom). 550 

— Caillaupeyroux 314 

— Lacourt (y compris le produit du 

(ief de même nom) 575 

— Villcrcal 1.268 

— Mouncstiers (demi-dîme). . . . 560 

— Saint-Jean de Turac , Fraysses, 

Puymirol et Saint-Urcisse. . . 5.74*5 1. 

Dîmes en régie La Capellette-Renaud, Sainte-Foy 

d'Agen , Samtc-Ruffine. . . . 5-450 '• 

— Maurignac 700 '• 

— Roquefort en Brulhois (9 sacs de 

blé et 8 barriques de vin, payées 



A reporter. 



46.062 1. 



— 10- — 

Ils sont en elTel quatorze, quatre de plus qu'à la Collégiale, 
sans parler des dignités, des personnais et des offices qui ont 

Report 

par le Prieur de Saint-Caprais. 

Droit Je qitarantin Le Chapitre Saint-Eiicnne en a le 

quart qui lui vaut 

Fiefs Un en menu cens répandu dans la 

juridiction d'Agcn 

— Celui de Lacourt qui est alTcrmé 
avec les dîmes 

Renies directes 8 sacs de blé sur la terre de Com- 

bebonnet, ci 120 1. 

Rentes constituées Sur le clergé d'Agen, IHÔtel-de- 

Viilc, l'hôpital général Delas , 
les Etats du Languedoc et di- 
vers particuliers 1.12a I. 1 s. 



46.062 1 






201 1 






1.269 1 


. s. 1 


Il d. 


2.000 1 







Tolal des revenus Ï0.774 I. 1 s. 11 d. 

charges: 
Hebdomadicrs et prébendes. Somme à distribuer aux officiers 
du bas-choeur aux départements 
de mai et de novembre. . . . 1.520 I. 

— Aux hcbdomadiers comme supplé- 

ment de traitement 280 I. 

— Aux prébcnbés 95 sacs de blé à 

15 livres le sac i.}95 I- 

— Aux mêmes 4; barriques de vin 

à 22 livres la barrique. . . . 94(> '• 

— A neuf prébendes, comme supplé- 

ment de traitement, 24 sacs de 

blé 65 I. 18 s. 9 d. 

— A un prébende pour indemnité de 

logement 6; I. 18 s. 9 d. 

— Aux hebdomadicrs et prébendes 

pour le tiers de l'obit de Mon- 

pczat • . . . . 60; I. 6 s. 9 d. 

Aux mêmes pour l'obit de Lacourt. 255 I. 6 s. 

— Aux mêmes pour divers obits et 

les O de Noél 12; I. j s. 9 d. 

— Aux mêmes pour la fête de saint 

Etienne 72 1. 

Pc<rtions congrues Au curé de Saintc-Foy d'Agen 

(moitié' îîo I. 

— Au vicaire de Sainte-Foy (idem.\ i7i I. 

A reporter 5.827 I. 11 s. o d. 



- io8 ^ 

leurs menses particulières. Primitivement, toutes les chanoinies 
étaient électives, comme à Saint-Caprais. Par une transac- 



Portions ccn^nics. 



Prédicateurs de Carême. 



Décimes . 



Psalelte. 



Bedeau ou massicr 

Sous-pcrtier 

Gardecloitre 

Carillonneur 

Secrétaire du Chapitre 

Chanoine syndic du Chap... 

/^vocat du Chapitre 

Procureurs de Bordeaux et 
d'Agcn 

Ornements, aubes ei (blan- 
chissage 

Luminaire 



Report 

Au curé de Moncsiier de Pujols 
(le tiers.) 

Au curé de St-Urcisse (la moitié). 

Au curé de Saint-Gervais. . . . 

Au curé de Fumel 

Au curcdeLauzun 

Au curé de Larioles (Condom). . 

Au curé de Daubèze (id.) . . . 

Au curé de Sainte-Colombe (id.\ 

Au curé de Clermont-Dessus. . 

Au curé de Cours 

Au curé de Sainte-Ruffine. . . . 

De Penne 

De Villeréal 

De Lamonjoie (Condom). . . . 

De Francescas (id.) 

Du Chapitre 

Du curé de Saint-Colomb . . . 

Du curé de Clermont-Dessus . . 

Du curé de Lauzun 

Du curé de Moncstiers. . . . 

Au maître de la Psalette pour la 
nourriture de 5 enfants de chœur. 

Au même 15 sacs de blé pour le 
même objet 

Pour l'entretien du vestiaire et 
l'éducation des enf. de chœur. 

12 sacs de blé et 4 barriques de vin. 

Pour l'entretien de la cure. . . 

75 livres 

260 livres 

4 sacs de blé, plus 60 livres en ar- 
gent, plus 57 I. 1 s. pour droit de 
levée 

50 livres 

51 livres 10 sols 

60 livres 

500 livres 

Huile et bout;ic 

A reporter. , . . , , 



^.827 1. II s. d. 



25Î 1. 


6 


s 


8 d. 


550 1, 








(>0 1. 


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s. 


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400 1. 








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5 d. 


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s. 


5 d. 


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22) I. 

525 1. 
268 1. 
24 1. 

7) 1- 
200 1. 



147 1. 8 s. 

50 1. 

51 I. 10 s. 

60 1. 

Joo 1. 
4)'o 1. 



ii^.096 1. 19 s, I d. 



lion'' intervenue le 25 septembre 144^) entre l'évoque Jean 
de Borgia et le Chapitre de Saint-Etienne, il fut réglé que 
l'Evêquc et les chanoines nommeraient par tour, c'est-à-dire 
que TEvéquo pourvoirait à la première chanoinie vacante, le 
Chapitre à la seconde, l'Evéque à la troisième et ainsi de 
suite. Depuis le Concordat'- . passé le 20 juillet 1 542, entre 
le cardinal de Lorraine et les chanoines de Saint-Etienne, 
ceux-ci nomment individuellement, chacun pendant une semaine, 
à tour de rôle; l'Evoque a deux semaines. C'est aussi en 
vertu de ce Concordat que TEvéque « in noinUifc sud » a le 
droit de créer un chanoine surnuméraire qui devient « de ^rc- 
mio » à la première vacance. Le chanoine surnuméraire a 
rang au chœur, participe à toutes les distributions, mais il n'a 
ni voix au Chapitre, ni droit de nomination. L'Evêque nomme 
seul aux dignités. 

La première est celle de grand archidiacre. L'archidiacre 
que les Constitutions Apostoliques appellent l'oreille, l'œil, 
la bouche, le cœur, l'âme de l'évéque, serait devenu, d'après 

Report 14.000 I. 19 s. I d. 

Colllge d'Agcn ;oo livres joo I. 

Aumônes, fournitures et ré- 
parations aux églises dé- 
pendantes du Chapitre.... 2,520 livres 2.520 I. 



Total des charges. . . . 16.716 I. 19 s. 1 d. 
Revenu net . îo.774 I. i s. n d. — 16.716 1. 19 s. i d. = 54.057 I. 2 s. 10 d. 
Revenu dune chanoinenic : 54,057 I. 2 s. 10 d. : 14 = 2,452 I. 15 s. 

N. B. — Le Chapitre n'avait aucune dette ni active ni passive. Il était propriétaire 
de g maisons dont 4 grandes, 4 moyennes et i petite, sises dans le cloître de Saint- 
Etienne avec leurs appartenances et dépendances. Au-dessus de la porte d'entrée 
du cloître était une chambre avec grenier pour le carillonneur. Une petite maison 
meublée, rue des Prêtres, était airectée à la Psalclte. 

(i) Labénazie qui cite cet acte dit qu'il existait de son temps aux archives de 
l'Evéché. 

(2) Il y a aii.x Archives de l'Evûché, E, 6, une copie informe de celte transaction. 
Parmi les témoins et comme représentant de Jean de Lorraine on voit Mathieu 
Bandeily {sic , curé de Cabalsaut « servitor familiaris et domeslicus » du Cardinal. 
Dans le môme acte il est question de César Frégosî, qui était, dit le Cardinal» bon 
«en-ileur du roi et de moi bon ami par quoi outre l'afTection que ledit seigneur porte 
jk ses enfants, je les ai en singulière recomniandaiion, •> 



-^ I 10 — ' 



Fleury'O, supérieur aux prêtres dès le vi'' siècle ; dés cette 
époque il aurait été regardé comme la première personne 
après l'Evêque, exerçant sa juridiction et faisant ses visites, 
soit comme délégué, soit à cause de son absence, ou pen- 
dant la vacance du Siège. Ces commissions devinrent enfin si 
fréquentes qu'elles tournèrent en droit commun ; en sorte 
qu'après l'an looo, les Archidiacres furent regardés comme 
juges ordinaires, ayant juridiction de leur chef, avec pouvoir 
de déléguer eux-mêmes d'autres juges '^-). Il est vrai, ajoute 
le même auteur, que leur juridiction était plus ou moins éten- 
due, selon que les uns avaient plus empiété que les autres, 
elle était aussi bornée par leur territoire qui n'était qu'une 
partie du diocèse; car depuis qu'ils devinrent si puissants on 
les multiplia ; celui qui demeura dans la ville prit le titre de 
grand archidiacre. Les Evêques, se trouvant ainsi presque 
dépouillés de leur juridiction, travaillèrent, après l'an 1200, à 
diminuer celle des archidiacres. Ils usèrent pour cela de diffé- 
rents moyens ; ils les ordonnèrent prêtres, ce que les archi- 
diacres regardaient comme une dégradation ; ils les multi- 
plièrent dans le même diocèse ; ils leur opposèrent les offi- 
ciaux qu'ils firent dépositaires de leur juridiction contentieuse ; 
ils firent des vicaires généraux pour l'exercice de la juridiction 
volontaire et défendirent aux archidiacres d'avoir des officiaux 
qui jugeassent à leur place. Enfin, dans les derniers temps, ils 
sont parvenus à les dépouiller entièrement d'un pouvoir qu'ils 
leur avaient usurpé et retenu plusieurs siècles ; si bien qu'il y 
a des Eglises où il ne leur en reste aucun exercice ». C'est 
le cas du grand archidiacre d'Agen, qui après avoir été 
comme un maire du palais dans le diocèse ('), après avoir 



{tj Institutions au Droit ecclésiastique, part, i, chap. 19. 

(2) On voit par là en quelle anomalie on est tombé, depuis le Concordat de 1801, 
en ne conférant le titre d'archidiacre qu'à des vicaires généraux qui n'ont qu'une 
commission et sont révocables « ad nulum ». 

(jy Un grand archidiacre fut même décoré de la pourpre romaine. On lisait, en 
effet, dans la calende manuscrite de la cathédrale; X, Kal, feb, obitus Peiri Flan- 



<^ I M — 

régné pendant des siècles en son beau fief de rarchidîaconé 
majeur, formé de 4 archiprélrés sur 6 et de 554 paroisses, se 
trouve depuis longtemps dépouillé de tout rôle effectif et 
réduit à son seul titre, il est, c'est vrai, la première dignité de 
l'Eglise Cathédrale et dispute au Prieur de Saint-Caprais le 
premier rang après l'Evoque dans le diocèse. Sa mense est 
distincte de celle du Chapitre. Elle se compose de fruits déci- 
maux prélevés dans les paroisses de Saint-Silvestre (?) juridic- 
tion de Penne, de Sainl-Amans, annexe de Beauville, de 
Saint-Vincent de Ségalas, de Saint-Caprais, de Marcoux et 
Saint-Mariin de Pau, de Saint-Vincent de Serres, de Saint- 
Germain de Montayral, de Saint-Giles de Casideroque, de 
Saini-Hilaire de Ferrussac, de Saint-Martin de Roquecor, de 
Saint-Sernin de Thézac. de Saint-Philippe de Boidessel, de 
Saint Pierre d'Anthé, de Saint-Sulpice de Souillas, de Saint- 
Bauzel, de Saint-Vincent de Courbiac, etc. La valeur totale du 
bénéfice dépasse 6000 livres. Le titulaire actuel est Louis 
Antoine de Puech de Fonblanc, vicaire général d'Agen. En 
1794, nous le retrouverons parmi les détenus de la maison de 
Paulin. 

La grande Chantrerie ou précentorie est la seconde dignité 
du Chapitre. Elle est sans doute fort ancienne ; l'Evêque 
d'Agen lui unit en 1497 '^ prieuré et la rectorie de Fauillet. 
11 y a apparence qu'elle subit une éclipse au commencement 
du XVII*' siècle, car on lit dans les annales de Labénazie : 
« Le 23 octobre 1624, le sieur Ducros, chanoine, remit la 
chantrerie de Saint-Etienne qui avait été supprimée et il fut 
mis en possession ledit jour. «En 1653, M. Du Lude, évo- 
que d'Agen, régla les droits et honorifiques du Chantre par 
l'ordonnance suivante : « Vu l'arrêt du Parlement de Bordeaux 
et diverses déclarations du Chapitre de Saint-André de Bor- 
deaux, ordonnons que le Chantre étant reconnu pour dignité 

dritii cardinalls, quondam hujus Ecclesiœ ArchiJiaconi majoris Un cardinal dç 

Coth avait aussi fail partie du Chapitre Saint-Eticnnc, 



ii-. ( 12 — ' 



et tenant rang dans le chœur et en toutes autres assemblées 
publiques, générales ou particulières sera dès à présent mis 
sur le livre de la pointe et aux départements que le Chapitre 
fait au rang de sa dignité et plus tôt que les simples chanoi- 
nes et portera la parole de la part du Chapitre. Comme aussi 
voulons qu'en l'absence du septimanier et des dignités qui le 
précèdent, la pointe se fasse dans le chœur devant lui, aura 
toutes sortes d'avantages et de prééminences sur les simples 
chanoines et en l'absence du grand archidiacre nous présen- 
tera l'eau bénite à l'entrée de l'église et dans le chœur et 
pour régler l'ordre des entrées et sorties du chœur, le jour 
que led. Chantre est obligé de porter son bâton cantoral vou- 
lons qu'il marche avec cet ordre savoir que deux enfants de 
chœur sortiront après le bedeau, portant deux chandeliers, 
après eux les chapiers et après le chantre qui sera suivi de 
l'officiant comme aussi ordonnons qu'aux jours solennels que 
nous ne ferons pas l'office, led. chantre dira la première an- 
tienne à vêpres laquelle lui sera portée par les deux chapiers, 
hebdomadiers ou prébendiers comme Ylnirdit de la messe, le 
premier Kyrie eleison et in terra pax..., paît cm oninipotenteni^ 
sanctus, agniis Dei, etc.. et à vêpres outre la première an- 
tienne, l'hymne et le Magnificat ei la nuit de Noël le Te Deiun. 
Ordonnons qu'aux jours des processions le Chapitre sera 
tenu de lui fournir un pluvial convenable et à ses deux sous 
chantres et pour l'ordre des offices voulons que le ponctuaire 
soit obligé de porter aud, chantre le cartipel ou table pen- 
dante laquelle sera examinée par lui et souscrite de son 
seing (') ». 

Le 2 juin 1677, le chantre et les chanoines de Saint-Etienne 
firent nne transaction de laquelle il résulte : que le chantre 
est sujet à la juridiction correctionnelle du Chapitre comme 
les chanoines, à la réserve des fonctions qu'il fait dans le 



(1; Archives de rEvcclic, 



chœur aux offices solennels ; que les offices de sous chantres 
(au nomjjre de deux) ne sont pas des bénéfices ; que ces offi- 
ciers sont nommés et payés par le chantre; que leurs pouvoirs 
sont limités au bas chœur, que dans le cas où le chantre est 
absent les jours de grande fête où il a coutume d'officier, 
c'est le Chapitre qui désigne un chanoine pour le remplacer 
et porter le bâton cantoral ' . ' M. Mascaron, dit Labénazie, 
fit juger en mars 1685, le procès que son prédécesseur avait 
commencé contre M. de Boissonade, chantre de l'Eglise 
Cathédrale pour raison du siège et de la manière d'officier du 
chantre. MM. les chantres s'étaient mis en possession d'avoir 
un fauteuil, un tapis, deux carreaux. M. Joli ne put pas souf- 
frir un éclat qui semblait disputer avec sa dignité. Il intenta un 
procès à M. le chantre, l'alTaire ne fut pas terminée pendant 
sa vie. L'arrêt a condamné M. le chantre de se régler sur sa 
métropolitaine, de faire faire un banc à trois sièges et défense 
de se servir de fauteuil, de tapis et de carreaux. L'arrêt fut 
exécuté en juillet 1683 et le jour de Saint-Etienne de la même 
année M. le chantre officia conformément à l'église métropo- 
litaine de Saint-André de Bordeaux - ». La mense du chan- 
tre est séparée de celle du Chapitre et se compose de fruits 
décimaux prélevés dans les paroisses de Fauiliet, de Saint- 
André et de Notre-Dame de Cabalsaut, etc. Le tout donne 
de revenu net 7.751 1. 12 s. 9 d. ' . Le titulaire actuel est 
l'abbé Caulet qui vient d être nommé le 9 mai 1789 par suite 
du décès de M. Pincemaille, pauvre dément contre lequel 



I Archives de l'Evùché, E, 44. — « Le Chantre lient rang devant tous les autres 
ctianoines et marche après M. le grand archidiacre avec un baston d'argent à la 
main." ^Vicux journal du frère Hélie). 

(2) Hist. manuscrite. 

(?^ Revenus delà Chantreric: 
La moitié des fruits décimaux de la paroisse de Fauillat. , , ?.foo I. 
La totalité de ceux de Saint-.André et de N.-D. de Cabalsaut. 2.41X) I. 

Total, , , J.ooo I, 



— 114 — 

M. de Chabannes avait cru devoir demander une lettre de 
cachet ' . 

Au dessous des deux dignités il y a trois personnats (2) et 
un office. Les archidiaconés de Monclar (autrefois de Mon- 
taud) et de Marmande (autrefois de Vesalme) et la Sacristie 
sont les personnats ; ils sont de la nomination de l'Evêque. 
L'office est la Porterie ; il est de la nomination du chanoine 
en tour de semaine. En 1633, l'Archidiacre de Monclar pro- 
testa par acte public contre le Chantre qui, au synode, s'était 
placé après le grand Archidiacre, prétendant qu'il était la 
seconde dignité de même que l'Archidiacre de Marmande 
était la troisième. Ses prétentions ne furent pas admises. 
Aujourd'hui les deux Archidiacres moindres, le Sacristain et 
le Portier sont assimilés en tout à des chanoines honoraires; 
en cette qualité ils sont reçus dans le Chapitre « in modum 
fralns et in osculo pacis », ils sont installés au haut choeur 
après le chanoine « de ^renïio » dernier reçu et installé et 
jouissent par matricule de tous les honorifiques des chanoines. 
Ils ont droit d'assister aux offices et aux processions revêtus 
de l'aumusse, d'annoncer les antiennes, de lire les leçons à 
leur tour, de rouler même avec les chanoines « de gremio » 
suivant l'ordre et le rang d'installation. Néanmoins ils ne peu- 
vent officier dans le chœur de la Cathédrale, ni dans toute 



Charges de la Chantrerie : 

Congrues des curés de Saint André et de N.-D. de Cabalsaut. 1.400 I. 

Honoraires des deux sous-chantres 200 I. 

Entretien de ; églises à 50 livres chacune 90 1. 

Décimes 458 1. 7 s. ; d. 

Total 2.148 1. 7 s. j d. 

Revenu net 5,900 — 2. 148 I. 7 s. 5 d. = 5,751 1. 12 s. 9 d. 
(i; Archives de l"Evêché, E, 56. 

(2y Suivant la définition que donne Rebulîe de ce mot, le personnat est une certaine 
prééminence ou prérogative qu'un bénéfice donne dans l'Eglise sans juridiction. Le 
personnat est quelque chose de moins que la dignité, mais quelque chose de plus 
que le simple office. ^Durand de Mailianc. Dict, art, Personnat^, 



autre église en prôsencc du Chapitre, commencer l'office, 
donner des bénédictions, faire acte de juridiction, faire léte 
en cas d'absence des chanoines plus anciens et surtout assis- 
ter aux chapitres, prendre rang et séance dans le lieu capiiu- 
lairc. 

Tout cela est réservé aux seuls chanoines «i Je <^rcfnio *' » . 

L'Archidiacre de Monclar est Jean-Baptiste Uly, chanoine 
de Saint-Etienne, chapelain de Boussiguet, etc.... En sa qua- 
lité d'archidiacre, il possède, dans les paroisses de Ladignac et 
de Monclar, des fruits décimaux dont la valeur, toutes charges 
déduites, est exactement de 2,038 livres. 

Celui de Marmande est Armand-Joseph-Rangouze de Beau- 
re".;ard, chanoine de Saint-Etienne et vicaire général, tout 
récemment nommé, le 11 mai 1789. En sa qualité d'archi- 
diacre, il possède des fruits décimaux dans la paroisse de 
Baissac qui sont afiermés i ,200 livres. 

Le sacristain est Louis-Florentin de Faijet. Il est en même 
temps prieur-curé de Gajoufet, ce dernier bénéfice qui est 
estimé 1760 livres, étant uni à la sacristie depuis 1^45 ou 
environ (-). 

L'office de portier est tenu par Antoine Larroque depuis 
1759. Il consiste à ouvrir et à fermer les portes de la Cathé- 
drale avant et après les offices, d'accommoder et de ranger les 
autels, de faire la pointe, de porter la croix aux processions, 
etc.... Le portier a sous ses ordres deux sous-portiers qu'il 
commet et qu'il paie. Les paroisses de Sainte-Radegonde, de 
Saint-Sulpice de Boé et de Notre-Dame de La Capellette- 
Rcnaud sont unies à son bénéfice. Il y Jouit des fruits déci- 
maux du curé et les fait desservir par des vicaires. Il possède 
en outre quatre pièces de terre assez importantes, une maison 



(1) Voir Archives de la Préfecture, G. ç. 

(a) Il y avait, aux Archives de i'Evùché avant la Révolution, une transaction de lati 
i;i7, entre l'Evoque, le Chapitre Saint-Etienne et le sacristain, concernant l'office 
du sacristain qui doit èlre tenu par un chanoine, 



— 1I6 — 

à Agen, rue des Prêtres, et quelques petits fiefs à Boé et à 
Sainte-Radegonde. 

Les chanoines sont au nombre de quatorze. Ce sont : 

Pierre-Michel Boys, vicaire général. Il sera détenu en 1794 
dans la prison de Paulin malgré ses infirmités. 

Jean-François Caulet, vicaire général. Il sera détenu à 
l'hôpital en 1794, malgré ses 80 ans. Il vivra assez juste pour 
adhérer au Concordat. 

Jean Coudon qui sera détenu en 1794. 

Pierre Couzin qui possède une grande et belle maison 
canoniale située au fond du cloître de Saint-Etienne, ayant 
deux entrées et deux façades, l'une au cloître, l'autre à la 
rue Saint-Gilis. Il sera détenu, en 1794, dans sa maison à cause 
de ses infirmités. 

Daniel Guénepin qui sera détenu en 1794. 

Jean-Baptiste-Marie Illy, archidiacre de Monclar qui pos- 
sède une grande maison canoniale au cloître de Saint-Etienne. 
II abdiquera la prêtrise en 1794 et deviendra juge de paix à 
A2:en. 

Laurens qui possède une maison canoniale. Il mourra 
en 1791. 

Jean-Bernard Passelaigue, abbé de Pérignac et vicaire 
général qui possède une maison canoniale II sera détenu dans 
sa maison en 1795, à cause de ses 83 ans. 

Claude Passelaigue, neveu du précédent; il possède une 
maison canoniale située au cloître de Saint-Etienne, qu'il loue 
600 livres. M. de Bonnac habitait celte maison pendant qu'il 
faisait construire le nouvel évêché. Il sera détenu en 1794 et 
après le Concordat fera partie du nouveau Chapitre de la 
Cathédrale. 

Pierre Propin, chanoine théologal, qui possède une maison 
canoniale, située à l'entrée du cloître de Saint-Etienne. Autre- 
fois le théologal dictait la théologie et prêchait aux fêtes 
solennelles, ces usages sont aujourd'hui perdus. 



Armand-Joseph-Rangouze de Beauregard, archidiacre de 
Marmande et vicaire général. Il possède une maison cano- 
niale, située au cloître de Saint-Etienne. Il sera détenu dans 
sa maison en 1794. à cause de ses infirmités et deviendra en 
1802 le premier vicaire général de Mgr Jacoupy. 

Gratien-Félix de Redon des Fosses qui sera détenu en 
1794, Monesiiers le fera marier pour le tirer de réclusion. 

Antoine Félix Sabaros Dubedat, prieur d'Allemans. qui 
possède une maison canoniale au cloître de Saini-Eiieniic. 
11 sera détenu au Séminaire d'Agen en 1794. 

Godefroy Saiiu-Giiis de Grave qui subira la déportation et 
après le Concordat sera successivement curé de Monbusq et 
de Saint-Hilaire d'Agen. 

Les hebdomadiers, au nombre de deux, sont : Raymond 
Fabre et Pierre Rouby. Outre le traitement que leur fait 
le Chapitre, ils possèdent par indivis une métairie, appelée 
La Rouquette et située dans les paroisses de Saint-Jean-de- 
Thurac et de Saint-Pierre-de-Clairac. D'une contenance de 
soixante-douze carterées, ce bien leur rapporte, tous frais 
payés, 1763 livres. Fabre disparaîtra pendant la Révolution. 
Rouby deviendra directeur du Séminaire sous l'évêque cons- 
titutionnel et vicaire cathédral. Il abdiquera en 1794 et sera 
nommé après le Concordat à la succursale de Monréal qu'il 
refusera. 

On compte 12 prébendes qui sont : 

Guillaume Artigue, chapelain de la seconde chapelleiiie de 
Notre-Dame de Fargues, unie à sa prébende. Il possède une 
maison située, rue des Prêtres, à Agen et quelques biens- 
fonds. Détenu en 1794, il sera nommé bénéficier de la Cathé- 
drale après la restauration du culte. 

Jean-Joseph Bardet, dont la prébende vaut exactement 
863 livres'^' . Il sera déporté successivement au fort du Hâ, à 

(1) De ce bénéfice dépendaient : Une maison, rue des Pritres, louée 150 livres ; 
une pièce de terre de quatre cartonnais, paroisse de Sainte-Radeijondc, rapportant 



— ii8 — 

Blavc et Jans la rade d'Aix, Après le Concordat il sera nommé 
à Magnac et presque aussitôt à Bias. 

Louis-Henri Barrier qui est titulaire de la chapellenie de 
Labarthe, unie à sa prébende. Il possède de ce chef une 
pièce de vigne de cinq cartonnais dans la paroisse de Sainte- 
Radegonde, une maison à Agen, rue derrière Paulin et un 
petit fief en cens et rentes, lods et ventes. En 1770 il a été 
nommé chapelain de Montilange sur la présentation des Eche- 
vins de la ville d'Agen. Il possède en cette qualité un petit 
fief sur une maison des Cornières. Il disparaîtra pendant la 
Révolution. 

Martin Bernède, titulaire des chapellenies de Pagnague, 
Altigis et Laviguerie. Il possède en cette qualité certains 
biens-fonds et immeubles (') d'un revenu total de 227 livres. 
Il sera interné en 1794 au fort du Hâ, à Blaye et dans la rade 
de nie d'Aix. Après le Concordat il sera envoyé à Mont- 
marès. 

Raymond Cruzel, titulaire de la chapellenie de Berrot unie 
à sa prébende (^). Il abdiquera en 1794 se mariera d'abord 



5> livres ; une part de la dîme d'Engayrac, 240 livres; une part de la chapellenie 
de Vidal-Marty et de la dîme de Liaroles, 220 livres; une pension du Chapitre de 
8 sacs de blé : 120 livres ; et de 5 barriques de vin : 60 livres ; une part aux obits et 
à la fôte de Saint- Etienne : 64 livres ; une part des rentes et lods mis en commun par 
10 prébendiers : 50 livres ; une part des rentes et lods de la chapellenie de Vidal- 
Marty, 9 livres. — Somme des revenus, 928 livres. 

Charges : Taille, 28 livres; 18 messes obituaires provenant de la chapellenie de 
Vidal-Marty: 9 I. ; réparations des édifices : 20 livres. — Total des charges : 6ç li- 
vres. 

Revenu net : 86; livres. 

(ly Ce sont : i. Une maison près de Notre-Dame du Bourg, louée 7a livres : 
2. Deux pièces de terre de trois carterées, paroisse de Lacapelette, produisant 
80 livres; 5. Une pièce déterre au lieu de Gandailie, paroisse Saint-Vincent des 
Corbeaux, de dix carterées, rapportant 45 livres ; 4. Un petit fief, rentes et lods 
donnant }o livres. — Total, 227 livres. 

(2) De la chapellenie de Berrot dépendaient: i. Une maison à Agen, louée 66 
livres: 2. Une pièce de terre de deux carterées située au lieu de Picardoti, paroisse 
de Sainte-Radegonde, affermée 106 livres; 5. Une pièce de terre de quatre ou cinq 
cartonnais, située vers la cota de la Lux, affermée 10 livres. — Total : 182 livres. 
Le même Cruzel est chapelain de Delbès. Il est vrai que ce titre lui est contesté. 



— iio — 

civilement le 9 messidor an n, puis à l'église avec les dispen- 
ses nécessaires le 30 septembre 1803 : l'un des trop nombreux 
apostats qui demanderont des ressources à l'enseignement. 

Jean Durand, titulaire des chapellenies des Fargues, Pel- 
legrue, Bécanne et Laroche '•>. il a été nommé chapelain de 
Bécannc par Arnaud Bécanne, bourgeois du Port-Sainte- 
Marie et patron de ce bénéfice fondé sous le vocable de 
sainte Catherine dans l'Eglise Saint-Etienne. En 1794 il sera 
détenu dans sa maison à cause de ses infirmités. 

Josepli Espinasse, clerc tonsuré. Il jouit d'une pièce de 
terre de cinq cartonnais, située dans la paroisse de Saint- 
Vincent des Corbeaux, dépendante de sa prébende et affer- 
mée 30 livres. 

Jean Fourestié qui possède comme prébende une maison 
rue des Prêtres, louée 63 livres et une pièce de terre d'une 
carterée paroisse Saint-Hilaire d'Agen, al Cap Fendu, affer- 
mée 80 livres et pour sa part de la chapellenie de Pellegrue il 
jouit de certains biens-fonds dans la paroisse de Lusignan- 
Grand. 

Pierre-Timothée Hébrard, titulaire de la chapellenie Dappé 
et Delméja unie à sa prébende. Il possède en cette qualité 
plusieurs immeubles et biens-fonds produisant un revenu total 
de 1609 livres - , Homme bon mais faible, il prêtera tous les 



De ce dernier bénéfice dépendaient cinq cartcrées de terre situées au lieu de Calmel, 
paroisse de la Sauvetat de Savéres. 

'i) Des chapellenies des Fargues et de Pellegrue fpoiir la partie qui revient à ce 
prébende] dépendaient une faisande et six carterées et demie de terre situées dans la 
paroisse de Sainte-Radegonde. De la chapellenie de Laroche dépendent une autre 
faisande et sept carterées de terre, situées dans la paroisse de Foulayronnes, pro- 
duisant cent livres de revenus. A celle de Bécanne appartenaient les sept seizièmes 
des revenus du moulin de Saint-Georges, ccst-à-dire 700 livres, qui diminuées des 
241 livres 7 sols 9 deniers de charges se réduisaient à 45S livres 12 sols 5 deniers. 

(2) Ce sont: i. Une métairie appelée de Beaulac, de vingt carterées dans les pa- 
roisses de Snint-Cirq et de Monbran, rapportant 1,279 livres ; a. Une vigne de trois 
cartonnats située au lieu de Jourdain, paroisse Sainte-Fov, rapportant 20 livres; 
;. Une autre vigne de trois cartonnais dans la paroisse de Saint-Vincent des Cor- 
beaux, rapportant 10 livres; 4. Une vigne de onze cartonnats et une pièce de terre 



— 120 — ' 



serments et sera nommé curé de Roquefort après le Con- 
cordat. 

François Lasmarios. qui a une partie des chapellenies de 
Lamarque, Endrens et Pellegrue unie à sa prébende. Il pos- 
sède de ce chef plusieurs biens-fonds et immeubles qui lui 
rapportent 600 livres de revenu '. Il prêtera lui aussi tous les 
serments et ne sera pas autrement inquiété sous la Terreur à 
cause de ses infirmités. 

Antoine Molinier, titulaire de la chapellenie des Fargues, 
Marie-Madeleine et Saint-Esprit. Il possède certains biens- 
fonds et immeubles lui rapportant 340 livres de revenu (-). A 
quoi il faut ajouter la neuvième partie de la chapellenie de 
Vidal-Marty. C'est lui qui dirige la maîtrise ; on le dit très 
versé dans le chant et les cérémonies. II prêtera tous les ser- 
ments et à l'organisation du culte il sera nommé chanoine 
honoraire. 

Etienne Vacqué, titulaire des chapellenies d'Aligis, Duthil 
et du Saumon. Il possède divers immeubles et biens-fonds 
qui lui rapportent 320 livres''). Il sera détenu au Séminaire 
en mars 1793. 



de trois cartonnais dans la paroisse Sainte-Radegonde, rapportant 90 livres; 5. Une 
rente de 60 livres sur un mouli;i ; 6. Une maison située à Agen, rue Narbonne. Total 
des revenus, i ,609 livres. 

(1 Ce sont : 1. Une maison avec un jardin de 14 cartonnais, au lieu de Descay- 
rac, paroisse de Lacapelelte, rapportant 400 livres ; 2. Une pièce de terre de quatre 
cartonnais à Gaillard, rapportant ;o livres ; ;. Une pièce de terre de trois carton- 
nais à Cazalet, paroisse de Saint-Vincent des Corps, rapportant 45 livres; 4. Une 
maison, rue des Prêtres, louée 125 livres. — Total des revenus, 600 livres. — Ray- 
mond d'Endrens avait fondé deux chapellenies à Saint-Etienne, le 9 janvier 1570. 

(2) Ce sont : i. Une maison avec jardin, rue des Prêtres, louée 150 livres ; 2. Une 
vigne de neuf cartonnais avec une petite maison à Gimbrède, paroisse de Saint- 
Hilaire d'Agen : une pièce de terre de six cartonnais au Laurier, paroisse de Mon- 
bran ; une pièce de terre de cinq cartonnais dans la paroisse de Saint-Vincent des 
Corps ; le tout produisant 190 livres. — Total, 540 livres. 

' j, Ce sont: i. Unefaisande, au lieu dit le Marquisat, paroisse de Sainte-Foy, de dix 
cartonnais et une autre de 6 cartonnais, paroisse de Sainte Radcgonde, rapportan ' 
200 livres ; 2. Une maison près du cloître de Sainl-Eliennc, louée uo livres. — To- 
tal, Î20 livres. 



1 



— 121 — 



Les prébendes se pariagenl, en outre, le tiers du blé et la 
moitié du vin de la dîme d'Engayrac ' . La part de chacun est 
de 240 livres. 

Neuf d'entre eux se partagent les revenus de la seconde 
chapellenie de Vidal-Marty >^. La somme de ces revenus étant 
de 3675 livres, la part de chacun dépasse 408 livres, sauf les 
charges. 

Parmi les autres chapellenies desservies dans l'Eglise 
Cathédrale, il faut citer : 

Celle de Barthelot, fondée le i i février 1476, et possédée 
actuellement par Jean-François Dupérier, curé de Saint- 
Hilaire de Monflanquin ' . Elle vaut 188 livres. 

Celle de Beaulacy possédée par Jean Laroche, curé de 
Saint- Amans de Casielculier, elle vaut 180 livres ■». 

Celle de Boussiguet, fondée en 1 396, et possédée actuelle- 
ment par Jean-Baptiste Illy, chanoine de Saint-Etienne (0. 

Celle de Cahuzières, vulgairement appelée de Caries, pos- 



(1) Voir, sur l'origine de ce droit, la notice consacrée à Saint-Pierre d'Engayrac 
(archip. de Ferrussac'. 

(2) Les biens dépendants de cette chapellei\ie étaient : 2. Une maison, rue des Prê- 
tres louée 250 livres; 2. Huit carterées de fonds, paroisse Sainte-Radegonde, pro- 
duisant ;oo livres; 5. Plusieurs pièces de terre dans la plaine de Layrac, aiFermées 
1. 019 livres; Un petit fief sur la ville et banlieue d'Agcn produisant 1,600 livres; 
5. Plusieurs autres petits fiefs valant en tout 405 livres. 

(?) De ce bénéfice dépendaient: i. Une maison rue des Prêtres affermée 200 li- 
vres; 2. Un pré de > cartonnats dans la prairie de Rivesols, paroisse de Foulayron- 
nes, alTermé 48 livres ; ;. Deux vignes, lune de 5 cartonnats située au lieu de Pécaud, 
l'autre de 5 cartonnais au heu de Gazalet, les deux de la paroisse de Saint-Vincent 
des Corbeaux, atTermées 40 livres. 

(4 Ce bénéfice consistait : i. En une faisande de dix cartonnats, située dans la 
paroisse deMonbran, au lieu dit de Carrèrecave ; 2. Une pièce de terre près du 
pont de Courbarieu, de 6 cartonnats; ;. Une autre pièce de terre de cinq carton- 
nats près du pont de Las Taoules, paroisse de Sainte-Foy : 4. Une autre pièce de 
terre près de Thibet, paroisse de Sainte-Croix dépendante de celle de Saint-Hilairc 
d'Agen. Le tout est affermé iSo livres. 

(>) De cette chapellenie dépendaient: 1. Une vigne située près de Ihermiiage; 
2. Un domaine de vingt-cinq carterées, paroisse deMonbusq; ;. Un petit fief rap- 
portant 2) livres. Le même était titulaire de la chapellenie de Foix desservie dans 
l'église Saint-Arnaud. 



— i:: — 



sédée par Vincent Darche, trésorier en dignité de l'église de 
Saint-Seurin de Bordeaux. Elle vaut 475 livres''). 

Celle de Corpore Christi, possédée par Antoine Larroque, 
chanoine-portier de Saint-Etienne. Elle vaut 450 livres (-). 

Celle de la Croix, possédée par Joseph Costas, ex-jésuite, 
qui sera détenu en 1793 au Séminaire, malgré ses 75 ans. 
Elle vaut 450 livres. Les consuls d'Agen nomment à ce béné- 

ficei5'. 

Celle d'Estrades sous le vocable de sainte Catherine. Elle 
est possédée par Joseph de Boissonade de Sainte-Colombe^^). 

Celle de Fargis, autrement Notre-Dame- des Fargues, fon- 
dée en 1353 et possédée actuellement par Pierre Pariel. 
Elle vaut 220 livres ^5). 



(1) De ce bénéfice dépendaient: i. Un domaine appelé de Caries de une carterée, 
sept cartonnats, trois picotins, situé près de la porte Saint-Georges d'Agen et 
affermé 525 livres; 2. Une rente constituée de 150 livres. 

'2) De cette chapellenie dépendaient: i. Une maison avec jardin, rue des Prêtres, 
louée 200 livres ; 2. Un pré et une vigne situés près de la côte du Grézel de treize 
cartonnats produisant 200 livres: 5. Une pièce de terre près de ce fonds, louée 48 li- 
vres ; 4. Enfin quelques fiefs épars. 

(5) De ce bénéfice dépendaient: i. Une maison, rue des Prêtres, louée 150 livres; 
2. Une pièce déterre et vigne de quatre cartonnats, six picotins et demi à Trousse- 
Coujes ou Carrère-Cave, paroisse de Monbran, donnant 50 livres ; 5. Quatre pièces 
de terre affermées 250 livres : la i»» de une carterée, trois cartonnats, trois picotins, 
à Malconte ; la 2» de une carterée, un cartonnât, sept picotins, au lieu de Tapie, pa- 
roisse de Sainte-Radcgonde; la 5» de une carterée, 4 cartonnats, 5 picotins ; la 4' de 
une carterée, cinq cartonnais au lieu de Quinau même paroisse ; 4. Un petit fiefsur 
plusieurs maisons et biens-fonds des paroisses de Saint-Etienne, Monbusq et Doi- 
mayrac produisant les rentes en menu cens: cinq livres 9 sols 8 deniers et les lods et 
ventes -. 1 2 livres. 

f4y Ce bénéfice consistait en une pièce de terre de 2 cartonnats, ; picotins, si- 
tuée au lieu de Commarque, paroisse de Sainte-Radcgonde; en deux autres pièces 
de terre situées dans la paroisse Sainte- Foy avec un petit fief en menu cens, ré- 
pandu sur des maisons de la rue Bourrou, même paroisse. <> Un lundi après la Saint 
Jean (1490 r) le maréchal de Stratis fonda deux chapelles dans léglise Saint-Etienne, 
dont les successeurs ont toujours été patrons nommés maintenant d'Estrades. (Labc- 
nazie . 

(5) C'est la troisième du nom. La première était unie aux prébendes de Saint- 
Etienne. La deuxième avait pour titulaire Paul Rabier du Coulombier, curé de la 
paroisse de La Bretonie au-dessous de Bordeaux. Elle consistait: i. En une faisande 
appelée dcGirardin, paroisse de Saint-Vincent des Corbeaux; 2. En une pièce déterre 



— 12) — 

Celle de Géraud-Marty, possédée par Jacques-Diilcide- 
Xavier Daubas, vicaire de Monréal, qui subira la déportation 
et après le Concordat sera nommé à Saint-Cirq. La valeur de 
ce bénéfice dépasse 500 livres('). 

Celle de Lanivoirc, première du nom, qui a le même titu- 
laire que la seconde desservie dans l'éi^lise Saint-Caprais'^). 

Celle de Lapalanchcrie, possédée par Joseph Vidalot, 
curé de Pommevic, puis par Dordé de Milhac. Elle vaut 
1 36 livres >'). 

Celle de Lyon ou des Lieux, possédée par Jean-Jacques- 
Hilnire Argenton, curé de Saint-Martin-du-Peyrat (Saint- 
Antoine) '•■^\ 

Celle de Vidal-Marty, première du nom, fondée le 14 dé- 
cembre 1408, possédée actuellement par Pierre Marc, pré- 
bende de Saint-André de Bordeaux. Elle vaut 1 540 livres, 
etc., etc '5). 



situt^c au lieu de Cazaict, mOmc paroisse ; ?. En une maison située à Agen, rue des 
Prêtres, le tout rapportant 472 livres. La troisième consistait: i. En une vigne de 
sept cartonnats près do THcrmitagc, louco 80 livres; 2. Une maison rue des Pritres 
louée 141 livres. 

(1) De ce bénéfice dépendaient: i. Une maison rue des Cailles, louée 100 livres; 
2. Une rente de 100 livres : ;. Une autre rente de 46 livres ; 4. Une vigne d'une car- 
terce, paroisse Saint-Hilaire, sous l'Hermitage, louée 60 livres: une pièce de terre de 
4 cartonnats, 4 picotins, paroisse Sainte-Foy, louée 51 livres 10 sols ; une autre pièce 
de terre de 12 cartonnats, paroisse Sainte-Foy, louée 14; livres ij sols. 

(2 Voir plus haut, page 41. 

(?) Elle consistait en une maison, rue des Cailles, paroisse Saint-Etienne, louée 
06 livres et en une pièce de terre do quatre cartonnats, près de la porte du Pin, 
atîermée 40 livres. 

(41 Elle consistait en doux pièces de terre et une vigne de la contenance en tout 
d'une carterée, située dans la paroisse de Saintc-Radogonde cl de Saint-Vincent des 
Corbeaux. 

(î) De ce bénéfice dépendaient ; i. Cinq pièces de terre de vingt-huit carterées, 
paroisse de Layrac et quatre autres pièces de huit carterées, paroisse Sainte-Ra- 
degonde, le tout airermé i,?oo livres ; 2. Une maison place Paulin, louée 200 livres ; 
^ Quelques fiefs épars répandus sur quelques maisons d'Agen et sur quelques terres 
des environs, produisant 40 livres. 



— 124 - 

III. — LA PAROISSE SAINT-ETIENNE 

ET SES ANNEXES : NOTRE-DAME DU BOURG 

ET SAINT-VINCENT DES CORBEAUX. 

Dans la Cathédrale, un autel, sous le vocable de Saint- 
Etienne, était affecté au service de cette paroisse. Depuis 
longtemps, bien avant même que la Cathédrale ne fût inter- 
dite pour cause de réparations, ce service qui consiste en une 
messe avec prône tous les dimanches et fêtes, a été transféré 
dans l'église voisine de Notre-Dame du Bourg. A proprement 
parler, Notre-Dame du Bourg n'est pas une annexe mais une 
succursale. Son style est du xiii® siècle. « A-t-elle pris la 
place d'un monument plus ancien ? On l'a dit, mais sans 
preuve. Quoi qu'il en soit, elle offre de gracieux détails d'or- 
nementation et malgré Texiguité de ses proportions, son exa- 
men n'est pour l'archéologue ni sans intérêt ni sans profit(') ». 

Il y a à droite du maître-autel une belle chapelle voûtée, 
dédiée à sainte Catherine, 

C'est dans cette chapelle que sont fondées les cinq chapei- 
lenies d'Ouvré dont les titulaires chantaient autrefois la 2:rand- 
messe tous les jours. La première, qui vaut 150 livres(^), 
oblige à une messe par semaine. Elle est unie à la cure de 
Saint-Etienne. La seconde est possédée par Etienne Robert, 
curé du diocèse de Bordeaux, elle vaut 84 livres ''^ La troi- 
sième avait pour titulaire Jean Fabre qui vient de décéder-4). 



(1) Adolphe Magen. Note à la dissertation de I^abrunie sur les Nitiobriges, page 20. 

'2 Sa dotation consistait en 5 pièces de terre labourable, situées au lieu dit les 
Campagnes de Renaud, de la contenance totale de quatre carterées et rapportant 
150 livres. 

{5, Elle consistait en deux pièces de terre, lune de quatorze caitonnats, située 
au lieu de Rouston, paroisse de Lacapelette ; l'autre de quatre cartonnats, près du 
moulin de La Salève, les deux étaient affermées 84 livres. 

(4, Elle consistait en deux pièces de terre de la contenance totale de six carton- 
nats, situées dans la paroisse de Lacapeictiç et çn un petit liefcn menus cens dans 
la paroisse Sainte Foy. 



^ iy, - 

La quatrième est possédée par M. Phcbétin, hebdomadicr 
de l'église Sainl-Seiirin de Bordeaux. Elle vaut 72 livres ''). 
Enfin la cinquième a pour titulaire M. Dufau, chanoine de 
Saint-Emilion. Elle vaut 80 livres^. 

Parmi les autres chapellenies, fondées dans l'église de 
Notre-Dame du Bourg, il f;iut citer : 

Celle de Saint-Front d'Estrades possédée par Antoine 
Salât, curé de Sénesiis. Elle vaut 460 livres ^^). 

Celle de Rouèrc, deuxième du nom, fondée sous le voca- 
ble de Notre-Dame de Pitié par Jacques Rouére, bourgeois 
d'Agen. Le testament du fondateur est du 8 avril 1648. Elle 
oblige à une messe par semaine et vaut 420 livres •<. Elle est 
possédée par François Dupérier, curé de Saint-Hilaire de 
Monflnnquin. 

Celle de Dordé-Delbès ou Dorfeuil. du nom de son fonda- 
teur Jacques d'Orpheuil, dit Bourrier, qui la dota de quelques 
biens-fonds situés dans la paroisse de La Sauvetat-de-Savères. 
Elle a pour titulaire Raymond Crusel, prébende de Sainl- 
Elienne. 

Celle des Bordes fondée par une dame de ce nom qui 



(r) Sa dotation consistait en une pièce de terre de onze cartonnais, située près de 
Scmbel, paroisse de Lacapolelte et en une autre de deux carionnats près de la côte 
de Monbran, le tout était affermé 72 livres. 

(3) Elle consistait en quatorze cartonnats de fonds, près du domaine de Luc, pa- 
roisse de Lacapelette et en une vigne de cinq cartonnats au nord du domaine de 
Bellcvue. Revenu total : 80 livres. 

j ; Elle consistait en une faisande comprenant maison, grange, jardin, pré et terre 
labourable, située au lieu de La Clote. paroisses de Sainie-Foy et Lacapelette, le 
tout de la contenance de 7 carterées cinq cartonnats deux picotins, rappoitant 
400 livres 14 sols 10 deniers, y compris un petit tîef en cens, rentes et autres droits 
et devoirs seigneuriaux répandu dans la ville et juridiction d'Agen. 

(4 Elle consistait: i. En plusieurs pièces de terre et une vigne situées dans la pfl. 
roisse de Lusignan-Grand, dune contenance totale de six carierées. affermées ?p li- 
vres : 2. En une chênevière de la contenance de sept picotins, située au lieu de 
Marcot, paroisse de Saint-Hilaire de Colayrnc, affermée ;i livres 10 sols: ;. En une 
pièce de terre de cinq cartonnats, située au-dessus de l'Hermiiage, paroisse de Sainte* 
Foy. louée 48 livres. — Total des revenus : 421 livres 10 sols. 



>**» 126 -" 

laissa )0 livres de rente à la charge de deux messes par 
semaine, etc... 

Tout autour de Notre-Dame du Bourg, vulgairement appe- 
lée la Chapelle, s'étend sur une superficie de 717 toises car- 
rées le cimetière de la paroisse. Il y a en tout de 100 à 
I 10 sépultures par an dont le tiers, à la vérité, se font dans 
les diverses églises des religieux. Les vivants, d'après le rôle 
de capitaiion, sont au nombre de 2677 personnes, formant 
789 lamilles. 

L'église suburbaine de Saint-Vincent des Corbeaux, origi- 
nairement indépendante, est unie depuis longtemps à la cure 
de Saint-Etienne. Elle est desservie par un vicaire qui réside 
dans un petit presbytère. Quelques biens-fonds donnent à la 
Fabrique 45 livres de revenu. 

Le bénéfice cure est à la nomination du Chapitre qui a tous 
les honorifiques. Le curé ri'était à l'origine que le vicaire 
amovible et révocable du Chapitre et, bien que perpétuel de- 
puis longtemps, il se ressent encore aujourd'hui de la bassesse 
de son origine. Hiérarchiquement il est inférieur aux hebdo- 
madiers. Aux saluts c'est à lui d'exposer le Très Saint Sacre- 
ment, de présenter et de tenir le livre des oraisons au chanoine 
officiant. Il est d'usage que le troisième Jour des Rogations, 
le Chapitre fasse une station au cimetière de Notre-Dame 
du Bourg. Au moment de l'absoute, le curé de Saint-Etienne 
doit offrir son étole au chanoine officiant. Ce n'est pas sans 
indignation qu'il subit ces marques de servage ('). Son minis- 
tère se borne au service paroissial ; il n'est pas astreint au 
chœur, il y a cependant sa place, aux bas sièges, lorsqu'il lui 
plaît d'assister à l'office. Il est assisté de deux vicaires. 

La cure de Saint-Etienne vaut 2,495 livres quittes, avec les 



(1) " Le chapitre cathédral a assujetti son curé à lui servir de clerc dans la bé- 
nédiction du Saint-Sacrement, on lui fait présenter l'étole ainsi que le livre au cha- 
noine officiant, etc. » [Mémoire de MM. les Curés d'Agen oij sont déduits d'impor* 
lants grief» qu'ils souffrent de la part du Chapitre, 176J), 



- il-; - 

bénéfices qui lui sont annexés et qui sont : la première cha- 
pellenie d'Ouvré, une de Surcé et le prieuré de Saint- 
Michel ' . il y a un presbytère avec un jardin tout prés de 
Notre-Dame du Bourg. 

Le titulaire actuel est Louis Monlorion. fort bon homme, à 
n'en pas douter, mais faible et fort au-dessous de sa tâche. 
C'est un malheur pour lui qu'il ait succédé à un homme de 
premier mérite. M. Arbeau, dont la perle a laissé un grand 
dcficit dans la paroisse. Louis Monforton renoncera à sa cure 
en 1791 pour devenir premier vicaire cathédral de l'Evéque 
constitutionnel. Après le Concordat, le titre de cathédrale 
étant transféré à I" Eglise Saint-Caprais, il sera nommé curé de 
la paroisse, alors créée, de Notre-Dame d'Agen, 



{\) Revenus de la cure de Saint Etienne: Casucl,6oo livres; Dîme de Saint-Vincent 
des Corbeaux. alTorinée 2,700 livres. Prieuré de Saint-Michel, consistant en un lie( 
au iiinemerit de Martel, produisant en rentes et droits de mutation, 80 livres. La 
Chapcllcnie d'Ouvré, dont on peut voir plus haut le détail des biens, valant 150 li- 
vrtrs. Celle de Surcé qui lui vaut la jouissance d'un grand chai, où se porte la dîme 
de Saint-Vincent, d'une valeur locative de >o livres. Le curé est de droit participant 
aux obits de la cathédrale, ce qui lui vaut 60 livres. Il possède sur le plateau de 
Saint-Vincent quatre cartonnats de terre qui produisent assez pour l'entretien du 
luminaire. — Total des revenus ;,620 livres. 

Cli.trges : Pension des deux vicaires, 700 livres ; le service de la chapellenie d'Ou- 
vré, une messe par scmaiiie, 50 livrés ; Entretien des ornements et des édifices de 
Saint-Vincent des Corbeaux: 100 livres; Décimes, 250 livres; Taille de duuzc car- 
terécs six picotins de fonds, 25 livres n sols ; deniers. -- Total des charges : 1.125 li- 
vres II sols ; deniers. 

Rei'enu net: 5,620 livres — i,i2j livres 11 sols ; deniers = 2,404 livres 8 sols 9 
deniers. 



^ 128 — 



APPENDICE 



ÉTABLISSEMENTS RELIGIEUX ET HOSPITALIERS 



DE LA VILLE DAGEN (il 



I. — LES DOMINICAINS OU JACOBINS W. 

D'après Bernard Gui, les Jacobins s'établirent à Agen en 
1 249(5). Leur couvent fut reconnu et approuvé au Concile de 



(i; Cf. Les Couvents de la ville d'Agen avant 1789, par M. Philippe Lauzun. 

(2) Voir : Les Frères-Prêcheurs en Gascogne aux xiii* etxiv» siècles, par M. l'abbé 
Douais. (Archives historiques de la Gascogne, fascicules vu et viii). 

(?) Il y a à ce sujet plusieurs opinions. Celle de Bernard Gui, qui vécut de 1261 
à I55'i semble mériter la préférence. On lit dans son manuscrit conservé à la biblio- 
thèque d'Agen : « Anno Domini M^CCKLIX», circa festuni sancte Katerine vene- 
runt primitus patres apud Agennum, ut sibi acciperent locum, sicut audivi ibidem, 
a quodani fiatre seniore, Guilleinio Fabri Agennensi, qui, illo anno, Tholose intra- 
verat ordinem. etc.. » Il est bon, au moins à titre de curiosité, de citer l'opinion de 
Jean Réchade, prieur du couvent d'Agen en 1715 : « La tradition des anciens porte 
que le couvent a été fondé par un duc de Guyenne, lequel donna en l'année 1229, 
environ la fête de sainte Catherine tous ses droits seigneuriaux au prieur du couvent 
pro tempore pour marque de quoy les prieurs ont eu les privilèges suivants jusques 
aux derniers troubles. Tous les soirs on portait au prieur les clefs de la ville et 
pour cet effet il y avait une porte près du logis du portier qui subsiste encore. De 
plus le prieur était chef du conseil de ville et quand on procédait à l'élection des 
nouveaux consuls on en élisait sept et on les présentait au prieur qui en tirait un à 
sa volonté et les six restants venaient en solennité prêter le serment de fidélité à 
genoux ». Mémoire de la fondation, privilèges, revenus et autres particularités qui 
concernent le couvent des Frères-Prêcheurs de la ville d'Agen. — Arch, Evêch. 
F. 25), 



Montpellier en 1252 '■. Deux ans plus tard, ils reçurent d'Al- 
phonse, comte de Toulouse, l'autorisation de bâtir leur 
église - . « Tout rôdidce se réduit à un seul vaisseau bâti sur 
un plan rectangulaire. Un portique de trois piliers circulaires 
partage la Colla en quatre parties égales dans le sens longi- 
tudinal. La voûte se subdivise en huit grandes croisées d'ogi- 
ves. Les chevets sont plats, ce qui est un point de ressem- 
blance avec l'église des Jacobins de Paris... Les piliers sont 
composés d'assises de pierre tandis que tout le reste de la 
construction est en brique... Le clocher fort simple s'élève à 
l'angle sud-ouest de l'église '». 

L'Inquisition s'était implantée chez nous, môme avant les 
inquisiteurs. On regrette, faute de documents, de ne pouvoir 
apprécier le rôle qu'elle y a joué •* . D'ailleurs l'histoire de 
nos Jacobins offre bien peu de faits saillants, soit qu'il faille 
en accuser le temps qui détruit tout jusqu'au souvenir, soit 
qu'en réalité elle n'ait jamais eu à enregistrer que de très 
rares événements dignes de passer à la postérité. « Nous 
trouvons, écrivait en 1715 à M. Hébert, le prieur Jean 
Réchade, un traité fait avec le roy Philippe, roy de France et 
le roy Edouard, en conséquence du traité de paix entre les 



(1) Manuscrit de Bernard Gui. 

(2) Voici d'après le mémoire déjà cité, la charte octroyée par Alphonse : « Que 
tous scachent que nous Alphonse, fils du roy de France, comte de Poytiers et de 
Thoulousc, désirant d'élandre le culte de Dieu dans la ville et diocèse d'Agen pour 
un motif de piété et pour le salut de notre âme, avons donné et accordé aux Frères- 
Prêcheurs d'Agen les vingt et un sols que nous tirions annuellement des maisons et 
lieux (mentionnés dans l'original de cette donation) voulant qu'il soit permis aux 
Frères-Prêcheurs de bàlir une église et autres appartements selon qu'eux et leur 
ordre le jugeront plus à propos. En foy et assurance de quoi avons jugé à propos 
de mettre notre sceau. Fait à Vincennes, l'année 1254, le mois de novembre ». 

(;) Etudes sur l'architecture religieuse de l'Agenais, par M. Tholin. 

(4) On lit dans l'Histoire des Albigeois de Guillaume Puyiaurens, chapelain de 
Raymond VII: « Eisdem diebus, circiter LXX.\ traductos hereiicorum in judicio 
coram se confessos de heresi aut convictos apud Agennum eo loco quidicitur Ber- 
laTgas fecit incendio concremari. <> Mais rien n'indique que les Frères-Prècheurs 
aient trempé dans cet auio-da-fé> 



•^ 1 ;o — ' 



pères des dits roys, par lequel ledit roy Philippe bailla l'Age- 
nais avec tous les profits dudit pays et dépendances au dit 
rov Edouard. Et ce traité feut fait dans le cloître des Frères- 
Prêcheurs d'Agen, un jour de mercredy, veille de saint Lau- 
rent de l'année 1279, Arnaldo cpiscopo Ao^inncnsl'^^) ». 

Le 12 janvier 104. autre grande cérémonie « en la meson 
des Frères-Prêcheurs^ dans la chambre du Parlement en la 
cité d'Agen ». où fut rendu solennellement à Edouard, prince 
de Galles et fils du roi d'Angleterre, l'hommage de Gaston, 
comte de Foix et vicomte de Béarn. Jusques à la fin du mois, 
du 1 5 au 25, quarante seigneurs de l'Agenais, barons, comtes, 
abbés, etc.. lui rendirent également hommage, dans ce même 
couvent >^), 1» 

C'est dans la même « meson » qu'en 1537 fut établi le tri- 
bunal inquisitorial, chargé d'informer contre les partisans de 
Luther. La procédure nous en a été conservée sous ce titre : 
« Révélations de témoins sur un monitoire publié dans la 
ville d'Agen contre certains personnages qui enseignent la 
doctrine de Luther '' ». Le malheur veut que l'inquisiteur lui- 
même, Louis de Rocheto, fût brûlé vif à Toulouse comme 
luthérien et que la seule exécution que nous ayons à enre- 
gistrer à Agen, pour crime d'hérésie, soit celle d'un jacobin, 
Jérôme Vindocin. 

En 1561, les huguenots s'emparèrent de l'église des Jaco- 
bins, en chassèrent les religieux et y établirent un prêche. 

« La reine Marguerite de Navarre, en l'année 158^, se 
vint retirer à Agen et parce que le couvent était la plus forte 
pièce de la ville, elle en fit son refuge, la barricada et muni 
de vivres et de poudre. Les salles de l'ancien dortoir du 
noviciat furent le magasin des balles, mèches, poudre et armes. 



(1) Mémoire déjà cité. 

(2) Collection Deipit. T. i, p. it;. Cité par M. P. Lauzun. 

() Archives de l'Ev., série G., n" 29, Pièce résumée par M, Barrèro dang son 
Histoire monum. et relig. etc., t. 11, p. 196 et suivantes. 



— I ', I — 

Elle fit mettre plusieurs canons sur la voûte de l'église et 
voyant qu'on !a poursuivait et qu'on voulait assiéger le cou- 
vent elle sortit par une porte de ville et cependant un soldat 
jeta une mèche allumée sur la poudre qui enleva et brûla tout 
le dortoir du Noviciat sous les ruines duquel plusieurs reli- 
gieux lurent ensevelis. Après cet accident qui ruina le Cou- 
vent, les hue:uenots se saisirent de la ville et firent des mines 
pour faire sauter le reste du Couvent, et ainsi la plupart des 
papiers et litres furent brûlés et par conséquent les revenus et 
privilèges qu'ils contenaient perdus ' . » 

Le Couvent fut restauré grâce à la munificence de la ville et 
à la générosité d'un particulier, M. de Bajamont '-. En retour, 
les religieux reprirent leurs cours publics de philosophie et de 
théologie. Au sujet de ces cours on lit dans le rapport de 
Jean Réchadeà M. Hébert : « On enseigne de temps immé- 
morial et sans aucune interruption publiquement les classes 
de philosophie et de théologie dans ledit Couvent, d'une telle 
manière que notre province dite Occitaine y a establi son 
Université et son étude formelle, y ayant toujours quatre pro- 
fesseurs qui enseignent pour les grades de l'ordre. El depuis 
l'année 1707, au mois d'août, avons obtenu du Roy pour con- 
tinuer d'enseigner, un privilège par les patentes données par 
Sa Majesté à Versailles, aux mois et an susdits dont nous 
conservons l'original' ». En 1762, lors de l'expulsion des 
Jésuites, la direction du Collège d'Agen fut confiée aux Ja- 
cobins, Cette direction leur fut enlevée par lettres patentes du 
roi en date du 2 mai 1767. On ne sait pas le motif de leur 
disgrâce, mais on peut supposer que leurs tendances jansé- 
nistes avaient rendu leur enseignement suspect. 

« Pour ce qui regarde les revenus du Couvent, ajoute 
Jean Réchade, qui écrivait en 171 5, ils consistent enunepor- 

(i) Rapport du Prieur à M. Hébert, i;iî, Arch. Ev. F. 2). 
(2) Ph. Lauzun, loc. citât., p. 82, 
(j) Rapport du Prieur, etc.. 



I ?2 



tion de dîme de la paroisse de Clermont-Dessus qui peut 
aller à i ^ ou 20 pistoles bon an ou mal an : nous avons de 
plus une petite faisande dans la paroisse de Monbus qui nous 
donne quinze ou seize sacs de seigle ; nous avons de plus une 
pièce de vigne près de Fliermitage d'Agen, oij nous ne re- 
cueillons, depuis bien des années, que quatre à cinq barri- 
ques de vin. Nous avons en outre une rente de 600 livres 
annuellement sur l'Hôtel-de-Ville, dont une partie s'en va à 
payer les charges du clergé et autres impositions royaux 
d'une telle manière qu'avec tout cela on ne saurait fournir aux 
besoins de la maison et subsistance des religieux si on n'avait 
recours à la quette et charités des fidelles (') ». En 1789, les 
biens du même Couvent consistent encore en quelques dîmes 
à Clermont-Dessus et à Saint-Victor, une métairie à Mon- 
busc, la vigne de Las Gravères au coteau de l'Ermitage et 
en rentes constituées -^. A quoi il faut ajouter un petit fief en 
menu cens répandu sur les paroisses Saint-Etienne, Sainte-Foi, 
Monbran, Monbusc, etc.. Le 6 décembre 1784, les religieux 
ont donné à cens une partie du jardin dépendant de leur com- 
munauté situé rue du Pont-de -Garonne, moyennant 1,500 
livres de deniers d'entrée et une rente directe et foncière de 
15 livres par an. De même, le 17 août 1786, ils ont donné à 
locaterie perpétuelle une pièce de terre située au coteau, 
moyennant une rente de 36 livres '5). Tout leur revenu peut 
aller à 3,500 livres, chiffre inférieur à celui des dépenses (4). 
Parlant du personnel, Jean Réchade s'exprime ainsi : 
« Pour ce qui regarde le nombre des religieux nous sommes 
ordinairement une vingtaine, on avait accoutumé d'être davan- 
tage avant ces mauvaises années ». En 1789, on n'en compte 
plus que sept, savoir : 



(1) Archives de l'Evêché. Série F, 25. 

(2) Ph, Lauzun, loc, cit. p, 90, 

(?) Voir le Sommier de la Bibliothèque du Petit Séminaire, 
(4) Ph, Lauzun, loc, ci(. 



ï 

* 



— I ;; — 



Le Père François Barèges, sous-prieur. 

Le Père Breihous, futur assermenté et abdicataire. 

Le P. Degès. 

Le P. Delbez, qui sera élu curé constitutionnel de Brax et 
Gouiard. 

Le P. Gary, qui tombera dans les pires excès révolution- 
naires. 

Le P. Vialenc, affilié au Couvent de Bclvez en Périgord. 

Le frère convers Ducourneau '''. 

11. — LES CORDELIERS 

Peu après les Dominicains, les Cordeliers vinrent s'établir 
à Agen. On n'a point la date exacte mais il est certain qu'elle 
est antérieure à 1262 - . Ces religieux bâtirent leur Couvent 
hors la ville, sur l'emplacement où s'éleva plus tard celui des 
Carmes Déchaussés. « L'église et le cloître avaient tant de 
dorures qu'on l'appelait le couvent doré. Philippe de Valois, 
roy de France, le fit démolir Tan 1 338, afin qu'il ne servit pas 
de citadelle aux Anglais contre la ville. Le marbre du cloître 
fut donné aux chanoines de l'église cathédrale qui s'en servi- 
rent pour orner la leur ' . » Les religieux reçurent en 1 344 
5,000 livres d'indemnité •♦ . ils s'installèrent provisoirement 
près de la chapelle de Notre-Dame du Bourg, mais ils furent 
de nouveau délogés par le Chapitre Saint-Etienne qu'offus- 
quait leur voisinage et qui ne leur laissa de repos que lors- 
qu'ils se lurent enfin réfugiés à l'hôpital Saint-Georges. Ils 
commencèrent en 1 34^ la construction de leur couvent actuel 



(1) Cette liste est donnée par M. Ph. Lauzun, qui l'a tirée des Archives Dépar- 
tementales. Biens Nationau,\. 

(2) Ph. Lauzun, loc. cif p. 99. 

(?) Letire du F. Bleillale gardien, à M. Hébert, 171;. Archives lEvêchc, F. 20. 
[4] Cette somme, dit Labrunie, équivaudrait à 00,000 livres de notre monnaie. 



et de leur église. « Cette église est mi-partie en briques et en 
pierres. La nef fort large a trois travées voûtées en grandes 
croisées d'ogives légèrement surhaussées . L'abside a sept 
pans, et ses compartiments de voûte sont relevés. Ces voûtes 
sont relativement fort larges, tandis que les formes du comble 
sont légèrement élancées. Les arcs, ogives en plein cintre, 
doubleaux et formerets en tiers point obtus, sont revêtus de 
moulures prismatiques. Leurs sommiers reposent sur des 
consoles. Des fenêtres assez hautes mais étroites s'ouvrent 
dans les travées et dans les côtés du choeur. Leur remplage a 
le style de la fin du xiv*" siècle. Les compartiments ménagés 
entre les contre-forts ne sont pas réguliers. Ceux du Nord, 
moins larges que les autres, sont anciens. Ces constructions 
accessoires correspondent avec la nef par des arcatures gé- 
minées. ^'), » Le clocher est une petite tourelle en carré long, 
s'appuyant sur le haut des contreforts dans l'angle sud-est. A 
l'angle oriental de l'abside s'élève une flèche élancée ^2). A 
l'ouest se trouve le cloître en forme de trapèze avec une 
citerne au milieu ''). Ses murailles offrent une série de tableaux 
représentant les miracles de saint François (4\ On remarque, 
à côté du maître-autel le beau mausolée du maréchal Charles 
Biaise de Monluc, tué au siège d'Ardres en Picardie. « Les 
huguenots brûlèrent le couvent des Cordeliers en 1561. Il a 
été remis dans l'état oij il est à présent par les aumônes des 
fidèles. Le premier dimanche du carême la procession géné- 
rale de la ville y va chanter la grande messe. Le prédicateur 
s'y transporte pour y prononcer son discours. Cette proces- 
sion se fait pour rendre grâces à Dieu d'avoir délivré la ville 
de la peste (de 1629) par l'intercession de saint François '5). » 



(1) M. Tholin, loc. citât. 

(2; Ph. Lauzun, loc. cit. p. 108. 

(î) Id. ibid. 

(4) Saint-Amans, Antiquités du département Je Lot-et-Garonne. 

'S) Lettre du F. Biciliatte. 



±i 



— IT? — 

En 175B, se tint à Agen le Chapitre provincial des CorJe- 
liers qui s'y trouvèrent au nombre de cent ' . 

Le Couvent des Cordeliers d'Agen « étant de la régulière 
observance ne possède et ne peut posséder aucun fond. Les 
religieux ne retirent leur subsistance que des aumônes des 
fidèles et de la sacristie dans laquelle on conserve une dent 
de sainte Apollonic par la vertu de laquelle plusieurs malades 
reçoivent du soulagement^- p. ils possèdent cependant un 
jardin conligu à leur maison qui leur fournit le potager néces- 
saire à leur consommation et des rentes obituaires montant au 
total de 225 livres, 6 sols, 8 deniers, trois sacs de blé et deux 
barriques de vin. Leurs dettes actives s'élèvent à la somme 
de 829 livres, 6 sols, 8 deniers ('). 

Voici l'état des religieux : 

Pierre Beaufils, futur assermenté. 

Jean Capistrou Crochepierre, idem. 

Henri Landié, idem. 

Mathieu Monié. idem. 

Pierre- Bertrand-Noé Pardieu, idem. 

Auguste Pradié, 

Baziie Roujol. 

Antoine Vallet, idem. Il se mariera, 

Antoine Domergue, frère lai. 

Jacques Picard, frère lai. 

Religieux affiliés à la maison d'Agen : J.-B. Monié. futur 
constitutionnel et Vincent Ratier, clerc profés i-*. 



(0 r*- Lauzun, loc. cit. p. 124. 

(2) Lettre du F. Bieillatc. 

(}) Ph. Lauzun, p. 120 et 127- 

(4] D'après la liste donnée par Ph. Lauzun. op. cit. p. 127. 



- I ',6 - 



III. — LES GRANDS CARMES 

Les Grands Carmes s'établirent à Agen vers 1272, dans 
un fief du Chapitre Saint-Etienne, près de la Porte du Pin('). 
D'après la tradition, le fondateur serait un seigneur de 
Rovinha -•. L'église fut ruinée par le temps et par les guerres 
en 1535 '5 ■. Pour aider à la rebâtir le Pape Paul III expédia 
une bulle en novembre 1535 par laquelle il accorda une indul- 
gence plènière à tous ceux qui pendant les cinq années sui- 
vantes visiteraient cette église à certaines fêtes. Cette indul- 
gence fut publiée dans les diocèses d'Agen, Auch, Montauban, 
Bordeaux, Lectoure, Sarlat, Cahors, Condom et Bazas. Les 
charités furent si abondantes que l'église fut achevée avec les 
trois quarts de la voûte en 1 5 39^4 , On y mit la dernière main 
grâce à la générosité de M. de Gelas qui mourut en 163 3 (^). 
« Orientée vers le sud-est elle est une des plus vastes de la 
ville '^). Sur le même plan que l'église des Cordeliers, sa lon- 
gueur mesure environ vingt toises et sa largeur intérieure 
six toises. Elle est à une seule nef, divisée en trois travées 
irrégulières et terminée d'un côté par une abside à sept pans, 
de l'autre par une tribune qui en occupe tout le fond. Entre 

(1) p. Lauzun, loc. cit. p. 157. 

(2) Mémoire du nombre des Religieux, etc. Archives de rEvêchc, F. 15. 

(}) Pendant la grande sédition d'Agen en 1515, 2,000 insurgés s'eniparcrenl du 
couvent. 

(4y Parmi les plus généreux bienfaiteurs il faut citer Jean Malbec qui laissa 
100 écus pour la construction des voûtes. Le même Malbec fonda en 1557 dans 
l'église des carmes une chapellenic qui portait son nom. Les patrons de ce bénéfice 
étaient en 1789 le marquis de Mesme, le comte de Lacépède, M. Dauré de Pradcs 
et M. de Caussade. Le titulaire était Jean Auguste Narbonne Pélet, chanoine de 
Saint-André de Bordeaux. Les biens consistaient en une maison rue du Pin, en 
deux pièces de terre, situées à Rigal, paroisse de Mérens, de trois carterées, un 
cartonnât, et deux autres pièces de terres situées à La Salève, de six carterées et 
demie. Le tout éiait affermé 400 livres. 

(s) Mémoire, etc. 

(6) En 1685, dit Labrurtie, les Carmes y placèrent ce beau retable que les curieux 
et connaisseurs vont visiter. 



— 1 



chaque contrefort intérieur s'élève une chapelle. Les travées 
(Je la nef sont voûtées en croisées d'ogives. Au midi s'étend 
le cloître, de dimension fort vaste qui occupe tout le centre 
du couvent^'). 

Profitant de la bonne passe qu'ils traversaient, les religieux 
construisirent en môme temps que l'église un beau couvent. 
Mais les aumônes des fidèles ayant cessé tout à coup ou pris 
un autre cours ils sont demeurés fort pauvres et depuis des 
siècles ils luttent péniblement contre l'extrême misère. 

Leurs revenus annuels sont : Un huitième du revenu d'un 
moulin à Layrac, affermé 400 livres ; la métairie de I^ech 
Lavergne près Foulayronnes, rapportant 350 livres ; une 
maison avec jardin, rue Bourrou, à Agen, 60 livres; une vigne 
à Rosie, paroisse de Sainte-Foy, 80 livres ; une vigne à 
Saint-Vincent des Corbeaux. 20 livres ; deux pièces de terre 
à Sainte-Radegonde et à Péchabou ; le jardin contigu à la 
maison, 300 livres ; un petit fief en menu cens répandu à 
à Agen et à Saint-Vincent des Corbeaux et quelques rentes 
foncières, 68 livres ; des rentes obituaires ?. 11 livres. Total 
des revenus: 1678 livres, dont il faut défalquer 129^ livres 
pour les charges (*). 

Au milieu du xvii" siècle il y avait encore seize à dix-huit 
religieux. En 1715 ils n'étaient plus que neuf, ils sont aujour- 
d'hui réduits à six qui sont : 

Simon Estoc du Casse, prieur. 

Hilaire Montozon, sous-prieur. 

Ignace Carayre, futur abdicataire. 

Clément Démena, aumônier du Régiment patriotique 
d'Agen, futur assermenté, esprit un peu borné et chauvin. 

Jacques-Elisée Ithier, futur assermenté, 

Gabriel Béhel, frère ('). 



(1) Ph. Lauzun, loc. cit. p. 148. 

(2) Ph. Lauzun. Archives départementales. Sommier du Petit Séminaire, 
;;, Idem. 



IV. — LES AUGUSTINS. 

L'arrivée de ces religieux à Agen paraît dater des derniè- 
res années du xiii' siècle ('). Us s'établirent, dit Labénazie, 
dans un fief du Chapitre Saint-Caprais (-). Les seigneurs de 
Monpezat méritèrent par leurs libéralités le titre de fon- 
dateurs. Brûlé par les huguenots, en 1561, le couvent fut 
rebâti sur ses ruines, « il est maintenant assez beau, mais 
placé dans un lieu malsain près des remparts de la ville (') ». 
L'église a deux nefs fort inégales de trois travées chacune. La 
grande se termine par un chevet à cinq pans. La petite, for- 
mant bas côté au sud, est formée par une chapelle sur plan 
carré. L'église est recouverte de voûtes en croisées d'ogives. 
La façade est à l'ouest avec la principale entrée donnant sur 
la place des Augustins. Le clocher est à l'angle nord-ouest de 
la façade, il semble qu'à l'origine l'église n'avait qu'une nef et 
que le bas-côté du sud est une addition postérieure. On voit 
du côié droit du maître-autel, dans le creux de la muraille, le 
tombeau de J. César Scaliger^4). Au nord de l'édifice s'étend 



[l'j Ph. Lauzun, loc. cit. p. i68. L'évêque de Bath, en Angleterre, nommé Ro- 
bert Bornai, sacra (comme le portait une ancienne inscription) leur maître-autel. 
(Labrunie, Cat. rais, des Evêq. art. Arnaud Delgot). 

(2, Sur remplacement actuel des Filles de Marie. 

(?) Arch. de TEv. F. 5. Etat de la fondation, etc., du couvent pour le Prieur en 
17I). 

14 Jules César Scaliger, dit Labrunie à l'année i))8, de son Abrégé des Anti- 
quités d'Agen, fut enterré aux Augustins, dans le sanctuaire, du côté de l'épitrc. 
Quand on vendit lEglise avec le reste du couvent, en i 792, on ouvrit son tombeau. 
Un très petit ossement était tout ce qui restait de cet homme, que son fils nous 
peint d'une très haute stature et très robuste. M. Fallières, le savant éditeur de La- 
brunie, annote ainsi ce passage: «Labrunie était mal renseigné. On sait que la 
Société d'Agriculture, Sciences et Arts, possède dans ses archives le crâne de Jules 
César Scaliger, soustrait par un agenais patriote au vandalisme révolutionnaire». 
Le reproche n'est pas fondé. On lit, en effet, dans « l'Etat de la fondation » déjà 
cité: Le crâne de Scaliger que nous gardons dans une armoire (à part) comme une 
curiosité est double et d'une grosseur plus qu'ordinaire. 



le cU)ître, à pou près rectangulaire, voûté en croisées d'ogi- 
ves et sur trois de ses faces occupant huit travées. Les arca- 
tures extérieures reposent sur des supports composés chacun 
de deux élégantes colonnettes, surmontées de chapitaux 
géminés, le tout en beau marbre blanc, teinté de gris, des 
carrières de Saint-Béat '\ 

« Le 15 février i('>}^. le provincial des Augustins étant 
arrivé pour établir la réforme, les anciens Pères s'y opposè- 
rent et quoique le Présidial y fui en corps, le Père provincial 
ne put venir à bout des anciens Pères. 11 en fut fait un procès- 
verbal sur lequel le Proviricial obtint un arrêt au Parlement 
qui obligeait les anciens d'obéir. La chose fut exécutée et le 
Provincial renvoya ailleurs les anciens et mit des religieux 
réformés qui vivent exemplairement à l'édification du peuple 
et à l'honneur de leur ordre '- ». 

Parmi les autres menus faits qui composent toute l'histoire 
de cette maison religieuse, il est bon de relever la tenue d'un 
chapitre provincial en 1606. Ce chapitre fut marqué par quel- 
ques incidents qui montrent bien jusqu'où allait, sous le grand 
roi. l'ingérence du pouvoir civil dans les affaires religieuses. 
« Le 10 et le 11 de mai. les Augustins tinrent leur chapitre 
dans Agen, par ordre du roi. 11 fut assemblé dans Agen 
quoiqu'il fut défini à Toulouse. Il y eut deux religieux ren- 
voyés par l'ordre du Roy avant l'assemblée du chapitre. Le 
P. Dauras fut nommé provincial, mais comme dans l'ordre du 
Roy, ce Père avait l'exclusion, on procéda à une seconde 
élection. Suivant les ordres de la Cour on révoqua un décret 
porté depuis longtemps qui obligeait les Augustins d'ensei- 
gner et de suivre les sentiments d'Egidius Romanus... les sen- 
timents de ce théologien n'étant pas agréables à Sa Majesté''^». 

L'église est une des plus riches en reliques de la province. 

(1) Ph. Lauzun, loc. cit. p. 170. 

(2) Labénazie. — Annales. 
; Labénazie. Hist. ms. 



Elle possède des reliques de la sainte Epine, de saint Louis, 
de saint Eutrope, de saint Jean-Baptiste, de saint Loup, de 
saint Etienne, de saint Urbain, de saint Rémy, de saint Vin- 
cent, de saint Antoine, de saint Aureille, évêque d'Arles, de 
saint Claude, de saint Mesme, de saint Côme, de saint Ger- 
vais, de sainte Rose, de sainte Raffine, de sainte Barbe, de 
sainte Anne, de sainte Catherine et de sainte Quitterie ('). 

Moins riches en biens matériels les Augustins n'ont que 
2.363 livres de revenus annuels provenant : 

D'une métairie appelée Séailles, située au lieu de Berda- 
lou dans les paroisses de Saint-Amans et de SauUe-Rade- 
gonde. de la contenance de vingt-neuf carterées et demie, 
avec maison, grange, etc. Cette métairie est affermée 1,200 li- 
vres. D'une petite faisande, affermée 355 livres, située au 
lieu de Contensou, paroisse de Saint-Hilaire d'Agen, consis- 
tant en maison, grange et terres labourables. D'une pièce de 
terre d'une carterée et demie, située au lieu de Combarieu, 
paroisse de Monbran. De quatre jardins attenants à leur 
communauté. D'un emplacement appelé la Salpétrière. De 
quatre petites maisons attenantes. D'un petit fief en menu 
cens répandu dans la ville et juridiction d'Agen. Enfin de 
rentes obituaires et foncières produisant 416 livres (^). 

On comptait 12 religieux en 1715. Ce nombre diminua 
dans la suite, si bien qu'en 1767 la commission des congré- 
gations religieuses hésita à supprimer cette communauté. Elle 
l'épargna cependant mais ne la sauva pas de la décadence. 
Elle ne compte aujourd'hui que trois membres qui sont : 

Pierre Rouaix, prieur, futur assermenté. 

Sébastien Janson, sacristain, futur assermenté. 

Joseph-Jean Peytou, futur assermenté ('). 

(0 Idem. Ibid. 

(2) Ph. Lauzun. Archives Dép. Biens Nationaux. Sommier du Petit Séminaire. 

(î) Un religieux du Couvent d'Agen jouit d'une certaine célébrité. C'est le 
P. Germain Cortade. Voir dans la Bibliographie de l'Agenais, de M. Andrieu, ssi 
biographie, le titre de ses ouvrages, les études qui lui ont été consacrées. 



— (4l — 

V. — LES CAPUCINS. 

On lit dans les Mémoires de Nicolas de Villars^'J : « En 
l'année 1600 et le 2^ avril la croix bénite par nous, en noire 
église cathédrale à l'issue dc3 vêpres, fut portée en proces- 
sion jusques au lieu où était auparavant une église et prieuré 
de Saint-Michel assistants les Consuls et grande multitude de 
peuple. Le dit lieu leur ayant été donné par nous -/ (aux 
P, Capucins) pour y bâtir une église et un couvent et ainsi 
pris possession et marqué la place pour cet effet. Le i } mai 
1601 la première pierre fut bénite et posée par nou^ à l'église 
avec l'assistance de MM. les Présidiaux et consuls de la 
ville, où il y eut prédication du Père Saint-Ange '^^ mon 
neveu... Le 2 septembre 1607 avons consacré l'église el 
l'autel principal en l'honneur de saint Michel ». 

Cette église a vingt toises de long sur dix de large. Elle 
est à une seule nef, à cinq travées inégales, flanquée sur sa 
partie orientale de deux chapelles latérales, dont l'une est 
dédiée à Notre-Dame de Grâce. Le choeur est à chevet plat, 
divisé en deu.x travées, couvertes de voûtes d'arête, comme 
les autres travées de la nef. il n'y a point de clocher, la cloche 
est sous un petit dôme, au-dessus de la première travée du 
choeur •♦ , 

Les Capucins tinrent deux fois à Agen leur chapitre pro- 



1; Archives de i'Evcchc. C. 2. 

3 Nicolas de Villars ne se contcnia pas de donner aux Capucins l'emplacement 
de celle Eglise de Saint-Miciiel qui avait été détruite par les huguenots, il y ajouta 
Joo écus. ^Rapport du Gardien de M. Hébert, 1715. Arch. Ev. F. 8 , 

()) Le rapport du P. Gardien débute ainsi : L'an 1600, feu Mgr de Villars donna 
ta station de sa Cathédrale au Père Archange de Lyon, capucin, son neveu, qu'il 
remplit avec tant de zèle et de succès que les messieurs dAgen furent supplier Sa 
Grandeur de vouloir établir des Capucins dans leur ville, ce qui fut exécuté sans 
délai. 

,4 Ph. Lauzun, loc. cit, p. ;oi et 503. 



vincial. « Le 6 septembre 1607, écrit Nicolas de Villars, les 
pères capucins ont commencé leur chapitre provincial et con- 
tinué jusqu'au 12, auquel jour de grand matin je les aurois ; 
accompagné à Notre-Dame de bon rencontre où ils seraient 
tous allés en procession et là j'aurais dit la messe et communié 
tous outre plusieurs personnes séculières(') ». Voici comment 
s'exprime Labénazie au sujet du second : « Le 9 mars 1684, 
les capucins firent l'ouverture du chapitre général qu'ils 
tenaient dans Agen, par l'exposition du Saint Sacrement. 
M. l'Intendant du Ris reçut l'ordre de la Cour de venir à 
Agen pour veiller qu'il ne se passât rien dans ce chapitre 
contre les intentions de la Cour et pour y faire observer le 
bon ordre. Le surintendant y arriva le 8 de mars et y demeura 
jusqu'au 11. Les suffrages furent libres et l'élection du pro- 
vincial et des définiteurs fut faite assez paisiblement. Le Père 
Archange de Bordeaux fut élu provincial et celui qui avait eu 
recours à la Cour fut exclu par la pluralité des suffrages (^) ». 
A part ces deux faits, l'histoire des Capucins d Agen n'offre 
rien de mémorable. 

Comme moyens d'existence les Capucins n'ont guère que 
le produit des quêtes qu'ils font tous les jours dans la ville 
et dans la campagne et les fruits de leur vaste jardin. En 171 5, 
suivant le rapport du gardien à M. Hébert, la communauté se 
composait de vingt à vingt-quatre religieux. On en compte 
aujourd'hui encore seize, qui sont : 

P. Etienne, gardien, prêtre. 

P. de Villeneuve, vicaire, prêtre. 

P. Bernardin de Valence, prêtre. 

P. Pacifique de Villeneuve, prêtre. 

P. François du Vigou, lecteur en théologie, prêtre. 

P. Joseph de Sainte-Foi, prêtre. 



(i) Mémoires de Nicolas de Villars, loc citât, 
(2) Labénazie. Annales, 



P. Luc, prôtre. 

P. Bôni^ne, clerc. 

F. Chérubin, clerc. 

F. Hyacinihc, clerc. 

F. Clément, clerc. 

F. Fidelle, clerc. 

F. Silvestre, lai. 

F. Côme, lai. 

F. Antoine, lai. 

F. Silvestre, lai '). 

Lorsque, dans quelques mois, ils seront interrogés sur leur 
intention de rester au couvent ou d'en sortir, ils répondront à 
l'unanimité qu'ils veulent vivre et mourir dans l'ordre. 



VI. — LES CARMES DÉCHAUSSES 

En 1627. sur la demande de plusieurs des principaux habi- 
tants d' Agen, le Provincial des Carmes Déchaussés de France 
demanda à l' Evoque et aux consuls d'Agen l'autorisation 
d'établir dans leur ville un couvent de son ordre. Malgré la 
réponse favorable du prélat et des premiers magistrats de la 
cité, cette tentative échoua on ne sait pour quelle cause. 
Elle fut renouvelée avec plus de succès le 3 avril iO:;8. Les 
consuls donnèrent leur autorisation aux conditions suivantes : 
que les religieux admis s'engageraient comme les autres de 
la ville à confesser et à visiter les malades lorsqu'ils seraient 
appelés, à chanter une grand'messe à chaque anniversaire de 
leur établissement et d'y prier les consuls, à payer tous les 
impôts, à renoncer à la besace et à la quête publique et à 
fournir un cautionnement de i ,600 livres placées sur l'Hôtel- 
de-Vi!le. Ces conditions furent acceptées par le P. Provincial 

[i] Ph, Lauzun, p. 311. Archives départementales, Biens nationaux^ 



— 144 — 

d'Aquitaine le 9 mai 1658. L'Evêque donna son consentement 
le 22 mars, puis le 29 avril 1659. Grâce aux libéralités de 
M. de Fontmartin, chanoine et sacriste de Saint-Etienne, la 
communauté naissante put acquérir un bien appelé de Lon- 
drade où déjà les Cordeliers avaient eu leur premier établis- 
sement. Le 19 mars 1660, Jean de Soldadié, grand archi- 
diacre, y planta solennellement la croix. La première pierre 
du Couvent fut posée par les consuls le 10 novembre 1664 ('). 

Les Carmes Déchaussés possèdent un grand pré attenant 
à leur maison, affermé 220 livres ; un grand jardin servant à 
leur potager ; quatre petites maisons et jardins loués 276 li- 
vres ; un fief en menu cens répandu sur plusieurs maisons des 
faubourgs de la Porte-Neuve et de Saint-Louis, et 984 livres ; 
de rente : le tout portant 1,480 livres de revenu, ce qui est 
insuffisant '-). 

La maison peut renfermer seize ou dix-sept religieux^ elle 
n'en contient que six qui sont : 

P. Arsène, prieur. (J. Delpech). 

P. Bertrand, ^ous prieur. (J. Bousquet). 

P. Séverin de Saint-Biaise, prêtre. 

F. Romain, frère convers. (Antoine Brunet). 

F. Athanase, idem. (Jean Neuville) 

F. Bertrand de Saint-Pierre, idem. (J.-P. Sansanet) (5), 



(1) Voir Archives de l'Evôché, F. ij. Ph. Lauzun, op. citât, chap. x, Les Petits 
Carmes. 

(2) Ph. Lauzim, op. cil,, p. 368. Sommier du Petit Séminaire. 
{}) Ph, Lauzuii, op. cit. p. 366. 

Agen posséda quelque temps dans ses murs un autre ordre mendiant! les Frères 
Minimes. Ces religieux s'étaient établis à Agcn par lettres du Roi, datées du 8 fé- 
vrier 1658. Après avoir séjourné ti ois ans près de la Place Paulin, ils achetèrent une 
vaste maison rue Porte-Neuve, le 9 août 1661. Le 10 juillet 1708, M. Hébert posa la 
première pierre de leur église qu'il consacra le 50 mars 1710. Les religieux étaient 
alors au nombre de six. Us n'étaient plus que deux depuis longtemps, lorsque la 
maison fut supprimée au mois de septembre 1775. Le couvent fut vendu à un par- 
ticulier qui le rasa ainsi que l'église et bâtit sur l'emplacement d'après les plans de 
l'architecte Leroy, un magnifique hôtel, (Voir Ph, Lauzun, op, cit. p, J70-J90). 



'4> 



VII. — LES TIERÇAIRES OU RELIGIEUX 
DE PICPUS 

En 1687, les religieux licrçaires de Bon-Encontrc résolu- 
rent de créer à Agen un hospice pour leurs malades. A cet 
eiïet, ils achelérent, le 12 juin i<')t'»7, l'ancienne maison du 
Séminaire. Le 6 juillet de la même année Mascaron leur 
donna son autorisation ; iU obtinrent, le 17 juillet suivant, celle 
des consuls et enfin des lettres patentes du Roi, confirmati- 
ves du nouvel établissement en février 1696. Ils se mirent 
aussitôt à bâtir leur église qui fut achevée et bénite le 24 no- 
vembre 1700. Celte église est rectangulaire et à trois travées. 
Elle mesure intérieurement neuf toises de long et quatre de 
large; le sanctuaire, deux toi>.es. trois pieds et demi de long. 
La hauteur de la nef est de trois toises et demie. Elle est 
toute lambrissée de bois de sapin '). 

Les revenus de cette maison consistent en douze sacs de 
blé froment que la communauté de Bon-Encontre donne 
annuellement, plus deux barriques de vin. plus la somme de 
300 livres payées annuellement par la communauté de Tou- 
louse, plus 9^ livres de rente... La principale ressource est la 
quête. 

Il y avait six religieux en 171 >. Il y en a trois de nos jours : 

P. Elzéar Sanchely, gardien qui sera détenu en 1793. 

P. Boniface Malateste, de Beaufort, vicaire, idem. 

F. Protais Barthe. 

VIII. — LES ERMITES DE SAINT-VINCENT (^) 
L'ermitage d'Agen est situé sur le coteau de Pompéjac, 

(1) Ph. Lauzun. op. cit., p. 425-4;;. 

(2) Voir Ph. Lauzim. op. citât., p. 44>-4()(>. — M. Barrcrc : Ermitage de Saint- 
Vincent de Pompéjac, etc. 



io 



- 146 - 

rendu célèbre par la retraite de saint Caprais et le martyre de 
saint Vincent. Depuis les temps les plus reculés, le Chapitre 
Saint-Caprais y possédait une église qui fut détruite par les 
huiruenots et reconstruite en 1600. C'est dans ce lieu vénéré 
que le frère Eymeric Roudilh obtint de se fixer en 161 2. Anne 
d'Autriche, de passage à Agen, y alla en pèlerinage le 
9 août 1621. Cette princesse combla de ses bienfaits la com- 
munauté naissante et obtint du Roi deux brevets confirmatifs 
de son établissement, l'un du 13 mars, l'autre du mois d'août 
de 1643. L'évêque d'Agen, Barthélémy Delbène, donna ses 1 
lettres d'approbation le 11 avril 1647 ('). 

« L'ermitage ne consistait d'abord qu'en quelques grottes 
creusées par les religieux eux-mêmes dans le rocher et qui 
existent encore. Dans lasuite, par un contrat du 19 août 161 ç, 
les religieux acquirent trois picotins de fonds en vigne auprès 
des grottes, moyennant le prix de 18 livres 15 sols. Par un 
autre contrat du 28 mai 1618, ils acquirent un lopin de vigne 
de huit pasde largeur sur treizede longueur, etc.. Vers l'épo- 
que de ces différents contrats ou depuis, ils ont encore creusé 
dans le rocher ou bâti de leurs propres mains la plupart soit 
des différents oratoires qui dépendent de leur maison, soit des 



(i) Ce qui n'empêcha pas les ermites d'être troublés dans leur possession. 
Voici, d'après Argenton, le plus rude assaut qu'ils eurent peut-être à soutenir : « Il 
n'y a que quelque temps que les Jésuites trouvant cet ermitage à leur bienséance, 
— on sait combien il esta portée de Bellevue qui leur appartenait — représentèrent 
à la Cour qu"il n'était habité que par des vagabonds, sans lettres patentes et qu'on 
y tolérait. Ils présentèrent même un long mémoire oij ils faisaient de nos ermites un 
portrait d'autant moins ressemblant qu'il n'était lors, personne dans Agen qui ne rendit 
justice à ces bons frères sur la pureté de leurs mreurs et sur leur bonne conduite. 
Le ministre à qui ce mémoire fut adresse le renvoya à M. de Chabanes, évêque 
d'Agen pour s'informer de la vérité des faits qui y étaient contenus. Le prélat indi- 
gné de la conduite des Jésuites leur reprocha durement d'avoir abusé de la simplicité 
des bons religieux qu'ils dirigeaient et de cacher sous les dehors de l'amitié, la 
plus noire trahison. Il rendit ensuite au ministre un témoignage si authentique de la 
vertu des ermites, que les P. Jésuites crurent devoir remettre à un autre temps, un 
projet qui n'avait pu leur réussir et dont la tentative indigna toute la ville contre 
eux, » (Abr, Chron de Labrunie, an, 1647), 



— 147 - 

appartements qui en sont accessoires. Maintenant il est de 
leur possession une carterée cinq cartonnats de fonds en 
vii^ne, payant dîme au Chapitre Saint-Caprais et le surplus en 
édifices, en jardins, en patus et en pré... Les revenus consis- 
tent en douze barriques de vin, année commune, qui ser- 
vent à la consommation annuelle de la maison. Ce vin à 
vingt livres la barrique, forme un revenu de 264 livres. Le cou- 
vent a de plus quelques créances en ville ■' ; de sorte que 
l'ensemble des revenus peut être évalué à la somme de 710 
livres, 18 sols, 7 deniers. Les charges se montent au chiffre 
de 276 livres, 17 sols, 8 deniers, il reste donc pour vivre la 
somme de 434 livres, 11 sols '-^ ». La quête comble le déficit. 

Les ermites ne tiennent à aucun corps ni à aucune société, 
n'ont aucune relation ni correspondance avec aucune maison 
ni ordre religieux, et vivent simplement dans leur ermitage, 
occupés à des actes de pénitence et à la culture, par leurs 
propres mains, des fonds qui dépendent de leur monastère, 
sans faire que des vœux simples, sous l'autorité de l'évêque 
du diocèse, ils ont toujours la liberté de sortir à leur vo- 
lonté ^5). 

Il y avait naguère sept religieux. On n'en compte que cinq 
actuellement. Ce sont : 

F. Dominique-Sylvestre-Eymeric Lavergne, supérieur, qui 
sera détenu en 1794. 

F. Antoine Bernés. 

F. Arsène Ricari de Rieutort. 

F. Paul Belloc. 

F. Joseph Capot ^-"K 



fi) Les Consuls vont chaque année, le 7 novembre, à rErmitape accomplir le vœu 
qu'y fit la reine Anne d'Autriche. Par suite de ce vœu les Consuls doivent donner 
aux ermites une livre de pain tous les jours. 'Sommier du Petit Séminaire . 

(2) Rapport du Supérieur, Eymcric Lavergne. aux officiers municipaux d'Agen, le 
4 août 1790, cité par M. Ph. Lauzun, op. cit., p. 461. 

(j) Rapport du Supérieur, ibid. 

(4) Cité par M, Ph. Lauzun, op. cit., 462, 



^ 148 - 

IX. — LES ORATORIENS (le COLLÈGE d'agen) 

Le Collège d'Agen fut fondé, après de longs pourparlers, 
en 1591. Il eut pour principal fondateur Nicolas de Villars. 
Ce prélat en consacra l'église, le 4 février 1603, et la dédia à 
Notre-Dame de TAssomption, en présence des chanoines de 
son Chapitre, du Maréchal d'Ornano, des consuls et d une 
grande multitude de peuple ('). Bâtie de pierre, elle n'a qu'une 
nef, partagée en trois travées inégales (2). Les classes avaient 
été installées dans une maison voisine, située derrière la tour 
de la Grande-Horloge, où elles sont restées depuis. 

La dotation du Collège comprenait à l'origine, outre l'im- 
meuble qu'on lui avait affecté, diverses rentes. La reine Mar- 
guerite s'était engagée à fournir 500 livres, l'Evêque, 700, les 
deux Chapitres, 500, et la ville, 1,200. Pour se libérer, la 
reine de Navarre donna, en 1600, la somme de 1950 écus 
qui fut placée en rentes constituées. L'évêché d'Agen se dé- 
chargea de son obligation, une première fois sous M de 
Villars, une seconde sous M. Delbène, en 1639, par la ces- 
sion de la cure de Lougratte. Le Chapitre Saint- Etienne 
donne aujourd hui 300 livres, le Chapitre Saint-Caprais 290. 
La rente des Consuls n'a pas varié. Par son testament du 
22 mars 1600, un chanoine de Saint-Etienne, nommé Darel, 
légua au Collège tous ses biens et parmi eux le beau domaine 
de Darel. Ce domaine, situé dans la paroisse de Saint-Feiréoi, 
consiste en maisons pour le maître et le métayer, granges, 
four étables, patus, verger, vignoble et terres labourables. 
11 est affermé 1,500 livres. Le 20 janvier 1623, le Collège fit 
l'acquisition du domaine de Bellevue, situé sur le coteau de 
Saint Vincent, dont il tire 200 livres de revenu et qui sert de 



(1) Mémoires de M, de Villars. Archives de l'Evéché, C, 2, 
(3) Ph, Lauzun, op, cit,, p. 244, 



— MO — 

maison de plaisance. C'est à cette môme époque qu'il acheta 
sept petites maisons attenantes à son mur de clôture et qu'il 
loue 500 livres. Les Consuls lui donnèrent alors également 
(( la jouissance emphytéotique de la terre du Bédat, près 
d'Agen, dont la nue propriété appartenait aux chevaliers de 
Saint Jean de Jérusalem ' », et qui s'atTerme 1,065 livres. 
Outre la cure de Lougratte qui vaut 2, 100 livres, le Collège 
possède, depuis le 25 février 1608, celle de Prayssas qui vaut 
3,480 livres et celle de Saint-Eutroped"Escandaillacqui en vaut 
70. Enlin, le 5 janvier 1714, M. Hébert lui unit plusieurs 
prieurés dépendant de l'abbaye de Clairac, ceux de Marmande 
et de Puiguiraud qui s'atTerment 6,650 livres, celui de Tom- 
bebœufqui vaut 3,940 livres'^.. A quoi il faut ajouter certai- 
nes autres rentes qui portent à 21,091 livres le chiffre total 
des revenus. « Les charges, tant en messes que dettes, déci- 
mes, tailles, pensions des anciens maîtres, réparations, hono- 
raires des professeurs >», atteignent celui de 16,552 livres. 
Reste : 4,539 livres pour faire marcher la maison. 

L'instruction est donnée gratuitement. Sous les Jésuites 
tous les élèves étaient externes, les dominicains commencè- 
rent à recevoir quelques pensionnaires afin d augmenter leurs 
ressources; il y en a aujourd'hui une soixantaine. 

La direction fut d'abord confiée aux Jésuites qui la gardè- 
rent pendant 171 ans jusqu'au i*"' août 1762 où ils furent 
expulsés. Ils étaient 17 religieux, savoir: Un premier et un 
second supérieur, un directeur et un confesseur pour le per- 



(1) Ph. Lauzun, op. cit. p. 218. 

(2} Les prieurés de Cicrmont-Dcssous et de Marsac d'Aras, dépendant de la 
même abbaye avaient été unis également au Collège d'Agen. Ce qui n'empêcha pas 
Louis XIV de les donner sans autre forme de procès à la sacristie de Saint-Jean de 
Latran, par brevet du mois de mars 172Q, enregistré au Parlement de Bordeaux, le 
2 septembre 1729. Les Jésuites protestèrent dès 1729 et demandèrent en compensa- 
tion le prieuré du Deffés, qui ne leur fut pas accordé. Peut-être obtinrent-ils alors 
cette pension de ;.ooo livres sur l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras que l'ont voit figu- 
rer sur un état des recettes du collège de l'année 170;, 

(3) Ph. Lauzun, op. cit.. p. 305. 



— 1^0 — 

sonnel, un procureur chargé du soin des affaires en ville, à la 
campagne, aux bénéfices, etc. Deux professeurs pour les 
deux cours de théologie, deux professeurs pour les deux 
cours de philosophie, un préfet des classes, cinq professeurs 
pour les cinq classes inférieures, trois Irères pour les divers 
offices comme porte, sacristie, couturerie, lingerie, infirmerie, 
cave, réfectoire, cuisine, etc.... Professeurs et régents, tous 
prêtres, devaient prêcher, donner des retraites, faire des mis- 
sions, diriger des congrégations, celles dites des messieurs, 
des écoliers et des artisans, entendre les confessions soit 
dans leur église soit ailleurs et par ce moyen en tenant leurs 
classes travailler en même temps sans relâche au salut des 
âmes, selon l'esprit de la vocation sacerdotale '■). 

Après la dissolution des Jésuites, les Dominicains reçurent 
des autorités locales civiles et religieuses la mission de les 
remplacer. Mais devant l'hostilité manifeste et persistante du 
pouvoir central, ils furent contraints de se retirer en 1767 et 
n'eurent pas le temps de donner leur mesure. 

Des Dominicains la direction du Collège passa, conformé- 
ment à redit de février 1 763 , à un bureau, composé de person- 
nes choisies dans le clergé, dans le corps municipal et parmi 
les notables de la ville. « Ce bureau avait un pouvoir presque 
absolu. Le principal et les professeurs étaient nommés et 
révoqués par lui. Il régissait les biens et les revenus de la 
maison ; il arrêtait en outre les règlements généraux d'études 



(i) Archives de TEvêché, F. 19. — Labrunie juge sévèrement les Jésuites en di- 
vers endroits de ses écrits. On lit par exemple dans son discours sur les historiens 
de l'Agenais. » Argenton fit toutes ses classes à Agen avec autant de distinction que 
cela se pouvait dans un collège alors très faible et que les Jésuites taxés de s'occu- 
per beaucoup plus d'eux-mêmes que de leurs élèves négligeaient beaucoup. » (Ma- 
nuscrit de M. Tourniéy. Il est vrai que dans l'édition publiée par M. Fallières, cette 
phrase est ainsi modifiée: Le jeune Argenton fit toutes ses études à Agen, avec 
toute la distinction que cela se pouvait dans un collège de province où les Jésuites 
qui l'occupaient, commençaient à perdre de ce zèle qu'ils avaient montré quand ils 
s'établirent chez nous.... Ailleurs il dit que ces religieux n'en firent jamais qu'un col- 
lège médiocre. (Tables des actes, an. 1591.) 



— I ; I — 



et de discipline, mais sous condition d'homologation du Par- 
lement (■) ». Qui ne voit combien cette institution était sage 
et surtout libérale, comme elle sauvegardait et ménageait tous 
les intérêts, quelles garanties d'indépendance et de stabilité 
elle assurait aux maîtres, que de motifs de confiance elle offrait 
au public ? On fixa à 1,200 livres le traitement du principal, 
à 1,000 celui du sous-principal et des professeurs de théolo- 
gie, de philosophie et de rhétorique, à 800 celui du régent 
de seconde, ainsi do suite en diminuant de 100 livres par 
chaque classe inférieure. Malheureusement, malgré tant d'a- 
vantages, l'enseignement n'était pas une carrière enviable 
pour l'élite du clergé séculier et s'il était difficile de se pro- 
curer des professeurs, il était presque impossible de les rete- 
nir. 

Voilà pourquoi on dut congédier en 1781 les prêtres sécu- 
liers après leur avoir accordé, àtilred'indemnité, des pensions 
variant de 500 à 200 livres. Sur la motion de M. de Bonnac, 
l'Assemblée des trois Ordres appela les Oratoriens à la direc- 
tion du Collège. Le Roi donna son approbation par lettres 
patentes du 20 juillet 1781, enregistrées au Parlement le 17 
août suivant et les Oratoriens prirent possession le 30 sep- 
tembre de la môme année. Ces religieux, grands partisans des 
méthodes nouvelles denseignement, ont aussitôt créé dans 
notre Collège des chaires de physique et de mathématiques 
que l'opinion réclamait depuis longtemps. 

Voici l'état présent du personnel : 

P. Claude de Parades, supérieur, qui sera dans quelque 
temps nommé vicaire général d'Agen, subira la déportation et 
après le Concordat deviendra chanoine titulaire de la Cathé- 
drale. 

P. Laurent Roche, professeur de théologie, qui sera inscrit 
parmi les insermentés en 1791, deviendra en 1811 le pre- 

(1) Ph, Lauzun, op. cit. p. 247. « 



mier principal de notre Collège universitaire et chanoine 
honoraire. 

P. Joseph Esparia. professeur de logique, remplacé bien- 
tôt par Louis-Pascal Roche, porté comme le précédent en 

I 70 1 sur la liste des insermentés. 

P. François Daignestous, professeur de physique, futur 
assermenté et abdicateur, bon et faible comme un savant. 

P. Gabriel Besançon, professeur de rhétorique. 11 n'est pas 
dans les ordres ; il rentrera dans la vie laïque et continuera 
à Agen la carrière de l'enseignement. 

p. Gabriel Monthus, professeur de seconde, il suivra les 
traces du précédent. 

P. Joseph Paul, professeur de troisième, qui quittera le 
pays en même que le Collège. 

P. Jean Farcit Calbiac, professeur de quatrième ; il prêtera 
le serment et se retirera dans sa famille. 

P. Antoine-Joachim Gros, professeur de cinquième ; il 
n'est pas dans les ordres et retournera à la vie laïque. 

P. Augustin Vialli, professeur de sixième, idem. 

P. Pierre de Parades, préfet de pension, idem. 

P. Philippe Roche, idem, idem (0. 

X. — LES LAZARISTES (le séminaire d'agen). 

Nicolas de Villars fonda, dans les dernières années du 
xvi'- siècle, le Séminaire d'Agen. Il l'installa dans une maison 
rue Paulin, appelée le Collège Saint-Jacques (-) et occupée 

(i) Voir Ph. Lauzun, op. cit., p. 2ÔJ et Arch. départementales. Biens Nationaux. 
(2) Ce collège était un bénéfice, fondé par Jacques Darnaud, le 29 juillet iJuS. 

II comprenait dans l'origine quatre prébendes. (Voir aux Archives départementales, 
un manuscrit relié contenant un catalogue des Archives de TEvêché avant la Révolu- 
tion). On lit dans les mémoires de Nicolas de Villars (Arch. de l'Ev. C. 2) 1592. Vi- 
site du collège Saint-Jacques. Il y a cinq collégiaux. C'est un lieu de débauche et 
tout s'en va en perdition. J'aurais remis à y pourvoir avec le temps. Depuis sur la 
résolution par nous prise d'établir un séminaire aurions jugé le lieu et l'habitation 
fort propre pour y dresser un séminaire et avec le consentement tant desdits colJè 



— is; — 

de nos jours par les rclii^neux tierçaires. Il en confia la direc- 
tion à des prêtres du diocèse et le dota du revenu d'une cha- 
pelle. Le Clergé devait fournir de son côté une subvention 
annuelle. Les ressources étaient si modiques qu'un bien petit 
nombre d'ecclésiastiques pouvait profiter de cette heureuse 
institution. D'ailleurs le recrutement du personnel était très 
difficile. C'est ce qui engagea M. Delbène à recourir à une 
Congrégation qui faisait, pour ainsi dire, sa spécialité de l'œu- 
vre des Séminaires. Ce prélat négocia directement avec Vin- 
cent de Paul. On régla que le Clergé ajouterait aux revenus 
de la chapelle jusqu'à concurrence de 900 livres, que la dota- 
tion primitive serait encore augmentée par l'union des prieurés 
de Sainte-Foy (diocèse d'Agen) et de Saint-Pierre de Mont- 
magnerie (diocèse de Cahors), que la mense du Séminaire 
serait indemnisée des frais de séjour des ordinands ou autres 
qu'il plairait à l'Evoque d'y envoyer. En retour, le Supérieur 
général de la Mission s'engageait à tenir au Séminaire trois 
prêtres de sa Compagnie qui seraient obligés de nourrir et 
d'élever quatre séminaristes au choix de l'Evèque, de faire 
les exercices spirituels préparatoires aux ordinations, etc.. 
Ces conditions acceptées de part et d'autre, les lazaristes en- 
trèrent en fonctions en 1650''). 

Claude Joly perfectionna l'œuvre de ses devanciers en in- 
troduisant au Séminaire l'enseignement régulier de la théolo- 
gie. Pour cela le nombre des lazaristes fut porté à quatre : 
un directeur, deux professeurs de théologie dogmatique et 
morale, un autre chargé d'enseigner le plain-chant et la litur- 
gie. Afin d'indemniser les Pères de la Mission de l'adjonction 
d'un quatrième prêtre, l'Evèque les déchargea de l'entretien 
des quatre jeunes clercs auquel ils étaient précédemment 



giaux qu'aussi de mon chapitre, aurions procédé juridiquement à l'union dudit col- 
lège et biens au séminaire. 

(i)Voir la lettre de Barthélémy Delbénc aux ecclésiastiques de son diocèse, 
j*' mars 1050. Archives Départementales, G. j. 



— i;4 — 

tenus. En outre, il s'engagea à porter à 2,000 livres la mense 
du Séminaire, appauvrie par la perte des prieurés de Sainte- 
Foi et de Montmagiierie v' '. Les faveurs dont ce prélat entou- 
rait les prêtres de la Mission ne manquèrent pas d'exciter 
quelque mécontentement dans le diocèse. Soldadié, grand ar- 
chidiacre et syndic du clergé, s'en fit l'écho en plein synode, 
en 1608 : <( Vous êtes, Monseigneur, dit-il, très humblement 
supplié de n'employer plus ces messieurs du Séminaire aux 
actions pontificales, le supéiieur de la maison ayant esté si 
hardi que de faire seul l'examen des ordinands quoique sus- 
pect et à l'ordination les fonctions affectées par le pontifical au 
seul archidiacre et en son absence à un des premiers dignitai- 
res de l'église et en cas qu'ils passent outre le synode pro- 
teste de se pourvoir et de les priver de la pension qu'il leur 
donne sans y estre obligé, leur subsistance devant être four- 
nie par vous ou de votre revenu, ou de l'union des bénéfices 
que vous avez promis au dernier synode '^) ». 

Le même syndic se plaint encore de la trop longue durée 
du Séminaire et cependant que de prêtres de campagne d'alors 
vicaires ou curés n'avaient étudié qu'un an la philosophie et la 
théologie >). Ce n'est que peu à peu qu'on est arrivé à faire 
dans les séminaires comme dans les universités le quinquen- 
niiini complet. 

Peu après sa venue à Agen, Mascaron résolut de construire 
un vaste établissement pour y abriter le Séminaire. 11 jeta les 
yeux sur un terrain, situé à quelques pas de la ville entre le cou- 
vent des Petits-Carmes et le parc de Malconte, qui lui parut 
à souhait pour un emplacement. Ce terrain appartenait déjà 
mi-pariie au diocèse, mi-partie aux Lazaristes. Après avoir 
obtenu l'autorisation du Roi et du Parlement, il soumit son 



(ly Voir Tordonnance de Claude Joly, datée du i6 juillet 1677. Ibidem. 
(2) Archives de lEvèché, E. 45. 

(5] Voiries rapports des curés à M. Joli, 1666, Ces pièces sont disséminées dans, 
toutes les liasses de la série H. 



- M? — 

projet à la Cliainbre Ecclésiastique qui l'adopta à ruiianimilé 
et vola 12,000 livres pour la participation du clergé à la nou- 
velle construction. Les Lazaristes de leur côté cédèrent la par- 
tie du terrain, qui leur appartenait, par acte du 25 septem- 
bre i()o3. L'évêque se chari^ea du reste de la dépense qui, 
d'après Labrunie, monta à ()0,ooo livres. Mascaron posa la 
première pierre le 5 juin 1^)84, et fit jeter dans les fondements 
cette inscription : « In Nomine Sanciissima.' Trinitatis, Anno 
Domini i6!!4. Innocenlio XI Suinmo Pontifice, régnante in 
Galliis Ludovico magno luijus nominis XIV. .Iulius Mascaron 
episcopus et comes Aginnensis, régis a sacris concionibus, se- 
minarii clericorum domum, quam presbyteri congregationis 
Missionis, cum laude sed magno cum incommodo regebant, 
in hune locum transtulit, latius et magnificentius sedificandum, 
primumque in fundameniis lapidem posuit, die mensis junii 
quinta. 

I) Surgat sanctissima domus usque ad consummationem et 
dignos Deo alumnos subminislret, aspirante eo praster quem 
fundamentum nemo ponere potest et in quo omnis aedificaiio 
constructa crescit ! » 

Tel qu'il est aujourd'hui le Séminaire se compose d'un corps 
unique de bâtiments à trois étages dans l'exposition du Nord 
et Midi. Au milieu du rez-de-chaussée se trouve la ca2:e de 
l'escalier conduisant aux divers étages où sont les cellules des 
Pères et des élèves ('?. A droite se trouve la chapelle et à la 
suite, à l'extrémité du corps de logis, la salle de théologie. 
Le coté gauche est occupé par le réferioire, les cuisines, etc. 
Les Pères cédèrent une partie de leur jardin en 1775 à M. de 
Bonnac, lors de la construction du Palais épiscopal, moyen- 
nant une rente annuelle de 500 livres (^). 

(1) 11 y avait trois étages et soixante-etune cellules, quarante-sept lits dont trente-six 
destinés aux séminaristes, trois aux frères coadjuteurs, quatre aux directeurs et qua- 
tre aux étrangers. 

(2; Voir pour toutes les pièces à l'appui : Ph. Lauzun, op. cit. art. Les Pcrcs de 
la Mission, 



I>0 — 



Les revenus du Séminaire sont de 17,826 livres ; les char- 
ges de 11,887 livres 17 sols. 11 reste une somme de 
5.938 livres, 5 sois destinée destinée à l'entretien et à la 
nourriture, tant en santé qu'en maladie, de quatre prêtres di- 
recteurs ou professeurs et de quatre frères coadjuteurs de la 
Congrégation de Saint-Lazare ('). 



(1^, Voici un étal des revenus et des ciiarges du Séminaire pour l'année 1790, 
extrait des Archives de la Préfecture, série Biens Nationaux. 



Un enclos, jardin, potager, vignes pré, et avenue, attaché et contigu à la maison 
d'un revenu annuel de Joo livres Joo 

Le prieuré de Pommcvic duquel dépendaient les dîmes de Pommevic et 
de Goudourville et aussi un château, un pré et deux jardins, le tout 
alTermé 8.200 livres. • . , 8.200 

La jouissance de certaines terres seigneuriales, dépendant dudit prieuré 

de Pommevic, s'élevant à la somme annuelle de 1.068 livres. . . 1.068 

Un autre prieuré de Corconac, juridiction de Monflanquin, affermé an- 

nuelletnent 2.600 livres 2.600 

Comme prieur de Corconac, le Séminaire est en même temps seigneur 
suzerain de deux fiefs possédés par les sieurs Paloque et Laborie 
de Saint-Sulpice et d'un petit moulin à eau sur la Lède, le tout rap- 
portant par an IJ livres ij 

Le domaine de Tricaut, situé dans la paroisse de Bazens, alTermé. . . 540 

Un bois taillis en dépendant d'un revenu annuel de 20 livres. ... 20 

Un autre domaine appelé du Payrat ou Lacapelette, situé sur la pa- 
roisse de ce nom, alTcrméi.ooo livres i.ooo 

Un autre domaine, appelé de Malère, paroisse de Mérens alTermé. . . i.oBj 

Un autre domaine, appelé de Cauzeiis ou Cabuzières, paroisse de Saint- 

Ferréol, aiïermé 840 livres 840 

Certains bois taillis dépendants de ces deux domaines, d'un revenu annuel de 500 

Quatre vignes situées à l'Ermitage, à Toucaud, à Castillon et à la Sa- 

lève, rapportant ensemble 225 livres 225 

Une maison, jardin et pièce de terre à Malconte, paroisse Sainte-Foy 

d'Agen, le tout affermé 200 livres 200 

Uite petite rente de ij livres provenant d'un petit fief en menu cens 
répandu sur plusieurs maisons et jardin du faubourg de la Porte- 
Neuve 15 

Une pension ou redevance annuelle par le clergé du diocèse d'Agen. . 900 

Enfin la rente de 500 livres payée {par l'Evêché et provenant de la ces- 
sion d'une partie de l'enclos 500 



Total des revenus. 



17.836 



Les directeurs sont : Jenn Cambres, supérieur, diurne 



charges: 

Décimes ■ • 2-4"^ '• 

Tailles 251 I. 7 s. 

Le Séminaire est oblii,'é do nourrir cl entretenir annuclicnicnt pen- 
dant le temps classique neuf ecclésiastiques dont quatre sont à 
la nomination de l'Evûque dAgcn, quatre de l'abbé de Moîs- 
sac et le neuvième du Chapitre de Moissac. Cette neuvième 
pension est payée au Séminaire de Cahors. Cela en vertu 
do l'union fuite du prieuré de F^ommevic au Séminaire d'A{;on, 
par l'Evèquo d'Agcn en conséquence du testament de feu 
M. Hugues de Lasserre, ancien prieur de Pommcvic. 

En conséquence de l'union faite du prieuré de Corconac et la Sau- 
vctat, son annexe, le Séminaire est chargé de deux pensions 
dont une à la nomination du prieur de Catus en Qucrci, l'autre 
à celle de l'Evèquo d'Agcn. 

Une autre pension est payable par le Séminaire d'Agcn au Sémi- 
naire d'Aire. Elle a été fondée par M. Louis de Lafausse, avo- 
cat au Giand Conseil, en 1661, moyennant 1,000 livres. Les 
intérêts ne suffisant pas à payer cette pension, celle-ci est sus- 
pendue une année sur trois, par convention entre MM. Beaujac, 
évoque d'Aire cl Chabanncs, évoque d'Agcn. 

Une autre place pour un séminariste pauvre a été fondée par deux 
particuliers. 

Ces treize places gratuites font 5.900 I. 

Gages de six domestiques • i.^oo I. 

Portions congrues du curé et du vicaire de Corconac 97J I. 

Entrelien de leurs églises 200 1. 

Entretien des églises de Pommcvic et de Goudourville i?o 1. 

Entretien du château prieural, frais de justice et nourriture des en- 
fants trouvés qui incombent aux seigneurs hauts justiciers. . . 100 I. 

Pour les pauvres de Pommcvic. . . . • 120 I. 

Enlrelicn du Séminaire 200 I. 

Rente constituée d'un capital de i.ooo 1. pour les pauvres d'Aubiac. Jo 1. 

Rente constituée au couvent de Notre-d'Agcn 72 1. 

Rentes seigneuriales au seigneur de Caslelnoubel 72 !• 

Rentes à d'autres seigneurs 18 1. 

Redevance à la Congrégation de la Mission , 1.224 '• 

Pour des missions de neuf ans en neuf ans à Faugucroles, Corco- 
nac et SaiiU-Sixte 200 I. 

Distribution annuelle de i Ço livres aux pauvres provenant de fon- 
dations • iÇo 1. 

Trois cent soixante-dix-huit messes de fondation 28) I. 10 s. 

Deux grand'messes 6 1. 



Total des charges 11.887 '■ I7»< 

Revenu net = 17.830 livres — 11,887 livres 17 sols => 5.058 livres j sols. 



^ f5« - 

vieillard presque octogénaire. Il refusera de prêter le ser- 
ment en 1791 . 

Antoine Labarihe, professeur de théologie, assistant et syn- 
dic, né à Aubiac en 1740. 11 ne prêtera pas le serment en 
1791, il sera néanmoins élu évéque constitutionnel du dépar- 
tement de Lot-et-Garonne. 11 aura la sagesse de refuser, mais 
il prêtera le serment de Liberté-Egalité et abdiquera en 1794. 
Il se rétractera de bonne heure et sera nommé successive- 
ment desservant de Pléchac et d' Aubiac après le Concordat. 
Il a la réputation d'être très instruit et très vertueux et il l'est en 
effet siioutefois la vertu peut s'allier avec beaucoup de faiblesse. 

Antoine Cautenet. professeur de morale, originaire de 
Vesoul en Franche-Comté. Il prêtera tous les serments, sera 
élu curé de Monbusq en 1792 et nommé successivement curé 
de Jautan et de Fais après le Concordat. 

Jean-Baptiste Cellard, clerc-tonsuré, directeur des céré- 
monies et du chant. 



XI 



LES CONFRÉRIES D'HOMMES. 



Il convient de citer en premier lieu les trois Compagnies 
de Pénitents : bleus, blancs et çrris. Celle des Pénitents bleus 
ou de Saint-Jérôme a été établie à Agen, le 30 septembre 
1 590, par Nicolas de Villars, avec l'autorisation et sous la 
protection des Consuls. Les statuts qui la régissent lui sont 
communs avec toutes les sociétés de même nom('). Us ont 
été approuvés par les Papes Grégoire XIII, Clément VIII 
et Paul V et par plusieurs évêques d'Agen, notamment par 
Nicolas de Villars, le 4 octobre 1694. Le costume fut d'a- 
bord le sac bleu avec le cordon, le capuce et le bâton de 
même couleur. Tout récemment, le 24 mai 1789, on a subs- 



(i) Voir, Arcliives de lEvêché, F. 46, une copie de ces statuts. 



i 



tîtué au sac bleu le sac blanc. Les officiers sont élus tous les 
ans, les principaux sont le prieur, le sous-prieur et le maître 
de chapelle. Ces emplois ont toujours été tenus par les pre- 
miers personnages de la ville. Les Pénitents bleus s'instal- 
lèrent en 1590 dans le quartier Saint- Louis, où nous les 
voyons encore aujourd'hui. Les Consuls leur abandonnèrent 
une vieille église de la Madeleine « qui avait autrefois servi 
pour le couilègc ". Cet édifice depuis longtemps restauré 
est fort long et fort étroit puisqu'il mesure dix-huit toises de 
long sur quatre de large. 11 est divisé en trois travées fort 
irréguliéres, celle du milieu se trouvant à elle seule plus lon- 
gue que les deux autres réunies. Sur toute la longueur du 
mur occidental de l'église est adossée une galerie, qui s'ou- 
vre sur deux cours, toutes deux également entourées d'arca- 
tures voûiées et formant des quadrilatères inégaux. Ces cours 
s'étendent à l'ouest jusqu'au grand jardin des Capucins, au 
nord jusqu'à celui de l'hôtel de Valence, au midi jusqu'à jus- 
qu'à la rue du Cat '). 

La Compagnie des Pénitents blancs ou de Saint-Jean- 
Baptiste, fut instituée à la même époque et s'installa avec 
l'autorisation de l'Evêque dans l'église abandonnée du vieux 
prieuré de Saint-Antoine. « Cette église, la plus ancienne 
d'Agen puisqu'elle date du xi° siècle, ne possède qu'une nef 
à trois travées inégales, terminée par une abside semi-circu- 
laire de même largeur. Les travées de la nef sont voûtées en 
croisées d'ogives, il y a à l'est un petit cloître attenant à 
l'église (2). 

La Compagnie des Pénitents gris ou de Saint-Louis, fon- 
dée également en 1,600, s'installa le 24 octobre 1601 dans 
l'église Sainie-Quitterie d'Agen ') qui lui fut cédée par le 



(1) Tiré presque textuellement de l'ouvrage cité de M. Ph. Lauzun. 

(2) Id. 

(j) NicoL-JS de Viilnrs l'avait visitée quelques années avant, le o avril ifoi. << Il y 
a, dit-il, dans ses Mémoires, une chaîne de fer, altachée à un autel, de médiocre 



•^ i6o -- 

commandeur du Temple. En 1632 suivant Labénazie, en 1636 
suivant Malebaysse, les Pénitents gris firent bâtir à la Font- 
Nouvelle l'église où ils se trouvent aujourd'hui. Cette église 
est un simple parallélogramme de douze toises de long sur 
six de large, comprenant cinq travées irrégulières. Au côté 
nord est attenant un bâtiment comprenant quatre arceaux 
reliés entre eux par de forts piliers. C'est le lieu ordinaire des 
séances de la Compagnie ^'). 

La Confrérie des Cordonniers, sous finvocation de saint 
Crépin, établie à la chapelle Saint-Martial, de l'église Saint- 
Etienne. Les statuts de cette association très ancienne ont 
été renouvelés en 1734. Ces statuts'-), comme ceux des 
autres confréries du même genre, vraies petites chartes des 
corps de métiers, sont la solution chrétienne de toutes les 
questions relatives aux rapports des patrons et des ouvriers, 
à la fixation du salaire, à la réglementation du travail.... Les 
premiers articles sont consacrés aux devoirs des confrères 
envers Dieu. Ils obligent spécialement à entendre une messe 
basse qui se dit tous les dimanches de grand matin à la cha- 
pelle de la Confrérie et à faire chanter une messe solennelle 
le jour du saint Patron. 



grandeur, que l'on dit être de celles dont sainte Quilterie avait été enchaînée, tenue 
cependant avec toute irrévérence et abus. Car les femmes y menaient leur mari qui 
avaient mal de tête et leur en faisaient ceindre la léte... On s'en servait pour mille 
autres superstitions. Aussi n"a pu être donnée aucune assurance de ladite chaîne. 
Ainsi a été trouvé bon de la retirer ce que nous avons fait... Les huguenots avaient 
fait en ce lieu leurs prêches et assemblées... Il n'y a d'autre revenu que celui d'une 
confrérie. Il y avait une fondation autrefois pour y faire chanter les vêpres tous les 
dimanches... Quelques jeunes gens par superstition venaient avec de la bougie porter 
de petits sachets de sel qu'ils jetaient dans les trous du portail et mettaient de la 
bougie ardente croyant que cela guérissait de quelques maladies... En ce même lieu 
fut remarqué la justice divine envers ceux qui méprisaient les saints par un grand 
nombre de gens qui tous attestèrent qu'aux premiers troubles il y avait l'image de 
sainte Quitterie sur ledit portail qui fut abattue et traînée avec ignominie par un 
huguenot lequel quelque temps après pour quelque sien méfait fut traîné et pendu 
et étranglé à un arbre qui est au-devant dudit portail », (Archives de l'EvêchéjC. 2,) 

(l; Ph. Lauzun, op. cit. 

(2) On en voit plusieurs spécimens aux Archives de l'Evêché, F, l. 



^ |6| -^ 

La Confrérie des Bouchers, sous le patronage de saint 
Barthélémy, éiabhe dans la môme chapelle, Saint-Martial. Les 
statuts les plus récents ont été approuvés par M. Gaspard 
Dulude le 22 août 162^. 

La Confrérie des maréchaux, serruriers, orfèvres, sous le 
patronage de saint Eloi, établie de tout temps dans la cha- 
pelle de ce nom de l'église cathédrale. 

La Confrérie des charpentiers, ou de saint Joseph, à la 
chapelle de ce nom de la même église. 

La Confrérie des Tisserands, sous le vocable de saint 
Eutrope, établie dans l'église des Augustins. Les statuts qui 
In régissent ont été refondus en 1724. 

La Confrérie des maîtres menuisiers ou de Sainte-Anne, 
établie dans la môme église des Augustins. Les statuts en ont 
été approuvés par M. B. de Gelas, le 25 août 1626, par le 
Présidial et les Consuls en 1627, etc.. 

XII. — LES RELIGIEUSES DE L'ANNONCIADE 
OU DE L'AVE MARIA ■ . 

Les Annonciades furent appelées à Agen par Vinceiu Bil- 
honis. Elles y arrivèrent au mois de janvier 1^3^ et s'établirent 
dans le quartier de la Porte-Neuve. Le couvent qu'elles y 
fondèrent occupe encore « tout l'emplacement compris entre 
la maison de Lugat au nord, la rue et la place Porte-Neuve 
à l'est, la rue du Cat au midi et la rue de VAre Mariai 
l'ouest Î-) i. Vincent Bilhonis posa la première pierre de 
l'église le 20 mai i)^. Cette église à une seule nc( à deux 
travées inégales est terminée par un chevet pentagonal. A 



(1) Voir : Sainte Jeanne de Valois et l'Ordre de l'Annonciadc, par M. l'abbé Hé* 
brard. vicaire général. — Les Couvents de la ville d'Agen avant 1780 — Couvents 
de Femmes, par M. Ph. Lauzun [Rcrtic de l'Agcnais], 

(3) PI). Lauzun, op. cil. 



II 



I(,2 — 



rexlêrieiir de gros contreforts soutiennent les murs de l'abside. 
La charpente est à pignon fort aigu comme celle des Corde- 
liers. A rextrémité sud-est s'élève le clocher dont la flèche 
svelte et élancée rivalise avec celle des Jacobins ('). 

Le couvent de l'Annonciade fut pillé par les huguenots, 
le i*^"" décembre 1561. Les religieuses furent expulsées le 
^ juillet suivant et placées « par les maisons des hugue- 
neaulx pour être instruites à leur religion - . » L'arrivée 
de Monluc les délivra et elles furent réintégrées dans leur 
couvent. 

« En 1637, dit Labénazie 5\ M. Delbène, par sa conduite 
habile et son génie doux et engageant, obligea la communauté 
de l'Annonciade d'Agen de se soustraire à la juridiction des 
Cordeliers pour se soumettre à celle de l'ordinaire. » Le pape 
Alexandre VII approuva cette dérogation aux règles et cons- 
titutions de rOrdre par une bulle en date du 10 janvier 1660. 

Il fut un moment question, en 173 1, dans les Conseils du 
Gouvernement de supprimer le couvent de l'Ave Maria ou 
des Annonciades d'Agen. Ce projet n'aboutit pas. 

Les biens de cette maison consistent en : deux métairies, 
dites de Compères, situées dans les paroisses de Sainte- 
Radegonde et Saint-Amans, affermées 2,677 l'vi"ss ; en une 
métairie appelée de Bourbar.ne, située dans la paroisse de 
Saint-Cirq, affermée 1,^00 livres; en une métairie dite de 
Crabe, paroisse et juridiction d'Aubiac, rapportant 695 li- 
vres ; en une petite métairie située dans la paroisse de Saint- 
Vincent des Corbeaux, affermée 480 livres ; en une métairie 
appelée de Marche, paroisses de Serres et de Mérens, louée 
275 livres ; en quatre métairies situées dans la paroisse de 
Saint-Julien de Boissaguel, au lieu de Pechredon, léguées 
au couvent par le fondateur Bilhonis dans son testament du 



(i) Ph, Lauzun, ibidem, 
(2; Journal du Couvent, p, 41 et 42, 
; Hisl. ms, tome 11, livre v, p, 481^ 



«— lli 



19 mai i^]() ' , mctaiiics comprcnaiU un cluiteaii, dos mai- 
sons pour les métayers, granges et terres labourables, le tout 
rapporiaiu 1,495 ''^'""c^ I en plusieurs pièces de terre, vignes, 
prés, bois, dans les paroisses Saint-Hilaire, Sainte-Foi et 
Saintc-Radcgondc ; en une maison sise à Agen, rue des Or- 
phelines et louée 4^ livres ; enfin en fiefs, cens et rentes en 
gros et menu cens dans les juridictions de Puymirol et 
d'Agen. l.e total des revenus monte à o,9';<'> livres 4 sols, 6 
deniers. Le chilVre des dépenses s'élève à 10,0^9 livres, 
1^ sols. D où un déficit de 1083 livres, 10 sols () deniers au- 
quel la Providence doit pourvoir ^ . 

Par son testament déjà cité, Vincent Bilhonis avait laissé 
« rentes et revenus pour la nutriture de vingt-une religieu- 
ses ». Ce nombre est depuis longtemps dépassé. On en 
compte de nos jours vingt-huit dont vingt pour le chœur, 
cinq converses et trois tourières. Leur conduite pendant la 
Révolution sera au-dessus de tout élocre. 

o 



XIII. — LES RELIGIEUSES DE SAINT-DOMINIQUE 
OU DE NOTRE-DAME DU CHAPELET 



L'an 1576, écrit en 171 v dans son rapport ^' à M. l'Evê- 
que d'Agen, la supérieure du Chapelet, les religieuses de 
l'ordre de Saint-Dominique furent fondées dans la ville de 
Lectoure par dame Marguerite de Cassanel de Pellegrue, 
dame de Lisse, mais leur grande pauvreté et la mauvaise si- 
tuation de ce lieu les obligèrent de demander d'être transférées 
dans la ville d'Agen, ce qui leur fut permis par le roi de France 



(1) Voir la copie iiiC-dite de ce icstamenl dans le maiiiisciil laissé par M. Tournié 
au Petit-Séminaire. 

(2) Ph. Laiizim, loc. cit. et Sommier du Poiit-Séniinairc. 
()) Archives de l'Evéché, F. i8, 



- 164 - 

Henri, de triomphante mémoire, qui, par les lettres patentes en 
date du 27 décembre 1 ^79, permit cette translation et le 
30 juillet 1 580 ^') elles prirent possession d'un petit monas- 
tère qu'elles habitent encore aujourd'hui dans la ville d'Agen». 
Ce monastère est situé dans le quartier de Saint-Caprais. 
L'église, enclavée dans une partie du couvent, forme un qua- 
drilatère irrégulier et se compose de quatre travées inégales, 
terminées par un chevet plat (2). « La pauvreté des religieuses 
ne secondant pas le zèle qu'elles ont pour la décoration du 
temple du Seigneur, on voit leur église sans dorure magnifi- 
que ni argenterie (') •■. Il y a cependant un buste de bois doré 
qui renferme le bras de saint Vincent, martyr. 

Les biens que cette maison possède actuellement sont : 

Une maison et jardin, situés sur la place Saint-Caprais. 

Plus une pièce de terre et pré, situés derrière Sainte-Foi, 
affermés 100 livres. 

Plus une métairie, située dans la paroisse de Saint-Denis 
et Gudech, appelée de Bors, d'un revenu de 2,600 livres. 

Plus trois cartonnats de terre, situés au lieu de Jouandine, 
donnés à bail perpétuel, évalué à 18 livres. 

Plus une métairie, appelée Delages, située sur la paroisse 
de Saint-Amans de Castelculier, de la contenance de soixaute- 
cinq carterées, cinq picotins et demi, rapportant 1,900 livres. 

Plus une autre métairie appelée Duburga, située au même 
lieu, d'un revenu de 350 livres. 

Plus une autre métairie appelée de Campotou, située dans 
la paroisse de Saint-Caprais-de-Lerm, 550 livres. 

Plus un prébordage et gravier, situés dans la juridiction de 
Sérignac, appelé au Pral de Marin, de 30 livres. 

Plus une pièce de vigne, située sur la paroisse de Saint- 
Caprais-de-Lerm, d'un revenu de 25 livres, etc. 



(1) Labénazie et après lui Labruiiie donnent une autre date : 1J85. 

f2) Ph. Lauzun, loc. cit, 

{)j Mcmoire de la supérieure déjà cité< 



I 



— i6; — 

Les rentes ducs à la communauté s'élèvent à la somme de 
2,1 06 livres environ ' . 

Les religieuses n'ont aucun privilège particulier, elles sont 
soumises aux charges ordinaires du clergé. On exige des pos- 
tulantes une dot qui dépasse 3,000 livres. Quelques dames 
séculières sont autorisées à partager la vie de la communauté 
moyennant pension. La règle très austère est celle de Saint- 
Dominique, elle oblige au jeûne quatre jours par semaine et 
tout l'avent. 

On compte actuellement trente et une religieuses dont vingt- 
cinq dames de chœur, quatre sœurs converses et deux touriè- 
res. interrogées en 1790 sur leur intention de rester dans 
leur couvent ou d'en sortir, elles répondront à l'unanimité 
vouloir rester - . 

XIV. — LES RELIGIEUSES DE N.-D. DE PAULIN 

« Jeanne de Leslonac, veuve de feu Gaston de Monfer- 
rand, est la fondatrice de l'ordre des religieuses de Notre- 
Dame, dont la première maison fut établie à Bordeaux. 
Paul V, par sa bulle du 7 avril 1607, approuva l'institution et 
donna pouvoir au cardinal de Sourdis, alors archevêque de 
Bordeaux, de les aggréger à tel ordre approuvé par le Saint- 
Siège qu'il lui plairait. Le 29 janvier 1608, le cardinal de 
Sourdis les affilia à l'ordre de Saint-Benoît, leur fit prendre 
l'habit et le voile de cet ordre sous le nom de religieuses de 
l'Institut de la Bienheureuse Vierire Notre-Dame '') ». Toute- 
fois, dans les statuts qu'on leur donna, on s'inspira surtout 
des constitutions des Jésuites W. Parmi leurs principales obli- 



(i) Ph. Lauzun, op. cit. et Sommier du Pciit-Scminaire. 
(a) Ph. Lauzun, op. cit. 
(5) Archives de l'Evôché, F. 57. 

(4) L'influence des Jésuites sur le couvent JAgen ne fut pas toujours très heureuse. 
Voir Archives de lEvcçhé, mOme liasse, el Ph. Lauzun, op. cil. 



— i66 — 

gâtions on remarque la récitation du petit office de la Vierge 
et l'instruction gratuite dos jeunes filles. Elles vinrent à Agen 
en 1619, appelées par une pieuse veuve, Madame de Cahu- 
sières, qui leur donna, place Paulin, deux maisons où elles 
s'établirent. Le pape Paul V approuva cet établissement par 
une bulle adressée à l'official d'Agen, le 16 des calendes 
d'octobre 1620. L'évoque d'alors, M. de Gelas, fit tout, 
d'ailleurs, pour le favoriser. 

On commença, dit Labénazie, l'an 1619, vers le mois de 
février, de bâtir l'église des religieuses de Notre-Dame de 
Paulin. Cette église, formée de quatre travées à croisées d'ogi- 
ves, fort vaste et très élevée, est une des plus belles de la 
ville. Elle mesure douze toises de long sur cinq de large, et 
elle est terminée par un chevet plat derrière lequel se trouve 
la sacristie. Une chapelle latérale occupe tout le côté gauche 
du chœur; elle est surmontée d'une tour^ dite la Mirande, 
qui sert de clocher ('). 

L'existence de ce couvent semble n'avoir été pendant long- 
temps qu'une lutte contre la misère et le dénuement. 11 fut 
même question, en 1731, de le supprimer comme ne pouvant 
se suffire, il a été cependant épargné jusqu'à présent. De nos 
jours, les Dames de Paulin possèdent encore un moulin et 
foulon sur la Séoune, appelé de Roudigou, et certains biens 
en dépendant de la contenance d'une carterée six cartonnats 
six picotins, situés dans la paroisse de Saint-Amans de Cas- 
telculier ; neuf carterées de terre situées à Lafox ; les métai- 
ries de Dardet et del cap del Bosq situées dans la paroisse de 
Sainte-Colombe en Bruilhois : la métairie de Marot, dans la 
paroisse de la Capellette-Renaud ; la faisande de iMamère, 
dans la paroisse de Sainte-Foy ; dix carterées de terre situées 
à Sérignac et Montesquieu ; quelques petites dîmes prove- 
nant de la chapellenie de Saint-Sardos unie à leur couvent par 



'1 Ph. Lauzun, op. cit. 



— 107 — 

M. de Gelas. Elles jouissent, en outre, de quelques rentes 
qui, jointes aux revenus des propriétés, constituent une somme 
annuelle de 11,002 livres 12 sols 6 deniers ' . 

Sur quoi, toutes charges payées, il faut entretenir trente- 
cinq religieuses, dont vingt-six dames de chœur, sept soeurs 
converses et deux tourières. InterrosT:ées bientôt sur leur in- 
tention de rester au couvent ou d'en sortir, elles répondront 
toutes, à une seule exception près, qu'elles veulent y vivre et 
mourir (^1. 

XV. — LES CARMÉLITES 

D'après une j^ieuse tradition, le couvent des Carmélites 
d'Agen ou de la Sainte-Trinité devrait son existence à une 
intervention surnaiurelle. « Dans le monastère de Lectoure 
vivait une jeune novice, pieuse et craignant Dieu. Elle avait 
nom Louise de Garrigue. Orpheline, jeune encore, il lui res- 
tait quelques parents éloignés, avides des biens de ce monde, 
et un frère unique. Ce frère venant à mourir, les autres pa- 
rents cachèrent cette mort cà la jeune novice, attendant qu'elle 
cû: fait profession avant de lui révéler la mort de son frère. 
Mais Dieu, qui avait d'autres desseins, permit que le jeune 
Garrigue apparut en songe à sa sœur pour lui découvrir sa 
mort et l'engager à fonder un couvent de son ordre. On véri- 
fia la révélation qui se trouva véritable sur tous les points ''). 
Louise de Garrigues se hâta de réaliser son héritage, qui se 
monta cà la somme de i :; .000 livres. Puis, sur les conseils du 
cardinal de Bérulle. elle vint à Agen, le 6 décembre i62(S, 
avec cinq de ses compagnes de Lectoure, pour y fonder un 
couvent de son ordre. 



(i) Archives départcmeiUales, Biens nationaux, cités par M. Ph. Laiiziin. — Som- 
mier du Petit-Soininaiie. 
2) Ph. Lauzuii, op. cit. 
^5 Archives de l'Evèché, F. 14, clc-, ciié par M. Ph. Lauzun. op. cit. 



— io8 — 

Ces religieuses s'établirent d'abord dans une maison voi- 
sine de La Grande Boucherie, oij elles firent construire une 
chapelle provisoire. Forcées de fuir, en 1529, à cause de la 
peste, elles rentrèrent à Agen dès l'année suivante. En 1632, 
elles se transportèrent dans une maison que leur légua Pierre 
du Lion de Belcasiel, prêtre de l'Oratoire, où elles ont de- 
meuré depuis. Elles bâtirent d'abord là aussi une chapelle 
par provision qui fut remplacée vers la fui du siècle dernier 
par l'église actuelle. Cette église est composée d'une seule 
nef, à trois travées inégales. La longueur dans œuvre est 
d'environ onze toises et la largeur, quatre toises et demie. 
Les voûtes sont en croisées d'ogives. Il y a deux chapelles 
latérales du côté de l'évangile ('). C'est, dit Labénazie, une 
des plus belles églises d'Agen. 

Les biens de ce couvent sont : une maison, rue de l'An- 
nonciade, louée 200 livres; une autre, même rue, louée 
40 livres ; une métairie appelée de Lamothe, paroisse d'Arti- 
gues, affermée 1,000 livres ; une pièce de terre en guéret, à 
la Croix de Saint-Jean, paroisse de Monbran, d'un revenu 
de 40 livres ; un moulin à eau, appelé Cabale, et une métai- 
rie, dite de Fourtane, paroisse de Saint-Pierre Lafeuille ; une 
autre métairie, appelée de Lile, paroisse de Lacapelette, 
affermée 978 livres ; une faisande, appelée de Valois, prés la 
Porte du Pin, d'un revenu de 653 livres ; une métairie, appe- 
lée Martel du Médecis, paroisse Saint-Hilaire de Colayrac, 
affermée 1,350 livres ; une métairie, appelée de Bayle, même 
paroisse, affermée 1,057 livres; une vigne, paroisse Saint- 
Hilaire, d'un revenu de 3 1 2 livres; un moulin à eau, paroisse 
de Saint-Pierre de Clairac..., etc. Les revenus de ces biens 
joints aux rentes que possède le Couvent font un total de 
8,783 livres (^i. 



(i) Ph. Lauzun, opère cit. 

(2) Ph. Lauzun, op. cit. et Sommier du Petit Séminaire, 



— 109 — 

Sur quoi il faut payer de lourdes charges et entretenir 
51 religieuses dont 23 dames de chœur, 5 sœurs converses 
et 5 lourières. Toutes sortiront victorieuses des épreuves de 
la Révolution. 

XVI. — LES RELIGIEUSES DU TIERS ORDRE 
DE SAINT-FRANÇOIS. 

Ce Couvent a été fondé le 6 mai 163H, par M. de Font- 
mariin, chanoine-portier de Saint-Etienne, et par sa nièce, 
Mathurine de Bousquet, veuve de Marc-Antoine de Chaba- 
nac. Les Consuls approuvèrent cette fondation par acte enre- 
gistré au greffe de la Cour de la Sénéchaussée, le 7 août 
1638, et le roi la confirma par lettres patentes, en date du 
7 juillet 1640. Quelques jours auparavant, le 16 juillet 1640, 
six religieuses, venant de la maison-mère de Toulouse, étaient 
arrivées à Agen. Elles s'installèrent d'abord dans le quartier 
Sainl-Caprais, mais trois ans après, le 20 avril 1043, elles 
émigrèrent rue Saint-Antoine où elles sont demeurées depuis. 
L'église qu'elles y ont élevée, fort petite, puisqu'elle ne me- 
sure que 9 toises de long sur trois et demi de large, n'est 
formée que d'une seule travée. Elle est recouverte d'un lam- 
bris en losanges de bois ('). 

Les biens du Couvent se décomposent ainsi : 10 Une fai- 
sande, appelée de Paillet ou de Cabanot, à la Porte du Pin; 
2" une métairie, appelée de Mauga, paroisse de Brax ; 
3'' une métairie, appelée de Plantey. dans la juridiction de 
Montpezat ; 4" une métairie, appelée Loubaterie. paroisse de 
Clermont-Dessus ; 5° un moulin et foulon, situés dans la 
même paroisse ; 6° une métairie, appelée de Saint-Laurent, 
juridiction du Port-Sainte-Marie; 70 trois maisons situées à 

(1) Ph. Lauzun. op. cit, 



- i-o — 



Agen, rues Ponl-de-Garonne et Saint-Antoine. L'ensemble 
des revenus est de 9,950 livres ^'). 

Les religieuses sont au nombre de 22, dont 18 dames de 
chœur, ^ sœurs converses et une tourière. Toutes demande- 
ront, en 1791, de demeurer dans leur Couvent. 

XVll. — LES ORPHELINES. 

Cette maison fut fondée par Isabeau de Cambefort, dame 
de Blanval, veuve de noble Thomas de Redon, conseiller du 
roi, lieutenant principal au Présidial d'Agen, le 11 juillet 1641. 
C'est elle qui donna aux filles Orphelines la maison et le 
jardin qu'elles occupent encore. M. Delbène approuva leur 
institution et leur donna des statuts, le 22 février 164(8. Mas- 
caron. qui eut toujours pour elles une sorte de prédilection, 
les approuva à son tour, en 1680, et obtint en leur faveur des 
lettres patentes de Louis XIV, qui furent enregistrées au 
Parlement de Bordeaux, le 20 décembre 1696. Leur chapelle, 
fort petite, peut contenir une centaine de personnes. H y a 
du côté de l'Evangile un bas côté où se placent les religieu- 
ses et les pensionnaires. Le nombre de ces dernières ne dé- 
passe guère 20 à cause de l'exiguité du local et du peu de 
ressources. On les occupe à des travaux manuels, ce qui les 
aide à vivre. La communauté n'a d'autres biens que deux pe- 
tites métairies situées Tune dans la paroisse de Mérens, l'au- 
tre au lieu de La Saléve, paroisse de Sainte-Foi. La Révolu- 
tion épargnera cette sainte maison qui continuera à être le 
séjour de la piété, l'asile de la charité, même pendant les plus 
sombres jours de la Terreur '^). 



d'; Ph. Lauzun, op. cit. et Sommier du Petit Séminaire. 

2 Voir, Archives de l'Evèché, F. 58. Sommier du Petit Séminaire, etc. et sur- 
tout: Le Couvent des sœurs de Saint-Joseph ou des pauvres Fjilv's Orphelines 
d'Agen, par M. l'abbé Hébrard, vicaire-général, 






XVlll. — LA VISITATION ' . 

Le Couveni de la Visitation fut fondé, comme le précédent, 
par Isabcau de Cambefort, le 2 avril 1642. Le contrat de fon- 
dation fut ratifié le 5 1 "octobre de la même année et le 4 no- 
vembre suivant les premières religieuses arrivèrent de Bor- 
deaux. L'inauguration du Couvent dans la maison de Selves, 
rue Porte-Neuve, ne dut cependant avoir lieu que quelques 
mois plus tard, au commencement de Tannée i^>4>. On se 
servit dabord d'une chapelle provisoire. M. Hébert posa, le 
22 avril 171 3, la première pierre de l'église actuelle qui fut 
terminée en 1715. D'une longueur de dix toises sur cinq de 
large, la nef principale de cette église est divisée en deux 
travées à croisées d'ogives d'inégales proportions reliées 
entre elles par un vaste arceau. A gauche se trouvent deux 
petits réduits dont l'un sert de sacristie, A droite existe une 
autre petite ne( latérale, fort étroite, divisée également en 
deux travées à croisées d'ogives. La façade qui est « un chef- 
d'œuvre d'architecture, n'a été terminée qu'en 1719 '-. ». 

Les biens-fonds de ce couvent se décomposent ainsi : 
i*' Une métairie, appelée du Roussel, d'un revenu annuel de 
1.046 livres, située dans la paroisse de Saint-Cirq ; 2° une 
métairie, appelée de Roste, rapportant 880 livres, dans la 
paroisse de Sainte-Foy; 5° deux pièces de vigne, l'une à la 
porte Saint-Georges, l'autre près le pont de Courberieu, don- 
nant une barrique de vin par an ; 4^' trois pièces de terre dans 
les paroisses de Sainte-Radegonde et de Saint-Amans et au 
lieu de Lamartinie. prés le faubourg Saint-Georges d'Agen, 
le tout rapportant 300 livres et 6 barriques de vin ; 5° une mé- 



(1) M. l'abbé Tournié a laissé : L'nc monographie de la Visilation Sainte-Marie 
d'Agen, qui est restée inédite. 

(2) Ph. Lauzun, op. cit. 






tairie, appelée de Guéringnut. d'un revenu annuel de 1946 li- 
vres; 6» une métairie, appelée de Cousteau, paroisse de 
Ciermont-Dessus, de 1,244 livres, etc., etc.... Les rentes, 
tant constituées que viagères, constituent un revenu de 
1,031 livres. L'ensemble des revenus se monte à la somme 
annuelle de J,}^('> livres ('). 

Il y a 32 religieuses dont 26 dames de chœur, 5 sœurs 
converses, i sœur tourière. C'est le couvent de femmes qui 
au moment de l'épreuve comptera le plus de défections. A la 
question qui leur sera posée par l'officier municipal sur leur 
intention de rester au couvent ou de le quitter, trois répon- 
dront ne pouvoir s'expliquer encore et sept autres préférer 
sortir i^). 

XIX. — LA MAISON DU REFUGE 

La maison du Refuge ou de Force a été fondée par M. de 
Chabannes. Ce prélat obtint du Roi, au mois de décembre 
1746, des lettres patentes qui furent enregistrées au Parle- 
ment de Bordeaux le 9 avril 1747. Le 17 juillet 1755 '' P^ssa, 
avec les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, un bail à fiefqui 
devait lui assurer à perpétuité, moyennant une rente de dix 
setiers de blé. la jouissance de la chapelle et de l'enclos de 
Sainie-Quitterie. Le local trouvé, il s'adressa à la commu- 
nauté des Filles du Bon Pasteur, qui lui fournit les premières 
religieuses, auxquelles il donna des statuts et un règlement. 
La maison du Refuge ne devait d'abord recevoir que des péni* 
tentes volontaires. Dix ans après, on commença à y enfermer 
des malheureuses que la police fait arrêter et que les consuls 
condamnent à y rester un certain nombre de mois ou d'an- 
nées. Les parents qui ont des filles dont la vie est déréglée et 



(i; Ph. Lauzun, op. citaio. 
\2) Idem, ibidem, 



- in - 

scandaleuse et qui ne peiivciu les corriger par d'autres 
moyen^;, les font enfermer dans ce couvent avec la permission 
des consuU. Elles sont rasées en entrant et vêtues d'une 
étoiïe grossière. On les met dans des salles où elles sont occu- 
pées à la filature ou à des ouvrages convenables à leur sexe, 
sous la surveillance des sœurs. Leur nourriture est la soupe, 
du pain et de l'eau. Elles ne sortent jamais. Ge traitement et 
la crainte d'être renfermées dans ce lieu produisent un très 
bon elfet ('). 

Les revenus pro\*cnant du loyer de trois petites maisons et 
de quelques rentes constituées montent à la somme de 1400 
livres. Il y a quatre religieuses et une sœur affiliée. Cette 
maison changera do destination dans le cours de la Révolu- 
lion. 

XX. — CONFRÉRIES DE FEMMES 

Chaque église, chaque chapelle a ses confrérie'^ ou con- 
grégations de femmes et de jeunes filles dont les plus connues 
sont celles de Notre-Dame de Sainte-Anne, de Sainte-Foi, 
etc., et des Dames de Charité. A la tète de cette dernière il 
y a une prieure, une sous-prieure, une assistante, quatre offi- 
cières, un trésorier et un greffier. 

XXI. - LES HOPITAUX 

Jusqu'au milieu du xvi« siècle les hôpitaux d'Agen, furent 
régis exclusivement par des ecclésiastiques qui avaient le titre 
de prieur. On en comptait jusqu'à sept. L'hôpital de Saint-An- 
toine, près du prieuré et de l'église de ce nom, celui de Saint- 



(1) Proche, noies inédites sur les couvents d'Agen. Cité par M. Ph. Lauzun, op. 
citât. 



Jacques, près des Auguslins, celui de Saint-Michel, près des 
Péiiiients Bleus ; celui de Saint-Georges, près du moulin de 
ce nom; celui du Martyre, qui existe encore; celui du Pin, 
pour les lépreux, enfin celui du Saint-Esprit, hors ville, peut- 
être sur cette colline voisine qui porte le même nom ('). 
L'ordonnance de i ^60. qui laïcisa tous les hôpitaux, porta un 
coup mortel à la plupart des nôtres. Ceux de Saint- Antoine, 
de Saint-Georges, de Saint-Jacques et de Saint-Michel furent 
vendus et leurs biens furent unis à l'hôpital du Martyre qui 
subsista seul pendant longtemps. Celui du Pin détruit pendant 
les guerres de religion, fut rebâti en i 586. Il a disparu depuis 
avec les lépreux, et les biens qui en dépendaient ont été unis 
à l'ordre de Saint Lazare. Quant à l'hôpital du Saint-Esprit 
son nom seul a survécu. Lors de la suppression de ces divers 
hôpitaux, les prieurs ne perdirent rien de leurs droits et les 
transmirent avec leurs titres cà leurs successeurs. Le prieuré de 
Saint-Michel fut uni dans la suite à la cure de Saint-Etienne, 
et c'est de ce chef que M. Monforton possède, par indivis 
avec M. Saint-Gilis, seigneur de Martel, un petit fief répandu 
sur la paroisse de Saint-Cirq. Le prieuré de Saint-Antoine est 
possédé par Jean-Baptiste Lavaur, chanoine de l'église 
d'Evreux. Ses revenus s'étendent sur les paroisses de Sainte- 
Rafine, de Saint-Barthélémy de Fraisses et de Vitrac, et com- 
prennent deux fiefs en menu cens répandus sur les paroisses 
Saint-Hilaire d'Agen et Saint-Sulpice de Boé (^). Le prieuré 
de Saint-Georges est Raimond Cazaly, curé de Saint-Pierre- 



(1) Pli, Lauzun, op, cit. 

(i) L'hôpital de Saint-Antoine, d'après Labénazic, aurait été bâti " à l'occasion du 
feu ardent » vers 094. Il aurait été abandonné ensuite, après la disparition de ce 
fléau. C'est alors « qu à la voix de Simon II, évéque d'Agen, vers l'année io8ô, 
selon l'abbé du Tems, dans le Clergé de France, Saint Gérard, abbé et fondateur 
l'abbaye de La Sauve majeure, se rendit à Agen et comblé des bienfaits des sei- 
gneurs de Beauville, d'Albret, de Pressac et de Puybarzan y jeta près d'une an- 
cienne chapelle de Saint-Antoine, les fondements d'un prieuré, (Chartul. niaj. fol. 191. 
— min. fol. 99.) Hist.de la Grande Sauve par l'abbé Cirot de la Ville, toni. i, p. j-j). 
Ce prieuré a été sécularisé et est tombé en commande en 1^92. 



— I-; — 

de-Gaubert, qui possède un peiil ticf répandu sur plusieurs 
maisons du faubouri; Saint-Georges et dépendant de son 
prieuré. Le prieur du Saint-Esprit est Joseph Labrunie, curé 
de Monbran, qui possède comme tel : Six carionnats de 
terre situés sur le haut du rocher dit du Saint-Esprit; une pe- 
tite maison à Agen, rue Floirac, une autre maison rue de la 
Poste et un petit fief en menu cens sur sept carterées de fonds, 
possédé par des tenanciers. Le tout vaut annuellement i6o 
livres, toutes charges déduites '^ 

L'hôpital du Martyre, appelé plus ordinairement de Saint- 
Jacques, auquel la plupart des autres furent unis vers i i;6o, 
est situé à l'est de la Collégiale Saint-Caprais, et au midi de 
l'église Sainte-Foi, entre la place Sainte-Foi au Nord, la rue 
des Martyrs à l'Ouest, la rue Cajnrc à l'Est, et diverses mai- 
sons au Sud qui le séparent de la rue et de la place Caillives. 
La chapelle, construite sur l'ancienne crypte, voûtée en ber- 
ceau, des Martyrs, est formée d'une seule travée à plafond 
plat. Elle est sans caractère et n'offre aucun intérêt archéolo- 
gique -, Cet établissement, si ancien qu'on 'ne saurait as- 
signer de date à sa fondation, n'a cependant pas, faute de let- 
tres patentes, d'existence légale. Avant l'édit de i ^()0. il 
relevait du Chapitre Saint-Caprais, qui a gardé les honorifi- 
ques. Le soulagement des pauvres malades, voilà son objet; 
il est regrettable que les infirmes et les incurables ne puissent 
y être admis, il est dirigé par un bureau présidé par 1 évêque 
ou à défaut de l'évêque par le premier officier du Siège prési- 
dial. Ce bureau est composé de huit membres dont deux 
sont pris dans le Chapitre cathédral, deux dans le Chapitre 
collégial, ^\eu\ dans le présidial. deux dans le corps de ville 
Le procureur du Roi assiste aux séances. L'administration est 
confiée h quatre syndics. Les revenus montent à 7,200 livres. 



(1) Ph. Lauzuii, op. cit. 
[2] Idem, 



r6 - 



Mais il y a 1,800 livres de charges réelles; 550 messes fon- 
dées, ce qui fait 275 livres d'honoraires; quarante malades 
tous les jours, ce qui fait par an environ ving-deux mille quatre 
cents malades à 10 sols chacun, soil 11,200 livres. Les dé- 
penses excèdent donc les ressources de 6,075 livres par an. 
Pour combler le déficit on n'a que la charité des particuliers. 
Dans l'assemblée des trois ordres, tenueà l'Hôtel de Ville le 
21 février 1774, le roi a été supplié de vouloir établir en fa- 
veur de l'hôpital Saint-Jacques une pension annuelle d'envi- 
ron 6,000 livres à prendre sur les Economats, sur les biens 
des Reliijionnaires fuîritifs ou sur tel autre fonds ou revenus 
destinés aux œuvres pies qu'il plaira à Sa Majesté de déter- 
miner. Quatre soeurs de Saint-Vincent de Paul sont chargées 
du service. Ces religieuses furent appelées à Agen par Mas- 
caron en 1686 (0. 

L'hôpital de Las ou de la manuAicture a été fondé par 
M. Delas de Guyon qui laissa, en 1684, 24 000 livres pour 
cet effet. Les lettres patentes en faveur de cet établissement 
sont du mois d'avril 1685 et elles furent enregistrées au séné- 
chal d'Agen le 25 juin de la même année. On choisit un em- 
placement au bout du Gravior et Mascaron y alla, le 8 avril 
1686, avec tous les corps ecclésiastiques et religieux, planter 
la croix et poser la première pierre. Un bel édifice y fut en- 
suite construit, à plusieurs étages, la façade principale don- 
nant sur la Garonne, avec cour, jardin, écurie, etc.. Le but 
de cet hôpital était dans le principe de servir d'asile aux pau- 
vres, valides ou infirmes, de la ville, des faubourgs et autres 1 
lieux dépendant d'Agen. Mais voilà plus de cinquante ans 
qu'on a cessé d'y admettre les pauvres adultes. On n'y reçoit 
que des enfants de sept ou huit ans de l'un et de l'autre sexe. 
Par une ancienne délibération des administrateurs le nombre 



(i; VcJir aux Archives de l'Evèchè, le rapport du Bureau au gouvernement ert ; 
MIS. 



^1 



- <11 — 

des enfants est fixé à trente-cinq garçons et quinze filles. On 
apprend à ceux-là le métier de scrger et à celles-ci la filature 
des laines nécessaires à la fabrication des serines. Leur tra- 
vail soutient la maison et produit annuellement un bénéfice de 
i" à 1,800 livres. Les autres revenus consistent en contrats 
de constitutions de rentes sur divers particuliers : 5,184 livres, 
1 2 sols, 2 deniers. Le loyer de l'arsenal : 1 76 livres, 1 o sols. Le 
produit du jardin, année commune: 380 livres. Ce qui fait en 
tout: ).7)i livres, 2 sols, 2 deniers. II y a 430 livres de char- 
ges : honoraires de l'aumônier, 100 livres; ceux des direc- 
trices, 180 livres; rente du chapelain de Laniboire, ^o livres; 
aumône à une jeune fille à la nomination de M. Lagarde, 
50 livres; autre aumône à un garçon à désigner par M. Ver- 
due, 50 livres. C'est aussi un bureau qui régit cet établisse- 
ment. Il est composé de l' Evoque président et de commissaires 
pris dans les deux chapitres et dans le corps de ville ('). 

Tout près de la manufacture, au bout des allées du Gra- 
vier, et sur la paroisse de La Capelette, il y a une tuilerie 
avec un jardin qui fut léguée en 1730 par Dominique Case- 
neuve, architecte d'Agen, au curé et à la fabrique de Saint- 
llilaire d'Agen. Cette tuilerie a été placée en locaterie per- 
pétuelle en 1765 moyennant 350 livres de rente. Ce revenu 
doit être distribué par le curé et les marguilliers administra- 
teurs ! i" Aux pauvres malades de la paroisse Saint-Hilaire ; 
1' A de pauvres artisans des autres paroisses d'Agen, inscrits 
sur le rôle de l'ancienne congrégation des Jésuites; 3° Aux 
prisonniers. Ceux-ci qui, à l'époque de la fondation, n'étaient 
qu'une dizaine, sont aujourd'hui de 80 à 100 et consomment la 
moitié du revenu. Le curé actuel, M. Argenton, voyant que 
ces misérables périssaient dans les cachots à la moindre ma- 
ladie, sans secours spirituels ni temporels, l'infection de ces 
lieux faisant horreur aux personnes les plus zélées et les plus 

(1) Enquête du gouverncnieni en 1775. Archives de TEvèché, 

13 






charitables, a fondé en 1774, à ses dépens, dans la prison, une 
chambre d'infirmerie, a pourvu cette infirmerie de deux lits 
complets, et l'a approvisionnée de linge. 

En 1722, M.Jean Bâché a également légué au curé de 
Saint-Hilaire, pour ses pauvres, une maison située place Saint- 
Hilaire, et contiguë au presbytère, qui est louée 180 livres. 

Par son testament du 13 juin 1734, Mademoiselle Sabré, 
a fait, au curé de Saint-Caprais d'Agen, donation d'un capital 
de 300 livres, produisant 1 5 livres de rente qui doivent être 
distribuées aux pauvres de sa paroisse. 

Le dernier établissement de charité, par ordre de date, 
est le bouillon des pauvres. Il fut créé par lettres patentes 
données à Compiègne au mois de juillet 1736. Il est régi par 
un bureau composé de l'Evêque président et de quatre curés de 
la ville. Il a pour but, comme son nom l'indique, de fournir 
du bouillon, dans leurs propres maisons, aux pauvres malades 
honteux. Beaucoup, en effet, par point d'honneur, refusent 
une place dans l'hôpital général ^même dans leurs plus pres- 
sants besoins. La confrérie entretient ainsi une cinquantaine 
de pauvres à raison d'une demi-livre de pain et demi-quart 
de viande par jour. Le nombre d'ailleurs des pauvres secou- 
rus n'est pas fixe et il dépend du prix des denrées et de la 
charité publique. On commença avec 35 1 livres de rentes que 
les quatre curés de la ville abandonnèrent; ce premier fond 
s'est accru par des legs et des donations ; il atteint presque 
aujourd'hui le chiffre de 3,000 livres de rente. On donne 
120 livres à quatre femmes chargées de porter à domicile les 
aliments destinés aux pauvres malades. Ces aliments sont 
préparés chez des particuliers de bonne volonté, car la con- 
frérie, faute de ressources suffisantes, n'a pu encore se pro- 
curer de locaHO. 



(1) Voir aux Archives de l'Evôché, dans toute la série H, les pièces relatives â 
l'enquête faite par le gouvernement auprès des curés, en 177J, relativement aux éta- 
blisscimenis de charité. 



— I7«> — 

SAINT-ETIENNE DE CASSOU 
ET SON annexe: SAINT-DENIS DE LASGOURGUES. 



On lit dans le pouillê de Valcri : « /// archiprcshyfcratu de 
Opcrc : Prier Je dissonc cl rcclor cjusticm et Sancli Dio- 
nisii ». Toute trace du prieuré a depuis longtemps disparu. 

L'église de la matrice est champêtre, dans le voisinage de 
quatre ou cinq maisons. Elle est longue de 12 cannes, large 
de ^ , haute de 7 et entièrement voûtée. Il y a deux chapelles 
dont l'une, du côté de l'Evangile, est dédiée à Saint-Bernard 
et l'autre, du côté de l'Epître, à Notre-Dame. Dans celle ci 
est desservie une chapellenie, dite Ferréol, fondée par un 
nommé Chabrié. Elle vaut 200 livres quittes ^'^ et oblige à 
une messe des morts tous les vendredis. Le patron, qui est 
l'aîné mâle de la famille du fondateur, s'appelle Jean-Pierre 
de Lasgranges et le titulaire n'est autre, pour le moment, que 
le propre curé de la paroisse ^^\ 

Celle de l'annexe est un petit édifice en partie lambrissé. 

La dîme du blé se paie au dixième ; celle du vin et des me- 
nus grains, à discrétion. L'Evoque prend les trois quarts des 
gros grains, le curé le quart restant et tous les menus grains. 
Le vin est prélevé par l'Evoque dont la part est affermée 
3,350 livres. La cure vaut i.ooo livres. Il y a un presbytère 
avec jardin et un gleysage comprenant deux pièces de terre, 
situées dans la matrice, d'une contenance totale de 5 carton- 
nats 6 picotins et quatre carterées en terre labourable, pré et 
vigne, situées à l'annexe. 



(1) Sa dotation consistait en cinq carlerc-es déterre estimées 4.600 livres et situées 
dans la paroisse au lieu dit do Ferréol. 

(2) ProfiMiée par les Protestants, l'église de Cassou fut réconciliée par Nicolas de 
Villars, le ) février IJO). Ce prélat y consacra trois autels dans l'un desquels il mit 
u de cerebro sanctaî Fidis ». 



— i8o — 

L'évêque nomme a p/cno jure » au bénéfice. 

On compte cent-soixante communiants à la matrice et cent- 
quarante à l'annexe. Le curé est tenu au service ordinaire. 
Le titulaire actuel est Joseph Molinier de Lasgranges, futur 
assermenté et abdicataire, qui sera maintenu à son poste après 
le Concordat. 



SAINT-ETIENNE DE MARSAC 



Le pouillé de Valéri porte : « In archipresb/teratu Sedis : 
Prior de Marsaco, rector ejiisdem ». Le prieuré est une an- 
cienne dépendance de l'abbaye de Ciairac. Il fut uni, en 17 14, 
au Collège d'Agen, et en 1729, à la Sacristie de Saint-Jean 
de Latran. 

L'église, de la dernière période romane ('), est champêtre, 
sur une éminence, avec cinq ou six maisons à cinquante pas. 
Elle est longue de seize cannes, large de cinq, haute de huit. 
Le sanctuaire seul est voûté. La nef est flanquée de deux 
chapelles dont l'une est dédiée à Saint-Biaise. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au treizième, et 
des menus grains à discrétion. Le prieur prend les trois quarts 
du blé et du vin ; le curé le quart restant et tous les menus 
grains. Sa part peut aller à 700 livres. Il y a un presbytère et 
un gleysage comprenant deux cartonnais en pré et quatre pi- 
cotins en terre labourable. 

Le collateur est le Roi, ou son vicaire-général dans l'ab- 
baye de Ciairac, actuellement l'évêque d'Agen. 

Il y a deux cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jérôme Char- 



(i) G. Tholin, op. cit. 



- i8i - 

rière, qui refusera le serment et subira la déportation. Après 
le Concordat, il n'acceptera pas la succursale de Laugnac et 
ne prendra qu'en 1808 ses lettres d'union avec l'évoque con- 
cordataire. 



SAINT-FERRÉOL 



On lit dans le pouillé de Valéri : « In archiprcsbyleralu 
fcrrussaguensi: Rcctor Sancli Fcrrcoll, Prior de De fessa », 
Le prieuré de Notre-Dame ou plus communément de Sainte- 
Rose du Deffez, était de l'ordre de Grammont. Tout ce qu'on 
sait de ses origines, c'est qu'il existait en 1220, qu'il comp- 
tait huit religieux en 129^ et seize en 1 3 17 ('). H semble avoir 
eu, au Moyen-Age, une importance considérable. Guillaume II, 
évoque d'Agen, mort le 11 janvier 1263, voulut y être ense- 
veli. On voit encore dans l'église à demi détruite la pierre qui 
recouvre son tombeau. Elle est marquée d'une grande croix -\ 
D'après Bernard Guidonis, le pape Clément V aurait passé 
son enfance dans ce monastère et y aurait été élevé par le 
prieur Pierre de Caiizac, une illustration de l'époque ('). 
Jean XXII, que quelques auteurs font un religieux de l'ordre 
de Grammont, aurait au moins tenu en commande la correc- 
torerie du Deffez '♦'. Ce pape, dans la célèbre réforme qu'il 
fit de l'ordre de Grammont en 1517, unit au prieuré du Deffez 
ceux de Sainte-Rose au diocèse de Lectoure et de Ribeyro- 
les au diocèse d'Agen (5). La conventualité s'était éteinte au 



(1) A. de Dion et L. Guibert, dans le Bulletin monumental, années 74 et 76. 

(2) Labrunie. — Catal. rais, des Evoques d'Agen. — Art. Guillaume II. 

{}) Prieurs de Grandmont. par Bernard Guidonis. — Historiens des Gaules, t. 21. 

(4) A. de Dion, etc., loc. cit. 

(5) Idem. 



Deflfez dès avant le xvii" siècle. L'église seule subsiste encore 
mais à l'état de ruines. Le curé de Saint-Ferréol écrivait en 
1666 : « Il y a une chapelle dans la paroisse, nommée de 
Sainte-Rose, où il ne se fait aucun service, on y dit quelque- 
fois messe de dévotion le jour de la fête; elle est presque en 
ruines ». Mascaron, dans son verbal de visite en date du 
9 septembre 1697, s'exprime ainsi : « L'église Sainte-Rose 
que nous avons envoyé visiter a été trouvée dépourvue de 
tout, l'autel malpropre, la voûte ayant besoin de réparation 
et sur l'autel et vers le milieu de l'église ; le fonds de l'église 
est indécemment tenu, et on y met bien des denrées qu'on a 
promis de retirer incessamment ». Depuis, l'état de ce pauvre 
édifice n'a fait qu'empirer. Le prieuré lui-même n'est aujour- 
d'hui qu'un bénéfice simple et séculier, auquel le roi nomme 
en vertu du Concordat de 1516. On croit qu'il vaut 4,000 
livres. Sa dotation se compose, outre quelques dîmes, d'une 
métairie située dans la présente paroisse, de la contenance de 
trente-deux carterées, deux cartonnats en terre labourable, 
pré et bois taillis '■'. Le titulaire actuel est M. Malaret, cha- 
noine de Paris et vicaire-général de Toulouse. 

L'église de la paroisse est sur la croupe d'une colline. Elle 
est longue de dix cannes, large de cinq, haute de huit et en- 
tièrement voûtée. Il y a deux chapelles : l'une du côté de 
l'Epître est voûtée et dédiée à Notre-Dame, l'autre, du côté 
de l'Evangile, est lambrissée et dédiée à saint Biaise. Un mo- 
deste campanile s'élève au-dessus du portail. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le prieur prend toute la dîme et paie au 
curé la portion congrue. Celui-ci jouit, en outre, d'un presby- 
tère avec jardin et d'un gleysage comprenant deux vignes dont 
l'une, de trois cartonnats, est située près de la cure, l'autre, 
de deux cartonnats, est située aux « brandes de Paradoux ». 



[i] Aujourd'hui, selon toute apparence, la campagne du Pelit-Séminaire d'Agen. 



- ^^^ - 

Le prieur a cessé depuis quelque temps de contester à 
l'évoque le droit de nomination. 

On compte cent quatre-vingts communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le patron de la paroisse est saint 
Ferréol, et le titulaire saint Biaise. On a des reliques de ces 
deux saints et de saint Lani^onius vulgo saint Languit Cette 
cure est actuellement possédée par Nicolas Maury, futur as- 
sermenté et ahdicataire, qui se rétractera et sera maintenu à 
son poste après le Concordat. 



SAINTE-FOY D'AGEN 



Il n'est pas défendu de croire que, suivant la tradition po- 
pulaire, un oratoire fut élevé, de bonne heure, sur le lieu 
même où la glorieuse vierge d'Agen soutTrit le martyre. 
L'église qui, aujourd'hui, porte le beau nom de Sainte-Foy, 
appartient à la première époque gothique. C'est dire qu'elle 
ne date que de la seconde moitié du xiii' siècle. Les deux 
bas-côtés ne sont même que du xv^ Bâti en majeure partie 
de brique, cet édifice est vaste et entièrement voûté, mais 
sans grand caractère. Il est relié à l'enceinte fortifiée de la 
ville et entre dans le système de défense ■). De chaque côté 
de la nef il y a une chapelle ; celle de droite est dédiée à No- 
tre-Dame ; celle de gauche à Sainte-Anne. Trois chapelle- 
nies sont fondées et desservies dans cette église : l'une appe- 
lée Sainte-Catherine, alias Sainte-Anne, possédée par Jean 
Larroche, curé de Saint- Amans de Castelculier ei qui vaut 
i8o livres^-), une autre appelée de Roussel dont le collateur 



(i) Voir: G. Tholin. — Architecture religieuse de VA gênais. 

(2) De ce bénéfice dépendaient: t. Une maison avec jardin contigu, située dans 



- au - 

est Bonaventure Roussel et le titulaire Claude Pélissier, cha- 
noine de Saint-Caprais, elle vaut 240 livres (0; la troisième 
est connue sous le nom de Durand-Fromenty, ou encore de 
Sainte-Foy de Fromenty, elle est possédée par Sabaros Du- 
bédat, chanoine de la cathédrale, auquel elle rapporte annuel- 
lement 105 livres (^). 

Les deux Chapitres d'Agen sont décimateurs par indivis en 
cette paroisse et paient une pension au curé et aux vicaires. 
Outre sa portion congrue, le curé possède une belle maison 
presbytérale près du cimetière, avec un jardin de deux carton- 
nais quatre picotins et une pièce de terre ou vigne de trois 
cartonnats six picotins, située à Cazalet, paroisse de Saint- 
Vincent des Corbeaux, qu'il loue 21 livres. 

Le Chapitre Saint-Etienne nomme et présente au bénéfice. 

On estime qu'il y a trois mille communiants. Le curé assisté 
de deux vicaires leur doit le service ordinaire. En 1697, Mas- 
caron institua à Sainte-Foy l'Octave des morts, pour la déli- 
vrance des âmes du Purs^atoire (^). Le titulaire actuel est Ni- 

o 

colas Lamouroux, archiprètre du Siège, qui mourra pendant 
la Révolution non sans avoir terni sa longue et belle carrière 
par la prestation du serment schismatique. 



la rue Saint-Jean, paroisse Sainte-Foy et afTermée 80 livres; 2. Une rente en loca- 
tcrie perpétuelle de 80 livres sur deux pièces ds terre et de vigne situées aux vigno- 
ble de Rivesols, paroisse de Fouiayronnes. 

(1) La dotation de cette chapelle consistait en une métairie de treize cartcrées, un 
cartonnât située au lieu de Brols, paroisse de Serres affermée 240 livres. 

(2) De ce bénéfice dépendaient deux carterées et demie de fonds situées au lieu de 
Fromenty, paroisse de Fouiayronnes, qui donnaient loj livres de revenus, 

(5) Labrunie. 



SAINTE-FOY DE JÉRUSALEM 



On n'a pas trouvé celte paroisse mentionnée dans lepouillé 
de Valéri ni dans l'appeau synodal de 1593. 

L'église, du xi" siècle, est longue de dix cannes, large de 
quatre, haute de huit. Le sanctuaire est voûté. Du côté de 
l'Epîire s'ouvre une chapelle voûtée, séparée de la nef par 
un arceau. Le clocher est sur l'arceau du sanctuaire. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains, à discrétion. Le curé prend toute la dîme que lui ont 
délaissée les chevaliers de Malte pour n'avoir pas à lui payer 
de portion congrue. C'est dire que son revenu atteint à peine 
700 livres. Il ne paie point de décimes, sa paroisse étant une 
dépendance de l'ordre de Malte. 11 y a un presbytère avec 
jardin et un gleysage. Dix-huit cartonnats de ce gleysage 
appartiennent au curé et deux carterées aux chevaliers de 
S".int-Jean qui en tirent 1 50 livres de revenu. 

Le commandeur de Sauvagnas, de l'ordre de Saint-Jean de 
Jérusalem, nomme au bénéfice. 

On compte soixante communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Outre la fôte patronale de Sainte-Foy on 
célèbre une fête votive, le jour de Sainte-Apollonie qui est la 
grande dévotion du lieu. Le titulaire est J.-B. Gras qui prêtera 
le serment, le rétractera de bonne heure, sera déporté jusque 
dans la rade d'Aix et deviendra curé de Sainte-Livrade peu 
après le Concordat. 



SAINT-HILAIRE D'AGEN 



Après la bataille de Vouillé, les Agenais, pour effacer le 
souvenir de la persécution, dit Labènazie, firent bâtir deux 



— 186 - 

églises : Saint-Phébade '■) et Saint-Hilaire, en témoignage de 
leur haine pour l'hérésie arienne et de leur vénération pour les 
illustres défenseurs du mystère de la Très Sainte-Trinité. La 
tradition assigne une origine encore plus ancienne à l'église 
Saint-Hilaire d'Agen. Nicolas de Villars dit dans ses Mémoi- 
res : « Derrière l'autel du Saint-Sacrement, il y a un grand 
creux voûté qu'on dit être long autant que l'église. On croit 
que c'était le cachot où les premiers chrétiens se retiraient 
des persécutions ». Agen aurait donc lui aussi ses catacom- 
bes. Quoiqu'il en soit, le monument actuel est relativement 
moderne et sans intérêt pour l'archéologue. Il n'est pas même 
voûté et les paroissiens qui en ont la charge, loin de songer à 
l'embellir ont grand peine à le maintenir dans le statu que. En 
1734, le 25 avril, jour de Pâques, le dessus du sanctuaire 
croula et le lendemain toute la charpente et la toiture. On dut 
transférer le service dans l'église des Pénitents Blancs. En 
1775, faute de réparation à la toiture, le lambris était de nou- 
veau pourri et on était menacé d'un second accident. C'est 
ainsi que la fabrique très pauvre, car elle n'a d'autres ressour- 
ces que le faible produit des quêtes, ne pourvoit qu'à la der- 
nière extrémité aux nécessités les plus urgentes. A gauche du 
chœur, s'ouvrent les chapelles de Notre-Dame et de Saint- 
Fiacre, à droite, celles de Saint-Anne et de Saint-Martin. La 
chapellenie de Saint-Vincent de Taverne ou d'Ecclesia, est 
desservie dans cette église depuis le milieu du xv*' siècle. Elle 
oblige à deux messes par semaine : le dimanche et le ven- 
dredi. Elle vaut 341 livres (-) et a pour titulaire Raymond Ca- 
zaly, curé de Saint-Pierre de Gaubert. 



(1) Celte église élait rue Saint-Fiary, près de Sainte-Foi, contre les remparts du 
Nord... Elle fut démolie par le peuple parce qu'elle avait servi de prêche aux hugue- 
nots en 1562, et les matériaux furent dans la suite employés à la construction du 
collège d'Agen. 

{2) De ce bénéfice dépendaient : i. Une maison avec petit jardin située rue del 
Tourril, paroisse Saint-Hilaire, louée 70 livres; 2. Une vigne de quinze cartonnais, 
siluée à Lasgravéres hautes, prçs de l'Ermitage et louée 80 livres; 5. Une maison 



I 



— lO- - 



Le curé possédait autrefois certaines dîmes en menus grains 
et un petit fief en menu cens répandu sur sa paroisse avec les 
lods et ventes seulement au douzième. En 17^4, il lit à l'êvô- 
qiic abandon de tous ses droits pour se réduire à la portion 
congrue. Le presbytère est coniigu à l'église. C'est une mai- 
son de plusieurs étages avec jardin. La Fabrique possède une 
renie de 350 livres provenant d'un bail à locaterie perpétuelle 
de la Tuilerie du Nord, située dans la paroisse de Lacape- 
letic. Cette somme est distribuée aux pauvres sous le contrôle 
du curé et des marguilliers ('). 

il y a environ deux mille communiants. La paroisse ne 
s'étend guère hors des murs. Une partie de l'ancienne pa- 
roisse Sainte-Croix, dont l'église en ruines se voyait encore, 
à la lin du xvii" siècle, sur le coteau de Saint-Vincent, est en- 
globée dans son territoire. On a démoli, vers ij*")). une cha- 
pelle dite de Sainte-Catherine (-1, située au faubourg Saint- 
Antoine, très fréquentée par les bateliers et les voyageurs. 

Le service paroissial est assuré par le curé et un vicaire. 
Comme dévotions particulières, il y a l'adoration perpétuelle 
de tous les Jeudis, établie par Jules Mascaron en 1697 et 
l'octave des Morts ''■, établie par M. de Ch-ibannes. Le titu- 
laire actuel est Jacques Argenton, promoteur de l'Officialité 
diocésaine. Il se laissera aller à prêter le serment, le rétrac- 
tera presque aussitôt et mourra en 1793. 



avec terre labourable, pré et vigne, située dans la paroisse de Sainl-Salvy, le tout 
de la contenance de trois carterées, et loué i8- livres ; 4. Un petit lîef sur quelques 
maisons et jardins de la ville dAgen, produisant, année commune, 4 livres. — 
Total des revenus, 541 livres. 

(i) Voir plus haut page 177. 

(2) Voir dans l'ouvrage de M. Ph. Lauzun, l'alinéa que Proche consacre, dans ses 
notes sur les couvents d'Agen, à cette chapelle de Sainte-Catherine. 

(5) M. le curé de Saint-Hilaire, dit Labrunie, toujours rival de celui de Sainte- 
Foy, a obtenu aussi pour son église, sous Tépiscopat de M. de Chabannes, la 
même dévotion pendant loctave des Morts. 



^ i8}:^ — 



SAINT-JACQUES DE SAINT-CIRQ 



Saint-Jacques, dit vulgairement Saint-Cirq ('), faisait égale- 
ment partie de l'archiprêtré du Siège dans l'ancienne division 
du diocèse. C'est une paroisse suburbaine de la juridiction 
d'Agen. 

L'église est champêtre dans la plaine de la Garonne. Elle 
est longue de quinze cannes, large de six, haute de huit. Le 
sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée, ni lambrissée. Il 
y a deux chapelles, une de chaque côté. L'une d'elles est dé- 
diée à sainte Catherine et la confrérie de ce nom, composée 
de bateliers, y est établie. Il y a une autre confrérie, dite de 
Saint-Biaise, pour les laboureurs. Le clocher s'élève en forme 
de triangle sur l'arceau du sanctuaire. 

La dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au 
treizième et le vin abusivement à discrétion. Le curé prend un 
quart des gros grains et tous les menus. Il possède en outre 
un presbytère et un jardin. L'Evêque prend les trois quarts des 
gros grains et tout le vin. Sa part est affermée 2,600 livres. 
Celle du curé en vaut i .000. 

C'est l'Evèque qui nomme au bénéfice. 

On évalue à cinq cents le nombre des communiants. Le 
curé leur doit le service ordinaire. 11 se nomme Antoine Bory. 
Il mourra en 1790. Son successeur Henri Raymond Barrié 
mourra lui-même dans le cours de la Révolution après s'être 
maintenu pur de tout serment. 



(1) Proçès-veibal de visite de Mascaron, Le patron e§t saint Jacques et non point 
saint Cyr çomjiie o(\ l'a écrit depuis, 



— lui) — 



SAINT-JEAN DES BORDIELS 



Cette paroisse étalent anciennement connue sous le nom de 
Desbals ou des deux Vais: Elle est ainsi désignée dans le 
pouillê de Valéri, qui la place dans rarchiprêtré de Opère : 
M R. Bcii/i Joannis de Dua/uis Va/ii/nis ». 

L'église est en rase campagne, il n'y a auprès que le pres- 
bytère. Elle est longue de quatorze cannes, large de six, 
haute de sept. Le sanctuaire est lambrissé, la nef ne l'est pas. 
Le clocher est au bas de l'édifice en forme de triangle. 

o 

On ne sait si la chapellenie de Labatut, fondée par Bérail 
Feydie, doit être desservie dans cette église ou dans celle de 
Notre-Dame d'HauteAige. Tant il y a que Gabriel Feydie en 
est patron et Jacques Maurel, curé de Saint-Sernin de Labar- 
the, titulaire. 

On possédait jadis à Saint-Jean des Bordiels une précieuse 
collection de reliques, il y a, dit Nicolas de Villars, dans ses 
Mémoires, un vieux reliquaire d'argent avec cette inscription : 
Hœc sunt reliquiœ Saneti Johannis de diuil>us Val/i/ms. Ce reli- 
quaire contenait du bois de la vraie croix, des poils de saint 
Jean, des reliques de saint Cloud, de saint Martial, de saint 
Jacques le Majeur et de saint Ferréol, un petit cordon doublé 
de soie retors de sainte Foy. De tous ces saints il se faisait 
particulière mémoire en cette église tous les ans et de tout 
temps. Cette considération engagea le prélat à permettre le 
culte public de ces reliques. 

La dîme du blé se paie au dixième, celle du vin et des me- 
nus grains à discrétion. Le curé prend la moitié du blé, le 
quart du vin et tous les menus grains. Le seigneur de Fres- 
pech, prend les trois quarts du vin et la moitié du blé. La cure 
vaut 700 livres. Il y a un presbytère, une carierée et demie 



•^- 190 — ' 

de terre labourable de gleysage où le curé prélève de vingt 
gerbes cinq. 

L'Evêque nomme de plein droit à ce bénéfice. 

Il peut y avoir cent cinquante communiants qui ont droit au 
service paroissial ordinaire. Le titulaire actuel s'appelle Mas- 
sabeau, futur assermenté et abdicataire, qui mourra pendant la 
Révolution. 



SAINT-JEAN DE MONBRAN 
ET SON ANNEXE : SAINT-PIERRE DE CAISSAC 



L'église principale a été érigée en vicairie perpétuelle sous 
le nom qu'elle porte aujourd'hui en 1686. Avant, les Evêques 
auxquels elle appartient la faisaient desservir par des vicaires 
amovibles. Elle est appelée Notre-Dame de Fignac dans le 
Fouillé Latin, de Sérignac dans les actes des xiii'' et xiv' siè- 
cles''). 

Saint-Pierre de Caissac était une église indépendante lors- 
quelle fut unie en 1740 à celle de Monbran», Elle avait été 
érigée en vicairie perpétuelle en 1681, 



(i) « Il m'est tombé entre les mains, dit Labrunie, « l'Inventaire des titres et do- 
cuments féodals et autres de la maison et Table épiscopale d'Agen, etc., fait par 
ordre de M. Delbène, évêquc et comte d'Agen en 1640, par Antoine Paraygue. » 
J'y ai vu qu'au xiii» siècle et le suivant Monbran y est toujours appelé Serinhac et 
quelquefois avec addition deçà Garonne ; qu'il y avait alors un recteur. (Voir la 

soixantième reconnaissance du 17 décembre 1555) En quel temps cette église 

a-t-elle été donnée à nos Prélats r ( Pièces justificatives, etc. ms. Tournié au Petit 
Séminaire). 

Cependar.i dans le compte des subsides levés pour le Pape en 1526 dans la Pro- 
vince de Bordeaux, c'est l'évêque et non le recteur qui paie pour l'église de Séri- 
gnac : Idem episcopus pro Ecclesia de Serinhac. (Archives historiques de la Gi- 
ronde, tome xix;. 

(2; En I7JI, M. Gouaux, curé de Monbran demanda judiciairement ses Novales à 
M. de Saléon, et l'instance se poursuivait encore lorsque ce prélat fut transféré à 



- 191 — 

L'ésfiise de Monbran est située sur le sommet d'une coIFfne 
élevée, à quelques pas du château épiscopol. Elle a été re- 
construite presque en entier par M. Joli. Elle est toute voû- 
tée. Le clocher-arcades est sur la façade occidentale en forme 
de triangle. 

Celle de Caissac est champêtre, avec quatre ou cinq mai- 
sons cà cinquante pas. Elle est longue de vingt cannes, large 
de quatre, haute de dix. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est 
ni voûtée ni lambrissée. Le clocher en trianerle est sur Tar- 

o 

ceau du sanctuaire. 

La dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au 
treizième, et du vin à discrétion. L'Evéque est seul décima- 
teur à Monbran, et le Chapitre Saint-Caprais à Caissac. Le 
curé a toujours été à la portion congrue. Il y a un presbytère 
à Monbran. construit en 1742. Auparavant, le curé occupait 
un mauvais appartement sous l'horloge du château. Il jouit 
aussi duii petit jardin. A Caissac il y a une grange et une 
écurie attenantes à l'église pour le cheval du vicaire. 

L'Evéque nomme directement à ce bénéfice. 

II peut y avoir trois cents communiants à Monbran, et cent 
quinze à Caissac. L'une et l'autre paroisse ont droit à tout le 
service curial. L'annexe est desservie par un vicaire. Le titu- 
laire actuel est Joseph Labrunie, homme aussi savant que 
pieux, dont le nom restera intimement lié à l'histoire civile et 
religieuse de l'Agenais. Il démissionnera en juillet 1790, sera 
incarcéré pendant la Révolution et sera nommé, un des pre- 
miers, chanoine honoraire en 1803. ^^^ successeur, Jean 



Rodez. M. de Chabanncs ne les relâcha jamais à la vérité à M. Couauv, mais il 
féiiiiit Caissac à Monbran en 1740. Labrunie, pièces justificatives, loco. cit\ 

Le Chapitre Saint-Caprais à qui l'église de Caissac appartenait en vertu de la cé- 
lèbre transaction de la;), garda tousses droits sur les dîmes, mais perdit celui de 
nomination. En compensation, l'Evêque lui abandonna le droit de nommer à la cure 
de Saint-Pierre Lafenillc. Les revenus et les charges du curé de Caissac, passèrent 
à celui de Monbran, qui se vit obligé notamment à entretenir un vicaire. (Archives 
de l'Evcché, H, liasse Monbran). 



--' tc)i -^ 



Fabre, loin de marcher sur ses traces, tombera de chute en 
chute jusque dans l'apostasie. 



SAINT-JEAN DE SAUVAGNAS 



Le pouillé de Valéri place la préceptorie et la rectorie de 
Salvanihjsio dans l'archiprôtré de Opère. Ce bénéfice appartint 
d'abord aux Templiers. Armengaud Desaguilers, précepteur 
d'Agen et de Bordeaux, fit construire le château en 1275 ('). 
On sait que c'est vers 131 3 que les chevaliers de Saint-Jean 
de Jérusalem, héritèrent des Templiers. 

L'église est dans un bourg d'une vingtaine de feux. C'est 
une salle longue qui paraît dater du xii^ siècle. Elle a vingt- 
cinq cannes de long, huit de large et douze de haut. On a 
ajouté plus tard, de chaque côté de la travée supérieure, des 
chapelles carrées formant comme les croisillons d'un transept. 
Les chapelles seules sont voûtées en ogives, la nef est lambrissée. 
Le clocher est une tour quadrangulaire au-dessus de la sacris- 
tie (^^. Cette église ne porte aucune marque de consécration. 
Les habitants s'y étant réfugiés comme dans une forteresse 
pendant les guerres de religion, Nicolas de Villars dut la ré- 
concilier en 1603. La chapelle qui est du côté de l'Epître est 
dédiée à saint Salvi. On y remarque un chef d'argent (') dans 
lequel est enchâssé la tête du saint évêque d'.Albi. Cette reli- 
que insigne qui est, depuis plus de trois cents ans, dans la pa- 
roisse, est seulement tolérée. En 1603, lors de sa visite, 
Nicolas de Villars demanda en vain l'authentique, tous les 
titres avaient disparu pendant les troubles, et c'est à grand 



(1) Saint-Amans. Histoire du Lot-et-Garonne. 

(a) C. Tholin. Architecture religieuse de t'A gênais. 

[}) Ces reliques avaient coûtés 500 livres. 



1 



peine que la piété des habitants avait soustrait le précieux 
trésor à la fureur des huguenots. Plusieurs vieillards, à la vé- 
rité, de soixante-dix et de quatre-vingts ans, témoignèrent de 
la tradition. On y avait grande foi pour la guérison des maux 
de tête et la santé du bétail. Jusques à la fin du xvi" siècle, 
cette chapelle fut appelée du Saint-Sépulcre à cause d'une 
très belle image du tombeau du Sauveur, qu'on y vénérait de 
temps immémorial, et dont il ne restait que quelques traces 
en 1603. D'ailleurs, cette dévotion, importée sans doute par 
les Templiers ou les chevaliers de Saint-Jean, paraît avoir été 
florissante dans cette paroisse. Au commencement du xvii" 
siècle on montrait encore, près du château, l'emplacement où 
s'élevait jadis un oratoire du Saint-Sépulcre, qui passait alors 
pour avoir été le centre d'un pèlerinage très fréquenté. Hélas! 
même les meilleures choses ont leurs destins, et déjà, à celte 
époque, ce n'était plus la piété qui, tous les printemps, attirait 
la foule dans le pré du Seigneur. Enfin, dans cette même cha- 
pelle, est fondée une chapellenie, dite de la Croix. On ne 
sait qui en a le patronage. Elle a été tour à tour unie à la cure 
et désunie; en ce moment, elle est possédée parSaint-Gilis de 
Grave, chanoine de Saint-Etienne. Sous Nicolas de Villars, 
elle consistait en une maison et onze carierées de terre, et 
obligeait à deux messes par semaine ; de nos jours elle n'oblige 
qu'tà une seule messe, mais aussi bien est-elle réduite à huit 
carterées qu'on appelle le cimetière nouveau. La chapelle, du 
côté de l'Evangile, est dédiée à Notre-Dame du Rosaire. 
Elle a été construite au xvi^ siècle par un recteur du nom peu 
harmonieux de Taudy. La piété d'un Commandeur, M. de 
Mons, l'a enrichie d'une statuette de la Vierge, en argent 
massif, devant laquelle une lampe, également d'argent, brûle 
nuit et jour. Plus bas, est un autel élevé à saint Côme, par 
suite d'un vœu des paroissiens, lors de la contagion de i6>5. 
La dîme du blé se paie au dixième, du vin au quatorzième 
et des menus grains à discrétion, Le curé prend tous les me- 



U 



1^)4 — 



nus îjrains et partage le carnelage avec le commandeur. Celui- 
ci prend tout le vin, le curé cependant jouit par transaction 
d'une vigne de huit ou neuf cartonnais. De seize sacs de blé, 
le commandeur en prend neuf, le curé quatre et l'Evêque trois. 
La part de l'Evêque s'afferme 600 livres, celle de ses codé- 
cimateursàproportion. Le curé prélève en outre lestrois-quarts 
de la grosse dîme dans la paroisse de Sainte-Eutropc de Car- 
pillou, annexe de Larroque. Il y a un presbytère avec jardin. 
Les chevaliers de Malte possèdent un château, qui, avec les 
terres qui en dépendent, est estimé 30.371 livres. 

C'est le commandeur qui présente au bénéfice. Régulière- 
ment le curé devrait faire parti de l'ordre de Saint-Jean de 
Jérusalem, mais il y a beau temps qu'on élude cette obliga- 
tion. Il participe cependant aux privilèges de l'ordre en ce 
qu'il ne paie pas de décimes. 

On compte cinq cents communiants dans cette paroisse. 
Bon nombre sont enrôlés dans la confrérie du Rosaire quia 
été approuvée par MM. de Gelas et Delbène et qui a rem- 
placé les antiques confréries de Saint-Jean et de Saint-Salvi. 
Il y a eu de tout temps un vicaire à la charge du curé et deux 
messes le dimanche. Le titulaire actuel est Pierre Lestrein. 
Dans quelques années Dieu lui fera la grâce de mourir en pri- 
son^ confesseur de la Foi. 



SAINT-JULIEN DE TERREFOSSE 
ET SON ANNEXE : SAINT-JACQUES DEPAUILLAC 



Dans le pouillé de Valéri, les trois paroisses voisines de 
Caissac, de] Pauillac et de^Saint-Julien de Terrefosse sont 
unies sous le même recteur. En 165 1, Saint-Julien fut érigée 
en vicairie perpétuelle avec Pauillac comme annexe. 



— lOÎ -^ 

L'église de la matrice est champêtre, dans un vallon, avec 
sept ou huit maisons à cinquante p s. Elle est longue de 
seize cannes, large de cinq, haute de dix. Le sanctuaire est 
voûté, la nef n'est ni voûtée, ni lambrissée. Le clocher-arcades 
est sur la porte au bas de rédifice. 

Celle de l'annexe est champêtre aussi, sur une éminence, 
longue de douze cannes, large de quatre, haute de huit, non 
lambrissée, le sanctuaire seul étant voûté. Du côté de l'Evan- 
gile il y a une chapelle voûtée. Le clocher-arcades est aussi 
au-dessus de la porte en forme de triangle. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
des menus grains au treizième, du vin à discrétion. Le Cha- 
pitre Saint-Caprais est seul décimateur et son revenu dépasse 
i.ooo écus quittes. Le curé est à la portion congrue. Il y a 
à Saint-Julien un pré de trois cartonnais dont le revenu, qui 
est de ^4 livres 12 sols, est affecté à l'entretien de l'église. 

La nomination et la présentation sont au chapitre Saint- 
Caprais. 

Les paroissiens, au nombre de six cents, habitent trois pe- 
tits bourgs. Le curé dessert la matrice et il devrait y avoir un 
vicaire pour l'annexe. Le titulaire actuel est Jean Barsalou, 
futur assermenté et abdicataire, qui mourra pendant la Révo- 
lution. 



SAINT-MARTIN DE FOULAYRONNES 



Le pouillé de Valéri porte : In archiprcsbyterjtii ScJis : 
Reclor sancfi Martini fontis Litronuni. 

L'église est champêtre, au fond d'un vallon, entièrement 
v'oûtée et flanquée d'une chapelle de chaque côté. Le clo- 



cher-arcades est au bas de l'église. 



•^ 196 — 

A l'origine, l'Evêque et le Chapitre Saint-Caprais étaient 
tous deux part-prenants à la dîme. Par la célèbre transaction 
de 1255, l'Evêque fit cession de ses droits au Chapitre qui, 
depuis, est resté seul gros décimateur. Le curé prend le 
quart du blé et tous les menus grains. Sa part vaut 1,400 li- 
vres. Le Chapitre Saint- Caprais prend les trois quarts du blé 
et aussi tout le vin, moyennant une indemnité en argent au 
curé. Longtemps il n'y eut d'autre presbytère que cette petite 
masure inhabitable et inhabitée que l'on voit encore attenante 
à l'église. On a bâti, dans le courant de ce siècle, une belle 
maison à plusieurs étages avec grange, jardin, etc.. Le gley- 
sage comprend deux cartonnats en pré et terre labourable. 

Le Chapitre Saint-Caprais nomme au bénéfice. 

Il y a quatre cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Ver- 
nède, qui se réfugiera en Espagne après avoir courageuse-, 
ment refusé le serment schismatique. Sa santé ne lui permettra 
pas de prendre de l'emploi après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DE ROUDOULOUX 
ET SON ANNEXE : SAINT-PIERRE DE MARGASTAU 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archipresbyteratu Fer- 
russaguensi : Reclor de Margastaiit^ de Rodoles et de Bonavalle. 
Dans les procès-verbaux de visite du même Valéri, en date de 
1 5 5 1 , il est fait mention de cette dernière église, sous le nom 
de chapelle de Vale. Elle était dès lors complètement en 
ruines. 

L'église de la matrice est champêtre, dans le voisinage de 
cinq ou six maisons. Elle n'est pas voûtée. On construisit, 



&:. 



10- — 



vers i^i9v une chapelle latérale, qui est dédiée à Notre- 
Dame des Scpt-Doulcurs. Le clocher est sur la façade princi- 
pale en forme de chapiteau. 

Celle de l'annexe est champêtre, sur une éminence, auprès 
de cinq ou six maisons. Elle n'est ni voûtée, ni lambrissée, ni 
môme pavée. Elle est depuis longtemps à peu prés abandon- 
née. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au treizième. En 1670, le Chapitre Saint-Caprais, gros 
décimateur, abandonna toutes les dîmes au curé pour n'avoir 
pas à lui payer de portion congrue. Il y a cà l'annexe neuf 
cartonnais de terre de gleysage, et à la matrice trois picotins 
et un presbytère. Le bénéfice vaut 800 livres. 

Il est de la nomination du Chapitre Saint-Caprais. 

Il y a cent vingt communiants à la matrice, auxquels le curé 
doit le service ordinaire. On n'en compte qu'une trentaine à 
l'annexe. En 1653, les paroissiens de Margastau et le curé 
s'entendirent pour transférer le service divin à la matrice. Par 
une ordonnance, en 1670, M, Joly obligea le curé à tenir un 
vicaire à l'annexe. Malgré les protestations des intéressés 
cette ordonnance ne fut pas longtemps exécutée. En 1740. les 
paroissiens de Margastau ayant mis leur église en état, sup- 
plièrent l'èvêque de la faire desservir mais il ne purent triom- 
pher de la nature des choses et de l'opposition du curé. 
Un curé a laissé, en 1702, une rente de 40 livres pour le 
bouillon des pauvres. Il y a aussi un pré dont le revenu est 
employé à doter les filles pauvres de la paroisse. Le titulaire 
actuel est Marc Magnac, qui mourra en 1790. Il aura pour 
successeur Etienne-Auguste Carrié, futur assermenté et abdi- 
cataire, qui se rétractera après la Terreur et sera nommé curé 
de Serres après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DE SERRES 



Le pOLiIllé de Valéri place cette paroisse dans l'archiprê- 
tré de Opère. 

L'église est champêtre, n'ayant auprès que le presbytère. 
Elle est longue de dix cannes, large de trois, haute de cinq. 
Le sanctuaire est voûté, la nef est lambrissée. Il y a deux 
chapelles voûtées, l'une dédiée à saint Biaise, l'autre à sainte 
Catherine. Le clocher est un triangle sur la muraille au fond 
de l'édifice. 

La dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au 
treizième, du vin au dix-huitième. Le prieur de Saint-Caprais 
prend les trois-quarts des gros grains et tout le vin. Le curé 
prend le quart du blé et tous les menus grains. Il jouit en 
outre d'une métairie de vingt-six carterées, situées autour de 
l'église, avec les rentes qui y sont attachées. Son revenu dé- 
passe 1,000 livres. Il y a un presbytère. 

Celte cure est de la présentation du Prieur de Saint-Ca- 
prais. 

Il y a deux cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Pré- 
cepty. Il prêtera le serment, sera néanmoins incarcéré en 
1794 et mourra peu après. 



NOTRE-DAME DE CABALSAUT 



I 



On lit dans le pouillé de Valéri : « In ar chip resby ter atu 
Fcrrussao-uensi : Rector Sancù A ndreœ de Cavalsaut et Béate 

o 



— »99 — 

Marie ». Il n'est pas rare de trouver dans les anciens actes : 
B. M. de Eqiii-Saltu. L'annexe Saint-André fut érigée, en 
1670, en vicairic perpétuelle. 

L'église est champêtre, dans un vallon, au pied d'une col- 
line. Elle est longue de dix cannes, large de quatre, haute de 
six et presque entièrement lambrissée. Le clocher est en 
lornie de trianirle au bas de l'édifice. 

o 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains, à discrétion. Le chantre de Saint-Etienne, curé primi- 
tif, prend tout le revenu. Le curé opta une première fois peur 
la portion congrue en 1670, et de nouveau en 17B5, en re- 
nonçant au tiers des fruits décimaux, aux novales, à la dîme 
verte et à douze sacs de blé qu'il prélevait sur la pile com- 
mune. Il y a, au lieu de la Peyre, un presbytère avec jardin. 

On compte cent vingt communiants presque tous indigents. 
Les propriétaires, pour la plupart, sont des bourgeois d'Agen. 
Le curé est tenu au service ordinaire. Le titulaire actuel s'ap- 
pelle Michel Mautor. Il mourra pendant la Révolution. 



NOTRE-DAME DE CARDONNET 

ET SES annexes: SAINT-PIERRE DE MONRÉAL 

SAINT-MARTIN DEDOULOUGNAC 



On trouve bien, dans l'archiprèté du Siège du pouillé de 
Valéri. la rectorie de Cardondo et Scindi Martini de Dolonha- 
eo. C'est en vain que l'on chercherait, soit dans ce même do- 
cument, soit dans l'appeau synodal de 1595, le nom de l'au- 
tre annexe. Peut-être y est-elle désignée sous celui de l'une 
ou de l'autre de ces deux rectories indépendantes : Sanclus 
Pelrus de Colonhes ou Sanelus Pelrus de Romanis. En revanche 



— 200 — 



on lit dans le compte des subsides levés pour le Pape dans 
l'archevêché de Bordeaux en 1324(0; /// archiprcsbylcralu 
Sedis : Capella de Monte Regali. 

L'église de la matrice est champêtre, dans un vallon, dans 
le voisinage de sept ou huit maisons. Elle est longue de 
vingt cannes, large de quatre, haute de dix et entièrement 
voûtée. Du côté de l'Evangile il y a une aile séparée de la 
nef par deux piliers et trois arceaux. Le duc d'Aiguillon et 
les Consuls ont droit de banc dans cette église. Le clocher 
s'élève au-dessus de l'arceau de la travée du milieu (2). 

Celle de Monréal est sur une éminence, elle est longue de 
douze cannes, large de quatre, haute de six, le sanctuaire est 
lambrissé. Il y a un clocher. 

Celle de Doulougnac est dans une plaine. Elle est longue 
de seize cannes, large de quatre, haute de huit. Elle offre des 
parties fort anciennes. Tout autour gisent de nombreuses tui- 
les à rebord. La nef n'a jamais dû être voûtée. Le sanctuaire 
est du xi^ siècle ; sa voûte a été détruite (0; il est aujourd'hui 
lambrissé. Il y a de chaque côté de la nef une chapelle voû- 
tée. Cinq cartonnats de terre sont affectés à l'entretien de 
l'église. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
forains abusivement à discrétion. A la matrice et à Doulou- 
gnac, le curé prend le quart du blé et du vin, tous les menus 
grains et le carnelage. Le chapitre Saint-Etienne les trois 
quarts du blé et du vin, sauf au Petit Cardonnet où c'est le 
Chapitre Saint-Caprais qui les prend. A Monréal, le curé 
prend la moitié de tout et une pipe de blé par préciput sur la 
portion du Chapitre Saint-Etienne qui prend l'autre moitié. Il 



(1) Archives historiques du dc-partemeiit de la Gironde, tome xix. 

(2) Les décimateurs avaient abandonné à la Fabrique pour l'entretien de cette 
église un certain canton appelé le Regret et un autre appelé la Garenne dont le pro- 
duit annuel dépassait 150 livres. 

(î) G. Tholin, Etudessur l'architecture religieuse- etc. 



— 201 — 



y a un demi cartonnât de gleysagc à Cardonnet et huit à Dou- 
lougnac avec un presbytère dans les deux endroits. 

Le bénéfice vaut 1700 livres, il est de la nomination du 
Chapitre Saint-Etienne. 

La matrice est desservie par le curé, chaque annexe par 
un vicaire. Saint-Clair est la fôte principale de Cardonnet, la 
Nativité de Doulougnac, Saint-Pierre ès-licns de Monréal. 

Il y a plusieurs fondations. L'une d'elles porte obligation 
de dire tous les samedis le Sjlrc Rci^ina et le Lihcra me. On 
compte six cents comnuinianis à Cardoiint-t, soixanle-dix à 
Monréal, cent quatre-vingt-dix à Doulougnac. En 1666, un 
curé portait sur eux ce jugement : « Je m'estime heureux 
d'avoir de tels paroissiens pour mes brebis qui ne sont ni ga- 
leux pour mener une vie libertine, ni scandaleux à cause de 
leur sortilège, ni gangreneux et corrompus par l'hérésie. » 
Le titulaire actuel est Antoine Joseph Bonhomme de Poma- 
ret. Futur assermenté et abdicataire, il mourra dans le cours 
de la Révolution. 



N.-D. DEL PECH DE LAROQUE-TIMBA UT 

ET SES annexes: saint-pierre D'AURIVAL 

SAINT-MARTIN DE NORPECH 

saint-eutrope de CARPILLOU 



On lit dans le pouiilé de Valéri : /// archiprcsbylcralu de 
Opère: R. Rupis Theobaldi. Saneli Pétri Dorival, Saneli Mar- 
tini de Norpceh. il n'est pas question de Saint- Eutrope de 
Carpillou. 

L'église de la matrice est en rase campagne, loin de toute ha- 
bitation, à quatre cents pasde Laroque. Lanef est lambrissée 
jusqu'au milieu, tout le reste est voûté. Il y a une aile du çôtç 



— 202 — 



de l'Epître, séparée de la nef par trois arceaux et deux piliers 
de pierre. Cette aile est voûtée et l'autel qui s'y trouve est 
dédié à saint Biaise. De l'autre côté il y a la chapelle de 
sainte Catherine, aussi voûtée et séparée de la nef par un 
arceau. Le clocher est au bas de l'édifice. 

Celle d'Aurival paraît datée du xii*" siècle. Elle a du côté 
de l'Epître une chapelle dédiée à Notre-Dame. 

Celle de Norpech est dans une haute plaine. Elle est lon- 
gue de dix cannes, hirge de quatre, haute de six. Le sanc- 
tuaire est lambrissé, non la nef. Le clocher-arcades est au 
bas de l'édifice en forme de triangle. 

Celle de Saint-Euirope est dans un vallon. Elle est longue 
de six cannes, large de quatre, haute de cinq, non voûtée. Le 
clocher-arcades est au-dessus du portail. 

Il existe de toute antiquité, dans un vallon près de Laro- 
que, un oratoire dédié à Saint-Germain ('). Ce petit édifice, 
qui était en ruines à la fin du xvii'' siècle, a été relevé en 
1727. On assure que Dieu y opère de nombreux miracles par 
l'intercession du saint évêque, et on y accourt de toute part 
en dévotion tout particulièrement le 28 mai qui est la fête du 
lieu. Il y a un pré de quatre cartonnats dont le revenu, 69 li- 
vres, sert à l'entretien de la chapelle. 

Dans la chapelle du château est fondée et desservie la cha- 
pellenie, dite de Notre-Dame de Saint-Pierre de Crosillac. 
Une partie des dîmes de Laroque lui sert de dotation. Le pa- 
tron est actuellement Arnaud-Augustin de Raffin, seigneur de 
Laroque, et le titulaire Arnaud-Jean-Louis de Raffin, vicaire- 
général de Saint-Flour. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin à discrétion. A 
la matrice, le curé ne prend que le quart du blé et tous les 
menus grains; l'évêque les trois huitièmes du blé et les deux 

(1) Voir: Notice biographique sur Saint-Germain des Prés, évêque de Paris, pré- 
cédée d'une introduction sur son culte à Laroquc-Tinibaut diocèse d'Agen), par 
M, Fraichinet, curé de Laroque, 1881. 



— 201 — 



tiers du vin ; le Chapitre Saint-Etienne, les trois seizièmes du 
blé ; le chapelain de Crosillac, les trois seizièmes du blé et le 
tiers du vin. A Norpech, le curé prend toute la dîme; à Car- 
pillou, il prend le quart du blé, tous les menus grains et le 
carnelage. Le reste est prélevé par le curé de Sauvagnas. La 
cure vaut officiellement i,i^o livres. Le gleysage comprend : 
i" Un pré au lieu de Las Perroutines de une carlerée, trois 
cartonnats; 2° Deux pièces de terre attenantes à l'église ma- 
trice, l'une de cinq, l'autre de deux cartonnais; 5"* Une pièce 
de terre à Saint- Pierre d'Aurival, de neuf cartonnats ; 4" Une 
pièce de terre et palus, de deux cartonnats, à Norpech. 11 
y a aussi, à Norpech, un presbytère. 

L'évêque nomme au bénéfice. 

Il y a en tout huit cents communiants. Le service est assuré 
par le curé et trois vicaires. Le titulaire actuel est Jean-Bap- 
tiste Bressoles d'Autreuil, futur assermenté et abdicataire, 
il mourra pendant la Révolution. 



NOTRE-DAME DE LASBALS 



B. M. de Vallibus était de l'ancien archiprêtré du Siège, 
d'après le pouillé de Valéri. 

L'église est champêtre, complètement isolée, dans un val- 
lon. Elle est longue de douze cannes, large de trois, haute 
de six. Le sanctuaire est voûté jusqu'à un arceau, le reste 
n'est pas même lambrissé. Le clocher est en forme de trian- 
gle, au bas, sur la muraille. Cette église a été de tout temps 
fort pauvre et délaissée. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin à discrétion. En 
1675, le curé a fait abandon de sa part de dîmes, et s'est ré- 
duit à la portion congrue. L'Evêque est seul décimateur. Ce- 



— 204 — 



pendant, les seigneurs de Fontirou et de Lavedan sont en pos- 
session de prendre le quart de la dîme dans certains biens 
qui dépendent de leurs terres. L'Evêque jouit du gleysage qui 
consiste en six carterées de terre labourable et pré. Il n'y a 
pas de presbytère, Au lieu del Gabax est une faisande appe- 
lée la chapellenie del Gabax, possédée par Jean Revelière, 
curé de Saint-Christophe de Lafox, et qui rapporte annuelle- 
ment 1 1 1 livres, 5 sols. 

L'évêque est collatcur de plein droit. 

II y a soixante communiants auxquels le curé doit le service 
ordinaire. Le titulaire actuel, Jean Chanier, réside chez lui à 
Laceniie ; il prêtera le serment et mourra en 1793. 



NOTRE-DAME DE LUSIGNAN-PETIT 
ET SON ANNEXE : SAINT-MARTIN DES PRÉS 



Le pouillé de Valéri porte : « In archipresbyteratu Sedis : 
Prior et Reclor de Lesuihaco et sancti Martini d'Andreux ». Le 
prieuré existe encore, mais à l'état de bénéfice simple et sé- 
culier. Il avait été autrefois conventuel. Il y a, écrit un curé 
en 1666, les masures d'une église entièrement découverte qui 
sert de retraite aux renards et aux oiseaux nocturnes. En 
1775, '^ prieur Joseph Alliot abandonna, par acte public, 
au curé Jean-Baptiste Laurens, « une vieille masure consistant 
en quatre murs que les paroissiens disent avoir été autrefois 
un commencement de chapelle, et une résidence des moines, 
sans voûte, ni charpente, ni apparence qu'il y en ait jamais 
eu ». On bâtit avec ces matériaux et sur cet emplacement qui 
était aussi le sol dimaire du prieur, le presbytère actuel, qui 
consiste en une grande et bellç maison à plusieurs étages, 



grange, jardin et parterre. Ce prieuré dépend de l'abbaye 
d'Aurillac, en Auvergne. Il possède des fruits décimaux dans 
cette paroisse, qui sont affermés 2.000 livres. Le titulaire ac- 
tuel est Louis-Charles-François de Challémaison deChalautré, 
nommé en 1785, par l'évéque de Troyes, abbé comte d'Au- 
rillac. 

L'église de la matrice est dans un bourg, il y a une vingtaine 
de maisons alentour. Elle est longue de vingt-quatre cannes, 
large de cinq, et haute de dix. L'église est toute voûtée, il y 
a six arceaux à la nef. Elle est flanquée de deux ailes sépa- 
rées de la nef par deux arceaux et un pilier. L'aire figure à 
peu près une croix grecque. La plus grande partie de l'édifice 
est du xV^ et du xvi*" siècle '. La chapelle du coté du Nord 
est dédiée à saint Antoine, 1 autre en face à saint Biaise. Le 
clocher est au bas de l'édifice, en forme de tour, sur deux ar- 
ceaux. 

Celle de l'annexe est champêtre, dans un vallon. Elle est 
longue de quatorze cannes, large de trois, haute de cinq. Le 
sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée ni lambrissée. Il y 
a un clocher arcades. 

La dîme du blé se paie au treizième, des menus grains et 
du vin abusivement à discrétion. Le curé prend la moitié de la 
dîme et le prieur l'autre moitié dans les deux paroisses. Le 
revenu net du curé est évalué officiellement i,=5 5o livres. 

L'évéque est collateur de plein droit. 

Il y a six cent cinquante communiants à la matrice, soixante 
à l'annexe, mille âmes en tout. Le service est assuré par le 
curé et un vicaire. Les fêtes patronales sont : Notre-Dame 
d'Août et saint Martin. Jean-Baptiste Laurens est le titulaire 
actuel. Futur assermenté et abdicataire, il mourra pendant la 
Révolution. Il joint à son litre de curé ceux de chapelain de 
Cayrès et de prieur de Saint-Michel de Lagardette. Comme 

(i) G, Tholin, op. cit. 



— 206 — 



chapelain il jouit de certains biens situés dans sa paroisse qui 
sont artermés 240 livres, et comme prieur des trois quarts des 
fruits décimaux de la paroisse de Lagardette, qui valent 90 
livres. 



SAINT-PIERRE LA FEUILLE 



Dans le pouillé de Valéri cette paroisse est unie à Artl- 
gues : In archiprcsbyteralu Sedis: R. de Arfigiis et Sandi Pétri 
de La Cue/fie. On ne sait à quelle époque elle est devenue 
indépendante. 

L'église est champêtre, longue de vingt-cinq pas, large de 
sept. Le sanctuaire seul est voûté, la nef n'est pas lambrissée. 
Il y a deux chapelles voûtées, une de chaque côté de la nef. 
Le clocher est au bas de l'édifice en forme de triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin à discrétion. 
L'Evêque est seul décimateur. Le curé prenait autrefois le 
tiers du blé, la moitié du vin et tous les menus grains. 11 est 
aujourd'hui réduit à la portion congrue. Les droits de T Evo- 
que s'afferment 1,300 livres. Il y a un presbytère et un petit 
gleysage. 

En 1740, l'Evêque abandonna au chapitre Saint-Caprais son 
droit de nomination, en échange de celui de Caissac, uni à 
Monbran. 

Il y a cent quatre communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Etienne Pariel, futur 
assermenté et abdicataire qui se rétractera de bonne heure et 
deviendra curé de Saint-Amand après le Concordat. 



— 2or — 



SAINT-PIERRE DE GAUBERT 



On lit d.'ins le poiiillc de Valcri : In jrchipreshyfcr.ilu Ff r- 
russa^^itcnsi : Prior Sj/icIi Pc/ri ^ic Gauhcrlo cl rccfor cjusdcni. 
Le litre de prieur dut être uni, à l'origine, cà la mensc du ca- 
mérier de Layrac ' . 11 disparut dans la suite, mais les bé- 
nédictins sont restés gros décimateurs. 

L'église est dans le bourg, au bord de la Garonne, bâtie 
de pierre et de brique et lambrissée. Elle est longue de trente 
pas, large de dix. Le clocher est en triangle au-dessus de la 
porte au bas de l'édilice. 

La dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au 
vingtième, du carneîage au treizième, du vin au vingtième. Les 
bénédictins de Layrac prennent les trois quarts de la grosse 
dîme, qu'ils afferment 2,400 livres. On voit dans une transac- 
tion, passée le 17 juillet 13 29, entre Iccamérierde Layrac et 
le Chapitre Saint-Etienne, que ce chapitre prenait quatorze 
sacsde blé sur la dîme de cette paroisse. On ne sait ni quand ni 
comment a cessé ce prélèvement Le curé, qui était à la con- 
grue, a opté pour le quart de la grosse dîme dans la première 
moitié du siècle. Il prend en outre tous les menus grains, le 
carneîage et le vin. Les bénédictins lui contestent les nova- 
les, à cause, disent-ils, d'un privilège de leur ordre. Il y a un 
petit fief en menu cens avec rentes nobles et secondes, ré- 
pandu sur quinze cartonnats autour du bourg. Chaque carton- 
nais donne annuellement ^ sols au curé et une paire de pou- 
les, à la charge de dire une messe le jour des Morts. Le 
curé possède en outre le presbytère et un jardin et tout son 
revenu dépasse 900 livres. 



(1) On sait que le monastère de Saint-Martin de Layi'aC fl été fondé ert I07I, par 
Hunauld, abbé de Moissac, 



— 20b' — 

Le bénéfice est à la nomination du prieur commendataîre 
de Layrac. 

On compte cent cinquante communiants, tous à l'excep- 
tion d'une famille, laboureurs et journaliers. Le curé leur doit 
le service ordinaire. Bon nombre sont enrôlés dans la con- 
frérie du Très Saint Sacrement. Il est d'usage d'aller en pro- 
cession à Bon-Encontre le dimanche de la Sainte Trinité. Le 
patron de la paroisse est Saint-Pierre ès-liens ('). Ce qui sur- 
charçre surtout le service c'est un obit de cent quatre messes 
dont vingt-quatre doivent se dire dans la chapelle du château 
de Lamothe-Beziat (^). Le titulaire actuel est Raymond Cazaly, |J 
chapelain d'Lcclesia et de Saint-Vincent de Taverne et 
prieur de Saint-Georges. Il refusera de prêter le serment 
schismatique, subira la déportation et reverra sa paroisse après 
un long exil. 



SAINT-PIERRE DE MONBALEN 



On disait autrefois : Saint-Pierre de Gelsac. Le pouillé de 
Valéri porte : In archipresbyteratu de Opère R. de Gilsaeo. 

L'église est champêtre, dans une plaine, longue de douze 
cannes, large de quatre, haute de huit. Le sanctuaire seul est 
voûté, la nef n'est pas lambrissée. Le clocher est en forme de 



(i; Il y a encore dans l'église de Saint-Pierre de Gaubert deux clefs fort ancien- 
nes qui passaient pour guérir de la rage. L"iine était pour les hommes, l'autre pour 
les animaux. La cérémonie était fort simple. Le prêtre faisait rougir la clef à la 
flammed'un cierge bénit pendant qu'il récitait certaines prières rituelles sur la plaie 
qu'il cautérisait ensuite. Faut-il crier à la superstition ou simplement pensé que nos 
pères, hommes de foi, aimaient à ajouter aux remèdes ordinaires et naturels l'effi- 
cacité toute puissante de la prière .' 

(2) Ce château était au xii» et xin« siècle le chef lieu d'une petite commune, qui est 
englobée depuis longtemps dans celle d'Agen. Voir ce qu'en dit Saint-Amans. Hist. 
du département de Lot-et-Garonne, tome 1, pp. 9J et 279, 



I 



chapiieau. Il y a une aile séparée de la nef par deux arceaux 
et quatre piliers de pierre, voûtée et peinte, dont l'autel est 
dédié à Notre-Dame. Celte église a eu beaucoup à soullVir 
pendant le siège de Villeneuve. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au treizième. Le curé prend le quart du blé et par pré- 
cipui douze sacs de blé sur la pile, deux barriques de vin et 
tous les menus grains. L'Evoque prend tout le reste. La part 
du curé peut aller à 700 livres. Il jouit en outre de soixante- 
sept cartonnais de terre de gleysage et d'un presbytère. 

L'Evoque confère de plein droit ce bénéfice. 

Il y a trois cents communiants. Le curé est obligé à toutes 
les fonctions curiales requises de droit. Le titulaire actuel est 
Jean Sicard, qui prêtera le serment, sera nommé vicaire épis- 
copal, se mariera en 1794 avec une religieuse et profitera 
de l'induit en 1803 pour faire légitimer son mariage par 
l'Eglise. 



SAINT-PIERRE DE LA SAUVETAT-DE-SAVERES 
ET SES ANNEXES : S.\INT-c6mE ET SA I NT-D A M I E N 
ET SAINT-MARTIN DESEYCHES 



Le pouillé de Valéri porte : In arcluprcsbytcrala de Opcrc, 
Prier Je Sa/riliilc Je Sahcriis, Rccfcr de Sj/vi(afc de Sj/w/Vs, 
Sandi Damicini ci Sancfi Martini. S'il faut en croire Labenazie, 
le Chapitre Saint-Caprais aurait établi à La Sauvetai de Sa- 
vères un prieur de l'ordre de saint Augustin. Le prieuré, ayant 
été sécularisé en 1 561 , aurait fait retour à la mense du Cha- 
pitre. On sait que ce même Chapitre est seigneur de cette 
paroisse en paréage avec le Roi. 

L'église de la matrice est dans un village. 11 y a trente 

M 



maisons auprès. Elle est longue de trente cannes, large de 
sept, haute de quinze. Elle n'est ni voûtée ni lambrissée. Il y 
a deux chapelles dans le chœur, l'une du côté de l'Epître, 
voûtée et dédiée à Notre-Dame, l'autre du côté de l'Evangile, 
dédiée à Sainte-Foy. Le clocher est au bas de l'église en 
forme de tour. L'ensemble de l'édifice est de la fin du xii"^ siè- 
cle, il v a une chapelle désignée sous le nom de Notre-Dame 
du Bourg, qui fait partie, quoique séparée, de l'église de La 
Sauvetat. Elle est bâtie à chaux et à sable et a vingt-sept pieds 
de long sur quinze de large et 1 3 de haut. Elle a été bâtie 
par Pierre Brousse qui y fonda un obit de quinze messes par an. 

L'église de Saint-Damien est champêtre, sur une émi- 
nence. H y a sept ou huit maisons auprès. Le sanctuaire est 
lambrissé ainsi qu'une partie de la nef. Au dessus de la porte 
s'élève le clocher en forme de triangle. 

Celle de Saint-Martin est champêtre aussi, longue de vingt 
pas et large de sept, lambrissée à moitié. Le clocher est sur 
la muraille du fond en forme de triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le' Chapitre Saint-Caprais est seul déci- 
mateur dans les trois paroisses, le curé ayant opté pour la 
portion congrue à la fin du siècle dernier. Auparavant la part 
du curé était le quart du blé et toutes les menues dîmes. Il y 
a un gleysage comprenant dix-huit cartonnats de terre labou- 
rable entre les deux ruisseaux, deux cartonnats près des fos- 
sés de la ville, trois cartonnats de pré à la grande prairie et 
douze picotins de vigne. Le revenu de curé est évalué à 800 
livres. 

Le bénéfice est de la nomination du Chapitre Saint-Caprais. 

Il y a en tout huit cent cinquante communiants : trois cents 
à La Sauvetat, deux cents à Saint-Damien et trois cent cin- 
quante à Saint-Martin. Le curé dessert la matrice; un vicaire, 
chaque annexe. H y a sur le territoire de La Sauvetat deux 
chapellenies, l'une appelée Marie-Madeleuie de Rouère, des- 



— Jl I — 



servie à Saint-Capraisd'Agen, l'autre Dordc-Delbès ou DOr- 
Icuille, desservie à Noire-Dame du Bourg. La fêle de Sainie- 
Quitlerie esl une fête de commandemeni à La Sauveiai. Celte 
paroisse s'enorgueillit d'avoir donné le jour à saint Bernard 
de Sévillac, archevêque de Tolède ''. Le titulaire actuel s'ap- 
pelle François Rendeynes. Futur assermenté et abdicataire, 
il se rétractera de bonne heure et sera maintenu dans sa pa- 
roisse après le Concordat. 



SAINTE-RADEGONDE 

NOTRE-DAME DE LACAPELETTE 

SAINT-SULPICE DE BOÉ 



Ces trois paroisses sont unies à la Porterie de Saint- 
Etienne de temps immémorial. Le pouillé de Valéri, de même 
que l'appeau synodal de 1595, ne mentionnent que Saint- 
Su Ipice de Boé : « In archiprcsbytcratu Scdis : Rcctor sancte 
Criicis Je RaynaUo et smicfi Supplia » . 

L'église de Sainte-Croix '^) était sur le coteau de Saint-Vin- 
cent ; elle fut démolie au xvi* siècle et son territoire fut en- 
globé dans les paroisses de Lacapelette, de Sainte-Rade- 



(i) Saint Bernard fut d'abord moine bénédictin à Saint-Orens d'Auch, puis abbé 
du monastère de Sahagun, en Espagne, et enfin archevêque de Tolède et primat de 
toutes les Espagnes. — Voir sa biographie dans IHist. rclig. et mcrium. de M. l'abbé 
Barrère, tom. i, pp. 22S et suivantes. 

(2) Turpin dit que pendant le siège d'Agen » Charlemagne fit bastir une chapelle 
de Sainte-Croix, près d'Agen. où il donna l'ordre de chevalerie à Roland, son neveu. 
Je ne scais pas d'où cet auteur, qu'on croit estre Espagnol, a sceu ce fait dAgen ; 
car il est vrai qu'il y a eu une chapelle de Sainte-Croix sur Saint-Vincent, qui fut en- 
suite une paroisse. Le nom de cette paroisse subsiste encore ; le lieu en est connu 
tout près dAgen ; l'église a été démolie ou par les huguenots ou par le temps qui 
détruit tout ; les masures paraissent encore sur la montngne de Saint-Vincent. ^Labé- 
nazie, hist. ms.) 



m — 



cronde et de Saint HiLaire d'Açren. Sur ce territoire, avait été 
fondé, en i 142. sur l'emplacement où a été bâtie depuis la 
manufacture Delas, un prieuré de filles de l'ordre de Saint- 
Benoît, dépendant de l'abbaye de La Sauve. Ce prieuré fut 
uni à la mense de nos deux Chapitres, en 1423, par Imbert, 
évêque d'Agen, du consentement de l'abbé de La Sauve. Au 
moment de l'annexion, ce monastère, « à c?.use des malheurs 
et des guerres, était ruiné jusqu'au fondement ; depuis vingt 
ans, il n'y avait plus de religieuses, il ne restait que la prieure 
qui habitait à Agen et qui pouvait à peine vivre des revenus 
du prieuré ; elle s'appelait sœur Marguerite de Champiez ') »- 
L'union fut confirmée par une bulle de Pie II, en 1463. 

L'église de Sainte-Radegonde est de la première moitié du 
xi° siècle. On a utilisé dans sa construction les pierres cubi- 
ques empruntées aux substructions gallo-romaines qui sont 
communes dans cette région. La voûte est en berceau. La 
longueur est de onze toises et demie, la largeur de huit et 
demie, la hauteur de six. La tour carrée du clocher, rema- 
niée à plusieurs époques, n'a plus sa hauteur primitive. Au 
dessus de l'abside, il y a une retraite fortifiée. A l'époque 
des guerres féodales contre les Anglais ou pendant les trou- 
bles du XVI® siècle, on s'est retranché dans cette église(^). 

L'église de Lacapelette est purement champêtre, longue 
de huit cannes, large de cinq, haute de six, lambrissée et 
peinte. Le clocher est en triangle au-dessus de la porte au bas 
de l'édifice. 

Celle de Boé est dans un village composé de vingt feux, 
près de la Garonne. Elle est longue de vingt-cinq pas, large 
de dix et lambrissée. Le clocher de forme trian<rulaire est sur 

o 

la muraille du fond. 



'r. Labénazie, hist, ms. — Voir sur les Bénédictines du Prieuré de Renaud une mo- 
nographie de leur monastère, publiée par M. Philippe Lauzun, dans le tome iv de 
la Rci'ue de l'Agenais, sous ce titre ; « Une chapelle disparue ». 

{2 G. Tholirt, Etudes sur l'afchiUCtuie religieuse de l'Agenais. 



— 2\ ] — 



Dans l'étcnJuc de la paroisse de Sainte-Radegonde s'élève 
la chapelle de Notre-Dame de Boù-Enc(jntre ' , desservie 
par des religieux du tiers ordre de Saint-François. Celte cha- 
pelle doit son origine à une dévotion bien ralentie de nos 
jours. La statuette miraculeuse qu'on y vénère fut découverte 
en !>i2. On se contenta d'abord d'ériger une croix à l'en- 
droit même et de placer la Vierge dans une niche au milieu 
de la croix. En 1551, on construisit le premier oratoire qui 
fut agrandi, en 1 584, par les soins de la reine Marguerite, Le 
maréchal d'Ornano le fit démolir et lit bâtir, en lOoo, sur son 
emplacement, l'église qui existe encore. Les religieux du 
tiers ordre s'établirent en iC)i2, à Bon-Encontre, et bâtirent 
près de l'église un couvent où ils ont été jusqu'à quarante. Il 
n'en fallait pas moins pour accueillir et consoler les pèlerins 
qui accouraient en foule de toute la province. Dieu y multi- 
pliait tellement les miracles qu'on a pu dire, en toute vérité, 
que la dévotion à Notre-Dame de Bon-Encontre « ne le cé- 
dait en rien ni à Notre-Dame de Lorette, en Italie, ni à No- 
tre-Dame de Garaison, en Gascogne, ni à Notre-Dame des 
Vertus, à Paris -/ )> . 

Au bout des allées du Gravier et sur le territoire de Laca- 
pelette, il y a une petite chapelle, bâtie de brique, longue de 
cinq cannes, large de quatre, voûtée et appelée des Loges 
de Renaud. Elle a été bâtie en 1669 et dédiée à saint Roch 
par Martm Grou. Ce Martin Grou, originaire de Saint-Ger- 
main-en-Laye, avait été désinfecteur à Agen, de 1652 a 1654, 
pendant la peste. Pour remercier Dieu d'avoir échappé au 
fléau, il fit vœu de construire une chapelle à ses dépens. Pour 
cet e(ïet, il obtint des Consuls, en 1668, un emplacement au 
lieu dit les Loges, près du cimetière où on avait enseveli les 
pestiférés, et y bâtit sa chapelle. Il y fonda ensuite une cha- 



(1) Voir au sujet de Notre-Dame de Bon-Encontre tous nos annalistes, et surtout 
VHistoire de Notre-Dame Je Bon-Encontre par un prêtre mariste, i88;. 

(2) Labénazie, 



— 214 — 

pellenie appelée de Renaud, consistant en 12 livres de 
rente, dont 6 pour douze messes et les 6 autres pour les pau- 
vres. C'est le portier de Saint-Etienne, curé de Lacapelette, 
qui possède cette chapellenie. Il est d'usage que les deux 
Chapitres et les consuls d'Agen se rendent en procession à 
la chapelle des Loges, tous les ans, le mardi de Pâques, à 
l'issue des vêpres. 

A cinquante pas de l'église de Boé s'élevait jadis un tem- 
ple protestant. Le culte réformé étant proscrit d'Agen par 
redit du 16 juin 1594, les protestants obtinrent, en 1600, 
l'autorisation de bâtir un temple à Boé. Ce temple fut inter- 
dit le 21 septembre 1684, en vertu d'un arrêt du Parlement de 
Bordeaux, pour des contraventions aux ordonnances du Roi, 
et finalement démoli le 6 novembre 1685, par suite de la ré- 
vocation de redit de Nantes. 

La dîme du blé se paie au dixième, des menus grains au 
treizième. Le curé prend le quart des gros fruits dans les 
quatre paroisses ('), l'entière dîme verte, y compris le chan- 
vre, le lin, le gros millet et le carnelage ; il jouit des novales, 
de huit carterées de terre dans la paroisse de Sainte Rade- 
gonde, de quatre cartonnats attachés à la chapelle Renaud, 
de 60 livres d'indemnité fournies par les Pères tierçaires de 
Bon-Encontre, enfin de quelques petits fiefs répandus dans 
les paroisses de Boé et de Sainte-Radegonde. A Sainte-Ra- 
degonde, l'Evêque prend les trois quarts des gros grains et 
du vin, et sa part est affermée 4, 3 50 livres. A Boé, le Chapi- 
tre Saint-Caprais est part-prenant dans la même proportion. 
A Lacapelette, le même Chapitre ne prend que la moitié, et 
le quart restant revient au Chapitre Saint-Etienne. Il y a un 
presbytère à Sainte-Radegonde et à Boé, non à Lacapelette. 

On compte en tout huit cents communiants : cinq cent 
trente à Sainte-Radegonde, soixante-dix à Lacapelette, et 

(i) Dans ce nombre il faut comprendre la paroisse Sainte Croix, 






deux cents à Boé. Le service est assuré à Sainte Raclec:onde 
et à Boé par des vicaires résidents qui sont tenus à toutes les 
fonctions curiales. Celui de Lacapelette ne consiste qu'en 
une messe avec instruction les dimanches et fêtes. On vient 
d'Allen pour la dire. Le titulaire actuel est Antoine Laroque, 
chanoine-portier de la cathédrale, qui mourra pendant la Ré- 
volution. 



SAINTE-RAFFINE 



Le pouillc de Valéri place cette paroisse dans l'archipré- 
tré de Ferrussac. Elle fut érigée en vicairie perpétuelle par 
Mascaron, en 1681, à la requête du Chapitre Saint-Caprais. 

L'église est située au milieu de la paroisse, loin de toute 
maison. Elle est bâtie de pierre, longue de vingt pas, large 
de sept et lambrissée. Il y a un clocher de forme triangu- 
laire. 

La dîme du blé se paie au dixième. Le curé était d'abord 
à la portion congrue, le Chapitre Saint-Caprais prenait un 
quart de la dîme, le Chapitre Saint-Etienne trois huitièmes et 
le prieur de Saint-Antoine (' aussi trois huitièmes. Par une 

(i) La cession de cette paroisse aux reliirieiix de La Sauve, qui possédaient le 
prieuré de Saint-Antoine fut le fruit de la conversion dun prèjre que leur charité 
avait accueilli. Laissons parler Raymond alors cvéque d'Agcn : » Le prêtre qui des- 
servait l'église de Sainte-Raffiné, dit-il, fut contraint par ses fautes delà quitter et de 
la remettre entre nos mains et de celles de l'archidiacre, promettant qu'il ne s'in- 
gérerait plus d'y faiic aucune fonction sacerdotale. Il se jeta entre les mains des re- 
ligieux de la Sauve, Armand de Calezun prieur, et Guillaume de Senon, conventuel 
de Saint-Antoine, s'obligeanl à prendre l'habit religieux dans leur monastère s'ils 
voulaient bien lui en obtenir l'entrée. » L'asile préparé à tous les pécheurs s'ouvrit 
donc au prêtre repentant ; et pour récompenser un zèle si cher au cœur de Dieu et 
si précieux à l'Eglise, ainsi que pour procurer le bien spirituel de la paroisse de 
Sainte-Raffiné, nous la donnons à jamais, continuait Raymond, à la Grande Sauve. 
(Chart. maj. 21 T. L'abbé Cirol de la Ville : Histoire Je la GranJc Stiuife, pages ;8 
ft suivante. 



— :i6 - 

transaction intervenue entre tous les intéressés vers le com- 
mencement du siècle, le Chapitre Saint-Caprais a abandonné 
sa part au curé et on lui a reconnu le droit de nomination ; le 
Chapitre Saint-Etienne et le prieur ont gardé la leur mais se 
sont obligés à fournir au curé un supplément de pension. Le 
curé prélève en outre les novales, la dîme verte et le carne- 
lage. Il n'y a pas de presbytère. 

La paroisse comprend huit métairies et autant de maisons 
isolées, en tout quatre-vingt-dix communiants. Le curé réside 
à Agen. Il vient dire la messe tous les dimanches, [mais il ne 
chante les vêpres qu'aux fêtes annuelles. Les malades sont 
assistés pendant la semaine par le vicaire de Boé auquel le 
curé donne une indemnité et abandonne le casuel. La pa- 
tronne de l'église est Sainte-Raffiné dont on célèbre la fête le 
19 juillet. On élit ce jour là un roi et une reine qui font une 
petite offrande à l'église et que l'on conduit à la messe et aux 
vêpres avec le fifre et le tambour. Le mardi de la Pentecôte 
on va en procession à Bon-Encontre. Le titulaire actuel est 
Jean Delpech, chapelain de Sainte-Catherine de Ligardes au 
diocèse de Condom. Il refusera le serment schismatique, sera 
détenu à l'hôpital en 1794 et mourra peu après. 



SAINT-ROBERT 



L'église est champêtre, il y a dix ou douze maisons auprès. 
Elle est longue de quatorze cannes, large de cinq et haute de 
huit. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée, ni lam- 
brissée. 11 y a du côté de l'Evangile une chapelle voûtée qui 
est séparée de la nef par un arceau. Elle a été bâtie au mi- 
lieu du xvii^ siècle, par un curé de la paroisse pour servir d§ 






sépulture à sa famille. Le clocher est au bas de l'édifice en 
forme de chapiteau. 

Celte église a été consacrée. Profanée pendant les guerres 
de religion elle lut réconciliée par Nicolas de Villars, qui fixa 
au 6 septembre la fête de la Dédicace. 

La dîme du blé se paie au onzième, du vin au quatorzième, 
des menus grains au treizième. Le Chapitre Saint-Caprais 
prend trois sacs sur huit, soil de blé, soit d'orge ou d'avoine 
et une pipe de vin. Le curé prend tout le reste et sa part vaut 
1,200 livres. Ily a un téncment dans la paroisse, appelé 
Conquis, où il prend seul la dîme. Outre le presbytère, il y a 
un jardin de gleysage et le sol dimaire, le tout de la conte- 
nance de trois cartonnais. 

L' Evoque confère de plein droit ce bénéfice. 

Il peut y avoir trois cents communiants. Le patron est saint 
Robert dont la fêle tombe le 24 avril. Le curé est tenu à tou- 
tes les fonctions curiales requises de droit. 11 s'appelle Phi- 
lippe Gayraud. Futur assermenté et abdicataire. il se rétrac- 
tera de bonne heure et en 1803 sera maintenu dans sa paroisse 
comme desservant. 



SAINT-SERNIN D'ARTIGUES 



Cette paroisse est placée par le pouillé de Valéri dans 
rarchiprèiré du Siège : In archiprcsbytcralu ScJis : Rccfor de 
Arti^is et sanctiPdridc La Cuclhc. Saint-Pierre La Feuille est 
depuis longtemps une cure indépendante. 

L'église est champêtre, sur une éminence, avec cinq ou six 
maisons auprès. Elle est du xii* siècle. Ses dimensions sont: 
douze cannes de long, cinq de large et cinq de haut. Le 
sanctuaire est voûté, la n^i lambrissée. Il y a du côté de 



l'Evangile une chapelle voûtée en croisées d'ogives de la fin 
de la période gothique. Elle est dédiée à la Purification de 
Notre-Dame. Un petit clocher roman, de forme quadrangu- 
laire s'élève sur la façade occidentale ('), 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au vingtième, 
des menus grains et carnelage au treizième. Le Chapitre 
Saint-Caprais, gros décimateur, prend les trois quarts du blé 
et tout le vin. Le curé prend le quart du blé, une cinquan- 
taine de livres pour sa portion de vin, tous les menus grains, 
le carnelage et seize sacs de blé sur la pile commune pour ses 
novales. Son revenu peut aller à i,ooo livres. Le presbytère 
est contigu à l'église. Il y a un petit jardin et une carterée de 
pré de gleysage. Le curé jouit en outre d'une carterée de 
vignes à la charge de seize messes par an et de quelques 
rentes en menus cens. 

Ce bénéfice est de la nomination du Chapitre Saint-Caprais. 

On estime à cinq cents environ le nombre des commu- 
niants disséminés en sept ou huit petits village de huit feux en 
moyenne. Le curé est tenu aux fonctions curiales requises de 
droit. L'adoration perpétuelle a été établie en 1697 par per- 
mission de Jules Mascaron. Elle dure quinze jours à partir du 
1 5 décembre. H y a une confrérie du Saint-Sacrement, avec 
des statuts, approuvée en 1702, et de temps immémorial les 
confréries de Notre-Dame et de Saint-Clair. On a des reli- 
ques de ce saint, de saint Eutrope, de sainte Raffine, de 
sainte Victoire, de mensa Doinini^ de terra monlis Calvarii. Le 
titulaire actuel est Pierre-Saturnin Péchimbert. futur asser- 
menté et abdicataire et grand chasseur devant l'Eternel. Il 
sera maintenu à son poste après le Concordat. 



(1) G. Tholin, op. cit. 



— 219 - 

SAINT-VINCENT DE LAUGNAC 
ET SON ANNEXE : SAINT-AIGNAN 



Le pouillé de Valéri porte : « \n archiprcshytcralu SeJis : 
Prior de Lavinhaco^ rcctor cjusdcin ». Le prieuré, dont il n'est 
plus question aujourd'hui, devait ôtre une dépendance du 
doyenné^de Moirax qui a encore des droits en cette paroisse. 
Dans le pouillé de Valéri, l'annexe Saint-Aignan, Sancti 
Amani, est unie à la rectorie de Fraisses. Elle fut affranchie 
dans la suite ; mais, à cause de la modicité de son revenu, 
elle fut définitivement unie à la cure de Laugnac, au com- 
mencement du xvii" siècle. 

L'étrlise de la matrice est dans un bourc: de vinc^t à vinsft- 
cinq feux, prés du château. Longue de quatorze cannes, large 
de cinq, haute de sept, elle n'est ni voûtée, ni lambrissée. 
Le clocher est au bas de l'édifice en forme de trians^le. 

Celle de l'annexe est champêtre, sur une petite éminence, 
longue de dix cannes, large de quatre, haute de six. Il y a une 
chapelle lambrissée et séparée de la nef par un pilier de bois. 
Cette chapelle est dédiée à la Sainte Vierge. 

A Laugnac, la dîme du blé se paie au dixième, du vin et 
des menus grains à discrétion. Le curé prend la moitié de la 
dîme ; le doyen de Moirax, l'autre moitié. A Saint-Aignan, 
c'est la même côte qu'à la matrice. L'abbé de Pérignac prend 
les cinq huitièmes du revenu et paie la pension du vicaire 
desservant. Les chapelains de Montpezat prennent les trois 
huitièmes restants. Le curé n'a droit quaux novales. Il a en 
tout exactement i ,480 livres, 1 1 sols, 3 deniers de revenu net. 
Outre sa part de fruits décimaux, il jouit d'une petite vigne 
de trois cartonnats, chargée de douze messes et affermée 24 
livres ; d'une pièce de terre labourable de trois cartonnats, 
chargée de dowiQ messes et produisant 30 livres, 10 sols ; 



■» ••l^ — 



d'une petite pièce de terre et taillis à Tannexe, louée lo li 
vres ; d'une dîme inféodée qu'il perçoit sous le nom de pré- 
mice dans une partie de la paroisse de Sembas. Un seigneur 
du lieu avait laissé, vers la fin du xvi« siècle, quatre carterées 
de terre ou de vigne et deux moulins, à la charge pour le 
curé de dire ou de faire dire une messe tous les jours et le 
Sahe Rc^ina. C'est une sorte de chapelle non spiritualisée. A 
cause de l'insuffisance des revenus le service a été réduit à une 
messe tous les premiers mercredis du mois et à la récitation 
du Sa/ve Regina et du Libéra la veille et le jour de tous les 
dimanches et fêtes de l'année. Il dépend de ce petit bénéfice 
une vigne et une pièce de terre de neuf cartonnats chacune, 
portant ensemble 104 livres, 6 sols, 6 deniers de revenu. 

L'Evêque nomme p/cno jure à cette cure. 

11 y a deux cents communiants à la matrice et cent à l'an- 
nexe. Celle ci est desservie par un vicaire, celle-là par le 
curé. A Laugnac, outre la fête patronale de saint Vincent, on 
célèbre les trois fêtes votives de saint Martial, saint Antoine 
et saint Charlemagne, L'annexe reconnaît pour patrons saint 
Côme et saint Damien. Le titulaire actuel est Jean Désalons, 
ancien professeur d'humanités au Collège d'Agen. Il refusera 
le serment schismatique, subira la déportation et sera nommé, 
en 1803, desservant de Dolmayrac (d'Agen). 



I 



ARCHIPRÉTKÉ 1)1: Fl:RRUSSAC 



Arclùprclrc de Fcrrussac 

LOUIS BOUDON DE LACOMBR 
Curé de Puymirol 



SAINT-AMANS DE TAYRAC 



Valérl place dans rarchipiêié de Ferrussac la rectorie 
Sancti Amantddc Tcyraco. 

L'église est champêtre, dans le voisinage de quelques mai- 
sons, longue de quinze cannes, large de deux et demie, haute 
de quatre. Elle a été entièrement voûiée, elle l'est encore à 
moitié. Il y a deux chapelles voûtées, l'une du côté de TEvan- 
^Mle, dédiée à saint Antoine, l'autre du côté de l'Epître, dé- 
diée à sainte Catherine. Le clocher de forme carrée est au 
bas de l'édifice, porté par quatre piliers. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le curé prend le quart des gros grains et 
tous les menus. Sa part peut aller à 850 livres. L'abbé de 



Saint-Maurin prend les trois quarts du blé et tout le vin ('), H 
donne annuellement aux pauvres de la paroisse dix sacs de 
fèves, dont la distribution se fait pendant le carême en pré- 
sence du curé et des marguilliers. 

Le bénéfice est de la nomination de l'abbé de Saint-Mau- 
rin. 

Il y a sept cents âmes. Le curé est tenu au service ordinaire. 
Outre le patron saint Amans on fête saint Jean-Baptiste. 
C'est à peu près tout ce qu'il reste d'une ancienne confrérie 
de ce nom dont les statuts avaient été approuvés par M. Del- 
bène. Le titulaire actuel est Simon Boissié qui mourra en 
1790. Il sera aussitôt remplacé par Jean Vergnes, futur asser- 
menté qui se rétractera de bonne heure et sera maintenu à 
son poste en 1803. 



SAINT-CAPRAIS DE CAUZAC LE VIEUX 



Dans le pouillé de Valéri cette paroisse est placée dans 
l'archiprêtré Je Opère et unie à la rectorie de Saint-Sixte et 
Gandaille. On ne sait à quelle époque elle fut érigée en cure 
indépendante. Il y a un prieuré simple et régulier de l'ordre 
de Saint-Benoit. Le titulaire est Dom Michel Thomas Torné, 
de la consfrés^ation de Saint-Maur. 

L'église est champêtre, dans un bas fond, avec quelques 
maisons auprès. Elle est longue de huit cannes, large de trois, 
haute de quatre. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée 
ni lambrissée. 11 y a deux chapelles, Tune à gauche non lam- 
brissée, dédiée à sainte Radegonde, l'autre à droite, voûtée, 



(1) Raoul, évéque d'Agen, en 1255, donna à l'abbaye de SaiiU-Maurin la moitié 
de la dîme de Teyrac et les moines retirèrent l'autre moitié de Guillaume Bertrand 
et Bernard de Piine, l'an 12J7, (Labénazie, hist. ms.). 



dédiée à saint Antoine. Le clocher, de forme quadrangu- 
iaire. est au bas de l'édilice. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au douzième, des 
menus grains à discrétion. Le prieur prend les trois-quarls, 
le curé un quart et il reçoit du prieur un supplément de pen- 
sion, par sentence de l'oflicial de 1622. Les religieuses de 
Noire-Dame de Paulin d'Agen prennent toute la dîme dans 
un quartier de la paroisse, appelé Puyguilon. C^ette dîme est 
attachée à une chapelle dite de Saint-Sardos, qui est située 
dans la paroisse de Saint-Martin de Dondas et qui est unie à 
leur monastère. Il y a un pré de onze cartonnais de gleysage 
et quelques droits seigneuriaux assez importants. 

Le bénéfice vaut 1,500 livres, il est de la collation de 
r Evoque. 

On compte trois cents communiants, auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Saint Caprais est patron de la paroisse ; 
sainte Radegonde, titulaire ^'\ Le jour de Saint-Antoine il y 
a aussi une fête votive. Le curé actuel est Barthélémy Fillol, 
futur constitutionnel, qui sera nommé successivement curé de 
Lamaurelle et de Blaymont, après le Concordat. 



SAINT-CAPRAIS DE CORNEILLAS 
ET SON annexe: NOTRE-DAME DE VALENCE 



Le pouillé de Valéri porte : In archiprcybytcrjtu Fcmissa- 
^iicnsi : Rccfor de Cornc!haih\ Je Bj/cnfia et sandœ Fidis de 
Maneueur. On ne sait quand ni comment a disparu cette der- 
nière paroisse. 

L'église de la matrice, qui n'est plus aujourd'hui qu'une 



yO Piocès-vcrbal de visile de Maicaron, anncc loSi, 



ruine abandonnée, était bâtie à l'antique dans un lieu champê- 
tre, auprès de deux ou trois maisons, à trois mille pas de 
Valence. Elle était longue de six cannes, large de quatre, 
haute de cinq. Le sanctuaire était voûté, la nef n'était ni voû- 
tée ni lambrissée. Elle menaçait ruine depuis longtemps lors- 
que, vers la fin du xvii® siècle, la majeure partie de la nef 
s'écroula. 

L'église de Valence entre dans le système de défense de la 
ville. Au xvi^ siècle, pendant les guerres des protestants, on 
s'en servit comme d'un fort, et Nicolas de Villars dut la ré- 
concilier. Ce prélat consacra le maître-autel le 14 octobre 1603 
en l'honneur de la Nativité de Notre-Dame. Le chœur seul est 
voûté, la nef n'est pas lambrissée. Il y a deux chapelles voû- 
tées de chaque côté ; la chapelle du Rosaire est la première 
du côté de l'Epître, puis vient celle de saint Jacques; du côté 
de l'Evangile, il y a d'abord celle de saint Eutrope, puis celle 
de saint Joseph. L'édifice a trente cannes de long, dix de 
large et quinze de haut. Le clocher est une tour carrée, qui 
s'élève au-dessus de la grande porte de l'église. 

Il y a, hors les murs, une petite chapelle, appelée Notre- 
Dame de Grâce, célèbre par les miracles qui s'y accomplis, 
sent. Plusieurs fois détruite par les hérétiques, elle a été cha- 
que fois rétablie par le zèle et la piété des fidèles. Les Capu- 
cins s'y installèrent en 1666, et bâtirent à côté d'elle leur 
monastère, avec le consentemeut du marquis de Valence, des 
consuls et du curé. Ils la transférèrent, en 1702, en un lieu 
plus commode pour eux et le public ('). Ces religieux, qui ont 
été jusqu'à douze, sont réduits à huit depuis longtemps. Ils ne 
font aucune fonction curiale, mais ils peuvent confesser et 

(1) Voici l'analyse du contratde fondation en date du 25 août 1666 : i . Le marquis 
Seigneur de Valence donne son consentement à l'établissement des Capucins, le 
20 août 16OO ; 2. Les consuls et les jurais avaient donné le leur parade de juradedu 
20 juin précédent et promis aux Pères un emplacement pour leur monastère ; 
?. Les mêmes, le n août, offrent une chapelle appelée communément Notre-Dame 
de la Grâce, et le curé renonce pour lui et ses successeurs à tous ses droits suf 



^ lli, — ' 



prêcher dans leur chapelle et visiter les malades avec l'appro- 
bation de l'ordinaire. 

La chapelle des Pénitents Blancs se trouve dans l'enceinte 
de la ville. Elle est longue de vingt pas, large de dix, lam- 
brissée, avec i\nQ galerie du côté de l'Epître et une tribune 
bien treillissée. La Compagnie fut d'abord établie à Pomme- 
vie, en 1620, du consentement de M. de Gelas. Les confrè- 
res, pensant que Valence leur oflrirait plus de ressource, 
obtinrent, en 1633, de M. Du Lude, d"y être transférés. 
Leurs statuts les obligent à réciter l'office de la Sainte Vierge 
tous les dimanches et fêtes, entre les messes paroissiales, 
ainsi que les vêpres après ceux de la paroisse et les compiles 
de la Passion tous les vendredis vers cinq heures. Ils font 
célébrer unegrand'messe avec sermon les jours de Saint Jean- 
Baptiste, de la Décollation, de l'Octave de la Fête-Dieu. Ce 
jour-là ils ont la procession du Très Saint Sacrement. 11 y a 
prédication dans leur chapelle tous les vendredis du Carême. 
Ils font aussi une procession le Jeudi-Saint qu'ils persistent à 
commencer, malgré les défenses reitérées des évêques, à 
neuf heures du soir. A la mort de l'un d'eux, ils font chanter 
une srrand'messe en commun et chacun en fait dire une basse 
en son particulier. 

On compte cinq confréries, toutes établies dans l'église 
de Valence, toutes sous la direction du curé : celle de Notre- 
Dame, primitivement desservie à la chapelle de Notre-Dame 
de Grâce, et depuis l'arrivée des Capucins, au maître-autel 
de l'église paroissiale. Les confrères font chanter une messe 
solennelle le jour de l'Annonciation. Celle du Rosaire, à la 
chapelle de ce nom. Les statuts obligent de se confesser 

cette chapelle ; 4. Le service de la frérie établie dans ladite chapelle est transféré au 
maître-autel de l'église de Valence le jour de la Nativité ; ?. Les Capucins ne feront 
aucune fonction curiale, sauf qu'ils pourront confesser, prêcher dans leur chapelle et 
visiter les malades avec l'approbation de l'ordinaire. (Archives de lEvèché, liasse 
Valence). 
La nouvelle chapelle fut bénite le 8 octobre 1702, 

15 



^ 226 — 

tous les premiers dimanches du mois et d'assister à la pro- 
cession qui se fait à l'issue des vêpres. Celles de Saint-Joseph, 
de Saint-Jacques et de Saint-Eutrope aux chapelles qui por- 
tent ces noms. Elles obligent spécialement à célébrer sainte- 
ment la fête de leurs patrons. La fête de la paroisse est le 
8 septembre. 

La dîme se paie au dixième de tout. Le Chapitre Saint- 
Caprais prend les trois quarts et le curé un quart dans les 
deux paroisses. La part de celui-ci est évaluée à 800 livres. 
Il y a un presbytère à Valence. 

Le bénéfice est de la nomination du Chapitre Saint-Ca- 
prais. 

On estime qu'il y a huit cent trente communiants à Valence 
et soixante à Corneillas. Il ne s'y rencontre pas un seul héré- 
tique bien que les protestants aient occupé tout le pays au 
temps de leurs révoltes. On doit en rapporter la gloire à la 
très Sainte Vierge " pour laquelle on a toujours une dévo- 
tion sinorulière (') ». 

o 

Le curé est tenu à toutes les fonctions curiales, il n'a 
qu'un vicaire. Quand on desservait Corneillas il en avait deux. 
De temps immémorial le curé réside à Valence. De tout 
temps également, on y prêche le Carême. Les honoraires du 
prédicateur sont payés, moitié par le Chapitre Saint-Caprais, 
moitié par le Corps de Ville. Le titulaire actuel est Arnaud 
Delbourg de Peyriére, futur assermenté, qui se rétractera et 
sera maintenu à son poste après le Concordat. 



(1) Lettre du gardien des Capucins à M. Hébert. 1715. 



— 22- — 



SAINT-CAPRAIS DE MARCOUX 
ET SON ANNtxE : SAINT-MARTIN DE PAU, 



Dans le pouillé de Valéri ces paroisses sont unies comme 
ici et placées aussi dans l'archiprôtré de Ferrussac. Il y a 
dans l'annexe deux chapellenies. L'une, dite de Cardelus^'), 
est de la collation de l'évêque. Elle vaut 200 livres, elle 
oblige à une messe tous les vendredis et a pour titulaire 
Pierre Falque, clerc du diocèse, natif du lieu. L'autre, d'é- 
gale valeur environ, s'appelle de la Malherbe ou de Sauvi- 
gnas. On ignore quelles sont les charges de celle-ci et il ne 
s'en fait d'ailleurs aucun service. Elle a été usurpée par les 
seigneurs de Malherbe et donnée en dot comme une dîme 
inféodée. 

L'église de la matrice est champêtre, sur une hauteur, lon- 
gue de dix cannes, large de quatre, à demi voûtée, 11 y a 
trois chapelles voûtées, une à droite dédiée à saint Aurel, 
deux à gauche dédiées à Notre-Dame et à saint Antoine. Le 
clocher est au bas de l'édifice en forme de tour carrée. C'est 
une église du xii* siècle. 

Celle de l'annexe est champêtre aussi, longue de huit can- 
nes, large de trois. Le sanctuaire seul est voûté, la nef n'est 
pas lambrissée. Du côté de l'Evangile il y a une chapelle 
voûtée dédiée à Notre-Dame. 

A Marcoux, l'évêque, de seize sacs de blé en prend neuf 
et tout le vin, le grand archidiacre, trois, et le curé, quatre, 
avec tous les menus grains et le carnelage. Le curé jouit en 
outre d'un gleysage de six cartonnats de terre labourable et de 
quelques menues rentes sur divers tènements. A Pau, il prend 



(ij Celle chapelle élail autrefois desservie dans l'ancienne éjilise de Saint-Paul de 
Beauville, le cure de Beauville a encore quelque prétention dy nommer. 






— 228 — 

seul la dîme dans une pièce de terre de huit carterées qui 
lui fait rente d'un picotin de froment et de 8 deniers par 
carterée. Il prend en outre quatre sacs sur seize, l'évêque, 
trois, l'archidiacre, trois, et les deux chapelains chacun trois. 
Le chapelain de Cardelus a le tiers du vin. 

Le bénéfice qui vaut i,ioo livres est de la collation de 

l'évêque. 

11 y a six cents communiants, trois cent quatre-vingts à la 
matrice et deux cent vingt à l'annexe. Le curé leur doit le 
service ordinaire. La confrérie de Saint-Eutrope est établie 
cà Marcoux ; à Pau, celle du Saint-Sacrement dont les statuts 
ont été approuvés par M. Hébert, le 27 avril 1708. Le titu- 
laire actuel est Charles Savignac, qui mourra pendant la 
Révolution. 



SAINT-CHRISTOPHE DE LAFOX 



Dans le pouillé de Valéri cette paroisse est unie à Saint- 
Jean de Thurac et fait partie de l'archiprêtré de Ferrussac. 

L'église est champêtre sur une petite éminence, longue de 
dix cannes, large de deux et demi. Le sanctuaire est voûté 
en berceau, la nef lambrissée. Le clocher est un triangle au 
bas de l'église. L'édifice est du xii" siècle. 

La dîme du blé, froment, seigle et méture, se paie au 
dixième ; des fèves, lin et chanvre, au treizième ; du millet et 
autres menus grains, au vingtième ; du vin, à discrétion. Le 
curé était d'abord à la portion congrue. Depuis une transac- 
tion entre M. Hébert et le curé, du 10 août 1714, celui-ci 
prend le tiers de toute la dîme et pour ses novales reçoit de 
l'évêque un supplément de pension. Sa part peut aller à 
750 livres. L'évêque prend les autres deux tiers qu'il aff'erme 
1,300 livres, il y a un presbytère et un jardin. 



I 



— ::o — 



Le bénéfice est de la collation de l'évoque. 

Il y a cent cinquante communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le patron est saint Christophe dont on cé- 
lèbre la fôte le 25 juillet. La Confrérie du Samt-Sacrement a 
été établie par M. Joly, le 29 mai 1674. Le titulaire actuel 
est Jean Reveliére, futur assermenté et abdicataire, qui mourra 
pendant la Révolution. 



SAINT-DENIS DE POMMEVIC 
ET SON annexe: saint-julien DE GOUDOURVILLE. 



Ces deux paroisses sont unies dans le pouillé de Valéri et 
font partie de l'archiprêtré de Ferrussac. Il y a un prieuré, 
dépendant de l'abbaye de Moissac, qui a été uni au Sémi- 
naire d'Agen vers le commencement du siècle. La maison 
prieurale est prés de l'église de Pommevic ; c'est un château 
avec deux jardins et un pré. Le prieur est seigneur haut-jus- 
ticier de Pommevic, non, à la vérité, de Goudourville, qui 
est une terre distincte, mais il est gros décimateur dans les 
deu.x paroisses. Nicolas de Villars constate, dans ses Mé- 
moires, qu'il y avait anciennement à Goudourville une fonda- 
lion de six prêtres portant le titre de chanoines de Lustrac et 
il ajoute : sLi! so/j mcmorij. Il y a à Pommevic une petite cha- 
pellenie à la nomination du curé et des consuls dont le titu- 
laire doit être un prêtre natif du lieu. 

L'église de Pommevic, dans le bourg de ce nom, a été 
consacrée en 1052 (■' ; elle est longue de vingt cannes, large 



(1) Bernard, cvêque d'Agen, consacra avec Arnaud, évêque de Lectoure, l'église 
de Saint-Denis de Pommevic, anciennement appelée primus vicus, suivant le carti4- 
lairc de N^oissac en 1052. (Labénazie, hisl. ms,) 



— ;^o — 



de dix, haute de douze, entièrement voûtée. Il ya deux chapel- 
les du côté de l'Evangile, l'une dédiée à saint Sébastien, l'au- 
tre à Notre-Dame du Mont-Carmel. Le clocher est une 
grosse tour carrée au-dessus du sanctuaire. 

Celle de Goudourville est située au pied d'une colline, 
dans une plaine avec quelques maisons auprès. Elle est lon- 
o-ue de vingt cannes, large de douze, haute de quinze. Le 
choeur est voûté ainsi qu'une partie de la nef. Il y a trois cha- 
pelles, l'une du côté de l'Epître, dédiée à saint Antoine, les 
deux autres du côté de l'Evangile. La première est dédiée à 
sainte Madeleine, la seconde, bâtie à la fin du xvi' siècle par 
un paroissien appelé de La Viguerie, est dédiée à saint Jean. 
Le clocher est au bas de l'édifice en carré. 

La dîme du blé, dans les deux paroisses, se paie au dixième, 
du vin et des menus grains au douzième. Le curé prend le 
quart de toute la dîme et sa part dépasse 2,000 livres. Le 
prieur prend les autres trois quarts qui sont affermés 8,200 li- 
vres avec le château et les dépendances. Il jouit en outre de 
1,068 livres de rentes seigneuriales. Il y a trois carterées de 
terre labourable attachées à la chapellenie dont le service 
consiste en une messe par mois et dont le titulaire, ainsi 
qu'il a été dit, est un prêtre natif du lieu. Le presbytère est 
à Pommevic. 

Avant l'annexion du prieuré au Séminaire, l'abbé de Mois- 
sac nommait au prieuré et le prieur à la cure. Depuis, c'est 
l'abbé de Moissac qui nomme à la cure. 

On compte quatre cents communiants à la matrice, autant 
à l'annexe. Le service est fait par le curé et un vicaire. De 
droit et d'usage, il devrait y avoir deux vicaires. Il y a quatre 
fêtes votives à Pommevic : Saint-Barthélémy, l'Exaltation et 
l'Invention de la Sainte-Croix et Sainte-Raffiné, et trois à 
Goudourville : Saint-Julien, Sainte-Quitterie et Saint-Antoine. 
Les deux confréries de Pommevic sont celle de Saint-Fabien 
çt de Saint-Sébastien qui existe de temps immémorial çt 



— 2; I — 

dont les statuts ont été approuvés par M. Delbcne, et celle 
du Saint-Sacrement autorisée après la mort de ce prélat par 
les vicaires généraux st\ie vacante. Les pauvres ont quelques 
revenus presque tous laissés par d'anciens prieurs, qui se 
répartissent ainsi : 500 livres pour les distributions, 40 livres 
pour les lits, une rente de deux sacs, un carton, trois bois- 
seaux de blé pour les bouillons. Ces revenus sont administrés 
par un syndic et distribués sur les billets du curé et du vicai- 
re. L'église de Pommevic possède quelques reliques dont 
les Mémoires de Nicolas de Villars contiennent le curieux 
inventaire : De brachio unius decem miilium martyrum socio- 
rum, sancti Acharii ; de ossibus sanctae Ruffinae ; de Camisia 
B. Virginis ; de sudario D. N. J. C ; de sepulchro cujusdam 
martyris cujus nomen legi non potuit ; de ligno crucis quas- 
dam particula quam dixil rector sibi datam a religiosis Mois- 
sacensibus. Le titulaire actuel est .Antoine Vidalot, qui mourra 
pendant la Révolution. 



SAINTE-EULALIE DE CAUZAC 



D'après le pouiîlé de Valéri, cette paroisse faisait partie de 
l'archiprêtré de Opère. 

L'église est en rase campagne, éloignée des maisons. Elle 
est longue de vingt cannes, large de trois, haute de sept. Le 
sanctuaire, du commencement du xi° siècle (■', est voûté. Les 
voûtes qui recouvrent une partie de la nef sont du xvi". Du 
côté de l'Epîire, s'ouvre une vaste chapelle, dédiée à saint 
Antoine, voûtée et séparée de la nef par deux arceaux. Le 
"^'clocher est au bas de l'édifice ; c'est une belle tour carrée. 

(i) G. Thoiin, op. ci(. 



La dîme du blé se paie au dixième, du vin et menus grains 
à discrétion. Le curé ne prend que la moitié de la dîme, l'au- 
tre moitié est perçue par le seigneur de Caûzac, en vertu d'un 
prétendu droit d'inleodation. Il y a un presbytère et un jar- 
din. La valeur du bénéfice dépasse i ,000 livres. 

Il est de la collation de l'Evêque. 

On évalue à quatre cents le nombre des communiants. Le 
curé leur doit le service ordinaire. Sainte-Eulalie est la pa- 
tronne de l'église et saint Orens, le titulaire ('). On célèbre 
deux fêtes votives : saint Philippe et saint Jacques et saint 
Roch. Le titulaire actuel est Pierre Gayraud, futur asser- 
menté, qui se rétractera de bonne heure et sera nommé des- 
servant de Monbalen après le Concordat. 



SAINT-JACQUES DE BEAUVILLE 

ET SON annexe: saint-amans DESERRES 



Le pouillé de Valéri porte: In archlprcsbyteratu de Opère : 
R. Bovisville^ Sancti Caprasii et Sanct'i Amantii. On ne sait 
quelle était cette paroisse de Saint-Caprais. L'église parois- 
siale était autrefois l'église Saint-Paul qui s'élevait à quel- 
ques pas du château sur l'emplacement où l'on a bâti depuis 
la chapelle du même nom. Elle était démolie à la fin du 
xvi^ siècle et, à la requête des Consuls,, Nicolas de Villars 
transféra solennellement le service avec le titre de paroisse, à 
l'église Saint-Jacques, le 15 novembre 1 595. Ce prélat, ayant 
en outre consacré le maître-autel de la nouvelle église parois- 
siale en l'honneur de saint Jacques, ordonna qu'on en ferait,' 

— —- - — -^ T v — - iJ H t^ 

(i) Procès-verbal de visite de Mascaron, 1681, , 



le 2 ç , l'anniversaire. L' Evoque est suzerain de la terre de Beau- 
ville ; M, de Bonnac y a clé reçu encore en cette qualité en 
1783. Le seigneur est l'un des barons qui devraient porter 
l'Evoque sur leurs épaules à sa première entrée solennelle à 
Agen et ensuite lui prêter (oi et hommage. Il y a aux archi- 
ves de révéché un hommage de ce genre qui remonte à 1265. 
Les deux chapellcnies de Delcasse-Peparla et de Géraud- 
Gaillard sont desservies dans l'église de Beauville. La pre- 
mière est de la nomination du vicomte de Talleyrand, comme 
baron de Beauville, la seconde est conférée par l' Evoque. 

L'église de la matrice est dans la ville; elle a vingt-quatre 
cannes de long, six de large, dix de haut. Elle est voûtée, 
sauf la dernière travée qui n'est pas môme lambrissée. 
Dans le chœur, du côté de l'Evangile, il y a la chapelle de 
Notre-Dame, puis au-dessous celle de saint Georges, 
voûtée en forme d'arceau, celle de Notre-Dame de Piété 
lambrissée et enfin celle de saint Antoine voûtée. Du côté de 
l'Epitre se trouvent la chapelle voûtée, dite du Seigneur et plus 
bas celle de saint Crépin voûtée également. Cette dernière 
chapelle fut cédée aux P. Récollets (') dès leur arrivée à 
Beauville. Le clocher, grosse tour pyramidale s'élève au- 
dessus du porche. 

En transférant le service paroissial à l'église Saint-Jacques, 
Nicolas de Villars émit le vœu qu'un oratoire fût construit 
sur l'emplacement de l'ancienne église Saint-Paul. Il fut 
écouté, et peu après fut construite en face du château et par 
les soins du châtelain la chapelle de Saint-Paul. Cette cha- 
pelle, à laquelle les seigneurs de Beauville ont attaché un 
obit de 40 livres, chargé d'une messe par semaine, est lam- 
brissée, elle a douze pas de long sur six de large. 

(i) Ils eurent depuis une église particulière qui existait encore en 1789. Ces 
religieux étaient venus simplement prêcher une mission, on les garda. La ville 
consentit à leur établissement par délibération de la jurade du 25 janvier 1680, 
l'évéque donna son approbation et la comtesse de Talleyrand, dame de Beauville, 
^çvint leur bienfaitrice. 



— 2^4 — 

Près du château s'élève une autre chapelle, dite des Péni- 
tents Blancs. Cette chapelle, ni voûtée, ni lambrissée, a vingt 
pas de long sur dix de large. Les Pénitents, dont la confré- 
rie a été établie en 1659, y récitent les matines, les petites 
heures et les vêpres tous les dimanches et fêtes. Il y a les 
complies tous les vendredis et prédication tous les vendre- 
dis de Carême. La compagnie fait dire une messe au décès 
de chaque confrère et à la huitaine ; tous les membres en font 
dire chacun une en leur particulier. 

A six cents pas de la ville, s'élève la petite chapelle de 
Saint Roch, longue de dix pas sur dix de large, non lambris- 
sée. Les habitants la construisirent en 1630 par suite d'un 
vœu qu'ils avaient fait pour être délivrés de la peste. On y 
dit solennellement la messe le jour de saint Roch, et il y a ce 
jour-là indulgence plénière. 

L'église de l'annexe est champêtre, située sur une colline, 
auprès de quelques maisons, longue de huit cannes, large de 
trois. Le chœur est voûté ainsi que la moitié de la ne(. Il y a 
deux chapelles voûtées, l'une à droite, dédiée à Notre-Dame, 
l'autre à gauche, à saint Louis. Le clocher est au bas de l'édi- 
fice en carré. 

La dîme du blé dans les deux paroisses se paie au dixième, 
du vin et des menus grains à discrétion. A Beauville, l'Evêque 
prend le tiers du blé et du vin, le curé le tiers du blé et du 
vin, la moitié des menus grains, le chanvre et tout le carne- 
lage ; le seigneur de Beauville, le tiers du blé et du vin et la 
moitié des menus grains. A Saint-Amans, l'Evêque prend la 
moitié du blé et des fèves, le grand archidiacre, le quart du 
blé, le curé, le quart du blé, le vin et les menus grains. Il y a 
quatre cartonnais et demi de gleysage à Beauville et un pres- 
bytère dans les deux paroisses. La part du curé est officielle- 
ment de 900 livres. 

Le bénéfice est de la collation de l'Evêque. 

Il y a sept cent soixante communiants : quatrç cents à l'an' 



nexe et trois cent soixante à la matrice. On y compte plu- 
sieurs confréries non approuvées : de Saint-Amans, de Saint- 
Antoine, de Saint-Louis, à l'annexe ; du Rosaire, des Cinq 
Plaies, de Saint-Roch et de Saint-Jean, à la matrice. 11 y a 
une station quadragésimale depuis 1661, le prédicateur est 
payé par la Communauté et nommé par l'Evoque. Le curé '') est 
tenu à toutes les fonctions curiales, le service de l'annexe est 
fait par un vicaire. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Fal- 
que, qui prêtera le serment, se rétractera de bonne heure et 
restera à son poste après le Concordat. 



SAINT-JEAN DE GOLFECH, 



La Commanderie et la paroisse de Goltech sont aussi pla- 
cées par Valéri dans l'archiprêtré de Ferrussac. 

L'église est champêtre, dans une plaine, avec cinq ou six 
maisons auprès, longue de vingt cannes, large de dix, haute 
de huit ; le chœur seul est voûié, la nef n'est pas lambris- 
sée. Du côté de l'Epîire, il y a une grande chapelle voûtée, 
dédiée à saint Jean-Baptiste, qui appartient au Commandeur. 
Le clocher est une tour carrée et voûtée qui s'élève entre le 
chœur et la nef. 

Le Commandeur, de l'ordre de saint Jean de Jérusalem, 
prend toute la dîme et paie une pension au curé, soit en na- 
ture, soit en argent. On voit, dans les Mémoires de Nicolas 
de Villars, qu'il y avait une vigne de gleysage de deux carte- 
rées et demie dans la terre d'Auvillars. Cette vigne est depuis 

(1) Un curé, en 1666, prétendait que la dignité d'archiprêtre était annexée à sa 
cure, second archiprêtré, depuis l'établissement de l'évôché et il offrait d'en mon- 
trer les litres .-). De fait, on rencontre souvent dans les actes : Archiprêtré de 
ferrussac, alias de Beauville, 






très longtemps aliénée. 11 n'y a pas de presbytère et le curé 
loge dans une chambre du chcâteau. 

La nomination à ce bénéfice appartient au Commandeur 
François-Louis de Franc-Montgey, 

Il y a six cents communiants. Le service est fait par le curé 
assisté d'un vicaire. Les statuts de la confrérie de Saint-Jean 
ne sont pas approuvés. Le titulaire actuel est Jean-Joseph de 
Saint-Philip, qui prêtera le serment et se rétractera de bonne 
heure. Son âge avancé ne lui permettra pas de prendre du ser- 
vice après le Concordat. 



SAINT-JEAN DE THURAC 



Le pouillé de Valéri place cette paroisse dans l'archiprètré 
de Ferrussac, Il y a une chapellenie appelée Monié de Gen- 
tis, qui a été fondée par un prêtre de ce nom. La famille 
Monié présente à ce bénéfice auquel a été attaché un fonds 
de neufs cartonnats de terre labourable et de vigne avec une 
maison et un jardin. Le titulaire de cette chapellenie est ac- 
tuellement Guillaume Sauré, ancien chanoine de Saint-Etienne, 
et vicaire général d'Evreux. 

L'église est champêtre, sur une éminence. Elle est lam- 
brissée. Du côté de l'Evangile, il y a une chapelle dédiée à 
Notre-Dame, formant une aile bien voûtée. Le clocher-arca- 
des est en triancjle. 

Le Chapitre Saint-Caprais prend les trois quarts des gros 
grains et tout le vin, sauf six barriques qu'il abandonne au 
curé. Celui-ci prend le quart des gros grains et tous les me- 
nus. Il jouit en outre d'un gleysage de trois carterées de 
terrç labourable, contigu à l'église et d'un presbytère. Il y a 



i ; 



'i _ 



100 livres de revenu pour les pauvres. La cure vaut 700 li- 
vres. 

Elle est de la nomination du Chapitre Saint-Etienne. 

On y compte quatre cent quarante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Guil- 
laume Auvergnon, futur abdicataire, qui mourra pendant la 
Révolution. 



SAINT-JULIEN DE BOISSAGUEL 



Cette paroisse est placée par Valéri dans l'archiprôtré de 
Ferrussac. Le Chapitre Saint-Caprais, en la faisant passer, 
malgré son éloignement, pour une annexe de Saint-Caprais 
d'Agen, a ainsi éludé l'obligation d"y mettre un vicaire perpé- 
tuel ('). 

L'église est champêtre, située sur le penchant d'une col- 
line. Elle est longue de dix cannes, large de quatre, haute de 
six, et lambrissée. Du côté de l'Epître, il y a une chapelle 
voûtée, dédiée à Notre-Dame, bâtie, paraît-il, par les habi- 
tants du village de Pastrh qui y ont droit de sépulture. Le 
clocher est de forme triansrulaire. 

o 

La dîme se paie au dixième, du vin et des menus grains à 
discrétion. Elle est toute entière perçue par le Chapitre 
Saint-Caprais. Il n'y a pas de presbytère. 

Il y a cent soixante communiants. Le Chapitre, qui est le 
curé, est tenu à toutes les fonctions curiales. Le service se 
fait assez mal par un vicaire amovible qui réside à Puymirol. 



(I) A la requête des paroissiens, M. Joly ordonna sans succès au Chapitre Saint- 
Caprais d'ériger Saint-Julien de BoissagucI en vicairie perpétuelle. 



SAINT-JULIEN DE LAMOTHE 



Le pouillé de Valéri place cette paroisse dans l'archiprê- 
tré Je Opère. 

L'église est champêtre, tout à fait isolée, dans un bas fond. 
Elle est longue de six cannes, large de deux, le sanctuaire 
est voûté, la nef lambrissée. Le clocher est au bas de l'édifice, 
en forme de triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au douzième. La cure est primitive et le curé prend 
tout le revenu qui vaut 800 livres. Il y a un gleysage qui com- 
prend un pré de trois cartonnats et une vigne de quatre, et 
un presbytère. Un curé a laissé vingt-cinq livres de rente pour 
les pauvres. 

Le bénéfice est de la collation de l'Evêque. 

11 y a soixante communiants, auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Le titulaire actuel, Mathieu Boussac, prêtera 
le serment, le rétractera de bonne heure, subira la déportation 
et, après le Concordat, sera nommé desservant de Notre- 
Dame de Frespech. 



SAINT-MARTIN D'ANGLARS DIT SAINT-MAURIN 
ET SON annexe: NOTRE-DAME DE FERRUSSAC. 



Ces paroisses sont placées par Valéri dans l'archiprêtré de 
Opère. Tout près de l'église matrice s'élève l'antique abbaye 
de Saint-Maurin. « Cette abbaye, dit Labénazie dans son 



histoire manuscrite ('), était bâtie avant l'an 1040, elle fut 
habitée d'abord par des religieux particuliers dont on ne sait 
pas l'Ordre. Elle a été longtemps possédée par des laïques, 
il y a un tiire du xi" siècle où un Bernard du surnom de Ray- 
mond fait un acte pour la commettre à Unal, abbé de Mois- 
sac pour la régir, où ce Bernard déclare qu'elle lui est venue 
ex pafrimonio. Cet acte fut exécuté. Les bénédictins de Mois- 
sac furent introduits après la restitution qu'en fit ce seigneur 
laïque; donc lui et ses auteurs l'avaient possédée à la ma- 
nière que les grands possédaient les abbayes. Les principaux 
fondateurs sont MM. de Clermont-Dessus quoique on ne 
sache pas qui a été son fondateur spécial. Vers 1 an 1090, 
l'abbé Oihon lit bâtir l'église dont on se sert aujourd'hui, fit 
agrandir le cloître; un certain Guillaume Dosme permit à 
cet abbé de prendre tout le bois nécessaire, pour cet etfet, 
dans la forêt d'Auriol qui était au lieu de Corneillas, proche 
Valence. L'an 1 346. elle fut pillée par les Anglais, sous la 
conduite du comte Dherbi ; l'an 1355 ou 1356, l'armée 
d'Edouard prince de Galles y mit le feu, huit ou dix religieux 
y furent brûlés avec les bâtiments et les titres. Edouard commit 
cette violence parce que les religieux tenaient pour le roi de 
France et ne voulaient point reconnaître le roi d'Angleterre, 
comme souverain ; le village de Saint-Maurin fut brûlé ainsi 
que l'église paroissielle. Les habitants voulant se retirer, les 
abbés leur accordèrent des privilèges et par cette invention 
les retinrent, on dressa le coutumier l'an 1358. L'abbaye fut 
rebâtie par Hugues Dutillet,abbé, l'an 1448, il y reçut douze 
ou treize religieux qu'il logea dans des chambres de torchis 



(I) En écrivant cette page sur l'abbaye de Saint-Maurin, Labénazie avait très pro- 
bablement sous les yeux une histoire de cette abbaye, par un bénédictin de la Con- 
grégation de Saiiit-Maur. Un exemplaire de cette histoire se trouve, parait-il, aux 
Archives Nationales. Dans sa Bibliographie de l'Agenais, M. Andrieu cite un 
« Abrégé de l'Histoire de Saint-Maurin, de l'Ordre de Saint-Benoît, par un religieux 
bénédictin de la Congrégation de Saint Maur. 1676 ». Pièce très rare, dit-il, Uq 
exemplaire a passé en vente à la librairie Champion, en juillet lëS;. 



avec des séparations de tables. Bertrand de Lustrac fît bâtir 
le château abbatial et le cloître vers l'an 1500. 11 fut brûlé 
par les huguenots l'an 1 561, le 16 décembre. Les huguenots, 1 
depuis 1563 jusqu'en 1 580, pillèrent souvent l'abbaye, un re- 
ligieux y fut massacré et jeté par la fenêtre et l'an 1580 ils 
s'en saisirent pendant trois mois. Jean de Carbonnières, sieur 
Duplessy, enseigne d'une compagnie de M. le maréchal de 
Biron. les en chassa et en prit la charge le 15 août 1680, 
mais ayant pillé lui-même l'abbaye, M. Biron y commit le 
seigneur de Brassac qui y remit les religieux. En août 1 581, 
elle fut rendue inhabitable et en 1 591, il n'y avait qu'un reli- 
gieux, de onze qu'ils étaient l'an 1565 L'an 1601, les por- 
tes, qui avaient été murées, furent ouvertes et les religieux 
commencèrent à y faire le service divin ». On lit, en effet, 
dans les Mémoires de Nicolas de Villars, à la date de 1605 : 
« Le Prieur de l'abbaye et tous ses religieux au nombre de 
douze vinrent me saluer. L'abbaye et les cloîtres sont en fort 
bon état attendu les ruines que la guerre y avait apportées; 
la nef de l'église n'est pas couverte. L'office se fait depuis 
deux ans avec le nombre de religieux requis, l'abbaye dé- 
pend de Saint-Benoît-sur-Loire ; les pensions de chaque reli- 
gieux sont de vingt-quatre sacs de blé et de douze barriques 
de vin ; le prieur prend pro duplici. Les revenus de l'abbé 
sont beaux, il est seigneur de Saint-Maurin. Le 16 octobre je 
consacrai le grand autel de l'abbaye, en mémoire de saint 
Maurin, martyr. L'église a été consacrée, appert d'un écrit 
bien ancien trouvé daus la muraille près la chapelle du côté 
de l'épître en ces termes : « Anno millesimo nonagesimo sep- 
timo ab incarnatione Domini tertio nonas januarii hanc aulam 
consecravit Petrus Agenni cum Petro Lectorensi episcopo. 
In nomine S. Trinitatis et honorem S. Crucis et S. Mariae et 
S. Maurini(') et aliorum S. S. Dei. h Pierre de Villamont, 

(ly On sait que saint Maurin, dacre, né à Agen, aurait été martyrisé à Lectoure 
par les Ariens, 



- 24' -^ 

nommé abbé l'année suivante, acheva l'œuvre de restauration, 
si bien qu'en 1624, lors de la visite de M. de Gelas, on avait 
perdu tout souvenir des mauvais jours : « Monseigneur, dit le 
procès-verbal, s'est relire dans le logis du sieur abbé qui est 
un château environné de fossés et basti de fortes murailles, 
duquel château on a tiré force coups de canons et de mous- 
quets, chanté bonne musique et joué des orgues qui sont dans 
l'église. 11 y avait aussi à l'entrée de toutes les portes de l'é- 
glise et du château des écrits en latin contenant des louanges 
d'applaudissements de joie et d'allégresse sur l'arrivée de 
Mgr avec ses armes à droite et celle du s"" abbé à gauche ». 

L'abbaye a été donnée en 1651 '- aux Bénédictins réfor- 
més de la congrégation de Saint-Maur. La taxe en cour de 
Rome est de 100 florins. La valeur du bénéfice est estimée 
officiellement 5,600 livres. L'abbé doit fournir douze pensions 
aux religieux, c'est-à-dire d'après la transaction du 7 mars 
171 I : deux cent seize sacs de froment, trente sacs de mé* 
ture, vingt-quatre sacs de fèves, quarante-huit faix de paille et 
et sept centqunrante-quatre livres en argent. Le titulaire actuel 
est Joseph de Galnrd-Saldebru '^ , qui sera arrêté à Bordeaux 
à la (in de 179;?, traduit devant la commission militaire de cette 
ville le 20 pluviôse an 11 (27 février 1794), condamné à mort 
« pour n'avoir pas prêté le serment et s'être soustrait à la loi 
de la déportation » enfin exécuté le même jour à l'âge de 
55 ans. Le prieur claustral est Dom Jean Joseph Milon qui 
disparaîtra du diocèse au début de la Révolution. Citons 
parmi les autres religieux : Dom Saurel, dom Maigne et 
dom Castaing. 

L'église de la paroisse matrice a été bâtie en 152;. On lit 
Sur le portail cette inscription : a Non confundas me, domine, 
ab expectaiione mea. mater Dei mémento mei, l'an 1525 et 



(O En t64<, d'après l'abbé Du Tcms, 

(2; C est le trente-unième abbJ connu. Vdir là liste dôs abbés dans là tonle II, du 
CUigc di Francs, par l'abbii Du Tenu, 

16 



^ 242 — 

le 6 d'octobre le présent édifice fut commencé. Noble 
M Bernard de Beauville, recteur de céans, les paroissiens 
de charrois, manœuvres de six vingts livres y ont aidé et les 
prêtres de la paroisse cent livres y ont donné, le surplus que 
ledit édifice a cousté ledit de Beauville (» [fa donné] .. Vidi 
impium superexaltatum, quaesivi et non inveni, etc.. ». Cette 
église fut une des nombreuses victimes du vandalisme hugue- 
not « Elle est toute découverte, écrivait Nicolas de Villars 
en 1603, sauf une petite chapelle à main gauche depuis peu 
couverte. Le clocher sans cloche est tout découvert». En 
,6m lors de la visite de M. de Gelas, la situation ne s'était 
pas améliorée : L'église était toujours à ciel ouvert et envahie 
par les ronces. En attendant qu'elle fut réparée, ce prélat 
proposa aux paroissiens de transférer le service paroissial 
provisionnellement dans une chapelle de l'église abbatiale. 
Cette proposition ne fut pas agréée de crainte que le service 
ne s'y fît toujours dans la suite. On ne tarda pas à effectuer les 
réparations. Telle qu'elle est aujourd'hui, l'église de Sa.nt- 
Maurln, située dans un vallon au milieu d'un bourg, est longue 
de quinze cannes, large de six, haute de huit; elle n'est m 
voûtée, ni lambrissée. Il y a deux chapelles, l'une du côte 
de l'Evangile, dédiée à saint Eutrope, l'autre de Notre-Dame, 
dite de La Garrigue. Le clocher est au dessus de la porte en 

forme de tour. 

L'é-lise de l'annexe est champêtre, dans un vallon, avec 
cinq o°u six maisons auprès. Elle est longue de dix cannes, 
lar-e de six, haute de six, sans être voûtée, ni lambrissée. Il y 
aune chapelle lambrissée du côté de l'Evangile dédiée à saint 
Georges. Le clocher est au bas de l'édifice en triangle. 



(,) D'autre part on lit dans le procès-verbal de la visite que fit en .624, Claude 
Gélasà Saint-Maurin; « On tient que c'est un prêtre de la maison de Lustrac, an- 
cien recteur, qui a fait bâtir cette église de ses deniers. « D'après Tabbe Du Tems, 
un Jean de Lustrac, fut nommé abbé de Saint-Maurin, par Léon X, a I âge de 22 ans 
et sacré évéque de Périgueux, dans le chœur de ce monastère en 1J48. 



Dans les diQ\\\ paroisses le cure prend le quart des grains 
que l'on porte au sol et le quart des menus grains. L'abbé de 
Saini-Mauiin prend tout le reste. D'après une transaction du 
9 décembre 149^^, le curé doit à la sacristie de l'abbaye une 
rente de quatre livres en argent et d'une livre de cire, paya- 
ble à la Noël, Sa part de revenu est de 700 livres. Il y a un 
cartonnât de gleysage à la matrice et deux carterées à l'an- 
nexe. 

Le bénéfice est de la nomination de l'abbé de St-Maurin. 

Il y a quatre cents communiants à Saint-Maurin et cent 
vingt à Ferrussac. Le curé dessert la matrice, un vicaire l'an- 
nexe. On a une dévotion toute spéciale à saint Eutrope. il y 
a une confrérie de la Charité dont les membres quêtent pour 
les pauvres et les visitent. Il y a trente-quatre livres de rente 
pour les pauvres et Tabbé de Saint-Maurin leur fait distribuer 
tous les ans six sacs de blé à Saint-Maurin et deux à Ferrus- 
sac. Le titulaire actuel est Marc Guillaume Jacques Chama- 
neau, qui prêtera le serment, le rétractera de bonne heure et 
sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DE DONDAS 



On lit dans le pouillé de Valéri : la archipreshylcratu de 
Opère : Prier de Dondanis et Reelor e/usdem. Le prieuré est 
uni au Chapitre de Sarlat qui, par là, est patron et seigneur de 
la paroisse. Il y a. dans l'étendue de cette même paroisse, les 
ruines d'une chapelle, dite de Saint-Sardos. Les biens, qui y 
sont attachés et qui sont presque tous situés dans la paroisse 
de CaiJzac le vieux, ont été unis au couvent de Notre-Dame 
de Paulin d'Agen, par M. de Gelas, le 10 février 1625. 

L'église est champêtre, sur une éminence, avec quelques 



maisons auprès. Elle est longue de dix cannes, large de six', 
haute de sept, sans être voûtée, ni lambrissée. Il y a deux cha- 
pelles, Tune du côté de T Evangile, dédiée à Notre-Dame, l'au- 
tre en face, dédiée à saint Biaise. Le clocher est en triangle, 
au-dessus de la porte d'entrée. L'édifice est du xiie siècle. 

Le curé prend le quart du blé, du vin et des menus grains, 
et sa part ne dépasse pas la portion congrue. Le Chapitre de 
Sarlat prend les autres trois quarts. Il a aussi des rentes sei- 
gneuriales qui consistent en trente-six sacs de blé, autant 
d'avoine, et dix-huit sacs de méture provenant d'un moulin, et 
un peu d'argent. Il y a une vigne de sept cartonnats de gley- 
sage. 

Le Chapitre de Sarlat a eu la présentation de ce bénéfice, 
mais de nos jours l'Evêque a prescrit ce droit contre lui. 

11 y a trois cents communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Fonterouget, 
qui mourra pendant la Révolution. 



NOTRE-DAME DE BLAYMONT 

ET SON ANNEXE : SAINT VICTOR 



Valéri place ces deux paroisses dans l'archiprêtré de Opcr(^. 

L'église de la matrice est champêtre, longue de dix cannes, 
large de trois, à demi-voûtée; le reste est lambrissé. Il y a 
deux chapelles voûtées en croisées d'ogives, dédiées l'une à 
saint Roch, l'autre à saint Biaise. L'église est du xil'' siècle, 
les chapelles du xiv° ^0, Le clocher s'élève du milieu de 
la nef, en carré. 

(l) G. Tholiil, Op, Cl!/ 



Celle do l'annexe est cliampôtre, également sur une colline, 
entourée de sept ou huit maisons. Elle est longue de dix can- 
nes, large de deux et demie, voûtée en haut et en bas, et 
lambrissée au milieu. 11 y a aussi deux chapelle^ voûtées, une 
à droite, dédiée à sainte Anne, l'autre à gauche, dédiée à 
saint Michel. Le clocher est au bas de l'édifice. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au douzième. A Blaymont, le curé prend la moitié des 
gros grains, tous les menus et tout le vin ; le seigneur de Beau- 
ville prend la moitié des gros grains à titre d'inféodation ; de 
môme le seigneur de Frespech dans une plaine appelée Ma- 
rabal. Il y a un gleysage qui consiste en une rente en blé per- 
çue par le curé sur quelques terres labourables où il prend 
seul la dîme. A Saint-Victor, le curé jouit des mômes droits 
qu'à Blaymont et y possède un gleysage de même nature, 
mais plus important. Le seigneur de CaiJzac prend la moitié 
du blé dans la plus grande partie de la paroisse, les Jacobins 
d'Agen dans un certain canton et le seigneur de Frespech 
dans les terres qui dépendent de sa juridiction. Le presbytère 
esta Saint-Victor. Le bénéfice vaut i^^o livres. 

Il est de la collation de l'Evoque, 

Il y a en tout cinq cent trente communiants qui se répar- 
tissent à peu près également dans les deux paroisses. Le 
curé réside à Saint-Victor et fait desservir l'annexe par un 
vicaire. Les pauvres jouissent d'un revenu de mo livres admi- 
nistré par un syndic. Dans ses Mémoires, Nicolas de Vil- 
lars signale quelques reliques « cum vetutissimis inscriptioni- 
bus : Sancti Juliani, de mensa Domiiii, de vestimentis Beatae 
Marife Virginis, de ossibus B. Benedicti. de vestimentis Beatae 
Appoloniœ ». Le titulaire actuel est Pierre Brun, qui mourra 
pendant la Révolution. 



^ 246 — 
NOTRE-DAME DE CAMBOT 



Cette paroisse est placée par Valéri dans l'archiprêtré de 
Ferrussac. Il y a un prieuré de Tordre de Saint-Benoît, dé" 
pendant de Tabbaye de Saint-Maurin. Le titulaire actuel est 
Antoine Crosals, bénédictin, de la Congrégation de Saint- 
Maur. 

L'église est champêtre, dans une plaine, avec sept ou huit 
maisons auprès. Elle est longue de huit cannes, large de 
trois, haute de quatre. Le sanctuaire seul est voûté, la nef 
n'est pas lambrissée. Le clocher est en triangle au bas de 
l'édifice. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au quinzième ou au seizième. Autrefois le prieur pre- 
nait toute la dîme et donnait au curé la portion congrue. Au- 
jourd'hui, le prieur ne prend que le quart, le curé a les trois 
autres quarts, ce qui lui vaut environ 700 livres. 

Le prieuré et la cure sont de la nomination de l'abbé de 
Saint-Maurin. 

Il y a cent soixante communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Déjean, 
futur assermenté qui se rétractera de bonne heure. 



NOIRE-DAME DE PUYMIROL 



Le pouillé de Valéri porte : In archipresbyteratu Ferrussa- 
o-uensi : Rector sanctl Severini Grandis Casfri. C'est sur le ter- 

o 

ritoire de cette paroisse et sur le coteau appelé Puymirol, 
qu'en 1246 ou 1247 fut bâti le Grand Castel, par Ray- 



— 24- - 

mond VII, comte de Toulouse. Pierre de Reims, évo- 
que d'Agen, du consentement du Chapitre, céda à ce 
prince l'emplacement le 26 septembre 1246, moyennant 500 
livres assignées sur le péage de Marmande ^'\ On construisit 
dans la nouvelle bastide une église qui fut dédiée à Notre- 
Dame et qui devint l'annexe de Saint-Seurin. Raymond obtint 
du pape Innocent IV, en 1 248, le droit de nommer à la cure. 
Les protestants démolirent les deux églises et les pierres ser- 
virent aux fortifications. Quand, en 1600, Nicolas de Villars 
vint à Puymirol rétablir le culte catholique, vingt-deux ans 
étaient passés qu'il n'y avait pas eu de messe. Seule, l'église 
de Notre-Dame fut restaurée. Celle de Saint-Seurin fut défi- 
nitivement abandonnée. On en voyait encore les ruines au 
commencement du siècle, à deux cents pas de la ville. Saint- 
Seurin est resté patron de l'église paroissiale, et Notre-Dame, 
titulaire. 

En 1505, Jean Bataillé, recteur de Puymirol, bâtit hors 
des murs, près d'une porte de la ville, une petite chapelle sous 
le vocable de Notre-Dame de Piété, et y fonda une chapel- 
lenie qui est aujourd'hui desservie dans l'église paroissiale. 
Cette fondation, chargée de deux messes par semaine, con- 
siste en terre labourable, pré, vigne, maison, jardin et rentes, 
dont le revenu total dépasse 150 livres'-'. La nomination 
était au curé. Mais dans le but de fournir un presbytère au 
curé, qui n'en avait pas. M, de Chabannes unit à la cure, le 
17 octobre 1754, ce petit bénéfice. Lorsque, par un juste 
retour, le culte prétendu réformé fut banni de la ville, les pro- 
testants, en 1640, se bâtirent un temple près des masures de 
la chapelle de Notre-Dame de Piété et ce temple même fut 
démoli quelque temps avant la révocation de l'édit de Nantes. 

(i) Biblioth. Nat. Coll. Bréquigny, t. x, p. 78, cité par M. Tamizey de Larroqtie. 

(2) De celte chapcllcnie dépendaient notamment : Une pièce de terre labourable 
située au lieu de Monpensier ou de Peyrelade, de quatre carterées, quatre carton- 
nais, rapportant 109 livres, 14 sols, une autre pièce de une carterce, quatre car- 
tonnais, située à las Rouliès, rapportant }} livres, 7 sols. 



- mS- 



II V a dans !a citadelle une chapelle de Pénitents Blancs, 
qui est longue de vingt pas, large de dix et lambrissée. La 
confrérie a été établie par permission de Soldadié, vicaire- 
général, en date du 12 août 1640. On s'assemble tous les 
premiers dimanches du mois pour réciter l'office de la Vierge 
et tous les vendredis pour dire complies. La Compagnie 
assiste en corps à l'enterrement des confrères décédés., etc. 

L'église paroissiale, telle qu'elle existe aujourd'hui, est si- 
tuée au centre de la ville. Elle est longue de vingt-cinq can- 
nes, large de six, haute de huit, entièrement lambrissée. Il 
n'y a pas de chapelles, mais seulement deux autels dont l'un 
est dédié à Notre-Dame de Piété et l'autre à saint Crépin. 
Le clocher est au bas de l'édifice. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au seizième, des 
menus grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu qui 
vaut 1,670 livres. Il y a un enclos de gleysage d'une ou deux 
carterées de terre, pré ou jardin. Il est situé au lieu où s'éle- 
vait jadis l'église Saint-Seurin et il en porte le nom. 

La nomination appartient au Roi, comme héritier des 
comtes de Toulouse, et, par suite, au duc d'Aiguillon, enga- 
giste de l'Agenais. 

On compte huit cents communiants dans cette paroisse qui 
à un moment fut toute protestante. En 1624, les religionnai- 
res comprenaient encore la moitié des habitants de la ville et 
les principaux; en 1666 ils étaient réduits à soixante familles; 
ils sont aujourd'hui une minorité négligeable. Le service est 
assuré par le curé et un vicaire. Le curé a le titre de prieur- 
curé. A son installation il prête serment de fidélité au Roi et 
à la Ville entre les mains des Consuls. Ceux-ci l'attendent à 
la porte de l'église, revêtus de leurs robes consulaires et 
accompagnés des principaux jurats. Le curé prête le serment 
à genoux, la mains sur les saints Evangiles et les Consuls lui 
promettent protection. On prêche quatre fois par semaine 
pendant le Carême, Le prédicateur est nommé par l'Evêque 



— :!49 — 

et a quarante écus d'honoraires. La ville donne quntre-vingl 
livres, l'abbé de Saint-Mnurin dix, les chapitres de Saini- 
Etionne et de SaiiU-Caprais dix, le prieur de S;iint-Cnprais et 
celui du Dcllez chacun 6 livres. 

Il va pour les malades un petit hôpital délabré et inhabi- 
table. Les revenus sont de lo^ livres, employées au bouil- 
lon de^ pauvres. L'administration est telle que Mascaron l'a 
établie en i(^)!io. Le prieur-curé, le juge, le lieutenant du 
juge, le procureur du roi et les consuls forment le bureau. Les 
billets sont expédiés par les consuls et sont acquittés par le 
syndic après avoir été visés par le prieur-curé. Le titulaire 
actuel est Guillaume Louis Boudon de Lacombe, archiprôtre 
de Ferrussac. 11 <cra incarcéré à Agen pendant la Terreur. 



SAINT-ORENS D'ESPALAiS 



Valéri place dans l'archiprété de Ferrussac la rectorie de 
Pjhifio. 

L'église est champêtre, dans une plaine avec quelques mai- 
sons auprès. Elle est longue de douze cannes, large de huit, 
haute de cinq et lambrissée. Il y a une chapelle dédiée à sainte 
Catherine que les paroissiens, et en particulier les bateliers, ont 
fait bâtir en 1776. Le clocher est au-dessus de la porte en 
triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au douzième, 
des menus grains à discrétion. Le prieur de Beyne en 
Quercy prend la moitié des gros grains; le curé d'.Auvillars 
un quart; le curé le seizième avec tout le vin, menus grains, 
chanvre, lin et carnelage. Son revenu est de 700 livres. 

Malgré queiaue prétention du prieur, l'Evoque nomme à ce 



;o — 



bénéfice. C'est l'abbé de Saint-Martialde Limoges qui nomme 
au prieuré de Beyne. 

Il Y a trois cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le prieur est obligé de faire dire 
une messe aux quatre fêtes annuelles et vingt-cinq autres mes- 
ses ad li/nfum dans l'église d'Espalais. D'après un antique 
usage, le curé prélève pour les pauvres quinze sacs de mé- 
ture sur la pile commune de la dîme. Le titulaire actuel est 
Antoine Grégoire, qui prêtera le serment, le rétractera et sera 
maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE BIMONT 
ET SON ANNEXE : SAINT-VINCENT DE SERRES 



Dans le pouillé de Valéri, les deux paroisses font partie de 
l'archiprêtré de Opère. 

L'église de la matrice est champêtre, sur le sommet d'une 
colline, dans le voisinage de dix ou douze maisons. Elle est 
du xii" siècle, le chœur est voûté en berceau brisé, la nef 
lambrissée ''^ La longueur est de huit cannes, la largeur de 
trois, la hauteur de six. Il y a deux chapelles, l'une du côté 
de l'Evangile, voûtée, dédiée à Notre-Dame, l'autre en face, 
lambrissée, dédiée à saint Clair. Le clocher est au bas de 
l'édifice en trianirle. 

o 

Celle de l'annexe est en ruines depuis plus d'un siècle. 

La dîme du blé dans les deux paroisses se paie au dixième, 
du vin et des menus grains à discrétion. A la matrice, le curé 
prend toute la dîme. A l'annexe, il en prend les trois quarts 
et le grand archidiacre l'autre quart. La part du curé vaut 

. .^ _ — . . jj t: " T? 

(i) Tholin, op. cit. 



— :î I — 



800 livres. Il y a un presbytère légué par un ancien curé à ses 
successeurs. 

C'est l'Evéque qui nomme au bénéfice. 

Il y a cent communiants en tout dont une dizaine à l'an- 
nexe. Le curé leur doit le service ordinaire. 11 y a à Bimont 
une confrérie de Saint-Clair dont les statuts ont été approu- 
vés par le grand archidiacre d'Hopil, vicaire général de 
M. Delbène. L'église de l'annexe a été interdite par Masca- 
ron et le service transféré àla matrice. Le titulaire actuel est 
Antoine Delord, qui prêtera le serment, le rétractera de 
bonne heure et sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE CLAIRAC 
ET SON ANNEXE : SAINTE-MADELEINE 



Valéri place ces deux paroisses dans rarchiprétré de Fer- 
russac. Saint-Pierre de Clairac a été érigé en vicairie per- 
pétuelle par Mascaron en 1681, avec la Madeleine pour an- 
nexe. 

L'église de la matrice est située dans un vallon. Il y a 
quelques maisons auprès. Elle est longue de vingt cannes, 
large de cinq, haute de sept. Le sanctuaire seul est voûté, la 
nef n'est ni voûtée, ni lambrissée. 11 y a deux chapelles voûtées, 
Tune du côté de l'Evangile, dédiée à Notre-Dame du Ro- 
saire, l'autre en face, dédiée à Saint-Antoine. 

Celle de l'annexe est champêtre, sur une colline. Elle est 
longue de six cannes, large de deux, haute de quatre. Le 
sanctuaire seul est voûté, la ne( n'est pas lambrissée. Il y a 
du côté de l'Evangile une chapelle dédiée à saint Jean. Le 
clocher est au bas de l'édifice en forme de triande. 

Dans les deux paroisses la dîme du. blé se paie au 



dixième, du vin et des menus grains à discrétion. Le Chapitre 
Saint-Cnprais prend toute la dîme et paie une portion congrue 
au curé et au vicaire. 

C'est aussi le Chapitre Saint-Cnprais qui nomme au bé- 
néfice. 

11 y a quatre cents communiants à Saint-Pierre de Clairac 
et cent cà la Madeleine. La matrice est desservie par le curé 
et l'annexe par un vicaire résident. Cette paroisse compte 
trois confréries : du Rosaire, de Saint-Barthélémy et de Saint- 
Biaise. Le titulaire actuel est Pierre Maurôl, qui prêtera le 
serment, abdiquera, se rétractera de bonne heure et sera 
maintenu à son poste après le Concordat, 



SAINT-PIERRE D'ENGAYRAC 



Cette paroisse, dans le pouillé de Valéri, se trouve dans 
l'archiprètré de Opère. Il y a quelque tradition qu'une partie 
des prébendiers de Saint-Etienne résidaient autrefois à En- 
gayrac et qu'ils avaient demandé d'être transférés à Agen à 
cause des guerres. Par son testament du 25 août 1513, Ro- 
bert de Beauville a fait dans cette église, en faveur des en- 
fants prêtres du lieu, une fondation de trois messes par 
semaine, le lundi de Requiem, le jeudi du Saint-Esprit, le sa- 
medi de Notre-Dame. Les revenus assignés sont dix-huit 
sacs de blé et six barriques de vin à prendre sur la part de 
dîme du seigneur de Clermont, héritier du testateur. 

L'église est dans une plaine, avec dix ou douze maisons à 
l'entour, longue de douze cannes, large de trois. Elle est du 
xi"" siècle. La travée du choeur est voûtée en coupole sur pen- 
dentifs (0. La nef est lambrissée. Du côté de l'Evangile, il y a 

(i) G. Tholin, op. cit. 



Ufle aile voûiéc avec deux arceaux do pierre, qui renferme uild 
cliapclie dédiée à Notre-Dame ; du cCné de l'Epître, sous 
un arceau, se trouve la chapelle de saint Cloud. Le clocher 
est au bas de l'édifice. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
j^rains à discrétion. Le curé prend le tiers du blé et tous les 
menus grains. Sa part est estimée 9^0 livres. Le comte de 
Clermont, en vertu d'une inléodation, prend le tiers du blé et 
la moitié du vin. Les prébendiers de Saint-Etienne prennent 
le reste, c'est-à-dire, le tiers du blé et la moitié du vin. 11 y 
a trois ou quatre cartonnais de gleysage près de l'église dont 
le curé jouit. 

L'évoque confère le bénéfice picno jure. 

On compte cinq cent cinquante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Le patron est saint Pierre ès- 
liens. On célèbre deux autres fêtes votives : saint Cloud et 
saint Vincent. C'est l'u'^nge d'aller en procession à la chapelle 
du chAteau de Combebonet entendre la messe aux fêtes de 
la sainte Croix, de saint Antoine et de sainte Catherine. 
Cette chapelle, qui est située à cent pas du château, est lon- 
gue de vingt à vingt-cinq pas, large de dix et bien voûtée. Le 
titulaire actuel est Etienne Perpignan, qui subira la déporta- 
lion et sera nommé curé de Damazan après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE FRAYSSES 



Dans le pouillé de Valéri cette paroisse est unie a Saint- 
Seurin de Puymirol et fait partie de l'archiprétré de Ferrus- 
sac. 

L'église est champêtre, longue de six cannes, large de 



quatre, haute de cinq, non lambrissée. Le clocher est en 
forme de triangle au bas de Tédifice. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Autrefois, le curé prenait le quart des 
ïrros îrrains et tous les menus ; le Chapitre Saint-Etienne les 
trois quarts des gros grains et tout le vin. Aujourd'hui le curé 
est réduit à la portion congrue et le Chapitre lève toute la 
dîme. 11 y a autour de l'église un gleysage de neuf carton- 
nais en terre labourable. 

Le bénéfice est à la nomination du Chapitre Saint-Etienne. 

Il y a cent quinze communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Joseph-Caprais de 
Lafore, qui prêtera d'abord le serment, le rétractera presque 
aussitôt, subira la détention, la déportation et sera nommé 
curé de Puymirol après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE LALANDE 



Valéri met cette paroisse dans Tarchiprêtré de Ferrussac. 

L'église est champêtre, dans une plaine, environnée de 
quatorze ou quinze maisons. Elle est longue de huit cannes, 
large de quatre, haute de cinq. Le sanctuaire est lambrissé. 
Il y a une chapelle de Notre-Dame. Le clocher est au-dessus 
de la porte en forme de triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Autrefois l'abbé de Saint-Maurin prenait 
les deux tiers des grains qui se portent au sol ; le curé l'autre 
tiers avec tout le vin, le chanvre et les menus grains. Aujour- 
d'hui Tabbé a abandonné ses droits au curé dont le revenu 
atteint à peine le chiffre de la portion congrue. Il y a un 
gleysage de deux carterées de terre labourable. 



L'abbè de Saint-Maurin nomme au bénéfice. 

On compte cent communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Il y a une vieille confrérie de Saint- Fabien. 
Le patron est saint Pierre és-liens, on fête aussi saint Fabien. 
Le titulaire actuel est Charles Delpech. qui mourra en 1790 
et aura pour successeur Marc-Antoine Babouléne, futur 
assermenié, qui abdiquera en 1794. se mariera le 2^ floréal 
an II et religieusement le 27 juin luoj. en vertu d'un induit 
du Souverain Pontife, 



SAINT-ROMAIN 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Ferrussac. 

L'église est champêtre avec quelques maisons aux environs. 
Elle est longue de quinze cannes, large de quatre, haute de 
six et lambrissée. Il y a du côté de l'Evangile une chapelle 
lambrissée, dédiée à Notre-Dame. Le clocher est en forme 
de triangle au-dessus du portaiL 

Le curé prend le quart de toute la dîme et sa part vaut 
800 livres. Le prieur du DelTez prend les trois autres quarts. 
Il y a six cartonnais de gleysage et un presbytère. En 1737 
un curé de la paroisse a légué à ses successeurs une vigne de 
quatre cartonnais à la charge de distribuer la moitié du revenu 
aux pauvres. De plus, en 175 1, un particulier a donné ;. 000 li- 
vres, dont les I ;o livres d'intérêts doivent être employées : 
I" à fournir du bouillon aux pauvres malades ; 2" à distribuer 

;\ indigents du pain et des vêtements. 

Autrefois le prieur du Deffez avait la nomination. Depuis 
un siècle l'évêque a prescrit ce droit contre lui. 

11 y a cinq cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Ignace du 



^^6 -=* 



l^oux qui mourra en 1700. Il sera aussitôt remplacé pat 
Léon-Hippolyte Héraud, futur assermenté et abdicataire qui 
se mariera pendant la Révolution. 



SAINT-SIXTE 
ET SON ANNEXE : NOTRE-DAME DE GANDAILLE 



On Ht dans le pouillé de Valéri: In archiprcshylcratu de 
Opère: Recfor Sancti Sixti de GandaUha et Sancli Caprasil de 
Causaco. Ces paroisses sont depuis longtemps des cures 
indépendantes tout en restant membres du même prieuré de 
Cauzac. 

L'église de la matrice est champêtre, sur une hauteur, en- 
tourée de quelques maisons. Elle est du xi® siècle, le chœur 
est voûté en berceau et la nef lambrissée ('). Il y a deux cha- 
pelles du côté de l'Evangile, l'une voûtée dédiée à Notre- 
Dame^ l'autre lambrissée, dédiée à saint Roch. Le clocher est 
un pignon-arcades au-dessus de la façade occidentale. Cette 
éirlise a été consacrée et on en célèbre la dédicace le lende- 
main de saint Sixte. 

Celle de l'annexe est champêtre aussi, dans un vallon, avec 
deux ou trois maisons auprès. Elle est longue de dix cannes, 
large de trois, haute de cinq. Le sanctuaire seul est lambrissé. 
Le clocher de forme trianorulaire est au bas de l'édifice. Ni- 

o 

colas de Villars consacra le maître-autel, le 17 octobre 1605, 
en l'honneur de la Nativité de Notre-Dame et comme l'ée^lise 
est consacrée et qu'on avait oublié quel jour on devait faire 
l'anniversaire de la décicace, il fixa cette fête au 8 septembre. 
Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 



;i; G;Tholin, op. c\U 



du vin au quatorzième, des menus grains à discrélion. Le prieuf 
prend les trois quarts de toute la dîme et le curé l'autre quart. 
Toutefois il y a dans la paroisse de Saint-Sixte cinq carterées 
de terre labourable où le curé prend seul la dîme et dont il 
est seigneur direct. Depuis quelque temps le curé a opté 
pour la portion congrue. 11 y a un presbytère à Saint-Sixte. 

Le prieuré et la cure sont de la nomination de l'abbé de 
Saint-Maurin ' . 

il y a cent cinquante communiants à Saint-Sixte et cent 
soixante-quinze à Gandaille Le curé dessert alternativement 
les deux paroisses. La confrérie de Saini-Roch est établie 
dans réglise matrice à la chapelle de ce nom. Dans la même 
paroisse il y a la fondation d'une mission qui doit être prôchée 
tous les sept ans par les prêtres de La Rose et pendant la- 
quelle on distribue des aumônes aux pauvres. Le titulaire 
actuel est Jean-Baptiste Rougé de Prades, futur assermenté 
et abdicataire qui se rétractera de bonne heure et passera 
dans le diocèse de Cahors au moment du Concordat. 



SAINT-URCISSE 



Valéri place cette paroisse dans Tarchiprêtré de Ferrussac. 
Il y a un prieuré qui a été uni à l'abbaye de Saint-Maurin vers 
le commencement du siècle. 

L'église est champêtre, dans une plaine. Elle est longue 
de huit cannes, large de trois, haute de cinq. Le sanctuaire 
est voûté, la nef n'est ni voûtée, ni lambrissée. Le clocher 
de forme triangulaire est au bas de l'édifice. 



(i; Les droits de l'abbaye de Saint-Nfaurin sur Saini-Sixte et Gandaille. ont été 
reconnus en i;5;,par Guillaume, évôcjue d'Agen, ^Labénazie, hist. ms.}. 

17 



La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le Chapitre Saint-Etienne et le prieur pren- 
nent chacun la moitié de la dîme et paie au prorLifa la por- 
tion congrue du curé. 11 y a un gleysage de trois cartonnats 
de terre labourable dont le Chapitre et le prieur jouissent. 

Le Chapitre Saint-Etienne et l'abbé de Saint-Maurin, comme 
prieur, nomment alternativement au bénéfice''). 

11 y a cent soixante communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le patron de l'église est saint Urcisse et le 
titulaire saint Martial -' Le curé actuel est Henri- Louis Lan- 
tier qui prêtera le serment, le rétractera et mourra à la fin de 
la Révolution. 



SAINTE-VICTOIRE DE CLERMONT-DESSUS 

ET SES ANNEXES : SAINT-JEAN 

SAINT-PIERRE DE MALAURE 

ET NOTRE DAME DE LAMAGISTÈRE, succursale 



Le pouillé de Valéri porte : In archlpresbyterata Fcrrussa- 
^ucnsi : Rector Clarimontis superioris et Sancti Pétri de Bello 
Podio. On trouve ailleurs Clermont-Soubiranet Saint-Pierre de 
Norpech ou de Malaure. Il n'est pas question dans le pouillé 
de Valéri de l'annexe Saint-Jean. De fait cette église n'a jamais 
été paroissiale au sens rigoureux du mot et son territoire n'a 
jamais été distingué de celui de Clermont. Le service qu'on 
y faisait a été transféré en 1780 à la chapelle de Lamagistère. 
Le bourg de ce nom qui compte aujourd'hui 980 âmes doit 

(i) En I2Î4, Guillaume, évêque d'Agen, régla que la présentation du vicaire de 
Saint-Urcisse serait alternativement au Chapitre de Saint-Etienne et à labbaye de 
Saint-Maurin et la dîme par moitié (Labénazie, hist, ms,) 

^2) Procès-verbal de visite de Mascaron, 1681. 



son origine à une agglomération relaiivement moderne de 
bateliers, il y eut d'abord une chapelle, dédiée à Saint-Michel, 
dont on voyait, naguère encore, les ruines à l'entrée du vil- 
lage. Le curé de Golfech y va tous les ans en procession, le 
jour de Pâques chanter le Sj/rc Rc:^invi. Dès les premières 
années du xvn'' siéle on bâtit la moitié de la chapelle actuelle 
sur un terrain appartenant aux familles de Bessoles et de 
Molimard. L'autre moitié a été construite en 1664 avec 100 li- 
vres données par le seigneur de Clermont. i 56 livres que 
produisit une quête et 160 livres fournies par divers particuliers 
pour y avoir droit de sépulture, La chapelle latérale de sainte 
Catherine est due à la piété des marchands qui y ont leurs 
tombeaux. Pendant longtemps tout le service consista à y 
dire la messe les quatre fêtes annuelles et quelquefois le di- 
manche pendant l'hiver. Les évêques avaient grand soin d'y 
interdire la messe le dimanche et toutes les fonctions curia- 
les et d'obliger les fidèles à suivre les offices de Saint-Jean 
sous Clermont. Cependant la population augmentant toujours, 
un besoin impérieux se fit sentir de changer cet état de cho- 
ses. Le 12 août 1780, après une longue enquête de commoJo 
et incommCiio, M. de Bonnac porta un décret qui érigeait 
Notre-Dame de Pitié de Lamagistère en succursale de Cler- 
mont-Dessus et qui y transférait le service de l'église Saint- 
Jean. Les lettres patentes confirmatives de ce décret furent 
expédiées en février 1781 et enregistrées au Parlement le 
16 janvier 1682. 

Il y a une chapellenie fondée dans cette chapelle dont le 
revenu ne dépasse pas quelques livres. On ne sait pas au 
juste si le droit de nomination appartient à l'Evêque ou aux 
familles de Bessoles et de Molimard. Le titulaire ou desser- 
vant actuel s'appelle Lamer, futur assermenté qui mourra à la 
fin de la Révolution. 

Deux autres chapellenies sont desservies dans l'église ma- 
trice. L'une appelée de Boissières, du nom de son fondateur, 



— 200 — 



Pierre Boissière, qui élait prêtre. Elle tire ses revenus de 
quinze carterées de terre, pré et vigne avec maison et jardin, 
situées au faubourg de Clermont. Le service consiste en trois 
messes par mois qui doivent se dire à la chapelle Sainte- 
Anne. Le titre de fondation porte que s'il n'y a personne de 
la lignée portant le nom de Boissière, les quatre plus proches 
parents éliront le titulaire. Ce bénéfice est actuellement pos- 
sédé par Etienne Canuet, curé de la paroisse. 

L'autre chapellenie, dite des Hébrard, a été fondée en 

I 5 50 par Guillaume Hébrard, avant son départ pour aller 
«guerroyer contre les Turcs. Le fonds consiste en une métai- 
rie appelée de Laquas, de dix-neuf carterées et demie de 
terre. L'obligation est d'une messe par mois ad libitum. Les 
patrons laïques sont Hébrard de Cadrés et son gendre de 
Roux. Le titulaire actuel est Hébrard du Rocal, sous-diacre, 
qui mourra en i 790. 

L'église de Clermont est dans le bourg, longue de quinze 
cannes, large de cinq, haute de six, lambrissée et fleurdelisée. 

II y a une chapelle au bas de l'église dédiée à Notre- 
Dame. Le clocher est une tour carrée. 

L'église de Saint-Jean est champêtre dans la plaine au- 
dessous de Clermont. Elle est longue de huit cannes, large 
de six, haute de sept, lambrissée et fleurdelisée. II y a deux 
chapelles voûtées, l'une du côté de l'Epître et au bas de 
l'éo^lise. dédiée à saint Sébastien, l'autre du côté de l'Evan- 
gile, dédiée à Notre-Dame. Le clocher est en forme de 
triangle. 

Celle de Saint-Pierre de Malaure est champêtre aussi, 
longue de dix cannes, large de siX;, haute de cinq. Le sanc- 
tuaire seul est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Le clocher 
est en forme de triangle au bas de l'édifice. 

La chapelle de Lamagistère est dans le bourg de ce nom. 
Elle est longue d'environ trente pas, large de quinze, haute de 
douze, Le sanctuaire êst lambrissé ainsi qu'une partie de la 



— :oi — 



nef. La chapelle do sainte Catherine s'ouvre du côté de 
l'Épître. Il y a un petit clocher. 

La dîme du blé dans les trois paroisses se paie au dixième, 
du vin et des menus grains au vingtième. A Clermont et à 
Saint-Jean, dont les dîmes ne sont point séparées, le curé 
prend le quart de tous les grains gros et menus, le Chapitre 
Saint -Etienne le quart, le seigneur de Clermont les cinq sei- 
zièmes et les Jacobins d'Agen les trois seizièmes restants. Le 
carnelage, le lin et le chanvre sont pour le curé. Il y avait 
autrefois à Clermont un presbytère dont il ne reste que le 
jardin. A Saint-Jean, il y a près de l'église un gleysage en 
deu.\ pièces comprenant deux carterées, deux cartonnais de 
terre labourable. A Saint-Pierre. le curé prend le quart des 
grains gros ou menus, le sixième du vin, tout le chanvre, lin, 
et carnelage. Le Chapitre Saint-Etienne prend les trois quarts 
des grains et les cinq sixièmes du vin. Il y a quinze carton- 
nais de terre de gleysage et un presbytère non logeable. 
Le bénéfice vaut i,ioo livres. 

Il est de la nomination du Chapitre Saint-Etienne. 

Il y a trois cent soixante âmes à Clermont, cent quatre à 
Saint-Jean, cent cinquante cà Saint-Pierre et neuf cent quatre- 
vingt à Lamagistère. Le curé fciit toutes les fonctions curiales 
cà Clermont, un vicaire à Saint-Pierre, un vicaire résidant cà 
Lamagistère. 11 y avait jusqu'au commencement du siècle un 
troisième vicaire. On compte quatre confréries à la matrice 
qui sont : Notre-Dame, Sainte-Victoire et Saint-Barthélemy. 
Le titulaire actuel est Etienne Canuet qui prêtera le serment, 
le rétractera de bonne heure, mais ne reprendra pas de ser- 
vice après le Concordat pour cause d'infirmités. 



ARCHIPRÊTRÉ Dt VILLENEUVE 



Archiprctre 



JOSEPH FOURTEU NAUTON 
Curé de Penne 



SAINT-AIGNAN 

ET SON ANNEXE : SAINT-ETIENNE DE LAVAL 



Le pouillé de Valérl porte : In archipresbyterata Fumeliensi: 
Reclor sandi Ainani et sandi Stephani de Y aile. On trouve 
aussi dans les anciens actes (13 19) Saint-Aman, mais le nom 
de Saint-Agnan ou Saint-Aignan a prévalu. 

L'église de la matrice a vingt-trois pas de long sur dix de 
large. Le sanctuaire est voûté, la nef est lambrissée. Il y a 
une chapelle appartenant à la famille de Rancé. Il y en avait 
deux au xvi" siècle. 

Celle de l'annexe est tombée en ruines vers la fin du même 
siècle, sans qu'on ait jamais songé à la relever, soit à cause 
de la négligence des paroissiens^ dont les principaux étaient 
alors huguenots, soit à cause de son peu de commodité, 



— 20 ; — 

étant située à rcxtrômité de la paroisse. On en voit encore 
quelques restes à un demi-quart de lieue de Saint-Aignan. 

A Saint-Aignan, la dîme du blé, orge, seigle, méture, 
avoine et de tout ce qui se lie se paie au dixième, du vin au 
vingtième, des fèves au dix-huitième, du millet au cinquan- 
tième, du chanvre et du lin au douzième, des agneaux au 
dixième, des cochons à chaque seconde ventrée un, suivant 
une transaction du 4 juin 1769. Le curé prend toute la dîme. 
A Laval, la cote est la môme, suivant une transaction du 
II avril 1772. L'évèque prend les trois quarts de la grosse 
dîme et tout le vin. Le curp prend le quart des gros grains, 
tous les menus, dîme verte et carnelage. On prend par préci- 
put dix sacs sur la pile commune dont neuf sont pour le curé 
et l'autre pour les métiviers. La part du curé est évaluée 
1,190 livres. 11 jouit en outre d'un beau presbytère ^'' cédé 
à la paroisse en 1710, et d'un petit jardin, cédé en 1712. On 
a donné, la même année, treize cartonnats de terre labourable 
dont le revenu doit être employé à l'entretien du chœur de 
l'église. 

Le bénéfice est picno jure de la collation de l'évèque. 

11 y a trois cent cinquante communiants dans les deux pa- 
roisses. Le service de l'annexe est depuis plus de deux siè- 
cles transféré à la matrice. Tant que 1 état des ruines de 
l'église de Laval le permit, le curé allait y dire la messe le jour 
de l'Invention de Saint-Etienne, le 5 août, qui était la fête 
patronale. En 1666, saint Martial passait pour être le patron 



(1) Voici en quels termes le curé, en 1782, décril son presbytère ; i< Le presby- 
tère est adossé au mur du couchant de léj^lise. Cette maison consiste en trois pic- 
ces en bas, quatic au deuxième et ses greniers. Au midi esi une aile où il y a la 
cuisine et le four, le puiis adossé, au nord est une autre aile où il y a l'écurie, une 
petite grange et une élable. Au couchant est une terrasse, bâtie en pierres, ce qui 
forme une petite basse-cour fermée par un portail d'entrée, donnant au Nord. Du 
côié du Nord est un petit jardin au-devant de la maison. » Nicolas de Villars signale 
dans ses Mémoires (1601) « une maison près de l'église qu'on dit avoir été la cami- 
nade », et « une vieille maison, réduite en four qu'on appelle VErcsgttat, possédée 
par une demoiselle huguenote. 



— 204 — 

de la matrice. Le titulaire actuel est Pierre Vidal, qui mourra 
en 1790. 11 sera aussitôt remplacé par Joseph de Vassal, 
futur assermenté qui prêtera le serment, le rétractera de 
bonne heure, et sera maintenu à son poste après le Concor- 
dat. 



SAINTE-ANNE DE MONTMARES 



Valéri place aussi cette paroisse dans l'archiprêtré de 
Fumel. 

L'église a vingt pas de long sur sept de large. Le choeur 
était voûté, une partie de la voûte s'est effondrée dans les 
premières années du xvii^ siècle. La nef est lambrissée et il 
y a un clocher que l'on doit refaire en flèche. 

La dîme du blé, seigle, avoine se paie au dixième, des fè- 
ves au douzième, du blé d'Espagne au cinquantième ; du 
chanvre, du linet des agneaux, du vin au douzième ; on prend 
un cochon de lait d'une ventrée entre autre. Le curé est seul 
décimateur et son revenu est estimé 1,100 livres. H y a un 
presbytère obituaire, laissé en 1732 par testament, à la charge 
de quinze messes par an. Une vigne de cinq cartonnats et 
une pièce de terre de quatre cartonnats ont été en même 
temps légués au curés à la charge de distribuer 10 livres aux 
pauvres tous les ans. Il y a en outre de temps immémorial 
quatre carterées environ de gleysage en pré et terre labou- 
rable. 

L'Evêque nomme à ce bénéfice qui est une cure primitive. 

On compte cent soixante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Ri- 
vière, futur assermenté, qui subira la déportation et mourra 
pendant la Révolution, 



- 265 - 

SAINT-CHRISTOPHE DE CAMBES 
ET SON ANNEXK : SAINT-PIERRE DE DOUMILLAC 



Le pouillé de Valôri porte : /// iirc/iiprcsl^ytcralu de Opcre : 
Prier de Ccimhis^ rcclor cjusdcm, Rcclor Sancli Pcfri de Di- 
mil/uie. Le prieuré est simple et sécularisé de Tordre de saint 
Benoît et dépendant de l'abbaye de la Chaise-Dieu, en Au- 
vergne. On voyait encore en 1632, à côté de l'église de Cam- 
bes H une grande maison qui s'en allait en ruines et qu'on 
appelait le prieuré ». 

L'église de Cambes est située dans un vallon, longue de 
vingt pas, large de dix. Le chœur seul est lambrissé. L'en- 
semble de l'édifice remonte au xii« siècle. 

Celle de Doumillac est sur un coteau, longue de dix-huit 
pas sur huit de large. Le chœur seul est voûté, la nef n'est 
pas lambrissée. 11 y a de chaque côté une chapelle voûtée 
dont on ignore la dédicace. Le clocher est en pignon au- 
dessus de la porte d'entrée. Il y a dans le cimetière un ora- 
toire appartenant à la famille de Bonrepos. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
des menus grains au douzième, du vin à discrétion. Autre- 
fois le curé prenait le quart de tous les fruits décimaux, il est 
aujourd'hui réduit à la portion congrue et le prieur qui ne pre- 
nait que les trois quarts de la dîme la prend tout entière. 11 
jouit de plus d'un beau gleysage consistant en une maison, 
terres, pré, moulin et rentes. Le prieuré doit valoir 2,000 li- 
vres. Le titulaire actuel s'appelle Duranton, ex-pension- 
naire au collège royal de Navarre à Paris. 

Malgré quelque prétention du prieur, c'est l'Evêque qui 
nomme à la cure. 

On compte deux cents communiants à Cambes et cent à 
Doumillac, dont le patron est saint Pierre ès-liens, Les deux 



— 266 — 

paroisses ont droit à toutes les fonctions curiales. Vers 1640, 
Doiimillac cessa d'être desservi par un vicaire ; en 1668, 
Claude Joly tenta vainement d'en replacer un. L'annexe et la 
matrice furent desservies de quinze en quinze jours alternati- 
vement par le curé jusqu'en 17^0. A partir de cette époque 
réélise de Doumillac a été comme abandonnée et c'est à 
peine si on y dit la messe trois fois par an. Les paroissiens 
sont en instance auprès de l'Evêque pour qu'il rétablisse le 
service alternatif. Le titulaire actuel est Joseph Guibert, fu- 
tur assermenté et abdicataire qui se rétractera de bonne heure 
et sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINTE-COLOMBE DE PUJOLS 



Cette paroisse est placée par Valéri dans l'archiprêtré de 
Opcre, sous cette forme : R. Sancte Colombe et de Montma- 
nas. On lit dans le procès-verbal de la visite qu'y fit, en 1668, 
Claude Joly: « Sur le chemin de Tombebout à Sainte-Co- 
lombe de Pujols, il y a un reste de masure de l'ancienne 
église de Saint-Jean de Montmanas, distante de Sainte-Co- 
lombe de mille pas, qui était autrefois l'église matrice de 
Sainte-Colombe, on y vient de Sainte-Colombe procession- 
nellement le deuxième jour des Rogations oii l'on dit un de 
prof midis. Il n'y reste qu'une petite croix de bois avec un tas 
de pierres, de broussailles et quelques arbres. J'ordonnaisd'y 
faire dresser une croix de pierre ». De son côté, Nicolas de 
Villars dit dans ses Mémoires : « 11 a été dit par les plus an- 
ciens paroissiens qu'anciennement au passage des Anglais, la 
paroisse était à Saint-Jean de Montbonas (s/c) qui était quel- 
que commanderie, étant démoliç fut transférée au lieu où 
elle est à présent, » 



L'église est longue de trente pas sur huit de large. Le 
chœur seul est voûté. La nef est flanquée de quatre chapelles 
voûtées, les deux du c6té de TEpîire sont dédiées à Notre- 
Dame et à saint Jean, celles du côté de l'Evangile à saint 
Biaise et à saint Eutrope. Le clocher est au fond de l'édifice, 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains abusivement à discrétion. Autrefois le Chapitre Saint- 
Caprais prenait la mottié du blé et du vin, le curé prenait la 
moitié des menus grains et le quart de la part du blé du Ciia- 
pitre Saint-Caprais ; le Chapitre de Pujols prenait l'auirc moi- 
tié du blé, du vin et des menus grains. Aujourd'hui le curé est 
réduit à la portion congrue et les deux chapitres se partagent 
toute la dîme par égales portions. Il y a un demi cartonnât de 
terre de gleysage dont le curé jouit. Le curé est chanoine-né 
du Chapitre de Pujols dont il a part au revenu sans être 
astreint à aucun service ('). 

Le bénéfice est de la nomination du Chapitre Saint-Ca- 
prais. 

Il y a deux cents communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Le titulaire actuel est Jean Pierre Joubert, 
futur assermenté et abdicataire qui se rétractera de bonne 
heure et sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-ETIENNE DU iVIAlL 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré Je Opcre : 
R. Sanctl Stcphani de M>.xlco. 

(i) Il y a dans la bulle de fondation donnée par Clément V: Ipsius ecclesijE rec- 
tor pro tcmpore existens ejusdem etiam Ecclesiae canonicus sit, ac illius grosses 
fructus ac |distributiones quotidianas prout unus ex aliis canonicis percipiat. In illa 
stallam habcai m choro, locum et voccm in Capitule ; nec in ipsa Ecclesia nisi 
proul voluerit re$iderc aut desservire teneatur, et ad id compelli non possit. 



— 208 — 

L'église est. longue de vingt pas, large de six. Le chœur est 
voûté. Il va trois chapelles voûtées : une du côté de l'Epî- 
tre à deux arceaux, dédiée à saint Martin; deux du côté de 
l'Evangile, la première dédiée à Notre-Dame, la deuxième 
sans autel. Le clocher est au bas de l'édifice. 

La dîme du blé et des menus grains se paie au dixième, du 
vin à discrétion. La paroisse est divisée en deux tènements : 
le grand mail et le petit mail, séparés par un ruisseau. Dans le 
grand mail le seigneur de Pujols prend les trois quarts de la 
dîme à titre d'inféodation, le curé un quart. Dans le petit mail, le 
curé prend toute la dîme depuis que le prieur de Cambes lui a 
abandonné sa part qui était les trois quarts. Les menus grains 
elle carnelage sont perçus entièrement par le curé qui jouit 
encore d'un gleysage de huit cartonnats en jardin, pré et 
terre labourable. Sa part dépasse à peine le chiffre de la por- 
tion congrue. 

o 

L'Evêque confère ce bénéfice /j/e'/ïo jure. 

Il y a cent quatre-vingt-dix communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Quelques-uns sont enrôlés dans la 
petite //tT/^ de Saint-Barthélemy. Le titulaire actuel est Jean 
Joseph Maydieu qui donnera sa démission en août 1789. Il 
sera aussitôt remplacé par Pierre Moisan, futur assermenté 
qui disparaîtra pendant la Révolution. 



SAINTE-FOY PRES DE PENNE 
ET SON annexe: SAINT-CLAIR DE GRÉZAC, 



Valéri place Sainte-Foy près de Penne dans l'archiprêtré 
de Opère. L'union des deux paroisses fut faite par Janu? 
Frégose, le 27 avril 1581. 



■^ Ktn — « 



L'église de la matrice est longue de vingt-cinq pas, l-irgc 
de huit et lambrissée. Celle de l'annexe est Ionique de dix- 
huit pas, large de huit et aussi lambrissée. Toutes les deux 
ont un clocher. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au vingtième, 
des menus grains à discrétion. Autrefois le curé ne prenait 
que le quart de la dîme, il en prend aujourd'hui la moitié et 
tous les menus grains. L'évéque et le grand archidiacre se 
partagent l'autre moitié ; ce dernier n'a point de part à la 
dîme du vni. L'évéque airerme "sa part 1,200 livres. Le curé 
possède deux gleysages : l'un à la matrice de six cartonnats 
en pré et terre labourable, l'autre à l'annexe de deux carton- 
nats. Son revenu est évalué officiellement à 1,100 livres. Il y 
a un presbytère dans les deux paroisses. 

C'est l'évéqui-' qui nomme au bénéfice. 

Il y a deux cents communiants à la matrice et cinquante à 
l'annexe. Le curé dessert les deux paroisses. Il ne dit la 
messe à l'annexe que de quinze en quinze, le dimanche, avec 
le /us in lUc. Le titulaire actuel est Antoine Mercier, qui 
mourra en 1790. Son successeur, Michel Croizat, refusera 
le serment, subira la déportation mais ne voudra pas recon- 
naître l'évéque concordataire. 



SAINTE-FOY LA VIEILLE DE PUJOLS 
ET SON annexe: S.MNTE-FOY L.\ JEUNE 



Valéri place dans l'archiprétré de Opcrc la rectorie Sanctc 
Fidis propre Pujoliuin. 

L'église de la matrice est située hors des murs. Elle est 
longue de vingt pas et large de sept. Le chœur est voûté, 
t Sous le grand autel, dit Nicolas de Villars dans ses Mémoi- 



2ro — ' 



res, il y a une petite chambrette où anciennement on venait 
dormir par dévotion pour recouvrer santé ». 

Celle de l'annexe est dans le bourg. Elle est longue de 
vingt-cinq pas, large de huit, non compris les chapelles. 
Celles-ci sont au nombre de quatre. Elles sont voûtées ainsi 
que le chœur. La première à droite est dédiée à saint Jean- 
Baptiste, la seconde du même côté à saint Pierre, après l'a- 
voir été à saint Biaise et à saint Eutrope. La première à gau- 
che porte le nom de saint Georges, la seconde celui de 
Notre-Dame des Agonisants. Le clocher est surmonté d'un 
chapiteau. Au xvi^ siècle les protestants se sont servis de 
cette église pour leur prêche. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au vingtième, 
des menus grains au treizième. Autrefois l'évêque prenait les 
trois quarts, le curé l'autre quart. Aujourd'hui l'évêque prend 
toute la grosse dîme et paie une pension au curé qui perçoit 
en outre les menus grains, le carnelage et les novales. Les 
novales, par suite des transactions de 171 1 et de 1760, con- 
sistent en une barrique de vin, vingt-quatre sacs de blé et de 
la paille à proportion. La part du curé est évaluée 7^0 livres, 
celle de l'évêque s'afferme 1,700 livres. Le presbytère est 
une petite masure inhabitable. 

C'est l'évêque qui confère de plein droit ce bénéfice. 

11 y a cent communiants à la matrice et cent soixante à 1 an- 
nexe. Le curé dit la messe à l'annexe tous les jours de fête 
et les dimanches de quinze en quinze alternativement avec la 
matrice. On ne chante les vêpres à Sainte-Foy la Vieille que 
le jour de saint Roch, qui est une fêle propre à cette église. 
Même à Sainte-Foy la Jeune les vêpres se chantent assez 
rarement à cause de la proximité de l'église capitulaire où le 
peuple se rend. Les prônes se font à l'alternative dans 
les deux églises de Pujols, Saint-Nicolas et Sainte-Foy, ainsi 
que les prédications de l'Avent et du Carême. On a compté 
jusqu'à six confréries à la fois : de Sainte-Foy, de Saint-Clair, 



de Saint-Eiitropc,dc Snint-Jenn, de Notre-Dame ci du Saiiu- 
Sacrement. Les deux premières ont seules survécu. On a des 
reliques de leurs saints patrons en des bustes dorés. Outre 
celles-là Nicolas de Villars en découvrit de saint Biaise, de 
saint Georges, de saint Eutrope, de saint Laurent avec des 
inscriptions très anciennes. Il y avait aussi une chapellenie 
dite de Bos dont les biens ont été aliénés au xvi" siècle. II 
reste une fondation de quarante-trois messes à laquelle ont 
été attachés quatorze cartonnats de terre. Le banc du sei- 
gneur et celui de-^ consuls sont dans Téglise de Saiiite-Foy 
la Jeune. Le titulaire actuel est Jean Bruguière, lutur asser- 
menté et abdicataire. qui se rétractera de bonne heure et sera 
maintenu à Pujols après le Concordat, 



SAINT-GEORGES DE CAILLAVET 



Valéri place le prieuré et la rectorie de ce nom dans l'ar- 
chiprètré de Opcrc. Le prieuré est possédé par un religieux 
de Saint-Maurin. 

L'église est longue de vingt pas, large de dix. Le chœur 
est voûté, la nef à moitié lambrissée. 11 y a un clocher. 

La dîme du blé, du vin et des menus grains se paie au 
onzième. Suivant une transaction passée en 1650,1e curé pre- 
nait toute la dîme moyennant 75 livres 10 sols qu'il donnait 
tous les ans aux religieux réformés de Saint-Maurin. Mais en 
1697 '*^ cure abandonna à son tour toute la dîme au prieur 
pour se réduire à la portion congrue. Il y a trois cartonnats 
de gleysage en vigne et en pré. 

C'est l'abbé de Saint-Maurin qui nomme au bénéfice. 

Il y a cent vingt communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Malabal, 



.m-, ■i-'i _ 



futur assermenté et abdicataire, constitutionnel persévérant, 
qui sera nommé curé de Masseils après le Concordat. 



SAINT-HILAIRE DE ROGER 
ET SON ANNi-xi- : SAINT-GERMAIN DE TEYSSONAC 



11 y a dans le pouillé de Valéri : In archipresbyteraiu de 
Opère : Prier de la Grassa. Rector Sanctl Hilarii et Sanctl 
Germa ni de Teyssonaco. 

Le prieuré de Notre-Dame de la Grâce, autrefois de l'or- 
dre de Saint-Benoît, aujourd'hui séculier, est situé dans 
l'étendue de la paroisse de Saint-Hilaire. Il dépendait de 
l'abbaye du Bourgdieu, au diocèse de Bourges. Lorsque 
cette abbaye fut unie au duché de Châteauroux par une bulle 
du Pape et par une concession expresse du Roi, le prieuré 
de la Grâce partagea d'abord sa destinée et passa sous le 
patronage lai de la maison de Condé. Il a été enfin uni au 
Chapitre de Saint-Jean de Latran en 1740. Le prieur est 
curé primitif de Saint-Hilaire du Roger et de Saint-Germain, 
son annexe, de Saint-Sulpice Rivelot et d'Aubiac en Brulhois, 
diocèse de Condon. 

L'église du prieuré est longue de vingt pas, large de huit, j 
bien voûtée. Dans le chœur est le tombeau de la famille de ! 
Bourran. Du côté de l'Epîire s'ouvre une chapelle voûtée, ■ 
dédiée à Saint-Barthélémy. Le clocher est une flèche qui j 
s'élève du milieu de la nef. Le sanctuaire et une partie des 
gros murs de cette église datent de l'époque romane. Une 
partie de la nef fut voûtée au commencement du xvii* siècle, 
ainsi que l'atteste cette inscription : 1603, F'i"ère George de 
Ladugnie, prieur de Notre-Dame de la Grâce ('). Cette 

(l; G, Tholin, op, cit, 



■^/ ) 

église passe pour avoir été un Je nos sanctuaires les plus fré- 
qucniés au Moyen-Age. « Il est vrai, écrit un prieur, M. de 
Villcmont, vers le commencement du siècle, que la tradition 
commune est qu'il y a eu autrefois en ce lieu une grande dé- 
votion et un grand concours de peuple et de pèlerins qui y 
venaient de divers endroits et des provinces éloignées et 
qu'il s'y faisait des miracles par l'intercession de la sainte 
Vierge dont il ne reste qu'une seule marque qui est que quoi- 
que cette église ne soit point une église paroissiale et qu'au 
contraire elle soit bâtie et située dans l'étendue de la pa- 
roisse de Saint-Hilaire de Roger, de laquelle le prieur de 
Notre-Dame do la Grâce est curé primitif et où il y a un vi- 
caire perpétuel chargé de la charge des âmes, et qu'il y ait 
joignant celte paroisse un grand cimetière pour la sépulture 
des habitants du lieu, il y a néanmoins tout proche l'église 
du prieuré un autre cimetière aussi fort grand que l'on appelle 
encore aujourd'hui le cimetière des pauvres et des passants, 
dans lequel on trouve quantité de têtes de morts et d'osse- 
ments qui sont apparemment ceux des pauvres passants et 
pèlerins décédés dans ce lieu où ils étaient venus de loin 
avec beaucoup de peine pour fane leurs dévotions et accom- 
plir leurs vœux. » 

L'église de la matrice est longue de vingt pas, large de 
sept. Le choeur est voûté, la nc( n'est pas lambrissée. 

Celle de l'annexe est longue de vingt pas sur dix de large, 
le chœur est voûté, la nef n'est pas lambrissée. 

La dîme des gros et menus grains, du vin, etc., se paie 
au dixième. A l'origine le prieur prenait les trois quarts du 
revenu et le curé le quart. Depuis plus d'un siècle le curé 
s'est réduit à la portion congrue. Il y a un gleysage à Saint- 
Hilaire de trois cartonnats de terre labourable et de deux car- 
tonnats de vigne, une maison prieurale à Notre-Dame delà 
Grâce et un presbytère dans les deux paroisses. 

La cure est à la nomination de lEvèque. 



Il y a deux cent soixante-quinze âmes dont cent quatre- 1 
vingt-quinze communiants à la matrice et deux cent cinq âmes 
dont cent quarante-cinq communiants à l'annexe. Le service 
de l'église prieuriale consiste à y dire la messe les dimanches 
et les fêtes. Un prêtre désigné parle prieur en est chargé. Une 
importante confrérie est établie dans cette église depuis plu- 
sieurs siècles en l'honneur de l'Incarnation de Notre-Seigneur 
Jésus-Christ. Presque tous les habitants des environs y sont 
enrôlés. Les confrères fournissent le luminaire de l'église, 
font dire une messe pour chacun des leurs à son décès, une 
grand'messe le jour de l'Assomption qui est la fête principale 
de l'église et le lendemain un service pour les morts. Le curé 
dessert la matrice et un vicaire l'annexe. Le titulaire actuel 
est Pierre Delberg, futur assermenté et abdicataire qui se ré- 
tractera de bonne heure et sera maintenu à son poste après le 
Concordat. 



SAINT-JEAN DE BONNEVAL 
ET SON ANNEXE : SAINT-THOMAS 



Valéri place ces deux paroisses dans l'archiprêtré de Opère. 
Elles étaient alors indépendantes et formaient deux rectories 
distinctes. « En 1592. écrit Nicolas de Villars dans ses Mé- 
moires, lors de ma visite à Penne, le recteur de Saint-Thomas 
me représenta la pauvreté de sa rectorie et que Je voulusse 
unir Saint-Jean de Bonneval. Ce que je lui promis. Depuis 
ladite union a été faite. » 

L'église de la matrice est longue de quinze pas, large de 
six. Le sanctuaire est voûté. Celle de l'annexe a les mêmes 
dimensions. Le sanctuaire est aussi voûté, et il y a une cha- 
pelle dédiée à saint Roch. 



Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
du vin et des menus grains au vingtième. A Bonneval, le prieur 
de Cambes prend les trois quarts de la grosse dîme, le curé 
le quart, onze sacs pour ses novales et toute la menue dîme. 
A Saiiit-Thomas, l'Evèque qui prenait autrefois les trois 
quarts de la dîme, n'en prend aujourd'hui que la moitié ; le 
curé prend aujourd'hui l'autre moitié. Il y a à Saint-Jean un 
presbytère et un demi-cartonnat de gleysage dont le curé 
jouit, une pièce de terre de trois carterées où il prend le quint 
et un pré de trois cartonnats où il prend la moitié du foin. 

Le bénéfice est à la nomination de l'Evoque. 

On compte cent cinq communiants à Bonneval et cent à 
Saint Thomas. Les deux paroisses sont desservies par le curé 
alternativement de quinze en quinze. Le titulaire actuel est 
Arnaud Delberg, futur assermenté qui mourra pendant la Ré- 
volution. 



SAINT-JEAN DE ROUETS 



Cette paroisse est placée par Valéri dans rarchiprétré de 
Opcrc. 

L'église est longue de quinze pas, large de six; le chœur 
est voûté et il y a un petit clocher. Pendant le siège de Ville- 
neuve, cette église fut occupée par les assiégeants qui la lais- 
sèrent très endommas^ée. 

La dîme du blé se paie au onzième, du vin et des menus 
grains à discrétion. La paroisse était autrefois une sorte de 
prieuré dont le titulaire était le sacristain de l'abbaye d'Eys- 
ses. Les religieux d'Eysses sont restés gros décimateurs et 
prennent aujourd'hui la moitié de la grosse dîme, le curé prend 
l'autre moitié ei tous les menus grains. Sa pan ne dépasse 
pas "00 livres. 



ioa 2-6 — ■ 



L'Evêque nomme à ce petit bénéfice. 

Il peut y avoir quatre-vingt communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre-Michel 
Vayssière. futur assermenté etabdicataire. 11 se soumettra lors 
du Concordat, mais son âge avancé ne lui permettra pas de 
reprendre du service. 



SAINT-JUST 



Saint-Just de Renautou faisait partie de l'ancien archipretré 
de Opère. 

L'église est longue de vingt pas, large de douze, et voûtée. 
Le sanctuaire est roman, les deux nefs sont de la dernière 
époque gothique ('). Le clocher est une tour ronde au-dessus 
de la sacristie. Il y a au château de Cessac une chapelle do- 
mestique à laquelle est attachée une fondation de 20 livres 
pour des messes que le curé doit acquitter. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au treizième. L'Evêque prend les trois quarts du blé et 
du vin ; le curé l'autre quart et tous les menus grains, et en 
outre six cartons de blé et seize sols d'argent sur quelques 
pièces de terre dont il est seigneur direct et foncier. Il pos- 
sède aussi un gleysage de trois cartonnats. On voyait encore 
sous Claude Joly, près de l'église, « une petite tour, de 
grandes murailles d'une maison qui appartenait à l'Evêque 
d'Agen et qu'on appelait la maison de TEvôque. Il y a un pres- 
bytère. 

Le bénéfice vaut 850 livres et il est de la collation de 
l'Evêque. 



(1^ G. Tholitl, op, cit. 



On compte trois cent vingt communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Il y a deux confréries, l'une du Saint- 
Sacrement, qui a été approuvée par M. Delbéne, l'autre de 
la Nativité de Notre-Dame, dont les statuts sont également 
approuvés. Le titulaire actuel est Joseph Bissiére qui mourra 
en i7<)n. Il sera aussitôt remplacé par Jean Biaise Gardette- 
Bordeneuve, futur assermenté et abdicataire qui se rétractera 
et sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-LÉGER DEMAGABAL(') 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Opcrc. 

L'église est longue de trente pas, large de dix. Le chœur 
est voûté, il y a une chapelle, bâtie par permission de l'Evê- 
que en date du 26 octobre 1662, à laquelle une fondation de 
20 livres est attachée et dont le revenu doit être employé à 
faire dire deux messes. 

La dîme de tout se paie au dixième. Le curé prend le 
quart de toute la dîme, l'Evéque la moitié, le Chapitre Saint- 
Etienne le quart restant. La part du curé ne dépasse guère 
700 livres. 11 y a un pré de gleysage. 

C'est l'Evoque qui nomme au bénéfice. 

Il y a cinq cent trente communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Planton, fu- 
tur assermenté et abdicataire qui mourra pendant la Révolu- 
tion, 



(1) C'est dans celte paroisse au château de Bonal que naquit le, o mai 1754, Fran- 
çois de Bonal, évèque de Clermont, une des gloires de l'église gallicane, mort à 
Munich en i8oo. (Voir dans la Bibliographie agcnaisc de M- Andncu, la liste des 
ceuvres de ce prclatj. 



- 2-8 — 



SAINTE-MADELEINE DU LAURIER 



Cette paroisse est placée par Valéri dans l'archiprêtré de 
Opère. 

L'église est longue de vingt-cinq pas, large de dix. Le 
chœur est voûté, la nef lambrissée. Du côté de l'Evangile, 
dans la nef s'ouvre une chapelle dédiée à Notre-Dame. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. L'Evêque et le Chapitre de Pujols pren- 
nent par moitié les trois quarts des fruits, le curé l'autre quart 
et reçoit de l'Evêque un supplément de pension pour lui com- 
pléter la portion congrue. Il y a un presbytère avec une 
grange séparée qui a dans sa dépendance deux picotins de 
terre oij se fait le sol de la dîme et que le curé loue. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent vingt communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Il y a une confrérie du Saint-Sacrement, 
Le titulaire actuel est Louis Géraud, futur assermenté et cons- 
titutionnel qui sera nommé curé d'Unet après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DES CAILLES 
ET SON annexe: SAINTE-FOY 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archipresbyterata de 
Opère: Prior Sancte Fldis de Cailhas, Reclor ejusdem^ Rector 
Sancti Martini de Cailhas. Le prieuré simple et en com- 
mende est de l'ordre de Saint-Benoit, Les deux paroisses ont 
été unies au commencement du xvii° siècle. « attendu la 
modicité au revenu de l'une et de l'autre p. 



L'église de la matrice est longue de vingt pas, large de 
huit. Le sanctuaire est lambrissé et plus élevé que la nef. Du 
côté de l'Evangile il y a une chapelle dédiée à la Conception 
de la Très-Sainte Vierge. Le clocher est sur l'arceau du 
sanctuaire. 

Celle de l'annexe répond à peu près au même signalement 
mais n'a pas de chapelle. 

La dîme se perçoit du dixième sur le blé, du vingtième sur 
le vin dans les deux paroisses. Le prieur prend les trois quarts 
des gros grains, le curé le quart, la dîme verte, le vin en en- 
tier et trente sacs de novales sur la pile commune. Il y a un 
gleysage de trois carterées en pré et terres labourables et 
un presbytère. La part du prieur est de i,8oo livres, celle du 
curé de i ,100 livres. 

Le prieuré et la cure sont de la nomination de l'Evèque. 

On compte deux cent trente communiants à la matrice et 
cent dix à l'annexe. La messe se dit dans les deux paroisses 
un dimanche entre autre, les vêpres ne se chantent à l'annexe 
que le jour de sainte Foy. Les deux églises d'ailleurs ne sont 
distante^que de cinq cents pas. Le titulaire actuel du prieuré 
est Louis d"Yse de Rossans, chevalier de l'ordre de Malte, 
Celui de la cure est Joseph Sirgant, futur assermenté et abdi- 
cataire qui mourra pendant la Révolution. 



S.AINT-MARTIN DE CALVIGNAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré Je Opcre. 

L'église a vingt pas de long, sur huit de large. Le choeur 
est voûté, la nef lambrissée. Du côté de l'Evangile, il y a une 
chapelle voûtée, dédiée à saint Eutrope. Le clocher est au- 



— 2Ho — 

dessus du sanctuaire. L'église et la chapelle sont du 
xi" siècle '^ . 

La dîme de tous les fruits se paie au dixième. L'évêque 
prend la moitié des gros grains, le curé les trois huitièmes, 
l'archidiacre un huitième. Le curé prend tout le vin, les menus 
grains et lève toute la dîme dans un certain quartier de la pa- 
roisse. 11 jouit en outre d'un gleysage de vingt-deux carton- 
nats en terre labourable, pré et vigne et d'un presbytère. Sa 
part est évaluée à 800 livres. 

Le bénéfice est à la nomination de l'Evêque. 

Il y a soixante-douze communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean Rebel de Bour- 
gade, futur assermenté et abdicataire qui ne prendra pas de 
service en 1803 pour cause d'infirmités. 



SAINT-MARTIN DE NOAILLAC 



Dans le pouillé de Valéri cette paroisse fait partie de 
l'archiprêtré de Opère. 

L'église est entièrement voûtée, elle a vingt-cinq pas de long 
sur huit de large non compris les chapelles. Ces chapelles 
sont au nombre de cinq. La première, du côté de TEpître est 
dédiée à sainte Anne, puis vient celle de saint Biaise. Du 
côté de l'Evangile, à partir du chœur il y a les chapelles de 
saint Jacques, de Notre-Dame du Rosaire et une troisième 
sans titre comme sans autel. Pendant les guerres de religion, 
cette église fut profanée et convertie en fort. En 1632, on 
voyait encore a dans la chapelle de Notre-Dame une chemi- 
née fort indécente où on faisait du feu au temps des guerres. » 

(i) G. Tholin, op. cit. 



— 2B| - 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menu? 
grains à discrétion. L'Evcque prend les trois huitièmes, le 
curé le reste. C'est en 1294 que nobles Pierre Aymeric et 
Ramond de Savinhac cédèrent et résignèrent à Bertrand, évo- 
que d'Agen, tout le droit de dîme qu'ils avaient et percevaient 
dans les paroisses de Noaillac et Saint-Eparche de Savinhnc. 
Le presbytère, attenant à l'église, avait été démoli pendant 
les troubles du xvi* siècle; il a été reconstruit il n'y a pas 
longtemps. 11 y a un cartonnât de terre labourable dont le 
curé jouit. Le bénéfice vaut i ,1 ^o livres. 

Il est de la nomination de l'Evoque. 

On compte deux cent cinquante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Le curé a présentement un vi- 
caire sans y être obligé. Il y a une confrérie du Saint Sacre- 
ment très ancienne. Le titulaire actuel est Pierre Paganel, 
futur apostat, persécuteur et régicide, dont la mémoire est 
en abomination, et qui. s'il était moins obscur, resterait 
éternellement voué aux fouets de l'histoire. 



SAINT-MARTIN DE PEYRAT, alias SAINT-ANTOINE 

DE FICALBA 

ET SON ANNEXE : SAINT-ANDRÉ DE MONBIROUX, 
ALIAS DE FONTIROU 



Le pou i lié de Valéri porte : In archipreshytcraiu de Opcre : 
Prœccpfcr Sanc/i An/onii de Ficua/kino — Recior cjusdcm et 
de Peyrac — Reetor Sancti Andrée de Montheros, aiiàs de Fon- 
tirou. 

« Le mal ardent ou de saint Antoine réveilla la charité d'un 
gentilhomme de Vienne en Dauphiné, nommé Gaston. Dieu 



lui inspira de vouer sa personne, sa vie et ses biens pour les 
malades du feu ardent qui venaient à Vienne implorer le se- 
cours de saint Antoine, car le corps de ce saint avait été 
porté de Constantinople par Jacotin, comte d'Albon. du 
temps du roi Lothaire. fils de Louis d"Outre-Mer. Ce gen- 
tilhomme assembla quelques compagnons qui du commence- 
ment étaient laïques, mais qui peu à peu devinrent religieux 
sous la règle de saint Augustin et provignèrent cette congré- 
gation en plusieurs provinces... Il reste à Tordre de Saint- 
Antoine, à une lieue et demie ou deux lieues d'Agen. une 
commanderie consistant en domaines et rentes au lieu de 
Saint-Antoine de Figue d'Alba, laquelle était unie à la mense 
de l'abbaye de Saint-Antoine de Vienne, comme il paraît 
par une lettre tirée du registre des Insinuations d'Agen, 
de 1572 ('). » Dans ses Mémoires, Nicolas de Villars 
mentionne cette commanderie, dépendante, dit-il, de Saint- 
Antoine de Viennoys. En 1616 il y avait encore un prê- 
tre, ayant le titre de commandeur, qui desservait la chapelle 
Saint-Antoine et qui habitait une maison attenante à cette 
chapelle. Tout son service consistait à dire les compiles le 
samedi soir et la messe le dimanche. Peu à peu l'ordre né- 
gligea d'envoyer un commandeur en titre et se contenta de 
faire dire une messe de quinze en quinze jours par un prêtre 
quelconque, la plupart du temps par un cordelier de Ville- 
neuve. C'est peut-être vers cette époque que cette Comman- 
derie fut unie à celle de Pont-Daurat près la Réole (2). Le 
25 mai 1630, intervint une transaction entre les religieux et 
le curé par laquelle celui-ci se chargeait du service moyennant 



(i) Labénazie, Hist. ms. 

(2) En 1754. encore, dans un rapporta l"Evêque, un curé écrit : « Il y a une cha- 
pelle qu'on nomme Commanderie de Saint-Antoine de Ficalba appartenant aux cha- 
noines réguliers de Saint-Augustin, de Pont Daurat. (Arch. de TEv., liasse Saint- 
Antoine). Après tous ces témoignages, n'est-on pas fondé à croire qu'il y a erreur 
dans une pièce des Aichives de la Préfecture. (Papiers relatifs à la période révolu- 
tionnaire^ où celte Commanderie est attribuée à l'ordrç de Malte, 



30 livres et les obiations qui seraient faites dans la chapelle. 
Le service consistait à y dire la messe de quinze en quinze 
jours, aux quatre fôtes annuelles et aux fôtes de Notre-Dame, 
de Saint-Antoine et de S;iint-Barnabé. Insensiblement et mal- 
gré la défense des évoques, les curés transférèrent dans cette 
chapelle, située dans le bourg, le service paroissial et l'église 
de Saint-Martin de Peyrat,trop éloignée ei d'un accès diffi- 
cile, fut peu à peu abandonnée. 

Cette église qui aujourd'hui n'est plus qu'une ruine au coin 
du cimetière, était située à cinq cents pas du bourg de Saint- 
Antoine. Elle était bcâiie de pierre de taille et voûtée, longue 
de vingt-trois pas, large de huit. Du côté de l'Evangile il y 
avait une chapelle dédiée à saint Jean, du côté de TEpître 
une autre chapelle dédiée à Notre-Dame. Le clocher était 
de forme quadrangulaire '). 

Lachapelle Saint-Antoine, où se fait actuellement le service 
paroissial, est longue de vingt pas, large de dix et lambrissée. 
On vient de construire une chapelle latérale dédiée cà l'As- 
somption de la Sainte Vierge. Le clocher-arcades est au- 
dessus de la porte d'entrée. 

L'église de l'annexe est située à mille pas du village de 
Fontirou. Elle a vingt pas de long sur dix de large. Le choeur 
est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Il y a une chapelle 
voûtée du côté de l'Epître, dédiée à Notre-Dame. Le clocher 
est en (orme de triangle. 

Les biens de la Commanderie consistent en rentes et en 
un beau domaine dit du Peyrat, contenant quarante carterées 
de terre, vignes et pré, exemptes de la dîme. Celle-ci, dans 
les deux paroisses, se paie au dixième pour le blé. au treizième 



(i) L'église de Saint-Marlin de Peyrat avait été convertie en fort pendant les 
guerres de religion. En loio elle était encore entourée de grands fossés remplis 
d'eau, fortifiée de gabions tout à l'entour ; à l'entrée du cimetière il y avait un rave- 
lin.... Le village fut saccagé par les protestants, de là le peu de documents relatifs 
à la Çomnianderiç. 



- ::;4 - 

pour les fèves et menus grains, au vingtième pour le millet et 
pour le vin. Autrefois, l evêque prenait les trois quarts et le 
curé le quart de la grosse dîme. Un arrêt du Parlement du 
12 mai 1728 a adjugé la moitié au curé. Celui-ci prélève en 
outre quelques sacs de blé sur la pile commune et quatre 
barriques de vin pour ses novales ; il prend toute la dîme 
verte et menue et le carnelage, le revenu d'un pré de deux 
cartonnats, d'un autre pré de quatre ou cinq picotins. Sa part 
peut valoir 800 livres. Il y a un presbytère à Saint-Antoine. 

Le bénéfice est à la nomination de l'Evêque. 

Il y a quarante-trois feux dans le bourg de Saint-Antoine et 
trente-cinq autres disséminés dans la campagne, faisant en 
tout trois cent vingt-cinq communiants ; il y a trente-cinq feuxj 
dans l'annexe faisant cent communiants. La matrice est des- 
servie par le curé qui fait dans la chapelle Saint-Antoine tou- 
tes les fonctions curiales et le service de la Commanderie.| 
Un vicaire dit la messe tous les dimanches à l'annexe. La 
matrice a deux offices propres : saint Martin et sainte Agathe, 
L'adoration perpétuelle y est établie et dure six jours du 9 au 
14 mars. Le titulaire actuel est Marie-Jean-Jacques Argen- 
ton, futur assermenté et abdicataire qui sera maintenu à son 
poste après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DE TREMONS LE PETIT 



Valérie place la rectorie de Tribus Montibus uilra Oiliiin 
dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église est longue de vingt-cinq pas, large de huit ; le 
chœur est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Du côté de 
l'Evangile il y a une chapelle voûtée dédiée à saint Jean. Il 
y a un clocher. 



i 



La dîme du blé se paie au dixième, du vin, des mciiU5 
frrains et du carnela«:e au treizième. Autrefois les bénédictins 
d'Eysses prenaient les trois quarts de la grosse dîme, le curé 
l'autre quart avec tous les menus grains et le carnelage. Ce 
dernier jouissait en outre d'un gleysage de trois carlonnats et 
d'une rente de huit poules et de douze sols d'argent. Dès 
avant 1^)75, les religieux prennent tous les fruits et paient la 
pension congrue du curé. Il y a un presbytère tout neul. 

L'abbé d'Evsses nomme au bénéfice. 

11 y a cent cinquante communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Calbiac 
qui démissionnera cette année môme. 11 sera remplacé le 
1 ^ octobre par Pierre Berge, futur assermenté et abdicaiaire 
qui sera placé à Sainte-Radegonde de Villeneuve après le 
Concordat. 



NOTRE-DAME D'ALLEMANS 
ET SON ANNEXE : SAINTE-CROIX DE PENNE '«) 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archifrcsbyterahi de 
Opcrc : Prior de A/anuius. Rcclor cjusJcm et sjnclc Crucis 
Penne. Le prieuré d'Allemans dépendait autrefois de l'ab- 
baye de Sainte-Croix de Bordeaux. 11 est aujourd'hui simple 
et séculier, de la collation de l' Evoque, et consiste en fruits 
décimaux tirés de la paroisse d'Allemans et affermés 2,000 li- 
vres. Le titulaire actuel est Félix Sabaros Dubédat, chanoine 
de Saint-Etienne. 

L'église de la matrice a vingt-cinq pas de long sur huit de 



'^1 On donn^iii en dernier lieu plus communément le litre de matrice à Sainte* 
Croix de Penne. 



laro-e. Le sanctuaire est voûté et le clocher est sur l'arcade du 

o 

sanctuaire. 

Celle de Sainte-Croix était située dans la ville de Penne, 
au-dessous du château. C'était un bel édifice bâti par les An- 
f^lais, long de trente pas, large de dix. Du côté de l'EpîtreJl 
y avait ui:e chapelle voûtée. Au bas de l'édifice s'élevait le 
clocher. Le vandalisme huguenot commença la ruine de cette 
église, le temps l'a achevée. 

Il y a dans la môme ville de Penne et sur le territoire de la 
paroisse d'Allemans, une chapelle de Pénitents blancs. Cette 
chapelle n'est qu'une maison que la Compagnie a achetée et 
qu'elle appropria alors à sa nouvelle destination. Elle est lon- 
gue de onze toises, deux pans ; large de trois toises, trois 
pans, et haute de trois toises et demie. Les Pénitents furent 
établis à Penne par M. de Gelas, en 1624, et leurs statuts 
ont été depuis confirmés par M. Dulude le 14 octobre 1633, 
par M. Delbéne le 2 mars 1644, et enfin par M. Joly en 
1665. Ces statuts diffèrent peu de ceux des autres compa- 
gnies du même nom. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le prieur prend les deux tiers de la grosse 
dîme, le curé l'autre tiers avec tous les menus grains et le 
carnelage. Il y a un gleysage de trois cartonnats de terre la- 
bourable autour de l'église d'Allemans et un petit jardin près 
de l'église Sainte-Croix, dont le curé jouit. La part du curé 
n'est guère que de 700 livres. 

C'est l'Evoque qui confère pleno jure ce bénéfice. 
Il y a cent trente communiants dont plusieurs occupent un 
quartier de la ville de Penne. Le curé est tenu à toutes les 
fonctions curiales. La fête patronale est la Nativité de la Très 
Sainte Vierge. Le titulaire actuel est Antoine Joubert, futur 
assermenté et curé constitutionnel, qui se rétractera de bonne 
heure, mais ne reprendra pas de service après le Concordat 
pour cause d'infirmités. 



- 2ùr - 
NOTRf-:-l)AMI{ D'ALLRZ 



Valcri place cette paroisse dans l'arcliipictrc Jt: Opcrc. 

L'église est longue de vingt-cinq pas, large de huit, et lam- 
brissée. Deux chapelles latérales dont l'une est dédiée à 
Saint-Barthélémy, à droite, l'autre à Sainte-Radegonde, à 
gauche, lui donnent la forme d'une croix, il y a un clocher en 
forme de mansarde au fond de l'édifice. 

La dîme du blé se paie au douzième, du vin et des menus 
grains cà discrétion. Le prieur de Saûite-Livrade prend la moi- 
tié des t^ros irrains, les religieux de Sainte- Livrade ont le 
quart, le curé l'autre quart. Le prieur et les religieux se par- 
tagent le vin et donnent quatre barriques au curé. Celui-ci 
prend les menus grains, la dîme verte, le carnelage et prélève 
sur la pile commune vingt-trois sacs de blé pour ses novales. 
Le tout ne dépasse guère la portion congrue. Il y a un petit 
presbytère attenant à l'église. 

Le bénéfice est de la nomination du prieur de Sainte-Li- 
vrade, mais l'Eveque lui conteste ce droit. 

Il y a deux cent dix communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. La fête patronale est la Nativité de la Très 
Sainte Vierge. Le titulaire actuel est Jean Lagrange Mala- 
teste de Beaufort, qui refusera de prêter le serment schisma- 
tique, subira une longue détention et ne pourra reprendre du 
service en 1803, pour cause d'infirmités. 



NOTRE-DAME DE BIAS 
ET SON annexe: SAINT-ETIENNE DE VILLENEUVE 



Le pouillé de Valéri porte: In .irchiprcshylcralti Je Opère : 
Recbr Saiie/i Step/iani Villanovc^ de Buis^ Sancti Nieolai de 



^ 288 — 

Piijoidnis. Anciennement Saint-Nicolas et Notre Dame de 
Bias ne faisaient qu'une seule et même correctorerie à laquelle 
i'Evêque nommait par tour avec l'abbé d'Eysses. Dans la 
suite Villeneuve ayant été bâtie sur le Lot, comme Bias et 
Saint-Nicolas étaient éloignés de près d'une demi-lieue de la 
ville, on dut aussi pour la commodité des habitants y bâtir une 
chapelle que l'on dédia à saint Etienne. Cette chapelle de- 
vint succursale de l'église de Bias; elle est depuis longtemps, 
sinon par le titre, du moins par l'importance, l'église principale. 
L'ésrlisede Saint Etienne a été sans doute fondée en même 
temps que la bastide (1264) mais ne fut terminée qu'au xve et 
au xvi® siècle ^'). Elle est longue de quarante pas, large de dix, 
chapelles non comprises et voûtée. La nef est flanquée de 
quatre chapelles à droite et de trois à gauche. La première 
du côté de TEpître est appelée vulgairement de Teyssonat. 
Il y a une porte qui donne dans le cimetière. La confrérie de 
Saint-Eloy y est établie. Au-dessous se trouve la chapelle 
de Saint-Jean. La chapellenie dite de Pauliac y est desservie. 
Chapelle et chapellenie ont été fondées par une famille de ce 
nom qui en a tous les droits. Les revenus de la chapellenie 
sont huit sacs et demi de froment, un demi sac de seigle et 
20 sols en argent à la charge d'une messe par semaine. La 
confrérie de Saint-Jean pour les hommes et de Sainte-Margue- 
rite pour les femmes y sont établies. Puis vient la chapelle de 
Saint Fabien et de Saint Sébastien. Il y a écrit à la clef de 
voûte : « Daymes, notaire, m'a fait faire. » Géraude Compa- 
rot, veuve de François Daymes, notaire, y fonda, le 14 mai 
1 523 . la chapellenie de Saint-Fabien et de Saint-Sébastien, qui 
est encore du patronnage lai de la famille de Souffran. Le 
service est de deux messes par semaine. La moitié des biens 
sont perdus. 11 reste encore une maison sise rue de la Porte 
d'Agen, une vigne de cinq cartonnais dans la paroisse de Co- 

[1; C. Tholin, op, cit. 



>7 



— 2H., — 



longue, 5 livres de rente au villa_2;e de Gaumetoii, près Paul- 
liac, etc.... Dans la incMiie chapelle est desservie la chapel- 
lenle de Marrausct, fondée par un prôtre de ce nom qui en a 
laissé le patronage à sa famille. Le service est une messe tous 
les jeudis. Les biens, qui n'ont pas été aliénés, sont neuf car- 
tonnats de terre labourable dans la paroisse de Bias, huit de 
vigne dans la paroisse de Collongue et enfin une maison à 
Villeneuve, rue Saint-Etienne. La quatrième chapelle est dé- 
diée à saint Michel. Du côté de l'Evangile 11 y a la sacristie 
voûtée, puis la chapelle de saint Pierre, de sainte Marguerite 
et celle de Notre-Dame dans laquelle les confréries de Saint- 
Clair et de Notre-Dame sont établies. Cette église fut pro- 
fanée pendant les guerres de religion, elle fut réconciliée 
par Nicolas de Villars le lo juin 1 592. Ce prélat consacra ce 
jour-là le maître-autel. Au bas de l'édifice s'élevait le clocher, 
grosse tour carrée, couverte de tuiles qui a été renversée par 
la foudre en 1775 et qui n'a pas été relevée. 

Dans le quartier même de Saint-Etienne (■) il y a un 
couvent de Cordeliers. Celte maison a été fondée en 
150?. par Jean de Saint-Chamans, seigneur baron de Pujols. 
En 1561, les huguenots en chassèrent les religieux et en 
1577 la démolirent en partie. Elle a été restaurée depuis grâce 
à la libéralité des habitants. L'église mesur.e, hors d'œuvre, 
vingt-quatre toises trois pieds de long, six toises de large et 
quatre de haut. Elle est lambrissée et flanquée d'une chapelle 
également lambrissée. Une tour carrée sert de clocher. 11 y 
avait à l'origine dix-huit religieux, le malheur des temps les a 
réduits à douze. A l'exemple de leur Père saint François, ils 
ont épousé la pauvreté et avec elle comme donna et nunionna, 
ils vivent en mendiants et n'ont d'autres ressources que la 
besace et la charité des fidèles '-\ 



(1) Sur l'emplacement où se trouvent aujourd'hui les Haras. 

(2) Voir la lettre du gardien. Joseph Ricard à M. Hébert, arch, de l'Ev. F. !4, 
ils possédaient cependant deux jardins coniigus, rue du Pont Salinier, de la conte- 
nance de neuf cartonnais. 

'9 



•'— 290 — 

Les Cordeliers usèrent de leur influence pour déterminer 
Antoinette de Raffin Poton. à fonder à Villeneuve un cou- 
vent d'Annonciades. Ils réussirent et l'acte de fondation fut 
passé le 13 avril 1621, Toutefois les premières religieuses 
n'arrivèrent qu'en 1624. Elles venaient du monastère d'Agen. 
La maison dans laquelle elles s'installèrent est située à quel- 
ques pas de l'église Saint-Etienne et occupe tout l'emplace- 
ment qui sera plus tard le « quai d'Alsace ». Les sœurs n'eu- 
rent d'abord qu'une modeste chapelle ; mais dans la suite on 
bâtit dans le style du xiii® siècle la belle église actuelle. 
Claude Joly en autorisa l'érection le 3 1 août 1669 ('). Le cou- 
vent, à rencontre de celui d'Agen, est demeuré jusqu'à nos 
jours sous la direction des Cordeliers. 

Dans la rue basse, s'élève la chapelle des Pénitents blancs. 
La confrérie fut établie le 2 juillet 1657, par permission de 
Soldadié, vicaire général de M. Delbène. Elle est sous 
le patronage de saint Jean-Baptiste et observe les sta- 
tuts de celle du même nom établie à Agen. On permit 
d abord aux confrères de faire leurs exercices dans l'église 
paroissiale et on leur donna un délai de deux ans pour se 
construire une chapelle particulière. Ils firent donc bâtir à 
leurs dépens la chapelle qu'ils possèdent actuellement et qui 
fut bénite par ordre de Claude Joly, le 6 janvier 1667. Cette 
chapelle est longue de trente pas, large de huit et non voûtée. 
Il y a derrière l'autel un vaste chœur oij les confrères s'as- 
semblent et chantent l'office. Leurs principales obligations 
consistent à dire tous les vendredis de l'année les sept psau- 
mes de la pénitence à sept heures du matin et complies à six 
heures en été, à quatre heures en hiver; les mercredis de 
carême, les psaumes graduels le matin et le Stabat le soir 
avec la prédication et les complies ; toutes les fêtes de Notre- 

(1) Saillie Jeanne de Valois et l'ordre de l'Annonciade, par M. Hébrard, p, 425. 
Les biens des Annonciades de Villeneuve comprenaient notamment les cinq métai- 
ries de Parens, de Bordeneuve, de Barris, de Gaiinié et de Montcrixte, 



Dame, le petit oflicc de la Sainte Vierge et la messe le matin, 
vêpres et complies, le soir ; les quatre fêtes annuelles, les 
fêtes de saint Jean-Baptiste, de loctave du Saint Sacrement, 
l'office du jour et prédication, tous les troisièmes dimanches 
du mois, l'office de la Sainte Vierge. Ils font une procession 
le Jeudi saint qui sort à sept heures du soir et rentre à lo heu- 
res, ils assistent à celle du Saint Sacrement où ils portent le 
poêle alternativement avec les Pénitents bleus de la paroisse 
de Sainte-Catherine. 

L'église de Bias est champêtre, longue de vingt-cinq pas, 
large de dix. Le chœur est voiiié, la nef lambrissée. Il y a 
deux chapelles voûtées, l'une du côté de TEpître vulgairement 
appelée de Broval, oi^i la famille de Cieutat a son tombeau, 
l'autre dite de Lancasterie, du côté de l'Evangile, dédiée à 
saint Michel. 

Il y avait autrefois un prieuré, dans la paroisse de Bias, 
appelé de Ribeyroles, de l'ordre de Grammont. Ce prieuré 
avait été annexé à celui du Défiez, en 1317, et on le retrouve 
encore de nos jours sur les listes officielles des prieurés de 
nomination royale. Ce qui restait des édifices a été rasé au 
commencement du siècle. Les biens sont possédés par la fa- 
mille de Favols, et il y a un ténement considérable d'où le 
curé ne retire ni dîmes, ni novales. Voici ce qu'en dit Claude 
Joly dans son procès-verbal de visite de 1668 : « Le prieuré 
de Notre-Dame de Ribeyrolles est distant de l'église parois- 
siale d'un demi-quart de lieue. Il reste de l'église du prieuré le 
chœur et la nef dont les murailles sont de leur hauteur ordi- 
naire. Le chœur est couvert de tuiles sans autel, la nef bâtie 
un tiers de pierre de taille, le reste en brique avec un cordon 
de pierre de taille à demi toise près de la hauteur. Elle est 
longue de dix-huit ou vingt pas à demi pleine d'herbes et 
d'arbres, toute découverte sauf le chœur. En bas, une porte 
murée. Le propriétaire est le sieur Favols de Ribeyrolles qui 
a dit que ladite église et bâtiments joignant et dépendant 



— 202 — 



avolent été achetés par le feu sieur son père du sieur Billon, 
il va vini^t-cinq ans. Lequel sieur Billon l'avait acquis du sieur 
Roquepiquet de Verteuil de la R. P. R., son beau-frère, deux 
ans auparavant, et le sieur de Roquepiquet, du prieur du 
Defès, proche d'Agen. lequel, à ce qu'on nous a dit, aliéna et 
vendit les biens temporels dudit prieuré audit sieur de Roque- 
piquet par enchère faite à Villeneuve, la somme de 700 livres 
qui furent employées pour payer au roi Charles IX les arréra- 
ges des sommes dues à S. M. par ledit prieur du DelTès, en 
conséquence' d'un arrêt du grand Conseil, confirmé par une 
bulle du Saint-Père et consentement de l'évoque diocésain. 
Lesdits biens aliénés consistent en un jardin, qui est à Ville- 
neuve, de deux cartonnats aboutissant au gleysage et quelques 
vignes dans le territoire de Pujols, et autre domaine. 11 y a, 
joignant ladite église, une espèce de cloître de vingt-cinq pas 
en carré, dont les murailles sont de leur hauteur, joignant un 
bâtiment et jardin. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains 
à discrétion. L'abbé d' Eysses prend un quart et demi. M . Des- 
homs de Favols un quart, M. de Monbrun un huitième, le 
curé un quart avec les novales. toute la dîme verte et menue 
et le carnelage. Les droits de l'abbé d'Eysses sont surtout 
fondés sur une transaction du 1^ mars 1265, par laquelle un 
de ses prédécesseurs abandonna à l'évêque d'Agen la moitié 
des dîmes de Monflanquin en échange du quart de celles de 
Bias. Le quart et demi possédé par MM. Deshoms et de 
Monbrun, provient de l'inféodation qui a été longtemps atta- 
chée à la seigneurie de Pujols, mais qui par vente ou héri- 
tage a souvent changé de possesseurs. Il y a un gleysage de 
dix cartonnats dans la paroisse de Bias et un autre de trois 
cartonnats près du cimetière de Saint-Etienne dont le curé 
jouit. Le revenu de celui-ci est évalué à 1,150 livres. Il y a un 
presbytère à Saint-Eiienne et une chambre près de l'église 
de Bias« 



L'Evcqiic nomme au bJiiéfice, malj^ré les prétentions de 
l'abbé d'Eysses et du Chapitre Saint-Etienne. 

On compte trois cents communiants à la matrice qui est 
desservie par un vicaire de Saint-Etienne. 11 y en a mille à 
l'annexe. Le curé réside à l'annexe et y fait toutes les fonc- 
tions curiales. Les confréries de Saint-Etienne ont été men- 
tionnées ; celles de Bias sont au nombre de trois : du Saint- 
Sacrement, de Notre-Dame et de Saint-Roch. Le titulaire 
actuel csi Jean Boissiéres, futur assermenté et abdicatairc. il 
sera député par \c clergé constitutionnel du département aux 
deux conciles prétendus nationaux et sera maintenu à son 
poste après le Concordat. 



NOTRE-DAME DE DAUSSE 



Valéri place cette paroisse dans Tarchiprêtré de Opère. 

L'église a dix-huit pas de long sur huit de large. Le sanc- 
tuaire est lambrissé. Il y a un clocher. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au douzième. Le curé prend les cinq huitièmes des gros 
grains, tous les menus et tout le vin ; l'Evoque les neuf 
trente deuxièmes de la îrrosse dîme et le crrand archidiacre 
les trois trente-deuxièmes. Il y a trente-sept cartonnnts de 
gleysage en pré et terre labourable dont le curé jouit. La 
part de ce dernier est évaluée à 700 livres. 

On compte cent communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Espagnol, futur 
assermenté, qui mourra pendant la Révolution. 



— 294 — 
NOTÎ^E-DAME DE FRESPECH 

ET SES ANNEXES : SAINTE-FOY 
ET SAINT-CLAIR 



Le pouillé de Valéri porte : In archiprcsbytcralu de Opère : 
Recfor de Fcssl^ Podio^ Sancfc Fidis et Sa ne fi Ciari. Il y avait 
un prieuré bénédictin à Sainte-Foy qui est uni à la mense des 
reli2:ieux de Saint-Maurin. 

L'église de la matrice est du xi° siècle ('). Elle est longue 
de vingt-cinq pas, large de dix en bas et de six en haut. Le 
chœur est voûté. 

Celle de Sainte-Foy est longue de quinze pas, large de 
sept. Le chœur est voûté. Du côté de l'Epître, il y a une pe- 
tite chapelle voûtée^, dédiée à Notre-Dame. 

Celle de Saint-Clair est longue de quinze pas, large de 
huit, le chœur est voûté. Le clocher est au-dessus de la porte 
d'entrée. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au douzième. A Notre-Dame et à Saint-Clair, dont la 
dîme n'est pas séparée, le curé prend la moitié du blé et du 
vin et tous les menus grains. Le seigneur du lieu prend l'au- 
tre moitié à titre d'inféodation. A Sainte-Foy le curé partage 
tous les fruits décimaux avec les bénédictins de Saint-Maurin. 
Dans cette paroisse, il y a sept ou huit carterées de terre 
labourable, appelées le gleysage, où le curé prend seul la 
dîme. A la matrice, il y a aussi un gleysage d'un demi picotin 
possédé par le curé. On estime à 850 livres le revenu total 
de ce dernier (^i. H n'y a pas de presbytère. 



(i) G. Tholin, op. cit. 

(2) Les fruits décimaux du curé de Frespcch furent affermés 1699 livres en 1787 
L'écart entre le revenu officiel et le revenu réel est ici juste de la moitié. 



On compte trois cent cinquante commiminnt'? à Notre- 
Dame, soixante-dix à Saintc-Foy et quatre-vingt-dix à Saint- 
Clair. La messe et les vôpres doivent se dire dans les trois 
paroisses tous les dimanches. De droit et d'usage le curé 
devrait avoir deux vicaires. Il a môme clé condamne à tenir 
un vicaire résident à Saint-Clair par arrêt du Parlement du 
23 mai 1620. Il n'y a qu'un seul vicaire cependant. Les 
confréries du Saint- Sacrement et de Notre-Dame sont 
établies à Notre-Dame. Le titulaire actuel est Jean-Joseph 
de Laumont, qui refusera le serment et mourra pendant la 
Révolution. 



NOTRE-DAME DE PUYCALVARY 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archiprcshylcrahi de 
Opcrc : Rccfor de Capclla et de Podio Calvario. Il y avait en 
elTet deux églises sur cette paroisse : la chapelle du château, 
et à six cents pas du château, l'église paroissiale. Celte der- 
nière était déjà en ruines lors de la visite de Nicolas de Vii- 
lars, en 1602. En 1668, Claude Joly la trouva toute décou- 
verte et pleine de ronces. Les murs, à la vérité, étaient en- 
core de toute leur hauteur. Elle était longue de trente pas, 
large de si.x, et avait un clocher à quatre ouvertures. De mé- 
moire d'homme le service se faisait à la chapelle du château, 
dite de Notre-Dame. A la demande de Claude Jolv, le 
seigneur du lieu consentit à ce que celte chapelle devint à 
perpétuité l'église paroissiale et offrit même remplacement 
d'un cimetière. Il ne mit qu'une condition qui fut agréée, c'est 
que les décimateurs et les paroissiens seraient désormais char- 
gés de l'entretien et des réparations. Dès lors l'ancienne 
église fut tout à fait abandonnée et la porte murée. 



— 200 — 



L'église actuelle a été consacrée par Eustache, évoque de 
Saintes, vicaire-général d'Antoine de La Rovère, le 17 avril 
1556. Elle est longue de trente pas, large de douze, et en 
partie lambrissée. Il y a une chapelle à droite, en bas de 
l'église. H y en a une autre, à gauche, voûtée, appartenant au 
seigneur, et dédiée à sainte Foy. Au-dessus est une tribune 
également voûtée. La chapelle et la tribune communiquent 
avec le château. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au dix-huitième. 
Autrefois le Chapitre Saint-Caprais prenait les trois quarts de 
la dîme, il n'en prend aujourd'hui que la moitié. L'autre moi- 
tié est au curé avec la dîme verte et huit sacs qu'il prélève 
sur la pile commune pour lui tenir lieu de novales. Le curé 
jouit, en outre, d'un beau gleysage de cinq carterées en pré, 
vigne et terre labourable. Son revenu ne dépasse guère le 
chiffre de la portion congrue. Le i'"" septembre 1754 fut porté 
un décret d'union des paroisses de Dausse et de Puycalvary, 
fondé sur l'insuffisance du reveuu de cette dernière paroisse. 
Il y avait une erreur de fait et après la procédure ordinaire le 
décret fut rapporté le 20 janvier 1762, 

C'est le Chapitre Saint-Caprais qui nomme au bénéfice. 

On compte cent quatre-vingts communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Il y a une confrérie de Sainte-Foy 
qui a remplacé les antiques confréries de Sainte-Quitterie, de 
Sainte-Catherine et de Sainte-Aurelle. Le titulaire actuel est 
Bernard Baget, futur assermenté et abdicataire qui se rétrac- 
tera et mourra pendant la Révolution. 



- 297 " 

SAINT-NICOLAS DE PUJOLS 
ETSONANNKXE : SAINT-PIERRE DE MONESTIERS 



Ces deux paroisses, dans le pouillé de Valêri. forment deux 
rectories distinctes et font partie de l'archiprêtré de Opère. 
Elles ont depuis longtemps perdu leurs églises. Celle de Mo- 
nestiers était située à deux mille pas de Pujols dans la direc- 
tion de Villeneuve. En 1668, lors de la visite de M. Joly. les 
murailles étaient presque de leur hauteur ordinaire. Il y avait 
encore deux chapelles voûtées, celle du côté de l'Epître était 
appelée de Saint-Loup. Le clocher était debout avec deux 
ouvertures. La toiture s'était efl'ondrée depuis longtemps et 
la nef était envahie par une végétation folle d'herbes et de 
ronces. Le curé y venait pourtant dire la messe tous les ans 
le i"' septembre, fête de Saint- Loup. A côté était un petit 
cimetière. Cette église avait appartenu jadis à un important 
prieuré qui fut ruiné au xiv° siècle pendant la guerre de Cent 
Ans. Le peu de biens qui en restait fut uni à la mense du 
Chapitre Saint-Caprais par Imbert, évoque d'Agen. L'union 
fut confirmée par une bulle ' du pape Martin et par des let- 
tres patentes de Charles Dauphin, régent du royaume, en 
date de 1422. 

Des deux églises Saint-Nicolas le Vieux et Saint-Nicolas le 
Jeune il ne reste pas le moindre vestige. La première était si- 
tuée au lieu appelé le Serpoulet. Les huguenots usurpèrent 



(i) Praedicta ccclcsia ab olim nobilis et solcinnis ex antiqua fundalionc quamplu- 
rimis fuit nobilibus redJilibus et opulentis provciitibus dotata, hodiernis vero tem- 
poribus propter diversas tribulationes guerraruni fructus ejus Ecclesias adco sunt 
notorie dimiiuiti quod ad prioris et canonicorum et aliorum scrvorum ipsius ecclesias 
victum minime sufficiant propler quod in ea cullus divinus penilus diminuituret quasi 
tolaliter deperditus est et periculum est ut indè status ipsius Eccicsisedepereat nisidc 

aliquo decenti medio necessitati Ecclesia; subvcniatur. (Cite 

par Labgnazie, hist. ms.) 



pendant longtemps son cimetière. La seconde, située égale- 
ment hors des murs mais près de la porte du château, fut dé- 
molie par ordre du roi en 1561 pendant les guerres de religion 
et on bâtit un bastion sur son emplacement. Le service pa- 
roissial a été transféré par Janus de Frégose, avec le consen- 
tement du seigneur, à l'autel Saint-Nicolas de l'église capitu- 
laire. 

Cette dernière église, dite de Notre-Dame et Saint-Pierre 
de Pujols, a été bâtie par Jean, seigneur de Pujols, lors de 
la fondation du Chapitre. Elle est contiguë au château au- 
quel elle est reliée par un petit pont. Elle est longue de trente 
pas, entièrement voûtée et éclairée par huit grandes fenêtres. 
Du côté de l'Evangile., dans le chœur, il y a une chapelle 
voûtée, dédiée à Notre-Dame, et surmontée d'une tribune 
d'égale dimension ('). Il y a en face une autre chapelle voûtée 
dédiée à sainte Madeleine, et une autre tribune au-dessus. 
Cette chapelle et cette tribune communiquent avec le château. 
« 11 y a un chœur séparé de la nef par le fond et dont les 
deux côtés sont appuyés au mur du corps de l'église, le tout 
façoriné en sculpture. 11 y a au-dessus et dans le fond une tri- 
bune avec un grand crucifix en relief au milieu. Il y a deux 
rangs de formes en dedans où les chanoines se placent, l'un 
au-dessus et élevé d'un pied et demi environ, l'autre plus bas 
et sur le plan de l'église, lesdits deux rangs régnant autour du 
chœur (-). Au côté droit, en entrant, il y a une place distin- 
guée pour le doyen, garnie d'un dais orné de violet. Le sieur 
curé de Saint-Nicolas occupe la première place du côté gau- 
che à l'entrée de la nef, dans le chœur. Dans le milieu du 
chœur, il y a un grand pupitre ; au derrière du pupitre, vers 



(i) Du côté de l'Evangile, dans le chœur, il y a une chapelle voûtée près de laquelle 
est un réduit qui servait de cache pendant ces guerres. (Cl. Joly). — En 1595, sous 
Nicolas de Villars, les deux chapelles portaient le nom: l'une de Notre-Dame dç 
Loretle, l'autre du Saint Sépulcre. 

(2) Il y avait douze places canoniales. 



l'autol, est un grand mausolée en marbre blanc, haut de qua- 
tre pieds où sont représentées en relief les figures du fonda- 
teur et de la fondatrice du Chapitre; au côic de l'Evangile, 
dans ledit ch(x»ur, est la chaire (') ». Dans la nef, du côté de 
l'Epître, il y a un autel dédié à saint Louis ou la confrérie de 
ce nom est établie; de l'autre côté, en face, est l'autel de 
saint Nicolas où se fait le service paroissial. Le maitre-autel 
a été consacré, et peut-être l'église entière, par Jean, évo- 
que de Lectoure. Cette église fait partie des fortifications, la 
tour du clocher protège une porte de la ville. Aussi a-t-elle 
été profanée pendant les guerres de religion. Elle a été récon- 
ciliée depuis, probablement sous Janus Frégose. 

Le Chapitre de Pujols fut fondé en 1526. « Bilhonis con- 
tribua, avec les chanoines de Saint-Caprais ci l'érection de ce 
Chapitre, dont les premiers fondateurs furent le baron du lieu 
Jean d'Esclamals, et Catherine de Lévis, autrement de Châ- 
teau-Morand, son épouse. Bilhonis et les chanoines affectè- 
rent à cette fondation la moitié de la dîme de Sainte-Co- 
lombe-de-Pujols, dont le premier était curé et le Chapitre 
patron et gros décimateur(2) ». Le seigneur de Pujols y ajouta 
quelques dîmes inféodées qu'il possédait. Le revenu total ne 
dépasse pas 1,^00 livres. 11 y avait à l'origine un doyen et 
six chanoines, le doyen prenant le revenu de deux places et 
jouissant en seul de quelques pièces de terre. Vu la modicité 
du revenu total, le Chapitre obtint après la mort de M. Hé- 
bert, des vicaires généraux, pendant la vacance du siège et 
des seigneurs de Pujols la suppression d'un canonicat, de 
sorte qu'ils ne sont plus que six aujourd'hui. Le doyen est 
actuellement Jean de Fumel. vicaire général de Lodève. Le 

(1) Procès-verbal de la visite de Pujols, par M. d'Yse de Saléon, le 2; novem- 
bre 17;;. 

(2) M. Barrcre, Hist. Monitm., Labrunie, Labénazie, etc... Dans leurs procès- 
verbau.x de visite, Claude Joly et Jean d'Yse de Saléon reculent jusqu'en K47 la fon- 
dation du Chapitre et de l'église et sont muets sur l'intervention de Bilhonis et du 
Chapitre Saint-Caprais qui fut d'aiHeiirs à peu près nulle. 



;oo 



curé de Sainie-Colombe de Pujols est chanoine-né de ce 
Chapitre, celui de Saint-Nicolas l'est aussi, mais il n'a que le 
rang. Les autres chanoines sont: Pierre Carry, de Metz, en 
Lorraine et Jean-Baptiste Bruguière, curé de Sainte-Foy de 
Pujols. Il y a en outre un maître de psalette et deux enfants 
de chœur. On relève dans la bulle d'institution donnée par 
Clément Vil, le sept des ides de septembre de l'an m de 
son pontificat, un curieux détail, c'est l'autorisation donnée 
au doyen de célébrer pontificalement la messe, les quatre fêtes 
annuelles, toutes les fêtes de la Vierge, les jours de saint 
Pierre, de saint Joseph, delà Fête-Dieu avec mitre, anneau et 
crosse, de donner la bénédiction solennelle au peuple, etc. 
Sauf, peut-être Bilhonis, aucun doyen ne semble avoir usé de 
cette prérogative. 

D'après la teneur de la bulle d'institution, les chanoines 
étaient tenus de résider et de réciter publiquement toutes les 
heures de l'office; le seigneur du lieu pouvant néanmoins di- 
minuer le service suivant les nécessités du temps. Aujour- 
d'hui, faute de ressources suffisantes, les chanoines ne résident 
pas à Pujols. Ils y vont par tour de semaine dire une messe 
basse tous les jours de férié et tous ensemble ils y vont dire 
les dimanches et les fêtes les petites heures de l'office et 
chanter la messe et les vêpres. 11 y a pour cela 200 livres qui 
doivent se distribuer aux présents. Ils n'y disent matines que 
la nuit de Noël. Le service est fait tant bien que mal par les 
curés de Saint-Nicolas et de Sainte-Foy de Pujols. Le pa- 
tronage est partagé par Jean Joseph de Fumel, baron de 
Tombebout et Joseph de Gombaut, baron de Razac et de 
Pujols qui nomment à Lalternatif. Ce Chapitre est reconnu 
comme un collège séculier dans tout le diocèse et dans le 
synode diocésain il prend rang après le Chapitre Saint- 
Caprais. 

Il y avait sur le territoire de Saint-Pierre de Monestiers 
une chapelle dite de la Maladrerie, dont il reste encore quel- 



— ÎOI — 



ques ruines. Dans son verbal de visite (1668), Claude Jolv. 
dit de cette chapelle: « Elle est située sur le chemin de 
Villeneuve ta Pujols. Les murailles sont de leur hauteur ordi- 
naire des deux côtés et derrière l'autel en bas, elles sont à 
hauteur de deux pieds. Elle est découverte, pleine de ronces 
et d'herbes et ouverte. La maison joignante pour les malades 
contient quatre chambres. Elle renferme douze malades. 
C'est le seigneur de Pujols qui l'a fondée. Le curé de Saint- 
Etienne administre les sacrements aux malades et v vient en 
procession le jour de Pâques et le mardi des Rogations. 11 y 
a un ciinctière pour les malades et quinze ou seize cartonnais 
de terre, vigne ou jardin, d Le prélat ordonna la réparation 
de l'église. Elle n'a pas été réparée, les biens ont été depuis 
unis à l'hôpital de Villeneuve. Le curé de Saint-Etienne, il est 
vrai, y vient toujours dire les complies le soir de Pâques et y 
faire une station le mardi des Rogations. C'est tout ce qu'il 
en reste. 

Un grand n( mbre d'habitants et surtout les principaux 
avaient embrassé la Réforme au xvi'' siècle. Leur temple 
avait été une première fois démoli vers le milieu du xvii" siè- 
cle par un arrêt du Conseil parce qu'il était trop rapproché 
de l'église. Celui qu'ils rebâtirent fut à son tour abattu en 
1685. au moment de la révocation de fédit de Nantes. 

A Saint-Pierre de Monestiers, les deux Chapiiresd'Agense 
partageaient autrefois les trois quarts de la grosse dîme et 
laissaient l'autre quart au curé avec les menus grains et le 
carnelage. Aujourd'hui ils se partagent la dîme entière et don- 
nent au Luré 20 pistoles et dix sacs de blé. A Saint-Nicolas 
l'abbé d'Eysses prend un quart et demi de la grosse dîme, les 
seigneurs de Pujols et de Tombebout, conseigneurs un quart 
et demi à titre d'inféodaiion, le curé le quart restant avec la 
dîme verte et menue, le carnelage et 1 5 pistoles de supplé- 
ment données par l'abbé d'Eysses. La part du curé ne dé- 
passe guère le chiffre de la portion congrue. 



^ o; 



C'est l'Evêque qui nomme au bénéfice au moins depuis 
i^io. A une époque reculée les deux paroisses de Saint- 
Nicolas et de Notre-Dame de Bias ne faisaient qu'une seule 
correctorie à laquelle l'Evêque et l'abbé d'Eysses nommaient 
alternativement. Il en était encore ainsi en 1419. 

La paroisse de Saint-Nicolas qui comprend à peu près la 
moitié de la ville de Pujols compte environ cent communiants. 
Celle de Monestiers peut en avoir soixante, qui se trouvant 
aux portes de Villeneuve ne fréquentent guère l'église de 
Pujols. Le curé est tenu à toutes les fonctions curiales. Le 
dimanche la messe paroissiale se dit à l'autel de Saint-Nico- 
las, le soir il y a les vêpres capitulaires. Les prônes se font à 
l'alternative dans les deux églises de Saint-Nicolas et de 
Sainte-Foy. Les dominicales de l'avent et du carême sont 
prêchées également à l'alternative dans les deux églises par 
un prédicateur spécial. Il y a un régenta 100 livres de gage, 
soldé par la communauté et approuvé par l'Evêque. L'église 
de Saint-Nicolas possède deux riches reliquaires, l'un, pro- 
venant de l'église de Monestiers, contenant des reliques de 
saint Pierre, saint Loup, saint Martial et saint Martin, l'autre 
renfermant des reliques de saint Nicolas, saint Fabien, 
sainte Quitterie, sainte Radegonde, saint Vincent, saint Rémy 
et saint Antoine. Le titulaire actuel est Jean Lacroze de So- 
lière, qui ne prêtera pas le serment, subira la déportation et 
mourra en exil. 



SAINT-PIERRE DE CASSIGNAS 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Opère. 
L'église a trente-cinq pas de long et quinze de large. Le 
sanctuaire est voûté. II y a un clocher. 



)0; 



La dîme Jii blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au douzième. Le seigneur de Frcspech prend les trois 
quarts de la grosse dîme à titre d'infèodation, le curé l'autre 
quart et tous les menus grains. Il y a quatre ou cinq carton- 
nats de gleysage en vigne et terre labourable dont le curé 
jouit, il y a encore deux carlonnats de terre labourable dont 
la moitié du revenu est alîectée à l'entretien de l'église. L'au- 
tre moitié revient au curé à la charge d'une messe par an. La 
part de celui-ci est évaluée officiellement à 650 livres. 11 y a 
un presbytère. 

L'évèquc nomme au bénéfice. 

On compte deux cent trente communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est François Del- 
bès. futur assermenté et abdicataire qui sera nommé à Saint- 
Martin, canton de Beauville, après le Concordat. 



S.AINT-PIERRE DE CAZENEUVE 



Cette paroisse est placée par Valéri dans l'archiprôtré Je 
Opère. 

L'église (') est située au centre de la paroisse avec trois 
maisons auprès. Elle a treize cannes de long sur un peu plus 
de trois de large. Le sanctuaire est voûté ainsi que le com- 
mencement de la nef. Deux chapelles ajoutées au xvi*' siècle 
donnent à l'édifice la forme d'une croix. Celle du côté de 
l'Epîire est voûtée et dédiée à Notre-Dame; elle appartient 
au seigneur de Tombebout. L'autre en face est seulement 
lambrissée, elle est dédiée à saint Clair et appartient à la 
famille de Castelgaillard. Le clocher est un joli pavillon carré, 
voûté et recouvert de tuiles-crochet. 



(1} Cette église est dédiée à saint Pierre ès-liens. 



- io4 — 



La dîme du blé se paie au dixième, du vin au vingtième, pris 
dans la vigne, des menus grains au quatorzième. Ancienne- 
ment le Chapitre Saint-Caprais prenait les trois quarts du blé 
et tout le vin. Il ne prend plus aujourd'hui que la moitié de 
toute la dîme hormis le carnelage qui appartient au curé. 
Celui-ci prend la moitié restante qui doit lui servir de pension 
congrue et l'indemniser de ses novales. 11 y a un presbytère. 

Le bénéfice est de la nomination du Chapitre Saint-Caprais. 

Il y a deux cents communiants répartis en cinq hameaux. 
Le curé est tenu à toutes les fonctions curiales requises de 
droit. Un curé a laissé pour les pauvres de la paroisse vingt 
carionnats de terre et pour les orphelins 400 livres. Le titu- 
laire actuel est Jean-Baptiste Descamps qui refusera le ser- 
ment et subira la déportation. Son grand âge l'empêchera de 
reprendre du service après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE COLLONGUES 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Opère. 

L'église est longue de dix-huit pas, large de huit. Le choeur 
est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Il y a un clocher. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au douzième. Quand les offices claustraux de l'abbaye 
d'Eysses avaient des titulaires particuliers, l'aumônier de cette 
abbaye prenait les trois quarts du blé et le camérier la moitié 
du vin. Le reste était au recteur. Lorsque l'abbaye passa aux 
bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, ces religieux 
possédèrent par indivis les mêmes droits. Le curé ayant opté 
pour la portion congrue en 1708, ils prennent depuis lors toute 
la dîme. Il y a un presbytère attenant à l'église et dix carton- 
nais et demi de gleysage en vigne et terre labourable. 



— ]o', — 

Labbc d'Eysses nomme au bénéfice. 

On compte cent quatre-vingts communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le patron de la paroisse est saint 
Pierre ès-liens. Le titulaire actuel est Jean Paillé, futur asser- 
menté et abdicataire, qui se mariera civilement en l'an m. 



SAINT-PIERRE DE COURBIAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archipretré de Fume!. 

L'église est du xi" siècle ''). Elle est longue de trente pas, 
larçe de huit. Le sanctuaire et le tiers de la nef sont voûtés. 
Une partie des voûtes est de 1406. Le clocher-arcades est 
au-dessus du sanctuaire. 

11 y a à quelques pas de l'église une chapelle très ancienne, 
dédiée à Notre-Dame, longue de dix pas, large de six, ni 
voûtée, ni lambrissée. Le mur du bas qui longe le chemin 
public est à hauteur d'appui et surmonté d'une balustrade à 
jour. Il est d'usage de dire la messe dans cet oratoire le jour 
de la Purification. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au vingtième, 
des menus grains au douzième. L'abbé d'Eysses prend les 
trois quarts du blé et tout le vin à la réserve de trois barri- 
ques qu'il abandonne au curé. Celui-ci prend le quart du blé, 
tous les menus grains et le carnelage. Il y a un cartonnât de 
gleysage en jardin et un boisselat en terre labourable dont le 
curé a la jouissance. M. de Sangruères laissa, le 23 avril 
167 1, pour une fondation, une vigne de cinq cartonnats. Le 
presbytère est attenant à l'église. 

L'abbé d'Eysses nomme au bénéfice. 



(1] G. Tholin, op. cit< 

2g 



— îo6 — - 

On compte deux cent cinquante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. L'église possède plusieurs re- 
liquaires contenant une cinquantaine de reliques, notamment 
du bois de la vraie Croix, de la tunique de Notre-Seigneur, 
etc.. La confrérie de Saint-Pierre y est établie de temps 
immémorial. Interrompue cà cause des guerres civiles et de la 
peste qui ruinèrent et dépeuplèrent la paroisse, elle a repris 
en 1658. Le titulaire actuel est Jean Fauché qui refusera le 
serment, subira la déportation et sera maintenu à son poste 
après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE MASSOULES 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Opère. 

L'église est du xii® siècle ('). Elle a trente pas de long sur 
dix de large. Le chœur est voûté. Du côté de l'Epître il y a 
une chapelle voûtée du xv^ siècle autrefois dédiée à saint 
Antoine, aujourd'hui aux Grandeurs de Jésus. Le clocher est 
une tour carrée. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au treizième, des 
menus grains au quinzième. Le Chapitre Saint- Caprais prend 
les trois quarts des gros grains, le curé l'autre quart avec tout 
le vin, les menus grains et quatorze sacs de blé par préciput 
pour ses novales. Ce dernier possède en outre un gleysage de 
cinq cartonnats en terre labourable, et six cartonnats, appelés 
aussi le gleysage, lui font 2 sols de rente. Il habite une mai- 
son qui a été donnée avec un jardin aux curés de la paroisse, 
à la charge de douze messes par an. L'ancien presbytère est 
démoli. La valeur du bénéfice ne dépasse guère le chiffre de 
la portion congrue. 

[1, G, Tholin, op. cit. 



— 307 — 

La nomination est au Chapitre Saint-Caprais. 

On compte deux cents communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Cayrou 
qui mourra l'année courante. Il sera remplacé par Jean Méral 
qui sera presque aussitôt nommé à Saini-Picrrc de Trémons. 



SAINT-PIERRE DE NOAILLAC 



Cette paroisse faisait partie de l'archiprétré de Opcre, 
d'après l'appeau synodal de 1593. 

L'église est longue de trente pas, large de dix, elle n'est 
pas lambrissée. Il y a un clocher. 

L'Evoque prend toute la dîme. Depuis 1660, le curé est 
réduit à la portion congrue. Il y a deux cartonnais de terre 
de gleysage et un presbytère. 

L'Evêque confère le bénéfice p/cno jure. 
, On compte deux cents âmes dont cent vingt communiants, 
presque tous pauvres. La paroisse ne contient que cent qua- 
rante sesterées de terre dont les deux tiers sont incultes. Le 
curé est tenu à toutes les fonctions curiales. Le titulaire ac- 
tuel est Raymond Presseq, bon ecclésiastique et mauvais 
poète, qui prêtera le serment, abdiquera, se rétractera et sera 
maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DU PORT DE PENNE 
ET SON ANNEXE : SAINT-MARCEL 



Le pouillé de Valéri porte : In ùrchiprcsbykrciiu de Opère : 
Rector Sancti Pétri Portus Penne et Béate Marie de Petra 



— îo^: — 



aciifa. Saint-Marcel faisait une rectorie indépendante dans 
l'archiprêtrê de Fumel. 

La chapelle publique de Notre-Dame de Peyragude que 
Ton qualifiait autrefois d'annexé, est de la plus haute antiquité. 
Il n'est pas téméraire de penser qu'elle date de la conversion 
du pays au Christianisme ('). Située à deux cents pas de la 
ville de Penne, près du château-fort, elle en a partagé les 
vicissitudes et a été démolie plusieurs fois. Elle a toujours été 
relevée par la piété des habitants et la reconnaissance des 
pèlerins. La dernière fois qu'elle fut détruite ce fut pendant 
les guerres de religion. Nicolas de Villars, qui lavisitaen 1 592, 
dit dans ses Mémoires : « L'église témoigne par ses grandes 
ruines et situation avoir été un lieu de grande dévotion, mais 
irréparable. Les tombeaux de la famille de Lustrac y étaient 
dans une chapelle. Il y avait un grand escalier de pierre de 
trente ou quarante marches au dessous du château de Penne. » 
En 1632, les ruines mêmes avaient disparu et il ne restait que 
l'emplacement. On commença à rebâtir en 1653, par suite 



(1) M. de Gourgues, étudiant les influences religieuses qui ont présidée réreclioh 
de quelques églises primitives dans le Périgord, dit que, selon toute apparence, les 
croyances antiques de la Gaule avaient encore toute leur force à l'apparition de la 
foi chrétienne. (La religion gauloise ne disparut complètement de nos contrées qu'au 
vu* siècle). En etîet, le nom de pierre, emblème de croyances, objet de la vénération 
populaire chez les Celles, se trouve dans le Périgord sous le nom de la Peyre, dans 
la majesté de son nom seul, puis avec les nombreuses variétés de Peyre Levade, 
Peyre longtie, Peyre brune, etc.... Or", dans la proximité des lieux ainsi dénommés, 
un autre lieu porte le nom d'un saint. Cet étrange voisinage étant souvent répété, 
il est impossible qu'il n'y en ait pas de raison profonde. On sait que la foi nouvelle 
a pris racine dans l'esprit des peuples par la douceur, sanctifiant sans détruire les 
objets de la vénération publique, amenant les hommes par une diversion sainte, 
plutôt à mettre en oubli leurs habitudes qu'à les rompre brusquement. Ces noms 
d'origine contraire ne seraient-ils pas les vestiges de l'œuvre accomplie par les pre- 
miers missionnaires? Ils élevaient près des hautes pierres quelqu'oratoire sous l'in- 
vocation d'un saint vénéré ; le peuple n'était pas détourné de la route de l'antique 
superstition, mais il y trouvait une croix, s'y agenouillait et devenait ainsi chrétien. 
(Vicomte de Gourgues : Noms anciens de lieux du département de Dordogne, pp. 27 
et 28', Ce que M. le vicomte de Gourgues, ajoute M. Julien Massip, à qui cette cita- 
tion est empruntée, dit en parlant du Périgord, peut s'appliquer à notre région qui 
â eu avec ce pays tant d'affinités et de rapports. 



— ;oo — 

d'un vœu que firent les habitants de Penne, pour obtenir la 
cessation de la peste. Les travaux continuèrent les années 
suivantes avec les aumônes des fidèles et tout était à peu près 
terminé en 1668. L'édifice a vingt-cinq pas de long sur dix de 
large. 11 y a de chaque côté une grande chapelle. Le chœur 
est tapissé d\\v-rofo : vêtements d'enfants, jambes de cire, bé- 
quilles, etc. Avant la Réforme de nombreux biens, sous le titre 
de Chapellenies, étaient attachés à cette chapelle qui se trouvait 
ainsi desservie par plusieurs prêtres chapelains. On a bien 
essayé de faire revivre mais en vain quelques-unes de ces fon- 
dations: Notre-Dame de Pitié, de Lafaurie, de Saint-Jean-Bap- 
tiste de Mansac, de Pessussan et de Solasc. Une seule a sur- 
vécu jusqu'à nous,c'est la chapellenie de Laygueviesde Negré 
dont les biens consistent en vingt-deux cartonnats de terre 
labourable et qui a pour titulaire Guillaume Durrens, prêtre 
du diocèse, incorporé à celui de Toulouse. Le curé se dit 
premier chapelain sans avoir d'ailleurs d'autre titre que sa 
cure. Avec son agrément les curés circonvoisins administrent 
dans cette chapelle les sacrements de Pénitence et d'Eu- 
charistie, y disent des messes de dévotion suivant la dévotion 
dès fidèles, principalement les fêtes de la Sainte Vierge et 
surtout celle de l'Assomption. Il y a ce jour là une indulgence 
plénière qui a été publiée le 3 juillet 1662 ('). 

L'église de la matrice '■-) est longue de trente pas, large de 



(i)Voir sur Notre-Dame de Peyragude diverses notices de M. le chanoine 
Delrieu. 

(2) Cette église aussi fut profanée pendant les guerres de religion. Voici ce qu'é- 
crivait en r592 Nicolas de Villars dans ses Mémoires ; » L'église sert de fort, il y a 
un capitaine qui y commande. Elle est pleine de hacdes et même de bétail. A quoi 
la nécessité a servi d'excuse lorsque je m'en suis voulu plaindre, néanmoins j'en fis 
sortir le bétail et ordonné que certain détroit prés de l'autel serait vide de toutes 
hardes et tenu plus décemment et qu'on n'y coucherait plus les femmes et aussy per- 
mis d'y célébrer étant lad. église couverte et voûtée et fort ancienne. — Il y a tout 
joignant un petit champ qu'on appelle VEpescat. On m'a assuré qu'il y avait eu autre- 
fois du bâtiment fait par quelque évèque qui étant de ce lieu natif s'y plaisait et est 
à présumer qu'il fut enterré aux Cordeliers de Penne) où les huguenots retrouvè- 
rent un évèque sous terre, revêtu d'habits pontiiicau-x. 



— ;io — 



neuf. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Il y 
a deux chapelles et un clocher. L'ensemble de rédifice menace 
ruine. 

Celle de l'annexe est longue de quatorze pas, large de 
douze. Elle n'est pas lambrissée. Du côté de l'Epîire une 
chapelle voûtée sert de sacristie. Il y a un clocher, 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains abusivement à discrétion. Le curé prend toute la dîme. 
Il y a à Saint-Marcel un tènement, appelé le gleysage, qui fait 
rente au curé de dix ou onze cartons de blé ou de seisrle. Il 

o 

y a un presbytère dans les deux paroisses. Le bénéfice vaut 
2.000 livres. 

L'Evêque a la nomination. 

On compte quatre cents communiants à la matrice, deux 
cent quarante à l'annexe. Celle-ci est desservie par un vicaire, 
celle-là par le curé. Le patron de la première est saint Pierre 
ès-liens, celui de la seconde saint Marcel, pape et martyr. Le 
titulaire actuel est Jean Castex, futur assermenté, qui se ré- 
tractera de bonne heure et sera maintenu à son poste après le 
Concordat. 



SAINT-PIERRE DE SAREDE OU NOTRE-DAME 

D'HAUTEFAGE 

ET SES ANNEXES : SAINT-M ARTI N]D'AU RADOU 

etSAINTE-RADEGONDE DE^PÉPINÈS 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archipresbyteratu de 
Opère : Rector de Oratorio de Sarreda de Manhaval, de BonsoUe^ 
Sancte Radegundis et de Podio Pinesio. « Hautefage dit La- 
bénazie, qui était autrefois une dévotion de Notre-Dame dans 
le diocèse d'Agen, fut bâti à cause du concours des pèlerins 



— ; I I — 



et par les aumônes qu'ils y faisaient. De Là vient qu'Hautefage 
est devenu un fief ecclésiastique et que le curé est seigneur 
du village de ce nom». 

L'église de Notre-Dame où était établie celle dévotion, 
dont parle Labénazic, n'appartient cependant par son style 
qu'à la fin du xv* siècle ('). Elle a dû remplacer un monument 
plus ancien. Elle est longue de trente-cinq pas, large de 
douze et entièrement voûtée. Le maîtrc-autel a été consacré 
par Nicolas de Villars, le 15 août i^yH. Au-dessus est l'image 
vénérée de Notre-Dame. Le sanctuaire est élevé de plusieurs 
marches au-dessus de la nef. Au bas de la dernière marche 
sous une petite voûte se trouve la fontaine miraculeuse '••', dont 
les eaux s'écoulant par un canal au-dessous de Téglise, vont 
se perdre dans le cimetière. Dans la nef du c6té de l'Epître 
s'ouvre une chapelle voûtée dédiée à saint Eloi. A six pas de 
l'église s'élève une grande et belle tour qui sert de clocher. 
« Elle est de forme hexagone et flanquée d'une tour circu- 
laire à l'un de ses angles ' ». Commencée par Léonard de 
La Rovére, elle a été continuée par Antoine, son neveu, et 
son successeur. Ces prélats ayant encouru le reproche de 
l'Ecriture: Qui cœpit aedificare et non potuit consummare, 
elle est restée inachevée mais n'en reste pas moins un des 
plus beaux monuments du diocèse. Depuis au moins deux 
-iècles le service paroissial est transféré dans cette église. 

A quatre pas au-dessous se trouve l'ancienne église ma- 
trice et paroissiale: Saint-Pierre de Sarède. Elle est longue 
de vingt pas, large de huit, le chœur est voûté, la nef n'est 
pas lambrissée. Profanée pendant les troubles du xvi^ siècle, 
elle servit même, pendant quelque temps, pour le prêche des 
huguenots. Très humide à cause de sa position en contre-bas, 
trop petite d'ailleurs pour la population, elle est depuis aban- 



(1) G. Tholin, op. cil. 

(2) Qui habitare facit. ut aiunt, sleiiicin in domo, matrem filiorum Iselantem. 
(5) G. Tholin, op. cil. 



donnée en faveur de rêglise votive de Noire-Dame, plus 
saine, plus spacieuse et plus belle, 11 est d'usage cependant 
d'y dire la messe paroissiale les jours de saint Pierre, de 
saint Barthélémy et de saint Roch et d'y chanter les vêpres 
des morts aux quatre fêtes annuelles. 

L'église de Saint-Martin d'Auradou a vingt pas de long 
sur huit de large. Elle n'est pas lambrissée. Du côté de 
l'Evanc-ile il y a une grande chapelle voûtée, dédiée à Notre- 
Dame, qui menace ruine. Le clocher-arcade sest au-dessus de 
de la porte d'entrée. 

Celle de Sainte-Radegonde de Pépinès a dix-huit pas de 
long sur sept de large. Du côté de l'Evangile il y a une cha- 
pelle dédiée à saint Jean. Au-dessus s'élève le clocher-arca- 
des. 

La dîme du blé dans les trois paroisses se paie au dixième, 
du vin et des menus grains abusivement à discrétion. L'Evè- 
que prend des gros grains de huit parts les trois et la 
moitié du vin; le curé l'autre moitié du vin, les cinq parts 
restantes des gros grains et tous les menus. A Hautefage le 
curé a une rente de cent paires de poules et la jouissance 
d'un gleysage de huit ou neuf cartonnais en terre laboura- 
ble ; à Auradou une rente de quatre ou cinq sacs de blé et de 
sept ou huit paires de poules et la jouissance de trois carton- 
nats en pré ; à Pépinés, la jouissance de sept carterées en pré 
ou terre labourable. 11 y avait un presbytère dans les trois pa- 
roisses, celui de Pépinés est démoli, celui d'Auradou est in- 
habitable. Le bénéfice est évalué à 2,^00 livres. 

C'est l'Evêque qui a la nomination. 

On compte cinq cents communiants à Hautefage, quatre 
cent cinquante à Auradou et cinquante à Pépinès. La matrice 
est desservie par un curé et un vicaire. En outre du service, 
ordinaire, on chante les vêpres et lescomplies tous les same- 
dis dans l'église de Notre-Dame. Pour cela, le curé prend 
seul la dîme en un hameau appelé Miles (.^) Dans la même 



— ; M — 

église, à Taiitcl saint Eloi, il y a une chapellenie fondée qui 
s'appelle de Labaïut. Une métairie consistant en maison, 
terre, vigne et pré est attachée à cette fondation qui est du 
patronage laïque de la famille de Feydit et qui a pour titu- 
laire Jean-Baptiste Falquc. Le service consiste en une messe 
le lundi et le samedi de chaque semaine. Il y a un vicaire ré- 
sident à Auradou où il fait toutes les fonctions curiales. Le 
vicaire d'Hautefage va tous les dimanches dire la messe cà 
Pépinés, Le titulaire actuel est Bernard Roux qui prêtera le 
serment constitutionnel, le rétractera de très bonne heure, su- 
bira la déportation et sera nommé curé de Saint-Jean de 
Thurac et presque aussitôt de Bon -Encontre après le Con- 
cordat. 



SAINT-PIERRE DE SOUBIROUS 
ET SON ANNEXE : NOTRE-DAME DE MAZERAC 



Dans le pouillé de Valéri ces deux paroisses forment deux 
rectories distinctes de l'archiprètré de Montaud. Dans la pre- 
mière moitié du xvu* siècle, Mazerac était considéré comme 
a matrice et appartenait cà l'archiprètré de Monclar. Le rec- 
teur y résidait. 

L'église de Soubirous a vingt pas de long sur huit de large. 
Celle de Mazerac a les mêmes dimensions, elle est en partie 
voûtée. 

Dans les deux paroisses, la dîme du blé se paie au dixième, 
du vin et des menus grains abusivement à discrétion. Il y a à 
Soubirous un gleysage de huit cartonnats, et un autre à Ma- 
îerac de trois cartonnats. Il n'y a pas de presbytère à Soubi- 
"Ous, on vient d'en construire un à Mazerac. Le curé prenait 
lutrefois le quart, puis le tiers de la dîme. Il est aujourd'hui 
\ la portion congrue, et l'abbé d'Eysses çst seul décimateur. 



- '14 — 

Le bénéfice est à la nomination de l'abbé d'Eysses. 
On compte cent vingt communiants à la matrice et quatre- 
vin£ît-dix à l'annexe. Le curé dit la messe tous les dimanches 

O 

et fêtes dans les deux paroisses. Les vêpres ne se chantent 
à l'annexe qu'aux fêtes annuelles et le jour du patron. La 
fête de Soubirous est Saint-Pierre ès-liens, celle de Mazerac, 
Notre-Dame de Septembre. Il devrait y avoir un vicaire pour 
l'annexe. Le titulaire actuel est Pierre Labié, futur assermenté 
et abdicataire, constitutionnel persévérant qui sera maintenu 
à son poste après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE TREMONS 
ET SON ANNEXE : SAI NTE-QU ITTERI E DE MONDOULENS 



Dans le pouillé de Valéri, ces deux paroisses forment deux 
rectories séparées de l'archiprêtré de Opère. Le recteur a le 
titre de prieur-curé. Depuis longtemps la fête de Saint-Pierre 
passait inaperçue, tandis que celle de Saint-Jean était célé- 
brée avec la plus grande solennité. Voilà pourquoi, sans doute, 
saint Jean est aujourd'hui reconnu, même officiellement, 
comme patron de la paroisse de Trémons. 

L'église de la matrice est longue de trente pas sur huit de 
large. Le choeur est voûté. Celle de l'annexe a quinze pas de 
long sur sept de large. Elle n'est pas lambrissée. 

Dans les deux paroisses, la dîme du vin se paie au dixième, 
du vin au seizième. Le curé prend toute la dîme à la matrice. 
Le patrimoine de l'église était autrefois fort riche. Il a été en 
partie usurpé pendant les troubles religieux du xvi° siècle. If 
reste encore avec le presbytère quatre carterées de gleysage 
en terre labourable, pré et vigne, et six sols de rente sur les 
terres et maisons qui avoisinçpt l'église du côté du midi. A 



l'annexe, le prieur de Monsempron prenait jadis la moitié de 
la dîme, il n'en prend aujourd'hui que les deux cinquièmes. 
Les deux autres cinquièmes et toute la dîme verte reviennent 
au curé. Le presbytère est depuis longtemps démoli. Le bé- 
néfice vaut officiellement 1,700 livres. 

C'est l'Evoque qui a la nomination. 

On compte deux cent quatre-vingts communiants à la ma- 
trice et cent trente à l'annexe. Le prieur-curé dessert Tré- 
mons, et un vicaire va dire la messe tous les dimanches à 
Mondoulens, et les vêpres de quinze en quinze jours. Le titu- 
laire actuel est Bernard Trenty, qui résignera sa cure en 1790 
à Jean- Baptiste Méral, son vicaire. Ce dernier, futur asser- 
menté et abdicataire, se rétractera de bonne heure et sera 
maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINTE-QUITTERIE DE FRESPECH 
ET SON ANNiixii: SAINT-PIERRE DE MASSE ILS 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archiprcsbytciwtu de 
Opcrc : Prior de Marseiihs. Rcctor ejusdcm, Rccfor Sanc/c- 
Quifcric. Dans son verbal de visite le même Valéri écrit : 
Saint-Pierre de Tonnailhs, alias Sainte-Quifferie. Faut-il croire 
que Sainte-Quitterie. autrefois Trilhes, ait été le siège d'un 
établissement de Templiers \' r Le prieuré de Masseils est 
uni à l'abbaye de Moissac. 

L'église de la matrice est du xir siècle (2). Elle a vingt-cinq 
pas de long sur huit de large. Le sanctuaire est voûté en ber- 
ceau brisé, la nef n'est pas lambrissée. Il y a du côté de 



(1) C'est l'opinion de M. Cassany de Mazet. 

(2) G. Tholin, op. cit, 



— ;io — 



l'Epître une chapelle voûtée dédiée à Notre-Dame. Une 
çhapellenie fondée par un ancien curé nommé Marchet y est 
attachée. Le curé est patron de ce bénéfice qui oblige à une 
messe le lundi et le samedi de chaque semaine ('). Le titu- 
laire actuel s'appelle Jean Bournac. 

L'église de l'annexe est longue de vingt pas, large de huit. 
Le sanctuaire est voûté. 11 y a un clocher. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
du millet et du vin au vingtième. Les menus grains ne sont 
pas sujets à la dîme. Il y a deux quartiers, l'un à la matrice 
appelé Maraval, l'autre à l'annexe appelé Dondas où la dîme 
du blé ne se paie qu'au onzième. Le curé est seul décimateur 
à Sainte-Quitterie, et partage toute la dîme à Masseils avec 
le Chapitre de Moissac après avoir prélevé huit sacs sur la 
pile commune pour ses novales. Il y a près de l'église de 
Frespech un gleysage d'une carterée en terre, bois et vigne 
dont le curé jouit. Le presbytère est depuis longtemps dé- 
moli. Le bénéfice vaut au moins 1,200 livres. 

L'évêque y nomme. 

On compte cent communiants à la matrice et quatre-vingt- 
dix à l'annexe. Le curé est tenu à toutes les fonctions curiales. 
Il y a un vicaire qui dit la messe à l'annexe tous les diman- 
ches et fêtes et qui y chante les vêpres et donne la bénédic- 
tion tous les quatrièmes dimanches du mois. La Confrérie du 
Saint-Sacrement est établie à Sainte-Quitterie. Le titulaire 
actuel est Jean Bonel, futur assermenté qui mourra pendant 
la Révolution. 



(1) Il est déjà mentionné dans les Mémoires de Nicolas de Viliars. Ses biens con- 
sistaient en une maison située à Frespech et douze cartonnatsen pré et terre labou- 
rable. Il portail le nom de Bourbon ou de Marchet. 



— 517 — 



SAINTE-RADEGONDE D'OGNAC 



Celte paroisse est placée par Valéri dans l'arclilprôlré de 
Fumel. 

L'église est longue de vingt pas, large de dix. Le chœur 
est voûté, la nel n'est pas lambrissée. Le clocher-arcades est 
au-dessus de la porte d'entrée. 

Autrefois l'abbé d'Eysses prenait les trois quarts du blé, il 
ne prend aujourd'hui que la moitié des gros et menus grains, 
l'autre moitié étant pour le curé. Celui-ci et les religieux 
d'Eysses se partagent le vin. Le curé jouit en outre d'un gley- 
sage de liuit cartonnais situé près de l'église. Le presbytère 
est depuis longtemps démoli. La valeur du bénéfice atteint à 
peine le chilTre de la portion congrue. 
La nomination est à l'abbé d'Eysses. 

On compte cent quarante communiants auxquels le curé 

doit le service ordinaire. La confrérie de Saint-Eutrope est 

établie dans celle église. Une chapellenie dite Gontié ou 

3uillcm d'Aribatya été fondée au xvi'' siècle par un prêtre 

e ce nom, ancien curé de la paroisse. Ses biens consistent 

n une maison sise à Villeneuve, rue Bergogne, en un pré de 

inq cartonnais sur les bords de la Léde et un champ de 

eux carionnats situé dans la présente paroisse. Le service 

st d'une messe par semaine ; le collateur. l'évèque et le tiiu- 

aire, Pierre-Joseph Forestié. On fête la patronne sainte 

ladegonde et aussi saint Laurent avec beaucoup de solen- 

ilé. Le titulaire actuel est Bernard Buisson, futur assermenté 

ui mourra pendant la Révolution. 






-. :;iB — 

SAINT-SERNIN D'EYSSES 

ET SES annexes: saint-pierre DE LAMOTHE-FEY 

ET SAINTE-CATHERINE DE VILLENEUVE 



Le pouillé de Valéri porte : In archipresbyteraiu Montal- 
densi : Recfor Exicnsis Vilianovc.Sancfc-Catharinc et de Moule 

Faieto. 

L'église d^Eysses est longue de trente-quatre pas, large 
de douze. Le chœur est voûté, la nef n'est pas lambrissée. 
Ilyaun clocher. En 1668, Claude Joly écrivait dans son 
verbal de visite : « 11 y a sur cette paroisse une chapelle dite 
de l'Enseigne autrement de Saint-Aignan, distante de cinq 
cents pas de Villeneuve. Il paraît par les fondements qu'elle 
a été plus longue de dix à douze pas. Il ne reste que le chœur 
voûté, soutenu d'une arcade de pierre sur laquelle est un 
clocher à trois ouvertures. Le mardi des Rogations, le curé 
de Sainte Catherine ou de Saint-Sernin part de Sainte-Cathe- 
rine avec le peuple processionnellement et y vient dire la 
messe. Il y a un cimetière ». En 1734 rien n'avait encore 
changé, mais aujourd'hui il ne reste qu'une masure avec un 
cartonnât de terre. Il est de fait qu'on trouve \.w\e paroisse de 
ce nom parmi celles qui composèrent à l'origine la juridiction 
de Villeneuve ('). 

Dans les trois paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
du vin et des menus grains à discrétion. Les bénédictins d'Eys- 
ses prennent les trois quarts de la dîme, le curé a l'autre quart. 
La dîme verte toute entière est aux religieux. Le curé qui 
s'était réduit à la portion congrue est redevenu depuis quel- 
que temps part prenant. 



(1) Voir: Histoire de VillCnCuuC-sur-Lot, par Fcrnand Cassany de Mazet. 



Le bénéfice est évalué officiellement à 910 livres, et il est, 
malgré quelque prétention do l'Evéque. à la nomination de 
labbé d'Eysses. 

il y a présentement douze cents communiants dans cette 
paroisse qui en comptait à peine quatre cents en 1668 et 
deux cents en 1659 ('. Un vicaire de Sainte-Catherine y vient 
dire la messe tous les dimanches et fêtes. Les vêpres ne s'y 
chantent que la veille et le jour du patron. Il est vrai que les 
paroissiens ont la ressource d'assister aux offices dans l'église 
voisine des Bénédictins. Une confrérie de Saint-Sernin est 
établie dans l'église paroissiale. 

L'antique abbaye de Saint-Gervais et de Saint-Protais 
d'Eysses est à quelques pas. « Sa situation, dit son histo- 
rien '^'\ est où était anciennement VExcisum de l'Itinéraire 
d'Antonin, à présent Eysses, à un quart de lieue de Villeneuve 
d'Agenais, où le peî.:ple s'est retiré depuis qu'on l'a bâtie, à 
l'occasion des guerres et de la commodité de la rivière, en 
une grande, belle et fertile plaine, qui commence trois lieues 
au-dessus du monastère, du côté du levant, et continue cinq 
grandes lieues au-dessous, tirant vers le couchant, ayant pres- 
que partout une grande demi-lieue de largeur, étant bornée 
des deux côtés et de bout en bout de fort belles et hautes 
collines couvertes presque toutes de beaux vignobles, le sur- 
plus étant cultivé et propre à produire toutes sortes de grains 
et de fruits, ayant au milieu la rivière du Lot, en latin Ol/us, 
qui, prenant sa source en Gévaudan, au diocèse de Mende, 
traversant le Rouergue et le Quercy, se rend à Villeneuve où 
elle commence à porter bateau, et suivant la plaine va se 
joindre à la rivière de Garonne une lieue au-dessous de Clai- 
rac, proche de la ville et duché d'Aiguillon. Le monastère a 



(i] Comme toutes les paroisses voisines, Saint-Sernin d'Eysses dut être cruelle- 
ment décimé par la peste de 165;. 

(a; Mémoire pour l'histoire de l'abbaye lès Villeneuve d'Agenais, publié par 
A, de Lanienay, dans la Revue de l'Agcnais, tome xix, 1893, 



^ ;2o — 



une très belle vue et très agréable aspect sur toute la largeur 
de ladite plaine et sur une grande étendue de longueur et 
presque sur toutes les collines ». 

« Il n'y a rien de certain, dit l'abbé du Tems, sur l'époque 
de l'établissement de cette abbaye. Les uns disent qu'un 
comte appelé Seguin, la fonda dans le iv* siècle, par ordre 
du pape Sylvestre, en expiation de la mort de son fils qu'il 
avait tué en chassant. D'autres en attribuent l'origine à Char- 
lemagne. Le premier sentiment n'est appuyé que sur la tradi- 
tion populaire. Le second manque de vraisemblance, puisque 
ce monastère ne fut point compté dans le concile d'Aix-la- 
Chapelle parmi ceux qui devaient des prières ou le service 
militaire (') ». D'après ceux qui admettent le premier senti- 
ment, les religieux de Saint-Basile auraient à l'origine pos- 
sédé l'abbaye d'Eysses où ils auraient été remplacés sous 
Charlemagne par les Bénédictins. Quoi qu'il en soit, il est 
certain que cette abbaye était unie à la congrégation de 
Cluny dès l'année 1088'^). Outre cette union à Cluny, Eys- 
ses fut aussi uni vers l'an i 100 à l'abbaye de Moissac, comme 
membre immédiatement dépendant. Vers cette époque, il y 
avait jusqu'à quarante religieux, on en comptait encore vingt- 
deux en 1300 et vingt-trois en 1332 ('). En 1626, l'abbaye 
d'Eysses fut donnée à la Congrégation de Saint-Maur. Ce- 
pendant, les religieux réformés n'y furent introduits que le 
12 juin 1O31. Ils la possèdent encore et sont actuellement au 
nombre de cinq : Jean-François Duthoya, prieur depuis l'an 
dernier, Pierre Malateste de Beaufort, Joseph Frégefond, 
Jean-Barthélemy Dubois, Jean-Louis Guittard qui avait été 



(1) Le clergé de France, t. 11, p. 289. — L'abbé Du Tems résume en ces quelques 
lignes Topinion du Gallia de 1720) Voir pour dç plus amples détails le Mémoire 
déjà cité. 

(2) Mémoire pour l'histoire de l'abbaye, etc.. loc. cit. 

(j) H y avait à cette époque douze officiers claustraux, ayant chacun une dotatiort 
distincte : le prieur, le cellerier, l'aumônier, le chambrier, le sacristain, l'infirmier» 
le pitancier, l'hôtelier, le réfectorier et le chantre. (Ibid.) 



^ m - 

nommé prieur en 1781. Tous déclareront, en 1791, vouloir 
mener la vie privée. 

Le catalogue des abbés renlcrme trente-six noms '). Le 
premier est celui d'Arnaud que Ton trouve dans une charte de 
la Sauve-majeure. Par une transaction en date du 5 mars 1264, 
il fui décidé que « quand Tabbaye viendrait à vaquer, les re- 
ligieux se rendraient à Moissac pour y élire un abbé du corps 
et chapitre de Moissac, et que l'abbé de Moissac le confir- 
merait (^). Les religieux usèrent de leur droit d'élection jus- 
qu'au commencement du xvi' siècle. A cette époque l'abbaye 
commença à tomber en commende. Le dernier abbé régulier 
est Antoine Roques qui se démit en 1646. Le titulaire ac- 
tuel est Jean Chrysosiome Dupleix de Cadignan, vicaire-gé- 
néral de Reims, nommé en 1777, futur insermenté qui subira 
la déportation, rentrera de bonne heure, exercera pendant 
quelque temps les fonctions de vicaire-général de Condom, 
et sera nommé chanoine honoraire d'Agen après le Concor- 
dat. 

L'importance de l'abbaye d'Eysses paraît avoir été consi- 
dérable au Moyen-Age. « On sait par tradition assurée, dit 
son historien, que l'église d'Eysses, avant qu'on la ruinât, était 
fréquentée d'un grand abord de peuple, qui y venait non seu- 
lement du voisinage, mais encore de très loin, des extrémités 
du royaume et des pays étrangers, à cause de la dévotion 
qu'on portait à saint Gervais pour être délivré ou préservé du 
haut mal ou caduc, accompagné d'un fréquent et ordinaire 
aboiement ; et il y avait une confrérie dont les confrères se 
rendaient à Eysses, même après la démolition de l'église. 
Mais peu à peu cela se changea en abus, à cause des courses 
des hérétiques voisins, du temps de la Ligue ; ce qui occa- 
sionnait que les confrères y venaient en armes, et ce que l'on 



(1) Voir ce catalogue dans le Cailla de 1720 ou dans l'Etat de l'Eglise, etc., par 
l'abbé Du Tems. 

(2) Mémoire pour l'hisl. de l'abbaye, loc. cit, 

31 



, 



faisait pour lors par nécessité, or le faisait après par coutume, 
y venant tambour battant avec les mousquets, la mèche allu- 
mée et plutôt en soldats qu'en confrères. Enfin tout cela est 
aboli et il ne reste plus rien qu'une foire qui se tient à l'entour 
du monastère le jour de saint Gervais. Dans un rôle de Tan 
1 579, il y avait encore soixante-neuf confrères ('^. 



I 



(1) Mémoire pour servir, etc., loc. cit. Le souvenir en était encore vivant à Vil- 
leneuve en 1645. On lit, en effet, dans les statuts approuvés cette année-là de la 
confrérie de Notre-Dame de Liesse: <> Cette dévotion est le renouvellement de celle 
qui soûlait faire anciennement à ce saint lieu et dévot monastère de Saint-Gervais et 
Protais en l'abbaye d'Eysses en laquelle reposent les sacrés ossements de ces grands 
martyrs saint Gervais et Protais et le tombeau du bienheureux saint Aubin {sic). Au 
sujet de ce bienheureux, Thistorien de l'abbaye s'exprime ainsi ; « La tradition dure 
encore qu'on avait dans ce monastère le corps de saint Advin ; et outre la tradition 
il y reste une pierre d'autel de trois pieds dix pouces de long, d'un pied neuf pouces 
de large et épaisse de dix pouces ; au milieu il y a une petite fassette taillée en carré 
comme à deux petits degrés, et à l'entour de ladite pierre on trouve gravées ces let- 
tres à la forme qu'elles sont ici couchées : 

«g 



CIT BEATISSIMUS ADTINUS EPIS 

La tradition porte qu'on mit le corps saint dans une châsse d'argent en forme de 
demi corps, qui fut enlevée avec les reliques et quelques gouttes du lait de Notre- 
Dame et une petite pièce de sa robe, avant la démolition du monastère, la veille de 
la fête de la Purification, on ne sait précisément quelle année. 

Personne, continue notre auteur, n'a su dire d'où était ce saint Advin, mais seule- 
ment que étant évêque et faisant voyage, il mourut et fut enterré au monastère. On 
n'a non plus pu savoir quel jour on faisait la fête de ce saint, ni quand on com- 
mença : mais depuis quelques années sur la croyance que Messieurs les anciens reli- 
gieux eurent qu'on avait fait fête ci-devant, ils recommencèrent de le faire avec office 
double, et assignèrent pour cet effet plutôt par accident qu'autrement, le quatrième 
jour de février et depuis on a toujours continué. On présume, par ces mots, Episco- 
pus urbis Romœ, que peut-être il vivait du temps des Ariens et qu'à la distinction 
des évêques hérétiques, il s'appelait évêque de la ville de Rome pour exprimer sa 
religion et qu'il tenait la même croyance que le pape qui était évêque de Rome, 
comme nous nous disons chrétiens catholiques-romains; car au reste, il n'y a aucun 
pape romain appelé Advin, ni dans le martyrologe on ne trouve aucun saint qui 
porte ce nom. On pourrait aussi avec fondement l'appeler évêque de la ville de Rome 
s'il avait été fait ou consacré évêque à Rome, et envoyé delà comme évêque région- 
naire pour prêcher contre les hérétiques ; car en ce cas là, il n'avait point de siègo 
épiscopal en particulier dont il pût être appelé évêque et serait appelé convenable- 






— Î21 — 



« L'abbaye et monastère portait anciennement le titre de 
baronnic, ce qui a fait que les abbés et même les religieux 
prenaient la qualité de barons. De quoi il n'y a pas fondement 
de s'étonner ; au contraire, tant l'abbé que les religieux pou- 
vaient prendre le titre de comte, puisqu'ils possédoient la ville 
d'Eysses avec toute la paroisse, et celles de Corbiac, de 
Sainte-Radcgonde, et la moitié de celle de Trémons qui sont 
toutes contigues, en haute justice, moyenne et basse, ce qui 
suffisait pour porter ledit titre... Le monastère jouissait en- 
core de la justice du temps de la fondation de Villeneuve, 
comme appert par l'acte de 1264 ' . Mais du depuis les offi- 
ciers du Roi l'ont et il est croyable que l'abbé et les religieux 



ment de Rome pour les raisons susdites et pour le distinguer des autres cvC-qucs qui 
avaient leur siège épiscopal désigné en particulier: et c'est l'opinion la plus vérita- 
ble.... Suivant cette opinion qu'il était cvéque et régionnaire, il serait fort croyable 
qu'il fut envoyé en cette qualité pour prêcher au pays Agenais contre les Albigeois 
qui étaient en très grand nombre, où il mourut et fut enterre à Eysses ». Ibidem. — 
Labénazie dans son histoire manuscrite émet à peu près la même opinion et il 
ajoute: << On lit dans le martyrologe gallican: Pridie nonas februarii in agro Agin- 
ncnsi, inonasterio exiensi ad Oldum lliivium, commcmoratio sancti Advini episcopi 
et confessoris cujus gloriosus transitus incidii in diem i6 Augusli.... Les mémoires 
de l'abbaye d'Eysses portent que pendant la ligue ceux qui tenaient le parti de 
Henri IV furent à Villeneuve qui tenait pour la ligue. Ce parti contre les hugue- 
nots était conduit par le comte de Laroche, fils du maréchal de Matignon. Ceux de 
cette troupe où il y avait plus de huguenots que de catholiques fiient elfort pour 
tirer un tombeau de marbre que Ion croit être celui de ce saint pour le faire servir 
d'auge à abreuver les chevaux, mais quelque effort que Ion lit, l'on ne put jamais le 
tirer hors de l'église. Les bénédictins l'ont depuis ce temps-là en grande vénération. 
L'auteur du mémoire pour servir à l'histoire de l'abbaye, relate le même fait, ainsi 
que les deux bénédictins du Voyage littcrairc, qui le donnent « comme attesté par 
des personnes auxquelles on n'a pu refuser créance. » Voir aussi labbé Du Tems. 
— Cet autel, poursuit Labénazie, à subsisté jusqu'au temps où M. Hébert, qui pour 
n'avoir pas auprès de lui quelqu'un qui sache l'histoire du diocèse, a fait démolir 
cet autel qui était un monument d'un fait d'histoire très particulier. 

(1) Ce fut l'abbé Bernard Jordanis qui en 1264, le ic» d'avril, bailla du consente- 
ment des religieux au tènement de Gaiac, mouvant du monastère, la place où est à 
présent bâtie Villeneuve d'Agenois à Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, 
frère de Saint-Louis. ^Mémoire cité^. Cette cession, dit M. Cassany de Mazet, se fit 
sous réserve des droits féodaux du monastère, sur les terres non données et les édifi- 
ces des habitants d'Eysses, qui transporteraient leur résidence dans la nouvelle ville, 
sous la réserve encore du port de Pontoue, des moulins de l'abbaye et des droite 



^ 524 -« 

s'en privèrent de gré ou de force dans le traité passé avec les 
gens du Roi, le 1 3 juillet 1323 '0 ». 

Ce n'est pas la seule disgrâce que l'abbaye ait eu à sup- 
porter dans le cours du temps. Sans parler de sa destruction 
purement hypothétique par les Wisigoths, les Sarrasins ou les 
Normands, il est certain qu'elle eut beaucoup à souffrir pen- 
dant les guerres des Albigeois et des Anglais. Pendant cette 
période malheureuse les religieux furent obligés d'élire pour 
leur défense un abbé-chevalier et de s'entourer de fossés, de 
murailles et de tours. Peu rassurés derrière leurs remparts, ils 
aménagèrent à Villeneuve une maison et une chapelle dite 
Saint-Martial qui avaient, paraît-il, appartenu aux Templiers (2); 
ils en firent une sorte de succursale ou d'hospice où ils se ré- 
fugièrent avec leurs reliques au moment des plus grands 
dangers. Mais « la plus grande destruction, qui fut entière, 
arriva l'an 1577, le premier jour de l'an, par l'impiété des 
hérétiques calvinistes. On mit le feu à l'église, on sapa quatre 
gros et puissants piliers qui portoient un beau dôme au milieu, 
et la voûte, qui étoit toute de belle pierre de taille, tomba, 
sans qu'il en soit rien resté que la coquille qui couvre le grand 
autel, à quelques pas du côté du grand portail de l'église. On 
fit fondre huit grosses cloches des plus belles qui fussent en 
Guyenne qu'on emporta comme on sait par tradition. Le feu 



d'entrée et de péage. L'abbé réclama en outre la juridiction seigneuriale sur les ha- 
bitants d'Eysses qui s'établiraient dans la ville et stipula que le baile ou bailly de la 
ville neuve ne pourrait forcer aucun habitant d'Eysses à venir plaider devant lui. » 
[Hist. de Villeneiii'e-sur-Lot). 

(1) Mémoire pour servir à l'hist. de l'abbaye, etc., loc. cit. En 1681, les fourches 
patibulaires appelées les Justices se trouvaient encore sur le territoire de labbaye, 
près de Romas. En 1691 encore l'abbé s'intitulait : Dominus supremus Villanovae 
Aginensis. 

{2) M, Cassany de Mazet. — C'est dans cette maison Saint-Martial que les Bé- 
nédictins s'installèrent après la destruction de l'abbaye par les protestants et que 
les anciens religieux, vulgairement appelés de la Banderolle, continuèrent à séjour- 
ner, jusqu'à extinction, après l'introduction des réformés dans l'abbaye. Cet établis- 
ment fit alors retour à l'abbaye. Il était situé entre la halle moderne et la chapelle 
de Notre-Dame du bout du Pont, rue dite Fontarabie en 1790. 



fut aussi mis aux logcmenls tant de l'abbé que des reh\;ieux, 
et les habitants de Villeneuve contribuèrent à i'iùre ruiner cer- 
taines tours belles et fortes qui avaient triple voûte. L'an 
1^70, le 12" d'avril, les papiers avaient été brûlés et disparus 
ou enlevés par lesdits hérétiques, et les religieux qui pouvaient 
bien résister s'ils l'eussent voulu, ce lieu étant fort, furent 
extrêmement négligens et lâches. Enfin il ne resta rien que 
quelques murailles de l'église et de quelques bâtiments qui ont 
demeuré environ soixante ans découvertes ; jusqu'à ce que 
les religieux de la congrégation de saint Maur y ont fait de 
grandes réparations pour y habiter et y faire l'office divin ('; ». 

Le monastère tel qu'il est aujourd'hui se compose « d'un 
corps de bâtisse flanqué de deux pavillons couverts d'ardoise, 
de ses cloîtres, d'une église avec sacristie et clocher, déchar- 
ges, écuries, qui par leurs enclaves forment deux cours. Le 
corps des bâtisses pour le logement des religieux contient 
huit chambres et quatre chambres pour les malades étrangers 
avec d'autres appartements qui servent de recepte dans le 
haut ; et dans le bas, plusieurs sales, salons, réfectoire, la 
cuisine et la cave.. ». 

L'église^, qu'on a commencé de reconstruire vers 1688, est 
« d'une longueur de vingt-deux toises dans œuvre sur dix toi- 
ses de largeur aussi dans œuvre et huit toises de hauteur... 
composée d'une net, quatre chapelles de chaque côté, for- 
mées par des portiques et la sacristie au couchant, le tout 
bâti en pierre, moellon et brique avec mortier de chaux et 
sable, couvert d'une charpente ordinaire, suivant les régies de 
l'art, et recouverte de tuiles canal ». Au midi s'élève le clo- 
cher, « c'est un carré de bâtisse attenant, de douze pieds en 
carré dans œuvre sur dix toises de hauteur, bâti de même, 
couvert d'une charpente en dôme, recouverte d'ardoise ^- ». 



(1) Mémoire déjà cité. 

(2; Archives de la Préfecture. — Procès-verbal d'estimation en 1791, transcrit à 
la suite du mémoire, loc. cit. 






« L'enclos du monastère contient environ cinq septerées 
d'espace, la septerée huit cartonnats et chaque cartonnât 
mesure de Villeneuve, huit lattes et demie en carré et chaque 
latte douze pieds de roi aussi en carré (') ». 

Les revenus de l'abbaye sont certaines dîmes dans les pa- 
roisses dé Saint-Sernin et ses annexes, de Saint-Pierre de 
Courbiac, de Saint-Martin de Trémons, Sainte-Radegonde 
d'Ognac, Soubirous et son annexe, Bias et son annexe, Saint- 
Nicolas de Pujols, Notre-Dame de Monségur et Monflan- 
quin, etc. L'abbé qui présentait autrefois à toutes ces 
églises a perdu ce droit pour plusieurs. Les religieux qui 
avaient encore les honorifiques à Villeneuve en 1668 en 
étaient évincés en 1733 définitivement (-). 

« Les cens, rentes foncières dépendantes du monastère 
consistent en huit cents quartons de blé froment, cinq quar- 
tons de seigle, sept cent quatre-vingt-trois quartons d'avoine, 
294 livres en argent, trois cent vingt-huit poules ou manœu- 
vres avec les lods et ventes y attachés, le tout représentant 
un capital de 93,100 livres ». 

Les biens fonds sont : « un jardin joignant le monastère, 1 
enclavé de murs, de la contenance de huit cartonnats. 

Un local de huit cartonnats formant une promenade en 
charmille et contisru audit monastère. 

Une vis:ne de huit cartonnats à la suite des charmilles. 

Un verijer de la contenance de neuf cartonnats contiofu à 
ladite vigne. 

Lesdites charmille, vigne et verger formant un enclos en- 
touré de fossés et de haies vives. 



(i) Mémoire pour servir à l'hist... etc., loc. cit. 

(2) Trois prieurés dépendaient aussi autrefois de labbaye d'Eysses : celui d'Eymet, 
au diocèse de Sariat, qui fut cédé à l'abbaye de Moissac peu après ijji ; celui de 
Monflanquin et enfin celui de Saint-Sernin de Rivelèdc ou de Labarthe. Ces deux 
derniers avaient nécessairement pour titulaires des religieux de la Congrégation de 
Sainl-Maur. 



Un emplacement de six à sept cartonnais où se trouve une 
avenue en hormicrc. 

Un domaine joignant appelé d'Eysses, avec ses bâtisses 
consistant en trois chambres sur le bas, avec un grenier par- 
dessus, et des dilTérentes décharges qui forment une petite 
cour murée, et une grange pour enfermer les foins et pailles 
et contenir le chateil, lequel chateil consiste en une paire de 
bœufs, une paire de vaches, deux charrettes, un tombereau et 
deux araires garnies. Ce domaine, où il se sème douze à 
treize sacs, contient cent vingt-quatre cartonnats en une seule 
pièce ou enclos. 

Une pièce de terre labourable de quatorze cartonnais au 
lieu de Ressiguié. 

Une pièce de vigne de deux cartonnats, située au sommet 
du Pech de la Calvitie. 

Un pré de six cartonnats situé au lieu de la Boissière, pa- 
roisse de Sainte-Radegonde. 

Un moulin, situé à Romas, avec quatre cartonnats en dé- 
pendant. 

L'ensemble de ces biens fonds a une valeur de 125,000 li- 
vres ('). 

La mense particulière de l'abbé se compose des trois hui- 
tièmes de la dîme de Bias ; des trois quarts de celle de 
Courbiac ; de la dîme totale de Soubirous; de la moitié de 
celle de Mazerac. des trois seizièmes de celle de Sainte- 
Radegonde; de la moitié de celle de Collongues : d'une pen- 
sion de 1.200 livres fournie par les religieux, d'après une 
transaction du 14 septembre 1778. Cela fait 10,208 livres 
d'où il faut soustraire 1,349 li'^'res de charges réelles et les 
décimes ^-\ Le bénéfice est évalué officiellement 3,000 livres 

^1) L'abbaye possédait quelques autres terres notamment à Lamothe-Fey, à Bour- 
Icns, à Saint-Front, etc.. 

(2' Voir les procès-verbaux d'estimation de l'abbaye, etc., en 1791, aux archives 
de la Préfecture. Ces pièces sont citées par A. de Lantenay, loc. cit. à la suite 
du Mémoire pour l'histoire de l'Abbaye. 



et il est taxé en cour de Rome 800 florins, c'est-à-dire 620 pis- 
toles. 

L'église de Lamothe-Fey (') est longue de vingt-cinq pas, 
large de huit. Le chœur est voûté, 

La dîme de cette paroisse se lève et se partage comme à 
la matrice. Il y a un presbytère. 

On compte cinquante-cinq communiants. Il doit y avoir un 
vicaire résident. Actuellement c'est le curé de Labarthe qui 
fait le service. Ce service consiste dans la messe tous les 
dimanches et les vêpres toutes les trois semaines. 

L'église de Sainte-Catherine est construite mi-partie en 
pierre, mi-partie en brique. Fondée, sans doute, en même 
temps que la bastide, elle n'a été terminée qu'aux xv^ et xvi*" siè- 
cles (2). Elle est longue de quarante-huit pas, large de qua- 
torze non compris les chapelles, bien voûtée et peinte. 11 y a 
quatorze vitraux et une tribune au fond de la nef. Le clocher- 
arcades est au-dessus du grand portail en forme de triangle. 
Six cloches y sont suspendues, la plus grosse pesant trente 
quintaux, la seconde vingt-deux, la troisième seize, la qua- 
trième sept, la cinquième cinq. Sur celle-là frappe le marteau 
de l'horloge. 

La nef est flanquée de onze chapelles voûtées^ de six à 
droite et de cinq à gauche. La première à droite en commen- 
çant par le haut portait autrefois le nom de Saint-Côme et les 
confréries de Saint-Côme, de Saint-Jacques et de Saint- 
Philippe y étaient établies. Actuellement elle est dédiée au 
Sacré-Cœur et il y a une confrérie de ce nom. Une porte la 
met en communication avec la rue. 

Vient ensuite la chapelle de Notre-Dame. Une confrérie 



fi) C'est à Lamothe-Fey ou Fayet que le géographe Walknaër place, sans vrai- 
semblance d'ailleurs, l'ancien Excisum. 

(2j G. Tholin, op. cit. — La confrérie de Saint-Joseph, dont les statuts ont été 
approuvés en 1666, était établie au maître-autel. Elle possédait une vigne de un car- 
tonnât, un picotin. 



du môme nom, dont les statuts sont approuvés par M. Dcl- 
bène, y est établie. 

La troisième chapelle sur la mémo ligne est dite de Saint- 
Pierre et Saint-I^aul. Elle a aussi une porte de sortie dans la 
rue. Elle appartient de temps immémorial à la famille de 
Fumel-Montaigut qui y a son banc et son tombeau. Une con- 
frérie de maçons était autrefois établie dans cette chapelle. 
Deux chapellenies y sont fondées dont la famille de Fumel 
a le patronage comme héritière, sans doute, des maisons de 
Cieutat. de Tombebouc et de Vignal. La première s'appelle 
de Petra du nom de son fondateur qui était prêtre. Elle oblige 
à deu.x messes par semaine. Ses biens consistent en une mai- 
son sise vis-à-vis la chapelle Notre-Dame, rue de Penne, un 
jardin d'un cartonnât avec une petite maison dans la paroisse 
de Saiiu-Sernin prés du cimetière, quatre cartonnais de terre 
labourable près de l'abbaye, confrontant avec le jardin des 
Pères, une vigne d'un cartonnât au lieu dit de Praliau (?) et 
enfin quelques rentes. Le titulaire est Jean de Fumel, doyen 
de Pujols. La seconde chapellenie porte le nom de la cha- 
pelle. Elle n'a pas de service réglé. Ses biens sont vingt-un 
cartonnats de terre dans la paroisse de Bias. 

Au-dessous, c'est la chapelle de la Trinité qui a aussi une 
porte de sortie dans la rue. Une pipe de seigle de rente est 
affectée à l'entretien de cette chapelle. La confrérie des mar- 
chands drapiers y a été établie pendant des siècles. 

Puis vient la chapelle du Purgatoire. Elle appartient à la 
famille Hébrard (') de Cadrés. Deux chapellenies y sont 
fondées ; l'une dite de Saint-Michel, du patronage de cette 
famille Hébrard, oblige à deux messes par semaine, le ven- 
dredi et le mardi. Le fonds consiste en vingt cartons de blé 
froment de rente directe au tènement de Cailladelle et Visson, 
paroisse de Labarthe, avec quelque argent, avoine et poules. 

(i) Voir sur cette célcbrç famille; La maison d'Hcbrard, par Bourrousse d^ 
LafTore. 



- r,o — 



L'autre chapellenie est dite de Baby, elle a été fondée par 
un prêtre de ce nom, elle est de collation épiscopale et oblige 
à deux messes par mois. Le fonds consiste en une maison 
sise à Villeneuve, rue Casseneuil, en deux cartonnats de pré 
situés a/ Miircs, paroisse de Saint-Sernin. un cartonnât et 
demie en chanvrière. môme paroisse ainsi que deux carton- 
nats de vigne. 11 y a aussi une confrérie du Purgatoire. 

La dernière chapelle de ce côté est dédiée à saint Jean. 
La confrérie de ce nom y est établie. 11 y a les fonts baptis- 
maux. La chapellenie de saint Jean de Limoges y est fondée. 
Les Crossac en sont patrons. Elle oblige à une messe par 
mois. Le fonds est une maison de la ville. 

La première chapelle du côté de l'Evangile est dédiée à 
sainte Catherine. Il y avait autrefois une chapellenie qui s'est 
perdue et les confréries des marchands graisseux et des man- 
gonniers y étaient installées. Au bas de cette chapelle se 
trouve la porte de la sacristie qui est voûtée. 

Au-dessous c'est la chapelle de sainte Anne. La maison 
de Laval Dalbert de Parasol y prétend droit. La confrérie de 
sainte Anne y était établie. Il y a une chapellenie, dite de 
Fompuis, fondée par un prêtre de ce nom. Les marguilliers 
du Purgatoire s'en disent les patrons. Elle oblige à une 
messe par semaine. Le fonds consiste en une maison, rue des 
Capucins, avec cinq pugnerées de vigne et une pugnerée de 
terre labourable. 

Vient ensuite la chapelle de saint Eloi, appelée aussi quel- 
quefois de saint Louis et sainte Foy. Il y a deux chapellenies. 
L'une, dite de sainte Foy, a été fondée par un prêtre nommé 
Simon, ancien curé de Sainte-Foy de Penne. Les consuls 
s'en disent les patrons. Le service est une messe haute et une 
messe basse par semaine. Les fonds consistent en une maison, 
rue Casseneuil, avec un petit jardin hors la ville, près de la 
grande porte, un cartonnât et demi de vigne, deux carton- 
nats de pré, trois cartonnats de terre labourable au lieu de 



Malconte avec rente. La deuxième, dite de Domilio (?) n'a 
d'autre fonds que trois livres de rente foncière, le curé et les 
consuls s'en disent patrons. Il y avait aussi autrefois les con- 
fréries de saint Eloy et de sainte Luce. Entre cette chapelle 
et la suivante se trouvent la chaire du prédicateur avec les or- 
gues ^') au-dessus et une porte donnant dans le cimetière. 

La quatrième chapelle à gauche est celle de saint Roch, 
autrefois de saint Biaise. Il y avait autrefois une confrérie 
de S. Antoine pour les bouchers, et une de S. Biaise pour 
les cardeurs. Une chapellenie de saint Biaise y est fondée. La 
famille d'Hébrard y nomme. Le titulaire actuel est Joseph- 
Henri Deshoms de Favols, vicaire général de Saintes. Le 
fonds consiste en une maison située vis-à-vis la chapelle de 
saint Pierre et de saint Paul et en plusieurs rentes foncières 
dans les paroisses de Sainte-Catherine et de Lamothe-Fey. 

La dernière chapelle s'appelle de saint Clair et de saint 
Eutrope, à cause des deux confréries de même nom qui y 
sont attachées (2). 

(1) L'organiste était payé parla ville. 

(2) Outre les chapcllenics mentionnées, il y en avait d'autres dont voici les princi- 
pales : celle de Laiande, dont le patronage était à la Tamillc de ce nom et le titulaire 
Jean de Fumcl ; le fonds consistait en rentes foncières dans les paroisses de Sainte- 
Catherine et de Saint-Etienne. Celle de Gourdon et de Frontinon, fondée par la 
famille de Foissac ; le fonds était des rentes directes et foncières dans les mêmes 
paroisses. Celle des Andrieux, fondée par la famille de ce nom. Le fonds était une 
maison située près du presbytère. Celle dite de Petit, fondée par Pierre de Lurac 
de Petit, le fonds était de douze cartoiinats de terre à Seigle ■^.^'i près de la Justice, 
paroisse de Saint-Scrnin. Celle de Gametou dont le premier consul de Sainte-Ca- 
therine était patron et dont le fonds consistait en une maison et un pré de quatre 
cartonnats. 

Le rôle des chapellenies de Sainte-Catherine de Villeneuve comprenait en 1592 
les chapellenies de Petra, de Brobat, fondée par Catherine de Fontinac, de Balz. 
de Fonpure, de Salles, de Piot, de Rey appelée de Fongasset, de Laiande, de Gour- 
don, de Permorel de Pressignol, des Ebrards. appelée Deiki. de Moulz, de Cour- 
tade, de Nauville, de Charmeton. des Endrieux, de Petit, de Sainte-Foy, d'.Au- 
bilis, de Blanquefort, de Saint-Michel, etc.. 

Le rôle des confréries comprenait celles de la Corone pour les ecclésiastiques, de 
la Sainte Trinité pour les marchands drapiers, de Notre-Dame pour le commun 
peuple, de Sainte-Catherine pour les mangoniers, de Saint-Jean pour le commun 
peuple, de Saint-Louis pour la Justice, de Saint-Féli.x pour les maréchaux, de 



Dans l'ancien cimetière'' qui est contigu à l'église du côté 
de l'Evangile est une chapelle dédiée à Notre-Dame du 
Rosaire, longue de quatre pas, large de six et voûtée. Elle a 
un petit clocher avec une cloche d'un quintal. La confrérie 
du Rosaire y est établie et on y dit la messe les fêtes de] 
Notre-Dame et les premiers dimanches du mois. Ces jours- 
là on y va en procession à l'issue des vêpres et on y chante 
les litanies de la Sainte-Vierge >-'. 

Autrefois, l'hôpital venait après le cimetière. 11 y avait une 
petite chapelle de quatre pas en carré, dédiée à saint Nicolas. 
Cet hôpital se composait de deux grandes salles l'une de 
douze toises de long sur six de large, et l'autre de huit deJ 
long sur six de large. Celle-là était pour les hommes, celle-ci! 
pour les femmes; elles avaient chacune huit ou dix lits, 
côté, une petite chambre pour l'hospitalier. C'est, aujour-1 



Sainle-Luce pour les couturiers, de Saint-Antoine pour les bouchers, de Saint-Cré- 
pin pour les cordonniers, de Saint-Clair pour les tissandicrs, de Saint-Côme pour 
les médecins, apothicaires et chirurgiens. 

Parmi les nombreuses reliques que l'église possédait alors, on doit citer : « De 
tunica Domini », une fiole du sang de sainte Catherine, un paquet de « crinibus » 
D. N. J. C. Un grand nombre d'écriteaux étaientillisibies à cause de leur ancienneté. 
(Mémoires de Nicolas de Villars;. 

[i] Ce cimetière s'étant trouvé trop petit pour une population toujours croissante qui 
atteignait alors le chiffre de 6,000 communiants et surtout par suite de lédii du 
19 novembre 1776, interdisant les inhumations dans les églises, on le transféra en 
1785 au lieu de Grabissol, hors de Tenceinte des habitations. Le nouveau cimetière 
avait l'avantage d'être exposé au nord et avait une superficie de deux cartonnais, 
deux picotins et sept escats. Cette opération ne s'effectua pas sans difficulté et faillit 
même soulever une révolution dans le peuple. Le bruit courut que les riches vou- 
laient simplement conserver pour eux l'ancien cimetière et reléguer les pauvres 
dans le nouveau. Ces dames de Villeneuve firent un assez mauvais parti au prêtre 
envoyé par l'Evêque comme commissaire enquêteur. (Arch. de l'Ev., liasse Sainte- 
Catherine). On voit dans le même procès-verbal que les habitants de Saint-Scrnin 
avaient l'habitude de se faire enterrer dans le cimetière de Sainte-Catherine. » Nil 
novi sub sole ». 

(2) Dans ses Mémoires, Nicolas de Villars parle ainsi de cette chapelle : « Le 
12 juin 1592, l'église du cimetière de Sainte-Catherine a été par nous réconciliée 
pour nous avoir été rapporté qu'on y aurait aux premiers troubles établi des hugue- 
nots et depuis le ministre y aurait dogmatisé et aussi qu'il y aurait eu quelque 
effusion de sang violente et autres profanations, 



d'hui, le presbytère. On dut l'abandonner en ih^(), comme 
malsain et humide, et on construisit alors Thôpital actuel au 
nord de la rue d'Albert. Il fut inauguré peu après par Charles 
de Jouard, curé de Sainte-Catherine, accompagné de tout !e 
clergé séculier et régulier, des confréries de Pénitents, etc., 
et en présence des consuls. « Jusques à l'année 1604, cet 
hôpital a été gouverné par des syndics qui se nommaient suc- 
cessivement les uns les autres et qui rendaient leurs comptes 
devant les sieurs consuls, le curé présent. Ladite année 1694, 
le corps de ville réj^la que ledit hôpital serait gouverné par 
un bureau composé du sieur maire, un consul, le sieur curé 
et cinq jurats de la paroisse Sainte-Catherine ; qu'il serait pré • 
sidé par un desdits laïques selon l'ordre du tableau ; hors le 
cas de la visite de l'Evcque où il présiderait lui-même ; que 
pendant la visite de l'Evéque, les comptes lui seraient repré- 
sentés et qu'on prendrait audit bureau où il présiderait toutes 
les délibérations nécessaires. Ledit bureau règle tout ce qu'il 
y a à décider dans l'administration de Ihôpital, et il y a outre 
cela un syndic chargé de l'administration des revenus, qui en 
rend compte devant le bureau ; le compte particulier de la 
dépense est réglé audit bureau un jour de vendredi chaque 
mois. Il y a trois filles de la Charité (') de la Congrégation 
instituée par le Bienheureux Vincent qui ont soin des pauvres. 
Le sieur curé et ses vicaires en ont soin pour l'adminis- 
tration des sacrements ; les prêtres du Collège y doivent dire 
la messe tous les jours de dimanche, de fête et vendredi de 
Tannée, et y faire le catéchisme. On leur donne pour cela 
163 livres; on donne aux dames de la Charité des deux pa- 
roisses Sainte-Catherine et Saint-Etienne de cette ville 2^^ 
h'vres pour les pauvres honteux et malades : 90 livres à un 
particulier pour rente cà lui due ; 70 livres au chirurgien et au 
monastère de Notre-Dame, et 180 livres pour les Sœurs de 

(1) Elles furent établies dans cet hôpital par M. Hébert. 11 y en avait cjuatre un i;89. 



Thôplial ; les charges montent en tout environ à 750 livres, et 
le revenu qui consiste en quelques biens fonds, rentes sur le 
trésor royal et quelques particuliers, à environ 2,600 livres, 
il reste pour les pauvres 1,850 livres \'' ». 

L'établissement des Capucins sur la paroisse de Sainte- 
Catherine date du 22 juillet 1619. « Le jour de Saint-André 
de la même année, sur les supplications qui lui furent faites 
par les Pérès Capucins, Mgr de Gelas s'est transporté à leur 
demeure où il a posé la première pierre du bâtiment de 
l'église, sur laquelle est écrit ce qui suit : u D. D, R. R. 
Claudius Gelas Epus et cornes aginnensis hoc anno 16 19, 
régnante rege Ludovico xiii" Galliœ christianissimo hune lapi- 
dum in honorem B. M. Magdalenas et pietatis suas pignus... 
posuit et consecravit ». Trois autres pierres furent posées 
portant les noms des consuls et des bienfaiteurs, en présence 
des consuls en robe rouge et d'une grande affluence de peu- 
ple W. 



(i) Extrait du procès-verbal de la visite de M. d'Yse de Saléon à l'hôpital de 
Villeneuve, le ii décembre 1755. 

(2) Arch. de l'Evêché. Visite de M. de Gelas. — » Le 50 novembre '619, les reli- 
gieux d'Eysses « comme estans avec le roi conseigneurs de Villeneuve », assistèrent, 
ainsi que les consuls et autres magistrats, à la pose de la première pierre du couvent 
des Capucins établis dans cette ville : Claude de Gelas, évêque d'Agen , alors en 
cours de visite pastorale, fit la cérémonie. La croix avait été arborée le 25 juin pré- 
cédent, en un lieu de la ville appelé Rochcpiquet, appartenant à M. de Cieutat, le- 
quel vendit ledit lieu 500 livres payables en deux ans. » (Archives municipales de 
Bordeaux; Memorabilia praecipua provinciae Aquitaniae Fratrum minorum Ordinis 
Sancti Francisci Capucinorum, ab anno 1582, pias posteritati dicata. — Cité par 
Ant. de Lantenay en note au mémoire pour servir à l'histoire de l'abbaye d'Eysses, 
etc., loc. cit.) Cette fois les Bénédictins se montrèrent de bonne composition. 
M. Cassany de Mazet les accuse, peut-être à tort, d'avoir démoli, de concert avec 
les consuls, le couvent des Cordeliers qui aurait été bientôt rétabli. Il est certain 
qu'ils avaient expulsé de Villeneuve les Dominicains. On lit, en effet, dans le Cata- 
logue des abbés d'Eysses, par l'abbé Du Tems, que Bernard IV de Roquemadour, 
abbé en 1581 et 1408... plaida longtemps en cour de Rome contre les Dominicains 
qui avaient bâti une église et une maison malgré les moines d'Eysses. Il obtint urt 
jugement définitif contre les Frères-Prêcheurs. Les religieux d'Eysses avaient été 
obligés de vendre plusieurs ornements pour les frais de la poursuite du procès. — 
[Du Tems, tom, 11, p, 291), 



« A peine établis, les Capucins travaillèrent avec beaucoup 
de zèle, d'édification et de succès à la conversion des Calvi- 
nistes qui estaient répandus dans ces quartiers, ils. converti- 
rent bientôt toute la famille de F^ujols; cette maison est une 
des plus anciennes cl des plus illustres de tout ce pays; en 
16^,0 et en 165], la peste affligea cruellement cette ville et 
tout le pays circonvoisin, la majeure partie des Pères s'expo- 
sèrent toutes les deux fois pour secourir les pestiférés. 11 en 
périt six dans cette sainte action de charité. La Communauté 
se compose ordinairement de douze religieux dont sept prê- 
tres, un clerc et quatre frères lais •' . 

Peu après les Capucins, les Religieuses de Notre-Dame 
s'établirent à Villeneuve. « Leur couvent est btâti sur trois 
ailes, la plus grande le long de 1;) rivière du Lot du couchant 
au levant, les autres allant du nord au midi et jointes au grand 
corps de logis, une partie de la grande aile est plus reculée 
du côté de la ville qui est au nord, et il y a une petite plate- 
forme entre la rivière et ledit corps de logis ; cette partie du 
bâtiment est faite à neuf. Il y a un petit jardin borné par les 
trois côtés de la maison et par un petit mur de l'autre, qui le 
sépare du reste de la ville. Les religieuses, de la même Con- 
grégation que les Dames de Paulin, à Agen, sont cloîtrées et 
tiennent un pensionnat^-) ». Le 15 décembre 1672, Jules de 
Mascaron, sur la demande des consuls, établit dans l'église 
des religieuses de Notre-Dame la confrérie de l' Enfant-Jésus. 
Le but de cette confrérie, fondée sur le modèle de celle qui 
est au monastère des mêmes religieuses, à Aurillac, est la 
pratique de la perfection, la pacification, la propagation du 
culte des morts. Mascaron lui donna des statuts dans lesquels 
il réserve toute supériorité pour lui et ses successeurs. Le 
gouvernement est dévolu à un prêtre avec le titre de préfet et 



(r. Rapport du gardien à Mgr Hébert cil ri 5. — Archives de l'Evôclic, F, i), 
,2) Archives de lEvùché. Verbal de M. d'Yse de Saléon, 



à deux laïques avec celui de mages. Préfet et mages sont re- 
nouvelables tous les trois ans ('). 

Une confrérie plus importante est celle des Pénitents 
bleus. Bien que la plupart des titres de la Compagnie aient 
été brûlés avec la maison d'un secrétaire pendant la contagion 
de 1655, on sait cependant que les statuts qui la régissent 
ont été approuvés par Barthélémy de Gelas, vicaire-général 
de son frère, évêque d'Agen. Le même vicaire-général per- 
mit aux pénitents de jeter les fondements de leur chapelle le 
4 septembre 1624. Cette chapelle est située rue Saint-Nico- 
las, vulgairement appelée rue des Pénitents bleus. Elle est 
longue de trente pas, large de douze, bordée de bancs à deux 
étages tout autour et lambrissée. Derrière l'autel, il y a une 
grande sacristie où l'on chante l'office, et une vaste tribune 
du côté de l'Evangile. Les confrères disent tous les jours de 
fête et de dimanche les sept psaumes de la pénitence, ils en- 
tendent la messe ensuite, et le soir ils disent complies. Ils 
disent encore complies tous les vendredis soir. Depuis le 
dimanche dans l'octave du Saint-Sacrement jusqu'à l'autre 
octave suivant, ils récitent l'office du Saint-Sacrement ; ils 
ont le Saint-Sacrement exposé le soir, à complies, qu'ils 
disent à six heures; ils en demandent tous les ans la permis- 
sion à l'Ordinaire. Tous les vendredis de Carême, ils disent 
l'office de la Croix, et le soir ils ont le Très Saint-Sacrement 
exposé pendant les complies. Ordinairement ils font prêcher 
ces jours-là. Ils font l'office les mercredi, jeudi et vendredi 
de la Semaine-Sainte et vont en procession visiter les églises; 
ils ont Foraison des Quarante-Heures pendant les trois jours 
qui précèdent le mercredi des Cendres avec exposition et 
bénédiction du Très Saint-Sacrement et indulgence accordée 
par le Pape Innocent XI, visée par M. Collier, vicaire-géné- 
ral de M. de Mascaron, le 5 février 1689. Ils font avec les 



(ly Archives de l'Evêché, F, 57, 



- U1 - 

mômes cérémonies les fôtes de Saint-Jérôme et de Sainte- 
Madeleine, lis célèbrent le dimanche qui suit le 9 mai, ou 
qui tombe ce jour-là, la Translation des reliques de saint Jé- 
rôme et portent en procession les reliques qu'ils ont dans leur 
chapelle. Ils font la procession du Très Saint-Sacrement le 
dimanche dans l'octave de la fête qui lui est consacrée, et ils 
portent le poêle alternativement avec les Pénitents blancs. 
Enfin ils chantent un service pour les confrères défunts les 
vendredis des Quatre-Temps, et un autre le lundi après le 
décès de l'un d'eux. Les personnages les plus considérables 
de la ville tiennent à honneur de faire partie de la compagnie. 
Chacun des principaux officiers doit fournir un tableau à la 
chapelle dans l'an de sa charge. 

Au bout du pont s'élève la petite chapelle de Notre-Dame 
de Liesse, vulgairement appelée de Gauch, c'est-à-dire Gau- 
dii, de Joie. Elle est longue de dix ou douze pas, large de 
sept ou huit, et lambrissée. Il y a une tribune au bas de la 
nef qui est séparée de la rue par un mur à hauteur d'appui. Ce 
mur est surmonté d'une balustrade de bois à jour fermée 
par un volet. Il y a un petit clocher. On admire le beau réta- 
ble qui décore le chœur et les ex-voto : cierges, mains et 
cœurs de cire qui le tapissent. Cette chapelle a été construite 
en 1641, sur un emplacement donné par les consuls, aux dé- 
pens des habitants de la ville. La tradition rapporte qu'il y au- 
rait eu une chapelle sur le milieu du pont dès la fondation de 
la ville ; que cette chapelle s'étant écroulée en 1600, la statue 
de Notre-Dame qu'on y vénérait fut miraculeusement sauvée 
parles anges et pieusement recueillie dans l'église de Sainte- 
Catherine. A peine la statue fut-elle placée, en 1641. sur 
l'autel de la chapelle nouvellement rebâtie, que cette chapelle, 
nous disent les contemporains, devint un lieu de pèlerinage 
aussi fréquenté que Notre-Dame de Lorette, de Monserrat. 
de Garaison et de Bon-Encontre. 11 y a dans cette chapelle 
une importante confrérie dont les statuts ont été approuvés par 

32 



M. Delbène le 20 janvier 164;. Le curé de Sainte-Catherine 
est le directeur de droit et l'intendant de cette confrérie. Le 
préfet doit être prêtre et il est élu par le curé et les mages. Il 
est en môme temps chapelain à gage et obligé de dire la messe 
tous les jours dans la chapelle, d'y chanter les litanies, tous 
les samedis, les quatre fêtes annuelles et tous les jours depuis 
la fête de Noël jusqu'à celle des Rois. Les mages, au nombre 
de trois, sont comptables envers le curé. Le jour de la Nati- 
vité de la Sainte-Vierge, qui est la fête de cette chapelle, le 
curé de Sainte-Catherine y vient en procession chanter la 
messe de paroisse. Il y a, ce jour-là, avec indulgence, expo- 
sition et bénédiction du Très Saint-Sacrement '). 

Le curé n'a pour tout revenu dans cette paroisse que le 
casuel. On compte 6,000 communiants. Le service consiste 
en la grand'messe et les vêpres, tous les dimanches et 
fêtes, les matines les quatre fêtes annuelles, la bénédiction 
tous les jeudis, et les autres fonctions curiales requises de 
droit. Le curé est aidé dans son ministère par trois vicaires et 
un collège de six prêtres qui ne forment avec lui qu'un même 
corps. Mascaron a érigé ce collège par ordonnance du 21 no- 
vembre 1692. Les prêtres qui y sont admis ne peuvent être ni 
curés, ni vicaires, avoir aucun bénéfice obligeant à rési- 
dence. Les membres du collège nomment aux places vacan- 
tes, mais ils ne peuvent élire que des prêtres nés ou au moins 
baptisés dans la paroisse '^). Autrefois, les bénédictins d'Eys- 
ses, comme curés primitifs, avaient les honorifiques ; ils ve- 
naient aux quatre fêtes annuelles chanter la grand-messe à 
Sainte-Catherine, le jour de la fête patronale et de Notre- 
Dame, et ils portaient le Saint-Sacrement le jour de la Fête- 
Dieu alternativement avec le curé. Mais ils avaient perdu ces 



(i) Voir: Esquisse historique et religieuse sur la chapelle de Notre-Dame-du- 
Bout-du-Pont de Villeneuve-sur-Lot, par Antonio de Zappino. 

(2) Les biens de ce collège appelé encore la Consorci, consistaient en édifices et 
pièces de terre qui furent estimés 17,020 livres en 1790- 






— 5;v — 

[prérogatives en 175 ^ Une coutume touchante est celle dont 
[les consuls se faisaient les interprèles auprès de l'Evoque en 
^1674 : « 11 est de coutume, disaient-ils, de tout temps et an- 
[cienneté, que le cuiè de Sainte-Caiherine, le dernier jour de 
la semaine des Rogaisons, se rend en procession sur le pont 
Iqui traverse le Lot, et le curé de Saint-Etienne se rend de 
môme en procession sur le pont et, après s'étant entresaluès 
réciproquement, le curé de Sainte-Catherine s'en va avec son 
peuple se rendre dans l'église Saint-Etienne, et là, il célèbre 
la sainte messe, et le curé de Saint-Etienne agit de môme à 
Sainte-Catherine. Celte cérémonie a été établie pour témoi- 
gner la communion qu'il y a entre le peuple des deux parois- 
ses, lesquels, bien que divisés par la rivière du Lot, ne com- 
posent néanmoins qu'un môme corps. Il y a d'autres cérémonies 
ecclésiastiques qui sont établies sur le môme fondement, et 
qui sont observées inviolablement pour maintenir le peuple en 
union et concorde (Ow.On proche à Sainte-Catherine avent et 
carôme. Les honoraires du prédicateur sont payés par la ville 
qui donne 180 livres, et par les religieux d'Eysses qui don- 
nent 120 livres. La ville donne en outre 20 livres au prédica- 
teur de l'Octave. Le titulaire actuel est Pierre Ménoire. futur 
assermenté, abdicataire et relaps, qui sera maintenu à Saint- 
Sernin après le Concordat. 



SAINT-SERNIN DE MAGN.AC 
ET SON annexe: NOTRE-DAME DU M ERCADIER ou de PENNE 



Le pouillé de Valéri porte : In archipreshytcratu de Opcrc : 
Rcctor Mcrcadelli Penne et Manhaco. Penne est le chef-lieu 
d'une vaste juridiction qui comprend vingt-six paroisses. 



(i) Archives de l'Evèclié, liasse Sainte-Catherine. 



— 340 — 

L'édise de la matrice est du x^ ou du commencement du 
XI*" siècle ('). Elle a quarante pas de long sur huit de large. 
Le sanctuaire est lambrissé. La nef est surmontée du clocher 
et flanquée à droite d'une chapelle voûtée dédiée à saint 
Jean et à gauche de deux autres chapelles, l'une voûtée, dé- 
diée à saint Antoine, l'autre lambrissée et fort grande, dédiée 
à saint Joseph. La toiture menace ruine. 

Il y a encore sur le territoire de cette paroisse, au som- 
met d'une colline^ à cinq cents pas de la ville de Penne, à 
l'est, quelques restes d'une antique église appelée Saint- 
Michel : un pan de muraille et un arceau. Ces ruines sont en- 
tourées d'un vaste cimetière rempli de tombes (-/. 

L'église du Mercadier, qui était fort belle, fut complète- 
ment rasée avec la ville pendant les guerres de religion. On 
commença de la relever vers i<,c)2. Elle a trente pas de long 
sur douze de large. Elle n'est pas lambrissée. La confrérie de 
femmes de Notre-Dame, dont les statuts ont été approuvés 
par M. de Gelas, fait chanter une grand'messe au maître- 
autel, toutes les fêtes de la Vierge. Du côté de l'Evangile, 
près du chœur, il y a une chapelle voûtée, dite du Saint- 
Esprit, qui sert actuellement de sacristie. La confrérie du 
Saint-Esprit est desservie au maître-autel. Cette confrérie a 
été établie en 1383 et confirmée en 1584 par Janus Fré- 
gose. Les biens qui en dépendaient ont été unis à la maison 
de charité en 1774 pour qu'une fois les charges payées et le 
service assuré, le reste des revenus fût employé au soulage-" 
ment des pauvres. Du même côté de l'église s'ouvre, dans la 
nef, une chapelle voûtée, dite de la Sainte-Trinité. La con- 
frérie de ce nom y est établie. Il y a aussi la chapellenie de 



(t) G. Tholin, op. cit. 

(î) Penne avait anciennement un Chapitre, dit Saint-Michel, qui fut réuni à la 
Cathédrale d"Agen. Les ruines des bâtiments qui en dépendaient existent encore à 
deux mille pas de la ville. [Annuaire ou description statistique du département de Lot- 
et'-Garonne, par Lafon du Cujula, i8oô.) 



i 



— Ml - 

Sillé, dont les revenus sont une rente de cinq cartons de blé. 
Le patron est Jean de Boulier, seigneur do Saint-Scrnin, 
Lacordonie, Najejouls et Lalande, Le titulaire est François- 
Maurice de Cours Pauliac. Il y avait beaucoup d'autres fon- 
dations dans cette église au témoignage de Nicolas de Vil- 
lars, mais les biens en ont été pillés pendant les troubles du 
xvr siècle. 

A cette époque néfaste le couvent des Cordeliers ne fut 
pas épargné. Ce couvent, un des plus anciens de l'Ordre, avait 
été fondé en 1238 et richement doté par Pierre de Lustrac. 
Il renferma jusqu'à quarante et cinquante religieux. Il pa- 
raît môme qu'un Chapitre général y fut tenu. Lorsque la 
ville fut détruite par Monluc, ce couvent le fut aussi pour 
qu'il ne servît pas de retraite aux ennemis. La plupart des ti- 
tres de propriété furent alors enlevés. Le couvent fut ensuite 
un peu réparé, mais il ne tarda pas à être pillé et brûlé par les 
Calvinistes, et les derniers titres disparurent. « Si bien, écri- 
vait, en 171 5, à M. Hébert, le père gardien, que, de tous les 
revenus dont nous jouissions autrefois, nous n'avons plus que 
quelques petites rentes obituaires, quelque vigne ruinée et 
trois pièces de terre qui étaient autrefois renfermées dans 
l'enclos du couvent, de sorte que le revenu de tout cela mis 
à la plus haute enchère n'irait pas au-delà de 100 écus. Ce 
qui fait que depuis longtemps, la communauté à été réduite à 

cinq ou six religieux et encore ne peuvent-ils pas y vivre 

Quant à Testât présent du couvent, il reste encore une très 
belle église et fort propre qu'on a fait réparer depuis peu, un 
grand cloître qui est, dit-on, le plus beau du diocèse, un dor- 
toir où nous habitons où il y a une douzaine de chambres et 
en bas, une salle, l'infirmerie et les autres offices. Il y a de 
plus un grand dortoir pour une trentaine de religieux, mais 
qui n'est ni couvert, ni planché depuis qu'il a été brûlé par les 
huguenots. La sacristie est fort bien garnie d'ornements de 
toutes les couleurs avec des dalmatiques, des livres de chant et 



— ^4^ - 

d'autres choses qui font voir que c'était autrefois une grande 
communauté v') ». Il n'y a présentement au couvent que le 
P. Pechberty. définiteur actuel de l'Ordre des Frères mineurs. 
En 1790, il déclarera vouloir sortir du couvent. 

Près des Cordeliers se trouve la chapelle de l'hôpital ou 
maison de charité. Elle est longue de quatre pas, large de 
trois et voûtée. L'hôpital se compose de trois petites cham- 
bres garnies chacune d'un lit. Les biens sont quatre carton- 
nats de terre et 100 livres de rente en majeure partie léguées 
par d'anciens curés. Le clergé paroissial y vient en proces- 
sion célébrer la messe le jour de sainte Madeleine. 

Tout le revenu du bénéfice-cure se prend à la matrice. La 
dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus grains 
abusivement à discrétion. Le chapitre Saint-Etienne prend 
les deux tiers des gros fruits ; le curé l'autre tiers, avec dix- 
huit sacs de préciput, les novales, deux barriques de vin et 
toute la dîme verte. Il y a un canton, appelé Raignac, de 
soixante ou quatre-vingt carterées oij le curé prend seul la 
dîme avec dix livres de rente annuelle. On appelle cela le 
gleysage. Le curé jouit d'un autre gleysage consistant en 
trois cartonnais de pré situés dans la prairie de Coquet, pa- 
roisse de Penne et de 9 ou 10 sols de rente sur quelques 
maisons de la ville. Sa part est évaluée officiellement à 1,200 
livres. 

La cure est à la nomination du Chapitre Saint-Etienne. 

On compte cinq cents communiants à la matrice et quatre | 
cents à l'annexe. Celle-ci est desservie par le curé, celle-là 
par un vicaire résident. Il y a dans l'église de Penne une sta- 
tion d'Avent et de Carême. Le prédicateur est nommé par 
l'Evêque et reçoit 200 livres d'honoraires qui sont fournies : 
100 livres par la ville, 40 livres par le Chapitre Saint-Etienne, 
1 5 par le curé, 20 par le prieur d'Allemans et 25 par le curé 

(i) Archives de l'Evêché, F. 2î. 



— ;4- — 

du Port de Penne. Le titulaire actuel est Joseph Fourteu 
Nauton, docteur en théologie, ex-professeur de théologie au 
collège d'Agen, archiprctre de Villeneuve. Il prêtera le ser- 
ment constitutionnel, briguera mais en vain l'épiscopat en 
1791, sera nommé vicaire cathédral de Constant, élu curé 
constitutionnel de Nérac et tombera aussi bas que possible 
dans l'apostasie en se mariant civilement à une protestante. 



SAINT-SULPICE DE RIVELEDE 
ET SON annexe: SAINT-JEAN DE LER 



Le pouillc de Valéri porte : In archiprcshytcralu Montal- 
dcnsi: Rcclor Sancli-Supplicii^ Rtxtor Sancfi-Joannis de Hcrcmo. 

L'église de la matrice est longue de quinze pas, large de 
sept. Elle n'est pas lambrissée. Celle de l'annexe est longue 
de douze pas, large de six. Le chœur seul est lambrissé. 

La dîme du blé dans les deux paroisses se paie au dixième ; 
celle du vin et des menus grains au douzième. Le comman- 
deur du Temple du Breuil et le curé prennent chacun la moi- 
tié des fruits décimaux. Il y a à la matrice un presbytère et 
un gleysage de trois cartonnais dont le curé jouit. 

Le bénéfice dépend de l'ordre de Malte et le Commandeur 
du Temple y nomme. 

Il y a cent vingt communiants à la matrice et trente-huit à 
l'annexe. La messe se dit les dimanches et les fêtes alterna- 
tivement dans les deux paroisses. Les vêpres ne se chantent 
à l'annexe que le jour du patron. Le titulaire actuel est Louis 
Capiel, futur assermenté qui se mariera et finira par le suicide 
pendant la Révolution. 



— '44 - 



SAINT-SULPICE DE RIVELOT 



Valéri place dans l'archiprêtré de Opère celte paroisse qui 
est un membre du prieuré de la Grâce. 

L'église a dix-huit pas de long sur huit de large. L'abside 
est voûtée, la nef lambrissée. Le gros œuvre est de l'époque 
romane. Le maître-autel et le rétable sont dans le style du 
dernier siècle ('). Du côté de l'Epître il y a une chapelle lam- 
brissée, dédiée à Notre-Dame et bâtie par un ancien curé. 
La confrérie de Notre-Dame de Pitié y est établie. On en 
célèbre la fête le 3 mai au milieu d'un grand concours de 
peuple. Il y a ce jour-là, fête de l'Invention de la Sainte- 
Croix, des indulgences accordées à perpétuité par le pape 
Innocent X. Une image en relief de Notre-Dame de Pitié 
est exposée à la vénération des fidèles. 

La dîme de tous les fruits décimaux se paie au dixième. 
Le Prieur de la Grâce prend les trois quarts du vin, du blé, 
méture, seigle et fèves ; le curé l'autre quart, les menus 
grains, la dîme verte et le carnelage. Il jouit en outre d'un 
beau gleysage de la contenance de quatorze cartonnats en 
pré, terre, vigne et jardin. Le presbytère est attenant à 
l'église. 

L'Évêque, actuellement du moins, nomme au bénéfice. 

On compte cent soixante-dix communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Joseph 
Malateste de Beaufort, qui ne prêtera pas le serment schisma- 
tique, sera détenu à Agen pendant la Terreur et mourra après 
avoir adhéré au Concordat. 



(i) G. Tholin, op. cit. 



- 345 - 



SAINT-SYLVESTRE DE PENNE 



I 



Valéri place dans rarchiprôtré de Fumel le prieuré et la 
rectorie de ce nom. Dès i 144. le prieuré de Saint-Sylvestre 
se trouve parmi les vingt-et-une églises du diocèse qui dépen- 
daient alors de l'abbaye de la Sauve ('). 

L'église a vingt pas de long sur dix de large. Le clocher 
est au-dessus de la porte d'entrée. A quatre cents pas de l'é- 
glise, écrivait en 1668 Claude Joly dans son verbal de visite, 
au milieu du bourg, il y a un oratoire soutenu par quatre pi- 
liers de pierre, en forme de pavillon, couvert de tuiles à cro- 
chet, où on fait station quand on va en procession ; on y a dit 
autrefois la messe en temps de peste. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au douzième, des 
menus grains à discrétion. L'abbaye de La Sauve qui prenait 
autrefois les deux tiers de la dîme, ne prend actuellement que 
la moitié du blé, vin, millet, fèves et pois. Le reste, qui vaut 
exactement 2084 livres, est perçu par le curé. Il y a un 
gleysage de trois cartonnais en vigne et jardin et un pres- 
bytère attenant à 1 église (2). 

L'Evêque nomme au bénéfice. Il est vrai que l'abbé de La 
Sauve prétend y nommer. 

Il y a quatre cents communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Etienne Dupré, futur 
assermenté et abdicataire qui mourra pendant la Révolution. 



(1) Voir: Histoire de La Grande Sauve, par i'abbé Cirot de La Ville, tome ii, 
pages ;8 et suivantes. 

(j) Dans le Sommier du Petit Séminaire, le Grand Archidiacre est porté comme 
viOcimateur dans cette paroisse. C'est très probablement par erreur. 




ARCHIPRÉTRÉ DE TOURNOiN 



A rchiprclrc : 

JEAN -JACQUES MOLINIER 

Curé de Saint-Pierre d'Ayrens. 



SAINT-ANDRE DE CARABAISSE 

ET SES annexes: SAINT-BARTHÉLEMY DE TOURNON 

SAINT-BASILE ou SAINT-BLAISE DE TOUREIL 

ET SAINT-JEAN DE LUCANTE 



Le pouilié de Valéri porte : In arclùprcshylcralu de Opcre : 
Rcctor Je Turnone ctSancii-Andrcc de Carabaissa. Les autres 
annexes n'y sont pas mentionnées. Elles existaient cependant 
encore à la date du pouilié, 1 520. Nicolas de Villars en parle 
ainsi dans ses Mémoires: «Juin, 1601. L'ésrlise de Saint- 

o 

Basile de Toreil est toute découverte, hormis sur le grand- 
autel où la voûte est entière, la muraille derrière le grand- 
autel toute ouverte, point de portes, ni autel, ni cloches. Il y 
avait joignant l'église une caminade. II y a un four et une mai- 



son en partie bâtis des ruines de l'église. L'on ne dit jamais 
la messe ; lorsqu'il y avait nombre de prêtres à Tournon, on y 
venait dire la messe le dimanche. Un cimetière, point d'orne- 
ments, les fondements des fonts baptismaux. 

« L'église de Saint-Jean de Lucante ne ferme point, elle 
est découverte au coin du grand-autel, la voûte étant rompue. 
Les autels sont renversés, le cimetière ouvert, point de clo- 
che... on y dit messe rarement, comme le jour de saint Jean- 
Baptiste, de saint Orens, de sainte Quitterie, le lundi des 
Ro£:ations et aux enterrements ». 

Ces deux églises furent abandonnées à l'action destructrice 
du temps, aujourd'hui leurs ruines mêmes ont péri. 

Celle de Saint-André de Carabaisse, appelée encore de 
La Moihe d'Anthé, semble avoir été préservée pendant les 
troubles du xvi® siècle. « Elle est bien couverte et fermée, 
dit Nicolas de Villars, et il y a une chapelle appartenant à 
M. de La Mothe ». Cette chapelle existe encore. L'église 
est champêtre, dans un vallon, sur l'extrême penchant d'une 
colline. Elle est longue de douze cannes, large de trois, 
haute de six. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée 
ni lambrissée. 

Moins favorisée, l'église de Saint-Barthélémy fut détruite 
de fond en comble par les protestants. « Le lieu et le temps 
ne permettant pas de la rebâtir », Nicolas de Villars se borna 
à réconcilier in sepultiiram son emplacement qui a servi depuis 
de cimetière. Le prélat obtint ensuite, non sans peine, du 
gouvernement et des consuls la rétrocession d'une maison, 
appelée VEvescat^ qui faisait partie, avant les brigandages 
huguenots, du domaine épiscopal. Il en fit l'église provisoire 
et c'est ainsi que le culte catholique fut restauré à Tournon 
après une interruption de vingt-deux ans. Dans la suite, les 
successeurs de M. de Villars abandonnèrent au moins tacite- 
ment leur droit de propriété. VEvescat est resté l'église pa- 
roissiale non sans avoir subi de notables transformations. En 



— U9 — 

1727, notamment, la juridiction fut imposée, pour les répara- 
tions de l'église, de 2,3^0 livres dont 500 étaient payables 
par les décimatcurs. Toutefois cette église a gardé quelques 
marques de sa destination première. C'est ainsi que le mur 
de clôture, au sud, représente la fîiçade d'une maison romane 
du XIII* siècle ('). Située au centre de la ville elle a quatorze 
cannes de long, huit de large et dix de haut. Elle n'est ni 
voûtée, ni lambrissée. Le clocher est en bas sur la muraille. 

« Il y avait, dit Nicolas de Villars, à un quart de lieue de 
Tournon une chapelle, appelée Sainte-Gemme, qui est toute 
démolie avec un cimetière qui est mis en labourage ». 

Les religieux pénitents du tiers-ordre de Saint- François, de 
la province de Saint-Louis et Elzéar, se sont établis à Tour- 
non en 1639. M. Collis, gentilhomme ordinaire et premier 
valet de la garde-robe de Monsieur, leur donna l'emplacement 
où ils bâtirent leur couvent. Les consuls s'engagèrent à leur 
fournir à perpétuité une rente annuelle de 300 livres et pen- 
dant dix ans soixante sacs de froment et vingt barriques de 
vin. De leur côté les religieux du même ordre de Bon-Encon- 
tre promirent à la communauté naissante une rente également 
de 300 livres. Le but de cette fondation pieuse, de tout point 
réaliséede nos jours, était d'extirper de cette contrée l'hérésie 
calviniste. Le couvent pourrait loger huit religieux, il n'y en a 
que trois présentement qui sont : le P. Ferdinand Carrère, 
gardien, le P. Hilaire Calvet, syndic et vicaire de la maison. 
et le frère lai Yves Rousset. 

Vers la même époque s'établit une confrérie de Pénitents 
sur le modèle des autres compagnies de ce nom. Leur cha- 
pelle fort modeste a quarante-et-un pieds de long sur seize de 
large. 

La dîme du blé et des fèves se paie au dixième, du vin, 
•te, au quinzième. A la matrice le curé est seul décimateur. 

^1) G, Tholin, op, citato. 



Aux annexes l'évêque prend de seize parts les treize et le 
grand archidiacre les trois parts restantes. Le curé reçoit une 
pension de l'évêque pour y faire le service. « Les vignes et 
autres terres qu'on appelle Revalats (?), écrivait Nicolas de 
Villars, en i6oi.qui soûlaient être ville ne paient dîme ni 
rente, ni le bétail qui croît dans la ville. Car ce qui est au- 
jourd'hui c'était le château où la noblesse habitait et les ecclé- 
siastiques; le reste les bourgeois et marchands: les porfaux y 
sont encore quoique ruinés. Il y avait, ajoute-t-il. quatre-vingt 
cartonnats de terre ou plus et rentes qui appartenaient aux 
prêtres de Tournon, servants à l'église. Ces biens ont été 
aliénés ». Par une transaction entre l'évêque, l'archidiacre et 
le curé de Tan 1767, celui-ci prélève sur la pile commune vingt 
sacs de blé pour ses novales. 

L'Evêque est collateur de plein droit de ce bénéfice dont 
la valeur, officiellement, ne dépasse guère le chiffre de la por- 
tion congrue. 

On compte mille deux cents communiants. Les protestants 
qui étaient la grande majorité, se convertirent en masse du 
4 au 8 septembre 1685. Le temple qu'ils avaient bâti en 1615 
sur les murailles de la ville fut démoli le 29 et le 30 mars 
1685. Le curé réside à Tournon et y fait toutes les fonctions 
curiales. Un vicaire dessert l'annexe. Il y a une station de 
l'Avent et du Carême. Le prédicateur a 60 écus d'honoraires. 
L'évêque en fournit 10^ la ville 50. Une confrérie du Saint 
Sacrement y a été établie par Claude Joly. L'hôpital et sa 
chapelle dédiée à Notre-Dame ont été démolis pendant les 
guerres de religion. Il y a 1 50 livres de revenus pour les pau- 
vres qui sont distribuées par une confrérie de Charité, fondée 
le 7 juin 1701. Deux chapellenies sont desservies dans 
l'église de Tournon, l'une dite de Delsouy, possédée par Guil- 
laume Artigue, prébende de la cathédrale, l'autre appelée de 
Lacroix, possédée par Antoine Marabal, curé de Valeilles. 
Le titulaire actuel est Jean Marraud, futur assermenté qui se 



— y.i - 

rétractera de bonne heure et sera maintenu à son poste après 
le Concordat. 



SAINT-CAPRAIS D'AURIGNAC 
ET SON annexa: SAINT-ETIENNE DE CASTANÈDE 



La reclorie d'Aurignac et de Castanède est placée par 
Valéri dans rarchipréiré de Ferrussac. 

L'église de la matrice est champêtre dans une haute plaine, 
avec trois ou quatre maisons auprès. Le sanctuaire seul est 
lambrissé. Il y a deux chapelles, l'une du côté de l'Epître, 
dédiée à Notre-Dame, dans laquelle la confrérie du Rosaire 
est établie, l'autre en face, dédiée à sainte Rose. 11 y a un 
clocher. 

Celle de l'annexe est aussi champêtre, dans un vallon. Elle 
est longue de vingt cannes, large de quatre, haute de six et 
voûtée. 11 y a deux chapelles, l'une du côté de l'Epître, dédiée 
à Notre-Dame, l'autre du côté de l'Evangile dédiée à saint 
Barthélémy. 11 y a un grand clocher de forme quadrangulaire 
à douze ouvertures.. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé, avoine, orge et de 
tout ce qui se lie se paie au dixième, du vin et des menus 
grains au vingtième. Le curé prend tout le revenu qui vaut 
officiellement 1,900 livres. 11 y a à la matrice un gleysage de 
quatre cartonnats en terre labourable et de deux cartonnais 
en pré. Le presbytère est attenant à l'église. 

Le bénéfice est à la nomination de l'Evêque. 

Il y a trois cents communiants à la matrice et cent quarante 
à l'annexe. Celle-là est desservie par le curé, celle-ci par un 
vicaire. Le titulaire actuel est Bernard Bourrières qui mourra 
en 1790 et sera remplacé par Jean-Jacques Molinier, recteur 
d'Ayrens, qui sera déporté et mourra pendant la Révolution, 



SAINTE-CÉCILE 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Ferrussac. 
Elle avait autrefois comme annexe la rectorie des Sept arbres. 

L'église est dans un petit bourg. Elle est longue de douze 
cannes, large de deux, haute de six. Le chœur est voûté, 
une partie de la nef est lambrissée. Il y a un clocher. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu qui vaut 
1 , 507 livres ('). Il y a un presbytère. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

Il y a quatre cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean Loucaud 
qui prêtera le serment, le rétractera de très bonne heure, 
subira la détention, la déportation et ne pourra reprendre du 
service après le Concordat à cause de son grand âge. 



SAINT-ETIENNE DE NAJEJOULS 



On lit dans le pouillé de Valéri • In archipresbyleratu de 
Opère : Prior de Nujejol:{ et Rector ejusdem, et dans le compte 

(1) En 1596, Nicolas de Villars eut un long procès avec le curé de l'époque ; il re- 
vendiquait une cerlaine portion du revenu de cette paroisse, prétendant que les évê- 
ques jouissaient avant 1466 des trois quarts de la dîme de Sainte-Cécile et de son 
annexe Saint-Martin des Sept arbres. A cette date il y aurait eu entre lévéque et 
le curé un concordat ou transaction par laquelle l'évêque abandonna au curé sa 
portion de dîme, moyennant une certaine pension annuelle appelée « quarticum ». 
Cette redevance aurait été payée exactement pendant cent ans. Depuis, pendant 
fo ans ou environ, Sainte-Cécile et son annexe auraient été desservies par des do- 
mestiques de Janus Frégose et tous les fruits auraient été perçus au profit de la 
mense épiscopale. On ne sait quelle raison opposa le curé, mais l'évêque dut être 
débouté de ses prétentions. 



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des subsides levés pour le Pape en 1 326 : Prier sivc Ùccanus 
de No^i\^olh et capclLi de Nogogolh. Cette paroisse, de la 
juridiction de Tournon paraît avoir été considérable. « On 
dit, écrivait en 1601, Nicolas de Villars, que sur celte mon- 
tagne c'était une ville, les fondements y sont sans maisons. » 
Elle fut annexée pendant quelque temps par ce prélat à Casi- 
deroque. Le prieuré est uni à la mense des bénédictins 
d'Eysses. 

L'église est champêtre sur le sommet d'une colline élevée à 
cent pas du château. Elle est longue de quinze cannes, large 
de six et haute de six. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni 
voûtée, ni lambrissée. Le clocher est en triantrle derrière Tau- 
tel. En 1783, celte église menaçant ruine le curé obtint en 
attendant sa reconstruction de bâtir une chapelle au bas de la 
colline près de sa maison. 

La dîme du blé et du vin se paie au dixième, des menus 
grains à discrétion. Le curé est à la portion congrue. Les 
bénédictins d'Eysses prennent toute la dîme et possèdent en 
outre un gleysage de quatorze cartonnais en terre labourable. 

L'abbé d'Eysses nomme au bénéfice. 

On compte cent trente communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. La fête patronale est l'Invention de saint 
Etienne. Le titulaire actuel s'appelle Lafage. Il mourra au 
commencement de la Révolution. 



SAINT-GEORGES DE BELAYGUE 






Valéri place celte paroisse dans larchiprêtré de Opère. 

L'église est champêtre, dans un vallon, sur la croupe 
d'une colline. 11 y a auprès sept ou huit maisons. Elle est 
longue de vingt cannes, large de six et haute de sept. Le 

3J 



sanctuaire et voûté, la nef n'est ni voûtée, ni lambrissée. Le 
clocher est sur l'arceau du sanctuaire en forme de triangle. 

La dîme de tout se paie au dixième. Le Prieur de Mon- 
sempron prend les deux tiers des fruits, le curé l'autre tiers. 
11 y a un presbytère coniigu à l'église avec un jardin et un 
gleysage de dix-huit cartonnats en vigne dont le curé jouit. 

Malgré quelque prétention du Prieur de Monsempron, 
l'Evêque confère de plein droit le bénéfice. 

Il y a deux cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste ; 
Lacoste qui refusera de prêter le serment schismatique et 
mourra pendant la Révolution. 



SAINT-GERMAIN DE MONTAYRAL 

ET SON annexe: SAINT-MARTIN DE PERRICARD 

ALIAS DE MAZIÈRES 



Valéri place ces deux paroisses dans l'archiprêtré i^^ Opère. 
Le titulaire prend le nom de prieur-curé. 

L'église de la matrice est champêtre, dans une plaine à 
deux mille pas du Lot. Il y a trois ou quatre maisons auprès. 
Elle est longue de quatorze cannes, large de quatre, haute 
de six. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est pas lambrissée. 
Il y a une chapelle du côté de l'Evangile bâtie en 1654 par 
un seigneur de Montayral, voûtée et séparée de la nef par 
deux arceaux et un pilier de pierre et de tuile. Le clocher est 
sur l'arceau du sanctuaire. 

Celle de l'annexe est champêtre aussi, dans un vallon avec 
trois ou quatre maisons auprès. Elle est longue de seize can- 
nes, large de quatre, haute de dix. Le sanctuaire est voûté,. 



■>•>■) 



la nef n'est pas lambrissée. Le clocher est sur deux arceaux 
en forme de tour carrée. L'église est du xii*", le clocher du 
w" siècle('). 

Dans les deux paroisses la dîme du blé et du vin se paie 
au dixième, des menus grains au seizième. A l'annexe le curé 
prend tout le revenu. A la matrice l'évéque prend la moitié du 
blé, les trois quarts du vin et des pailles ; l'archidiacre le 
seizième du blé, le seigneur de Montayral le dix-huitième 
du blé à titre d'inféodation ^^' ; le curé prend tout le reste. 
Son revenu est évalué à 1800 livres. A la matrice il y a un 
presbytère adossé à l'église, un gleysage de vingt-deux car- 
tonnats de terre labourable et trois de pré. De plus les habi- 
tants du villaire de Romet et Tinebas font au curé une rente 

o 

annuelle de cinq ou six quartons de blé. La chapellenie de 
Cars ou Delsouy desservie dans l'église Saint-Barthélémy 
de Tournon a ici la majeure partie de ses biens. Son revenu 
consiste en rentes foncières et directes, savoir : neuf quar- 
tons de froment qui sont la moitié d'un tènemônt, dont l'autre 
moitié est possédée par un particulier : seize quartons de 
froment d'un autre ténement dit de la Tremouillère ; trois 
quartons provenant d'un troisième ténement. Ce bénéfice pos- 
sède d'autres rentes dans les paroisses de Lapujade et de 
Ladignac. A l'annexe il y a un autre gleysage de quatorze ou 
quinze cartonnais de terre labourable. 

C'est l'Evêque qui nomme au bénéfice. 

On compte six cents communiants à Montayral et trois 
cent onze à Péricard. Le curé dessert l'annexe, un vicaire la 
matrice. Au lieu de la Rivéde il y a une chapelle dédiée à 
sainte Anne, Le jour de cette sainte on y va dire la messe par 
suite d'un vœu de paroisse. Le titulaire actuel est Pierre- 



(i) G. Tholin, op. cit. 

(2) Le jour de Saint-Germain, les seigneurs de Montayral l'ont, tous les ans, une 
assemblée de prêtres. 11 se dit jusqu'à certt messes à léglise paroissiale. Ubi missa 
ibi mcnsa. Les frais dépassent le revenu de la dîme inféodéei 



François de Galaup, qui émigreraen 1791, rentrera en France 
pour y mourir en l'on m. Le 2 Janvier 1790, il résignera sa 
cure à Pierre Tresrieux qui prêtera le serment et mourra 
aussi pendant la Révolution. 



SAINT-GILLES DE CAZIDEROQUE 



Cette paroisse fait partie, dans le pouillé de Valéri, de 
l'archiprêtré de Opère. 

L'église est champêtre, dans un vallon, sur la croupe d'une 
colline, au-dessous du château avec cinq ou six maisons 
auprès. Elle est longue de vingt cannes, large de cinq, haute 
de dix. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est ni voûtée ni 
lambrissée. Le clocher est au bas de l'église en forme de 
tour. 

La dîme du blé et du vin se paie au dixième. Le curé prend 
la moitié de la dîme du vin et de huit parts les cinq 
du blé et tous les menus grains et les novales. L'Evêque prend 
l'autre moitié du vin et les trois autres parts du blé et sur ces 
trois parts, le grand archidiacre prend un quart. Le revenu du 
curé est réellement de 1..485 livres i sol 7 deniers. Il y a deux 
cartonnats de vigne et trois de terre labourable de gleysage. 
Une métairie dite de la Borde est exempte de dîme. En 1701 
les habitants du village de Pech-Auriol reconnurent tenir en 
fief de l'Evêque d'Agen le tènement de ce nom, de la con- 
tenance de cent quinze cartonnats. deux boisselats, sous une 
certaine rente payable à la Saint-Michel. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte quatre cents communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Martial Bory, 
qui prêtera le serment, abdiquera en 1794 et mourra vers la 
fin de la Révolution, 



SAINT-HILAIRE DE BELVEZE 
ET SON ANNEXE : SAINT-PIIZRRE DE PERVILLAC 



Le pouillé de Valéri porte : In archiprcshylcrala Fcrrussa- 
^itcnsi : Rccfor de Pcrhulhcico cf Je Vj!/hi-es. 

L'église de la matrice est cliampôtre, dans un vallon, sur 
la croupe d'une colline avec cinq ou six maisons auprès. Le 
sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Le clocher est sur 
l'arceau qui sépare le sanctuaire de la nef en forme de tour. 

Celle de l'annexe est champêtre dans une haute plaine, 
avec sept ou huit maisons auprès. Elle est longue de huit can- 
nes, large de cinq, haute de six. Le sanctuaire est voûté, la 
nef n'est pas lambrissée. 11 y a un clocher. 

A la matrice la dîme du blé se paie au douzième, du vin et 
des fèves au dix-huitième, des menus grains pris au grenier 
aussi au dix-huiiième. Le curé prend tout le revenu. Il y a un 
presbytère attenant à l'église et un gleysage de six carton- 
nats de terre labourable. A l'annexe la dîme du blé se paie au 
dixième, du vin et des menus grains à discrétion. Le curé est 
aussi seul décimateur. Il y a un presbytère et un gleysage 
d'une carterée en terre labourable. La valeur totale du béné- 
I fice est exactement de 4500 livres. 

L'Evêque y nomme. 

On compte deux cent cinquante communiants dans chaque 
paroisse. Le curé dessert l'annexe, un vicaire la matrice. Le 
titulaire est Pierre Bouyssou, futur constitutionnel, qui sera 
maintenu à son poste après le Concordat. 



- r^^ - 

SAINT-HILAIRE DE FERRUSSAC 

ET SON ANNEXE : SAINT-ETIENNE DE SOLMIÈRES 

(ALUS DUCLAUX) 



Le pouillé de Valéri place ces deux paroisses dans Tancien 
archiprêtré de Ferrussac qui a, sans doute, emprunté son nom 
à la première. 

L'église de la matrice est champêtre, sur une éminence, 
dans le voisinage de sept ou huit maisons. Elle est longue de 
dix cannes, large de quatre, haute de six. Le sanctuaire est 
voûté, la nef lambrissée. Le clocher de forme triangulaire est 
en pignon au bas de l'église. 

Celle de l'annexe est champêtre, dans le voisinage de deux 
ou trois maisons, longue de huit cannes, large de trois, haute 
de cinq. Le sanctuaire est voûté. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au onzième, 
celle du vin et des menus grains, abusivement à discrétion, 
A la matrice, de trente-deux sacs de blé le curé en prend dix- 
sept, l'évêque neuf et le grand-archidiacre six. Les fèves, 
orge, avoine et tout ce qui se porte au sol se partage de même. 
Il y a un presbytère, un jardin et un gleysage d'un cartonnât 
en terre labourable. A l'annexe le curé prend toute la dîme. 
Il jouit en outre d'un pré et d'une vigne de gleysage et d'une 
rente de deux quartons de froment, La valeur totale du béné- 
fice-cure est exactement de 2672 livres, 

L'Evêque y nomme. 

On compte en tout quatre cent cinquante communiants, La 
matrice est desservie par le curé, l'annexe par un vicaire. 
Dans cette dernière paroisse, la nuit qui précède la fête de 
sainte Agathe on sonne toute la nuit. Plusieurs personnes 
séjournent dans l'église, on y fait du feu, la muraille sous le 
clocher en est toute noire. Le titulaire actuel est Jacques- 



— î>9 - 



Guillaume Boissct, qui prêtera le serment, subira néanmoins 
la déporialion et sera maintenu à son poste après le Con- 
cordat. 



SAINT-JEAN D'OLMIERES 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprctrc deFerrussac. 
Dans la prochaine circonscription des diocèses elle fera par- 
tie de celui de Cahors. 

L'église est champêtre, sur la croupe d'une colline. Il y a 
cinq ou six maisons auprès. Le sanctuaire est voûté, la nef 
lambrissée. Le clocher est en forme de triangle au bas de 
l'édifice. 

La dîme du blé se paie au dixième, des fèves au douzième, 
du vin et des menus grains à discrétion. Le curé prend tout 
le revenu qui est estimé officiellement 850 livres. Il prélève 
dix-neuf quartons de froment de rente sur un fonds qui est 
conligu à l'église et qui appartient à divers particuliers. 11 
y a un presbytère attenant à l'église. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent vingt-neuf communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean 
Godailh qui se maintiendra pur de tout serment et mourra 
centenaire peu après le Concordat. 



SAINTE-MADELEINE DE CÉZERAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré c/c Opère. 
L'église est champêtre, dans une plaine, à cent pas du châ- 



— ;oo — 

tenu de Cézerac. Le snnctiiaire seul est lambrissé. II y a un 
clocher. 

La dîme du blé et du vin se paie au douzième, des menus 
grains au quinzième. Il y a un gleysage de soixante cartonnais 
de terre labourable tout autour de l'église et un obit de qua- 
torze cartonnats en pré et terre labourable, chargé d'une 
messe tous les samedis. Le curé prend tout le revenu qui est 
estimé officiellement 6^0 livres. 

L Evêque nomme au bénéfice. 

On compte soixante communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est N. Gaubert, enfermé 
comme fou au monastère des Tierçaires de Miramont de 
Latour''). Il mourra pendant la Révolution. 



SAINT-MARTIN DE ROQUECORW 

ET SON ANNEXE : SAINT-JULIEN DE COUISSEL 



Le pouillé de Valéri porte : In archipresbyteratu Ferrussa- 
guensi : Redor de Ruppecornu et de Coyseiio. 

L'église de la matrice est champêtre, dans une haute plaine, 
longue de douze cannes, large de trois, haute de cinq. Le 
sanctuaire est voûté, la nef est- lambrissée. Le clocher est 
soutenu par quatre piliers qui forment deux arceaux. 

Sur le territoire de cette paroisse, à l'entrée du bourg, sur 
main gauche, est la chapelle de Notre-Dame de Roquecor. 
Elle est longue de sept cannes, large de trois, haute de cinq, 
le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Le Saint-Sacrement 
y est gardé en réserve. Le curé est autorisé à y administrer 



(1) Cette localité est dans le département du Gers. 

(2) Dans les anciens actes on lit souvent : Saint-Martin d'Ampiémont de Roquecor, 



— ;oi — 

les sacrements pour la plus grande commodilé des habitants. 
La confrérie de Saint-Fabien et de Saint-Sébastien y est éta- 
blie et par un vœu des paroissiens on fait tous les samedis 
une procession en l'iionneur de ces deux saints. 

L'église de l'annexe est champêtre, sur la croupe d'une 
colline, dans le voisinage de cinq ou six maisons. Elle est 
longue de dix-neuf cannes, large de quatre, haute de dix, en 
grande partie voûtée. Le clocher est sur un arceau au milieu 
de l'église. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au onzième, 
du vin abusivement à discrétion, des menus grains et dîme 
verte au onzième. A l'annexe le curé prend toute la dîme. A 
la matrice il prend tout le vin. Sur 52 sacs de blé, méture, 
fèves, orge et généralement de tout ce qui se lie, l'Evêque 
prend neuf sacs, le grand archidiacre six sacs, lecuré dix-sept. 
Celui-ci jouit en outre de douze cartonnais de terre laboura- 
ble, de onze cartonnais de pré et de six de vigne. Le béné- 
fice est aiïermé 3,800 livres, il passe pour en' valoir 4,500. 
Il y a quelques fondations de charité ^'). 

L'Evoque a la nomination. 

On compte cinq cents communiants à la matrice et deux 
cents à l'annexe. Celle-ci est desservie par un vicaire, celle- 
là par le curé. Le titulaire actuel est Barthélémy Conqueret 
qui prêtera le serment et finira par l'apostasie et le mariage. 

(i) Rapport du curé au gouvernement en i7r>. — Il y a deux établissements de 
charité, l'un pour le bouillon des pauvres, laulre pour donner des métiers. Pierre 
Durengues a donné ooo livres rappoi tant ;o livres de revenu annuel pour le bouillon 
des pauvres. Un ancien curé, Pierre Lacoste, en 1747, a donné 1,000 livres produi- 
sant 50 livres. Antoine Bourricres, grand archidiacre, vicaire général et syndic ou 
clergé d'Agen, donna, en 1767, 2,000 livres produisant 100 livres pour faire appren- 
dre un métier à deux pauvres pris dans les deux paroisses, l'un au choix du curé, 
l'autre à celui du juge. — 11 y a plus de cent pauvres qu'on est obligé de nourrir 
dans leur lit. Avec ces revenus on se trouve en mime de donner des secours aux 
pauvres malades. Les administrateurs se prêtent facilement à leur distribution. La 
paroisse a nommé un syndic qui en est dépositaire et qui ne distribue que d'après 
les billets du curé, auquel il rend annuellement compte en lui rapportant se$ billets. 
(Archives de l'Eviché, jiasse Roquccor. ) 



— ;o2 — 



SAINT-MARTIN DE SEPT ARBRES 



Dans le pouillé de Valéri celle paroisse fait partie de l'ar- 
chiprêtré de Ferrussac. Avant les dernières années du 
xvi^ siècle c'était une annexe de Sainte-Cécile. 

L'église est champêtre dans une haute plaine. Elle est lon- 
gue de huit cannes, large de trois, haute de six. Le sanc- 
tuaire est voûté, la nef n'est pas lambrissée. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au quatorzième, 
des menus grains partie au seizième, partie au vingtième. Le 
curé prend tout le revenu qui est estimé officiellement 650 li- 
vres. Il y a un presbytère. 

L'Evèque nomme au bénéfice. 

On compte cent communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Boch, qui 
mourra pendant la Révolution. 



SAINT-MARTIN DE VALEILLES 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Opère. 

L'église est dans un vallon, sur une petite éminence, avec 
cinq ou six maisons auprès. Le sanctuaire est lambrissé. Il y 
a une chapelle voûtée et un clocher. 

La dîme du blé se paie au onzième, du vin à discrétion. 
Mascaron comme Nicolas de Villars, constatent dans leurs 
procès-verbaux de visite que cette cure était unie au Chapi- 
tre de Notre-Dame de Saint-Amans en Auvergne, que ce 
Chapitre levait toute la dîme et payait une pension au vicaire 



- ;(>; - 

perpétuel. Aujourd'hui le curé est seul décimatcur et son re- 
venu dépasse 4,000 livres. Il y a un prcsbyiére adossé à 
l'église. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte quatre cent dix communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est .Antoine Ma- 
rabal, titulaire de la chapellenie de Lacroix, desservie dans 
l'église de Tournon. Il subira la déportation et rentrera en 
France pour y mourir peu après le Concordat. 



NOTRE-DAME DE COULOUSSAC 
ET SON ANNEXi: : S,\INT-RÉM Y 



Valéri place le prieuré et la rectorie de Notre-Dame de 
Couloussac et de Saint-Rémy dans l'archiprêtré de Ferrussac. 
Le prieuré est uni, de temps immémorial, au Chapitre des 
chanoines réguliers de Saint-Antonin de la congrégation de 
Saintè-Geneviéve. Le 27 avril 1460. un évoque de Nice (ou 
Nicée) consacra un autel en l'honneur de saint Antonin. 

L'église de la matrice est champêtre sur une petite émi- 
nence, dans une plaine. Il y a auprès dix ou douze maisons. 
Elle est longue de quinze cannes, large de huit, haute de six. 
Le sanctuaire est voûté et la nef à moitié lambrissée. Il y a 
une aile du côté de l'Evangile séparée de la nef par deux 
arceaux et un pilier, cette aile est voûtée. Le clocher est en 
forme de tour sur le sanctuaire. 

Celle de l'annexe est champêtre, sur une éminence, longue 
de douze cannes, large de quatre, haute de six, ni voûtée, ni 
lambrissée. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
du vin et des menus grains à discrétion. Le Chapitre de 



— ;04 — 

Saint-Antonin, auquel le prieuré est uni, prend tout le revenu et 
paie la portion congrue du curé et du vicaire. 

C'est l'Evêque qui nomme aujourd'hui au bénéfice ; c'était 
autrefois le chanoine de semaine du Chapitre de Saint-An- 
tonin du diocèse de Rodez. 

On compte cent soixante communiants à la matrice et deux 
cents à l'annexe. Celle-ci est desservie par le curé, celle-là 
par un vicaire. Le titulaire actuel est Jean-François Vidal, 
futur constitutionnel, que son grand âge empêchera de re- 
prendre du service après le Concordat. 



NOTRE-DAME DE GOUTS 

ET SES annexes: SAINT-MARTIN DE BOURNAZET 

ET LA CHAPELLE DE MONTAIGUT 



Le pouillé de Valéri porte : In archipresbyteratu Fcrrussa- 
guens'i : Recfor de Monte aciito et de Borna^eiio. De fait il n'y 
a que deux paroisses, la chapelle de Montaigut méritant plutôt 
le nom de succursale que celui d'annexé. 

L'église de la matrice est champêtre. Elle est entièrement 
voûtée. Du côté de l'Epitre s'ouvre une chapelle dédiée à 
saint Luc. Le clocher est de forme quadrangulaire. 

Celle de Bournazet est champêtre sur la croupe d'une col- 
line, à mille pas de Montaigut. Le sanctuaire est voûté, la 
nef lambrissée. Il y a un clocher. 

La chapelle de Montaigut est au milieu de la ville, au- 
dessous du château. Elle est longue de quatorze cannes, large 
de six. Le chœur est voûté, la nef lambrissée. 11 y a une aile 
au bas de laquelle s'élève le clocher. 

La dîme du blé §e paie au dixième, du vin et des meny§ 



— /.^ — 

grains à discrétion. Le curé est seul décimateur. Les 
dîmes produisent 5845 livres. A Bournazei il y a un gleysage 
en pré et en vigne de huit cartonnais et à Goûts et à Mon- 
taigut un presbytère. 

C'est l'Evèque qui nomme au bénéfice. 

On compte cinq cents communiants à Goûts, cent vingt à 
Bournazet et cinq cents à Montaigut. Le curé fait toutes les 
fonctions curiales à Montaiirut. les deux autres écrlises sont 
desservies par un vicaire. Il y a une confrérie de charité éta- 
blie pour distribuer des secours aux indigents. Le titulaire 
actuel est M. Mazct, qui.cn i7f^7. fut. pour des raisons restées 
obscures, interné par lettre de cachet au fort de Lourdes. Il 
fut libéré, le 27 juin 1788, grâce aux instances de ses parois- 
siens et de ses confrères, mais avec défense d'approcher du 
diocèse plus près de 5 lieues. La Révolution va lui rendre 
entièrement la liberté et l'on ne devra pas s'étonner de le re- 
trouver parmi les plus ardents constitutionnels. Il mourra à la 
fin de la Révolution, Pour le moment ses paroisses sont con- 
fiées au vénérable abbé de Larligue qui mourra martyr en 
1792 ('). Il y a deux vicaires. 



NOTRE-DAME DE LACOUR 
ET SON annexe: SAINT-CIRICE 



Le pouillé de Valéri porte : //; archiprcsbyteratu Feirussa- 
^ucnsi : Prior de Ciirtc, rcctor ejusdcm et Sancti Ciricii. Il n'est 
plus aujourd'hui question de ce prieuré. Peut-être a-t-il été 
uni autrefois au Chapitre Saint-Etienne. Cela expliquerait les 
droits de ce Chapitre sur cette paroisse. 



(i) Voir la biographie manuscrite de l'abbé de Lartigue, par M. Lespinasse, curô 
ie Sainte-Livrade, 



, 



-- 566 — 

L^église de la matrice est dans un bourg. Elle est longue 
de vingt cannes, large de six, haute de dix. On y descend par 
deux ou trois marches. Elle est lambrissée et ilanquce de 
deux chapelles. Le clocher s'élève du milieu de Féglise sur 
quatre piliers soutenant quatre arceaux. 

Celle de l'annexe est depuis longtemps en ruines et délais- 
sée. En 1706 déjà on n'y disait la messe que le jour de la 
fête du patron. 

Le curé prend toute la dîme sauf dans un certain quartier 
qui forme à peu près le quart de la paroisse. Là, le Chapitre 
Saint- Etienne de neuf sacs de blé en prend sept, le curé per- 
çoit les deux autres ainsi que tout le vin et les menus grains. 
Il jouit en outre d'un gleysage qui consiste en une rente d'un 
sac de blé sur certaines terres qui avoisinent l'église de Saint- 
Cirice. Le bénéfice vaut 1,785 livres officiellement et en réa- 
lité 3,908 livres 10 sols. 

Le Chapitre Saint-Etienne y nomme. 

On compte en tout sept cents communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Il y a un vicaire. Le titulaire 
actuel est Pierre Carrié, futur constitutionnel qui ne sera pas 
employé après le Concordat pour cause d'infirmité. 



SAINT-PIERRE D'ANTHE 
ET SON annexe: sainte FOY DE SOMBAL 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archipresbyterata de 
Opère : Rector Dayren, Sande-Fidis Dante et de Sonibal. En 
1601, Nicolas de Villars écrit dans ses Mémoires : « Saint- 
Pierre d'Anthé et ses annexes Saint-Caprais de Sombal et 
Sainte-Foy ». Ces deux dernières églises étaient alors en rui- 



nés. Une seule, celle de Sainte-Foy a été relevée, en 16^5, 
par le seigneur du lieu. 

L'église de la matrice est en rase campagne, il y a dix ou 
douze maisons auprès et le château. Elle est longue de vingt 
cannes, large de quatre, hauie de dix. Le ciuxjur est lam- 
brissé. 11 y a une chapelle dédiée à saint AiUoinc. Le clo- 
cher est en forme de tour. 

Celle de l'annexe est champêtre, dans un vallon. Elle est 
longue de di.x cannes, large de quatre, haute de six. Le sanc- 
tuaire est lambrissé. Il y a un clocher. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé et du vin se payait 
autrefois au dixième, aujourd'hui par tolérance on ne la paie 
qu'au onzième. Le curé prend le quart de tous les fruits, l'é- 
vêque les trois quarts du blé et du vin, mais il abandonne au 
grand archidiacre le quart de sa portion de blé. Il y a à la 
matrice un gleysage de quatre ou cinq cartonnais en vigne 
ou terre labourable. Le curé jouit d'un autre gleysage qui 
consiste en une rente de quatre sacs de blé. Celte rente était 
autrefois de 22 sacs de blé, comme il est porté dans un ré- 
pertoire retenu par un notaire de Tournon et daté de 1463. 
Le presbytère est attenant à l'église avec un sol et un petit 
jardin provenant d'une fondation chargée de trois messes par 
an. Il y a à Sainte-Foy un gleysage de trois ou quatre carton- 
nais en vigne et terre labourable. Le revenu du curé, sur les 
listes officielles, atteint à peineMe chiffre de la portion congrue. 

C'est l'Evoque qui nomme au bénéfice. 

On compte en tout cinq cent quatre-vingts communiants. 
Le curé fait à la matrice toutes les fonctions curiales requises 
de droit ; il dit la messe à l'annexe les dimanches et fêtes 
d'obligation. Le titulaire actuel est Jean Hugon, qui prêtera 
le serment et mourra pendant la Révolution. 



— 5()8 — 



SAINT-PIERRE D'AYRENS 

ET SES ANNEXES : SAINT-PHILIPPE DE BOIDESSEL 

EL SAINT-MICHEL DE LA GARDETTE 



Dans le pouillé de Valéri Ayrens.. comme nous l'avons vu 
est uni aux paroisses d'Anthé et de Sombal ; le prieuré-cure 
de Lagardetteest indépendant et Saint-Philippe de Boidessel 
n'est pas mentionné. En 1595, Nicolas de Villars chargea le 
recteur d'Ayrens du service, depuis longtemps interrompu 
de Saint-Philippe. Il lui défendait en même temps de s'im- 
miscer dans le service de Lagardette qui, dit-il, est un prieuré. 
La force des choses a prévalu contre la défense du prélat. 
Ce prieuré dont les biens et les rentes étaient autrefois 
considérables, est réduit aujourd'hui par suite d'usurpations 
aux trois quarts des dîmes de la paroisse. Ces dîmes sont 
affermées 90 livres. L'Evèque nomme à ce bénéfice. Le 
titulaire actuel est Jean-Baptiste Laurens, curé de Lusignan- 
Petit. 

L'église de Saint-Pierre d'Ayrens est champêtre, dans un 
vallon, elle est longue de douze cannes, large de quatre, haute 
de six. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Il 
y a un clocher au bas de l'édifice en forme de tour. 

Celle de Boidessel est tout à fait en rase campagne, dans 
un vallon, sur une éminence, à cent pas du château de Ro- 
quebrune. Elle est longue de sept cannes, large de trois, 
haute de quatre. Le sanctuaire est lambrissé, la nef ne l'est 
pas. Il y a un clocher. 

Celle de Saint-Michel de Lagardette est champêtre, sur 
une éminence. Elle est longue de cinq cannes, large de 
trois, haute de cinq. Elle n'est pas lambrissée. 

A la matrice la dîme du blé et du vin se paie au onzième, 



^ i'v - 



des menus grains au quatorzième. Le curé est seul décima- 
teur. Il jouit d'un gleysnge de deux cartonnais en vigne. Le 
presbytère est à cent pas de Téglise. A Samt-Philippe la dîme 
se paie au douzième, du vin et des menus grains à discrétion. 
De seize sacs de blé, le curé en prend quatre, 1 cvèque neuf 
et le grand archidiacre trois. L'Evoque prend les tro.s quarts 
du vin, le curé l'autre quart et tous les menus grains. Ce der- 
nier jouit en outre d'une rente de trois quarions de biè et 
d'une poule sur l'ancien gleysage usurpé par un particulier 
A Saint-Michel le prieur prend les trois quarts des fruits, le 
curé l'autre quart. Le revenu du curé est exactement 'de 
2552 livres. 

On compte deux cents communiants à la matrice, quatre- 
vmgts à Saint-Philippe, quinze ou vingt à Saint-Michel. Le 
curé fait toutes les fonctions curiales à Saint-Pierre d'Ayrens, 
Il dit la messe de quinze en quinze à Saint-Philippe et seule^ 
ment le jour de la fête du patron à Saint-Michel de La-ar- 
dette. Le titulaire actuel est Jean-Jacques de Molinier,%,i 
résignera sa cure en 1790 à Antome Hommeau. Celui-ci 
prêtera le serment, subira néanmoins la déportation et sera 
nommé à Condesaigues après la Révolution. 



SAINT-PIERRE DE BOURLENS 
ET SON annexe: SAINT-SERNIN DETHÉZAC 



Valéri place ces deux paroisses dans l'archiprôtré Je Opère. 
L'église de la matrice est du xi" siècle';. Elle est champê- 
tre, dans un vallon. Il y a quatorze ou quinze maisons auprès. 

('! G. Tholii), op, cit< 

34 



:o — 



Ses dimensions sont : douze cannes de longueur, dix de lar- 

o-eur et dix de hauteur. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est 
o 

pas lambrissée. 11 y a une chapelle voûtée en plein cintre du 
côté de l'Evangile, elle est dédiée à Notre-Dame, et une autre 
du côté de l'Epître dédiée à saint Jean. Cette église a été 
consacrée. Le clocher est sur l'arceau du sanctuaire en forme 
de tour. 

Celle de l'annexe est champêtre à deux cents pas des mai- 
sons. Elle est longue de quatorze cannes, large de six, haute 
de huit. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est pas lambrissée. 
Le clocher est sur le mur au fond de l'édifice. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au treizième, 
du vin à discrétion, des menus grains au grenier. A Bourlens 
l'Evèque'') prend tout le vin et les trois quarts des autres 
fruits, le curé le reste. A Thézac l'Evêque prend tout le vin 
et les trois quarts de tous les grains, mais il abandonne à 
l'archidiacre le quart de sa portion de blé, le reste est au curé 
qui jouit en outre à Bourlens d'un gleysage de dix cartonnats 
en vigne et de quinze en terre labourable. Il y a un pres- 
bytère dans les deux paroisses. La part du curé est évaluée 
officiellement à 1.150 livres. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte quatre cents communiants à la matrice et autant 
à l'annexe, Le curé réside à Thézac et fait desservir Bourlens 
par un vicaire. Le titulaire actuel est Pierre Espinasse qui 
prêtera le serment, le rétractera et sera maintenu à son poste 
après le Concordat. 



(i) En I2J2, dit Labrunie, Richard, abbé de Grand-Selve vendit à Guillaume II, 
évêque d'Agen, les terres et possessions qui appartenaient à l'abbé et au couvent 
dans la paroisse de Bourlens, juridiction de Tournon, pour le prix de ij livres. Le 
contrat de vente est aux archives de l'cvûché. (Catalogue raisonné des Evèques. 
Art., etc. Guillaume 11^. L'évêque d'Agen avait un ciiâleau à Bourlens qui dans la 
suite passa on ne sait comment à la maison de l'Estelle, 






SAINTPIi:Rkl{ DE HOURNAC 



Valéri place celle paroisse dans l'archiprèlré de Ferrussac. 

L'église est champôtre, sur la croupe d'une colline, il y a 
cinq ou six maisons auprès. Elle est longue de huit cannes, 
large de trois et haute de six. L.e sanctuaire est voûté, la nef 
lambrissée. Il y a un clocher. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu qui est exacte- 
ment de 2.784 livres, il jouit en outre d'un gleysage de huit 
cartonnatsen jardin, vigne et terre labourable. 11 y a un pres- 
bytère. 

L'Evèque nomme au bénéfice. 

On compte cent vingt communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean Denoyer. Il 
subira la déportation quoique assermenté et mourra peu après 
le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE MONCESSOU 
ET SON ANNEXE : SA I NT-A M A N D D E LESPINASSE 



Ces deux paroisses, formant une seule rectorie, sont pla- 
cées par Valéri dans l'archiprèlré de Ferrussac. Dans la pro- 
chaine circonscription des diocèses elles seront incorporées 
à celui de Cahors. 

L'église de la matrice est champêtre, dans un vallon, sur 
une petite éminence Elle est longue de huit cannes, large de 
quatre, haute de six et entièrement lambrissée. Le clocher est 
sur l'arceau qui sépare la nef du sanctuaire. 



, 



Celle de l'annexe est champêtre, dans un vallon. Elle est 
longue de dix cannes, large de trois haute de six. Le sanc- 
tuaire est voûté. Il y a un clocher. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé, mixture et orge se 
paie au dixième, du vin et des menus grains au douzième. Le 
curé prend tout le revenu qui est estimé officicllcnient i ,600 li- 
vres. Il y a à la matrice, près de l'église, un gleysage de 
six cartonnats en terre labourable. 

C'est TEvêque qui nomme au bénéfice. 

On compte cent cinquante communiants à la matrice et 
deux cent cinquante à Tannexe. Celle-ci est desservie par un 
vicaire, celle-là par le curé. Le titulaire actuel est Joseph 
Planton qui subira la déportation. 



SAINT-SULPICE DE MONTAGUDET 

ET SES annexes: SAINT-JEAN DEL BISTOU 

ET SAINT-GERVAIS 



Le pouillé de Valéri porte : In arclilpresbyteratu Ferriissa- 
giicnsi: Rcdor Sandl Siipplicii de Monte Agudefo, SanctiJohan- 
nis de Bosco et de Sancta Marsa sive Sancli Gervasii. Ces 
paroisses, à la prochaine circonscription, passeront au diocèse 
de Cahors. 

L'église de la matrice est sur une éminence auprès du châ- 
teau et de quatorze ou quinze maisons. Elle est longue de 
huit cannes, large de trois, haute de six, entièrement lambris- 
sée. Du côté de l'Evangile s'ouvre une chapelle voûtée. Il y 
a un clocher. 

Celle de Saint-Jean est champêtre, dans un vallon, avec 
deux ou trois maisons auprès, Elle est longue de huit cannes, 



large de cinq, haute de six et lambrissée. Le clocher de 
forme triangulaire est au-dessus de la porte d'entrée. 

Celle de Saint-Gervais est champêtre, dans une plaine, elle 
est longue de dix cannes, large de quatre, haute de huit et 
entièrement voûtée. Le clocher est aussi de forme trianq^ulaire. 

Dans les trois paroisses la dîme du blé, du vin et des me- 
nus grains se paie au dixième. Le curé prend tout le revenu 
qui est estimé oflicicllemcnt 178^ livres. A Montagudet il y 
a un gleysage de deux cartonnais en terre labourable et à 
Saint-Gervais un autre de un cartonnât en pré et de deux en 
terre labourable. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte quatre-vingts communiants à Montagudet, cent 
cinquante à Saint-Jean, deux cent soixante-deux à Saint- 
Gervais. Le service est assuré par le curé et un vicaire. Le 
titulaire actuel est Jean Urbain d'Auber de Peyrelongue, qui 
émigrcra et après le Concordat sera nommé curé de Lauzun. 



SAINT-SULPICE DE SOUILLAS 
ET SON ANNEXE : SAINT-BAUZEL 



Valéri place ces deux paroisses, ainsi unies, dans l'archipré- 
tré iic Opcrc. Saint-Bauzel n'est autre que le nom un peu 
corrompu de Saint-Basile. 

L'église de la matrice est dans une haute plaine, en rase 
campagne et éloignée de quatre cents pas de quelques mai- 
sons éparses. Elle est longue de huit cannes, large de quatre, 
haute de cinq, ni voûtée, ni lambrissée. Le clocher est au 
fond de réïrlise. 

o 

Celle de l'annexe est champêtre dans un vallon. Elle est 



- '"4 - 

loneue de huit cnnnes, lariie de trois, hcaiite de cinq. Elle 
était entièrement voûtée. Elle s'effondra en 1778 et le 3 dé- 
cembre de la même année M. de Bonnac dut transférer le 
service dans la chapelle du château. 

La dîme dans les deux paroisses se paie : des gros grains 
au onzième ; du vin, au douzième ; des menus grains, dîme 
verte et carnelage, au quatorzième. De trente -deux portions 
de gros grains l'évêque en prend neuf, le grand archidiacre 
six, le curé dix-sept. Ce dernier prend en outre tout le vin, 
les menus grains, la dîme verte et le carnelage. Son revenu 
est exactement de 2515 livres. Il y a à Souillas un gleysage de 
cinq ou six cartonnats qui est usurpé par un particulier et un 
presbytère attenant à l'église. 

L'Evèque nomme au bénéfice. 

On compte trois cents communiants à la matrice et cent 
quarante à l'annexe. Les deux paroisses ont droit à toutes 
les fonctions curiales. Le titulaire actuel est Remy Pomiès, 
futur assermenté et abdicataire qui mourra pendant la Révo- 
lution. 



SAINT-SULPICE DE VALPRIONDE 

ET SES annexes: SAINT-AIGNAN 

ET SAINT-CAPRAIS DE SOUCIS 



Le pouillé de Valéri porte : în archipresbyieraiu Ferrussa- 
guensi : Recfor de Valie Prcjiinda, Sancti Amancil (sic) ci de 
Soucis. Il y a un prieuré simple et séculier, de la collation de 
l'évêque, qui vaut 2,650 livres et dont est titulaire Jean- 
François de Caulet, chantre et vicaire général d'Agen. 

L'église est champêtre dans un vallon, sur la croupe d'une 
petite colline, auprès de dix ou douze maisons. Elle est Ion- 



— 37^ - 

giic de dix cannes, large de quatre, haute de sept. Le sanc- 
tuaire est voûté, la nef lambrissée. Il y a une aile. Le clocher 
est en forme de tour au-dessus du sanctuaire. 

Celle de Saint-Aignan est champêtre, dans un vallon et 
aussi sur la croupe d'une colline, au-dessus du château. Elle 
est longue de dix cannes, large de trois, haute de six. Le 
chœur est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Il y a un clocher. 

Celle de Soucis est champêtre, dans un vallon. Elle est 
longue de huit cannes, large de trois et demie. Le sanctuaire 
est lambrissé. Du côté de l'Evangile s'ouvre une chapelle 
voûtée, dédiée à saint Jean. 

Dans les trois paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
du vin et des menus grains au quatorzième. A Valprionde et à 
Saint-Aignan le prieur prend les deux tiers de tous les grains, 
le curé l'autre tiers et tout le vin. A Soucis le prieur prend toute 
la dîme. Le revenu du curé est estimé officiellement 910 li- 
vres. Il y a un pré de gleysage à Soucis et à Valprionde une 
maison prieuriale où le curé réside. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte trois cent cinquante communiants à Valprionde, 
cent à Saint-Aignan et deux cents à Soucis. Les trois parois- 
ses ont droit à toutes les fonctions curiales. 11 n'y a cepen- 
dant pour le moment qu'un curé et un vicaire. Le titulaire 
actuel est Pierre Levezou de Vesins qui mourra pendant la 
Révolution. 



SAINT-VINCENT D'AURIAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Ferrussac. 

L'église est champêtre, sur un mamelon, dans une plaine, 
avec cinq ou six maisons auprès. Le sanctuaire est lambrissé. 
Il y a un clocher. 



La dîme du blé se paie au dixième, du vin et des menus 
grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu qui est 
exactement de 2,;; 7 5 livres. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent cinquante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre 
Billon, qui refusera le serment, subira la déportation et après 
le Concordat sera nommé à Aurignac. 



SAINT-VINCENT DE COUBIAC 



Cette paroisse dans le pouillé de Valéri fait partie de 
l'archiprètré de Opère. 

L'église est du xi" siècle, sauf le portail qui est du xin° (0. 
Elle est champêtre, dans un vallon, n'ayant auprès que 
le presbytère. Elle est longue de douze cannes, large de qua- 
tre, haute de sept. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est pas 
lambrissée. Le clocher-arcades s'élève au-dessus de l'arc qui 
sépare le chœur de la nef. 

La dîme du blé se paie au onzième, des menus grains au 
quinzième, du vin à discrétion. L'Evêque prend la moitié du 
blé, le grand-archidiacre le quart, le curé l'autre quart et tout 
le vin. Il y a un presbytère et un gleysage de vingt-sept car- 
tonnats en pré et terre labourable. Le revenu du curé est 
exactement de 1,580 livres. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte trois cents communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Louis Chiniard qui 
prêtera le serment, abdiquera, se rétractera, sera maintenu à 

(1) G. Tholin, op. cit, 



son poslc après le Concordat cl dans la suite sera nommé curé 
dcTournon. 



SAINT-VINCENT DE MASQUIERES 
ET SON ANNRxt : SA I NT- P I ER R E DE BONNEVAL 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archiprc^hylcralu de 
Opcrc : Prior Je Mi.is.]ucriis, rcclor cjusdcin et sancli Pc/ri Je 
Bonavallc. Le prieuré simple et séculier vaut exactement 2,000 
livres. Le titulaire actuel est François-Raymond de Mauron, 
prêtre du diocèse de Toulouse. Ce prieuré dépendait autrefois 
de l'abbaye de Moissac. 

L'église de la matrice est champêtre, dans un vallon, avec 
quatorze ou quinze maisons alentour. Elle est longue de qua- 
torze cannes, large de cinq, haute de huit. Le sanctuaire est 
voûté et élevé de dix à douze marches au-dessus de la nef, 
laquelle n'est pas lambrissée, il y a une chapelle voûtée sépa- 
rée de la nef par un arceau. Le clocher est sur l'arceau du 
sanctuaire. 

Celle de l'annexe est champêtre, dans un vallon. Elle est 
longue de dix cannes, large de trois, haute de six. Le sanc- 
tuaire est voûté, il y a un clocher. 

Dans les deux paroisses le curé prend le tiers de tous les 
fruits décimaux, le prieur les deux tiers. A Masquières, le 
curé jouit d'un gleysage de deux cartonnats en pré et le prieur 
de soixante cartonnats en pré, vigne, bois et terre laboura- 
ble. C'est juste la moitié de ce qu'il possédait sous Nicolas 
de Villars. Le revenu du curé est estimé officiellement 500 
livres. 

Le prieur nommait autrefois au bénéfice, aujourd'hui c'est 
l'Evêc^ue, 



On compte trois cents communiants à la matrice et qua- 
tre-vingts à l'annexe. Les deux paroisses ont droit à toutes les 
fonctions curiales. Le titulaire actuel est Bertrand Vignolle, 
futur assermenté et abdicataire, qui se rétractera et sera 
nommé à Saint-Etienne de Castanède après le Concordat. 



SAINT-VITE D'ORT ou de LAPOUJADE 



Le pouillé de Valéri porte : In archipresbyterata de Opère. 
Redor sancli A vidi de Do^ii. 

L'église est champêtre dans la plaine du Lot et près de cette 
rivière. Il y a dix ou douze maisons aux environs. Le sanc- 
tuaire est voûté, la nef n'est pas lambrissée. Le clocher, de 
forme triangulaire, est au bas de l'église. 

La dîme de tous les fruits se paie au douzième. Autrefois 
le curé prenait le tiers de la dîme, et le prieur de Monsem- 
pron les deux tiers. Aujourd'hui le curé est réduit à la por- 
tion congrue et le prieur est seul décimateur. Le presbytère 
est contio^u à l'és^lise avec un cartonnât de terre labourable 
de gleysage. Il y a aussi quelques biens dépendants de la 
chapellenie Delsouy et Margualhiane d'Orgueilh. 

Le bénéfice est de la nomination du prieur de Monsempron. 

On compte cent soixante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Etienne Mal- 
bec, qui prêtera le serment et mourra pendant la Révolution. 







ARCHIPRÊTKÉ DE FUMEL 



Archiprclre de Fiiincl : 

M. NAVELET 
Curé de Coiidesaigues 



SAINT-AVIT DE LÈDE (lacapelle-biron) 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église est champêtre, dans un vallon, sur la croupe d'une 
colline à cinq cents pas du château et du bourg. Elle est 
complètement voûtée, longue de vingt cannes, large de six, 
haute de dix. Il y a deux chapelles, l'une dédiée à Notre- 
Dame, l'autre à Sainte-Radegonde. Le clocher s'élève au- 
dessus de l'arcade qui sépare la nef du sanctuaire. 

A cent pas du bourg il y a une chapelle publique, faite en 
ovale, longue de six cannes, large de trois et haute de cinq. 
Elle a été très bien restaurée en 1783 par les ordres du comte 
de Valence, seigneur du lieu. Il semble que cet oratoire ait 
eu autrefois une certaine importance et qu'il ait donné à l'en- 
droit le nom de Laçapelle qui prévaut de plus en plus. 11 



I 



— ;;>o — 



était desservi par un petit chapitre composé de trois chanoines 
à la charge du seigneur. Cette fondation a disparu pendant 
les troubles du xvi° siècle. 

La dîme du blé, du vin et du chanvre se paie au dixième. 
On ne dîme pas les menus grains. Cette paroisse était un 
membre du prieuré de Saint-Sardos de Laurenque. Le cha- 
pitre de Sarlat auquel le prieuré est uni prenait autrefois la 
moitié de lous les fruits décimaux. Aujourd'hui il est seul déci- 
mateur dans un ténement appelé de Montauriol et le curé 
dans le reste de la paroisse. Le revenu de ce dernier dépasse 
quinze cents livres. Il y a un presbytère et un petit gleysage de 
dix cartonnats, deux boisselats, en cinq pièces, près du bourg 
de Lacapelle. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cinq cents communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. L'église a été consacrée, on en célèbre 
la dédicace le dimanche après Saint-Luc. Outre la fête patro- 
nale de Saint-Avit (17 juin), on célèbre aussi une fête votive 
le 10 mai, jour de saint Mathurin, prêtre. Il y a une confrérie 
du Rosaire, sans statuts et approuvée verbalement par Mas- 
caron. Le titulaire actuel est Géraud Sagetté, qui prêtera le 
serment, le rétractera et refusera un emploi après le Con- 
cordat. 



SAINT-BARTHELEMY DE BARS ou SAUVETERRE 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église est champêtre, dans un vallon, au pied d'une col- 
line, dans le voisinage de quatorze ou quinze maisons, éloi- 
gnée du bourg de deux mille pas. Elle est grande, bien voûtée 
et se compose de deux nefs dont l'une a un autel dédié à I^ 
Sainte-Vierge. 



^ ;H, - 

Il y à une chapelle publique dans le bourg. Restaurée il y 
a peu d'années, elle est actuellement dédiée à saint Joseph. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au seizième On 
ne dîme point les menus Ç!;rains. Le curé prend tout le revenu 
qui est estimé i^>() livres. Il y a une rente foncière de 
30 sols sur un moulin appelé moulin de l'église et un pré de 
gleysage de deux cartonnais, il n'y a pas de presbytère. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte huits cents communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Plusieurs sont enrôlés dans la confrérie du 
Saint-Sacrement. L'église a été consacrée, on en fait la dédi- 
cace le 10 décembre. Le titulaire actuel est Jean Seguy''), 
qui mourra vers la fin de 1789 et aura pour successeur le 
1 3 décembre de la môme année Jean Alverni. Celui-ci prêtera 
le serment, subira la déportation et sera maintenu à son poste 
après le Concordat -'. 



SAINT-CHRISTOPHE DE TRENTELS 



Valérl place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 
En 1360, Jean de Lespinasse fonda une chapellenie pour 
être desservie dans les paroisses de Trentels et de Sainte- 
Croix de Penne et dont il attribua la collation à l'Evoque. 



(1) Jean Séguy est l'auteur d'un manuscrit publié, en 1879, par M. Mondenard, 
sous ce titre : « La féodalité en Agenais en 1789. Manuscrit d'un curé de campagne, 

etc » Un des prédécesseurs de Jean Séguy, nommé Augier, né probablement à 

Miramont vers 1080, mort vers 1750, écrivit dans le Mercure de juillet 1715 : Lettre 
sur la situation d'Uxeliodunum qu'il place à Luzcch ( Voir la BiHicgraphic de 
M. Andrieu'. 

(2) Ily a à un quart de lieue de Sauvetene, écrit Nicolas de Villars dans ses 
Mimoires, le long de la rivière de la Lémance, près de quatre rochers qui semblent 
des tours, une fontaine où les évoques de Sarlai, de Cahors et .Agen peuvent boire 
ensemble en Lurs diocèses. 



L*éelise, de la fin du xi° ou du commencement du xii® sîè- 
cle, ofire, à l'extérieur, l'aspect d'une véritable forteresse. 
Elle est à chevet plat, en forme de croix latine, le sanctuaire 
est voûté en berceau plein cintre ; le reste est lambrissé (■). 

L'Evêque prend la moitié du blé, sauf vingt-quatre sacs, 
sur le sol, que le curé prend pour les novales, qui sont mises 
en masse. Le curé prend en outre la moitié du blé, tout le 
vin, la dîme verte, le carnelage, toutes les pailles et autres 
choses décimables. Son revenu est exactement de 2,785 
livres. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte trois cent quarante communiants. Au commen- 
cement du xvii^ siècle les trois quarts des habitants étaient 
encore husruenots. Le curé est tenu à toutes les fonctions 
curiales requises de droit. Le titulaire actuel est Hugon Dan- 
tin, qui prêtera le serment, abdiquera la prêtrise et finira par 
le mariage. 



SAINT-FRONT 



Le prieuré et la reclorie de Saint-Front sont placés par 
Valéri dans l'archiprêtré de Fumel. Le prieuré, simple et ré- 
gulier, de l'ordre de saint Benoît, est à la nomination de l'abbé 
d'Aurillac et il est possédé par un religieux bénédictin (2). 

L'église est champêtre, dans un vallon, longue de vingt 
cannes, large de cinq, haute de dix. Le sanctuaire est voûté, 
la nef lambrissée. Il y a une chapelle de chaque côté ; celle 



(1) G. Tholin, op, cit. 

(2) Les bénédictins d'Eysscs possédaient aussi quelques biens fonds situés sur 
cette paroisse. 



du côté de l'Epitre est dédiée à saint Roch. Le clocher est 
sur le sanctuaire en forme de tour '■'. 

La dîme de tous les fruits se paie au dixième. Autrefois le 
curé prenait les trois quarts du blé et la moitié du vin. il s'est 
depuis quelque temps réduit à la portion congrue. Le prieur 
prend tout le revenu. 11 y a un gleysage de quatre cartonnats 
de terre labourable ou pré sur le Caurt^iloii. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte quatre cents communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. La confrérie du Saint-Sacrement y est 
établie. Le titulaire actuel est Claude Poymiro, futur asser- 
menté, qui se mariera et aura la conduite la plus déplorable 
pendant la Révolution. 



SAINT-GLRAUD DE MONSEMPRON 
KT SON ANNNEXE : NOTRE DAME DE LIBOS 



Le prieuré et la rectorie de Monsempron faisaient partie 
de l'ancien archiprétré de Fumel. Le prieuré est de l'ordre 
de Saint-Benoît et dépend de l'abbé d'Aurillac en Auvergne. 
Les paroisses de Cuzorn. Lapujade, Mondoulens et Monsé- 
gur sont des membres de ce prieuré. Notre-Dame de Libos 
n'a jamais été une église paroissiale. Elle fut, au Moyen-Age, 
le centre d'un pèlerinage très fréquenté sous le nom de No- 
tre-Dame de Guérison. Tombée en ruines au xvn" siècle, elle 
a été relevée il y a une trentaine d'années, par les habitants 



(i) '« Eglise du commencement du xi« siècle. Une addition faite à l'église de Saint- 
Front lui donne un aspect militaire très original. Son abside a été surchargée et 
iiansforniée en une espèce de tour que couronnent des créneaux. Ce changement 
d une église en forteresse est peut-ôire l'ouvrage des Templiers qui comptèrent 
Saint-Fiont parmi leurs possessions. ^G. Tholin, op. citât.) » 



de Libos. On lui donne depuis le nom de succursale ou de 
chapelle publique. 

L'église de Monsempron est au milieu du bourg. Elle est 
longue de trente cannes, large de six, haute de quatorze. Elle 
est entièrement voûtée et les voûtes sont soutenues par de 
beaux piliers de pierre. Il y a deux ailes et trois chapelles. 
La première chapelle à droite en entrant est dédiée à saint 
Eutrope, les deux autres au-dessous du sanctuaire sont dédiées 
à Notre-Dame et à saint Vincent, Le clocher est au milieu de 
l'église, porté par quatre piliers formant une espèce de 
dôme '^'). 

Cette église, à la fin du xvi^ siècle, servait à la fois pour le 
culte catholique et le culte protestant. Labénazie rapporte 
que Nicolas de Villars ayant appris que les protestants de 
Monsempron faisaient avec le curé à qui s'emparerait de 
l'église, il y avait été, et ayant surpris le ministre en chaire, 
il l'en avait chassé à grands coups de manche de la croix (2). 1 
Le temple que les protestants se bâtirent dans la suite fut 
interdit par arrêt du Parlement de Guyenne, en date du 7 mars 
1685. 

La dîme du blé se paie au dixième, du lin et du chanvre au 
douzième, du vin et des menus grains au quinzième. Le prieur 
prend toute la dîme'') et donne une portion congrue au curé. 



(I) « Eglise à trois nefs.... L'aire du transept et du sanctuaire est beaucoup plus 
élevé que le pavé des nefs. Cela tient à rétablissement d'une crypte.... On n'a pas 
de documents sur la fondation de l'église de Monsempron, mais on peut conjecturer 
que cet édifice appartient à la deuxième moitié du xii« siècle. Le sanctuaire, d'après 
les historiens de l'Agenais, daterait du xvu» siècle, de 1654. Une tour carrée et mas- 
sive avec un double étage de deux fenêtres de chaque côté s'élève au-dessus du carré 
du transept. Ce clocher a vingt-cinq mètres de hauteur. On ne sait presque rien de 
l'histoire du prieuié de bénédictins qui a possédé longtemps la belle église de Mon- 
sempron. Les ruines du cloîtie subsistaient encore il y a quelques années... M, Bar- 
rère croit devoir attribuer au xi« siècle la construction de l'église. » (G. Tholin, op. 
citât.) — Voir aussi la description très complète que donne de cette église M. l'abbé 
Barrère dans son Histoire religieuse et monumentale, tome I, p. 276 et suivantes. 

(j) Nicolas de Villars ne fait aucune allusion à cet incident dans ses Mémoires. 

(?) En 1682, ce prieuré était estimé 2,000 livres. Le dernier prieur fut Jean- 
Louis RoussL-l, docteur de Sorbonneet archidiacre de Dax, 



- 



- {«5 - 

Le prieur est seigneur du lieu et en cette qualité il possède 
de belles rentes avec lods et ventes. Il y a une belle maison 
prieurale et un cloître sous lequel on fait les processions. 

Le prieur nomme à la cure. 

On compte quatre cents communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire ' ' . De plus il doit dire la messe et les 
vêpres dans la chapelle de Libos tous les dimanches et fêtes 
et il reçoit pour ce service deux cents livres du prieur. Le 
titulaire actuel est François Burraud ou Barran, qui prêtera le 
serment et finira par se marier pendant la Révolution. 



SAINT-HIPPOLYTE DE CONDAT 
ET SON ANNEXE : SA I NT- A NTOI N E DE FUMEL 



Le pouillé de Valéri porte: In ArchiprcsbyteraiuFumcllcnsi: 
Rccfor Sancfi Ypoliti de Qondato^ rcclor Sancli Anfhonii de 
Fumcllo et Sancli Martini de Turaco. On ne s'explique pas 
comment Saint-Hippolytede Condat et Saint-Antoine deFumel 
forment ici deux rectories distinctes et séparées. Tout prouve 
en eiïet que l'église de Fumel n'était à l'origine qu'une cha- 
pelle succursale de celle de Condat. De nos jours encore un 
grand nombre d'habitants de Fumel ont leur tombeau de fa- 
mille dans cette dernière église. On ignore aussi quelle était 
cette paroisse de Saint-Martin de Turac. Dans ses Mémoi- 
res^ Nicolas de Villars mentionne bien une église de Saint- 
) Marc, annexe de Saint-Hippolyte de Condat. Voici ce qu'il 
^ n dit : « L'éeflise de Saint-Marc annexe, à demi lieue de 



;i) Il y avait dans léglise de Monsempron de très nombreuses et curieuses reli- 
ques que M. de Chabannes fil enterrer dans le cimetière en 1758. On remarquait 
entre autres une pierre blanche de la grosseur dune grosse noisette, mais brute avec 
cette inscription : De lapidibuscum quibus feiiwbatur Christus in JuJœa et synagogis, 



Fumel est toute découverte, les murailles bonnes, le cime- 
tière ouvert, église champêtre, il s'y dit rarement messe, on 
y fait la procession le jour de Saint-Marc ». Faut-il penser 
que Saint-Martin de Turac et Saint-Marc ne sont qu'une 
même église sous une dénomination différente ? La masure 
de l'église de Saint-Marc existe encore et l'on continue d'y 
aller en procession tous les ans le 25 avril. Il y a aussi à cent 
pas de la ville une vieille chapelle, dite de la Recluse qui est 
longue de six cannes, haute de cinq et large de six. Le sanc- 
tuaire est voûté. 

L'église de la matrice est champêtre, dans un vallon au 
pied d'une colline. Il y a auprès douze ou quatorze maisons. 
Elle est longue de vingt-cinq cannes, large de huit, haute de 
douze. Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Il y a un 
clocher à quatre ouvertures sur les piliers du sanctuaire. 

Celle de l'annexe est dans la ville. Elle est longue de vingt 
cannes, large de cinq, haute de huit et entièrement voûtée. 
Au dessous du sanctuaire, du côté de l'Epître, se trouve une 
chapelle dédiée à Notre-Dame. Il y a deux clochers au-des- 
sus de la porte d'entrée. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin à discrétion, des 
menus grains au quinzième. Le curé ne prend qu'un quart du 
blé et du vin et tous les menus grains et il reçoit du chapitre 
Saint-Etienne un supplément de pension de 400 livres. Le 
Chapitre Saint-Etienne prend les trois autres quarts qui sont 
affermés 2,517 livres. La cure vaut 1 200 livres. Il y a un pres- 
bytère à Condat près de l'église. 

Le Chapitre Saint-Etienne nomme au bénéfice. 

On compte en tout mille communiants. Les fonctions curia- 
les se font dans les deux églises par le curé et son vicaire. 
Une confrérie du Saint-Sacrement (') approuvée par M. de 



(l) Voici quelques détails sur cette confrérie: \° On n'en sait pas l'origine, on a 
des livres de compte de 1647. Nicolas de Villars, dans ses Mémoires, fait mention 
d'une confrérie » de Corpoie Christi ». — 2» Elle comprend des personnes de tout 



Chabannes est établie dans la Chapelle Saint-Antoine de 
Fumel. Le titulaire actuel est Roch Lacam, qui prôtera le 
serment et sera néanmoins guillotiné à Bordeaux pendant la 
Révolution. 



sexe. — ;o Le troisicmc dimanche du mois après la Fête-Dieu les confrères sont 
convoqués pour nommer le dernier des marguilliers, lequel augmentant d'un degré 
tous les ans devient à son tour prieur de la confrérie et ainsi on n'a pas à nommer 
d'autres officiers. — 40 On reçoit le môme jour les candidats. — jo II y a six offi- 
ciers : Le prieur, le sous-prieur, le sacristain, le trésorier et deux marguilliers. — 
Cl" L'office du prieur est de veiller sur la conduite des confrères. S'en trouve-t-il 
quelqu'un de scandaleux, il lui adresse avec charité trois monitions secrètes. S'il n'y 
a pas amélioration le cas est déféré à M. le curé qui, après avoir assemblé la con- 
frérie, efface le coupable du catalogue des confrères. Dans le cas d'un crime public, 
après un sérieux examen la radiation est prononcée sans autre forme de procès. 
I. office du sous-prieur est d'assister le prieur et de le remplacer. — 8» L'office de 
sicristain est d'avoir soin de l'autel, des ornements, d'acheter les cierges et autres 
fournitures. — 9* Celui de trésorier est de garder les clefs du tronc qui ne doit 
s'ouvrir qu'en présence des principaux officiers. — 10» Celui des marguilliers est de 
faire passer le plat pendant la messe après l'élévation. L'un quête pour le Saint 
Sacrement, l'autre pour saint Joseph, à cause de l'union qui fut faite en 1702 de deux 
confréries ainsi nommées. — il» Les confrères doivent assister au moins les troi- 
sièmes dimanches du mois aux vêpres pendant lesquelles le Saint Sacrement est 
exposé, puis ils suivent avec un cierge allumé la procession du Saint Sacrement qui 
sort parle grand portail et rentre par la porte de la chapelle Notre-Dame. Il en 
est de même aux processions de la Fête-Dieu qui vont à la chapelle de Notre-Dame 
delà Recluse. Pendant l'octave de cette fête, l'assistance aux compiles et au salut 
est prescrite. La confrérie fait dire une messe aux fêtes de Pâques, de la Pentecôte, 
de la Toussaint et de la Noël et au décès de chaque coufrère. Tous les membres y 
assistent en corps. Un des premiers devoirs est d'accompagner le saint Viatique. 
On doit dire chaque jour en particulier trois fois le Pater, ['Ai>e Maria, une fois le 
Credo et le Salve Rcgina. — 12 ^ La seule charge onéreuse c'est d'avoir à fournir 
tous les ans un cierge d'un quart. — 150 La confrérie fournit tous les cierges de 
l'autel, les troisièmes dimanches du mois, le jour de la Fête-Dieu, pendant l'octave, 
le jeudi saint cl les quatre fêtes annuelles, la moitié seulement les autres dimanches 
et fêtes. — 140 En 1758, M. de Chabannes modifia un peu le règlement en ce sens 
qu'on devait nommer chaque année une prieure et une sous-prieure pour instruire tes 
personnes du sexe qui voudraient entrer dans la confrérie, pour avoir soin des lin- 
ges d'autel, les blanchir, etc 



— 388 — 
SAINT-JEAN DE LADIGNAC 



Valéri place cette paroisse dans Farchiprêtré de Fumel. Il 
y avait au xvi^ siècle trois chapellenies qui ont disparu : de 
Saint-Michel, de Saint-Jean et de Notre-Dame. La première 
a dû être unie à l'archidiaconé de Monclar et de cette union 
proviennent les droits de l'archidiacre de Monclar sur cette 
paroisse. Une portion de la dîme appartient aux seigneurs de 
Monségur à titre d'inféodation. L'un d'eux au commencement 
du siècle en a doté la chapellenie de Peyroles-Lustrac qui 
est desservie dans l'église de Monségur. A Lustrac, sur le 
territoire de cette paroisse, il y avait un temple protestant qui 
a été interdit par arrêt du Parlement de Bordeaux, le 7 mars 

'785- 

L'église est champêtre, avec sept ou huit maisons auprès, 
dans une plaine sur le bord du Lot. Le sanctuaire est voûté, 
la nef lambrissée. Il y a trois chapelles^ une dédiée à Notre- 
Dame à côté du maître-autel, une autre dédiée à saint Joseph 
du côté de l'Evangile, une autre du côté de l'Epitre dédié à 
saint Michel. Au-dessus de celle-ci s'élève le clocher. 

La dîme de tous les fruits se paie au douzième. L'Evêque 
prend un quart et un seizième des gros grains, l'archidiacre de 
Monclar un quart, le chapelain de Peyrolles un seizième, le 
curé un quart et demi avec les novales, le millet, tout le 
vin, la dîme verte et le carnelage. Il prélève seul la dîme en 
un certain tènement, appelé le fief de l'église, comprenant 
cent trente cartonnais. Son revenu est exactement de 2504 
livres. Il y avait un très beau gleysage qui est depuis long- 
temps usurpé. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte quatre cents communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Plusieurs sont enrôlés dans la con- 



- 3^9 - 

frérie du Saint-Sacrement. Au xvi" siècle presque tous les 
habitants étaient tombés dans l'hérésie ; il n'y avait que douze 
catholiques en 1592. Le titulaire actuel est Joseph Delbrun, 
futur assermenté, et abdicataire qui sera maintenu à son poste 
après le Concordat. 



SAINTE-MADELEINE DE LA SAUVETAT 

DES MONGES 

ALIAS DE BLANQUEFORT 



Valéri place cette paroisse dans rarchiprétré de Fumel. Il 
y a un prieuréqui dépend du monastère de la Pomarède au 
diocèse de Cahors. Il est possédé actuellement par Béatrix- 
Marie-Anne de Parayre, religieuse professe de l'ordre de 
Saint-Benoît, delà Congrégation de Cluny v'i. 

L'église est champêtre, sur une petite éminence, dans une 
plaine. Il y a dix ou douze maisons alentour. Elle est longue 
de quatorze cannes, large de quatre, haute de huit. Le choeur 
est voûté en berceau, la nef lambrissée. Du côté de l'Evangile, 
dans la nef, s'ouvre une chapelle longue de trois cannes, large 
de deux, haute de quatre, que le sieur Jean Philip a fait bâtir 
en 1641. Le clocher est au-dessus du sanctuaire en forme de 
tour. 

La dîme du blé. du vin et du chanvre se paie au onzième. 
On ne dîme pas les menus grains. La prieure prend toute la 



(1) L'histoire nous apprend qu'à la fin du xi» siècle régiise de La Sauvctat était 
une dépendance du nionasicre de Monheurt par lequel il se rattachait à la Grande 
Sauve. C'était un prieuré de religieuses. (G. Thoiin, op. cit.) — Voir l'histoire de 
la Grande Sauve, par M. Cirot de La Ville. — Dans une bulle du Pape Célestin III, 
expédiée vers 1197, La Sauvetat de Bianqucfort, comprise parmi les possessions de 
la Grande Sauve, est dite du diocèse de Cahors : " In Caturcensi dijçcesi... salviia- 
tem de Bianqucfort 1. 



— 790 — 

dîme et les rentes et paie la portion congrue du curé. La 
prieure et le curé se partagent le revenu d'une pièce de terre 
située derrière l'église. Il y a près de l'église le presbytère et 
les ruines de l'ancien prieuré ('). 

Dans les anciens pouillés, la cure est marquée de la nomi- 
nation des religieuses de la, Pomarède. Aujourd'hui l'Evêque 
la confère plcno jure. 

On compte deux cents communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean Mouly, futur 
assermenté et constitutionnel, qui sera maintenu à son poste 
après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DE CUZORN 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église est champêtre, sur une éminence, dans le voisinage 
de sept ou huit maisons. Elle a trente pas de long sur quinze 
de large. Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. H y a 
deux chapelles, l'une à droite, dédiée à Notre-Dame du Ro- 
saire, l'autre à gauche, dédiée à saint Aurély, appelée la cha- 
pelle de Salles. Dans cette dernière, une chapellenie a été 
fondée par la femme d'un seigneur de Cuzorn, sous le voca- 
ble de Saint-Aurély. On l'appelle encore la chapelle Duperie. 
Son revenu consiste en une rente annuelle de douze sacs de 
blé. Le clocher, à cinq ouvertures, est en pignon sur le choeur. 

La dîme du blé se paie au douzième, du vin, du chanvre et 
du lin à discrétion. On ne dîme pas les menus grains. Le 
prieur de Monsempron prend tout le revenu et paie la por- 
tion congrue du curé. Il y a un gleysage de deux ou trois car- 
tonnats en terre labourable. 

(i) Ce prieuré fut incendié et pillé dans le xiv* siècle. 



— Î9I — 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte neuf cents communiants. Plusieurs sont enrôlés 
dans la confrérie du Rosaire. Le curé doit avoir un vicaire. 
Le titulaire actuel est Jean-François Aillaud, futur assermenté 
qui sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DE GENIBREDE 
ET SON ANNEXE : SAINT-JEAN DE BERTIS 



« 



Dans le pouillé de Valéri, la rectorie de Gimbreda fait par- 
tie de l'archiprétré de Fumel. Nicolas de Villars, dans ses 
Mémoires, donne à cette paroisse le titre de prieuré-cure. Le 
Chapitre de Sarlat, qui y a des droits, prétend que c'est une 
cure immédiatement dépendante du prieuré de Laurenque uni 
à sa mense. L'église de Saint-Jean de Bertis qui n'est pas men- 
tionnée dans le pouillé de Valéri, est à deux portées de fusil 
de celle de Génibrède. L'une d'ellesest inutile et devrait être 
supprimée. Cette suppression, cependant, est rendue impossi- 
ble par ce fait qu'il y a deux seigneurs : M. de Biron et M. de 
Fumel. 

L'église de .la matrice est champêtre, sur une éminence. 
Elle est longue de dix cannes, large de quatre, haute de six. 
Le chœur est lambrissé. Le clocher, de forme triangulaire, 
est sur la porte d'entrée. 

Celle de l'annexe est champêtre aussi, sur une petite émi- 
nence. Elle est longue de huit cannes, large de quatre, haute 
de cinq, sans voûte, ni lambris. Le clocher est sur la grande 
porte, en forme de triangle. 

La dîme du blé et du vin se paie au onzième. Autrefois le 
curé prenait les deux tiers du blé et tout le vin, et le Chapitre 
de Sarlat l'autre tiers du blé. Aujourd'hui, le curé est seul 



— }92 — 

décimateur, et son revenu atteint à peine le chiffre de la por- 
tion congrue. Il y a un presbytère et un gleysage d'une poigne- 
rée en terre labourable. 

Malgré les prétentions du Chapitre de Sarlat, lEvèque 
nomme à la cure. 

On compte cent communiants à la matrice et quarante- 
cinq à l'annexe. La messe se dit ainsi que les vêpres alterna- 
tivement dans les deux églises. Le titulaire actuel est François 
de Laury, qui mourra pendant la Révolution. 



SAINT-MARTIN DE MONTAGNAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. II 
y avait autrefois quelques fondations importantes qui se sont 
perdues pendant les troubles du xvi® siècle. « Il y avait dans 
l'église, écrit Nicolas de Villars, à la date de lôoi, trois cha- 
pelets fondés par MM. de Bidel, Seran et de Villefranche. 
Confréries : de Saint-Martin qui est le 4 juillet, la principale, 
Sainte-QuitteriC;, Saint-Barthélémy, Notre-Dame de Septem- 
bre... Il y a trois oratoires dans la paroisse tout ruinés, sauf 
celui qui est à la place. Les mémoires des obits et fondations 
sont perdus... Plusieurs belles rentes en blé, argent, pou- 
lailler On pourrait en avoir d'excellents mémoires, le rec- 
teur n'en jouit pas pour ne les demander. On a baillé quel- 
ques terres puis vingt-cinq ans à fiefs nouveaux... s'appelle le 
camp de la caminade, comme aussi quelques autres terres au- 
paravant ont été aliénées... Toutes les ruines de l'église sont 
sur le lieu... Les meilleures maisons et les mieux bâties du 
bourg ont été faites par des prêtres. » 

L'église est dans le bourg. Elle est lambrissée. Il y a du 
côté de l'Evangile^ le lon^ de la nef, les chapelles dç Notre- 



— ?o: - 

Dame, de saiiu Louis et de saint Eulropo. Le clocher est 
au-dessus de la grande porte en forme de tour. 

La dîme du blé se paie au dixième, celle du vin à discrétion. 
On ne dîme pas les menus grains depuis 1 580. Le curé 
prend tout le revenu qui est estimé 1,860 livres. Il jouit d'une 
rente de trois ou quatre sacs de blé. Il y a un presbytère. 

L'Evèquc nomme au bénéfice. 

On compte cinq cents communiants. La paroisse est des- 
servie par le curé et un vicaire. Le titulaire actuel est Joseph 
Martinelli, qui prêtera le serment et sera maintenu à son 
poste après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DE ROUETS 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprôtré de Fumel. 

L'église est champêtre, sur la croupe d'une colline. Elle 
est longue de seize cannes, large de quatre, haute de dix. Le 
choeur est voûté, la nef lambrissée. Le clocher est sur le mur 
du fond de l'église. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au douzième ainsi 
que des fèves, chanvre, lin, cochons, agneaux. On ne dîme 
pas les menus grains. Ce taux a été fixé par une transaction 
en date du 8 novembre 1633. Le curé prend tout le revenu 
qui est évalué à 800 livres. Il jouit en outre d'une rente de 
six quartons, six picotins. Il y a un presbytère avec quelques 
dépendances et un jardin. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent soixante-dix communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Il y a deux confréries, l'une du 
Saint-Sacrement, établie par Mascaron, l'autre de Saint-Fer- 
réol, sans statuts, Le titulaire actuel est Louis Bonamy, qui 



— ^04 - 



prêtera le serment, sera néanmoins incarcéré dans la prison 
de Paulin, en 1794, et mourra vers la fin de la Révolution. 



SAINT-MARTIN DE VEYRINES 

ET SON annexe: NOTRE-DAME DE MILHAC 

ou BLANQUEFORT. 



I 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archipresbyteratu Fii- 
mellensi : Recior de A Ibâ Jorti et Sanct'i Martini de Ve/rinis. 
Il y a un prieuré simple et séculier dont est titulaire Raymond 
Marmier, prêtre du diocèse de Sarlat. Il vaut 650 livres 
quittes de toutes charges. En 1683, le prieur prétendait que 
Saint-Martin de Veyrines n'était ni matrice, ni paroisse, mais 
une simple chapelle de dévotion. I) affirmait avoir une bulle 
en faveur de son opinion. Les paroissiens, au contraire, re- 
vendiquaient avec énergie pour leur église le titre de matrice. 
Aujourd'hui on tend de plus en plus à ne la considérer que 
comme une simple annexe. 

L'église de Veyrines est champêtre, dans un vallon, avec 
cinq ou six maisons alentour. Elle est longue de huit cannes, 
large de quatre, haute de six et lambrissée. Le clocher, de 
forme triangulaire, est au-dessus de la porte. 

Celle de Blanquefort est champêtre, sur une éminence, à 
cent pas du château, à une demi-heure de chemin de la ma- 
trice. Il y a dix ou douze maisons auprès. Le sanctuaire est 
voûté, la nef lambrissée. Du côté de l'Epître s'ouvre une 
chapelle voûtée dédiée à sainte Catherine. Le clocher est 
au-dessus du sanctuaire en forme de tour. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé et du vin se paie 
au dixième. On ne dîme pas les menus grains. Autrefois le 
prieur prenait les deux tiers du revenu. Il n'en prend aujour- 
d'hui que la moitié et laisse l'autre moitié ^u curé qui, même 



— vn — 

ainsi, n'a guère que la portion congrue. Le presytère est près 
de l'église de Blanquelbrt. 11 y a aussi un gleysage d'un car- 
tonnât en terre labourable, qu'on appelle le vicariat. 

L'évoque nomme au bénéfice. 

On compte cent cinquante communiants à Veyrines et cinq 
cents à Blanquefort. Le curé réside dans cette dernière pa- 
roisse et y fait toutes les fonctions curiaies. On ne disait la 
messe autrefois à Veyrines que le jour du patron et le lende- 
main des quatre fêtes annuelles. Depuis 1750 ou environ on 
la dit tous les dimanches et fêtes, mais les vêpres ne sont 
chantées que le jour du patron. Il doit y avoir un vicaire pour 
ce service. La confrérie du Saint-Sacrement est établie dans 
l'église de Blanquefort. Le titulaire actuel e:^t Gorges Bour- 
doncle, qui prêtera le serment, le rétractera presque aussitôt, 
et sera maintenu à son poste après le Concordat. 



NOTRE-DAME DE MONT ATEJAC ou DE MONSEGUR 



Valéri place cette paroissse dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église était autrefois à deux mille pas du bourg, dans un 
lieu champêtre, sur la croupe d'une colline. Elle était voûtée 
et avait un clocher de forme trians^ulaire. Cette éirlise, située 
à l'extrémité de la paroisse, d'un accès difficile, dans un lieu 
désert, exposée à la profanation et au vol et menaçant ruine, fut 
abandonnée et démolie en 1695. Le service futtransféré du con- 
sentement des bénédictins d'Eysses. gros décimateurs, et du 
seigneur du lieu, et par ordonnance de Cl. Joly. en date du 
çaoût 1695 , dans une maison du bourg qui fut bénite le 2 5 août 
suivant. Le seigneur consentit à afTranchir cette maison de la 
rente. Elle est d'ailleurs fort petite et bien lambrissée. Lacha- 
pellenie de Peyroles-Lustrac y a été fondée par Jean de Fume^ 



— 39^ — 

et Françoise de Lussac, sa femme. Le col'.ateur est le mar- 
quis de Fumel-Monsêgur, le titulaire est Jean-Baptiste Lis- 
sandre, curé de la paroisse. Le cimetière est resté auprès de 
l'ancienne église. 

Autrefois le prieur de Monsempron prenait la moitié et un 
demi-quart de toute la dîme et payait la portion congrue du 
curé. Depuis longtemps il a fait abandon de tous ses droits 
au curé qui lui a été ainsi subrogé. Les autres part-prenants sont 
les bénédictins d'Eysses pour un quart et le seigneur de Mon- 
ségur pour un demi-quart. C'est à peine si la part du curé 
atteint le chiffre de la portion congrue. Le presbytère est au 
bas du château. 

Le prieur de Monsempron a la nomination. 

On compte cent quarante communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste 
Lissandre, qui prêtera le serment, le rétractera et sera main- 
tenu à son poste après le Concordat. 



NOTRE-DAME DE SOUS BIRON 



Le pouillé de Valéri porte : In archipresbyteratu Fumellensi : 
Rector Beafœ Mariœ de Bironio. Au commencement du 
XVII* siècle ce bénéfice était uni au Chapitre Collégial de 
Biron qui en faisait le service ('). 



fi) Un curé de la paroisse, en même temps chanoine de Biron, écrivait en [666: 
« Le service divin se fait tous les jours dans l'église du chapitre : matines et laudes 
en bas et les heures en haut avec vêpres et complies. Il y a sept chanoines, un 
chantre et quelques prébendiers. Il est vrai que le revenu de chaque chanoine ne 
vaut pas à présent jo livres, ce qui est cause que les prébendiers ont quitté à cause 
de la modicité du revenu. » — En 1789, le chapitre collégial de Biron, au diocèse 
de Sarlat, était réduit à un chantre et deux canonicals à la présentation du duc dç 
3iron. (Durand de Maillane). 



L^église est sous les murs de Biron à cent cinquante pas 
de la collégiale. 11 y a auprès sept ou huit maisons. Elle est 
longue de huit cannes, large de quatre, haute de huit et voû- 
tée. Il y a deux chapelles, l'une à gauche, dédiée à Notre- 
Dame du Rosaire, l'autre à droite, dédiée à saint Biaise. Le 
clocher est en forme de tour. 

La dîme du blé, du vin. chanvre et lin se paie au onzième. 
On ne dîme pas les menus grains. Le curé prend tout le 
revenu qui atteint à peine le chiffre de la portion congrue. Il 
jouit en outre d'une renie annuelle dune paire de chapons et 
de huit poules prises sur quelques maisons du bourg. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent quarante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. La confrérie du Rosaire a été 
établie par M. Delbène vers 1646. Il y a une dévotion le 
jour de sainte Catherine qui attire les femmes et les nourrices 
du voisinage. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Ladret, qui 
prêtera le serment et mourra pendant la Révolution. 



SAINT-PIERRE DE CONDESAIGUES 



Valéri place cette paroisse dans l'archipretré de Fumel. 
Autrefois, on disait Saint-Clair ou Saint-Pierre de Condesai- 
gues. 

L'église est champêtre, sur une éminence, dans le voisi- 
nage de cinq ou six maisons. Elle est entièrement voûtée en 
berceau plein cintre. Le clocher-arcades, de forme triangu- 
laire, est sur l'arceau du sanctuaire. 

La dîme du blé et du vin se paie au dixième, du chanvre et 
du lin au douzième, du blé d'Espagne a discrétion. Les bénè- 



diclins d'Eysses prennent le quart des gros grains. Le curé 
prend les trois autres quarts, tout le vin et lès menus grains. 
Son revenu est estimé i,ioo livres. 11 y a un gleysage d'un 
cartonnât en terre labourable près de l'église. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent cinquante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean- 
François Navelet, archiprêtre de Fumel, qui prêtera le ser- 
ment, le rétractera de bonne heure, subira la déportation et 
mourra peu après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DU PIN 



Cette paroisse est placée par Valéri dans l'archiprètré de 
Fumel. 

L'église est champêtre, dans un vallon, sur la croupe d'une 
colline. Elle est longue de dix cannes, large de quatre et 
haute de six. Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Le 
clocher est de forme triangulaire. 

La dîme du blé, du vin et des menus grains se paie au 
quatorzième. Le curé prend les trois quarts de tous les fruits, 
le seigneur de Monségur l'autre quart, à titre d'inféodation. 
La cure vaut sept cents livres. Il y a un presbytère et un 
gleysage d'un cartonnât de terre labourable. 

L'évêque nomme au bénéfice. 

On compte cent quarante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Il y a une confrérie de l'Adoration 
Perpétuelle, approuvée par M. de Chabannes. Le titulaire ac- 
tuel est Joseph Lalaurie, qui prêtera le serment, le rétractera, 
subira la déportation et sera nommé à Saint-Orens de Dol- 
mayrac après le Concordat. 



I 



— 599 — 



SAINT-PIERRE DE VAURIS 



Valéri place celte paroisse dans rarchiprôtré de Fumel. 

L'église est champêtre. Le sanctuaire est voûté. Le clo- 
cher est sur l'a.'-ceau du sanctuaire. 

La dîme du blé et du vin se paie au dixième, des menus 
grains au treizième. Autrefois le curé prenait les deux tiers 
des fruits, le Chapitre de Sarlat l'autre tiers. Aujourd'hui le 
curé est seul décimateur et son revenu atteint à peine le chif- 
fre de la portion congrue. Il y a un presbytère. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte soixante-dix communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Bar, qui 
prêtera le serment, le rétractera, subira la déportation et sera 
nommé curé de Montaigut après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE VERT 
ET SON annexe: SAINTE-ANNE DESTRADE 



Valéri place la matrice dans l'archiprêtré de Fumel, mais 
ne fait pas mention de l'annexe. 

L'église de Saint-Pierre de Vert est champêtre, sur une 
petite élévation ; elle est longue de six cannes, large de qua- 
tre, haute de trois. Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. 
Le clocher, de forme triangulaire, est sur le portail. 

Celle de Sainte-Anne est champêtre, sur une petite émi- 
nence. On y a fait, il y a une vingtaine d'années, d'importan- 
tes réparations. Elle est longue de dix cannes, large de qua- 



I 



■•- 400 



tre. haute de six. Elle est lambrissée. Le clocher, de forme 
triangulaire, est sur le portail. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé, vin, lin et chan- 
vre, se paie au onzième. On ne dîme pas les menus grains. 
Le curé prend tout le revenu, qui est estimé 7^0 livres. Il y a 
un presbytère à la matrice. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte deux cents communiants à la matrice et soixante- 
dix à l'annexe. A la première le curé doit le service ordinaire, 
à la seconde la messe tous les trois dimanches ou fêtes et les 
vêpres seulement le jour de la fête patronale. Le titulaire ac- 
tuel est Jean-Baptiste-Marie, qui mourra pendant la Révolu- 
tion. 



SAINT-ROMAIN DE LASTREILLES 
ET SON ANNEXE : SAINT-MICHEL DE BONAGUIL 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archipresbyteratii Fumei- 
lensi : Rector sandi Martini de Trillis et de Bonaguilh. 

L'église de la matrice est champêtre, sur une petite émi- 
nence. 11 y a un château à cent pas et sept ou huit maisons 
auprès. Elle est longue de douze cannes, large de cinq, haute 
de sept. Le chœur est voûté, la nef lambrissée. Le clocher 
est de forme triangulaire. 

Celle de l'annexe est sur la croupe d'une colline, près du 
château et dans le voisinage de huit ou dix maisons. Elle est 
longue de dix cannes, large de quatre, haute de sept. Le 
sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Il y a à gauche une 
chapelle latérale voûtée et une autre à droite, près du sanc- 
tuaire, également voûtée. Celle-ci appartient au seigneur. Le 
clocher, porté par quatre piliers, s'élève au-dessus du sanc- 
tuaire. 



- 40I — 

Dans les deux paroisses la dîme du blé et du vin se paie au 
dixième. On ne dîme pas les menus grains. Le curé prend tout 
le revenu qui est évalué à 850 livres, llya à Lastreilles un pres- 
bytère avec jardin et un gleysage d'un cartonnât en terre la- 
bourable. 

L'Evoque nomme au bénéfice. Il est vrai que les Bénédic- 
tins d'Eysses lui contestent ce droit. 

On compte trois cents communiants à Lastreilles et cent 
cinquante à Bonnaguil. Les deux paroisses ont droit au ser- 
vice ordinaire. Le curé dessert la matrice et un vicaire l'an- 
nexe. La confrérie du Saint-Sacrement a été établie dans 
l'église de Lastreilles, en 1735, par M. d'Yse de Saléon. Le 
titulaire actuel est Pierre Tresrieux, qui démissionnera en 
1790 et aura pour successeur François-Antoine Lacoste, qui 
refusera le serment et restera après le Concordat dans le 
diocèse de Cahors dont il est originaire. 



SAINT-SARDOS ET SAINTE-ANNE 
DE LAURENQUE 



On lit dans le pouillé de Valéri : /// archiprcshylcralu Fu- 
me llcnsi : Prier de Ljurcihjiia, rcclor cjusdcm cl Bcatc Marie de 
Castellis. Le prieuré était déjà, au xii° siècle, sous la dépen- 
dance du Chapitre de Sarlat ('', il en a été détaché et uni à la 



(1) En 11^1 le Pape Eugène donna une bulle dans laquelle sont énumérécs tou- 
jtes les possessions du monaslcre de Sarlat. On y relève plusieurs é},'lises du diocèse 
Id'Agen : Notre-Dame de Lacapellc, Notre-Dame de Salles, Saint-Sardc<s Je Lau- 
Uenquc avec ses appartenances dans les églises Saint-Vincent, Saint-Avit et Saint- 
jMartin du Drot; Notre-Dame d'Envals et Saint-Martin de Calviac, Saint-Martin de 
jCausac. Saint-Avit de Balarcs, Soumcnsac, Saint-Julien, Saint-Pierre de Laroquetle, 

20 



- 40-^ -^ 

cure dans le courant de ce siècle ('). Ce prieuré avait cessé 
d'être conventuel en 1466, car on a de cette époque un do- 
cument où il est question de la démolition du monastère de 
Lnurenque, qui semble d'ailleurs n'avoir jamais été rétabli (^). 
On bâtit sur ses ruines une maison prieurale qui lut elle-; 
môme détruite pendant les troubles de la Réforme (?). L'église] 
du prieuré, dite de Saint-Sardos, et celle de la paroisse, No- 
tre-Dame ou Sainte-Anne deCastille, ne furent pas épargnées.' 
Les temps étant devenus meilleurs, on ne restaura que la pre-i 
mière qui a porté, depuis, le double titre de Saint-Sardos et; 
de Sainte-Anne de Laurenque. Le temple que les huguenots" 
avaient bâti à Gavaudun, fut interdit le 21 septembre 1684, 
par arrêt du Parlement de Guyenne. Il y a dans le même] 
bourg de Gavaudun la chapelle de l'hôpital qui est publique et 
où le curé est autorisé à faire le catéchisme et à dire les mes-j 
ses de dévotion. Cette chapelle est longue de dix cannes,] 
large de six^, haute de sept et voûtée. Elle a un petit clocher. 



Saint-Front, Saint-Pierre de Monestier de Sainte-Croix, Saint-Pardoux, Sainte- 
Eulalie, Notre-Dame du Mont cl Saint-Jean d'Agen. — Y a-t-il quelque rapport 
entre l'union du prieuré de Saint-Sardos à l'abbaye de Sarlat et l'intervention à 
main armée de l'évèque de Périgueux dans notre diocèse au xii* siècle .- Une bande 
de manichéens ou de routiers occupaient le château de Gavaudun d'où ils répan- 
daient dans toute la contrée la terreur et la dévastation. On sait avec quelle rapidité 
foudroyante le belliqueux prélat emporta cette forteresse réputée imprenable et 
purgea le pays de cette bande de brigands. La Gallia Christiana nous a gardé une 
complainte où ce fait d'armes est célébré : 

Perpetuis annis laus est celebranda Joannis; 

urbeni decoravit et orbcm ; 

Quippe Gavaudunum, cui par, vix credo, vel ununi, 
Saxo disjecit, post non habitabile fecit. 
L'abbé de Sarlat était vassal de l'EvOque d'Agen et il était obligé de lui donner 
une mule blanche en signe d'hommage pour les fiefs qu'il possédait dans l'Age- 
nais. (Argenton). 

(i) Voir le procès-verbal de visite de M. de Chabannes, 1758. 

{2) Le 9 mars 1466, Arnaud de Lustrac et Jeanne de Durfort, son épouse, sei- 
gneurs de Lustrac et de Gavaudun, vu la démolition du monastère de Laurenque, la 
pauvreté du prieur, firent don à ce dernier de la moitié de la dîme du prieuré, sous 
certaines charges : quatre obits solennels et huit messes basses, etc. 

(j) Voir les Mémoires de Nicolas de Villars. 



— 40Î — 

L'hôpital, qui peut contenir cent lits, a perdu tous ses reve- 
nus i! y a soixante ans environ. Sa perte la plus sensible a été 
celle de la moitié de la dîme de Saint-Vincent de Souliers et 
du tiers de la dîme de Saint-Etienne de Lézennes. Ces dîmes, 
qui produiraient aujourd'hui 2,000 livres, sont prélevées par 
les curés de ces deux paroisses. Elles étaient originairement 
possédées à titre d'inféodation par les seigneurs de Paulhiac 
et de Gavaudun qui, ayant eu une contestation à ce sujet, fu- 
rent condamnés par un arrêt du Parlement de Bordeaux, en 
date du 1 5 septembre 1 520, à donner 300 livres tous les ans 
à l'hôpital de Gavaudun. En 1 541 , les héritiers, pour se libé- 
rer de cette charge, abandonnèrent à l'hôpital leurs dîmes in- 
féodées. La charge de distribuer les aumônes était confiée au 
curé de Fumel qui devait dire une messe tous les lundis, à 
Gavaudun, et donner tous les ans aux pauvres de la terre de 
Paulhiac la part qui leur revenait en présence du curé et des 
paroissiens. 

L'église est champêtre, sur une éminence. Elle est longue 
de vingt cannes, large de cinq, haute de dix, et entièrement 
voûtée. Il y a deux chapelles, l'une à gauche, dédiée à Notre- 
Dame, l'autre à droite, dédiée à saint Pierre. Le clocher est 
une tour carrée qui s'élève au-dessus de la travée du milieu 
de la nef ('). 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin à discrétion. On 
ne dîme pas les menus grains. Autrefois le Chapitre de Sarlat 
prenait toute la dîme, aujourd'hui c'est le curé, et son revenu 
est estimé officiellement 1,200 livres. Il y a un presbytère et 
un important gleysage (-). 

(1) Voir la description de cette église dans l'Histoire religieuse et monumentale de 
M. l'abbc Barrère, tome I, p. 200. 

(2) Ce gleysage comprenait: 1. Un clos de terre et vigne de cinq cartonnats et une 
rteille masure en pierre, situés au bourg de Laurenque; 2. Une pièce de terre, 
l'igné, taillis, friche et rocher de huit sexterées appelé à Saint-Vincent ; 5. Un pré 
le dix cartonnats, appelé le pré du prieur, sous le village de Lourtjil: 4. Une pièce 
ie terre al pastural de quatre sexterées, un cartonnât ; 5. Un petit iief en menu cens 



— 404 — 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte sept cents communiants. Au commencement du 
xvii^ siècle, les paroissiens étaient en grande majorité hugue- 
nots. Le service divin fut interrompu pendant plus de qua- 
rante ans. Tous les hérétiques firent abjuration du 4 au 8 sep- 
tembre 1685. Il y a deux messes les dimanches et fêtes et le 
curé doit avoir un vicaire. Les confréries du Saint-Sacrement 
et du Rosaire y sont établies. Le titulaire actuel est Jean Main- 
vielle, qui prêtera le serment et mourra pendant la Révolution. 



SAINT-VINCENT DE SALLES 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. On 
disait autrefois Notre-Dame de Salles, aliàs Saint-Vincent. 

L'église fut rasée par les huguenots. On releva d'abord la 
chapelle qui est à droite de la nef, puis le chœur et la nef. Le 
toit est lambrissé; la chapelle est voûtée. 

La dîme du blé et du vin se paie au dixième. On ne dîme 
ni les menus grains ni le carnelage. Le curé est seul décima- 
teur et son revenu est estimé 1,100 livres. Il est conseigneur 
de la paroisse avec le seigneur de Gavaudun. Il y a quatre- 
vingt carterées de terre, et la plupart des maisons qui lui font 
rente. Pas de presbytère. 

L''Evêque nomme au bénéfice. 

On compte trois cent soixante dix communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jean 
Conquet, qui prêtera le serment, le rétractera et sera main- 
tenu à son poste après le Concordat. 



,™ 



et lods produisant jû livres, sur" la paroisse de LaUrcriqUei ô. iJrl autre petit fief siir* 
la paroisse de Moniagnac, affermé 60 livras. 



— 40? — 

SAINT-VINCENT DE SOULIERS ou DE PAULHIAC 



Cette paroisse est placée par Valéri dans l'archiprôtré de 
Fumel. 

L'église est champêtre, dans une plaine. Elle a quarante 
pas de long sur seize de large, entièrement lambrissée. Le 
clocher est une tour carrée. 

Il y a une chapelle publique au château et dans le bourg 
de Paulhiac. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin à discrétion. 
L'hôpital de Gavaudun prenait autrefois la moitié de la dîme 
qui lui avait été adjugée par suite d'un arrêt du Parlement de 
Bordeaux en 1520. Le curé de Fumel venait tous les ans 
distribuer une certaine quantité de grains aux indigents de la 
paroisse. Depuis quelque temps, le curé de la paroisse prend 
toute la dîme à la charge de faire lui-môme cette distribution. 
Son revenu est estimé 1208 livres. Il y a un presbytère et un 
gleysage de neuf cartonnats, quatre boisselats. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte quatre cent soixante communiants. L'église 
étant à l'extrémité de la paroisse et la chapelle du château au 
milieu, les évoques ont depuis longtemps permis aux curés de 
dire la messe dans cette chapelle, d'y faire les instructions, 
d'y administrer les sacrements... On dit la messe paroissiale 
à l'église les dimanches et les fêles mais les vêpres n'y sont 
chantées que le jour du Patron et les quatre fêtes annuelles. 
Les autres dimanches et fêtes elles sont chantées à la cha- 
pelle du château. F^lusieurs paroissiens sont enrôlés dans la 
confrérie du Saint-Sacrement. La cure doit avoir un vicaire. 
Le titulaire actuel est Pierre-Paul de Lafon-Blaniac, futur 
assermenté et abdicatairc qui rétractera ses erreurs et ne 
sera pas employé après le Concordat à cause de son âge et 
Je ses infirmités. 



ARCHIPRÊTRÉ Dl: VILLERÉAL 



Archiprc/re : 

JEAN-XAVIER MASSONEAU 
Cure de Celle et de Roqiiadet 



SAINT-AMANS près de SCANDAILLAC 



Le pouillé de Valéri porte : In archiprcshytcratu Fumcl/cnsi : 
Prior Sancfi Amancu, rector cjusdcin. Le prieuré appartenait 
à une maison de Bénédictines, dépendante de l'abbaye de 
Font-Gauffier, au diocèse de Sarlat. Ces religieuses se reti- 
rèrent vers la fin du xv!*" siècle dans cette abbaye en y trans- 
portant leurs droits, mais en laissant dans le pays un souve- 
nir peu édifiant. La paroisse fut pendant quelque temps 
annexée à Barbas, par Nicolas de Viliars, à cause de la mo- 
dicité du revenu. 

L'église est champêtre, dans un vallon, entourée de quatre 
ou cinq maisons. Elle est longue de dix cannes, large de 
quatre, haute de sept. Elle n'est ni voûtée, ni lambrissée. Il 
y a une chapelle voûtée du côté de l'Epitre et un clocher. 



l 



— 4o8 — I 

La dîme du blé, du vin et du chanvre se paie au dixième, j 
des menus grains à discrétion. Autrefois la prieure de Font- 

Gaulfier prenait la moitié de tous les fruits, mais elle a dû en j; 

faire l'abandon au curé. Celui-ci est aujourd'iiui seul décima- 'j 

leur et c'est à peine si son revenu atteint le chiffre de la por- |' 

tion congrue. Les religieuses possèdent encore une dizaine '; 

de cartonnats en pré ou terre labourable à l'endroit ou s'éle- i 

vait jadis leur couvent. i 

La prieure de Font-Gauffier nommait autrefois à la cure, i 

c'est aujourd'hui l'Evêque. i 

On compte cent soixante-dix communiants auxquels le curé j 

doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Nicolas Jou- 1 
bert, chanoine de Lamaurelle, qui mourra le 27 novembre 
1790. 



SAINT-ANDRÉ DE MONFLANQUIN 



Le pouillé de Valéri porte : In ar chip resby ter atu Funieiiensi: 
Prior de Monteflanqaino et Saiicti A victi^ rector ejusdem. Le 
prieuré simple et régulier dépendait autrefois de l'abbaye 
d'Eysses et ne pouvait être occupé que par un religieux de 
cette abbaye. Il est conféré aujourd'hui indistinctement à tout 
relisrieuxde la consfréçration deSaint-Maur. Le titulaire actuel 
est dom François Lemerle. 

Avant les troubles de la Réforme, il y avait quatre églises 
à Monflanquin : trois paroissiales et une conventuelle . 
L'église matrice sous le vocable de saint André, était située 
à trois cents pas de la ville. Les huguenots ny laissèrent pas 
pierre sur pierre et elle n"a pas été relevée. Il y avait une 
annexe, Saint-Avit d'Aleyroux, dont l'église, située près de la 
Lède, fut à la même époque pour jamais détruite. Au cœur 



— 400 — 

delà ville s'élevait la belle église Notre Dame, qui était comme 
la succursale de l'église matrice Saint-André. Cette église 
comprenait un chœur, une vaste nef, sept chapelles et une 
sacristie. Elle fut rasée par les huguenots qui n'épargnèrent 
que le clocher et une petite chapelle où le culte catholique 
fut provisoirement rétabli après l'édit de Nantes. Des maté- 
riaux on construisit le temple, à quelques pas, sur l'emplace- 
ment des maisons du prieur et du recteur''). Au milieu du 
XVII' siècle, le service paroissial fut pendant quelque temps 
transféré dans l'église des Augustins. Mais M.Joly obtint du 
Conseil du Roi un arrêt, en date du 1 3 mars 1673, par lequel 
le temple des huguenots devait être remis à la disposition des 
catholiques. Ceux-ci en prirent possession le 3 juin suivant. 
La nouvelle église fut bénite le lendemain sous le nom de 
Saint-André. Le Très Sacrement y fut porté solennellement, 
à travers les rues pavoisées, par 60 prêtres ayant chacun à la 
main un cierge allumé. Longue de quinze cannes, large de 
dix, haute de quatre, ni voûtée, ni lambrissée, cette église 
était à peine décente et devint bientôt insuffisante. Le toit 
s'étant effondré vers l'an 1700, le service paroissial fut de 
nouveau transféré dans l'église des Augustins jusqu'à ce que 
l'é£:lise actuelle eut été construite sur les fondements mêmes 
de l'ancienne (-). 

Le temple, que les religionnaires s'étaient bâti en 1673, 
fut interdit par arrêt du Parlement de Bordeaux, en date du 
5 septembre 1683 et démoli en 1685. 

La quatrième église est celle du couvent des Augustins. 



(1) Dans la suite, le maréchal dOrnano condamna les protestants à donner aux 
catholiques une indemnité de 600 livres pour les matériaux de l'église et une de 
400 livres pour les maisons du prieur et du recteur. 

(2) U y avait dans cette éj;lise, au rapport de Nicolas de Villars. une chapelienie 
desservie à l'autel de Notre-Dame de Pitié. Elle obligeait à dire une messe tous les 
lundis et à réciter une antienne de la Vierge, selon le temps. Elle avait été fondée 
par un prêtre nommé François Boyer. Ses biens ont dû être usurpés pendant les 
troubles dç la Réforme, 



- 4'û - 

Ce couvent était situé hors ville avant d'être rasé par les hu- 
guenots. On a peu de détails sur ses origines : « Je voudrais 
bien, écrivait un prieur en 171 5, de tout mon cœur, qu'il y 
eut dans notre couvent quelque chose qui pût mériter la cu- 
riosité de Monseigneur le comte d'Eu, notre gouverneur. Je 
ne doute pas qu'anciennement il n'ait été considérable soit 
par le nombre de ses religieux, soit par ses revenus, soit en- 
fin par ses privilèges, puisqu'on prétend qu'il est de fonda- 
tion royale depuis plus de quatre cents ans ; mais ayant été 
brûlé jusqu'à deux fois par les hérétiques et perdu tous ses 
titres, il n'a rien conservé de sa première grandeur. Le nom- 
bre de ses religieux est maintenant réduit à quatre et ses do- 
maines (') à deux petites métairies qui donnent toutes deux en- 
viron vingt-cinq à trente sacs de blé par an pour notre part, 
sur quoi il faut payer la taille et la dîme royale qui consument 
la meilleure partie de ces revenus; de sorte que nous ne sub- 
sistons proprement que par le moyen des classes ou du ser- 
vice des paroisses. Voilà l'état présent de notre couvent. Sa 
ruine par les huguenots est tout ce qu'il y a de plus mémora- 
ble, surtout lorsqu'on y ajoute le massacre de ses religieux, 
dont la chair fut exposée au crochet de la boucherie et criée 
par la ville à quatre deniers la livre.... » La communauté est 
actuellement représentée par les frères Bonnal et Goulesque 
qui passeront au clergé constitutionnel. 

(1) Ils s'accrurent dans la suite et comprenaient en 1789 : i. Une maison et une 
église situées dans la ville, estimées 10,000 livres; 2. Le domaine de Lcsclots de 
quatre sesterées, trois quartonnats, trois boisselats, produisant net 656 livres, d'une 
valeur de 14,000 livres; 5. Une pièce de terre, près de la métairie de Miseaupuy, 
d'un revenu de 14 livres, d'une valeur de jo8 livres; 4. Un pré sous les murs de 
la ville, de trois cartonnats, deux boisselats, d'un revenu de 90 livres, d'une valeur 
de 2,000 livres ; >. Un pré, aux Fâcheries, de trois cartonnais, six boisselats, d'un 
revenu de 100 livres, d'une valeur de 2,200 livres; 6. Le domaine de Béraudon. de 
quatorze sesterées, d'un revenu de 586 livres, d'une valeur de 8,50; livres : 7. Une 
pièce de terre, paroisse de Cailladeles, de huit sesterées, deux cartonnats, deux 
boisselats, d'un revenu de 90 livres, d'une valeur de 1,980 livres ; 8. Un pré, à Bou- 
lède, paroisse de Calviac, de trois sesterées, quatre cartonnats, d'un revenu de 
550 livres, d'une valeur de 7,700 livres; 9. Un domaine, à Laniothe-Fey, de qua- 
rante-sept sesterées, d'un revenu de 1,400 livres, d'une valeur de 24,200 livres. 



— 411 — 

La dîme du blé, des menus grains, du carnelage se paie au 
dixième, du chanvre au douzième et du vin à discrétion . 
L'Evoque prend les trois huitièmes du blé, l'abbé de Gondon 
une égale fraction, le prieur un huitième, le curé un huitième. 
Le vin se partage par moitié entre l'Evoque et l'abbé de 
Gondon''); les menus grains aussi par moitié entre le prieur 
et le curé. Celui-ci prélève par préciput pour les novales au 
chai et sur la pile commune une certaine quantité de blé et 
de vin. Son revenu est exactement de 1,751 livres (2). 

L' Evoque nomme au bénéfice. 

On compte mille quatre cents communiants auxquels le 



(1) L'abbé de Gondon avait sa maison abbatiale à Monflanquin. 

(2) Voici l'historique de la dîme de Monrtanquin ; En 1252, par un acte passé à 
Tournon, le seigneur de Colairac (?) donne au comte Alphonse la montagne de Mon- 
flanquin. A cette époque, la moitié de la dîme appartenait sans conteste à labbéde 
Gondon. L'autre moitié était en litige entre l'évéque d'Agen et labbé d'Eysses. Le 
IJ mars 1205, les deux parties transigèrent. L'abbé abandonna à l'évéque ses préten- 
dus droits sur Monllanquin et celui-ci en échange lui céda le quart de la dîme de 
Bias que d'autre part le même abbé lui contestait. Il fut réglé en même temps que le 
prieur et le curé se partageraient par égales portions toute la prémice et les dîmes 
du lin, chanvre, laine, agneaux, chevreaux, pourceaux et autres dîmes personnelles, 
oblations, legs faits au prieur, au curé et aux églises. Le 9 septembre 1266, cette 
transaction fut confirmée par les intéressés et par l'abbé de Moissac qui avait alors 
une certaine juridiction sur celui d'Eysses. On avait aux archives de l'Evéché une 
copie de l'acte qui fut alors dressé sous ce titre : Résignation et renonciation faite 
par Bernard Jourde (Jourdain), abbé d'Eysses à Pierre, évéque d'Agen, de toute 
l'entière moitié du dîme des blé et vin des paroisses de Saint-André de Monrtanquin 
et Saint-Avii, son annexe, par indivis entre eux sauf et excepté le chanvre, lin et 
dix dinoradcs de vigne dépendant du prieuré de Monrtanquin lesquelles sont immunes 
de dîmes. Laquelle renonciation fut faite entre ledit évêque, l'abbé de Moissac et 
l'abbé d'Eysses. Le prieur résidait alors sur les lieux, y avait une maison, car les 
bénédictins, avant leur réforme, desservaient eux-mêmes leurs cures et y résidaient. 
Dans la suite, le prieur dut rentrer à l'abbaye, mais s'il cessa tout service, il 
garda ses droits. Par un accord du 50 décembre 1409, l'évéque, labbé de Gondon, 
le prieur et le curé éteignirent la prémice et y substituèrent pour la subsistance du 
prieur et du curé qui faisaient le service, le quart des dîmes. Le prieur et le curé 
se partagèrent ce quart comme ils faisaient la prémice, ce qui leur fit à chacun 
un huitième de la dîme totale et ils continuèrent à prendre chacun la moitié de la 
menue dîme. En 1709, le curé opta pour la portion congrue et son huitième fut rétro- 
cédé à l'évéque et à labbé de Gondon chargés de lui payer sa pension. Plus tard, 
il trouva son avantage à redevenir part prenant et les choses retombèrent dans 
le statu quo antc. 



— 412 — 

curé doit le service ordinaire. On y prêche deux fois par 
semaine le dimanche et le jeudi pendant le carême. Lorsque 
la ville tomba au pouvoir des huguenots le 31 août 1674, la 
population entière embrassa l'hérésie. On sait à quels excès 
se livrèrent contre les prêtres et les églises les nouveaux sec- 
taires dans toute la rage de leur apostasie. Le 16 mai 1601 
Nicolas de Villars rétablit dans cette ville le culte catholique 
interrompu depuis 22 ans(0. En 1641, il n'y avait encore que 
trois cents communiants; trois mille personnes faisaient la 
cène au temple quatre fois l'an v^). A la révocation de Tédit 
de Nantes, les conversions furent encore plus générales et 
plus rapides que ne l'avaient été les apostasies. Dans Mon- 
flanquin et sa juridiction, écrit Labénazie, du i*' au 4 sep- 
tembre près de cinq mille huguenots firent abjuration ('). Le 
titulaire actuel est Claude de Falque qui mourra dans quel- 
ques mois. Il aura pour successeur, le 19 juillet 1789, René 
Lapeyrière qui prêtera le serment, le rétractera presque aussi- 
tôt, subira la déportation et sera maintenu à son poste après 
le Concordat. 



SAINT-AUBIN 
ET SON ANNEXE : SAINT PARDOUX 



On lit dans le pouillé de Valéri: Inarchlpresbjicralu Fumcl- 
lensi: Rector Sancù Albini etSandi Pardulphi. 

L'église de la matrice est champêtre. 11 y a quatre ou cinq 



(1) Voir ses Mémoires. — Archives de l'Evêché. 

'2) Voir le procès-verbal de la visite faite par l'archiprêtre, en 1641. — Archives 
de l'Evêché, liasse Monflanquin. 

(3) Les biens des religionnaires fugitifs furent attribues à l'hôpital en vertu d'unç 
déclaration du roi, en date de 1685. 



maisons auprès et le château de Palogue à deux cents pas. 
Elle est longue de douze cannes, large de quatre, haute de 
six. Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Il y a du côté 
de l'Evangile une chapelle voûtée, dédiée à Notre-Dame. Le 
clocher-arcades, à trois ouvertures, est au-dessus de la grande 
porte. 

Celle de l'annexe est en rase campagne. Elle est longue de 
sept cannes, large de trois, haute de cinq. Le sanctuaire est 
voûté. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au onzième, 
du vin au quatorzième, du chanvre, du lin et carnelage au 
douzième. L'Evoque prend la moitié de la grosse dîme qu'il 
aiïerme 1500 livres. Le curé prend l'autre moitié et il a pour 
lui seul le lin, le chanvre, les menus grains et le carnelage. Il 
jouit en outre d'un gleysage situé à Saint-Aubin de dix car- 
tonnats de vigne, de neuf autres en pré ou terre labourable 
et de trois poignerées en face du presbytère ('). Son revenu 
est estimé 1208 livres, mais il doit en approcher 2000. 

L'Evèque nomme au bénéfice. 

On compte trois cents communiants à Saint-Aubin^-) et 
quatre-vingts à Saint-Pardoux. Le curé dessert la matrice, un 
vicaire l'annexe. Le service de celle-ci consiste en une messe 
tous les dimanches et fêtes et les vêpres seulement le jour du 
patron qui est saint Roch. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste 
Trenty qui prêtera le serment, le rétractera et sera nommé à 
Monsempron après le Concordat. 



(1) L'origine de ce gleysage est assez curieuse. Il fut donné vers i;o;, avec quel- 
ques renies par les paroissiens à un collège de prêtres alladiésà l'église. 

(a) Il y a aux archives de l'Evéché (Liasse Saint-Aubin) une copie faite en i6oô des 
coutumes de Saint-Aubin, en roman, de ip). 



, 



— 414 — 



SAINT-BARTHELEMY DE DEVILLAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église est champêtre, dans une haute plaine avec cinq ou 
six maisons auprès. Elle est longue de douze cannes, large de 
quatre, haute de sept. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est 
pas lambrissée. Il y a du côté de l'Evangile une chapelle 
dédiée à Notre-Dame. Un clocher. 

La dîme du blé, vin, chanvre et lin se paie au dixième. On 
ne dîme ni les menus grains ni le carnelage. Le curé est seul 
décimateur et son revenu est estimé officiellement 550 livres. 
Il y a un presbytère et un gleysage de deux boisselats. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent quarante communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Desmons 
qui prêtera le serment, le rétractera et sera maintenu à son 
poste après le Concordat, 



SAINT-BLAISE DE BOUDY OU DE MONS(0 



Valéri place la rectorie « de Montibus » dans l'archiprê- 
tré de Montaut. 



(I) Dans son Hishire de Cancon, M. Julien Massip s'exprime ainsi : << Sanctuâ 
Blasius Bodii ou de Bodiis. Les clercs du xiu» siècle et d'autres après eux jusqu'à la 
fin du xve siècle ont transformé son nom latin en celui de Sanctus ou Beatus Blasius 
de Montibus, Saint-Biaise des Monts, sans remarquer que Bodiis s'écrit avec un B 
et non avec un P et que le mot Bodium est l'opposé de Podium. Celui-ci servait à 
désigner un puy, une élévation naturelle du sol et celui-là au contraire prévenait que 
dans le voisinage il y avait des terrains bas et humides. En effet, tous les vallons qui 
8 "étendent autour de Boudy sont encore de nos jours humides et parfois marécageux. 



- 4«< ^ 

L'église est champôtrc, dans le voisinage de cinq ou six 
maisons. Elle est longue de dix cannes, large de quatre, haute 
de sept. Le sanctuaire est voûié. 11 y a deux chapelles, l'une 
à droite, dédiée à Notre-Dame, l'autre à gauche. Le clocher 
est au bas de l'édifice, en forme de triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au vingtième. Le 
curé prend toute la dîme, et son revenu est estimé 950 livres. 
Il y a un gleysage de trois sesterées, quatre cartonnais. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

Il y a cent communiants auxquels le curé doit le service 
ordinaire. Le titulaire actuel est Jean Fabre qui résignera en 
faveur de Pierre Burret le 23 décembre 1780. Celui-ci ayant 
à son tour donné sa démission, il aura pour successeur, le 
r"'' juillet 1790, Pierre Monceret, qui subira la déportation en 
Espagne et sera nommé à Beaugas après le Concordat. 



S.'MNT-CAPRAIS DE GALAYSSAC 



Dans le pouillé de Valéri cette paroisse fait partie de far- 
chiprêtré de Fumel. 

L'église est champêtre, dans un vallon. Elle est longue de 
sept cannes, large de trois, haute de quatre, et lambrissée. 
Le clocher est au-dessus de la porte, en forme de triangle. 

La dîme du blé et du vin se paie au dixième, des menus 
grains et du carnelage au douzième. Le curé est seul décima- 
teur, et son revenu est estimé 450 livres. 11 y a un presbytère 
et un gleysage de trois sesterées, quatre cartonnats. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 
! On compte cinquante communiants et quatre-vingts âmes. 
Le curé doit le service ord naire. Le titulaire actuel est An- 



tolne Lauras, qui prêtera le serment et mourra pendant la 
Révolution. 



SAINT CARRAIS DE LEDE 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 
C'est un membre dépendant de la commanderie du Temple^ 
de Breuil. 

L'église est champêtre, sur une éminençe. Elle est longue! 
de huit cannes, large de quatre, haute de six. Elle n'est paSj 
voûtée. Le clocher, à deux ouvertures, est porté par deu: 
piliers. 

La dîme du blé et du vin se paie au dixième. Tout le revenu] 
est partagé entre le curé et le commandeur. Il y a un gley- 
sage de quatorze cartonnats en terre labourable et de deu: 
en vigne, et deux prés obituaires, l'un de cinq cartonnats,' 
l'autre de deux cartonnats et quatre boisselats ('). 

Le commandeur nomme au bénéfice. 

On compte cent quinze communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Charles Maydieu] 
qui prêtera le serment, le rétractera de bonne heure, subira lai 
déportation en Espagne, d'où il ne reviendra probablement] 
pas. 



(i) Ces deux prés conCrontant l'un et l'autre au ruisseau de Cluzelou avaient été 

donnés le 6 juin 1754 au curé Court! par M. Routier qui voulait ainsi se libérer 

d'une rente annuelle de 50 livres fondée par la dame de Clermont, pour l'acquit 
de quatre-vingts messes et d'un obit de quatre prêtres. 



- Ai? — 

SAINT-ETIENNE DE LÉZENNE 
ET SON ANNixi; : NOTRE-DAME DE VILLERÉAL 



Le poiiillé de Valcri place la reclorie de Villercal (Villcre- 
galis) dans rarchiprctrc de Fumcl, sans faire mention de Saint- 
Etienne de Lczcnne. 

L'église de Saint-Eiicnne est champêtre, dans un vallon, 
sur la croupe d'une colline. 11 y a dix ou douze maisons au- 
près. Elle est longue de quatorze cannes, large de cinq, 
haute de huit. Le sanctuaire est voûté, la nef n'est pas lam- 
brissée. Des trois chapelles, l'une est dédiée à Notre-Dame, 
l'autre ta saint Eutrope, la troisième à saint Rémy. Le clocher, 
à quatre ouvertures, est sur le mur du fond en forme de râ- 
telier. 

Celle de Notre-Dame est située au cœur de la ville. Elle 
date du xiii" siècle comme la bastide et a été fortifiée ''). Au 
xvu^ siècle on y accédait encore par un pont-levis. Bâtie sur 
un plan cruciforme, elle est longue de trente cannes, large de 
dix, haute de quinze, et lambrissée. Au-dessous du sanctuaire, 
du côté de TEvangile, est la chapelle du Rosaire; au-dessous, 
celle de Saint-Crépin. En face, se trouve d'abord la chapelle 
de Saint-Eloy, puis celle de Saint-Eutrope. Ces chapelles 
étaient primitivement dédiées: la première à sainte Catherine, 
la seconde à saint Fabien et saint Sébastien, la troisième à 
saint André, la quatrième à saint Antoine. 

Il y a, hors ville, dans le cimetière, une chapelle dédiée à 
saint Michel. On y fait tous les offices le jour de la fête de ce 
saint et le lundi de Pâques on s'y transporte pour y entendre 
la messe et la prédication. 



(i) G. Tholin, op, cit, 



- 4>«^ - 

A la porte du Drot, au bout du Pont, s'élève une autre 
petite chapelle, appelée Notre-Dame du Pouget ou du Drot. 
Elle a été rebâtie en 1665, sur les anciens fondements, par 
Jean Rogier, qui en tut récompensé par le droit de sépulture 
pour lui et sa famille. 

A la porte de Landel est une troisième chapelle dédiée à 
saint Roch. On y dit la messe le jour de saint Roch et les 
aumônes des pèlerins servent à l'entretenir. 

il y a enfin la chapelle du couvent des Filles de la Foi. A 
la requête du curé, des consuls et de Marie Bonnet, fille de 
la Foi, fondatrice, M. Hébert approuva le 11 novem- 
bre 171 5, l'établissement de ces religieuses à Villeréal. 
Ce projet ne devait se réaliser que quelques années 
plus tard. En effet, la communauté de Villeréal appelait une 
seconde fois les Filles de la Foi dans ses murs par une déli- 
bération en date du 21 juin 1732 et le 20 décembre 1746, 
elle fixa un emplacement pour y bâtir leur couvent et consentit 
de nouveau à leur établissement. On obtint, au mois de jan- 
vier 1747, les lettres patentes qui furent enregistrées, le 1 5 mai 
suivant, au Parlement de Bordeaux. Enfin M. de Chabannes 
donna l'acte de confirmation le 25 novembre 1751. Les res- 
sources de cette maison sont i , 379 livres de revenu propre (') 
et 2,723 livres provenant des pensions fournies par les jeunes 
filles qui s'y fontéduquer. Le personnel se compose de neuf 
religieuses choristes et de deux sœurs converses. Toutes, en 
1791, déclareront vouloir continuer la vie commune. 

Dans les deux paroisses, la dîme du blé, du chanvre, du 
lin et du carnelage se paie au douzième, celle des menus 
grains à discrétion. Le Chapitre Saint-Etienne prend les trois 



(1) De Celte maison dépendaient notamment : t. Une maison avec jardin dans la 
ville, rue Montaud, estimée 1,540 livres ; 2. Une autre maison et four, rue Saint- 
Michel, estimée 1,400 livres; 5. Un clos de terre et vigne située à la Plante de deux 
sesterées, quatre cartonnats ; 4. Une pièce de terre, au champ de Pouget, de un 
cartonnât, quatre boisselats. 



I 



— 419 — 

huitièmes des fruits décimaux et paie le vicaire. Sa part quitte 
est alVermce i ,26}j livres. Le curé prend tout le reste et son 
revenu est évalué à i ,750 livres. Autrefois l'hôpital de Gavau- 
dun prenait le tiers de la dîme ; aujourd'hui le curé en béné- 
ficie pour ses pauvres v' . 11 y a à Saint-Etienne un presbytère 
où loge le vicaire et un gleysage de trois cartonnais en pré. 
C'est le Chapitre Saint-Etienne qui nomme au bénéfice. 
On compte quatre cent cinquante communiants à l'annexe 
et huit cents à la matrice. Celle-ci est desservie par le curé, 
celle-là par un vicaire résidant. Au rapport de Nicolas de 
Villars, ces églises étaient anciennement desservies par qua- 
rante prêtres. Les confréries du Rosaire, de Saint-Crépin, de 
Saint-Eloi et de Saint-Eutrope sont établies aux chapelles de 
même nom dans l'église Notre-Dame et celle du Saint-Sacre- 
ment au maître-autel. 11 y a une station d'Avent et de Carême 
dans cette église, et le prédicateur est nommé par l'Evêque. 
La Fête-Dieu y est célébrée comme une fête votive. Le titulaire 
actuel est Jean Thouret qui sera un des hommes les plus re- 
commandables de l'Eglise constitutionnelle en ce diocèse. 
1 sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-ETIENNE DE LOUGRATTE 



L'appeau synodal du diocèse pour l'année 1593 place cette 
îaroisse dans l'ancien archiprêtré de Montant. En fondant le 
collège d'Agen, en 1^91, Nicolas de Villars avait doté le 
louvel établissement d'une pension de 700 livres à prendre 
ur les revenus de l'Evêché. Il avait spécifié en même temps 



(1) Voir Sainl-Sardos cl Sainie-Annc de Laurenque, page 402, 






— 420 - 

que r Evoque pourrait éteindre cette pension en unissant au 
collège un bénéfice d'égale valeur. Peu d'années après, ui 
curé de Lougratte, nommé Jean Monteils, s'étant fait jé- 
suite, résigna son bénéfice in ciirià Romand en faveur de U 
Compagnie. Nicolas de Villars profita de l'occasion pour] 
unir la cure, ainsi résignée, au Collège d'Agen, qui était alors 
aux Jésuites et pensa s'exonérer ainsi de la pension de 700 li-l 
vres. Cette union, quoique revêtue de l'approbation du Saint-J 
Siéçe, fut de courte durée. M. d'Elbène dut la renouveler enJ 
1639, mais cette fois elle a été définitive ('). 

L'église est dans un vallon avec quinze ou seize maison; 
alentour. Elle est longue de douze cannes, large de cinqJ 
haute de huit. Elle n'est pas voûtée. Il y a trois chapelles dont 
l'une est dédiée à Notre-Dame, l'autre à saint Loup, l'autre' 
à saint Damien. Une de ces chapelles, placée au bas de 
l'église, appartient au village de Brive. Le clocher est au bas 
de Tédifice. 

La dîme du blé et du vin se paie au douzième, des menus- 
grains au quatorzième. Les Pères Oratoriens du Collège 
d'Agen prennent tout le revenu et doivent en céder le tiers 
au curé ; ce qui lui vaut 700 livres. Il y a un presbytère. 

Il est incertain si l'Evêque a la nomination ou le Supérieur 
du Collège d'Agen. 

On compte six cent cinquante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Plusieurs sont enrôlés dans la 
confrérie du Très Saint Sacrement. Le titulaire actuel est Jean 
Paloque, qui subira la détention et la déportation et sera 
maintenu à son poste après le Concordat. 



(1) Là cessiotl de la cure de LoiigfaUe, devenue vacante par suite de la démission 
de M. Pierre Lachaume, prêtre, dernier recteur d'icelle, fut faite par Mgr Delbène, 
évêque d'Agen, aux R. P. Barthélémy, Jacquinot, provincial de la Compagnie eft 
Guienne, Fronton Gardenet et Louis Conoid, recteur et syndic du collège d'Agen, 
(Archives municipales d'Agen, G. G. 2io), 



— 421 — 



SA1N'1"-EUTR01M£ DE SCANDAILLAC 



Le pouillé de Valôri place la rectorie « Sjnc/i Pciri (s'\c) de 
Scaïuiail/iaco » dans l'archiprôlré de Fiimcl. Celte paroisse a 
été unie au Collège d'Agen le 5 avril 1653. 

L'église est près du château et d'une agglomération de 
quatorze ou quinze feux. Elle est longue de vingt cannes, 
larije de six et haute de dix. Le sanctuaire est voûté, la nef 
lambrissée. Il y a deux chapelles voûtées du côté de l'Evan- 
gile. L'une est dédiée à saint Barthélémy. Le clocher, à 
trois ouvertures, s'élève au-dessus du portail ' . 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au quinzième, 
des menus grains à discrétion. Les Pères du collège d'Agen 
prennent tout le revenu et paient la portion congrue du curé. 

Les Pères du collège d'Agen présentent par le Supérieur. 

On compte cent soixante dix communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Mou- 
ton qui prêtera le serment, le rétractera, sera nommé à Piis 
après le Concordat et reviendra dans celte paroisse en 1806. 



SAINT-GERMAIN DE TAYRAC 



Valéri place le prieuré et la rectorie de ce nom dans l'ar- 
chiprêtré de Fumel. Le prieuré est simple et séculier, de la 



(i) On lit dans les Mémoires de Viliars à la date de 1597 : « Je bénis deux clo- 
ches, la grande, appelée Anne et l'autre Jeanne, présente et marraine la dame de 
Scandaillac et ses petites filles, lad. dame est décédée pleine de bonne odeur de sa 
vertu et vie exemplaire, cujus memoria in bencdictione sit. J'assistay depuis à ses 
honneurs et fiz l'office où il y eust une belle assemblée de noblesse. 



collation de TEvcque. Le titulaire actuel est Daniel Bouche- 
reau. ex-chanoine de la Cathédrale de Bazas et semi pré- 
bende de la collégiale Saint-Seurin de Bordeaux. Nicolas de 
Villars, dans ses Mémoires, se fait Técho d'un bruit d'après 
lequel ce prieuré dépendait autrefois « de l'abbaye Saint- 
Sibar aux faubourgs d'Angoulême ». 

L'église est dans un vallon, auprès de sept ou huit maisons, 
Elle est longue de huit cannes, large de quatre, haute de six. 
Le sanctuaire est voûté. Il y a des marques de consécration. 

La dîme du blé et de tout ce qui se lie se paie au dixième, 
du vin, chanvre, lin et carnelage au vingtième. Le prieur 
prend toute la dîme. Le curé qui en prenait autrefois la moitié 
s'est réduit à la portion congrue. 11 y a un presbytère et un 
gleysage de sept cartonnats, quatre boisselats en terre labou- 
rable, et une vigne de trois cartonnats au bourg de Crouzelou. 

L'Evèque nomme au bénéfice. 

On compte cent vingt communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Frayssinet 
qui prêtera le serment et mourra pendant la Révolution. 



SAINT-HILAIRE DE MONFLANQUIN 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église est sur une petite éminence, auprès de trois ou 
quatre maisons. Elle est longue de dix cannes, large de qua- 
tre, haute de six, ni voûtée ni lambrissée. Le clocher est au 
bas de l'église en forme de triangle. 

Le chapitre Saint-Etienne prend la moitié de la grosse 
dîme, le curé l'autre moitié et tous les menus grains. Le revenu 
de celui-ci est exactement de i,ooo livres. Il y a un presby- 
tère près de l'église et un gleysage de six cartonnats. 



— 4^î - 

Le chapitre Saint-Etienne a la nomination. 

On compte cent soixante-dix communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Outre la fôle patronale de Sainl- 
Hilaire on célèbre aussi une fôte votive le jour de Saint-Bar- 
lliélcmy. Le titulaire actuel est Jean-François Duperie qui 
prêtera le serment, le rétractera aussitôt, subira la détention, 
la déportation et mourra peu après le Concordat. 



SAINT-JEAN DE MONTAURIOL 



Le pouillé de Valcri porte : In archiprcshytcratu Mr/itai- 
iicnsi. Prier Montis Orio/i, rccfor cjudcm. Le prieuré est uni 
au monastère de Sainte-Croix de Bordeaux ('). 

L'église est dans un vallon, environnée d'une vingtaine de 
maisons. Elle est lambrissée. Il y a deux chapelles du côté de 
l'Epître, la première dédiée à Notre-Dame, la seconde dédiée 
à saint Corne et à saint Damien. Le clocher est au-dessus de 
la porte en forme de triangle. 

Le prieur et le curé se partagent la dîme par portion égale. 
Il y a dix cartonnats de gleysage. Le revenu du curé est éva- 
lué à 7ÎÎ0 livres. 11 n'y a pas de presbytère. 

Le prieur a la nomination. Il est vrai que l'Evêque prétend 
avoir prescrit ce droit contre lui. 



(1) M. Bouyssi dans sa Notice historique sur la ville de Castilbnnès parle « du 
château de Chambon, antique prieuré que le riche et célèbre monastère de Sainte- 
Croix, de Bordeaux, possédait avant le xii* siècle. Auprès du prieuré s"élevait une 
église placée sous l'invocation de Saint-Jean-Baptisie. Elle avait probablement pris 
la place du baptistère décoré par Sulpice du portrait de son ami Paulin. — Nous 
réclamons, dit-il, pour notre pays la gloire d'avoir vu s'élever l'oratoire qui enten- 
dit les prières des premiers chrétiens '>. 



— 4^4 — 



On comptetrois cent cinquante communiants ('). Le titulaire 
actuel est Jean-Marie Philippe de Laborie, qui subira la dé- 
tention et la déportation. Son grand âge l'empochera de re- 
prendre du service après le Concordat. 



SAINT-JEAN DE SAVIGNAC 



Valéri place cette paroisse dans Tarchiprêtré de Fumel. 

L'église est dans un vallon, auprès de neuf ou dix maisons. 
Elle est longue de douze cannes, large de quatre, haute de 
six. Le sanctuaire est voûté. Un clocher. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au douzième, des 
menus grains au quinzième. 11 y a un jardin de un cartonnât et 
un gleysage de six cartonnais en pré. Le curé prend tout le 
revenu qui est estimé 1,750 livres. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent soixante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Bertrand 
Alexis Bourrière, qui prêtera le serment, le rétractera, subira 
la détention et mourra pendant la Révolution. 



SAINTE-MADELEINE DE ROQUEFÈRE 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 
En 1 5 3 3 , Jean de La Caussade, prêtre, natif de Saint-Léonard 



(i) Un curé, nommé Pommerol, mort le 17 septembre 1748, avait laissé aux pau- 
vres tous ses biens. Ces biens formaient encore, en 1790, un capital de 4,452 livres 
} sols. 



en Limousin, demeurant à Roquefère, fit bâtir une chapelle 
aiienanie à l'église pour y placer son tombeau. Il y fonda une 
chapellenie sous le nom de Saint-Jean-Baptiste, obligeant à 
deux messes par semaine. Il donna le droit de nomination 
aux seigneurs de Roquefère, à la famille desquels il apparte- 
nait. De ce bénéfice dépend le domaine de Vidalou compre- 
nant vingt-huit sexterées de terre avec maison, granges, etc., 
d'une valeur totale de 5,280 livres, produisant 240 livres de 
revenu net. Le titulaire actuel est Jean Lacoste, curé de 
Queyssel, du diocèse de Sarlat. 

L'église est champêtre, dans une haute plaine, près du châ- 
teau et do quatre ou cinq maisons. Longue de douze cannes, 
large de quatre, haute de six, elle n'est ni voûtée ni lambris- 
sée. Du côté de TEpître se trouve la chapelle où la chapelle- 
nie est desservie. Le clocher est au-dessus de la porte 
en forme de triangle. 

La dîme du blé et du carnelage se paie au dixième, celle 
du vin, lin, chanvre et menus grains au quinzième. Le curé 
prend la moitié de la dîme, le seigneur du lieu, l'autre moitié 
à titre d'inféodation. La part du curé est estimée 955 livres. 

L'Evêque nomme à la cure. 

On compte deux cents communiants. En 1601, il n'y avait 
que sept ou huit catholiques, en 1666 il y en avait soixante- 
cinq sur cent soixante-quinze huguenots; en 1682, cent sur 
trente familles d'hérétiques. Le curé est tenu à toutes les 
fonctions de son état. Le titulaire actuel est Joseph Durand, 
futur assermenté et vicaire épiscopal qui mourra pendant la 
Révolution. 



- 426 - 

SAINT-MARTIN DE BARBAS 
ET SON ANNEXE : SAINT PIERRE DE TARADEL 



Valéri place dans Tarchiprêtré de Fumel ces paroisses dont 
il fait deux rectories distinctes. Elles dépendent du prieuré 
du Lédat. 

L'église de Barbas est champêtre, dans un vallon. Elle est 
longue de huit cannes, large de trois, haute de cinq. Elle 
n'est pas voûtée. Le clocher est de forme triangulaire. 

Celle de Taradel est aussi dans un vallon, mais encore 
plus en rase campagne. Elle est toute petite, ni voûtée, ni 
lambrissée. 

Autrefois, le prieur du Lédat prenait la moitié de la dîme 
et le curé l'autre moitié. Aujourd'hui, le prieur est seul dé- 
cimateur et le curé est à la congrue. Il y a un cartonnât de 
gleysage près de chaque église. 

Malgré quelque prétention du prieur du Lédat, c'est l'Evê- 
que qui nomme au bénéfice. 

On compte cent communiants à Barbas et cinquante à Ta- 
radel. En 1666, la moitié des paroissiens étaient huguenots. 
Le curé doit le service ordinaire à Barbas et la messe de 
quinze en quinze à Taradel. La confrérie de l'Adoration per- 
pétuelle est établie à Barbas. Le titulaire actuel est Pierre 
Buret, qui prêtera le serment et mourra pendant la Révolu- 
tion. 



SAINT-MARTIN DE BORN 
ET SES ANNEXES : NOTRE-DAME DE VILLARS et SAINT JUST 



Dans le pouillé de Valéri ces paroisses font partie de l'ar- 
chiprêtré de Fumel, mais Saint-Just forme une rectorie à part. 



L'église de Born est dans un village composé de vingt feux. 
Le sanctuaire est voûté, la nef lambrissée. Du côté de 
l'Epître, il y a une chapelle voûtée qui appartient au Soigneur. 
Le clocher est au-dessus de la porte en forme de chapiteau. 

Celle de Villars est champêtre sur une petite éminence, 
dans le voisinage de deux ou trois maisons. Elle est longue 
de dix cannes, large de trois, haute de cinq. Le sanctuaire 
est voûté. Du côté de l'Epître il y a une chapelle voûtée, dé- 
diée à saint Joseph. Un clocher. 

Celle de Saint-Just est champêtre, dans une plaine. Elle 
est longue de huit cannes, large de trois, haute de cinq. Le 
sanctuaire est voûté. Un clocher. 

Dans les trois paroisses, la dîme du blé se paie au dixième; 
du vin au quinzième ; du chanvre de grain, du lin et des 
agneaux, au dixième; des cochons de deux ventrées un, des 
menus grains à discrétion. A Born et à Saint-Just, le curé 
prend tout le revenu; à Villars, il n'en prend que les deux 
tiers ; l'autre tiers appartient à l'abbé de Gondon, qui est le 
seigneur temporel de cette paroisse. Le revenu du curé est 
estimé 1,150 livres. Il y a un presbytère à Born et un petit 
gleysage('). 

L' Evoque nomme au bénéfice. 

On compte trois cents communiants à Born, quatre-vingt- 
dix à Notre-Dame de Villars et soixante à Saint-Just. Le curé 
dessert la matrice et un vicaire alternativement les deux an- 
nexes. Le titulaire actuel est Jean Cessac, qui prêtera le 
serment et mourra pendant la Révolution. 



(1) Il y avait aussi sous le bourg de Born un pré de onze cartonnais, appelé le pré 
0ÇS pauvres, 



SAINT-MARTIN DE CALVIAC 



L'appeau synodal de 1^93 place le prieuré et la rectorie 
de Calviac dans rarcliiprêtré de Fumel. Le prieuré est uni 
au Chapitre de Sarlat. 

L'église est sur une éminence, dans le voisinage de dix ou 
douze maisons. Elle est longue de douze cannes, large de 
cinq, haute de sept, à demi voûtée. Il Y a deux chapelles, dont 
l'une est dédiée à Notre-Dame, l'autre à saint Pierre. Le 
clocher est en forme de triangle. 

Le Chapitre de Sarlat prend toute la dîme. Le curé est à la 
portion congrue. Il y a un presbytère et un gleysage compre- 
nant six pièces des terre, d'une contenance totale de vingt- 
trois cartonnats. 

L'Evèque nomme au bénéfice. 

On compte trois cent soixante communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Il y a une fête votive le jour de 
la Nativité de la Sainte Vierge. Le titulaire actuel est Ber- 
nard Gauffre, qui prêtera le serment, le rétractera de bonne 
heure, subira la déportation et sera nommé à Saint-Sernin de 
Labarthe après le Concordat. 



1 



SAINT-MAURICE 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut. 
Il y a Saint-Maurice d'Aurignac dans les Mémoires de Nico- 
las de Villars. L'abbé de Cadouin est le seigneur temporel. 

L'église est sur une éminence, entourée de dix ou douze 
feux. Elle est longue de dix cannes, large de quatre, haute 






i 



de six. Elle n'est pas voûtée. Du c6lé de l'Evangile il y a une 
chapelle dédiée à Notre-Dame. Un clocher, en forme de 
triangle. Elle a été à peu prés rebâtie en 1664 par un curé de 
Monbahus. C'était, avant, comme une église perdue et aban- 
donnée. 

La dîme du blé et du vin se paie au onzième, des menus 
grains au dix-scptiémc. Le curé prend tout le revenu, qui est 
estimé i ,300 livres. 11 y a un presbytère. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent trente communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. 11 y a une très ancienne dévotion à 
Sainte-Ruffine. On a des reliques de cette sainte. Près de l'é- 
glise, coule une fontaine appelée de Sainte-Ruffine, dont l'eau a, 
paraît-il, la propriété de guérir de la gale. Les malheureux at- 
teints de ce mal vont s'y baigner, après avoir fait dire une 
messe. Le titulaire actuel est Antoine Couleau, qui subira la 
détention, et mourra pendant la Révolution. 



SAINT-MICHEL DE LAURES 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprétré de Fumel. 

L'église est champêtre, dans une haute plaine, entourée de 
cinq ou six maisons. Elle est longue de dix cannes, large de 
quatre, haute de six. Elle n'est pas voûtée. Il y a deux cha- 
pelles, dont Tune est dédiée à Notre-Dame, l'autre cà saint 
Laurent. Le clocher est au-dessus de la porte, en forme de 
triangle. 

La dîme du blé et du vin se paie au dixième, des menus 
grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu qui est éva- 
lué à 800 livres. Il y a un presbytère et un gleysage de quatorze 



— 4;o — 

cartonnais en terre labourable, et de quatre cartonnats en 
jardin et en vigne. 

L' Evoque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent soixante-dix communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire. Il y a une fcte votive le jour de 
Saint-Laurent, Le titulaire actuel est Denis Raffin, qui prêtera 
le serment et mourra pendant la Révolution. 



NOTRE-DAME DE CELLES 
ET SON ANNEXE : S.MNTE-FOY DE ROQUADET 



Valéri place ces deux paroisses dans l'archiprêtré de Mon- 
taut. 

L'église de la matrice est champêtre, sur une petite émi- 
nence. Il y a cinq ou six maisons auprès. Elle est longue de 
dix cannes, large de quatre, haute de sept. Les huguenots 
ont détruit la voûte. Au-dessous est une cave voûtée, ou 
crypte. Le clocher est au bas de l'édifice, en forme de 
triangle. 

Celle de l'annexe est champêtre, sur une éminence. Le 
sanctuaire est voûté. Du côté de l'Epître il y a une chapelle 
voûtée dédiée à saint Pierre, alias à saint Cloud. Le clocher 
est en forme de carré. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
du vin et des menus grains à discrétion. Le curé prend tout le 
revenu, qui est estimé i,ooo livres. Il y a un presbytère à la 
matrice et un gleysage de sept cartonnats. A l'annexe il y a 
aussi un gleysage de quatorze ou quinze cartonnats. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent communiants à la matrice et autant à l'an- 
nexe. Le curé dessert alternativement les deux paroisses. La 



— 451 — 



patronne de Celles est Notre-Dame, et le titulaire saint Lau- 
rent, dont on célèbre solennellement la fcie. Le curé actuel 
est Jean-Xavier Massonneau, qui subira la déportation et 
mourra pendant la Révolution. 



NOTRE-DAME DE CORCONAC 

ET SON ANNEXE : SA I NT- M I CH E L D E LA SA UV ETAT 

DE VALENS 



Le pouillé de Valéri porte: In archiprcshylcralu Fumcllcnsi: 
Prior de Corconaco, rcctor cjusdcni cl de SalviLitc. Le prieuré 
dépendait autrefois de celui de Catus en Querci. Dans le 
cours de ce siècle il a été donné au Séminaire d'Aîren. En 
retour les bourses ou places gratuites de cet établissement 
ont été augmentées de deux, dont l'une est à la nomination 
de l'Evéque d'Agen, l'autre à celle du prieur de Catus. De 
plus les MxM. de Saint-Lazare, directeurs du Séminaire, sont 
tenus de faire prêcher une mission et de distribuer i 50 livres aux 
pauvres, tous les sept ans, dans les deux paroisses du prieuré. 
Il y a dans l'église de Corconac une chapellenie, appelée de 
Chayrès, fondée autrefois par un prêtre. Le titulaire actuel 
est M. Laurens, chanoine de Saint-Etienne. Les biens de 
ce bénéfice sont : 1° un pré de une sesterée cinq cartonnats, 
situé dans la paroisse de Calviac et une rente de six sacs 
de froment sur un moulin de la môme paroisse ; 2"^ une vigne 
dans la paroisse de Corconac de deux sesterées, deux carton- 
nats; 3*^ un domaine au lieu de Girbel, même paroisse de vingt- 
deux sesterées, quatre cartonnats. Le tout produit un revenu 
de 580 livres. 11 est resté longtemps incertain quelle était de 
ces deux paroisses la matrice, quelle était l'annexe. L'avan- 
tage est resté à Corconac, 



— 4>2 — 

L'église de la matrice est champêtre dans un vallon, sur 
une petite éminence. Elle est longue de quatorze cannes, 
large de cinq, haute de dix. Le sanctuaire est voûté. Il y a 
une chapelle du côté de l'Evangile. Du côté de l'Epitre s'élève 
le clocher en forme de tour. 

Celle de l'annexe est sur une petite éminence auprès de 
quatorze ou quinze feux. Elle est longue de huit cannes, large 
de quatre, haute de six. Le sanctuaire est voûté. Il y a une 
chapelle séparée de la nef par un pilier de pierre. 

Dans les deux paroisses la dîme de tous les fruits se paie 
au dixième. Le Séminaire prend toute la dîme qu'il afferme 
2,600 livres. Le curé est pensionné. 11 y a deux gleysages 
l'un de six sesterées, quatre cartonnais, à la Sauvetat, l'autre 
de trois sesterées, quatre cartonnais à Corconac. Le presby- 
tère est à la Sauvetat, il est obituaire. 

Le prieur de Catus qui nommait autrefois au prieuré et à la 
cure, nomme encore à la cure. 

On compte cinq cents communiants dans les deux paroisses. 
Le curé réside à La Sauvetat qu'il dessert. Un vicaire dessert 
Corconac. Le titulaire actuel est Jean Gras qui mourra pen- 
dant la Révolution. 



NOTRE-DAME D'ENVALS 



Le pouilléde Valéri porte : In archipresbyteratu Fiimellensi: 
Prior de Validms^ rector ejusdem. Il ne reste depuis très long- 
temps aucune trace de ce prieuré. 

L'église est champêtre, sur la crête d'une colline. Elle est 
longue de vingt cannes, large de quatre, haute de huit. Le 
sanctuaire est voûté. La voûte de la nef s'est écroulée au 
commencement du xvir siècle et il ne reste aucune des six 
chapelles qui l'entouraient au xvi^. 






La dîme du blé se paie au onzième, du vin au seizième, des 
menus grains au vingtième, du blé d'Espagne à discrétion. 
Le curé prend tout le revenu qui est estimé 950 livres, il y a 
un presbytère et un gleysage de quatre cartonnats. 

Iw'Evôque nomme nu bénéfice. 

On compte cent quatre-vingts communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire, il y a deux fêtes locales, une 
le jour de l'Assomption, l'autre le jour de saint Cloud. Le 
titulaire actuel est Pierre Gigon, qui prêtera le serment, le 
rétractera et sera maintenu à son poste après le Concordat. 



NOTRE-DAME DE LUGAGNAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église est champêtre, dans une plaine auprès de quelques 
maisons. Elle n'est pas voûtée. Il y a deux chapelles, une à 
droite, dédiée à saint Roch, une autre à gauche, dédiée à 
i saint Jean. Le clocher est au-dessus de la porte en forme de 
triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au dix-huitième, 
des menus grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu 
qui atteint à peine le chiffre de la portion congrue. 

L'Evêqur nomme au bénéfice. 

On compte cent communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. Outre la fèie patronale qui est l'Assomption, 
i| il y a deux fêtes votives : Saint-Jean et Saint-Roch. C'est 
tout ce qui reste de deux antiques confréries. Le titulaire 
actuel est Pierre Fraissengues, futur assermenté et abdicataire 
qui mourra peu après le Concordat. 



28 



— AU -^ 



NOTRE-DAME DE POMPIAC 



Valéri place cette paroisse dans Tarchiprêtré de Montaut. 

L'église est champêtre, dans un vallon, auprès de dix ou J 
douze maisons. Elle est longue de dix cannes, large de qua- 
tre, haute de six et lambrissée. Il y a une chapelle voûtée de 
chaque côté et une hors de l'église qui sert de tombeau. 

Le curé prend toute la dîme. Son revenu est exactement 
de i,8oo livres. 

L'Evèque nomme au bénéfice. 

On compte cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Saint-Louis est la fête principale. Le 
titulaire actuel est Jean Chaubart, qui mourra cette année 
même et aura pour successeur Pierre Falque, qui subira la 
déportation et sera, après le Concordat, nommé curé à 
Notre-Dame de Valette. 



NOTRE-DAME DE VALETTE 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut. 

L'église est champêtre, dans un vallon, à cent pas du châ- 
teau. Elle est lambrissée. Il y a une chapelle du côté de 
l'Evangile, dédiée à Notre-Dame du Rosaire et deux du 
côté de l'Epître, dont l'une est dédiée à saint Clair, l'autre à 
saint Rémi. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au quinzième. 
Le curé prend tout le revenu qui est estimé 700 livres. Il y a 
un presbytère. Citons deux fondations importantes : l'une 
consistant en quelques biens fonds et chargée d'une messe 



— 45) — 

par semaine, l 'autre, obligeant à deux messes par mois, éta- 
blie sur un capital de 300 livres. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte cent douze communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. La principale fête est Saint-Clair. Le titu- 
laire actuel est Antoine Dalas qui refusera le serment, subira 
la détention, la déportation, mais ne sera pas employé après 
le Concordat, à cause de son grand âge et de ses infirmités. 



SAINT-PAUL LE JEUNE 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprôtré de Montant. 
Il n'est pas rare de la voir attribuer cà l'archiprêtré de Mon- 
clar. 

L'église est champêtre. Il y a une chapelle dédiée à Notre 
Dame. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au quinzième, 
des menus grains suivant une transaction. Le curé prend tout 
le revenu qui est estimé 1,208 livres. 11 y a un presbytère. 

Le prieur de Sainte- Livrade nomme au bénéfice. 

On compte deux cents communiants, auxquels le curé doit 
le service ordinaire. La fête principale est la Nativité de saint 
Jean-Baptiste. Le titulaire actuel est Pierre Louis Broussard, 
qui prêtera le serment et finira par se suicider pendant la 
Révolution. 



— 45" - 

SAINT-PIERRE DE CAILLADELLE 

ET SON annexe: SAINT-SULPICE DECAILLAC 
ou DE BEAUREGARD 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archiprcshjierafu Fit- 
mellcnsi: Rictor de Calhaco et Sancli Supp/icii. 

L"éo-lise de la matrice est champêtre dans un vallon, sur 
la croupe d'une colline, auprès de deux ou trois maisons. 
Elle est longue de douze cannes, large de quatre, haute de 
huit. Le sanctuaire est voûté. Le clocher est au bas de 
l'édifice en iorme de triangle. 

Celle de l'annexe est champêtre, sur une petite éminence. 
Elle est longue de dix cannes, large de quatre, haute de huit. 
Elle n'est pas voûtée. Le clocher est au-dessus de la porte en 
forme de triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au douzième. 
Autrefois le prieur de Sainte-Livrade et le curé se parta- 
geaient le revenu par portions égales. Aujourd'hui le prieur 
est seul décimateur et le curé est à la portion congrue. Il y a 
un presbytère à Caillac ou le curé réside et aussi un gleysage 
de neuf cartonnats. 

Le prieur de Sainte-Livrade nomme au bénéfice. 

On compte trois cents âmes à Cailladelle et soixante à 
Caillac, Le curé devait desservir alternativement les deux 
paroisses, mais par un ancien usage on ne dit la messe à 
Cailladelle que de quinze en quinze jours. Le patron de la 
matrice est saint Pierre ès-liens, celui de l'annexe saint Sul- 
pice, La fête locale de l'annexe est cependant le jour de la 
Décollation de saint Jean-Baptiste. Le titulaire actuel est 
Jean Bouytet, qui prêtera le serment et mourra pendant la 
Révolution. 



— 457 — 



SAINT-PIERRE DE CASTI LLONNES 



Celte paroisse est placée par Valérl dans l'archiprêtré de 
Montaut. Elle appartient en môme temps à l'archiprêtré de 
Boimiagues du diocèse de Sarlat. « En 1262, écrit Labrunie, 
Guillaume, évoque d'Agen Cl Tévéque de Périgueux, ayant eu 
quelque différend à l'occasion de Castillonnès, que chacun 
d'eux plaçait dans son diocèse, l'archevêque de Bordeaux ''^ 
le termina en accordant aux deux évoques de nommer cha- 
cun leur chapelain qui, en bons frères, feraient les offices en 
commun et se partageraient les revenus. Lorsque l'abbaye de 
Sarlat a été érigée en évèché, la cure de Castillonnès qui s'est 
trouvée en dépendre, a été nommée alternativement par les 
évéques d'Agen et de Sarlat, et cet usage subsiste encore^') ». 
D'après Labénazie, Mascaron pour remédier à cet état de 
choses dont il sentait tous les inconvénients, engagea avec 
l'Evèque de Sarlat des pourparlers qui n'aboutirent pas. La 
juridiction est aussi à l'alternative . L'année impaire est 
d'Agen. 

L'église matrice, sous le vocable de Saint-Pierre es liens, 
était située sur les bords de la Douyne. C'est sur le territoire 
de la paroisse de ce nom que (ut construit, en 12^9, la bas- 
tide de Castillonnès. On bâtit en môme temps, infrci muros, 
une chapelle succursale qui fut dédiée à Notre-Dame. L'église 
de Saint-Pierre dut être peu à peu abandonnée; en 1 597, ce 
n'était plus qu'une ruine, en 1666 il n'en restait que les fon- 
dements. Bien que la ville de Castillonnès fût demeurée 
fidèle à la foi catholique, pendant les troubles du xvi° siècle, 



(i) Voir tout au long dans l'abbé Barrore, tome 11, p. 21, la sentence arbitrale de 
l'archevêque de Bordeaux. 

(2) Catalogue raisonné des évoques d'Agen. — Art. Guillaume 11. 



l'église de Notre-Dame était, en 1597, dans le plus déplora- 
ble état. On lit, en effet, à cette date, dans les Mémoires de 
Nicolas de Villars : « Eglise toute découverte, le grand autel 
et cinq autres en pièces dans les chapelles de Lamothe, de 
Saint-Antoine. . idem des images, idem des fonts sans chré- 
mières, sans eau baptismale... ». On ne tarda pas à la répa- 
rer et elle prit alors le nom de l'église matrice. Les évoques 
d'Agen et de Sarlat approuvèrent en 161 2(0 cette substitution. 
11 y a, du côté de l'Epître, deux chapelles voûtées. 

Dans cette église est fondée une chapellenie dite de Gros- 
Moron, qui dépend de l'ordre de Citeaux. Le titulaire actuel 
est le P. Jean Rose, profès de cet ordre. C'est tout ce qu'il 
reste d'un antique prieuré de même nom, membre de l'abbaye 
de Cadouin, qui aurait abrité, paraît-il, jusqu'à trente reli- 
gieux ^-). Il y a une autre chapellenie, dite [de Saint-Michel, 
de patronage lai, dont le titulaire est Charles Meyrieu, curé 
de Saint-Caprais de Monflanquin. 

La confrérie des Pénitents blancs était déjà établie dans la 
chapelle de Saint-Roch dès la première moitié du xvii" siè- 
cle -'). Cette chapelle, située hors des murs, a été rebâtie 
après la peste de 1652 par suite d'un vœu de paroisse (4). H y 
avait aussi, hors des murs, à la même ^époque, deux autres 
chapelles l'une dédiée à Notre-Dame, l'autre dédiée à sainte 
Madeleine. Celle-ci dépendait de l'abbaye de Cadouin (î)- 

Les Capucins ont été appelés à Castillonnès en 1682, par 
le vœu général des habitants (*"). De vaines tentatives avaient 
déjà été faites, en 162 1, par les jurats, pour l'obtention d'un 



(i) Notice historique sur la initie de Castillonnès, par M. Bouyssi. 
(2) M. Bouyssi, loc. cit. 

(5) Visite de l'archiprûtre, 1641 (Archives de i'Evcchû). 
(4) M. Bouyssi, loc. cit. 

{5) Rapport du curé à l'évêque, i666 (Archives de l'Evêché). 

(6) Lettre du Gardien à Mgr Hébert, 1715 (Archives de l'Evêché, f. 9). En 1790 
la municipalité demanda le maintien des Capucins à Castillonnès, 



— 4;v — 

couvent de Récollets ''\ Les Capucins occupent un immeu- 
ble d'une valeur de 18.420 livres. Leur communauté ne se 
compose actuellement que de trois religieux, le Père Honoré 
de Cahors, le Frère Eustache de Villeneuve et le Frère Sé- 
bastien de Rivalède '^). 

L'hôpital est dirigé par des religieuses et administré par 
des syndics. Il a été rebâti de 1771 à 1774. Ses ressources 
consistent en 6,000 livres de rente '^\ 

L'abbé de Cadouin prend les trois cinquièmes du blé, la 
moitié du vin et des fèves. Le curé prend les deux cinquièmes 
du blé, la moitié du vin et des fèves et tous les menus grains, 
le chanvre et le carnelage. Le revenu de ce dernier est estimé 
1.509 livres. Il y a un presbytère et une maison abbatiale. 
Cette maison appartient à l'abbé de Cadouin, elle a été rebâ- 
tie en 1669 et comprend un cloître et une église vaste et bien 
décorée •<). 

L' Evoque d'Agen et celui de Sarlat nomment alternative- 
ment au bénéfice. 

On compte douze cents communiants. Le service paroissial 
est assuré par le curé et un vicaire. Il y a une station d'Avent 
et de Carême dont le prédicateur est aussi nommé alternati- 
vement par les deux évoques d'Agen et de Sarlat. Le titulaire 
actuel est Martial de Crémoux qui subira la détention et 
mourra pendant la Révolution. 



(1) Délibération des jurais de Castillonncs du 20 avril 1621, pour l'établissement 
d'un couvent de Récolleis en ladite ville (Archives de lEvèché, f. p). 

(2) Archives de la Préfecture. Liasse : Biens Nationaii.x. 
(;) M. Bouyssi, loc. cit. 

(4Î M. Bouyssi, loc. cit. 



— 44^ — 



SAINT-PIERRE DE CROSILLAC 



I 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut. 

L'église est champêtre, dans le voisinage de quatre ou cinq 
maisons. Elle est longue de douze cannes, large de cinq, 
haute de huit. Le sanctuaire était autrefois voûté. 

La dîme de tous les fruits se paie au dixième. Le curé 
prend toute la dîme et de plus il prélève, à litre de prémice, un 
demi carton de blé par chaque paire de bœufs labourants. 
Son revenu est estimé 700 livres. Il y a un presbytère et un 
gleysage de quatre cartonnais, quatre boisselats. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent trente communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Géraud Fray qui 
prêtera le serment, le rétractera presque aussitôt, s'exilera en 
Espagne et sera nommé à Castelnaud de Gratecambe après 
le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE LACAUSSADE 



Valéri place cette paroisse dans Tarchiprêtré de Fumel. 

L'église est champêtre, sur une petite éminence H y a au- 
près dix ou douze maisons. Elle est longue de dix cannes, 
large de trois, haute de six. Le sanctuaire est voûté, la nef est 
lambrissée. Le clocher est sur l'arceau qui sépare la nef du 
sanctuaire. 

La dîme du blé, du vin et des menus grains se paie au 
dixième, du chanvre et du lin au douzième, du millet à dis- 
crétion. Le curé prend tout le revenu qui est estimé 1000 li- 
vres. Il y a un presbytère près de l'église. 



- 44' - 

On compte deux cents communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. La fête patronale est Saint-Pierre es 
liens. Le titulaire actuel est Etienne Bafîos qui prêtera le 
serment, le rétractera et sera maintenu à son poste après le 
Concordat. 



SAINT-PIERRE DE LAUSSOU 
ET SON ANNEXi: : NOTRE-DAME DE BONNE-NOUVELLE 



Valéri place le prieuré et la rectorie de Laussou dans l'ar- 
chiprctré de Fumel, Le prieuré simple et séculier est de col- 
lation épiscopale. Il vaut 700 livres et a présentement pour 
titulaire Pierre de Gueydou, chanoine de Pamiers. L'église 
de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle n'a jamais été paroissiale. 
C'était à l'origine une chapelle de grande dévotion qui fut 
bâtie sur le lieu même, où l'on avait trouvé, dans un chêne, 
une statue miraculeuse de la Vierge. Cette église est lam- 
brissée et dédiée à Notre-Dame de la Purification. 

L'église(') de Laussou est champêtre dans un vallon, auprès 
de dix à douze maisons. Elle est longue de dix cannes, large 
de quatre, haute de sept. Elle n'est pas voûtée. Il y a un 
clocher. 

La dîme du blé et de tout ce qui se lie se paie au dixième, 
elle du vin, chanvre, lin au douzième. Le prieur et le curé 
îe partagent tout le revenu par portions égales ; ce qui vaut 
50ur chacun 700 livres. Il y a un presbytère à la matrice. 

L'Evêque nomme à la cure. 



(1) Eglise solidement bâtie en moyen appareil et flanquée de contre-forts... Edifice 
robablement du xi« siècle. La porte est dans le style du xv« (G. Tholin, loc. cit.). 
;ile servit de refuge aux habitants pendant les guerres dç rçl'gion (Vojr les Mémoi- 

s de Nicolas de Viliars]. 






— 44- - 

On compte ciiiquaiUe communiants à L-aussou, et cent 
soixante-dix à Bonne-Nouvelle. La matrice a droit au service 
ordinaire, l'annexe à la messe tous les dimanches et aux 
vêpres les quatre fêtes annuelles et le Jour de la fête patro- 
nale. Le titulaire actuel est Guillaume Massou, futur assser- 
menté et abdicataire qui se rétractera mais qui ne sera pas 
employé après le Concordat à cause de son âge et de ses 
infirmités. 



SAINT-PIERRE DE MONTAUT 
ET SON annexe: sainte-madeleine DE BOURNEL 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archipresbylerata Mon- 
ialdensi: Prior de Monte alto, reetor ejusdem, rector de Marsil- 
haco, rector de Bornello. Le prieuré est simple et de l'ordre de | 
saint Benoît. Le collateur est l'abbé d'Aurillac, le titulaire ' 
actuel est Louis Mathias de Barrai, vicaire général de 
Troyes. 

L'éo-lise de Notre-Dame de Marsillac, qui n'est qu'une 
o 

chapelle publique, est champêtre, sur une éminence. Elle est i 
longue de douze cannes, large de trois, haute de six. Le ; 



sanctuaire est voûté 



(i) Dans son verbal de 1675, Claude Joly parle ainsi de celte chapelle : « En notre 
première visite, faite le 26 octobre de l'année 1666, ayant appris que lad. chapelle 
était fréquentée par un grand concours de peuple, qui par une espèce de supersti- 
tion faisaient passer les enfants malades entre deux pierres posées au milieu de la 
nef, nous députâmes le sr Lucas, prêtre de la mission, résident à N.-D. de la Rose, 
pour à laide de ses confrères faire une mission en lad. paroisse de Montaud et s'in- 
former au vrai s'il ne se faisait aucune superstition en la chapelle de N.-D. de Mar- 
sillac avec ordre de lever les deux pierres qui étaient au milieu de la nef et de creu- 
ser dessous, ce qui ayant été exécuté en présence de plusieurs témoins on y trouva 
des ossements que le peuple prétend être des reliques, qui furent ramassés et trans- 
portés en la maison du curé jusqu'à nouvel ordre.... Ordoi^nons que ces ossements 



— 44^ - 

L'cgli'^c de la matrice est, sur une émincnce, dans le bourg 
de Montaut-Ie-Vieux. Elle est longue de quatorze cannes, 
large de cinq, haute de huit et entièrement voûtée. Il y a une 
chapelle dédiée à sainte Catherine. Le clocher est en forme 
de dôme sur la façade de l'église. 



seront pnr le curé enveloppés d'un linpe propre et renfermés dans une caisse de bois 
qui sera portée dans lad. chapelle et enterrée à } pieds de hauteur derrière ou au 
coin de l'autel.... » 

Le procès-verbal de cette opération est conservé aux Archives de l'Evêché. C. 4; • 
Le curé de Montaud, sur l'ordre de Claude Joly, le 20 décembre 1672, en pré- 
sence d'un grand nombre de témoins fit bêcher en un endroit de la chapelle du côté 
de l'èpître qui confronte la muraille d'icclle où il y avait deux pierres droites élevées 
déterre d'un pied et demi, distantes l'une de l'autre d'un pied ; auquel endroit il se 
fait journellement des miracles à ceux qui viennent en dévotion étant malades ou 
incommodés, ils reçoivent du soulagement et après avoir fait bêcher à deux pieds 
de terre nous aurions trouvé un cavot en rond couvert de pierres, l'une desquelles 
marque avoir été un quartier d'autel et étant entrés dans led. cavot y aurions trouvé 
des ossements et morceaux de conche tous mêlés avec des pierres et terre, n'y 
ayant trouvé autre chose après y avoir fait sortir la terre jusqu'au roche nous avons 
dressé le présent procès-verbal.... Suivent lO signatures... 

Il se fait quantité de miracles dans cette chapelle comme font foi plusieurs person- 
nes et M. le curé a quantité de mémoires pour cela : i. M. Bernard Garidou, âgé 
de 70 ans, habitant du lieu de Marsillac, proche lad. chapelle nous a dit avoir vu 
de SCS propres yeux une fille de Lognac quoique de la R. P. R. qui ne pouvait mar- 
cher depuis 5 ans, étant apportée et accompagnée de sa mère, ayant fait sa dévo- 
tion, se sentit parfaitement guérie et marcha fort bien. — 2. Item. Un homme ;illis.) 
diocèse de Sariat, juridiction de Cuzac, travailleur de terre, qui avait des ulcères 
^ aux jambes faisant vœu de venir à N.-D. de Marsillac ses ulcères se fermèrent, puis 
n'e.xéculant pas son vœu ses plaies se rouvrirent et reconnaissant sa faute fit de- 
rechef vœu de venir à lad. chapelle, il y obtint une parfaite guérison. — 50 Item. Le 
même dit qu'il y a environ 4 ou > ans qu'on amena un garçon de la juridiction de 
Monrtanquin, âgé de 8 à 9 ans, sur un âne, ne pouvant marcher, ayant fait sa dévo- 
tion, reçut la santé. — 4. Une fille (illis.) âgée d'environ 20 ans de la paroisse de 
Corconnac qui était toute ulcérée partout le corps ne pouvant marcher, venant huit 
jours avant la fête de S. Sicaire faire ses dévotions en lad. chapelle retourna ensuite 
le jour de lad. fête en parfaite santé. — 5. Plus dit Jean Conche, dit Messonier, âgé 
de 60 ans ou environ avoir ouï dire à sa grand mère âgée de 100 ans que feu M. de 
Scandailhac touché d'une maladie incurable, après avoir expérimenté tous les remèdes 
mais en vain, on lui conseilla de se recommander à la Sainte Vierge et de visiter la 
:apelle de Marsillac où s'étant fait porter on lui dit qu'il fallait qu'il laissât ses 
labits selon la coutume des pèlerins malades, ce qu'il ne voulut pas faire et aima 
•nieux faire faire quelque réparation considérable à la dite chapelle, ce qu'il fit ayant 
recouvré sa santé, faisant voûté le chœur do ladite chapelle comme elle est, où 
sont ses armoiries qui paraissent encore.... >> 






— 444 — 

Celle de l'annexe est champêtre, dans un vallon, auprès de 
douze ou quinze maisons. Elle est longue de quatorze can- 
nes, large de quatre, haute de six. Le sanctuaire est voûté. 
Du côté de l'Evangile, il y a une chapelle dédiée à saint 
Roch. Le clocher est une tour carrée, s'élevant au-dessus 
de la première travée de la nef. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième, 
du vin et des menus grains au vingtième. Le prieur prend 
tout le revenu qui vaut 4000 livres. Le curé est à la portion 
congrue. Il y a plusieurs biens obituaires attachés à la cure : 
i"" onze cartonnais et dix boisselals de terre dont les trois 
cinquièmes du revenu sont pour les pauvres ('); 2" une vigne 
de deux cartonnats, quatre boisselats ; 5° un pré de quatre 
boisselats ; 4° dix boisselats de terre ; 5° quatre autres bois- 
selats. Le curé habite le prieuré à Montaut-le-Vieux et il y a 
un presbytère à Bournel pour le vicaire. 

Malgré quelque prétention du Prieur c'est l'Evêque qui 
nomme à la cure. 

On compte mille communiants à la matrice t^) et cinq cents 
à l'annexe. La première est desservie par le curé, la seconde 
par un vicaire résident. 11 y avait encore en 1682, seize 
familles de religionnaires qui assistaient au prêche de trois en 
trois semaines dans un temple qu'ils avaient acheté à Mon- 
taut-le-Jeune vers 1631 (5). Le titulaire actuel est Caprais 
Trignac qui prêtera le serment, le rétractera et sera nommé à 
Saint-Hilaire-de-Colayrac après le Concordat. 



(1) Le bouillon des pauvres, sous radministration des Dames de la Charité, avait un 
revenu fixe de 90 livres. 

^2) Nicolas de Villars relate dans ses Mémoires un vieil usage qui existait encore 
dans cette paroisse en 1597 : 11 y a, dit-il, une pièce de fer qu'on appelle la clef de 
saint Pierre, qu'on met sur l'autel le jour de sa fête. 

(5) 11 y avait aussi à Montaul-le-Jeune la chapelle du château dédiée à Notre- 
Dame, 



^ 44? - 



SAINT-PIERRE DE PUS 



Valcri place cette paroisse dans rarchiprôtrc de Fume!. 

L'église est champêtre sur une éminence, dans le voisinage 
de sept ou huit maisons. Elle est longue de dix cannes, large 
de quatre, haute de six. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est 
au bas de l'édifice en forme de triansjle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du lin, du chanvre et 
du carnelage au douzième, du vin et des menus grains au 
douzième. Le curé prend toute la dîme saul douze sacs de 
froment, trois sacs de seigle et trois sacs d'orge, que l'abbé 
de Gondon prélève sur le revenu de Grineil. La part du 
:uré dépasse i,ooo livres. Il y a un presbytère. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte cent vingt communiants, auxquels le curé doit 
e service ordinaire. Le patron est saint Pierre ès-liens. Le 
ilulaire actuel est Guillaume Sarrau, qui prêtera le serment, 
2 rétractera, s'exilera en Espagne et mourra pendant la Ré- 
olution. 



AINT-SERNIN DE RIVALÈDE ou DE LABARTHE 



Valéri place cette paroisse dans larchiprôtré de Fumel. Il y 
un prieuré simple de l'ordre de Saint-Benoit, de la congré- 
Uion de Saint-Maur qui dépendait de l'abbaye d'Eysses. 
5 titulaire actuel est Charles Henri François Bouniol, de cet 
dre et de cette congrégation. 

L'église est dans un vallon auprès de deux ou trois mai- 



— 44^' — 

sons ('). Elle est longue de huit cannes, large de quatre, haute 
de six. Le sanctuaire est voûté. Un clocher. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au douzième, 
des menus grains au vingtième. Le prieur prend tout le re- 
venu, le curé est à la congrue. En outre, le prieur possède 
dix-huit-cartonnats de terre et le curé six. Il y a un presbytère. 

Malgré les prétentions de l'abbé d'Eysses,r Evoque nomme 
à la cure. 

On compte deux cent vingt communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jacques Mau- 
rel, futur assermenté et abdicataire qui se mariera, sera admis 
ensuite à la pénitence et à la communion laïque par le Sou- 
verain Pontife, enfin rétabli dans ses fonctions et nommé à 
Boussés après le Concordat. 



SAINT-VIVIEN 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Fumel. 

L'église est dans un vallon, auprès de dix ou douze mai- 
sons. Elle est longue de dix cannes, large de cinq, haute de 
sept. Elle n'est pas voûtée. Du côté de TEvangile, il y a une 
chapelle dédiée à saint Antoine. Un clocher en forme de 
triangle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au quinzième, 
des menus grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu 
qui est estimé 850 livres. Il y a un presbytère et un gleysage 



fi) En 1776 les paroissiens Tirent une pétition pour obtenir la permission de cons* 
truire dans le bourg une chapelle succursale, le chemin qui mène du bourg à l'églis* 
étant souvent coupé par les débordements de la Lède< 



— 447 - 



consistant en uuc vigne de quatre cartonnats, appelée au 
Moulin Vert. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte cent vingt-cinq communiants, auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Arnaud Bour- 
ges, qui prêtera le serment, le rétractera, sera détenu à Agen, 
déporté au fort du Hâ, à Blaye, ne sera pas employé après le 
Concordat à cause de son grand âge et de ses infirmités. 



AlCHIPRÊTRÉ DE MONCLAR 



Archiprêlrc de Monciar : 

FRANÇOIS DE FERRAND 
Curé de Beauîias 



SAINT-BLAISE DE MOIRAS 



Valéri place le prieuré et la rectorie de Moiras dans Tar- 
chiprêtré de Besaume. Dans le compte des subsides levés 
pour le Pape en 1 326 dans notre diocèse, figure une « prio- 
rissa de Moyraco ». C'est tout ce qu'on peut dire de ce 
prieuré qui ne paraît pas avoir laissé d'autre trace dans nos 
annales. 

L'église est champêtre, dans un vallon, auprès de sept ou 
huit maisons. Elle est longue de quatorze cannes, large de 
trois et demie, haute de cinq, et à moitié voûtée. Le clocher 
est sur le mur du fond en forme de triansrle. 

La dîme de tous les fruits se paie au douzième. Le curé 

29 



— 4>o — 

prend tout le revenu, qui est estimé 800 livres. 11 y a un pres- 
bytère. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent soixante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Outre la fête de Saint-Biaise, patron 
de la paroisse, on célèbre une fête votive le jour de Saint- 
Martial. Le titulaire actuel est Claude Lacombe, qui mourra 
pendant la Révolution. 



SAINT-CLAIR DE MONCLAR 
ET SES ANNEXES : S A I NT-E UTROPE, SAINT-MARTIN, NOTRE- 
DAME DE PRÉLATS, SAINT-JEAN DE CUNIAC 



Valéri place cette paroisse avec ses quatre annexes dans 
l'archiprêtré de Montaut. 

L'église de Monclar se trouvait autrefois, extra wj/ros,dans 
ce qu'on appelait la vieille ville. Elle a été reconstruite sur 
son emplacement actuel en 1503, et restaurée en 1609 ('). 
Bâtie en pierre de taille, placée au sommet d'une colline éle- 
vée, elle a l'aspect d'une citadelle. Par un de ses côtés elle 
fait partie du mur d'enceinte et entre dans le système de dé- l 
fense de la ville moderne. Elle est longue de vingt cannes, 
large de six, haute de huit et lambrissée. Du côté de l'Evan- 
gile il y a les chapelles voûtées de Notre-Dame et de Saint- 



(1) On lit dans les Mémoires de Nicolas de Villais, à la date de 1J97 : « L'an ijo; 
lad. église fut bâtie appert de ce qui est écrit en la couverture de lad. église. » — 
Le verbal de Claude Gelas, daté de 1614 porte : « Dans l'église de Monclar on lit au 
haut de la muraille au-dessus du grand autel écrit en grosses lettres sur deux mor- 
ceaux de bois! u feut faite aquesta glessia l'an 12J5 (?) et l'an 1609 a esté refaite ». 
S'il n'y avait pas erreur dans la date donnée par Claude Gelas, il faudrait admettre 
que l'église de Monclar est contemporaine de la bastide. 



i 



— 4^1 — 

Joseph ; du côté de rEpîire, celles de Sainte-Anne, de 
Sainl-Côme et de Saint-Damien, du Purgatoire ou de la 
Charité. Au bas de l'église, du c6té de T Evangile, s'élève le 
clocher. C'est une lour octogone formée d'une double rangée 
d'arceaux superposés et terminée par une aiguille couverte 
d'ardoise. 

L'église de Saint- Eutrope est sur une petite éminence, au- 
près de deux maisons, à un quart de lieue de Monclar, sur 
la route de Montastruc. Elle est longue de dix cannes, large 
de trois, haute de quatre. Elle n'est pas voûtée. Le clocher 
est sur le mur du fond en forme de triangle. 

Celle de Saint-Martin est champêtre, dans un vallon, au- 
près de deux maisons. Elle est longue de dix cannes, large 
de trois, haute seulement de trois. Elle n'est pas voûtée. Le 
clocher est sur le mur du fond en forme de triangle. 

Celle de Notre-Dame de Prélats est champêtre, dans un 
grand vallon. Il y a deux ou trois maisons à deux cents pas. 
Elle est longue de seize cannes, large de cinq, haute de huit. 
Elle n'est pas voûtée. Il y a du côté de l'Evangile une cha- 
pelle voûtée, dédiée à Notre-Dame. Elle a été bâtie par Jac- 
ques Born, Jean Born dit Roudié et Jean Teyssier, prêtre de 
Monclar. Deux chapellenies y ont été fondées, l'une en 1516 
par Jean Born, dit Ilabila, l'autre par Jean Born dit Majoreau, 
en 1529. La première ne peut être conférée qu'à un prêtre 
et consiste en plusieurs biens d'une valeur de 9,900 livres; 
la seconde peut être donnée à un simple tonsuré et consiste en 
plusieurs biens, de moindre importance, d'une valeur de i ,800 
livres. Elles obligent chacune à une messe par semaine. Les 
fondateurs en ont laissé la nomination à leur famille qui est 
aujourd'hui représentée par Jacques, Alexis et Françoise 
Queilles. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Grellière, curé 
de Couls. 

Celle de Saint-Jean de Cuniac est champêtre, au bas de 
la colline de Monclar. Elle est longue de sept cannes, large 



— 4^^ — 

de trois, haute de quatre, fort basse et enfoncée. Elle n'est" 
pas voûtée. Le clocher est sur le mur du fond, en forme de 
triangle. 

Dans toute l'étendue du bénéfice, la dîme du blé, méture, 
tabac (quand il est permis d'en planter), chanvre, se paie au; 
douzième, des menus grains au quinzième, du vin pris àla| 
vigne au quinzième, du vin pris au chai au trentième, des: 
agneaux au treizième. Ce tarifa été établi par une transaction 
entre la communauté et les gros décimateurs en date de 1672, 
L'archidiacre de Monclar, qui est un personnat de Téglisel 
cathédrale, et le curé, se partagent la dîme grosse et menue] 
et le carnelage par égales portions. Ils donnent l'un et l'autre] 
50 livres au prédicateur (■), font par moitié toutes les répara-j 
tions. Le curé paie seul les vicaires et ne perçoit rien pour les' 
novales. Tout cela a été réglé par une transaction passée par] 
l'archidiacre et le premier curé pacifique (2) de Monclar, en] 
1661, et homologuée dans la Cour du Parlement^, le 1 5 juin de 
la même année. Le rendement total de la dîme dépasse 6,000 
livres. La part du curé est exactement de 3,331 livres. Il y a 
un presbytère et un gleysage obituaire de six cartonnais en 
vigne, chargé de soixante-quatorze messes. Dans l'étendue de 
la paroisse se trouvent aussi les biens d'une chapellenie, dite 
de Pilles, dont le service devrait se faire dans l'église de 
Monclar. Ces biens sont estimés 1,250 livres, et donnent au 
titulaire, N. Fournier, 95 livres de revenu. La confrérie du | 
Saint Sacrement possède quatre cartonnats de pré et sept 
picotins de vigne, le tout estimé 2,300 livres ; celle de Saint- 
Côme, une vigne de deux cartonnats et demi, estimée 500 
livres. 

L'Evéque nomme au bénéfice. 

(1) Il y avait une station de carême tous les ans. Le prédicateur était nommé par 
i'Evêque et recevait de la Ville 25 écus d'honoraires et une indemnité de logement. 

[il Auparavant la cure était unie à larchidiaconné à la charge pour l'archidiacre 
de la faire desservir par des vicaires, (Voir, Mémoires de Nicolas de Villars). 



— 4< ? - 

On compte i,ooo communiants î'). Le patron de la matrice 
est saint Clair, fôté le i"' juin ; ceux des annexes sont saint 
Eutrope, fêté le } avril, saint Martin, fcté le ii septembre, 
Notre-Dame, fôtée le 2 février, et saint Jean-Baptiste, fêté le 
24 juin. Le curé dessert la matrice. Il y a deux vicaires, qui 
disent la messe le dimanche alternativement dans deux an- 
nexes, excepté le mois du temps pascal, le mois d'octobre, 
depuis Noël jusqu'aux Rois et toutes les fêtes chômées, sauf 
celle du patron. Il y a six confréries établies dans l'église de 
Monclar : de Notre-Dame, du Saint Sacrement, de Saint- 
Clair, de Saint-Joseph, de Saint-Côme et Saint-Damien et 
du Purgatoire, indépendamment de la confrérie des Dames de 
Charité pour le bouillon des pauvres. Cette confrérie a 1,200 
livres de capital et centralise par des quêtes faites journelle- 
ment dans l'église les aumônes des fidèles. Les pauvres ont 
une autre ressource dans l'hôpital. Cet établissement est très 
ancien, on ignore l'époque de sa fondation. On sait qu'il fut 
incendié une première fois en i ^20 et une seconde fois peu après 
la bénédiction de la chapelle par Claude Joly, le 8 mai 1667. 
En 1682, l'ordre de Saint-Lazare prétendant que cet hôpital 
était une ancienne maladrerie, fit à la ville un procès en reven- 
dication, mais il n'eut pas gain de cause. Administré par le 
curé, le juge, le procureur du Roi, le premier consul et deux 
jurats, l'hôpital de Monclar possède un capital qui dépasse 
10,000 livres et un revenu de plus de 500 livres. Le curé ac- 
tuel est Antoine de Lavayssière, futur assermenté et abdica- 
taire, qui se rétractera et que son âge et ses infirmités ne 
permettront pas de maintenir à son poste après le Concordat. 



(1 Voici ce qu'écrivait un curé de Monclar en 1756: » Monclar est une petite ville 
de juridiction royale, retendue de la paroisse et des annexes est presque un cercle 
qui a une demi-lieue de diamètre et dont la ville est à peu près le centre. La popu- 
lation est catholique. Il n'y a qu'un village appelé Matalou où le voisinage de Sermet 
et de Laparade entretient quelques mystiques qui ne sont ni huguenots ni bons 
catholiques: ils vont cependant à la messe et s'approchent à Pâques pour la plupart; 
ils appellent le prêtre quand ils sont malades ; on les enterre suivant le rit ordinaire...» 



— 4U — 



SAlNT-ÉTIENNE DE FOUGERE 



Valéri place la reclorie Sancti Sfep/iani de Faloueriis dans 
l'archiprêtré de Montant. Quand le diocèse fut divisé en 
douze archiprêtrés, elle fit d'abord partie de celui de Montpe- 
zat. Elle en a été détachée, puis incorporée à l'archiprêtré 
de Monclar par Claude Joly, vers 1670. 

L'église est dans une grande plaine, au milieu d'un bourg 
formé de trente feux. Elle est faite en ovale, longue de douze 
cannes, large de trois, haute de six et lambrissée. Le clocher 
est au-dessus de la porte en forme de triangle. Les huguenots 
ont pillé et incendié deux fois cette église et ont abattu le 
clocher qui était une belle et grande tour. 

La dîme du blé se paie au douzième, du vin au vingtième, 
des menus grains au quinzième, du carnelage au douzième. 
Le prieur de Sainte-Livrade prend la moitié des gros grains et 
du vin ; les bénédictins du même prieuré un quart et le curé 
l'autre quart. Celui-ci prend en outre tous les menus grains, les 
dîmes vertes et vingt sacs par préciput pour ses novales. Son 
revenu est estimé 1,190 livres. Il y a un presbytère. 

Le prieur de Sainte-Livrade nomme au bénéfice. 

On compte quatre cent quatre-vingts communiants auxquels 
le curé doit le service ordinaire. La fête patronale est l'Inven- 
tion de saint Etienne. Le titulaire actuel est Jean-François 
Martin, qui mourra pendant la Révolution. 



— 4<^ — 



SAINT-FERREOL DE LENTIGNAC 



Le pouillé do Valéri porte : /// arclùprcshylcratu Monlal- 
iicnsi : Rcctor Bcafc Marie Mai^Ja/cncs iic Lcnlilhaco. En 1614, 
l'archipretrc visiteur écrit dans son verbal : « Cette église est 
appelée Sainte-Madeleine (') ». Aujourd'hui saint Ferréol est 
reconnu comme patron, mais il y a toujours une fête votive 
le jour de sainte Madeleine. Il y a dans l'étendue de cette 
paroisse une chapelle en ruines, dédiée k saint Gervais et à 
saint Protais. Le chapelain est l'abbé de Gondon qui doit y 
dire la messe le jour de saint Gervais et qui prélève la dîme 
du petit village de Gabaldot où elle est située. Le revenu 
annuel est de 45 livres. 

L'église paroissiale est champêtre, sur une petite éminence 
dans le voisinage de cinq ou six maisons. Elle est longue de 
dix cannes, large de trois, haute de cinq, en partie voûtée. 
Le clocher est sur le mur du fond en forme de triançle. 

La dîme du blé se paie au dixième, du vin au dix-huitième, 
des menus grains suivant une transaction. Le curé prend tout 
le revenu qui est évalué à 600 livres. Il y a un presbytère et 
un gleysage avec quelques fonds obituaires de la contenance 
totale de neuf cartonnais. 

Le prieur dç Sainte-Livrade nomme au bénéfice '-). 



(1) Il y a, ajoute ce bon archiprêtrc, le jour de Saint-Ferréol, force affluence de 
peuple qui portent là certains bâtons, de quoi je nai pu savoir la cause ni l'origine.» 

(2) Il y eut en 1712 un procès au Parlement de Bordeaux entre un curé nommé 
par l'Evêque et un autre curé présenté par le prieur do Sainte-Livrade. Le 4 juin 
17^4 fut rendu un arrêt de maintenue en faveur de ce dernier. 

L'Evoque avait cependant pour lui une possession immémoriale. La partie adverse 
ne citait pas un seul exemple où le prieur eût nommé à cette cure. Le droit du prieur 
était fondé sur un jugement arbitral, en date du 14 avril 1258, rendu entre iévèque 
et le prieur. D'après ce jugement le droit de présenter à plusieurs cures et notam- 
jnenl à Lcnlillac est reconnu au prieur, moyennant la cession faite par lui à Tévêque 



- r^b — 



On compte quatre-vingts communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Antoine Labatut, 
qui prêtera le serment, le rétractera et sera nommé à Saint- 
Jean de Lasbardes après le Concordat. 



SAINT-GERAUD DU LEDAT 



Valéri place dans Tarchiprêtré de Montaut le prieuré et la 
rectorie du Lédat. Le prieuré est simple et dépend de l'ab- 
baye d'Aurillac en Auvergne. Les paroisses de Saint-Martin 
de Barbas, de Saint-Pierre de Taradel, de Saint-Martin de 
Castelnaud, de Saint Pierre de Belvés sont les membres de 
ce prieuré ('). Ce bénéfice vaut exactement 2,550 livres. Il a 
pour titulaire actuel un prêtre étranger au diocèse, nommé 
Villeneuve. 

L'église est dans un vallon prés de la Léde, au milieu d'un 
village composé d'une vingtaine de feux. Elle a douze cannes 
de long, cinq de large et huit de haut. Elle n'est pas voûtée. 
Il y a deux chapelles voûtées, l'une dédiée autrefois à saint 
Barthélémy, aujourd'hui à Notre-Dame, l'autre du côté de 
l'Epîire, dédiée à saint Pierre. Dans cette dernière chapelle 
a été fondée une chapellenie de même nom par un prêtre de 
l'endroit, nommé Laurésisque du Roi. Elle consiste en six 



du quart de la dîme de ces paroisses. Cette sentence, paraît-il, n'aurait jamais reçu 
d'exécution avant 1707 et l'évêque ne prélevant pas le quart des dîmes, se croyait 
autorisé à refuser au prieur le droit de patronnage. 

(1) Une transaction fut passée en 1556 entre l'évêque d'Agen et le prieur du Lédat, 
tous contendants au droit de dîme des églises de Saint-Martin de Barbas et de Saint- 
Pierre de Taradel, et par commun accord fut arrêté que chacun jouirait de la moitié; 
de même des paroisses de Saint-Martin de Gratecambe, de Saint-Pierre de Vellin- 
der ^Belvès, en latin de BcUo Videre) près de Monclar. (Archives de l'Evêché). 



— A>7 — 

cartonnais de pré et oblif^e à une messe tous les mercredis. 
Le chapelain est le curé de Saint-Paul le Vieux. Le clocher 
est au-dessus de la porte en forme de triangle. Cette église 
a eu beaucoup à soufl'rir pendant les guerres du xvi» siècle : 
a Elle est fort ruinée, écrivait en 1597 Nicolas de Villars, à 
cause du fort qu'on y tenait durant les guerres. » 

La dîme des gros et des menus grains se paie au douzième, 
celle du vin au dix-huitième. Le prieur et le curé se partagent 
le revenu par égales portions. La part de chacun est estimée 
700 livres. Il y a une maison prieurale '' où loge le curé ; 
ce qui lui tient lieu de novales. 

Malgré quelque prétention du prieur, c'est l'Evêque qui 
nomme à la cure (^). 

On compte trois cents communiants auxquels le curé doit le 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Etienne Mares, futur 
assermenté et abdicataire qui finira par le mariage. 



SAINT-GERVAIS DE PAILLOLES 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut. 

L'église est champêtre, sur une éminence. Elle est longue 
le huit cannes, large de trois, haute de cinq. Elle n'est pas 
'oûtée. Le clocher est au-dessus de la porte en forme de 
Iriangle. 

La dîme des gros grains se paie au onzième, des menus 



(1) Le prieur l'habitait encore en 1614, mais peu après le prieuré tomba en com- 
ende à la suite de la reforme des bénédictins. 

(2) En 17JO le prieur nomma un curé. Celui-ci voyant que lévcque en avait nommé 
n autre et qu'il ne voulait pas entrer çn composition se désista puremçnt et sim^ 
ement, (Archives de l'Evêché}, 



i 



grains et du vin au vingtième. Le curé prend tout le revenu 
qui est évalué quatre cents livres. Il y a un presbytère et un 
gleysage de six cartonnats. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent cinquante communiants auxquels le curé' 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Thomas; 
Trenty, futur assermenté et abdicataire, qui mourra pendant 
la Révolution. 



SAINT-HILAIRE DE BRECH 



Le pouillé de Valéri porte : In Archipresbytcratu Montai' 
densi : Rccfor Sancfi Hilarii de Brech, Prier cjusdem. Ce prieuré,] 
s'il a jamais été distinct de celui de Tombebœuf, lui est de-j 
puis longtemps uni. En 1666, il y avait encore les masures! 
d'une chapelle qu'on appelait la chapelle du prieur, où le] 
curé était obligé d'aller en procession le jour de saint Fiacre.] 

L'église est champêtre, sur une petite éminence, à l'extré- 
mité d'un vallon. Il n'y a que deux ou trois maisons à deuj 
cents pas. Elle est longue de douze cannes, large de trois, 
haute de cinq. Elle n'est pas voûtée. H y a deux chapelles 
voûtées, dédiées à Notre-Dame et à saint Jean, l'une 
droite, l'autre à gauche de la nef. Le clocher est sur le mur 
du fond en forme de triangle. 

La dîme de tous les fruits se paie au douzième. Le Collège 
d'Agen, auquel le prieuré de Tombebœuf est uni, prend tout 
le revenu. Le curé est à la congrue. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent quarante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Brunet, 
futur constitutionnel, qui sera nommé à Saint-Vincent d'Agmé 
après le Concordat. 




— 4^9 - 



SAINT-UILAIRE DE CASTELMORON 



Le pouillé de Valéri porte : In Archiprcshylcralu Montai- 
Jcnsi : Prior de Cas/romauronc cl de Pelajano. D'après la ira- 
diiion, il y aurait eu autrefois dans l'église paroissiale actuelle 
un petit Chapitre collégial qui tirait son revenu de quelques 
dîmes sur les paroisses de Castelmoron, de Laparade, de 
Saint-Rémy. Ce Chapitre, dans la suite des temps, aurait été 
uni avec ses biens à celui de Saint-Etienne. Avant la Ré- 
forme, 1 église paroissiale, sous le vocable de saint Hilaire, 
était située à deux mille pas de la ville, il en reste encore 
quelques ruines. Dans la ville, prés de la halle, il y avait une 
grande chapelle, dédiée à Notre-Dame de Pitié, qui n'a pas 
été rendue au culte après la pacification, mais qui est restée 
pendant bien longtemps exposée aux outrages des huguenots. 
Il y avait aussi l'église Saint-Jean, où était établi, dit-on, 
le Chapitre collégial et qui sert aujourd'hui d'église parois- 
siale sous le nom de Saint-Hilaire. 

Cette és^iise est située au milieu de la ville. Elle est loncrue 
de quatorze cannes, large de quatre, haute de six. Elle n'est 
pas voûtée. Du côté de l'Epître il y a une chapelle dédiée à 
saint Joseph, séparée de la nef par un arceau. Le clocher est 
de forme quadrangulaire. 

La dîme du blé se paie au douzième, du vin au trentième 
pris au chai et portable, des menus grains à discrétion. Le 
Chapitre Saint-Etienne prend les trois quarts du blé, du vin 
et des fèves ; le curé l'autre quart et tous les menus grains et 
le carnelage. Ce dernier prélève en outre pour ses novales 
huit sacs de blé sur la pile commune et deux barriques de 
/in. Son revenu est évalué à 606 livres. Il y a un gleysage de 
(6 cartonnats en vigne, près de la vieille église de Saint- 
Hilaire, dont le revenu est aftecté au luminaire de l'église. En 



1746, un curé a laissé quarante cartonnais de terre dans la 
paroisse de Fongrave pour le bouillon des pauvres de Cas- 
telmoron. 11 y a un bureau composé, d'après la teneur du tes- 
tament, du curé, des consuls et jurats pour l'administration 
des biens et la distribution des revenus de cette fondation. 

Le chapitre Saint-Etienne nomme au bénéfice. 

On compte quatre cent cinquante communiants sur environ 
douze cents âmes. L'hérésie calviniste s'est introduite et im- 
plantée dans cette paroisse grâce à la connivence du duc de 
La Force et des sieurs de Belzunce, ses successeurs comme 
seigneurs temporels. C'est dans la bourgeoisie que d'abord 
elle exerça surtout ses ravages '') ; de la bourgeoisie elle 
a ensuite gagné le peuple, si bien que dans le cours du 
XVII® siècle elle est devenue la religion dominante (2). Le tem- 
ple s'élevait près du château, il a été interdit par arrêt du 
Sénéchal d'Agen le 7 septembre 1693, puis démoli. Le curé 
est tenu à toutes les fonctions ordinaires de son état. On a 
cessé depuis la Réforme les prédications de l'Avent et du 
Carême. Le titulaire actuel est Antoine Laurent, futur cons- 
titutionnel, qui sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-JEAN D'AIGUES-VIVES 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut. 

L'église est champêtre, sur une petite éminence. Elle est 

longue de dix cannes, large de trois, haute de cinq. Le sanc- 



(1) Nicolas de Villars écrivait en 1597: « La moindre partie sont hérétiques, mais 
les principaux. » 

(2) En 1698, d'après le rapport du curé il y avait quatre cents anciens catholiques el 
sept cents nouveaux convertis, 



tualre est voûté, la nef lambrissée. Le clocher est au-dessus 
de la porte en forme de triangle' . 

La dîme du blé se paie au onzième, du vin au dix-huitiéme, 
des menus grains d'après une ancienne transaction. Le curé 
prend tout le revenu qui atteint à peine le chiffre de la por- 
tion congrue. H y a un presbytère avec jardin. 

L' Evoque nomme au bénéfice. 

On compte cent vingt communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Le titulaire actuel est Jacques Vayssiére, 
futur assermenté et abdicataire qui sera maintenu à son poste 
après le Concordat. 



SAINT-LÉGER DE FONGRAVE 



Le pouillé de Valéri porte : In archipresbylcrafu Montal- 
densi : Pnor Jomus Fontis Gravii, rcclor ejusdcni. Le monas- 
tère de Fongrave, de l'ordre de Fontevrault, se prétend de 
fondation royale '^^ Incendié deux ou trois fois par les hugue- 
nots il a perdu toutes ses vieilles archives, ce qui fait qu'on ne 
sait rien ou à peu près rien de son histoire. De ses antiques 
privilèges il a gardé la seigneurie temporelle du lieu. A ce 
litre il prélève les rentes et rend la justice dans les causes 
civiles. Les criminelles relèvent du juge de Monclar. Nicolas 
de Villars unit à ce monastère la rectorie de Fonorave, ce 
qui lui donna la totalité de la dîme. Il est vrai qu'en 1665, 
sur les instances de Claude Joly. il dut consentir à l'érection 
de la paroisse en vicairie perpétuelle et abandonner au curé 
le quart des fruits décimaux. 11 possède en outre un certain 



(i) Eglise du w* siècle, chœur voûté en berceau brisé. (G. Tholin, op. cit.) 
(â) D'après M. Andrieu [Hist. de l'Agcnais], il aurait été fondé la même année 
lue le couvent du Paravis, c'est-à-dire en ino. 



^ 402 — 

nombre de biens-fonds d'une certaine importance ^'). Son re- 
venu total monte à 12,173 livres, 1 sol, 3 deniers, ses char- 
ges à 6,746 livres, 7 sols. Il y a vingt-quatre religieuses de 
chœur, toutes de noble extraction, et neuf sœurs converses. 
Avant les troubles de la Réforme la paroisse et le monas- 
tère avaient leurs églises séparées (-). La moins endommagée 
sans doute, fut seule conservée. Nicolas de Villars la récon- 
cilia le 27 septembre 1 597 : les huguenots y avaient massacré 
plus de deux cents personnes qui s'y étaient réfugiées. Située 
près des bords du Lot, à l'extrémité d'un bourg composé 
d'une trentaine de feux, cette église est. bâtie de brique, à 
chaux et à sable et lambrissée. Il y a une chapelle dédiée à 
saint Roch où est établie une confrérie de ce nom avec l'au- 
torisation donnée par les vicaires capitulaires « sede vacante » 
le 14 août 1663. Le monastère est contigu à l'église. Du 
côté de l'Epître se trouvent la grille et le chœur des religieu- 
ses dans la possession duquel elles ont été maintenues par un 
arrêt du Grand Conseil en date de 17 14. Le maître-autel, 
décoré d'un magnifique rétable, est spécialement affecté au 
service du monastère. Le service paroissial se fait à l'autel de 
saint Léger placé aussi du côté de l'Epître, au-dessous du 
chœur et faisant face à la nef. Le clocher est une tour carrée 
couverte d'ardoise. Il y a hors de l'église une chapelle publi- 
que qui a été bâtie par les paroissiens. 

(i) 10 Trois métairies dans la paroisse de Fongrave, consistant en cent quatre 
carterées de terre labourable, pré, vignes, bois taillis, chenevières, etc. ; 

2° Le jardin du couvent ; 

30 Une tuilerie dans la paroisse de Fongrave; 

40 Une métairie située au lieu de Crozac, dans la paroisse de Saint-André de 
Montpezat, de la contenance de quarante-deux carterées en terres, prés et vignes ; 

5" Une métairie et un moulin à eau, le tout situé au lieu de Labrousse, paroisse 
Saint-Michel de Dolmayrac ; 

6» Une maison et un cartonnât de terre avec le droit de passage sur le Lot; 

7° Un pré et atlcrrissement, de la contenance de tfente cartonnats, le tout situé' 
sur le bord de la Garonne, près de Marmandc. 

(2) Autrefois, l'église des dames était à part, mais à présent il ne s'y connaît rien, 
(Visite de l'archiprètre en 1614.) 



^ 40; — 

La dîme des grains se paie au douzième, celle du vin au 
dix-huitième et au treizième suivant qu'il est pris au chai où à 
la vigne, du carnelage au douzième. Les religieuses prennent 
les trois quarts de tous les fruits, le curé l'autre quart, sans 
novales. Cela été définitivement réglé par un arrêt du Con- 
seil en date du 14 février 1715. Le revenu du curé est estimé 
700 livres. 11 n'y a ni presbytère, ni gleysage. 

Les religieuses présentent à la cure. 

On compte quatre cent cinquante communiants. Il y a tous 
les dimanches et fêtes deux messes, l'une au maître-autel, 
l'autre à l'autel de saint Léger. Les vêpres des religieuses ser- 
vent pour la paroisse. On va, tous les ans, le quatrième 
dimanche de mai, en procession à Notre-Dame de la Rose, 
par suite d'un vœu de paroisse. Il a été longtemps incertain 
quel était le patron : de Notre-Dame de Septembre ou de 
;aint Léger, évêque d'Autun. Un arrêt du grand Conseil a 
ranché la question en faveur du dernier. Le titulaire actuel 
ist Hippolyte Pépichon, qui refusera le serment, subira la 
léportation et sera maintenu à son poste après le Concordat. 



SAINT-MARTIAL DE CANCON 
ET SON ANNEXE : SAINT-PIERRE DE PÉRILLAC 



Valéri place dans l'archiprêtré de Montaut la rectorie de 
lançon et de Périllac. Autrefois, Périilac était considéré 
omme la matrice. 

L'église de Cancon est au pied d'une colline, à cent pas 
à château, dans un bourg composé d'une cinquantaine de 
ux. Elle est longue de seize cannes, large de cinq, haute de 
lit. Le sanctuaire est voûté. Du côté de l'Evangile, il y a un 
itel dédié à saint Louis, où la confrérie de ce nom est éta- 



— 4<'4 - 

blie. Du côté de l'Epître, il y a deux chapelles voûtées. La 
première, à partir du chœur, est dédiée à Notre-Dame de 
Pitié, la seconde à Notre-Dame du Rosaire. Dans celle-ci, 
une confrérie de même nom est établie ('). Dans celle-là, une 
importante chapellenie a été fondée, le 18 octobre 1 523, par 
Jean de Verdun, seigneur de Cancon. Elle fut dotée de deux 
métairies, franches de taille et de rentes et d'une rente de trois 
sacs de blé sur un moulin appelé de Fougeraux. Le fondateur 
s'est réservé, à perpétuité, pour lui et ses successeurs, la 
faculté de reprendre ces fonds moyennant une rente annuelle 
de 100 livres tournois. Le 2 juillet 1671, Marie-Félice de 
Voisins de Montaut, épouse de Jean-Paul de Gourdon, a 
ajouté à cette dotation primitive le domaine de Malèze, tout 
en réservant aussi, pour elle et ses héritiers, le droit de re- 
prendre ce bien moyennant 3,000 livres ou la rente de cette 
somme ^^1. Le service consiste en une messe qui, d'après les 
termes de l'acte de fondation, devrait être chantée tous les 
jours : le lundi, pour les morts; le mardi, de Saint-Jean-Bap- 
tiste ; le mercredi, de Saint-Fabien et Saint-Sébastien ; le 
jeudi, du Saint-Esprit; le vendredi, de la Croix; le samedi, 
de Notre-Dame. A quoi il faut ajouter la récitation d'un noc- 
turne et des vêpres de l'Office des Morts. Il devrait y avoir 
quatre chapelains ; ils sont réduits à deux depuis longtemps ; 
le curé, qui est chapelain-né, et un autre, à la nomination du 
seigneur de Cancon : c'est, actuellement, Pierre-François 
Galaup, curé de Montayral, nommé par M. de Beaumont. Il 

(1) En 1714 fut fondée une autre confrérie, dite de la Charité, pour donner du 
bouillon aux pauvres. Elle était administrée par le curé, un syndic et deux demoi- 
selles de la ville. Sauf un titre de rente de lo livres lo sols elle n'avait d'autres res- 
sources que le produit des quêtes à domicile. 

(2) En 1789 les biens-fonds attachés à cette chapellenie comprenaient : i» La mé- 
tairie du Maine, de vingt-huit sexterées, cinq cartonnats, et deux vignes de cinq car- 
tonnats, situées dans la paroisse de Cancon ; 20 Le domaine de Louberie, même pa- 
roisse, de trente sexterées ; r Le domaine de Malèze, paroisse de Périllac, dfl 
Vente sexterées ; 4* Une vigne de réserve, appelée as Guitard, paroisse de Cancon, 
de trois cartonnats, sept boisseiats ; r Un pré de un cartonnât, quatre boisselatS» 



y avait une semblable fondation attachée à la chapelle du Ro- 
saire ; elle s'e>^t perdue corps et biens à la lin du xvi" siècle ^'). 

L'église de l'annexe est champêtre. Elle est longue de douze 
cannes, large de trois, haute de cinq Le sanctuaire est voûté. 
Du côté de l'Evangile, il y a une chapelle voûtée, dédiée à 
sainte Agathe. Le clocher est sur le mur du fond en forme de 
triangle '-'. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dixième; 
celle du vin et des menus grains se payait autrefois à discré- 
tion. Vers 1682 intervint une transaction entre le curé et les 
paroissiens qui fixa le taux de la dîme à un dix-huitième pour 
les raisins, à un douzième pour les autres dîmes vertes, chan- 
vre, lin, etc., à deux picotins pour les menus grains par cha- 
que onze cà douze sacs de froment qui se sèmeraient à Cancon; 
pour les cochons, d'un sur deux ventrées de truies; pour les 
agneaux, d'un sur douze de ces animaux, avec la réserve que 
si les douze agneaux ne naissaient pas dans le troupeau, il 
serait pris un sol par tête de ceux qu'il y aurait... ''' Le curé 
est seul décimateur. Ce bénéfice est réputé le plus riche du 
diocèse après celui d'Aiguillon. Le revenu du curé est exac- 
tement de 3,700 livres. 11 y a un presbytère à Cancon et un 
gleysage à Périllac de six cartonnats en terre labourable >•♦). 



(1) « Il y a aussi une autre chapelle de Notre-Dame. Il y a fondation de M. Belot 
et Dagcs et autres qu'on ne peut trouver, était fort belle avec semblables char^^es et 
revenus que l'autre Notre-Dame de Pitié. » (Mémoires de Nicolas de Villars, IÎ07). 

{2) M. Barrèrc prétend <> que le Péiillac de nos jours est le Primuliac des temps 
anciens et l'une des habitations de Sulpice Sévère ». (Voir Hisl. rclig. cl inontim.. etc., 
et J. Massip, op. cit.) 

(î) Voir, Notice sur Cancon, par M. Julien Massip. 

(4) La jouissance de ce riche bénéfice fut donnée à la niùre de Janus Fréjjose, 
par le cardinal de Lorraine: << Jean, cardinal de Lorraine, fils de René, roi de Jéru- 
salem et de Sicile, ayant ajouté depuis 15^8, i'évèché d'Agen eux archevêchés de 
Narbonne, de Reims, de Lyon et d'Alby, aux évèchés de Metz, de Tulle, de Té- 
rouanne, de Verdun, de Luçon, de Valence, de Diez, de Maçon et de Nantes, 
donna asile dans son diocèse à Constaniia Ranponia, veuve de César Frégose. l'un 
des ambassadeurs que le marquis de Guast fil assassiner en 1J41. sur le Pô, lors- 
qu'ils se rendaient à leur légation respective, Lu château de Bazens, près le Port- 

;0 



— 4^6 — 

C'est l'Evoque qui nomme au bénéfice. 

On compte six cents communiants à Cancon et trois cents 
à Périllac. Il y a deux messes et les vêpres à Cancon les di- 
manches et les fêtes, une messe à Périllac aux mêmes jours 



Sainte-Marie, et dépendant des cvêques d'Agen, fut assigné à cette veuve pour son 
domicile, et le revenu de la cure de Cancon pour son entretien et celui de ses 
enfants. » [Histoire du département de Lot-et-Garonne, par Boudon de Saint-Amans, 
t. I. p. 525\ 

En 1740, M. de Chabannes tenta mais vainement de distraire une partie du revenu 
de la cure de Cancon en faveur d'une maison de retraite pour les prêtres qu'il se 
proposait de fonder à Agen. Voici un exposé succinct de cette affaire : L'évêque 
dans le cours de ses visites a remarqué qu'il y a dans son diocèse plusieurs bénéfi- 
ces cures dont le revenu est si modique qu'il suffit à peine à la subsistance des 
ecclésiastiques qui en sont pourvus. Par suite les vieillards sont obligés de garder 
ces bénéfices même lorsqu'ils ne peuvent que très imparfaitement les desservir. De 
plus il n'est pas rare de voir des prêtres, des vicaires par exemple, réduits à leur 
titre clérical, que leurs infirmités obligent à demander un asile dans les hôpitaux. A 
la suite de ces tristes constatations, l'évêque a eu l'idée de fonder une maison de 
retraite pour les ecclésiastiques infirmes et indigents, originaires du diocèse et même 
pour les étrangers ayant servi dix ans. Ce projet fut une première fois approuvé par 
le Roi par lettres patentes, en date du mois de janvier 1740. L'établissement projeté 
devait porter le nom de Séminaire de Saint-Joseph ; l'évêque devait désigner les 
ecclésiastiques qui seraient admis en cet hôtel des invalides ; la dotation ne devait 
se composer que de biens ecclésiastiques jusqu'à concurrence de 5,000 livres de 
revenu. Ces lettres patentes furent enregistrées au Parlement de Bordeaux, le 
21 mai 1740. On pensa que le curé de Cancon pourrait fournir 2,000 livres et le curé 
consulté donna son consentement, le 2 juin de la même année. En conséquence, le 
34 mai 1740, l'évêque, sur la réquisition du promoteur, donne à un de ses vicaires 
généraux un pouvoir spécial pour faire la procédure convenable. Le 50 août 1740, 
a lieu à Casseneuil une enquête, ordonnée par le promoteur, à laquelle furent assi- 
gnés plusieurs témoins, notamment le curé et le syndic de la paroisse. Trois témoins 
cités déposent que la cure avec la chapelle qui lui est annexée vaut 4,000 livres, 
d'où il faut déduire 500 livres pour les décimes et 150 livres pour les gages du vi- 
caire, qu'il resterait donc au curé de 1,400 a i,Çoo livres, somme très suffisante pour 
son entretien; que d'ailleurs le service paroissial ne serait pas diminué et qu'un 
grand avantage serait procuré au diocèse. Le curé donne son approbation. Mais le 
syndic de la paroisse déclare faire opposition. Assigné devant l'official pour déduire 
Ses motifs d'opposition, le syndic fait valoir que les paroissiens sont les premiers 
intéressés à ce que rien ne fijt retranché à des revenus qui devaient être employés 
atJ soulagement des pauvres et à la décoration des églises : « Les revenus d'une cure, 
dit-il, sont le patrimoine des pauvres; le curé n'y doit prendre que son nécessaire; 
il est obligé de distribuer le surplus aux indigents de sa paroisse, en sorte qu'il n'est 
que l'économe et le dispensateur, suivant les Canons, les Pères de l'Eglise, etc.. 
En effet les pauvres de Cancon ont toujours trouvé de grandes ressources chez leurs 




- 4^T - 

et les vôpres aux fêles annuelles et le jour du patron. Le titu- 
laire actuel est Marie-Joseph Dayrie qui prêtera le serment, 
le rétractera presque aussitôt, s'exilera et après le Concordat 
sera nommé curé de Sainte-Catherine de Villeneuve. 



SAINT-MARTIN D'ALLEMANS 



Valéri place dans l'archiprôtré de Besaumc la rectorie « Je 
A/iTiuanis propc dir/iam ». Cette paroisse est un membre du 
prieuré de Virazeil ' . 

curés ; sans eux ils seraient mille fois morts de faim et dans bien des occasions, une 
bonne partie des habitants qui sans être mendiants ne sont pas riches n'ensemence- 
raient pas ses champs si le curé ne fournissait pas les semences ; le fait a été cons- 
taté. Un curé riche décharge une fabrique pauvre; une cure riche attire un curé 
capable, un curé riche se contente dun faible casuci, etc.... De plus le titre clérical, 
qui est de iço livres doit suffire pour faire subsister un prêtre parvenu à un âge 
avancé, mCme sans avoir été pourvu de bénéfice.... i;o livres de rente dans une 
campagne peuvent bien faire vivre un homme; on la jugé ainsi en fixant le litre 
clérical à cette somme : beaucoup dhonnctes familles nen ont pas autant pour cha- 
cune des personnes qui la composent, etc.... » Le promoteur réfute spécialement 
cette dernière raison, justifie la mesure au point de vue de l'intérêt général, faisant 
remarquer d'ailleurs que le consentement des paroissiens n'était requis ni par les 
Conciles, ni par les Canons.... L'official donne un appointement, le 22 décembre 

1740, qui déboute le syndic de son opposition. En conséquence, le vicaire général, 
en vertu du pouvoir spécial qui lui a été conféré par lévêque. rend, le 5 janvier 

1741, un décret qui unit au Séminaire ou Maison de retraite de Saint-Joseph la 
somme de 2,000 livres à prendre sur la cure de Cancon après le décès du titulaire. 
Le 18 juin 1741, nouvelles lettres patentes du roi et enregistrement au Parlement. 
Alors le syndic de la paroisse en appela comme d'abus du décret d'union et il y 
eut un arrêt déclarant n'y avoir abus. Le syndic fit opposition contre cet arrêt et le 
prince et la princesse de Pons, seigneurs hauts justiciers de Cancon, et le curé se 
portèrent intervenants et adhérents à cet appel comme d'abus. A la mort du titulaire, 
révêque nomma un curé qui avait accepté le nouvel état de choses. Ce prêtre étant 
allé en juin 1743 prendre possession de sa cure, les paroissiens s'attroupèrent tumul- 
tueusement et lui firent une telle peur qu'il remit son titre séance tenante. L'évêque 
dut reculer devant cette opposition et ce doit être une des principales causes qui 
firent échouer son généreu.x projet. (Voir, J. Massip, op. cit., et Liasse Cancon, 
Archives de l'Evêchc.^ 

(il Dans un rapport du curé à lévêque, en date de lOoj. on lit : ■> Le prieur de 



— 40H — 

L église est champêtre, dans un petit vallon, auprès de 
neuf ou dix maisons. Elle est longue de douze cannes, large de 
quatre, haute de six et lambrissée. Le clocher est sur le 
mur du fond en forme de triangle. 

La dîme de tous les fruits se paie au treizième. Le prieur 
de Virazeil est seul décimateur. Le curé est à la portion con- 
grue. Il y a un presbytère. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Ce sont pour la plupart de petits 
propriétaires qui se sont établis sur des terres délaissées ('). 
Le titulaire actuel est François Brousse, qui prêtera le ser- 
ment, le rétractera et après le Concordat refusera, par puri- 
tanisme, la succursale de Savignac. 



SAINT-MARTIN DE BEAUGAS 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montant. 

L'église est champêtre, dans un vallon, auprès de quatorze 
ou quinze maisons. Elle est longue de quatorze cannes, large 
de quatre, haute de huit. Elle n'est pas voûtée. Un clocher i^). 

La dîme du blé se paie au onzième, du vin au dix-huitième, 



Virazel tire toute la dîme, estimant que lad. cure dépend de son prieuré de Vira- 
zel, ce qu'on ne croit pas, parce que l'union en fut faite par M. Delbène, lequelle 
la révoqua, il y a environ trente ans. 

(i) Selon M. J. Massip, op. cit., après la bataille de Veuille, un fort parti de 
fuyards Wisigoths dut s'établir à Allemans. Les hommes blonds, dit-il, n'y sont pas 
rares et autour de ce hameau on trouve quelques autres noms d'origine bien germa- 
nique. 

(2) Cette église servit de fort pendant les guerres de religion, Mascaron écrit en 
J682 dans son verbal de visite : « Il y a un reste de muraille devant la porte de 
l'église qui sert de redoute et que les paroissiens du temps des guerres des héréti- 
ques avaient bâti faisant de l'église un fort et le lieu de leur retraite. 



M 



des menus grains, d'après une transaction'''. Le curé prend 
tout le revenu qui est exactement de 5,600 livres. Il y a un 
presbytère à soixante pas de l'église et dix pièces de terre de 
gleysage, dont une partie est obituaire, de la contenance 
totale de deux sesterées, sept cartonnats. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte plus de trois cents communiants auxquels le 
curé doit le service ordinaire - . Outre la fête patronale, on 
célèbre un fôte votive le jour de Saint Laurent ; c'est tout ce 
qu'il reste d'une antique confrérie. Le titulaire actuel est Fran- 
çois de Ferrand, vicaire général et archiprètre de Monclar, 
futur assermenté et abdicataire, qui finira par le mariage. 



SAINT-MARTIN DE CAMPAGNAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montant. 

L'église est champêtre, dans une plaine, auprès de cinq 
ou six maisons. Elle est longue de dix cannes, large de trois, 
haute de six et lambrissée. Du côté de l'Epîire, il y a une 
chapelle voûtée dédiée à Notre-Dame. 

La dîme des gros grains se paie au dixième, du vin et des 
menus grains au vingtième, L'Evoque prend les trois quarts 
des gros grains, le curé l'autre quart, tout le vin, la menue et 
la verte dîme et le carnelage. Son revenu atteint à peine le chif- 
fre de la portion congrue. 

L' Evoque nomme au bénéfice. 

On compte deux cents communiants auxquels le curé doit le 



(1) Voir dans l'Histoire de Cancon, par M. J. Massip. le texte de cette transac- 
tion. 

(2) Un cure a laissé, en 1724, 54 livres de renie pour doter annuellement un jeune 
homme ou une jeune fille de la paroisse au choix du curé et de deux paroissiens. 



— 4-0 — 



service ordinaire. Plusieurs sont enrôlés dans la confrérie de 
Notre-Dame. Le titulaire actuel est Jean-Baptiste Rambaud 
qui prêtera le serment, le rétractera, subira la déportation et 
sera nommé à Saint-Sardos de Laurenque après le Concordat. 



SAINT-MARTIN DE CASTELNAUD 
DEGRATECAMBE 



Valéri place cette paroisse dans Tarchiprêtré de Montaut. 
Il y avait encore en 1614 les ruines d'une vieille église qui 
servait de cimetière aux huguenots et qui passait pour avoir été 
réalise matrice. Avant la révocation de l'Edit de Nantes, il 
y avait un temple protestant qui était l'annexe de celui de 
Pujols. 

L'église est à l'extrémité d'un bourg qui a été autrefois con- 
sidérable et qui se compose encore de cinquante à soixante 
feux. Elle est longue de quatorze cannes, large de cinq, 
haute de six. Elle n'est pas voûtée. Il y a deux chapelles, 
l'une du côté de l'Epître, dédiée à Notre-Dame du Rosaire, 
l'autre du côté de l'Evangile, appelée du Sol. En 1 1;40, Géraud 
Charlet, prêtre de Casteinaud, fonda dans cette chapelle une 
chapellenie qui porte son nom. Ce bénéfice qui oblige à deux 
messes par semaine et dont la collation devrait appartenir aux 
héritiers du fondateur et aux consuls de Casteinaud, n'est pas 
spiritualisé et se trouve depuis longtemps uni à la cure. Ses 
biens consistent en sept carterées de terre labourable et en 
pré, produisant environ 100 livres de revenu. Le clocher est 
sur le mur du fond en forme de triangle. 

La dîme du blé se paie au onzième, du vin et des menus 
grains, etc., au dix-huitième. Le prieur du Lédat et le curé se 




partagent tous les fruits par portions égales. En outre le curé 
prélève à titre de prémice un carton de blé par dix carterées 
de terre. Son revenu est estimé 800 livres. 11 y a un presby- 
tère. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte trois cent trente communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Michel Séré, 
futur assermenté et abdicataire qui mourra pendant la Révo- 
lution. 



NOTRE-DAME DE MILHAC 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut('). 

L'Eglise est champêtre, longue de dix cannes, large de 
trois, haute de cinq. Le sanctuaire est voûté. Le clocher est 
au-dessus de la porte en forme de triangle. 

La dîme des gros grains se paie au dixième, du vin et des 
menus grains à discrétion. Le curé prend tout le revenu qui 
est estimé 800 livres. 11 y a un gleysage de huit cartonnais, 
moitié en vigne, moitié en terre labourable. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent communiants auxquels le curé doit le ser- 
vice ordinaire. La fête patronale est le 8 septembre. Le titu- 
laire actuel est Pierre Auzeral qui prêtera le serment, le 
rétractera, partira pour l'exil d'où il ne reviendra probable- 
ment pas. 



(1) On croit quà Milhac quatre kilomètres de Cancon) était le prieuré de ce nom 
qui appartenait à l'ordre des Chevaliers du Temple de Jérusalem, supprimé en 
1511. La petite église du lieu est construite sur un plan rectangulaire et a le chevet 
plat comme toutes celles qui doivent leur édilication aux Templiers. Une belle pro- 
priété toute voisine appartenant aujourd'hui aux sieurs Vioiaret et Daynot porte 
encore le nom de bit Priou. J. Massip, op. cil.) 



- 47- - 

NOTRE-DAME DE MONBAHUS 
ET SON annexe: SAINT-JEAN DE LASBARDES 



On lit dans le pouillé de Valéri : In archipresbyteratu Mon- 
ta/ Jcnsi : Rccfor de Montbaiis et de las Bardas. 

L'église de la matrice est dans un bourg, composé d'une 
trentaine de feux. Elle est longue de quatorze cannes, large de 
quatre, haute de six. Elle n'est pas voûtée. Il y a une cha- 
pelle. Le clocher est sur le mur du fond en forme de trian- 
gle. Ruinée pendant les troubles du xvi'^ siècle, cette église a 
été rebâtie en 1612. 

Celle de l'annexe est champêtre, assise sur une petite émi- 
nence, avec cinq ou six maisons à deux cents pas. Elle est 
longue de vingt cannes, large de quatre, haute de huit. Le 
sanctuaire est voûté. Le clocher est sur le mur du fond en 
forme de triangle. 

Dans les deux paroisses la dîme des gros grains se paie au 
douzième, du vin, des menus grains, dîme verte et carnelage au 
dix-septième. A la matrice le curé est seul décimateur. A 
l'annexe le chapitre Saint-Etienne et le curé se partagent la 
grosse dîme par portions égales. Le curé prend toute la dîme 
verte et le carnelage et trois sacs d'avoine par préciput sur 
la pile commune. Son revenu est estimé 1000 livres. Il y a 
un presbytère avec jardin à Monbahus et un autre à Lasbar- 
des. Dans cette dernière paroisse il y a une métairie appelée 
des Pauvres qui s'afferme 1 50 livres et dont le revenu doit être 
employé par le curé à doter des jeunes filles pauvres de l'une 
et de l'autre paroisse. A Monbahus le curé doit acquitter une 
fondation d'une messe tous les lundis, dimanches et fêtes au 
capital de 4,000 livres produisent 200 livres de revenu. 
Le chapitre Saint-Etienne nomme et présente au bénéfice. 

On compte cinq cents communiants à la matrice et deux 



— 47) — 



cent cinquante à l'annexe'''. La première est desservie par le 
curé, la seconde par un vicaire et toutes les deux ont droit au 
service ordinaire. Le titulaire actuel est Joseph Fournie qui 
mourra à la fin de la Révolution. 



NOTRE-DAML DE PINLL 
ET SON ANNEXE : SAINTE-CATHERINE D'HAUTERIVE 



Valéri place dans rarchiprôlré de Montaut la rectorie « de 
A Ita Ripa et de Pino/io » . 

L'église de Pinel est sur le sommet d'une colline élevée. Il 
n'y a auprès que quatre maisons. Elle est bâtie de pierre et 
de tuile, longue de onze cannes, large de cinq, haute de trois 
et lambrissée, il y a du côté del'Epître une chapelle voûtée 
du xv° siècle, dédiée à saint Joseph. Le clocher est de forme 



triangulaire. 



Celle de Hauterive est dans un bours: d'une vingtaine de 
feux, à cinq cents pas du château. Elle est longue de vingt 
cannes, large et haute de quatre et lambrissée. Le clocher est 
au-dessus du portail en forme de triangle. 

Dans les deux paroisses la dîme du blé se paie au dou- 
zième, du vin au trente et unième, des menus grains au quin- 
zième, du carnelage au douzième. Le curé prend tout le re- 
|/enu qui est exactement de 2,927 livres, il y a un presbytère 
iJans chaque paroisse et à Pinel un gleysage obituaire de huit 
prtonnats en vigne et deux cartonnais de pré dont le revenu 
lîst affecté au luminaire. 



(1) M. J. Massip, op. cit. prétend que les Bardes dont le nom roman, las Vardas 
u Wardas correspond au mot tudesque warta qui a le sens de protection, de garde 
t de surveillance, était la capjtalç d'un petit pays goth après la défaite des Wisi- 
oths par les Francs à Vouilié. 



— 474 — 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte trois cents communiants à Piiiel et cinquante à 
Hauierive. Le curé dessert la matrice, un vicaire l'annexe. Il 
n'y a pas de vêpres à Hauterive, les jours où l'on donne la 
bénédiction du Très Saint Sacrement à Pinel. Le mardi de 
Pâques on va en procession à Notre-Dame de la Rose par 
suite d'un vœu de paroisse. Le titulaire actuel est Louis Tan- 
cogne, futur constitutionnel, qui sera un instant maintenu à 
son poste après le Concordat. 



NOTRE-DAME DE TOMBEBŒUF 



Valéri place dans l'archiprêtré de Besaume le prieuré et la 
rectorie « de Tomhabove n . Ce prieuré qui comprend plusieurs 
paroisses, est de l'ordre de saint Benoît et dépend de l'abbaye 
de Clairac. Il vaut 3,942 livres. En 171 3 il a été uni au Col- 
lège d'Agen. Il y avait deux chapelienies établies dans l'église 
dont les biens ont été depuis longtemps profanés. L'une s'ap- 
pelait de Sainte-Catherine, l'autre de Feytou ou d'Agen. 

L'église est sur une petite éminence dans un bourg com- 
posé d'un château et de cinquante maisons. Elle est longue 
de vingt-quatre cannes, large de cinq, haute de huit. Elle 
n'est pas voûtée. Le clocher est sur le mur du fond en 
forme de triangle. 

La dîme de tous les fruits se paie au douzième. Le Collège 
d'Agen, comme prieur prend tout le revenu moyennant 800 li- 
vres de pension qu'il fait au curé. 

L'Evoque proprio jure ou comme vicaire général du Roi 
dans l'abbaye de Clairac nomme au bénéfice. 

On compte quatre cents communiants auxquels le curé doit 






le service ordiiinire, La fête patronale est le 1 5 août. Le titu- 
laire actuel est Jean-Baptiste Bonamy, qui mourra pendant la 
Révolution. 



SAINT-PASTOUR 



Valéri place cette paroisse dans l'archipretré de Montaut. 
Il y a, à six cents pas du bourg, une chapelle appelée du Bosc 
sous le vocable de saint Roch. En ruines pendant longtemps 
elle a été relevée vers 1665. Elle est longue de dix cannes, 
large de trois, haute de cinq. Elle n'est pas voûtée. On y dit 
quelquefois des messes de dévotion et le jour de saint Roch 
la messe de paroisse. 

L*église est sur une émincnce, dans un bourg fermé. Pen- 
dant les guerres de religion elle a servi de fort aux habitants. 
Elle est longue de quatorze cannes, large de cinq, haute de 
huit et entièrement voûtée. La nef est flanquée de deux bas- 
côtés. Dans celui de droite sont les chapelles des Agoni- 
sants et de Notre-Dame, dans celui de gauche les chapelles 
du Saint-Sacrement et de Saint-Biaise ou de Molinier. Au bas 
de l'édifice s'élève le clocher, qui est une belle tour rectan- 
gulaire. 

La dîme du blé se paie au treizième, du vin dans les gros 
chais au trentième, dans les petits au vingtième. Aujourd'hui 
le Chapitre Saint-Etienne et le curé se partagent toute la dîme 
par portions égales. Le revenu du curé est exactement de 
2,290 livres. Il y a un presbytère depuis 1749. Les biens de 
la cure sont chargés d'une fondation de cinquante-six messes. 

Le Chapitre Saint-Etienne nomme et présente au bénéfice. 

On compte cinq cent trente communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Il y a une confrérie du Saint-Sacre- 



1 



ment instituée par Claude Joly, qui a le privilège de faire ex- 
poser le Saint-Sacrement tous les troisièmes dimanches du 
mois. Ces jours-là la confrérie fournit le luminaire. Une con- 
frérie de Notre Dame avait aussi été établie par M. Delbène. 
Trois fêtes votives : Sainte-Anne, Saint-Roch et Saint-Ur- 
bain. Patron : Saint Pastour, martyr. Le titulaire actuel est 
Sébastien Vidal, futur constitutionnel auquel ses infirmités ne 
permettront pas de garder son poste après le Concordat. 



SAINT-PAUL LE VIEUX 



Valérl place celte paroisse dans l'archiprêtré de Mon- 
taut ('). 

L'église est champêtre, dans un vallon, auprès de huit ou 



(i) Nous asons, dit Labrunie, dans le diocèse, deux paroisses dont l'une s'appelle 
Saint-Paul le Vieux et l'autre Saint-Paul le Jeune. Les curés qui étaient à la tôle de 
ces deux églises, sous l'épiscopat de Claude Joly, ne se ressemblaient pas du tout 
par les mœurs. Des plaintes ayant été portées à ce prélat sur la conduite scanda- 
leuse de l'un de ces curés, la ressemblance des noms fit mander celui dont les 
mœurs étaient très pures. Il se rend, et entre dans la chambre de M. l'Evoque qui 
se trouvait seul. « Comment, malheureux impudique, lui dit ce prélat, en apprenant 
son nom qui exalte sa bile ; vous avez dans le corps un tonneau du sang de Jésus- 
Christ et il n'a pu éteindre les ardeurs de votre concupiscence ? A cet exordre 
ex abrupto il joignit avec sa canne une imposition des mains si véhémente, que cet 
instrument de son zèle vola en éclats. Le pauvre curé qui s'était précipité aux ge- 
noux de M. l'Evêque, saisit le moment où il le vit désarmé pour lui faire entendre 
qu'il s'était mépris, et quil n'avait rien de commun que le nom avec celui pour lequel 
il payait. M. l'Evèquc que le zèle dévorait mais n'aveuglait pas, reconnaissant son 
erreur, se jeta lui-même aux genoux de ce respectable curé et lui présentant le 
tronçon de la canne qui lui restait : « Frappez, lui dit-il, Monsieur, frappez, je vous 
lordonne; punissez-moi de ma précipitation et apprenez-moi à convaincre les gens 
avant de les frapper. » Quel spectacle de voir ce grand Prélat et ce très digne curé 
aux genoux l'un de l'autre ! L'ecclésiastique n'usa pas de la permission sans doute, 
mais ce quiproquo guérit apparemment M. de Joly de l'envie d'appliquer une autre 
fois lui-même ces pénitences plus que médicinales, » (Catalogue raisonne des Evê- 
qucs dAgcn. Art, Claude Joly.) 



neuf maisons. Elle est longue de onze cannes, large de trois, 
haute de six. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est au bas de 
l'édifice, en forme de triangle. 

La dîme des gros grains se paie au dixième, du vin au dix- 
huitiémc, des menus grains au quatorzième. Le curé prend 
tout le revenu, qui atteint à peine le chiffre de la portion con- 
grue. Il y a un presbytère et un gleysage de deux cartonnais 
en terre labourable ' . 

Le prieur de Sainte-Livrade nomme et présente au béné- 
fice (2). 

On compte quatre-vingts communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le patron est saint Paul et il y a 
une fête votive le jour du 1 5 août. Le titulaire actuel est An- 
toine Lasseverie, qui prêtera le serment, le rétractera de 
bonne heure, et sera nommé au Lédat après le Concordat. 



(1) D'aprùs M. Massip, op. cit., les dîmes de Saint-Paul le Vieux et de Saint-Pau 
le Jeune étaient perçues depuis l'an 1184 par le prieur de Sainte-Livrade qui don- 
nait une somme déterminée à des prêtres présentés par lui et nommés par lévûque 
pour faire le service de ces paroisses. 

(2) En 1707, cette cure étant venue à vaquer Pévéque nomma un curé, le prieur 
de Sainte-Livrade en nomma un autre. De là conflit et procès au Parlement de Bor- 
deaux. L'élu du prieur eut pain de cause. L'arrêt de maintenue est fondé sur un 
jugement arbitral accepté du 14 avril 125B, rendu entre l'évêque d'Agen et le prieur 
de Sainte-Livrade. D'après ce jugement le prieur a le droit de présentation aux 
cures de Sainte-Livrade, de Saini-Cyprien, Saint-Martin de Corclliat Lamaurelle], 
Saint-Etienne de Fougères, de Cailladère, de Caillac, de Saint-Paul le Jeune, de 
Saint-Paul le Vieux, de 'Villcbramar de Lentillac et d'Allés et l'évoque a le droit d'ins- 
titution dans les mêmes cures. Il était en outre stipulé qu'à l'exception de Sainte- 
Livrade, Saint-Cypricn et Saint-Martin, l'évêque aurait le quart de la dîme des pa- 
roisses sus-énoncécs et que de plus en signe de dépendance le prieur paierait à 
révoque tous les ans, à la fête de l'Invention de Saint-Etienne, un maraboutin d'or. 
Ce maraboutin converti en une pièce de 10 sols a été perçu par l'Evéché jusqu'à la 
Révolution. Mais, malgré les réclamations des évêques, de M. Hébert notamment, 
la mense épiscopale ne possède pas la fraction de dîme dont il est question dans la 
célèbre transaction. La même querelle au sujet du droit de nomination s'est rallumée 
2n 1732 à Lentignac. Le droit du prieur a été de nouveau reconnu. (Voir Saini* 
Ferréol de Lentignac, même archiprêtré^. 



- 47« - 
SAINT-PIERRE DE BELVES 



Valéri place dans rarchiprôiré de Montaut la reclorie de 
Bcllo Viderc ('). 

L'église est champêtre, sur une petite éminence, dans un 
grand vallon, auprès de quatre ou cinq maisons. Elle est lon- 
gue de quatorze cannes, large de quatre, haute de quatre. 
Elle n'est pas voûtée. Du côté de l'Evangile, il y a une cha- 
pelle dédiée à l'Assomption de la Sainte-Vierge. La confrérie 
du Rosaire y est établie et y fait ses exercices les premiers 
dimanches du mois -). Cette église a été à moitié détruite par 
les huguenots, mais elle a été restaurée par un seigneur de 
Caussade. 

La dîme des gros grains se paie au douzième, du vin à dis- 
crétion, des menus grains, dîmes vertes et carnelage au sei- 
zième. Le seigneur de Caussade a délaissé, en 1654, la moi- 
tié de la dîme qu'il possédait à titre d'inféodation. Le curé 
prend tout le revenu, qui est exactement de 1,940 livres. Il y 
a un presbytère, contigu à l'église, bâti en 1655, et un gley- 
sage de quatorze cartonnats. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent trente communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. La fête patronale est Saint-Pierre 
es liens. La confrérie du Rosaire aété approuvée par M. Del- 
bène. Le titulaire actuel est Charles de Roux, qui refusera le 
serment et mourra pendant la Révolution. 



(1) Celle paroisse est aujourd'hui connue sous le nom de Saint-Piêrre les Bois 
(canton de Monclar). 

(2; Toutes les fêtes de Notre-Dame on allume près de quatre-vingts chandelles de 
cire blanche à la messe. Deux filles font la quête et rendent compte au curé. (Rap- 
port du curé à l'Evêque en 1O65). 



— 479 — 



SAINT-PIERRE DE CABANES 



Valcri place cette paroisse dans l'archiprôtré de Montaut. 

L'église est dans un vallon, auprès de sept ou huit maisons. 
Elle est longue de douze cannes, large de trois et demie, 
haute de cinq. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est au bas 
de l'édifice en forme de triani/le. 

o 

La dîme du blé et du vin se paie au treizième, la dîme 
verte au seizième. Autrefois l'abbé de Gondon était seul dé- 
cimatcur, aujourd'hui c'est le curé. Son revenu est exacte- 
ment de 1,800 livres. Il y a un presbytère obituaire et un 
gleysage d'un journal en terre labourable. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent soixante communiants auxquels le 

curé doit le service ordinaire. Le patron est saint Pierre, 

apôtre. Il y a une fête votive le 15 août. Le titulaire actuel 

st Jacques Feytis, qui mourra en ijgo et aura pour succes- 

eur Antoine Sarcan, qui mourra lui-même pendant la Révo- 

ution. 



ÎAINT-PIERRE ET SAINT-PAUL DE CASSENEUIL (0 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprètré de Montaut. 
L'église est dans la ville. Elle est longue de vingt cannes, 



(l) Cassencuil est-il le Cassiiicgilum de Cliarlemagnc et la patrie de Louis-le- 

ébonnaire ? 

Pour la négative, voir notamment la Dissertation de M. Adolphe Magen : « Du 

uoà est ne Lotiisle-Débcniuire.... >> 

Pour l'affirmative, M. Barrère [Histoire Religieuse et Monumentale) ; M. l'abbû 

Ulex ^Sainte- Lii'i il Je], etc., etc. 



— 4^0 — 

haute de huit et entièrement voûtée. Du côté de l'Evansfile 
se trouvent les chapelles de Notre-Dame, de sainte Cathe- 
rine et de saint Biaise a/uis sainte Barbe où sont les fonts ; du 
côté de l'Epître, celles de saint Jean, de saint Barthélémy et 
de sainte Anne. Il y a un clocher de forme triangulaire. 

Au delà de la Lède, à cinquante pas de la porte de la ville, 
il y a une chapelle dédiée à saint Joseph. Longue de neuf 
cannes, large de trois, haute de cinq, elle est lambrissée. Le 
clocher est au-dessus de la porte en forme de triangle. C'est 
une dépendance de la paroisse. Dans le cimetière environ- 
nant on enterre les pèlerins, les étrangers et quelques parois- 
siens. 

La dîme des gros grains se paie au onzième en deçà du 
Lot et au douzième au-delà ; celle du vin à discrétion. On 
ne dîme pas les menus grains. L'Evêque prend la moitié de 
la dîme, le curé l'autre moitié. Celui-ci est seul décimateur 
dans la partie de la paroisse qui est au-delà du Lot, il a l'en- 
tière dîme verte et prélève seize sacs de blé sur la pile com- 
mune. Une partie du presbytère est obituaire. Il y a un gley- 
sage de quatre cartonnats en terre labourable, de six en 
vigne et de six en pré. Le revenu du curé est exactement de 
3.723 livres. Il y a une quarantaine d'obits de peu d'impor- 
tance ('). Dans la chapelle de saint Barthélémy est fondée une 
chapellenie de ce nom dont sont patrons les héritiers du fon- 
dateur qui s'appelait Nargassier. Elle oblige à une messe par 
semaine. Ses biens consistent en douze cartonnats de terre, 
pré et taillis, en une maison avec jardin dans la ville. Une 
autre fondation, dite de Sainte-Anne, a été faite le 14 novem- 
bre 1723 par Anne Vidal. Elle est chargée d'une messe tous 
les lundis, mercredis et vendredis à la chapelle Sainte-Anne. 
Le chapelain, qui est actuellement Jean Touret, curé de 

(i] A la demande du curé, Mascaroii réduisit ces obits en 1698. A l'époque où ill 
avaient éié fondés pour la plupart, c'est-à-dire vers 1J40, il y avait plus de quinM 
prêtre» dans la paroisse. 



Villeréal, jouit d'un vignoble avec chai, d'une maison garnie 
et meublée en ville et doit nommer lui-même son successeur. 
Il y a un petit hôpital composé de trois pièces. Le 17 août 
1757, une personne nommée Lejuilla, a laissé une petite mai- 
son avec quatre cartonnais de terre « pour le revenu en être 
employé à doter deux jeunes filles pauvres ». Enfin en 17^15, 
un particulier qui devait aux pauvres 4,000 livres a laissé 
pour se libérer quarante-neuf cartonnats de terre. 

C'est l'Evéque qui nomme au bénéfice. 

On compte dix-huit cents communiants: Le service, qui 
est assuré par le curé et un vicaire, consiste en deux messes 
et les vêpres fêtes et dimanches, grand'messe aux fêtes so- 
lennelles et à celles de Notre-Dame, complies la veille des 
fêtes et dimanches et en nombreuses processions. Il y a 
les confréries du Saint Sacrement, de saint Pierre et de saint 
Paul, du Purgatoire, autorisées par l'usage, enfin une de saint 
Joseph dans la chapelle de ce nom. On prêche l'Avent et le 
Carême et le prédicateur reçoit 1 14 livres de la Communauté 
et 30 du curé. Le titulaire actuel est Jean-Maurice llly, qui 
refusera le serment et subira la déportation. Ses infirmités 
l'empêcheront de reprendre du service après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE LA CROIX OU DE MON- 
TASTRUC 

ET SES annexes: SAINT-ETIENNE DEPÉRILLAC 
ET SAINT-GEORGES 



On lit dans l'appeau synodal de 1595 : In archiprcsbyteratu 
Mcntaldcnsi : Rcclcr de Monte Astruco, Sanctcnun Lcodes:arii 
et Christophcri ; rcctcr Sancti Stcphani ci Bcatc Marie de 



Cani/hiico '^ De même dans le pouillé de Valéri. Il y avait 
autrefois cinq églises sur le territoire de celte rectorie. Deux 
ont disparu : Saint- Léger et Saint-Jean de Sévignac. Elles 
ont été démolies vers la fin du xvi^ siècle par un sieur de 
Saint-Léger, huguenot, qui en a utilisé les matériaux pour la 
construction d'un château à la place de l'église de Saint- 
Léger. Le château et la famille qui l'habite ont depuis porté 
le nom de l'église disparue. 

L'église matrice est champêtre, au bas de la côte de Mon- 
tastruc, à mille pas du bourg. Elle est longue de douze can- 
nes, large de quatre, haute de six. Le sanctuaire est voûté. 
Il y a de part et d'autre deux chapelles aussi voûtées. Le 
clocher, de forme triangulaire, est au-dessus du mur occi- 
dental '-). 

Celle de Saint-Etienne est champêtre, dans une haute 
plaine. Les deux plus proches maisons sont à deux cents pas. 
Elle est longue de dix cannes, large de trois, haute de cinq. 
Elle n'est pas voûtée. Le clocher est sur le mur du fond en 
forme de triangle. 

Celle de Saint-Georges qui n'est, à proprement parler, 
qu'une chapelle succursale, est au milieu du bourg. Elle est 
longue de huit cannes, large de quatre, haute de cinq, faite en 
ovale et en partie lambrissée. Ily a une chapelle dédiée à Notre- 
Dame. Le clocher est sur le mur du fond en forme de trian- 
gle. Cette succursale a été bâtie en 1 500, pour la commodité 
des habitants du bourg, par M. de Grossolles, seigneur de 
Montastruc. Le même seigneur y fonda une chapellenie qu'il 
dota de la moitié de la dîme de l'ancienne annexe Saint-Lé- 



fi) Les églises de Périllac et de Canillac étalent jadis des membres du prieuré 
de Monheurt lequel dépendait lui-même de l'abbaye de la Grande Sauve. C'étaient 
les seigneurs de Montastruc qui avaient donné ces églises aux bénédictins. [Hist. 
dé l'abbaye de la Sauve, par M. Cirot de la Ville, tome ii, p. 560). 

(2) Eglise du xii* sièle, se compose d'une nef presque carrée à l'extrémité de 
laquelle se trouvent trois absides orientées. Les voûtes ne semblent pas avoir été 
construites. (G. Tholin, op, cil,) 



ger. Il possédait cette dîme à titre d'inféodation. Le titulaire 
actuel est M. l'Evoque de F^érigueux. qui a été nomme par 
M. de Flammarens, son père. Un bernardin de Gondon fait 
le service qui est de trois messes par semaine : le dimanche, 
le lundi et le samedi. 

Dans toute l'étendue du bénéfice, la dîme de tous les fruits 
se paie au treizième. A la matrice et à Saint-Jean de Sévi- 
gnac, l'abbé de Gondon prend la moitié des gros grains et 
du vin, le curé l'autre moitié avec tous les menus grains, dîmes 
vertes et carnelage. A Saint-Etienne de Périllac, le curé est 
seul décimateur. A Saint-Léger, le chapelain de Saint-Geor- 
ges et le curé partagent toute la dîme par portions égales. 
Le revenu total du curé est estimé 1,7^0 livres. 11 y a un pres- 
bytère dans le bourg. 

L' Evoque nomme au bénéfice. 

On compte en tout cinq cent cinquante communiants. Il y 
a un curé et un vicaire. On dit la messe à la matrice tous les 
dimanches et fôtes et on y chante les vêpres aux fôtes de la 
Vierge et du Patron. Il y avait autrefois une confrérie de la 
la Nativité de la Sainte Vierge. Il en est resté, le 8 septem- 
bre, une fête votive qui éclipse la fête patronale de saint 
Pierre. La messe se dit à Saint-Etienne tous les dimanches et 
les fêtes de l'Ascension, de l'Assomption et de Saint-Etienne. 
On n'y chante les vêpres que le jour de la fête patronale. Il 
n'y a qu'une messe le dimanche dans la chapelle de saint 
Georges, celle du chapelain. Considérant la grande commo- 
dité de cette chapelle pour la majeure partie des paroissiens, 
MM. Delbène et Cl. Joly y transférèrent le service des églises 
démolies, Saint-Jean de Sévignac et Saint-Léger et autorisè- 
rent le curé à y faire les fonctions curiales. Pour ce même motii 
on y chante les vêpres tous les dimanches et fêtes, on y fait les 
instructions, les offices de la Semaine Sainte, etc.. Le titu- 
laire actuel est Jean Malateste de Beaufort, ex-jésuite, qui 
sera député du Clergé à l'Assemblée Constituante, refusera 



— 4'M — 



le serment, subira la détention, la déportation et sera nommé 
curé de Penne après le Concordat ^0. 



SAINT-PIERRE DE SENEZELLES 
ET SON ANNEXE : SAINT-ETIENNE DE MONIBAL 



Ces deux paroisses sont ainsi unies dans le pouillé de Va- 
léri et placées dans l'archiprétré de Montaut. 

L'église de la matrice est champêtre, au pied d'une colline, 
auprès de cinq ou six maisons. Elle est longue de quatorze 
cannes, large de trois, haute de six. Le sanctuaire est voûté. 
Il y a une aile sans autel du côté de l'Epître. Le clocher est 
au bas de l'église en forme triangle. 

Celle de l'annexe est champêtre, sur le penchant d'une col- 
line. Elle est longue de huit cannes, large de deux et demie, 
haute de cinq. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est au bas 
de l'église, en forme de triangle (-). 

Dans les deux paroisses, la dîme du blé se paie au dixième, 
du vin et des menus grains au dix-huitième, d'après une tran- 
saction. Le curé prend tout le revenu, qui est estimé 850 
livres. Il y a à Sénezelles un presbytère et un jardin d'un car- 
tonnât. 

L'Evêque nomme au bénéfice. 

On compte cent soixante communiants à la matrice et cent 
quarante à l'annexe. Les deux paroisses ont droit à toutes les 

(1) Par'mi les prédécesseurs de M. de BeauTort, il convient de citer messire 
Gelas qui fut nommé, vers 1597, curé de Montastruc, par son oncle, Nicolas de 
Villars auquel il succéda sur le siège d'Agen. 

(2) i< C'est à côté d'une cella servilc ou monastique qu'a été édifiée l'église de 
Senezelle 'aliàs Sensella^. C'est à la place d'un de ces hermitages que s'est élevée 

l'église de Saint-Etienne de Monibal autrefois Monjival, le vallon du moine » 

^J. Mastip, op. cit., p. 41,} 



fonctions curiales et il doit y avoir un vicaire pour desservir 
l'annexe, La matrice est dédiée à saint Pierre és-liens. Le 
titulaire actuel est Antoine Fournié-Gorre, futur assermenté 
et abdicataire qui se rétractera, sera d'abord maintenu à son 
poste, puis nommé à Barbas après le Concordat. 



SAINT-PIERRE DE TOURTRÈS 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprctré de Bcsaume. 

L'église est sur le sommet d'une colline élevée, à l'un des 
points culminants du diocèse, auprès d'une vingtaine de mai- 
sons. Elle est longue de quinze cannes, large de cinq, haute 
de sept, et lambrissée. Le clocher est au bas de l'édifice. 

La dîme du blé se paie au treizième, du vin au douzième. 
L'Evêque prend le quart de la dîme, le prieur de Tombebœuf 
le quart, le curé la moitié. La part de ce dernier est estimé 
950 livres. Il y a un presbytère. 

L'Evoque nomme au bénéfice. 

On compte quatre cents communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Plusieurs font partie de la confrérie 
du Saint-Sacrement. Outre la fête patronale de Saint-Pierre, 
le 29 juin, il y a une grande fête votive le jour de Saint-Jean- 
Baptiste, le 24 du même mois. Le titulaire actuel est Pierre 
Dupuch, qui mourra pendant la Révolution. 



SAINT-SATURNIN DE VILLEBRAMAR 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Besaume. 
Il y avait un prieuré dépendant de celui de Sainte-Livrade et 



de l'abbaye de la Chaise-Dieu en Auvergne. 11 a été détruit 
pendant les troubles du xvi^ siècle tO. 

L'église est champêtre, sur une petite éminence, auprès de 
quinze ou seize maisons. Elle a vingt cannes de long, cinq de 
large, et sept de haut. Elle n'est pas voûtée. Du côté de 
l'Evangile, il y a une chapelle dédiée à l'Annonciation de 
Notre-Dame, et bâtie en 1662 par un curé de la paroisse. Le 
clocher est sur le mur du fond, en forme de triangle. 

La dîme de tous les fruits se paie au douzième. Le curé 
prend tout le revenu, qui est estimé 1,810 livres. Il y a un 
presbytère, et la fabrique possède deux cartonnais de terre (2). 

Le prieur de Sainte-Livrade nomme au bénéfice. 

On compte deux cents communiants auxquels le curé doit 
le service ordinaire. Saint Sernin est le patron de la paroisse, 
et saint Côme et saint Damien en sont les titulaires. Le curé 
actuel est Jacques Vayssière, qui mourra pendant la Révolu- 
tion. 



SAINT-VINCENT DE COULS 
ET SON ANNEXE : SAINT-JEAN DE CARROU 



Ces deux paroisses, formant une seule rectorie, sont pla- 
cées par Valéri dans l'archiprêtré de Montaut. 

(ij II y avait autrefois deux religieux clercs du monastère de Sainte-Livrade qui y| 
faisaient l'office. En 1598 Tabbé de la Chaise-Dieu nomme encore au prieuré de Vil- ! 
lebramar (Voir la Notice du prieuré de Sainte-Livrade publiée, par M Tamizey de 
Larroque). 

(2) Il y avait aussi quelques fondations : Louis Baudet donna aux curés le pré de 
Bardesoule par acte du jo avril 1708 à la charge de dire douze messes. — Marie de 
Gervain ayant attaché à la chapelle de l'Annonciation une rente de 6 livres à la ^ 
charge de douze messes, son héritier, de Roquepiquet, donna en 1726 une pièce de 
terre pour se libérer de la rente. — Le 25 février 1705 les paroissiens avaient aban- 
donné aux curés l'emplacement dun vieux cimetière à la charge de donner 10 livres 
par an pour les réparations de l'église. 



L'église de la matrice est champôtre, auprès de quelques 
maisons. Elle est longue de quatorze cannes, large de quatre, 
iiaute de cinq. Elle n'est pas voûtée. Du côté de l'Evangile, 
il y a une chapelle séparée de la nef par deux piliers ei deux 
arceaux. Le clocher est sur le mur du fond, en forme de 
trianfjle. 

Celle de l'annexe est champêtre, dans un petit vallon, au- 
près de six ou sept maisons. Elle est longue de sept cannes, 
large de deux et demie, haute de quatre. Elle n'est pas voû- 
tée. Le clocher, de forme triangulaire, est au bas de l'édifice. 

La grosse dîme se paie au treizième et la verte au quin- 
zième. A la matrice, le Collège d'Agen, auquel le prieuré de 
Tombebœuf est uni, prend le tiers de la grosse dîme, le curé 
les deux tiers et toute la dîme verte. 11 y a un certain canton 
appelé le Minadal, où le curé est seul décimateur. A l'annexe, 
le Collège et le curé se partagent la grosse dîme par portions 
égales. Le curé prend toute la dîme verte. Son revenu total 
est estimé i,ooo livres. Il y a un presbytère à Couls, ci un 
gleysage d'un cartonnât. 

L' Evoque nomme au bénéfice. 

On compte deux cent trente communiants à la matrice et 
soixante-dix à l'annexe. Les deux paroisses ont la messe al- 
ternativement de quinze en quinze jours. Les vêpres se chan- 
tent toujours à Couls, sauf le jour de la Décollation de Saint- 
Jean-Baptiste, patron de l'annexe. Le patron de la matrice 
est saint Vincent, martyr, dont on fait la fête le 22 janvier. On 
célèbre deux fêtes votives, l'une cà Couls, le jour de la Nati- 
vité de Notre-Dame, l'autre à Carrou, le jour de Saint-Bar- 
thélémy. Le titulaire actuel est Jean- Baptiste Grellière, futur 
assermenté, qui se rétractera et sera maintenu à son poste 
après le Concordat. 



— 488 — 
SAINT-VINCENT DE LOUPINAT 



Valéri place cette paroisse dans l'archiprêtré de Montaut. 

L'abbaye de Gondon est sur le territoire de cette paroisse. 
L'abbaye de Notre-Dame de Gondon-lez-Montastruc, dit 
l'abbé du Tems '0, résumant le Gallia Christiana, ordre de 
Citeaux, fut fondée par des religieux de l'ordre de Saint-Be- 
noît, vers le commencement du xii® siècle (2), par le pieux 
abbé Géraud ou Gérard de Sales ('), aidé de la libéralité des 
seigneurs de Lauzun. Elle donna naissance peu de temps après 
au monastère de Font-Guillem (4) et embrassa ensuite la règle 
de Citeaux. avec l'abbaye de Cadouin (') à laquelle elle était 
soumise. Cette abbaye souffrit beaucoup de dommages dans 
les guerres entre TAngleterre et la France, et fut comme en- 
sevelie sous ses ruines par les Calvinistes. Elle est taxée 120 
florins en cour de Rome. 

Telle qu'elle a été restaurée et qu'elle existe aujourd'hui 
l'abbaye de Gondon est une belle maison composée de dix 
pièces sans y comprendre les salles, offices, cave, chai, écu- 
ries et autres dépendances. L'abbé y a ses appartements de- 
puis qu'il a aliéné sa maison abbatiale de Monflanquin. 

L'église de l'abbaye est très fréquentée au grand détriment 
de celle de la paroisse. 

(1) Le Clergé de France, tome II. 

(2) Vers MO) ou iiio, (J. Massip., op. cit.) 

(î) " C'était l'un des plus illustres disciples de Robert d'Arbrissel, auquel il se 
joignit dans ses courses apostoliques, marchant revêtu du cilice, et de la chappe, et 
menant une vie fort austère. On lui attribue la fondation de plusieurs monastères. » 

(4) Abbaye de Tordre de Citeaux, au diocèse de Bazas, taxe en cour de Rome: 
66 florins ; revenu : 2,200 livres. 

(5) Abbaye de l'ordre de Citeaux, au diocèse de Sarlat ; taxe : 500 florins ; revenu : 
5,600 livres. Elle était fille de celle de Pontigny, mais indépendante dans le gouver- 
nement des autres maisons qu'elle avait enfantées... L'abbaye de Pontigny, au dio- 
cèse d'Auxerre, du même ordre de Citeaux était régulière et son revenu estimé 
1,600 livres. 



— 4«'> - 

La mensc de l'abbé et des religieux comprend des biens 
fonds d'une valeur de 58,480 livres (' ; des cens et rentes 
avec lods ei ventes sur les paroisses de Loupinat et de Ca- 
banes ; des dîmes sur celles de Monflanquin, Montastruc, 
Chapelle-Gabaldot, etc. Le revenu des religieux est de 
7,92^) livres (*) ; celui de l'abbé, de 4,1 50 ' . 



(1) Maison et jardin de six cartonnats B.ioo 

Enclos de vij;ne et pré de réserve de douze cartonnats o,(>oo 

Métairie Haute consistant en terre labourable, prés, bois et tuilerie 

près de la forêt, de la contenance totale de deux cent quatre-vingts car- 
tonnats 27,040 

Métairie du Cros de la contenance de deux cent cinquante cartonnats. i;,20o 

Moulin et quinze cartonnats de terre dans la paroisse de Cabanes. . 2,640 

Total 53,4f>o 

(2) Maison et jardin valeur locat.) 4>o 

Vigne, pré et bois de réserve (id.) ;oo 

Métairie Haute et tuilerie 1.270 

Métairie du Cros (.00 

Moulin et dépendances 120 

Cens et rentes 1,048 

Dîme de Montastruc 1,24? 

Part de la dîme de Monflanquin 1,750 

Chapelle de Gabaldot 45 

La moitié de la coupe annuelle des taillis de la forêt de Gondon. . . 1,100 

Total 7,926 

Nota : Par un arrêt du Conseil d'Elat, en date du 50 janvier 17Ç0, l'abbé et les 
religieux étaient autorisés à faire une coupe annuelle de bois de l'âge de vingt-cinq 
ans. 

(j) Dîmes dans les paroisses de Saint-André de Monflanquin et de 
Saint- Avit d'Aleyroux; rente de la maison abbatiale; rentes directes et 
foncières, lods, ventes, acaptes et suites dans la juridiction de Monflan- 
quin 2,;;oo I. 

Cinquante piles de paille de réserve fo 1. 

La moitié de la coupe de bois 1,100 I. 

A la suite d'un accord passé entre l'abbé et les religieux le 27 novem- 
bre 178), ceux-ci donnent annuellement à celui-là 200 livres, ci. . . . 200 I. 

Total 4,150 I. 

De cette somme il faut extraire 125 livres 10 sols pour les charges, savoir : 65 livres 
10 sols pour les trois huitièmes de l'honoraire du vicaire de Monflanquin qui doivent 
être payés moitié par labbé et moitié par les religieux ; et 60 livres pour les trois 
huitièmes des réparations de l'églisç de Monflanquin, Reste donc 4,024 livres, 
10 sols de revenu net, 



— 4^)0 — 

La communauté se compose actuellement de quatre reli- 
gieux qui sont : Dom Alexis Valet, profès de la Nauve et 
prieur de celte abbaye ; dom Dominique Boyé de Rivière, 
célérier, profès de Saint-Marcel ; dom Philibert Coquet, et 
dom Charles-Augustin Dubois, tous les deux profès de cette 
maison de Gondon ('). 

L'abbé commendataire est de Villeneuve-Esclapon qui a 
été nommé en 1785. Il est en même temps prévôt de Senez 
et jouit d'une pension de 1,500 livres sur l'abbaye de Mouzon. 

L'église paroissiale est champêtre, auprès de quatre ou 
cinq maisons. Elle est longue de douze cannes, large de qua- 
tre, haute de cinq. Elle n'est pas voûtée. Le clocher est au 
bas en forme de triangle. 

La dîme des gros fruits se paie au douzième, des menus 
grains, dîmes vertes et carnelage au seizième. L'abbé de 
Gondon qui levait autrefois toute la dîme, l'a cédée au curé à 
la place de la portion congrue qu'il lui payait ; se réservant 
seulement de son antique privilège que les enclos et les mé- 
tairies de Gondon ne seraient point dîmes. Le revenu du curé 
est estimé 700 livres. Il y a un cartonnât de gleysage. 

Malgré quelque prétention de l'abbé de Gondon, c'est 
l'Evoque qui nomme au bénéfice. 

On compte cent cinquante communiants auxquels le curé 
doit le service ordinaire. Le titulaire actuel est Pierre Auze- 
ral, qui mourra en 1790 et aura pour successeur Biaise Aba- 
die qui prêtera le serment, le rétractera et sera nommé à 
Montignac-de-Lauzun après le Concordat. 



(i; A tort ou à raison les religieux de Gondon n'ont pas échappé aux méchantes 
plaisanteries contre les moines: «